Juan Branco détaille les raisons de sa rupture avec LFI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu rupture avec la France Insoumise ?
- 0:16OuverteRéponse directe
Comment ça se passe entre vous et Jean-Luc Mélenchon ?
- 5:39RelanceRéponse directe
En quoi il y a eu d'incitation ?
- 8:52OuverteRéponse partielle
Il n'y a pas beaucoup de monde dans les ruches qui ont fait leur éducation politique par les Gilets jaunes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Invité politiqueFait
« supporté ce qui s'est passé avec l'affaire Quentin Durand. »
- 0:49Invité politiquePromesse
« vous serez mon commissaire au numérique 2017 »
- 2:10Invité politiqueFait
« je pense que j'avais raison. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon a un rapport très instrumental à la question de l'extrême droite. »
- 5:10Invité politiqueFait
« On peut avoir une double allégeance quand on a une double nationalité. »
- 7:27Invité politiqueFait
« Mélenchon, Jean-Luc, il est resté trotskiste. »
- 7:51Invité politiqueChiffre
« systématiquement, on se retrouve avec des ratios de 70-30, quoi, au deuxième tour. »
- 8:39Invité politiqueFait
« la France insoumise, qui, en gros, moi, je la décris aujourd'hui comme étant la gauche zara. »
- 9:53Invité politiqueFait
« Il n'y a jamais d'attaque directe, nominative, aux oligarques en question. »
Temps de parole
- Juan Branco79 %
- ?9 %
- Présentateur8 %
- Invité4 %
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Alors
justement, vous parliez de la France Insoumise, vous avez été un compagnon de route de
la
France Insoumise pendant des années. Qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu rupture
? Aujourd
'hui, vous êtes très critique quand même de
Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise. Oui, alors moi, je n'ai pas
supporté ce qui s'est passé avec l'affaire Quentin Durand. On peut y revenir.
Oui, je veux dire.
Mais justement, en gros, comment ça se passe ? Moi, en 2016, il
y
a une émission qui s'appelle Le supplément sur Canal, qui fait mon portrait.
Et
je me retrouve à côté de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau.
Lui,
visiblement, ne me connaissait pas et aime ce qu'il découvre de moi
et
me propose de les rejoindre. Pendant un an, j'ai freiné des cas de fer
et
fin 2016, on se revoit et on parle 4-5 heures comme ça dans son bar dont tout le monde parle à chaque fois. Et il me fait une sorte de questionnaire sur c'est quoi votre personnage, l'histoire préférée, et
il
me dit, vous serez mon commissaire au numérique 2017, bon bref.
Mais
je reste à distance et je ne fais pas grand-chose. Et après, à un moment donné,
il
y a quand même le discours de Marseille qu'il fait à l'époque qui m'émeut
et
je lui dis que s'il a besoin d'aide, je vais bien l'aider. Et là, il me dit que ce serait bien pour eux si je me présentais aux législatives. Donc, je me présente aux législatives contre
Jordan
Bardella. Et en fait, après,
il
y
a
eu un désaccord avec... Donc, Mélenchon m'a proposé d
'être
son avocat. J'ai refusé de m'impliquer dans le parti.
Je
n'avais pas envie de... Donc, je ne
suis
pas allé aux journées d'été où j'avais été invité, tout ça.
Je
pense qu'il y
avait
l'idée que je sois tête de liste aux européennes de 2019 qui a circulé à un moment à la place de Manon Aubry. Mais je n'ai pas donné suite aux différentes actions. Et au moment des perquisitions,
il
y a eu un désaccord fondamental entre Jean-Luc et moi sur la stratégie de défense à mener pour expliquer ce qui se passait, pourquoi il s'était comporté comme ça.
Et
je pensais que la ligne qu'il avait adoptée
n
'allait pas être compréhensible pour les Français. Et il a décidé de suivre un autre chemin. Et donc, j'ai pris mes distances
et
j'ai publié Crépuscule. Et en fait,
quelques
semaines plus tard, il
y
a eu les Gilets jaunes. Je suis rentré à fond avec les Gilets jaunes pour
les
défendre.
Et
après, j'ai appelé à l'abstention aux européennes en 2019 parce que je considérais que, un, ils n'avaient rien à gagner à ces élections. Et je pense que j'avais raison. Et deux, s'ils voulaient être vraiment les candidats du peuple,
ils
auraient dû se montrer solidaires et frapper un grand coup en disant, nous, on ne participe pas à une farce démocratique alors qu'il
y a
des Français qui sont en train d'essayer de défendre leurs droits et qui sont en train de se faire massacrer dans la rue. Ça ne leur aurait rien coupé. Côté, pardon, et ça aurait été symboliquement très fort. Et ils m
'en
ont beaucoup voulu de cet appel à l'abstention.
Et
j'avais en fait un lien surtout unipersonnel avec Mélenchon.
Je
ne me suis jamais vraiment appliqué dans le parti. Donc je pense que par ailleurs, il y avait pas mal de jalousie avec tous les adjudants
de
l'homme politique. Et au moment
de
Doranck,
de
la mort de cette jeune
personne
d'origine immigrée à Lyon,
j
'ai trouvé insupportable ce qui s'est passé à plusieurs niveaux.
D
'abord, je trouve qu'il y avait une faute majeure de la part de Mélenchon de mélanger une scène qui est par définition non institutionnalisable, qui est l'antifascisme. Et notamment les groupuscules qui participent à des batailles de rue avec un parti institutionnel. Je trouvais que ce mélange était très dangereux
et
il a beaucoup poussé et beaucoup soutenu les antifas à partir de 2022 à peu près.
Il
a mis en avant, fait lire Raphaël Arnaud, tout ça, dans une circonscription qui lui a été donné juste pour qu'il puisse être élu, parce qu'il n'avait rien à voir avec Avignon. Et il les incitait à continuer le combat, etc., disait-il. Et en fait,
je
trouve que c'est...
Jean
-Luc Mélenchon a un rapport très instrumental à la question de l'extrême droite. C'est-à-dire que lui, il voit un intérêt
tactique
au fait de créer une polarité entre lui et une extrême droite très large, en fait, qui englobe plein de choses différentes. Et il veut du coup centraliser dans l'échec et politique l'extrême droite. Et donc tout son calcul, c'est qu'il n
'y
ait plus que lui et l'extrême droite. Et en fait, il joue sur, un, la sensibilité héritée
de
citoyens français
qui,
depuis des années, se sont vus répéter que le RN était le diable et qu'ils allaient zigouiller tous les enfants d'immigrés du pays.
Des
gens qui sont un peu distants de la chose politique, donc qui ne sont pas forcément au fait des véritables sensibilités qui sont représentées dans chacun des partis. Et il joue sur ça,
mais
exactement comme le fait Gabriel Attal. Moi, je me souviens de l'alliance Mélenchon, enfin, à l'époque,
c
'était bon pas à Attal aux élections de 2024, sur la question de la binationalité pour les principaux postes de responsabilité dans l'État.
Le
fait que le RN avait proposé que ce soit réservé à des gens qui n'étaient pas binationaux,
le
fait de diriger une centrale nucléaire, d'être à la tête de la DGCE ou autre.
Et
on avait une hystérisation du débat politique pour dire « Ah, c'était vraiment des fachos racistes, etc. » Alors que ça n
'a
rien à voir avec tout ça. C'est juste une question de souveraineté nationale. On peut avoir une double allégeance quand on a une double nationalité. Si on est franco-marocain, l'État du Maroc va essayer de faire pression sur son ressortir-sant quand il vit en vacances voir sa famille. Et comment on fait pour éviter ça ? L'Israélien pareil. Et donc,
cette
instrumentalisation et ce discours victimaire issu de SOS Racisme qui cherche à faire du clientélisme politique, mais insupportable. Et deux, quand ça envoie des gamins à la mort. Parce que je finis juste sur
le raisonnement, pardon, c'est un peu
long. C'est-à
-dire
que quand on incite des gamins à aller se fracasser la gueule dans la rue,
sur
des divergences idéologiques qui peuvent être parfaitement réglées par le débat. Mais il
n'y a
pas d
'incitation.
En
quoi il y a eu d
'incitation ? Il n'a pas arrêté de pousser à leur dire de continuer le combat, alors que la jeune garde ne faisait que des combats de rue. La seule activité qui distinguait la jeune garde du reste,
c
'était d'aller se faire taper sur la gueule et vice-versa
dans
les rues de Lyon et par ailleurs de façon générale.
Et
les gamins...
Eux expliquent que c'est en réaction justement à
l'avance des frères-mâtes, etc. Ouais,
bon, blablabla. Lyon institutionnel,
c
'est pas de créer des... C'est même pas des milices,
c
'est des bandes de petits gamins complètement décérébrés qui vont prendre le risque de perdre la vie ou de la faire perdre.
Parce
que là, des deux côtés, ils se font massacrer. Du côté FI, les mecs sont partis pour 20 ans. Et du côté du Péruvien, il est mort, quoi. Et la famille est massacrée. Et tout ça... Donc tout ça est improductif, voire complètement contre-productif, parce que ça génère un effet de sidération
dans
la population. Et eux peuvent se réfugier sur le côté de la sphère Bolloré, etc. Non, mais oh, il y a une vraie sensibilité à la violence en France. Il y
a
une vraie sensibilité au fait qu'un gamin de 23 ans crève parce que... Parce que quoi ? En réalité, parce qu'il y avait une émessis ? À quel moment on instrumentalise et on mène à la mort des gamins parce qu'on leur fait croire que la priorité est là,
alors
que la priorité, elle est dans le rapport de force verticale ? Or, par ailleurs, tous les oligarques se
délectent de
tout ça. C'est une faute morale,
une
faute tactique, une faute politique.
C
'est ce que j'ai essayé d'expliquer. Et j'ai considéré qu'il était très important qu'ils se désolidarisent.
Et
qu'en fait, surtout qu'il fallait reconnaître l'erreur et se détacher. Parce qu'il y a quand même trois des collaborateurs parlementaires de Raphaël Arnaud qui sont impliqués dans un meurtre. Je veux dire, à un moment donné,
il
faut...
Enfin,
je veux
dire,
c'est
le
dernier point. On est en train de payer des mecs pour qu'ils aillent s'amuser, faire des bagarres de rue, un jeudi après-midi à Lyon, là où... Donc très loin de leur circonscription. À un moment donné, un minimum d'éthique politique consiste à dire, ok, on a merdé, on s'est trompé.
Et
donc, il y
a
un moment donné où cette dynamique sectaire qui, en réalité,
on
l
'a
bien compris aujourd'hui, Mélenchon, Jean-Luc, il est resté trotskiste. Et les trotskistes, leur objectif principal, c'est d'être dominant, même s'il faut... Dans le camp minoritaire. L'important, c'est en fait de prendre leur camp idéologique, pas de prendre le pouvoir nécessairement. Donc c'est de devenir la principale fausse influence à gauche. Et qu'importe si ça implique une stratégie nécessairement perdante, comme on le voit aujourd'hui avec...
C
'est pas qu'il faut croire au sondage, mais systématiquement,
on
se retrouve avec des ratios de 70-30, quoi, au deuxième tour. C'est presque une erreur d'intelligence.
C
'est-à-dire, on a créé une confusion entre deux sphères qui ne devraient pas se toucher. J'énonce ça, et la réaction
de
chiens de garde, vraiment, de toutes les forces sympathiques à Jean-Luc Mélenchon qui sont jetées sur moi, ce qui est mon intuition politique, c'est qu'en fait, c'est une stratégie qui nous mène à notre perte. C'est pour ça aussi qu'on a créé notre mouvement qui essaye de
rompre...
Nous, en fait, c'est quoi la leçon des gilets jaunes
?
C'est l'inverse. C'est qu'il faut faire dialoguer les forces politiques.
C
'est qu'il faut retrouver quelque chose qui fasse cohérence et cohésion au sein du peuple français. Mais c'est beaucoup plus radical,
au
fond, que la France insoumise, qui, en gros, moi, je la décris aujourd'hui comme étant la gauche zara. La seule chose qu'elle propose, c'est d'augmenter, dit-elle, le pouvoir d'achat, notamment par des subventions et par des prêts bandes diverses, pour qu'on continue à alimenter les usines du Sud-Est asiatique en consommant étrangers, ce qui va accroître la
crise identitaire.
Il n
'y
a pas beaucoup de monde, quand même, dans les ruches, qui ont fait leur éducation politique par les gilets jaunes, mais aussi par cette lutte anti-légarchique de la France insoumise, qui a quand même démontré le mécanisme des médias... Non, moi, je ne
suis
pas
d
'accord, parce que, d
'ailleurs, ils n'ont jamais osé parler de crépuscule, parce qu'ils ont très peur de se fâcher, en fait, ils ont très peur d'une vraie rupture avec eux. Donc, en fait, il y a
des... Après,
encore une fois, c'est une stratégie politique comme une autre, mais
il
y a un vrai rapport de mise en négociation permanente avec le système oligarchique. Comment dire ? Il y a...
C
'est un peu comme la vidéo qu'on a de Jean-Luc Mélenchon face à Emmanuel Macron à Marseille. Vous voyez, on fait des algarades quand on est seul en tribune,
et
en réalité, tout d'un coup, il
y
a une forme d'adoucissement qui se met en place, où finalement, on est très content qu'Alain Duhamel soit gentil avec nous, on s'entendait très bien avec Serge Dassault, enfin, c'est comme ça, d'ailleurs, qu'il a construit sa carrière au début dans l'Essonne. Il y a quelque chose du manque de confiance dans la consistance du discours, qui est, à mon avis, tangibilisé par un élément très factuel. Il n'y a jamais d'attaque directe, nominative, aux oligarques en question. C'est-à-dire qu'il
y
a une sorte de protection
de la
couche...
Ah, il y a eu quand même sur
Bolloré. Oui, Bolloré, voilà. Bolloré, parce qu'on en revient à cette identification quand
on en face. Les
deux cibles, c'est Sterrin et Bolloré.
Voilà. Mais ça,
c
'est non seulement facile, mais hypocrite et contre-productif, parce qu'en face, il suffit de leur dire, mais les cocos, vous êtes pareils.
C
'est-à
-dire
qu'on arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et
que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous
avons vu faire de grandes choses,
mais
il y en a eu d'épouvantable
Car
il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal,
où
est le bien
Et
vienne un jour, quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela
que
d'autres sont montés Arraché le drapeau de servitude à l'acropole et qu'on les a jetés
Et
leur gloire encore à le temps dans la fosse commune de l'histoire
J
'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur
Quatre
fois y battre, quitte à en mourir Je dépasserai ma gorge et ma voix, mon souffle et mon chant Je dépasserai ma gorge
et
ma
voix, mon chant
Juan Branco