Inflation : "Le président réélu a le devoir d'apporter des réponses", estime Prisca Thevenot (LREM)
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Il est 6h20, la campagne des législatives s'achève, le premier tour a lieu dimanche. Bonjour Prisca Thévenot. Bonjour. Vous êtes candidate dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine, mais c'est surtout en tant que porte-parole du parti présidentiel LREM qu'on vous reçoit ce matin. Le gouvernement a annoncé ces derniers jours des mesures pour l'hôpital, une nouvelle aide pour le pouvoir d'achat, la prolongation de la ristourne carburant, une hausse des pensions de retraite. C'est la semaine des bonnes nouvelles apparemment.
C'est la semaine surtout des annonces et des réponses pour les problématiques du quotidien des Français. Effectivement, on n'est pas sans savoir que nous sommes face à une inflation extrêmement importante. Alors oui, certes, elle est moins importante en France que dans le reste des pays européens, mais elle est quand même là. 5,2%, ça se ressent au quotidien pour le pouvoir d'achat des Français. Et donc oui, il faut agir très vite et donner des perspectives à l'ensemble des Français sur leurs problématiques. Et ça à quelques jours des législatives.
Eh bien, on pourrait très bien se dire aussi ce qu'on a entendu pendant quelques jours, quelques semaines après la réélection du président de la République. Mais nous n'entendons rien. Aucune réponse n'a apporté à nos problématiques. Et donc oui, là, des réponses sont apportées. Mais le gouvernement, il n'est pas tenu un droit de réserve en ce moment ? Le droit de réserve de ne pas apporter des réponses aux problématiques des Français, je ne sais pas. Je pense que le président réélu doit apporter, c'est son devoir, des réponses aux problématiques concrètes du quotidien des Français.
Encore une fois, l'ensemble de ces mesures ne pourront être mises en place que, effectivement, si le président de la République a une majorité. Mais rappelons-nous que le sujet de l'inflation n'attend pas le soir du premier tour des législatives ou du second tour des législatives pour pointer le bout de son nez dans le porte-monnaie des Français ? Les réponses doivent être apportées très rapidement. Et les Français attendent cela de la part du président réélu. Prisca Tévenot, il y a les mesures.
Donc voilà, j'en ai donné quelques-unes. En ce moment aussi, il y a pas mal de mots qu'on entend plutôt costauds contre l'alliance de gauche, la NU. Puis il y a Bruno Le Maire qui parle de Jean-Luc Mélenchon comme d'Anne Chavez-Gaulois. Christophe Castaner qui fustige un programme soviétique. Gabriel Attal qui dénonce la guillotine fiscale mélenchoniste. Est-ce qu'il y a panique à bord comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?
Moi les mots costauds que j'entends ce sont surtout ceux de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis de notre République, des valeurs de notre nation. Quand j'entends pour la énième fois des outrances vis-à-vis de nos forces de l'ordre, ces femmes et ces hommes qui défendent notre sécurité au quotidien en disant la police tue, oui ce sont des mots costauds, des mots sur lesquels nous devons tous réagir et nous interroger sur une personne qui prétend vouloir être une personne importante pour l'État.
Quand j'entends cette même personne avoir des mots costauds sur l'Europe en disant qu'il s'agit de demain avoir une désobéissance de la France sur les traités européens, oui c'est important quand on sait qu'à trois heures de vol de notre pays, une guerre éclate justement sur ces sujets. La NUP c'est votre adversaire numéro un, c'est législative ? Je ne sais pas si c'est notre adversaire, en tout cas... C'est celui que vous y voyez le plus. En tout cas, le fait est, c'est que nous avons des projets de société radicalement opposés. C'est le cas aussi avec le RN.
Oui tout à fait, mais c'est pour ça que vous m'interrogez sur la NUP, je vous réponds sur la NUP, je pourrais vous répondre aussi sur le Rassemblement National. Une campagne, quelle qu'elle soit, sont là aussi pour confronter les projets. Et donc oui, je préférerais vous parler du projet que nous portons avec Emmanuel Macron et l'ensemble de la majorité. Vous m'interrogez sur la NUP, je vous en remercie et effectivement je réponds.
Emmanuel Macron a dit il y a quelques heures, donnez-moi une majorité, qu'il avait besoin d'une majorité. Vous craignez de ne pas l'avoir, la majorité absolue, ça ne coule pas de source ?
Rien ne coule de source, rien ne coule de source et j'ai envie de dire, heureusement. Une élection, c'est la parole des Français qui s'exprime et cette parole est libre et autonome. Donc bien évidemment, rien ne coule de source. Mais on se sent plus fébrile quand même le président cette année qui a 5 ans. Je ne sais pas s'il est plus fébrile, moi je me souviens que la campagne des présidentielles, j'y étais en 2016-2017, n'était pas si évidente que ça. Souvenez-vous en janvier 2017, on disait... Je ne parle pas de la présidentielle, je parle des législatives. Eh bien oui, mais la fébrilité est déjà là aux présidentielles. Aucune élection est jouée d'avance, jamais, jamais.
En revanche, les défis qui sont là, tout de suite, maintenant, face aux Français, ils sont bien présents et réels. Donc c'est pour ça qu'on dit d'une façon très simple et cohérente, vous avez permis de réélire un homme, donner lui les moyens d'agir. Certes, il n'a pas été réélu avec qu'à 100% des voix, ce qui est normal. Donc oui, nous allons aussi devoir travailler à rassembler le pays avec celles et ceux qui ont apporté un vote de conviction à Emmanuel Macron, mais aussi tous les autres pour les rassembler dans un pays unifié.
Rassembler et concerter aussi, ça c'est la méthode que promet le gouvernement, Emmanuel Macron. Il dit qu'il veut plus de dialogue, de concertation pour ce nouveau quinquennat. Et c'est pour cela qu'il veut mettre en place d'ailleurs un Conseil national de la refondation. Il a invité également les syndicats demain à l'Elysée, les organisations patronales, ce sera la semaine prochaine. Philippe Martinez, pour la CGT, a déjà décliné l'invitation de demain. Il dit que ça ressemble à un déjeuner de campagne. Elle commence mal la concertation ?
Je pense qu'avant de jeter le bébé l'eau du bain, peut-être vaudrait-il aller voir ce bébé et voir comment il se porte, quelles sont ses démarches. On nous a reproché, à tort ou à raison, peu importe. On nous a reproché une trop grande verticalité, un manque de concertation, un manque de consultation. Ça a été entendu. Ça a été entendu et ça est appliqué aujourd'hui lors de ce deuxième quinquennat. Je peux entendre que les attentes sont extrêmement grandes, que les déceptions le sont aussi. Mais je pense que ce qui se passe aujourd'hui nous dépasse nous-mêmes en tant que personnes. Il s'agit de notre pays, de l'avenir de notre pays.
Donc nous devons peut-être de temps en temps mettre nos égaux de côté et puis laisser sa place à la possibilité de faire autrement.
Mais dire qu'on veut consulter, qu'on veut discuter, dans le même temps annoncer que la réforme des retraites entrerait en vigueur dans un an, ce n'est pas contradictoire ?
Alors il faut deux choses. Effectivement, consultation, concertation n'empêche pas de mettre en place un programme pour lequel le président de la République a été réélu. Donc on discute sur quoi ? Sur les modalités de la réforme, tout simplement. Effectivement, notre système de solidarité est un trésor, il est précieux. Mais soyons responsables et réalistes, il est en danger. Donc soit on se regarde et on se dit, ça ne va pas le faire, ça ne va pas le faire, ça ne va pas le faire, on ne va pas dans le mur. Soit on se dit, ok, on est responsables et on regarde ce qu'on laisse à nos enfants, à nos petits-enfants.
Encore une fois, les modalités de cette réforme, dans le détail, doivent être discutées, doivent faire l'objet de concertations avec les corps intermédiaires, avec l'ensemble des acteurs et surtout avec les Français.
Mais ça, ça se fait déjà dans le CESE, c'est déjà un organisme qui sert à ça, qui regroupe des syndicats, des ONG, des entreprises. En quoi c'est différent ? En quoi le Conseil National de la Réafondation est différent du CESE ?
Eh bien, il vient le compléter, il vient peut-être redonner peut-être plus de sens d'un point de vue participation citoyenne à l'ensemble des Françaises et des Français, car oui, le CESE existe. Mais donc il ne fonctionne pas bien, c'est ça ? Ce n'est pas du tout ce que je viens de dire. Justement, le principe de compléter, ce n'est pas remplacer. Donc le CESE fait son job, remplit sa mission. Maintenant, force est de constater, c'est que les Français se sentent toujours plus éloignés. Donc nous devons y répondre.
Encore une fois, il ne s'agit pas d'opposer les institutions les unes aux autres, les méthodes les unes aux autres, mais peut-être de les compléter, parce que ce n'est pas de nous dont il s'agit. Quand je dis nous, c'est les politiques, mais des Français.
Priska Thévenot, merci. Porte-parole du parti présidentiel LREM, vous étiez l'invité du 5-7.
Prisca Thevenot