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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 7 juillet 2022 21 min

L'interview : Éric Ciotti - 07/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Eric Ciotti. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin, d'autant plus que franchement, on vous a connu plus bavard. Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, élu, réélu, quatrième fois réélu, et questeur désormais de l'Assemblée nationale. Je disais, on vous a connu plus bavard parce que vous êtes étonnamment silencieux. Première fois que vous vous exprimez pratiquement depuis l'élection présidentielle. Votre parti est en crise, on va y revenir après le mauvais résultat de Valérie Pécresse à l'élection présidentielle. Faiblesse aussi de votre présence à l'Assemblée.

On va voir avec vous qui incarne la droite et quels sont vos objectifs. Mais je voudrais revenir bien sûr sur le discours de politique générale hier, Eric Ciotti. Elisabeth Borne qui dit, nous allons bâtir ensemble. Est-ce que vous seriez prêt à bâtir avec Elisabeth Borne ?

0:59
Locuteur 1

Ce qu'il faut c'est reconstruire. Reconstruire les dégâts que dix années de macronisme et de socialisme ont causé dans le pays. La réalité, elle est là. Nous sommes dans une situation qui n'a jamais été aussi calamiteuse pour le pays. Et cette situation, elle est le fruit de beaucoup d'erreurs, de beaucoup de fautes économiques, sécuritaires, en matière de politique migratoire, en matière d'éducation, en matière de santé publique. On voit que tout dépend entier de ce qui avait fait la force et la fierté de la France, sont en train de s'effondrer.

La situation de l'hôpital, aujourd'hui, l'éducation, la violence qui gagne les rues, des quartiers qui sont devenus des zones de non-droit, une dette qui explose. Nos finances publiques, Bruno Le Maire le reconnaît enfin, qui sont dans une situation préoccupante, une des pires d'Europe.

1:48
Locuteur 2

La code d'alerte est atteinte, voilà ce qu'il dit à ce même temps.

1:50
Locuteur 1

C'est lui qui l'a dit, après avoir prétendu l'inverse à la veille de la présidentielle. Donc tout ça nécessite du courage, nécessite de reconstruire une France qui sombre aujourd'hui. Donc nous prendrons naturellement nos responsabilités. Nous sommes dans l'opposition, je suis dans l'opposition. J'ai été élu contre Emmanuel Macron, devant mes électeurs niçois. C'est un mandat clair qui m'a été confié. Après, nous sommes là pour participer, pour apporter nos propositions pour reconstruire la France.

2:22
Locuteur 2

À ce pouvoir d'écouter ou pas. Quand je vous dis, est-ce que vous seriez prêt à bâtir avec la première ministre ? Vous répondez, il faut rebâtir. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, bâtir, c'est-à-dire partir du point d'aujourd'hui, vous n'êtes pas d'accord. Sauf si elle écoute, elle propose. Ça va marcher comment ?

2:42
Locuteur 1

Nous avons des clés. D'abord, nous sommes majoritaires au Sénat. Le Sénat va prendre une place importante dans la définition de la politique pour la France aujourd'hui.

2:51
Locuteur 2

Le Sénat qui est, pour le coup, dans une attitude qui me semble beaucoup plus constructive que la vôtre. Parce qu'on a quand même Gérard Larcher qui, ce matin, président du Sénat, dit « je tends la main au gouvernement ».

3:01
Locuteur 1

Nous ferons des propositions. Nous les avons faites à l'Assemblée nationale sur le pouvoir d'achat. On y reviendra, j'en suis sûr. Nous aurons une majorité dans les commissions mixtes paritaires entre le Sénat et l'Assemblée nationale. Ce qui va modifier beaucoup de choses dans la définition des textes de loi. Donc, l'opposition, celle des Républicains, aura des clés, non pas pour coopérer, non pas pour apporter une roue de secours à un pouvoir défaillant qui a failli, et je le dis, qui a failli, mais simplement pour apporter notre contribution à redresser un pays.

Parce que nous ne pourrons pas supporter cinq années supplémentaires d'immobilisme, d'inaction, d'impuissance qu'a incarné le macronisme.

3:42
Locuteur 2

Elle dit, Elisabeth Borne, « bâtir », vous vous dites « reconstruire ». Mais pardon, je vous... Reconstruire sur des ruines, si j'ose dire. Je vous pose la question. Vous évoquez le Sénat, moi j'évoque Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, qui dit « je tends la main au gouvernement » et qui propose même une méthode, puisqu'il propose carrément de travailler dès le début du processus avec le gouvernement en amont des textes. Est-ce que cette méthode, vous l'approuvez ?

4:07
Locuteur 1

C'est ce que nous avons fait sur le pouvoir d'achat, avec nos propositions de baisser le prix du carburant, de l'essence à 1,50€. On va y revenir à vos propositions, mais je vous pose quand même la question de la méthode. Cette mesure, elle est importante. C'est la méthode. Le président de notre groupe, Olivier Marlex, a écrit à la Première Ministre pour lui dire...

4:25
Locuteur 2

C'est exactement la même méthode. Vous vous dites « notre méthode, c'est on donne nos propositions et on verra bien ce qu'ils prennent ou ce qu'ils prennent pas ». À eux d'écouter, si je vous entends bien. Gérard Larcher, lui, il dit « en gros, on pourrait se mettre autour de la table avec une feuille blanche et on écrit ensemble ». Ce n'est pas tout à fait pareil.

4:42
Locuteur 1

L'esprit est similaire. Ce que nous voulons, c'est que nos propositions, parce que nous sommes convaincus que ce sont les seules qui sont de nature à redresser la France, plus de sécurité, moins d'immigration, moins de fiscalité et donc plus de pouvoir d'achat, soient remises au cœur du logiciel politique. Un logiciel qui est aujourd'hui complètement défaillant et qui ne fonctionne plus.

5:03
Locuteur 2

Question du pouvoir d'achat, puisque c'est le premier test aujourd'hui avec le paquet de pouvoir d'achat qui sera présenté en Conseil des ministres. « En effet, votre groupe, comme vous l'évoquez à l'instant, promeut la suppression de la TVA sur la TICPE, c'est-à-dire la refonte de la taxe sur le carburant, pour faire redescendre le litre à 1,50 euro. C'est estimé le coût de cette mesure entre 40 et 50 milliards d'euros. Vous êtes prêt à cramer la caisse ? » Non.

5:29
Locuteur 1

D'abord, c'est faux, c'est 25 milliards d'euros.

5:32
Locuteur 2

« Et ce business a calculé que ce serait entre 40 et 50 milliards d'euros. »

5:35
Locuteur 1

Et ce qu'il faut calculer aussi, c'est l'excédent de recettes fiscales qu'a généré la hausse du prix du carburant ou aujourd'hui la baisse de l'euro. Ça veut dire que plus le carburant est élevé pour les usagers, pour les automobilistes qui n'ont pas le choix, plus l'État s'enrichit. Donc nous, ce que nous disons, c'est qu'il est totalement anormal que l'État, dans une situation qui fragilise le pouvoir d'achat des Français, s'enrichisse. Il y a une cagnotte fiscale aujourd'hui. C'est Bercy qui le dit, 50 milliards d'euros de recettes fiscales en plus, en période de crise, en période de crise du pouvoir d'achat, en 2022. Donc ils n'ont pas cramé la caisse. Sur l'impôt, sur l'impôt, sur le...

6:18
Locuteur 2

Le refrain de Valérie Pécresse, ce matin, vous nous dites, non, en fait, il y a une cagnotte, il y a de l'argent, ils n'ont pas cramé la caisse.

6:24
Locuteur 1

La crise génère des recettes supplémentaires aujourd'hui, même si les déficits continuent à se creuser, notamment par l'augmentation des taux d'intérêt. Donc nous avons une dette de 3 000 milliards d'euros, qui n'est plus supportable. Nous avons des dépenses publiques qui sont parmi les plus élevées au monde. Ce n'est plus supportable, donc il faudra gérer différemment. Et nous, ce que nous vous proposons, c'est une méthode nouvelle. Au lieu de signer des chèques sans provision, ça c'est la méthode Macron utilisée à l'excès avant les élections présidentielles qui ont creusé ces déficits.

Nous, ce que nous voulons, c'est dire, on inverse les choses, même si quelquefois ça a le même coût, nous diminuons la fiscalité. Est-ce qu'il est normal que sur un litre d'essence, 2 euros, il y ait 1,60 euro de taxes aujourd'hui ? Ce n'est pas supportable. Donc, ce que nous disons, déjà, nous supprimons la taxe sur la taxe, on paye une TVA sur la taxe. Et nous, nous disons, nous plafonnons pendant la période de crise à 1,50 euro le litre de carbone.

7:26
Locuteur 2

Alors, pour l'instant, le gouvernement n'a pas l'air d'être tout à fait sur le même projet que vous. Ce qu'il propose, c'est de poursuivre la ristourne. D'abord, poursuivre la ristourne de 18 centimes. Est-ce que vous pourriez le voter ?

7:35
Locuteur 1

Nous, nous attendons des réponses sur nos propositions avant de nous déterminer.

7:41
Locuteur 2

Vous direz oui ou non ?

7:42
Locuteur 1

Le paquet, il est global. Nous avons fait des propositions de trois natures. 1,50 euro sur le litre d'essence. La baisse des cotisations salariales pour augmenter le salaire net. Il faut revaloriser le travail. Il faut que le travail rapporte plus par rapport aux allocations. Et nous demandons la baisse de la CSG sur les retraités. Voilà, c'était augmenté par Emmanuel Macron. Donc, il y a eu une augmentation de la fiscalité. Nous voulons engager la décrue fiscale pour les ménages et pour les entreprises. C'est ça, le mal français. Si ces mesures ou l'une d'entre elles sont dans le paquet du gouvernement, vous direz oui ? Nous verrons bien.

Mais en tout cas, nous, c'est le préalable à toute discussion et à tout vote.

8:25
Locuteur 2

Et le chèque inflation, 100 euros pour les familles les plus modestes, 50 euros de plus par enfant à charge, est-ce que ça vous direz oui ?

8:30
Locuteur 1

Cette logique, je la conteste et je la combats. Bien sûr, je mesure la difficulté. Je les vois dans ma circonscription niçoise. Il y a beaucoup de Français qui souffrent. Je les entends. Mais on va à nouveau signer ce chèque. Je dis que c'est un chèque sans provision qui va être mis dans une poche des Français, mais tout en étant prélevé dans l'autre. Parce que quand on fait des chèques, de l'autre côté, on augmente les taxes et les impôts. Est-ce que c'est logique de donner un chèque de 100 euros lorsqu'on a ces taxes sur les carburants ? Nous, notre mesure à 1,50 euros, elle rapporterait aux Français sur une année dix fois plus. Dix fois plus. La réalité, elle est là.

Pour un ménage qui fait... Sauf que ce serait moins ciblé. Là, c'est ciblé au ménage les plus modestes. Pour un ménage qui fait un plein par semaine. Il y a souvent, dans un couple, l'homme et la femme, le mari et la femme qui travaillent, qui ont des enfants, qui les amènent à l'école.

9:25
Locuteur 2

Mais ce serait sans condition de ressources. Pour vous, ce serait sans condition de ressources ? Bien sûr.

9:28
Locuteur 1

La baisse des taxes et des impôts, elle doit être générale, systématique. On est le pays au monde où on paye le plus d'impôts. Vous savez, à partir du 19 juillet jusqu'au 19 juillet, en France, on travaille pour l'État. Tous les revenus, c'est une moyenne, c'est ce qu'on appelle le jour libératoire. Jusqu'au 19 juillet, tous les revenus sont consacrés aux impôts. Ce n'est pas normal.

9:51
Locuteur 2

On va rester sur la question des taxes, puisqu'il y a cette idée d'une taxe sur les super profits. D'après RMC, et justement, c'est une information qu'on vous dévoilait ce matin, le président lui-même, il serait plutôt favorable. Le commissaire européen Thierry Breton disait à ce micro lundi, l'Europe, en tout cas, fait en sorte que ce soit possible. Donc, il n'y a aucun blocage pour ça. Et l'idée, ce serait de taxer les super profits des entreprises qui ont fait des super profits pendant la crise. On pense évidemment à Total. Est-ce que prendre une partie de ces super profits pour participer à cet effort du moment, vous êtes pour ?

10:25
Locuteur 1

L'idée peut paraître séduisante ou recevable, notamment pour les entreprises, vous le soulignez, de l'énergie qui ont eu des profits liés à l'augmentation du prix des carburants ou aux pénuries. Donc ça, ça se discute. Après, faisons attention... Ça se discute, vous n'êtes pas contre ? Faisons attention de ne pas faire des entreprises des cibles. Parce qu'à la sortie, on peut avoir une mesure qui est une mesure un peu politique. Et puis, on va fragiliser encore nos grandes entreprises. Voilà. On a des grands champions. Il n'y en a pas beaucoup. Il n'y en a pas beaucoup. Total en fait partie. Attention de ne pas fragiliser nos grandes entreprises nationales. Voilà.

Il y a des entreprises qui marchent. On voit nos entreprises nationales. Elles sont plutôt publiques. J'en conviens comme EDF ou comme la SNCF avec des milliards d'euros de dettes. Il y a des entreprises qui marchent. Attention de pointer du doigt. Les entreprises qui marchent, qui ont des résultats, qui ont des emplois. Cette logique, je veux aussi la défendre. Attention, mais pas non. On va en faire des boucs émissaires qui apporteraient de fausses réponses. Les réponses, elles sont, on entend bien un peu l'aspect, ce qui est recherché, la communication. Mais allons plutôt dans l'action, dans les vraies politiques, dans la réforme, dans la baisse de la bureaucratie.

Ce sont là où se trouvent les solutions, dans la baisse de la fiscalité, des normes. Il faut libérer l'économie. Pas forcément s'attaquer aux entreprises qui marchent.

11:51
Locuteur 2

Nationalisation d'EDF, vous êtes pour ?

11:53
Locuteur 1

EDF, c'est déjà 84% de capital public, plus 1% sur les salariés. EDF, c'est entre 50 milliards et 100 milliards d'euros de dettes. On ne sait même pas, selon les critères comptables. Aujourd'hui, EDF a été extraordinairement fragilisé par le quinquennat Macron et par le quinquennat Hollande, par des décisions folles. Par des décisions folles, la fragilisation de la filière nucléaire, la décision qui, d'ailleurs, avait été portée par Mme Borne de fermer 12 réacteurs nucléaires, de fermer Fessenheim. Nous avions une force, le général de Gaulle l'avait voulu, c'était l'indépendance énergétique, électrique, grâce au nucléaire. Mais c'est aussi ce que dit Emmanuel Macron aujourd'hui.

Il veut relancer le nucléaire, je suis plutôt d'accord là-dessus. Mais il a fait l'inverse, bien sûr que je suis d'accord. Mais il a fait l'inverse. Et on a perdu 10 ans. Ça veut dire que pour construire aujourd'hui les 6 nouveaux réacteurs nucléaires qu'on nous promet, l'échéance est 2035, voire 2050, pour 50 milliards d'euros de coûts. On a aussi fragilisé EDF avec l'adhésion à cette directive européenne sur l'énergie qui impose à EDF de vendre à ses concurrents privés qui n'ont fait aucun investissement. 42 euros le mégawatt-heure d'électricité, c'est-à-dire à un prix très très très bas. Il faut sortir l'énergie du secteur concurrentiel.

Il faut arrêter aussi d'indexer le prix d'électricité sur le gaz, tel que cette directive européenne le permet. Et il faut arrêter aussi cette pseudo-concurrence. On a une indépendance nationale. L'énergie, c'est un enjeu de souveraineté. Peut-être que cet hiver, on va couper l'électricité. Au français, rendez-vous compte, on va être à la pénurie comme on la connaissait après la Seconde Guerre mondiale. On en est revenu là. Donc arrêtons avec ces mesures, ces méthodes qui ont échoué. Cette effrénésie de la concurrence européenne en matière énergétique, elle n'a pas lieu d'être. Mais la nationalisation EDF... Ça ne changera rien. Ça ne changera rien. EDF est en faillite aujourd'hui.

Le privé ne pourrait pas rembourser cette dette. Faisons attention aussi de ne pas scinder en deux EDF énergie, EDF bleu, EDF vert. Donc ce qui marche, ce serait le privé. Ce qui ne marche pas, ce serait le public. Ça, personnellement, j'y suis opposé. EDF doit rester une entité unique et globale. Mais on doit, c'est la priorité, renégocier la directive énergie ou l'abroger.

14:27
Locuteur 2

Éric Ciotti, honte à ceux qui attaquent les policiers. Voilà ce qu'a dit Elisabeth Borne. Ça, vous signez ? Bien sûr, bien sûr.

14:34
Locuteur 1

J'ai d'ailleurs approuvé la première ministre. Je l'ai applaudi quand elle a dit ça. C'est naturel. Elle pensait sans doute à quelques voix, à des voix venues de l'extrême gauche, qui sont des voix honteuses, scandaleuses. J'ai entendu cette nouvelle députée qui disait à la manifestation qu'elle aussi est honteuse pour Adama Traoré, qu'il y a eu lieu ce week-end, que les policiers tuaient dans les quartiers. C'est honteux. J'entends d'ailleurs que le ministre de l'Intérieur défend plus vigoureusement les policiers face à de telles attaques qui sont scandaleuses. Les policiers, c'est le dernier rempart de la démocratie.

15:12
Locuteur 2

C'est-à-dire, quand à la tribune, on a une Elisabeth Borne qui dit honte à ceux qui attaquent les policiers. En tout cas, du point de vue de l'expression, voilà un vrai soutien.

15:22
Locuteur 1

Les mots sont importants et je les approuve, je les soutiens. Il peut y avoir des plaintes et puis il doit y avoir aussi une considération nouvelle pour nos policiers. Il doit y avoir des moyens. Il doit y avoir une réponse pénale adaptée parce que les policiers sont épuisés que ceux qui les attaquent, que ceux qui touchent un uniforme de la République ne bénéficient pas, ne subissent pas les sanctions qu'ils méritent. Moi, j'avais une proposition simple. Tu touches un uniforme de la République, le soir même, tu dors en prison. Ça veut dire quoi ?

Des peines planchées automatiques, systématiques pour ceux qui portent atteinte à l'intégrité physique d'un dépositaire de l'autorité publique, un policier, un gendarme, un douanier, un agent pénitentiaire ou un pompier. Voilà, c'est des mesures fortes. Les mots, c'est le macronisme. L'action doit se substituer à cette impuissance de ce gouvernement. Donc nous, nous déposerons des propositions de loi, nous déposerons des amendements, je le ferai pour instaurer les peines planchées pour protéger les policiers. Voilà, les phrases creuses, ça suffit, l'immobilisme, la communication. Notre pays souffre trop de ce verbe surabondant et de cette action totalement insuffisante.

16:31
Locuteur 2

Président des Républicains, ça vous intéresse, Éric Ciotti ?

16:33
Locuteur 1

Je suis attaché à ma famille politique, il faut qu'elle se redresse. Nous avons subi un terrible échec. C'est pour ça, tout à l'heure, vous le disiez, j'ai gardé un peu le silence parce qu'il fallait réfléchir à tout cela. Nous avons subi un échec. Je crois que c'est plus l'échec personnel, d'ailleurs, de Valérie Pécresse, du fait d'une mauvaise campagne et puis le fait que ça n'a pas fonctionné entre les Français et elle. C'est sa faute. En tout cas, elle a une responsabilité. On a une responsabilité collective, mais être candidat à l'élection présidentielle...

17:01
Locuteur 2

Vous avez failli l'être, vous étiez arrivé deuxième... Absolument, et j'avais porté un message différent,

17:05
Locuteur 1

beaucoup plus à droite...

17:07
Locuteur 2

Si ça avait été vous, on aurait pu...

17:09
Locuteur 1

En tout cas, je pense que mon message était un message de profonde rupture, que ce soit sur les questions régaliennes ou que ce soit sur les questions économiques. Éric Ciotti ? Ce projet, il n'a pas été assez audacieux.

17:20
Locuteur 2

Ça fait trois mois que vous réfléchissez, président des Républicains, de votre parti ?

17:24
Locuteur 1

Je termine. Donc, je dis, on a subi cet échec. Aujourd'hui, il faut reconstruire notre famille politique. Il faut reconstruire la droite. Il faut que la droite porte une voie, une voie de réforme, de vérité, de capacité à gouverner. Il faut que les électeurs de droite se recouvrent dans une offre moins dispersée. En tout cas, moi, je prendrai ma part. Je ne vous répondrai pas aujourd'hui. Non, mais je ne vous répondrai pas aujourd'hui parce que je n'ai pas pris ma décision. Mais vous l'envisagez, donc ? J'en discute notamment avec Laurent Wauquiez, qui porte une voie aussi sur le constat et sur les propositions.

17:59
Locuteur 2

C'est marrant, vous parlez tous de Laurent Wauquiez, mais en même temps, c'est toujours exonant d'aller chercher ceux qui ne sont pas là.

18:04
Locuteur 1

Je prendrai tout de ma part et je ne laisserai pas faire n'importe quoi. D'accord, donc vous pourriez être... Il faut qu'on assume...

18:09
Locuteur 2

Faire une sorte de binôme, si je vous entends bien, parce que vous évoquez de vous-même, Laurent Wauquiez. Si je comprends bien, vous pourriez prendre le parti maintenant pour que lui soit le candidat en 2027 ?

18:17
Locuteur 1

Nous verrons, mais ce qu'il faut, c'est que notre famille politique, je ne dis pas non, que notre famille politique assume une vraie politique de droite, n'est plus honte d'être de droite, ne s'excuse pas. Mais pourquoi il n'est pas là, Laurent Wauquiez ? Je suis ravi de vous recevoir, mais pourquoi il n'est pas là ?

18:30
Locuteur 2

Pourquoi on parle toujours de ceux qui ne s'expriment pas ?

18:32
Locuteur 1

Vous l'inviterez. Je le fais régulièrement, vous imaginez que je ne suis pas la seule ?

18:36
Locuteur 2

Il refuse de parler.

18:37
Locuteur 1

Nous ne sommes pas un parti centriste. Et je crois que nous avons sans doute trop dérivé au cours de certaines années.

18:44
Locuteur 2

Est-ce qu'à un moment, quelqu'un qui ne descend pas dans l'arène, ce n'est pas un peu facile ?

18:48
Locuteur 1

Un message de droite assumé, fort. Moi, je suis descendu dans l'arène au moment du Congrès, avec un certain succès. Après, tout le monde s'est ligué contre moi. On a vu le résultat. Moi, je suis un homme de droite. J'ai reçu un mandat des électeurs niçois très clair. Je me suis battu contre ce pouvoir, sans concession, sans compromission, face aux trahisons de certains. J'assume cette ligne. Je n'en ai jamais changé. Je n'en ai jamais varié. Et j'ai la conviction profonde, autrement, je ne ferai pas de la politique, que c'est la bonne pour notre pays, un pays qui va mal. Voilà. Donc, je prendrai ma part. Je vous dirai comment dans quelques semaines.

Mais on sent bien que l'idée éventuellement de prendre la direction du parti, pourquoi pas ? L'eau tiède, le robinet d'eau tiède, la politique du plus petit dénominateur commun, où on ne dit plus rien, où on n'ose plus rien, face à la gravité du moment. Je crois que ce temps est révolu.

19:44
Locuteur 2

Le masque, chez vous, à Nice. Éric Ciotti a dit qu'il serait obligatoire à partir de lundi dans les transports. Christian Estrosi. Ne confondez pas. Non, non, Christian Estrosi. Est-ce que, oui, j'ai bien compris qu'entre vous deux, il ne fallait pas trop confondre. Non, mais là-dessus...

19:58
Locuteur 1

Les électeurs à Nice n'ont pas confondu. Mais là-dessus, est-ce que vous êtes d'accord ?

20:01
Locuteur 2

Est-ce que vous êtes d'accord ?

20:02
Locuteur 1

Une défaite historique à Nice, où ces candidats aux législatifs... C'est bien content de pouvoir le rappeler, là, Éric Ciotti. ...ont été battus, y compris dans sa circonscription avec l'élection de Christelle Vendor.

20:09
Locuteur 2

Et vous le dites avec un grand sourire, je le dis pour ceux qui nous écoutent sur RMC. Éric Ciotti, cela dit, est-ce que là-dessus, vous approuvez Christian Estrosi sur le masque ?

20:17
Locuteur 1

Moi, je ne sais pas, j'ai vu Christian Estrosi s'ériger en épidémiologiste, en médecin, après avoir soutenu la chloroquine au début de l'épidémie. Je crois qu'une telle mesure, elle doit être nationale. Elle doit être nationale. On ne peut pas avoir des bouts de territoire qui aient des règles, selon l'égo ou le bon vouloir des uns et des autres. On est une république une et unique. Il y a des autorités sanitaires qui disent les choses. Moi, je crois qu'on n'est pas, aujourd'hui, je ne suis pas pour la contrainte. On a vu, après deux ans de cette crise, deux ans et demi maintenant, que les mesures coercitives, finalement, n'avaient pas été celles qui ont été les plus efficaces.

Moi, je crois en la science. Je crois aux vaccins, je l'ai dit. J'ai toujours soutenu les mesures qui allaient dans ce sens. Après, prenons des dispositions au niveau national, mais de grâce, arrêtons avec les coups de com' des uns et des autres qui veulent laver plus blanc que blanc et qui s'érigent avec des compétences qu'ils n'ont pas.

21:10
Locuteur 2

On a bien compris. Et Christian Estrosi est rhabillé pour l'hiver. Éric Ciotti, député des Républicains des Alpes-Maritimes, questionnaire désormais de l'Assemblée nationale. Merci d'avoir répondu à mes questions. 8h54 sur AMC BFM TV.