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interviewLCP (sur YouTube)· 22 juin 2026 62 min

Philippe Baptiste | LCP, Lundi C'est Politique - 22/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La France, touchée de plein fouet par une canicule historique. 50 départements sont en vigilance rouge. Depuis des années, les chercheurs et climatologues alertent sur les conséquences du changement climatique.

Tous les Gouvernements qui se sont succédés n'ont pas agi. Il faut prendre des décisions pour éviter que cela se transforme en galère pour tous ceux qui travaillent et les étudiants qui sont en période d'examen. Des enjeux de société, donc des enjeux politiques.

Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur est notre invité. Bonsoir et merci d'être avec nous et d'être fidèles au rendez-vous de "Lundi, c'est politique". Bonsoir Philippe Baptiste, ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur.

A mes côtés, pour vous interroger, Hervé Gattegno, Rémi Clément, Elsa Mondin-Gava, Hugo au perchoir avec la chaîne Twitch-LCP Assemblée nationale. En fin d'émission, nous recevrons un spécialiste de l'intelligence artificielle, Bernard Benhamou, il veut mettre en place un enseignement spécifique sur l'IA dès la classe de seconde. Vous nous direz s'il y aura des poursuites à l'université.

Il est beaucoup question des candidats du bac qui passe leurs oraux à partir d'aujourd'hui. Certains oraux ont dû être décalés notamment dus aux températures. La grosse période d'examen est passée mais elle n'est pas terminéee. - Des établissements qui auraient fermé, ce n'est pas le cas.

Comme vous l'avez parfaitement dit, l'essentiel des examens, des partiels, sont derrière nous. On a eu de la chance. Cette vague de chaleur arrive après.

Il y a encore un certain nombre d'oraux ou quelques écrits à gauche et à droite mais ce sont des situations à regarder au cas par cas. On n'est pas du tout dans la même situation...

On est dans un mode de fonctionnement qui est beaucoup plus déconcentré que dans le mode de l'Education nationale. Ce n'est pas le même examen pour tout le monde aux mêmes dates. Donc on peut s'adapter aux situations locales.

Cette vague caniculaire n'est pas homogène sur toute la France, même si elle touche beaucoup de départements. Mais les bâtiments sont plus ou moins bien préparés. - Justement, on a l'impression qu'il n'y a pas de problème mais ce ne sont pas forcément les bâtiments modernes. - Non.

A côté de ça, on a des chercheurs dans des laboratoires qui peuvent aussi se trouver dans des difficultés. Il y a des dispositifs mis en place. Du télétravail...

Ce sont des dispositifs génériques qu'on met en place partout. Au-delà du fait qu'on ait de la chance car la vague est arrivée après les partiels, la question n'est pas là. Il s'agit du réchauffement climatique.

Il y a toujours des partis politiques qui ont des doutes sur cela. Il est intéressant de le questionner. Quand une partie de l'extrême droite questionne la réalité des réchauffements climatiques... - Qui ? - Aujourd'hui, il suffit d'écouter.

Aujourd'hui que le réchauffement climatique soit là, c'est évident. Nous l'avons démontré. Les raisons sont principalement humaines.

Derrière, il y a l'augmentation du CO2, le gaz à effet de serre...

Il faut travailler sur ces causes. C'est le premier élément. Mais réduire notre production de CO2, c'est un effort à faire au niveau mondial.

La France pèse 1 %. Aujourd'hui, même si on fait des efforts drastiques en France, si à côté, ce n'est pas accompagné, ça ne marche pas. Je suis un peu long mais c'est important.

Il faut bien comprendre ce point-là. On a besoin de travailler là-dessus. L'impact des réductions de production de CO2, si on arrive à réduire la production de CO2, n'aura d'effet sur le système planétaire que bien plus tard.

Donc même si on est très optimistes, malgré tout, on va avoir une Terre qui se réchauffe. Des épisodes comme celui-là vont se reproduire. Il faut s'adapter. - Les scientifiques ont alerté depuis des années.

Ils n'ont pas été assez écoutés ? - Je pense qu'ils ont été écoutés. Ces 10 dernières années, mais déjà avant.

On s'est préparé à cela. Surtout, on a beaucoup travaillé sur la décarbonation. Des actions de longs termes qui sont absolument indispensables si on veut travailler pour le climat de nos enfants et petits-enfants.

C'est central. Il y a eu d'énormes efforts faits en France. - Le sentiment qui prédomine est que tout le monde découvre qu'il y a une canicule. - Non.

Il y a beaucoup d'émotion autour de cette canicule. C'est normal. Aujourd'hui, c'est la canicule.

Demain, ça peut être des inondations, des ouragans, des extrêmes...

Notre système est déréglé. Il y a beaucoup d'énergie dans l'atmosphère... - Il n'y a pas de décalage entre le discours des scientifiques et les décisions des politiques ? - On peut toujours se demander si on va assez long ou assez vite.

Mais il y a eu des vrais efforts d'adaptations qui ont été faits. En particulier dans la rénovation. Les bâtiments qui ont été construits ces dernières années sont des bâtiments modernes dans lesquels il y a une climatisation passive.

Il y eut des rénovations importantes de faites. Tout le parc immobilier n'a pas été rénové. Il y a encore beaucoup de travail.

Mais derrière, ce sont des milliards d'euros d'investissement seulement pour mon ministère. - Le climat est amené à se réchauffer. Est-ce que pour s'adapter, il faut climatiser les universités ? - La meilleure des climatisations est la climatisation naturelle.

Concevoir des bâtiments très bien isolés, naturellement ventilés et avec de la climatisation naturelle. C'est ce qu'il y a de mieux. Avec la rénovation, on a du mal à faire ça.

Effectivement, il faut, à un moment ou un autre, rentrer dans une réflexion...

Dans les endroits clés...

Les endroits où il y a des gens à temps pleins ou alors où les étudiants vont se retrouver. Tout n'a pas la même priorité. C'est un travail à mener. - Il faudra passer par la climatisation des universités ? - C'est variable.

La situation n'est pas la même en Bretagne et à Nice. - Est-ce que vous êtes en train de faire la liste des bâtiments qui nécessiteraient cette climatisation ? Vous le chiffrez ? - Il y a des plans immobiliers qui sont préparés par les équipes universitaires.

C'est vrai pour tous les établissements, toutes les écoles. Aujourd'hui, c'est l'un des plus gros patrimoines immobiliers de l'Etat, les universités. La rénovation dont on parle, c'est 3 ou 4 milliards d'euros d'investissement.

C'est échelonné. - Vous craignez qu'on ait une université avec des amphithéâtres non climatisés ? Que ça fasse un enseignement supérieur à deux vitesses ? - Je ne pense pas que l'enseignement supérieur se mesure à la climatisation.

Si vous demandez... - Les conditions de travail. - Les conditions ne sont pas partout pareilles sur tout le territoire.

C'est vrai pour la climatisation mais aussi pour l'accès. C'est encore plus important. Aujourd'hui, quand vous êtes jeune, c'est plus simple d'habiter dans le septième arrondissement que... - Il y a des grandes écoles privées qui ont des moyens, des beaux bâtiments qui sont climatisés.

Et des universités qui attendent d'être climatisées. - Je vous encourage à aller visiter plus souvent des universités. Beaucoup d'universités sont en très bon état. - Il n'y a pas d'enseignement supérieur à deux vitesses ? - Il y a des bâtiments très différents les uns des autres.

J'ai été il y a peu dans un bâtiment tout neuf, absolument magnifique. J'étais aussi au nord de Paris il y a peu... - Nanterre ? - Nanterre a besoin de rénovation.

Il y a des plans en cours. Il y a énormément d'argent, des plans de campus qui ont été lancés par Valérie Pécresse. Ca ne veut pas dire que c'est bien partout.

Il y aura toujours des campus ou des morceaux de campus en très mauvais état. C'est vrai. Mais on y travaille. - Ca représente combien de pourcent ?

Vous parlez d'investissement mais combien de pourcent des universités sont climatisées ? - Le nombre de mètres carrés climatisés, je n'ai pas de chiffres. La plupart du temps, on n'a pas ces besoins de fonds massivement.

En tout cas, pas sur tout le territoire. Il y a la difficulté du moment, qui tombe en dehors de la période des examens...

En ce moment, les élèves sont en stage. - Précisément, la climatisation, en ce moment, tout le monde en rêve. Et en même temps, culturellement, dans notre pays, à l'inverse des Etats-Unis, on a expliqué pendant très longtemps que la climatisation était mauvaise.

Des scientifiques expliquent que c'est rafraîchir l'intérieur au risque de réchauffer l'extérieur. Est-ce que ce n'est pas un symptôme de plus de notre inadaptation face à ces phénomènes ? On sait sur quel pied danser ? - Si on essaye de regarder les avantages et les inconvénients, d'abord, lors des vagues de chaleur, on va avoir besoin de avoir des lieux de fraîcheur.

Maintenant, La bonne nouvelle de la climatisation, c'est qu'on a une énergie très largement décarbonnée en France, avec à la fois du nucléaire, très stable et très largement décarbonné et, à côté de ça, des énergies renouvelables, notamment du photovoltaïque qui continue à s'installer en France et qui tourne à plein régime. Ce sont des sources d'énergie très décarbonnées donc, quand vous utilisez votre climatiseur, vous produisez peu de CO2. Maintenant, il faut quand même le fabriquer.

Mais du point de vue électrique, vous ne produisez pas de CO2. Maintenant, il y a des effets. Si vous mettez beaucoup de climatisation dans les centres-villes,, vous avez après l'apparition d'îlots de chaleur qui peuvent poser des problèmes.

On en est très très loin. Je ne sais pas où en est le taux de climatiseur. - Les écolos n'ont pas tort ? - Je pense que c'est une solution et qu'il faut l'utiliser.

Après, il faut l'utiliser avec bon sens. - C'est un enjeu pour la recherche d'aller vers une climatisation plus écologique encore ? - C'est vraiment de l'ingénierie...

Je vous mentirais si on vous disait qu'on travaillait sur les climatiseurs de demain. Ce sont des enjeux faits par les industriels. On est très en aval.

Par contre, il y a beaucoup de travail fait sur le réchauffement climatique et l'impact...

Quand on parlait des îlots de chaleur, la modélisation des villes et savoir comment, à partir d'un modèle numérique, on est capable d'améliorer la vie des citoyens...

Ou si on essaie d'éviter de trop climatiser, tout cela c'est modélisé numériquement. On a des informaticiens, des gens qui s'occupent de l'écologie d'un travail ensemble là-dessus. Ce sont des sujets d'actualité et qui sont travaillées dans les universités. - La prochaine rentrée universitaire se passe maintenant, ça se passe par parcoursup.

Vous vous attendez à une augmentation du nombre d'étudiants ? - Oui, on est toujours dans une vague démographique qui continue à croître et encore pour quelques années. Pourquoi ?

C'est un mélange de différents phénomènes. On a un peu de retard par rapport à des prises démographiques dans des établissements scolaires et il y a un autre phénomène, on constate un allongement de la durée d'études et parfois, des questionnements dès que la conjoncture économique est moins bonne, il y a des étudiants qui prolongent leurs études. - Plus d'étudiants du fait de cela ?

Combien ça fait ? - 3 millions à peu près aujourd'hui. Aujourd'hui, 1 million d'étudiants sur la plate-forme Parcoursup.

C'est beaucoup. - Vous diriez que la rentrée prochaine sera l'une des plus chargées ? - Elle sera chargée en particulier pour le premier cycle.

Elle est chargée mais pas de manière uniforme. Je vous ai donné une vision nationale, il faut la décliner localement. Il y a des territoires en pleine croissance.

En Ile-de-France, ça s'accroît. Il y a des étudiants attirés par les universités de Paris mais aussi les universités d'Ile-de-France et d'autres territoires où il y a une déprise comme le Grand Est. La situation n'est pas homogène. - 1 million de lycéens sur Parcoursup, il y aura assez de place pour tout le monde à la fin ? - Ce n'est pas 1 million de lycéens, il y a des lycéens en train de passer le baccalauréat et ceux qui reprennent leurs études et les réorientations.

On a à peu près 200 000 réorientations. Ce serait plus simple s'ils trouvaient leur choix dès le premier coup, ça nous ferait économiser de l'argent. Mais je veux valoriser ce parcours.

Ce sont souvent des gens qui réussissent et on ne peut que constater que c'est un phénomène en augmentation. - Il y aura assez de place ? - A ce stade, on a 85,5 % de lycéens qui ont une proposition.

C'est les mêmes chiffres que l'an dernier avec beaucoup plus de lycéens sur la plate-forme. Globalement ça fonctionne et l'an dernier on a terminé la campagne à la fin du mois de septembre avec 38 personnes sur un peu moins d'un million qui voulaient continuer leurs études pour lesquelles on n'avait pas trouvé de solution. Mon message est simple, tous les jeunes qui veulent poursuivre leurs études, ou commencer leurs études ou les reprendre et qui n'ont pas de solution et qui le demande, on les accompagnera et on leur trouvera des solutions. - Quitte à se retrouver dans le Grand Est. - On est très raisonnable.

C'est un travail de très longue haleine. - C'est là où il y a de la place, j'imagine. - Ca coûte cher de faire ses études loin de chez soi.

On essaie de tenir en compte... - Peut-être moins cher dans le Grand Est en Ile-de-France. - En juillet et août il y a des commissions d'enseignement supérieur.

Je veux rendre hommage aux gens qui le font. Ce sont des profs du lycée, des personnes du rectorat et des maîtres de conférences ou des professeurs d'université qui se réunissent dans chaque académie et qui regardent dossier par dossier les jeunes qui n'ont pas d'université. Et qui trouvent des places pour les jeunes. - Comment vous expliquez que pour de nombreux élèves, Parcoursup soit l'angoisse absolue ? - Je comprends...

Il y a deux choses, la question de la plate-forme numérique, est-ce qu'elle fonctionne ? Oui, elle va plus vite qu'avant, elle est assez efficace, c'est une source d'information incroyable. Après, la deuxième question, plus complexe, ça ne veut pas dire qu'il faut la changer, on peut toujours l'améliorer...

Je suis ouvert là-dessus. Mais il y a une autre question, comment on travaille sur l'orientation ? Quel que soit le système que vous mettiez en place, ce qui est abyssal, c'est d'arriver à la fin du lycée, si vous avez bien travaillé avant en sachant ce que vous voulez faire, mais la plupart du temps, les jeunes ne sont pas prêts.

Ils ont peut-être plusieurs projets, et ils hésitent...

C'est déjà vachement bien car vous avez plusieurs projets. Mais il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas de projet. C'est ça qui est stressant est abyssal.

Il y a toujours aussi sur 1 million de jeunes, vous trouverez des cas compliqués ou alors le dossier a été mal évalué... - Vous savez que certaines grandes entreprises et certains parents ont même des coachs pour savoir quels sont les pièges, les bons choix à faire...

Il n'y a pas des inégalités entre les familles qui peuvent se le permettre... ? - Je suis contre le fait d'aller chercher des coachs pour Parcoursup. - C'est de l'arnaque ? - Il y a peut-être des gens très bien qui font ça mais globalement il n'y a pas de stratégie...

Par contre, ce qui est fondamental, c'est que l'école et les professeurs...

Le lycée et les professeurs de lycée et les gens qui font de l'orientation, travaillent avec les jeunes et le font aujourd'hui et ce sont eux...

Discutez-en. Pour la génération d'après, il faut en discuter avec tout le monde. Avec vos proches... - Les coachs d'orientation, il faut se méfier ? - Je veux un système qui veut aider les jeunes à travers les proches et les profs pour s'orienter. - S'ils ont recours à cela c'est qu'il y a un vide... - Oui... - Il y a un marché pour eux. - Oui et il y a aussi un système qui s'appelle "Mon projet Sup" pour travailler sur l'orientation.

C'est un outil numérique où il y a un peu d'intelligence artificielle, qui permet aux jeunes à travers des questions, un dialogue, d'essayer de proposer des solutions. - Autre marché, l'enseignement privé, il y a des faux diplômes... - Je cherche la qualité.

L'enseignement supérieur privé, c'est une réalité en France. Un élève sur quatre et en privé. Ca me pose aucune difficulté, il y a de bonnes formations publiques mais aussi privées.

Mais je veux pouvoir garantir à tous les jeunes qui vont demain dans l'enseignement supérieur privé que c'est un enseignement de qualité. Et ça, aujourd'hui, si je n'ai pas une évolution...

Je ne suis pas capable de faire ça. De faire un minimum de régulation qui permette de garantir... - Fermer des établissements ? - Pas forcément.

Il y a la liberté d'installation. C'est être capable de dire que toutes les formations qui sont sur Parcoursup, qui bénéficient d'un euro d'argent public y compris à travers l'apprentissage, sont des formations qui sont des formations qui ont été vues et qui sont de qualité. On ne fait pas une usine à gaz. - Sinon, ces établissements ne seront pas sur Parcoursup. - Et ils n'auront pas un euro d'argent public.

C'est important. On constate qu'il y a eu des cas problématiques, ça constitue une minorité de cas. Mais cette minorité, elle insécurité les familles, on parle de plusieurs milliers de jeunes qu'on est en train de recaser à la petite cuillère suite à la fermeture de tel ou tel établissement.

C'est un vrai problème. C'est une vraie angoisse pour les parents qui se demandent si en payant des frais parfois très élevés... - C'est une arnaque. - Exactement.

Il faut vraiment qu'on travaille dessus. - Il faut une loi pour ça ? - Sans renoncer...

Ca été une grande révolution du quinquennat. - Le projet de loi que vous portez a été adopté par les sénateurs mais n'a pas été à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas une priorité pour Sébastien Lecornu ? - C'est une priorité.

Ce qui bloque, c'est l'agenda parlementaire qui est contraint est chargé. - Vous avez l'espoir que ce soit... - Oui.

Ca prendra du temps. La mise en place définitive...

Quand on parle de 25 % des formations donc 25 % des établissements qui doivent être évalués, même si c'est une évaluation simple, ça nécessite du temps. Ce ne sera pas du jour au lendemain. - Pour l'année prochaine... - Des vrais progrès auront été faits.

Le Haut conseil de l'enseignement supérieur de la recherche fera les évaluations. - S'il y a un problème de jour...

Ou de coïncidences. - Vous aviez vous-même parlé d'une nécessité de faire le ménage. Vous répétez que c'était une priorité.

Le fait que ce ne soit pas inscrit,... - Non, je pense que... - C'est un retard ? - Ca a été inscrit au Sénat.

Le calendrier parlementaire est compliqué. Il évolue tout le temps. Il faut trouver une ou deux journées de débats... - Pour l'année prochaine, ça le sera déjà ? - Oui. - Vous aviez lancé un appel aux chercheurs américains l'année dernière à venir étudier en France pour échapper aux coupes budgétaires de l'administration Trump dans leur pays et à certaines formes de censure d'un certain programme d'enseignement aux Etats-Unis, vous en tirez un bilan ?

Combien d'étudiants américains sont venus en France pour étudier ou d'enseignants ? Et dans quelle filière ? - On parle des chercheurs ou des enseignants chercheurs qu'on est allé chercher.

Le bilan, quand on a lancé ce programme, c'est vrai que c'était en réaction des coupes budgétaires et aussi, sur les libertés économiques, des renoncements à des programmes sur le climat, avec des bases de données historiques sur le climat qui ont été débranché du jour au lendemain. On a une soixantaine...

Pour mettre en oeuvre, on parle de gens qui traversent l'Atlantique avec leur famille...

On a à peu près une dizaine. Et ça continue et ça va continuer. Le truc le plus frappant, c'est la qualité extra ordinaire des gens qu'on recrute.

Quand on avait lancé le programme, je ne savais pas trop. Et la qualité des gens qu'on recrute, c'est exceptionnel. Ce sont des gens spécialistes du climat mais aussi des gens qui font de la physique, les informaticiens.

On a focalisé sur des priorités stratégiques du pays, l'énergie, le numérique, le climat, la santé. Le programme va continuer. Ca été annoncée par le président de la République avec une centaine de millions d'euros .

C'est à la fois très bien, je veux rester modeste, on est en train de parler de dizaines de gens recrutés par mois et on a beaucoup d'enseignants chercheurs qui sont en place aujourd'hui. Ce n'est pas la première fois qu'on recrute des chercheurs américains. Au CNRS, vous avez plus de la moitié des gens recrutés qui ont fait leurs études en dehors de... - Il y a des étudiants français qui partent. - Ca ne m'a jamais inquiété.

Ce serait inquiétant si un jour je me rendais compte que les gens quittaient le pays et que personne ne venait. Mais c'est le mouvement des cerveaux. La recherche est internationale. - La semaine dernière, une université retirait son doctorat à un physicien en raison de plagiat.

C'est une décision que vous soutenez ? - Je n'ai pas à la soutenir ou pas. C'est une décision qui a été prise par un conseil disciplinaire de l'université.

J'étais, comme beaucoup de gens, j'ai beaucoup écouté ce chercheur, vulgarisateur extraordinaire, qui a une capacité à faire passer des messages, une compréhension des phénomènes les plus complexes. Je dois dire que, comme beaucoup, j'ai été déçu de constater cela et de constater que, quelque part, on attendait une exigence et ce qu'on voit là est assez triste. - Une tolérance zéro face au plagiat ? - Le plagiat, le plagiat pur, bien sûr que ça ne peut pas être autorisé.

Après, réutiliser des sources, ça fait partie du travail des chercheurs. On ne construit pas sur rien. On construit sur une histoire, sur ce qui se fait autour de nous et derrière nous. - L'année dernière, 182 millions d'euros ont été annulés, des crédits annulés sur la recherche scientifique et spatiale.

En tant qu'ancien président du CNES, ça ne vous dérange pas ? - Tout euro dérange. La recherche, pourquoi c'est important ?

Parce que, quand vous faites de la recherche, vous travaillez pour comprendre le monde et ça, c'est vrai en astrophysique, en sciences sociales...

Mais aussi, vous construisez de la technologie, des outils qui vont permettre d'innover et de créer les usines, les emplois, les produits... - OK mais sur le CNES ? - Sur le CNES, simplement, il faut revenir à l'ensemble de l'équilibre budgétaire du CNES qui avait augmenté au début et qui a un peu réduit.

Il y a eu aussi les transferts entre ce qu'on a fait au CNES et au sein de l'agence spatiale européenne. Le spatial est une priorité du pays. Ca a été réaffirmé.

Des crédits en hausse quand on prend l'ensemble de l'enveloppe. - Vous ne vous y opposez pas ? - Il faut voir cela à l'aune du budget global de chaque établissement.

Evidemment, je suis très attentif au budget du CNES. Je connais des équipes, leur engagement et leur passion... - Est-ce que vous pourrez leur dire que ça ne se reproduira pas ?

Qu'il ne faut plus couper les crédits ? - C'est le Parlement qui vote les budgets. - Pas tout le temps. - On verra ça au moment où le budget sera voté.

Je défendrai le budget spatial comme je défendrais celui de la recherche, avec passion. - On avance. Il y a un mois, les repas à redonner à un restaurant universitaire ont été lancés.

Est-ce que ça a augmenté, la fréquentation ? - Oui, très significativement. On doit être à 12 % de fréquentation en plus. - C'était en mai.

Par rapport à mai de l'année dernière. - Le pic est devant nous. On sait que le gros, ça commence à partir de septembre.

De septembre à avril. C'est un énorme travail pour les équipes dans les restaurants universitaires. - Vous aurez les moyens de financer ce dispositif ?

Il semble que l'Etat cherche de l'argent. Les moyens humains, on voit des files d'attente d'étudiants... - Oui.

Les files d'attente ne sont pas nouvelles. Ca augmente. Le but du jeu est de ne pas les augmenter.

C'est de servir plus de repas. - Donc des moyens logistiques et humains. Et pour la rentrée ? - Pour 2027, pour l'année budgétaire suivante, là aussi, l'année n'est pas bouclée.

Mais on parle de 120, 130 millions d'euros qu'il faudra mettre sur la table. Derrière, c'est aussi des recrutements. L'ordre de grandeur est la centaine. - Beaucoup. - Après, il faut regarder au cas par cas.

Les investissements, vous voulez augmenter la capacité d'un CROUS, ça peut être recrutement mais aussi acheter une machine, ouvrir le restaurant universitaire le soir alors qu'il était fermé...

C'est au cas par cas. - Les conclusions des assises du financement des universités ont été rendues publiques... - Non.

Allez-y. - Assez largement rendu public l'année dernière. Une des préconisations est d'arriver jusqu'à 10 % du prix des universités qui viendraient des droits d'inscription.

Tous ont traduit cela par une perspective d'augmentation des frais et des droits d'inscription. Est-ce que c'est inéluctable ? Est-ce que l'Etat peut continuer à financer correctement ces universités ? - C'est la vraie question.

Pour la rentrée prochaine, comme je l'ai déjà dit une cinquantaine de fois, ça n'augmentera pas. - Mais à terme ? - C'est important.

A terme, ce que je considère, c'est qu'on a besoin de réinvestir dans les universités. - Donc ? - Pour réinvestir dans les universités, il y a deux options.

La première est d'augmenter l'effort de l'Etat pour les universités. Option un. L'option deux, c'est de dire qu'il faut faire contribuer les étudiants à une petite fraction, plus qu'aujourd'hui, au coût de la formation.

Ce débat doit avoir lieu. Il doit avoir lieu. - J'entends.

Donc l'augmentation des droits d'inscription n'est pas un tabou. - Mais il ne vous a pas échappé que ce n'est pas moi qui mettrai en place ces mesures. Ca doit être un des objets de la campagne présidentielle.

Cette question doit être débattue. - Ce n'est pas un tabou d'augmenter les droits d'inscription. - Pour moi, non.

Par contre, ce qui serait un tabou, pour moi, c'est que cette augmentation des droits contribue à exclure du système un certain nombre de jeunes. - Donc on fait comment ? - Donc, très concrètement, si des droits doivent être débattus, pour moi, il me semble que ces droits ne devraient pas concerner les boursiers... - Donc ce serait en fonction des revenus ? - Il faudrait regarder des systèmes déjà en place dans un certain nombre d'écoles.

En fonction du revenu des ménages...

Ce sont des choses à regarder. Il faut qu'il y ait un débat sur le sujet. C'est un débat clivant. - Leurs frais d'inscription vont augmenter à la rentrée, les étudiants étrangers en dehors de l'union européenne.

Ce n'est pas un risque pour l'attractivité de la France ? - Regardez ce qui se passe dans les grands pays anglo-saxons. Ca ne pose pas de grandes difficultés d'avoir des frais d'inscription plus élevés.

Pour le coup, eux, ce sont des coûts exorbitants. D'abord, les droits augmenteront pour les étudiants internationaux. Ce détail était déjà décidé en 2019, il était juste mal appliqué..

Mais on veut acquérir massivement des étudiants internationaux, européens et communautaires car on en a besoin. C'est un plan politique important. On est pas dans une politique de fermeture du pays.

Par contre, on dit qu'il a des filières prioritaires et on dit qu'il faut que les étudiants payent un tiers de leur formation. Le reste sera payé par l'Etat. - Le taux d'insertion a baissé.

C'est quoi ? L'IA ? - Il y a différents phénomènes en cours aujourd'hui.

On peut mettre l'IA en avant. Ca peut aussi être la conjoncture économique qui souvent, frappe d'abord les jeunes diplômés. Ils sont regardés dans la durée, pas simplement regarder un chiffre. - Il y a une inquiétude ? - Il y a une vigilance importante sur le sujet. - Il y a une question de Stéphane qui dit être mentor pour apprendre en informatique.

Ce qui ne pourrait pas renforcer la contrainte d'embauche ou au moins la justification de non embauche ? - Honnêtement, non. Pardon de dire les choses brutalement.

Si vous êtes une entreprise et qu'on vous dites que quand vous prenez un apprenti, vous êtes obligés de l'embaucher ou d'expliquer pourquoi vous ne voulez pas l'embaucher, c'est le meilleur moyen pour s'assurer qu'il n'y en aura plus. L'apprentissage marche très très bien. C'est un des grands succès des dernières années.

Il faut laisser de la liberté aux différents acteurs. - On va parler de la Corse. L'Assemblée nationale va examiner le texte sur l'autonomie du statut de la Corse.

Dans ce texte, il y a une reconnaissance d'une communauté insulaire, linguistique, culturelle de la Corse. Quelles conséquences ça entraîne sur les universités là-bas, ça implique des changements ? - C'est une très belle université, là-bas.

La spécificité de cette université est qu'aujourd'hui, contrairement à l'Education nationale, où il y a des programmes, où tel niveau correspond à telle chose...

Aujourd'hui, toutes nos universités sont autonomes. - Donc ça ne change rien ? Il y a déjà un niveau d'autonomie extrêmement élevée.

Je pense que ça ne pourra être renforcé. - Ca pourrait aller jusqu'à l'enseignement à 100 % en corse ? - Vous me prenez au dépourvu sur cette question.

Il me semble que l'essentiel des enseignements est en français aujourd'hui. - Mais justement, c'est une porte ouverte à des cours en corse ? - Il y a des cours de langue corse qui existe.

La question est de trouver l'équilibre. - Il y a une peur que l'enseignement se fasse en corse, dans la langue. - Ce n'est pas le même sujet entre l'éducation nationale et l'enseignement supérieur.

On parle d'adultes déjà formés. - Ca pose une question de fond. - A côté de ça, moi je plaide pour avoir des cours en anglais. - Ca peut rester des diplômes nationaux dans ce cadre-là ? - Il faudrait regarder le texte.

Vous me poussez dans un retranchement technique. Je ne sais pas répondre à cette question. - Le Premier ministre a demandé de façon inattendue des tests antidrogue à tous les membres de son Gouvernement.

Vous l'avez passé ? Quel est le résultat ? - Je ne l'ai pas encore passé.

Je m'y prierai sans difficulté. Il faut rappeler que la drogue est un fléau. C'est illégal.

Lutter contre la drogue en donnant l'exemple est indispensable. Je veux aussi dire qu'on a, nous, les grands cadres, accès à des informations confidentielles. Derrière, à un moment ou un autre, il est légitime de fragiliser qu'il n'y - Donc c'est normal ? - Chez les enseignants, ça me poserait problème.

Il faut réfléchir au type d'accès aux informations et aux types de responsabilité. - Pour les étudiants et enseignants vous n'imaginez pas... - Non. - Il y a de la consommation de drogues dans les universités, est-ce que la lutte contre la drogue est une priorité du Gouvernement ? - Malheureusement, le trafic...

Il y a évidemment du trafic au sein des universités. Mais comme partout...

Aujourd'hui, c'est vrai dans des entreprises, dans des lieux publics. - Est-ce que c'est plus qu'ailleurs ? On peut imaginer qu'un public jeune consomme plus qu'ailleurs. - Les statistiques ne sont pas très crédibles.

Il n'y a pas de statistiques claires sur ce sujet. On est vigilant et tous les présidents d'universités et directeurs d'écoles sont vigilants sur ces questions. On sait très bien les dérives...

Derrière ce sont des réseaux de criminels organisés qui reposent là-dessus, qui déstructurent notre système. - La campagne présidentielle est lancée, vous auriez une idée de programme ? - Je vous remercie de mettre le sujet.

La recherche, l'innovation et l'enseignement supérieur doivent être des sujets de la campagne. On a des questions clés. Il y a une question qu'on a à aborder, la question du financement.

Comment on finance ? On a besoin de rajouter des milliards sur le système. Comment on le finance ?

En privé, en public ? On a un système très hypocrite avec un baccalauréat et on dit aux étudiants qu'ils ont le bac et qu'ils ont le droit d'aller à l'université. C'est automatique.

On a des commissions qui cherchent des étudiants, qui les placent dans des universités, etc. Parfois avec des taux d'échec retentissant. Un bachelier professionnel qui commence une licence, taux de succès : 5 % en quatre ans. - C'est votre idée pour la présidentielle ? - Cette question qui est la question de ce qu'est le baccalauréat et comment il vous emmène vers les études, c'est important.

Troisième sujet, la question de la gouvernance de nos établissements. - C'est-à-dire ? - Ils ont de l'autonomie, il faut aller plus loin et il faut réfléchir à la manière dont sont composées... - L'autonomie mais comment ? - Ils ont une grande indépendance sur tous les sujets, comme les ressources humaines...

Il y a des questions autour de la place des personnalités qualifiées et de la société civile, des régions des élus... - Il faut plus de société civile dans les universités ? - C'est une question intéressante.

Les trois sujets que j'ai mentionnés sont des objets importants. On peut avoir des avis variés. - Vous allez soutenir Edouard Philippe ? - J'ai une très grande admiration pour Edouard Philippe, j'ai travaillé avec lui pendant quelques années, j'ai vu toutes les qualités de l'homme et l'intérêt qu'il avait. - Vous pouvez le soutenir pour la présidentielle. - J'ai énormément de sujets que je veux porter pour mon ministère et je suis focalisé sur ces sujets. - Pour revenir sur la drogue, le cannabis, est-ce qu'il ne faudrait pas aller sur une légalisation ou dépénalisation, un rapport parlementaire dit la même chose. - A titre personnel, je ne suis pas favorable à une dépénalisation du cannabis.

Après, ce sera quoi ? Il faut une position claire et ferme pour lutter contre les drogues et les addictions. - Donc, on interdit le tabac ? - On n'est pas dans l'interdiction du tabac... - Et l'alcool... - Un projet en cours d'examen pour interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, le président de la République a dit qu'il souhaitait aller jusqu'à une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans.

Il n'y a pas une contradiction entre ce message qu'on veut envoyer à la jeunesse, de dissuasion d'aller vers toujours plus d'écran et la nécessaire adaptation de la jeunesse française à l'utilisation de ces instruments des intelligences artificielles et de tout ce que produit l'informatique ? - Qaudn vous vous intéressez et vous vous connectez sur TikTok, vous ne vous formez pas à l'intelligence artificielle. Il existe des usages vertueux des réseaux sociaux.

Il en existe aussi massivement des pas vertueux... - Vous interdisez aussi les vertueux. - Ils ont un effet déstructurant pour les jeunes qui sont en formation aujourd'hui et c'est fondamental de leur donner un temps où ils sont capables de se construire en utilisant des outils qui sont dans la réflexion pour construire une réflexion critique.

Je suis très favorable et si c'est jusque 16 ans, c'est bon. - Vous dites module obligatoire enseignement supérieur ? - On n'a pas attendu dans l'enseignement supérieur.

Il faut former à ces questions. La formation doit être double. Il faut comprendre ce que sont ces outils.

Ce n'est pas de la magie noire, Derrière, il y a des mathématiques, des statistiques. - Pour qui ? - Il faut que les formations soient adaptées à tous les parcours. - Les scientifiques, les littéraires... - Je suis allé dans un lycée pour donner un cours d'intelligence artificielle à des jeunes en seconde et en première.

Vous n'avez pas besoin d'être un chercheur en mathématiques pour comprendre ces outils. Le deuxième sujet, au-delà de la compréhension des outils, vous devez discuter avec les jeunes dans leur formation sur l'impact de l'IA sur leur métier. Ce n'est pas facile. - On va continuer ce débat.

Merci Hugo d'être venu, vous allez céder votre place à celui qui va débattre de l'IA. Face à vous, on va accueillir Bernard Benhamou. Je vous laisse saluer le ministre.

Merci d'être avec nous. Vous êtes secrétaire général de l'Institut de la souveraineté numérique. On parle aussi de souveraineté quand on parle de l'intelligence artificielle. - Je suis ravi qu'on aborde le sujet aujourd'hui.

On a remarqué qu'il y a une accélération brutale sur le débat dans notre pays. Je ferai un petit point d'histoire personnelle, le mot "souveraineté numérique", nous l'avons inventé avec un collègue quand j'étais... - Qui ? - On parle de 2006.

Vous allez deviner. - Non. Je trouve pas. - A l'époque, j'étais ambassadeur pour les Nations unies sur les gouvernances et nous avons fini, en 2006, un article où on disait que les états devront s'occuper de la souveraineté numérique.

On parlait de science-fiction à l'époque. Aujourd'hui, je parlais d'Anthropic qui a soulevé un débat. Ma question, l'Etat français a souvent été observé comme ambigu par rapport à ces questions.

D'un côté on a un discours très clair sur la nécessité de renforcer notre souveraineté, en particulier numérique et de l'autre côté, on a des choix technologiques, au sein de la santé, avec la plate-forme des données de santé hébergée par Microsoft, alors que la fin a été annoncée, Polytechnique qui a quitté son attachement à Microsoft...

Ma question était : n'est-il pas temps qu'il y ait une doctrine générale de l'Etat sur l'hébergement des données stratégiques, pas seulement sensibles, par des acteurs européens et plus par des acteurs américains ou chinois dans certains cas ? - Réponse un peu technique. S'il ne s'agissait que des données, ce serait simple.

La réponse serait oui. Aucun problème, on héberge obligatoirement en France et en Europe les données. Malheureusement, derrière, avant même de parler d'IA, il y a le cloud, il y a les données et les logiciels et les capacités de calcul.

Aujourd'hui, l'offre souveraine européenne dans ces sujets, a beaucoup progressé, elle n'est pas toujours sur tous les niveaux sur tous les sujets, il y a la question de si vous ne faites rien et vous attendez, rien ne va se passer. D'un autre côté, si vous vous engagez trop brutalement dans une solution qui ne fonctionne pas, vous pouvez mettre en danger votre programme. J'ai piloté des programmes industriels dans d'autre vie et j'ai eu à répondre à ces questions.

Ce sont des choix compliqués. Est-ce qu'il faut avoir une doctrine unique ? Je crois que ce n'est pas possible mais il faut aller, dès que c'est possible, et des qu'on est capable de le faire, sans perdre un élément fondamental, il faut basculer en souverain.

Maintenant, il y a l'IA. On a des choses à faire voir. On a des mathématiciens qui sont excellentes.

On a des informaticiens et algorithmiciens qui sont au top. - Vous citez souvent Philippe Aghion qui dit qu'il n'y a pas de politique industrielle en Europe. N'est-il pas temps de faire évoluer les doctrines sur la concurrence et faire en sorte que certains mécanismes qui existent aux Etats-Unis, qu'on puisse les mettre en oeuvre ?

N'est-il pas temps d'avoir une vraie doctrine française ? - Tout simplement, oui. Bien sûr.

C'est notre fragilité européenne aujourd'hui. Le culte en Europe qui s'est construit sur cette idée du libre marché qui permettrait de résoudre tous nos problèmes. Quelque part, on ne peut que constater les limites de cela.

Mais il faut mettre d'accord des acteurs européens des pays européens qui n'ont pas cette vision. Je peux vous le dire pour le spatial, cette question est la question centrale. Comment développer une industrie spatiale si les deux tiers des pays européens vont acheter des équipements américains ?

Ca ne marche pas. Il faut savoir faire du "Buy european". Il faut construire des alliances et pousser le sujet. - C'est le sujet de ma prochaine question.

Etes-vous optimiste ? Le président de la République a eu l'occasion de négocier et de débattre avec son homologue allemand une possible coopération allemande et pour la première fois il a été contredit en Allemagne par le patron de la banque centrale en disant que l'urgence était-elle qu'il fallait avoir cet endettement commun. C'est une chose exceptionnelle.

Quel est votre sentiment à la date d'aujourd'hui sur la possibilité de mettre en oeuvre cet élément central du rapport Draghi ? Ce serait 5 % de la richesse européenne. - Vous comprendrez que je ne vais pas commenter les discussions entre le chancelier et le président de la République.

C'est avant tout le patron de la banque centrale allemande. Le rapport Draghi est simple. Il parle d'autonomie européenne, de capacité d'investissement collective, on peut concevoir des projets.

Si on regarde ce rapport, il est là depuis deux ans, est-ce qu'on peut dire qu'on a beaucoup avancé collectivement sur le sujet ? Les débats ont progressé. Malheureusement, la guerre en Ukraine a fait beaucoup pour faire progresser ces débats mais on est encore très loin.

La mise en oeuvre reste à faire. Faut qu'on arrive à avancer. Ce qu'on est en train de jouer à travers l'innovation, c'est l'avenir de notre pays.

On est en train de jouer notre peau. - Le mot de la fin, je m'en voudrais de faire conclusion...

Il est clair que le mot "souveraineté numérique" est rentré dans le débat public. La vraie question, quel est le point, l'élément-clé qui permettrait d'aller plus loin ? L'un des points que nous recommandons, c'est cet endettement européen, les mécanismes d'aide des entreprises dont les PME et aussi accompagner les citoyens et les étudiants dans le risque étique, d'environnement de l'IA et les enjeux sociaux pour les temps à venir. - Il y a plein de risque autour de l'IA.

Si on se focalise trop sur les risques, on va faire des régulations extraordinaires. Il faut faire attention à ça et il faut un champion. - Plusieurs. - Pourquoi pas.

Aujourd'hui, on a Mistral. Il faut avancer. Il faut un champion européen.

On a une opportunité en or aujourd'hui. C'est maintenant et ce n'est pas dans deux ans qu'il faudra investir. C'est maintenant en tant que européen qu'il faut développer. - Merci d'être venu.

Demain ce sera la panthéinisation de Marc Bloch. Quel symbole universitaire. - C'est une vie extraordinaire, un homme extraordinaire.

C'est un historien. Il a changé la façon de penser l'histoire. Non seulement il a été un historien exemplaire mais il a révolutionné sa discipline.

Aujourd'hui, ce qu'il a pensé ça a changé la manière de faire de l'histoire. C'est la première chose. Puis, c'est le résistant, un homme qui a su dire non, qui a su s'engager.

Il a été capable de critiquer le monde dans lequel il vivait et le critiquer dans un sens constructif. Il avait un regard sur la manière dont on éduquait, dont fonctionnaient les universités, et avec une volonté de faire avancer et bouger les choses. Et le discours, je reviens à "l'étrange défaite", c'est un discours qui résonne aujourd'hui.

C'est un sentiment de puissance collective dans lequel nous devons sortir. Nous l'organisons. Il faut se projeter vers l'avenir. - Merci d'être venus.

Bonne soirée sur LCP et rendez-vous lundi prochain pour un nouveau numéro.

Philippe Baptiste | LCP, Lundi C'est Politique - 22/06/2026 — Philippe Baptiste · Pourquijevote