Francis Szpiner - L'invité de Rudy Saada du 08/12/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:17OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez des extraits du livre de Sarkozy sur le front républicain et le RN ?
- 3:09RelanceRéponse directe
Si je suis votre raisonnement, ça veut dire que cette digue est susceptible de tomber ?
- 5:19OuverteRéponse partielle
Selon vous, quel est le candidat ou la candidate la mieux placée pour empêcher le RN de conquérir le pouvoir ?
- 7:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que Mélenchon et la France insoumise ont une responsabilité dans la montée de l'antisémitisme depuis le 7 octobre ?
- 8:24OuverteRéponse directe
Un mot sur les municipales : Rachida Dati est à nouveau candidate LR, tout est pardonné ?
- 9:25OuverteRéponse directe
Vous pensez qu'il y a un petit déficit de capacité à rassembler pour Rachida Dati ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Locuteur non identifiéFait
« Selon certains de ces extraits, l'ancien président a assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'associerait pas à un éventuel front républicain contre le RN et plaide pour un rassemblement le plus large possible sans anathème. »
- 1:59Locuteur non identifiéFait
« L'extrême droite de 2026, est-ce que c'est la même qu'il y a 25 ans ? Non. »
- 4:23Locuteur non identifiéFait
« Le RN a été pour l'abrogation de la réforme des retraites. »
- 7:23Locuteur non identifiéFait
« M. Mélenchon, avant même le 7 octobre, il y a eu les élections européennes. »
- 9:06Locuteur non identifiéFait
« Ça fait 25 ans que la gauche dirige cette ville. »
- 10:07Locuteur non identifiéFait
« J'étais opposé à ce changement de loi qui est d'inspiration parfaitement macroniste. »
- 11:35Locuteur non identifiéFait
« M. Lecornu a fait le choix d'accorder aux socialistes des concessions, j'aurais pu le comprendre, une capitulation, je ne le comprends pas et je ne l'accepte pas. »
- 11:50Locuteur non identifiéFait
« Nous avons fait une réforme des retraites qui n'est pas parfaite, qui peut être et qui doit être amendée. »
- 12:13Locuteur non identifiéFait
« Nous avons inventé les 35 heures, personne ne nous a copiés et nous sommes le seul pays au monde à vouloir baisser l'âge de la retraite quand tout le monde l'augmente avec l'allongement de l'espérance de vie. »
- 13:16Locuteur non identifiéFait
« Moi, je travaille depuis 50 ans. La différence avec M. Zuckman : M. Zuckman n'a jamais créé des emplois. Moi, j'ai créé des emplois. »
- 13:34Locuteur non identifiéChiffre
« Si vous ne votez pas ceci, ça va coûter 12, 15, 30 milliards. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié71 %
- Francis Szpiner26 %
- Présentateur3 %
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7h45 sur Radio-J, bon réveil, place à l'invité de David Raudallone. Il reçoit ce matin Francis Piner, le sénateur LR de Paris. Bonjour à tous les deux.
Bonjour Francis Piner, vous êtes pénaliste bien connu, vous avez été l'avocat de nombreuses personnalités. Impossible de les citer toutes, mais on va en citer quand même quelques-unes. Madame Claude, Bocassa, Patrick Poivre d'Arvor, Bernard Tapie, Alain Juppé, Jacques Chirac et bien d'autres. Excusez du peu, vous avez été aussi le défenseur notamment de la partie civile dans l'affaire Ilan Alemi et dans l'assassinat de Samuel Paty sur le plan politique. Rudy vient de le dire, sénateur LR de Paris depuis 2023, ex-maire du 16e. Alors on va bien sûr parler de la campagne des municipales à Paris, mais quelques mots d'abord sur l'actualité politique nationale et l'actualité du week-end.
Ce sont les premiers extraits du livre de Nicolas Sarkozy, journal d'un prisonnier. Je crois que vous l'avez déjà lu, les extraits ont fuité dans la presse. Alors, selon certains de ces extraits, l'ancien président a assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'associerait pas à un éventuel front républicain contre le RN et plaide pour un rassemblement le plus large possible sans anathème. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Alors, je pense qu'il est évident qu'aujourd'hui, le front républicain est mort. Je vois mal comment nous pourrions voter pour des candidats d'Elefi, par exemple. Je ne vois pas comment nous pourrions voter même pour certains écologistes qui sont pires qu'Elefi parfois. Donc, de ce point de vue, le front républicain est mort. Maintenant, la question qui se pose, c'est le fameux jimic de l'union des droites. Moi, je ne suis pas pour l'union des droites parce que l'union des droites, ça ne veut rien dire. Il y a aujourd'hui des formations de droite et puis il y a des formations d'extrême droite. L'extrême droite de 2026, est-ce que c'est la même qu'il y a 25 ans ? Non.
Ce serait une erreur de considérer que le RN de Marine Le Pen, c'est le RN de son père. Il a changé. D'abord, générationnellement, les affreux qui ont fondé le Front National, anciens militiaux, FNSS, le temps a fait son œuvre, ils ont disparu. Les plus acharnés de l'Algérie française sont en voie de disparition. Et c'est vrai que les gens qui voient Jordan Bardella ne vont pas faire le lien entre la collaboration et l'OS. C'est vrai aussi qu'un certain nombre de gens, qui étaient membres du RPR ou de Debout la France, ont rejoint le RN. Donc, le RN a changé. Et lui appliquer la vision, la grille de lecture d'il y a 25 ans est ridicule. C'est ce que fait M. Bertrand. Et je pense que M.
Bertrand a tort de ne pas voir ce changement. Car en ne voyant pas ce changement, nous restons dans une posture morale qui ne prend plus sur les électeurs du RN, qui sont en grande partie nos électeurs.
Si je suis votre raisonnement, ça veut dire que cette digue est susceptible de tomber ?
Ça veut dire que nous ne pouvons pas parler du RN comme nous en parlions il y a 20 ans. Maintenant, vous savez, on demandait à Philippe Séguin, est-ce que le RPR est un parti gaulliste ? Séguin disait, je ne sais pas, mais c'est quand même là qu'il y en a le plus. Est-ce que le RN est un parti qui a des relents fascisants, extrémistes et nauséabonds ? Je ne sais pas, mais c'est quand même là qu'il y en a le plus. Et quand on voit aujourd'hui ceux qui étaient leurs alliés il y a encore quelques mois au Parlement européen, je pense à l'alliance sur Deutschland, par exemple en Allemagne, on voit bien que la mutation du RN, si elle existe, elle n'est pas encore terminée.
Et donc, tant que le RN ne sera pas allé jusqu'au bout de sa mue, je pense que ce sera difficile de faire une union avec des gens qui n'ont pas, sur un certain nombre de points historiques, les mêmes valeurs et les mêmes positions que nous. Ça, c'est votre position, Francis Piner. J'ajoute, vous m'interrogez, donc je ne vais pas vous donner la position des autres, je vous donne la mienne. La deuxième chose, enfin, c'est que le RN, a commencé d'ailleurs par Marine Le Pen, ne se définit pas comme un parti de droite.
Et d'ailleurs, sur le plan économique, on voit bien que le RN a été pour l'abrogation de la réforme des retraites, ce qui est, si nous avons l'occasion d'en parler, plus longuement une catastrophe pour notre pays.
Voilà. Bon, ça c'est votre position. Effectivement, c'est normal, je vous interroge, vous me la donnez. Maintenant, on sent que... Elle a le mérite de la clarté. Elle a le mérite de la clarté. On sent que dans votre parti, on le voit notamment à l'occasion de ces municipales, elle est en train de s'effriter. Et même Laurent Wauquiez préconise une primaire de la droite qui va de Gérald Darmanin à Sarah Knafot. Alors, c'est vrai qu'il n'inclut pas le Rassemblement national, mais Sarah Knafot, c'est le parti d'Éric Zemmour, c'est reconquête, c'est parfois classé comme encore plus à l'extrême droite que le RN.
Écoutez, je reviendrai dans 15 jours, dans un mois, et je connaîtrai la nouvelle position de M. Wauquiez. Souvent, M. Wauquiez parut. M. Wauquiez était partisan de la non-primaire avec une hostilité et avec une vigueur il y a encore un ou deux mois. Donc, souvent, Wauquiez varie et bien folle qui s'y fit.
Aujourd'hui, en croire les sondages sur 2027, le ou la candidate du RN, puisqu'il y a toujours cette épée de Damoclès judiciaire qui pèse sur Marine Le Pen, le RN est favori du premier tour, voire du deuxième, même si les sondages de deuxième tour sont très discutables. Selon vous, quel est le candidat ou la candidate la mieux placée pour empêcher le RN de conquérir le pouvoir ?
Vous voyez, déjà, ça commence mal. Parce que si on continue à avoir comme seul objectif dans la vie politique de faire barrage au RN, on aura le RN. La politique, les Français ont besoin d'une espérance. Ils ont besoin de projets. Et barrer le RN, c'est pas un projet. C'est souhaitable, puisque nous ne partageons pas leurs convictions politiques, mais c'est pas avec ça que vous allez convaincre les Français qu'il ne faut pas voter. Ça fait 20 ans qu'on leur dit qu'il faut faire barrage. Ça fait 20 ans qu'ils font barrage, mais que le barrage est de moins en moins un barrage.
Et donc, si on reste dans l'idée que l'alpha et l'oméga de la politique, c'est de dire qu'il faut faire barrage au RN, vous aurez le RN. Il faut donc que nous ayons un projet qui suscite une espérance dans le pays. Qui peut en être le porteur ? Écoutez, l'avantage de l'âge. Moi, j'étais gamin, mais j'ai vécu la première élection présidentielle de 1965. Première élection au suffrage universel. Celui qui est donné président un an avant est rarement élu. Et je pense qu'aujourd'hui, la politique, c'est comme la météo, toute prévision au-delà de 8 jours devient particulièrement hasardeuse.
Donc je pense que notre devoir, c'est de présenter un projet pour les Français, avec quelqu'un ou quelqu'une qui, porteur de ce projet, donne un sentiment de sincérité, d'authenticité et de compétence. Voilà.
Vous évoquiez la dissolution, si j'ose dire, du Front républicain, l'impossibilité aujourd'hui de voter pour un candidat LFI. Est-ce que vous estimez que Mélenchon, ses troupes, la France insoumise, ont une responsabilité dans la montée, pour ne pas dire l'explosion, de l'antisémitisme en France depuis le 7 octobre ?
Je pense que M. Mélenchon, avant même le 7 octobre, il y a eu les élections européennes. Aux élections européennes, on a parlé de Mme Rima Hassan. J'ignorais que le problème de l'Europe et le problème de la France en Europe, c'était Mme Rima Hassan qui pouvait le mieux le porter. Oui, bien sûr, bien sûr. On voit bien qu'en réalité, cette campagne contre l'État génocidaire, mais vous savez, M. Olivier Faure a utilisé aussi le mot génocide. Alors, je ne sais pas si M.
Olivier Faure lit de temps en temps le dictionnaire ou s'il lit tout court, mais à un moment donné, on voit bien que la nazification de l'État d'Israël, qui s'étend aujourd'hui à tout juif du monde, qui est sommé de ce justifié par rapport à Israël, c'est l'appel au boycott à l'Eurovision, c'est le filharmonique qui est perturbé. On voit bien que oui, tous ceux qui ont avancé tous ces arguments ont une responsabilité énorme dans ce qui est en train de se passer.
Un mot sur les municipales. 2020, vous aviez soutenu Rachida Dati lors du précédent scrutin, mais après son entrée dans le gouvernement Attal, en 2024, vous aviez pris vos distances, vous aviez pris également la tête d'un nouveau groupe au Conseil de Paris. Eh bien, Rachida Dati, aujourd'hui, est à nouveau la candidate officiellement investie par LR. Tout est pardonné, si j'ose dire.
Écoutez, nous avons des instances et elles ont fait un choix. Et donc moi, je suis plutôt indiscipliné de caractère et indépendant, mais je pense que ce choix est un choix qui a recueilli dans notre mouvement une assez grande majorité. Bon. J'en prends acte. Maintenant, je pense que les Parisiens ont besoin d'alternance. Ça fait 25 ans que la gauche dirige cette ville. Elle la dirige avec le succès que l'on sait, avec le taux d'insatisfaction des Parisiens que l'on sait. Je pense que Rachida Dati a des qualités, elle a une énergie, elle a une niac, elle a une volonté. Il faut qu'elle sache rassembler.
Vous pensez qu'il y a un petit déficit de ce point de vue-là ? Vous avez un doute sur sa capacité, justement,
à rassembler ? Non, mais je constate malheureusement qu'au départ, elle devait être la candidate des Républicains et de Renaissance et que Renaissance a finalement investi un autre candidat.
Pierre-Yves Bournazel,
pour ne pas le citer. Et que de notre côté, elle doit aussi rassembler les Républicains. Ce n'est pas encore le cas,
d'après vous ?
Écoutez, pour l'instant, non.
D'accord. Les sondages sont... Mais ça ne dépend que d'elle. Les sondages sont plutôt avantageux au premier tour, pour Mme Dati, mais le deuxième s'annonce plus compliqué. Est-ce que vous êtes optimiste compte tenu du fait qu'on a quand même, il faut le rappeler aux auditeurs, changé le mode de scrutin et donc changé la loi PLM, Paris-Lion-Marsay ?
Écoutez, moi, j'étais opposé à ce changement de loi qui est d'inspiration parfaitement macroniste, c'est-à-dire celle qui consiste à casser tout ce qui marche. Aujourd'hui, grâce à cette loi, pourront entrer au Conseil de Paris les extrêmes et la France insoumise et le Rassemblement national qui n'y étaient pas. C'est une inconnue du scrutin. Après, justement, il y aura des questions qui vont se poser pour la gauche. M. Brossard, quand vous l'interrogez, est-ce qu'il faut s'allier avec LFI ? Il dit « Je vous répondrai au deuxième tour ». Ce qui est une manière de dire « Oui, on le fera ». Les écologistes, M. Béliard, disent « Ah, c'est le front populaire, tous se lient, embrassons-nous ». M.
Grégoire dit « Jamais au premier tour, jamais au deuxième tour, mais oui au troisième tour, avant le deuxième tour ». Bon, parce qu'on connaît la capacité de la gauche qui dira « Bon, on a des divergences, mais à l'idée que ces affreux gens de droite s'en prennent de la ville, nous sommes prêts à gommer nos différences qui ne sont pas aussi importantes, etc. » Donc, aujourd'hui, sociologiquement, la gauche unie, si elle se met avec l'extrême-gauche, avec LFI, peut effectivement gagner Paris.
– Un mot sur la situation politique nationale. Quel regard vous portez sur les difficiles, très difficiles discussions actuellement sur les textes budgétaires à l'Assemblée et généralement sur le blocage généralisé que nous connaissons depuis la dissolution ?
– Et M. Lecornu a fait le choix d'accorder aux socialistes des concessions, j'aurais pu le comprendre, une capitulation, je ne le comprends pas et je ne l'accepte pas. Nous avons fait une réforme des retraites qui n'est pas parfaite, qui peut être et qui doit être amendée. est-ce qu'il faut se polariser sur l'âge ou mélanger âge et annuité ? Les problèmes de pénibilité, c'est une réforme qu'il faudra certainement affiner. Mais c'est une réforme indispensable.
Alors je crois au génie français, nous avons inventé les 35 heures, personne ne nous a copiés et nous sommes le seul pays au monde à vouloir baisser l'âge de la retraite quand tout le monde l'augmente avec l'allongement de l'espérance de vie. J'ai entendu les socialistes venir nous dire qu'on était en train de voler la vie des gens, que nous étions les héritiers de ceux qui envoyaient les enfants de 10 ans à la mine, etc. Les sociodémocrates en Europe ont des mesures encore plus radicales que les nôtres. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous avons l'incapacité de vouloir transformer ce pays.
Ça veut dire que la rue demain peut imposer le blocage contrairement au Parlement et bloquer toute réforme. C'est notre crédibilité vis-à-vis de l'Europe et des marchés financiers.
Mais Paris vaut bien une messe, dit-on. Est-ce que la stabilité, le maintien du gouvernement Lecornu ne valait pas des concessions, même si elles coûtent, vous avez raison, très cher ?
Non mais, c'est oui. Il y a une grande différence entre moi et beaucoup de gens. Moi, je travaille depuis 50 ans. La différence avec M. Zuckman. M. Zuckman n'a jamais créé des emplois. Moi, j'ai créé des emplois. Donc, il y a des économies qu'on ne fait pas qui coûtent encore plus cher. C'est-à-dire le chantage. Car c'est du chantage. S'il n'y a pas de budget, si vous ne votez pas ceci, ça va coûter 12, 15, 30 milliards. Si vous cassez cette réforme, vous cassez la créabilité du pays et croyez-moi, ça coûtera beaucoup plus cher.
Merci Francis Piner pour cette interview décapante et à très bientôt sur Radio-G.
Merci à tous les deux. Demain, vous recevrez Aurore Berger à la ministre chargée de l'égalité, femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations. Bon.
Francis Szpiner