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Podcast / conversationFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 17 octobre 2026 59 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieDéfenseÉconomie & entreprisesEurope & international

Guerre et pétrole : l'escalade saoudienne

Au micro : Christine O'Krent Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 6 %Attaque 28 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:46RelanceRéponse partielle

    Michel Duclos, le dernier coup de théâtre : l'annulation par Trump de la loi Graham contre la Russie et l'Iran. Comment l'expliquer ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment Mohamed Ben Salman peut-il interpréter l'annulation de la loi Graham face aux attaques des Houthis ?

  • 13:03OuverteRéponse directe

    Laurent Bonnefoy, vous êtes spécialiste du Yémen. Comment expliquer la capacité militaire des Houthis ?

  • 18:10OuverteRéponse directe

    Dorothée Schmitt, comment le récit de résistance des Houthis s'inscrit-il dans l'axe de la résistance iranien ?

  • 20:51RelanceRéponse directe

    Michel Duclos, comment expliquer la versatilité de l'administration Trump ?

  • 30:33OuverteRéponse directe

    Dorothée Schmitt, à quoi sert le pacte de la Mecque signé en août dernier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33PrésentateurFait
    « Donald Trump cherche frénétiquement à faire baisser le prix de l'essence et le mécontentement populaire. »
  • 0:59PrésentateurFait
    « Le président américain conclut avec Vladimir Poutine un deal pour se faire livrer quelques milliers de tonnes de brutes, rompant ainsi le carcan des sanctions. »
  • 2:46PrésentateurFait
    « À la Mecque, la Turquie et le Pakistan avaient signé en août dernier avec l'Arabie saoudite un pacte d'assistance mutuelle. »
  • 27:10InvitéFait
    « Malgré tous ces armements très sophistiqués, les Saoudiens, l'armée saoudienne a une capacité de projection militaire qui est extrêmement limitée en réalité. »
  • 28:34InvitéFait
    « Les États-Unis ont quand même priorisé la défense d'Israël et la livraison de défense antiaérienne à Israël par rapport aux pays du Golfe. »

Temps de parole

  • Présentateur33 %
  • Invité19 %
  • Invité 217 %
  • Invité 314 %
  • Invité 413 %
  • ?5 %

≈ 30,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Locuteur

France

0:09
Présentateur

Culture,

0:10
Locuteur

Affaires

0:10
Présentateur

étrangères, Christine O'Krent.

0:16
Locuteur

Bonjour

0:17
Présentateur

à tous. Le pétrole est plus que jamais le nerf de la guerre et la diplomatie américaine le démontre avec une versatilité sans pareil.

0:27
Locuteur

À

0:27
Présentateur

trois semaines des élections de mi-mandat qui s'annoncent plus rudes que prévues pour ses candidats, Donald Trump cherche frénétiquement à faire baisser le prix de l'essence et le mécontentement populaire. Incapable de libérer le détroit d'Ormuz plus de sept mois après le déclenchement contre l'Iran de ce qui devait être une simple excursion punitive, le voilà qui renvoie à Volodymyr Zelensky et aux frappes ukrainiennes sur les infrastructures russes la responsabilité de l'inflation des cours.

Mieux ou pire, au choix, le président américain conclut avec Vladimir Poutine un deal pour se faire livrer quelques milliers de tonnes de brutes, rompant ainsi le carcan des sanctions mises en place contre la Russie depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Et la nuit dernière,

1:19
Locuteur

il

1:20
Présentateur

annule une loi qu'il avait lui-même promue

1:23
Locuteur

pour

1:24
Présentateur

serrer davantage, pour desserrer davantage les taux mis en place contre la Russie et contre l'Iran.

1:32
Locuteur

L

1:33
Présentateur

'affairisme s'épanouit sans fidélité. Mohamed Belsalman le vérifia à ses dépens, puisqu'au même moment, Donald Trump lui a refusé toute protection contre l'offensive des Houthis yéménites, alliés de Téhéran, capables ces derniers jours d'attaquer à coups de missiles balistiques la capitale de l'Arabie saoudite et plus à l'Est, le quartier général de son conglomérat pétrolier. Gavé d'armement américain réputé pour ses largesses accordées à la famille présidentielle, le royaume peine à renforcer d'autres alliances dans un Moyen-Orient déstabilisé.

Là, comme en Europe, les États-Unis abandonnent le rôle hégémonique qui était le leur depuis le milieu du siècle dernier, désormais récalcitrant à protéger leurs alliés, impuissant à assurer la liberté de navigation, fondement même de leur puissance commerciale. Comment les outils qui portent encore un poignard à la ceinture tout en utilisant Anthropique et l'intelligence artificielle, comment réussissent-ils à imposer au sud de la péninsule arabique une nouvelle guerre asymétrique pour contrôler les richesses pétrolières et affirmer une autre forme de fondamentalisme chiite

2:46
Locuteur

? À

2:47
Présentateur

la Mecque, la Turquie et le Pakistan avaient signé en août dernier avec l'Arabie saoudite un pacte d'assistance mutuelle. S'agit-il d'une nouvelle configuration régionale face aux Émirats et face à Israël ?

3:01
Locuteur

En

3:01
Présentateur

tout cas, l'Iran n'est pas vaincu, l'Ukraine non plus. Faut-il y voir les limites contemporaines de la toute-puissance, une autre grammaire des dérèglements du système international ? Eh bien, c'est ce que nous allons comprendre ce matin. Grâce à vous, Dorothée Schmitt, vous êtes la responsable du programme Turquie-Moyen-Orient de l'Institut français des relations internationales. Camille Lonce, directrice adjointe du Bureau de Paris du Conseil européen pour les relations internationales.

Michel Duclos, diplomate, ancien ambassadeur de France en Syrie et conseiller spécial de l'Institut Montaigne, et Laurent Bonnefoy, chargé de recherche au CNRS, affecté au Centre de recherche internationales de Sciences Po.

3:46
Locuteur

Michel

3:47
Présentateur

Duclos, je commence avec vous.

3:51
Locuteur

Donc,

3:51
Présentateur

le dernier coup de théâtre,

3:53
Locuteur

c

3:54
Présentateur

'est l'annulation par le président des États-Unis de cette loi qui porte le nom de son grand ami décédé, Lindsey Graham, qui était censé,

4:04
Locuteur

contre

4:05
Présentateur

la Russie, mais aussi contre l'Iran, de resserrer encore le mur de sanctions américaines.

4:14
Locuteur

Et

4:14
Présentateur

là, on n

4:15
Locuteur

'a

4:15
Présentateur

pas entendu la sœur, d'ailleurs, de Lindsey Graham, qui est devenue sénatrice à sa place. Mais comment t'expliquer ces virements de bord

4:24
Locuteur

? Il

4:27
Invité

y a certainement plusieurs clés d'explication. Une des clés, vous l'avez déjà indiqué, Christine, c'est la politique intérieure.

4:35
Locuteur

Donc,

4:36
Invité

il veut absolument montrer

4:38
Locuteur

qu

4:38
Invité

'il fait le maximum pour faire baisser le prix du galon de diesel.

4:43
Locuteur

Même

4:44
Invité

si chacun sait que ce n'aura pas un impact considérable, au moins, il veut faire la démonstration qu'il fait tout. Et en plus, très probablement, avec l'arrière-pensée, de jeter le blâme sur Zelensky pour ce qui peut se passer, et donc se disculper de sa propre responsabilité dans le prix du diesel, qui est quand même son attaque ratée contre l'Iran.

5:11
Locuteur

L

5:12
Invité

'autre clé, c'est, vous avez prononcé le mot « affairisme ». C'est cette relation d'affairisme entre la Maison-Blanche et le Kremlin. Et je dois dire, il faut saluer la persistance avec laquelle les Russes

5:29
Locuteur

ont

5:29
Invité

insisté pour faire miroiter certains deals à l'égard de Trump et de sa famille, par exemple, en offrant une ouverture du capital de Lukoï. Et

5:41
Locuteur

d'ailleurs,

5:42
Présentateur

pardon, je vous interromps, Michel, mais ce matin, Kyril Dimitriev, qui est donc le représentant de Vladimir Poutine pour les affaires. Il a été, lui, formé à Harvard, à Stanford, il a ses habitudes en Floride. Et il dit que

5:59
Locuteur

c

5:59
Présentateur

'est un moment historique dans les relations entre la Russie et les États-Unis.

6:05
Invité

Alors là, ce que vous indiquez maintenant, c'est un cran supplémentaire.

6:09
Locuteur

C

6:09
Invité

'est que Trump

6:10
Locuteur

prend

6:11
Invité

le risque

6:11
Locuteur

d

6:12
Invité

'antagoniser, d'aller contre le sentiment de beaucoup de gens aux États-Unis. quand même, y compris des sénateurs, y compris des sénateurs républicains. Et ce qu'il faut quand même avoir à l'esprit, c'est qu'aux États-Unis, heureusement, encore aujourd'hui, il y

6:27
Locuteur

a

6:27
Invité

des cordes de rappel.

6:29
Locuteur

Et

6:29
Invité

là, le président Trump donne l'impression

6:36
Locuteur

de

6:36
Invité

couper les amarres, de se priver d'un appui fondamental chez des sénateurs républicains.

6:46
Locuteur

D

6:47
Présentateur

'autant qu'encore une fois, il annule en quelque sorte les sanctions contre les flottes fantômes et contre l'Iran

6:57
Locuteur

en

6:58
Invité

même temps.

6:58
Locuteur

Oui,

6:59
Invité

alors il y a une part de théâtre d'ombre dans tout cela. Parce que est-ce que ça va vraiment avoir autant d'impact

7:04
Locuteur

qu

7:05
Invité

'on ne le croit ?

7:06
Locuteur

Ce

7:06
Invité

n

7:06
Locuteur

'est

7:06
Invité

pas certain pour les assureurs, pour tout un nombre d'acteurs dans cet écosystème du pétrole. Tout ça, ça ressemble quand même un peu à des coups d'épée dans l'eau. Mais pour Trump, qui est un homme de télévision, comme on dit, c'est ça qui compte. C'est les grands gestes, les grands mouvements, l'impression qu'il fait bouger le monde. En réalité, c'est d'ailleurs une des erreurs que nous commettons. Nous sommes tous hypnotisés

7:45
Locuteur

par

7:46
Invité

ce que fait Trump. Ce n

7:49
Locuteur

'est

7:49
Invité

pas certain que Trump ait autant d'impact que cela sur le cours des affaires dans le monde.

7:54
Présentateur

Ni même sur le cours du pétrole. Donc

7:56
Invité

sur le cours du pétrole. A commencer par le cours du pétrole.

8:00
Présentateur

Camille Lonce, hier, deux tankers ont encore été visés dans le détroit, au large de l'Arabie saoudite.

8:10
Locuteur

Comment

8:11
Présentateur

Mohamed Ben Salman, qui encore une fois, à plusieurs reprises, aidait le premier mandat de Donald Trump, qui avait eu droit à la grande fête avec les sabres, etc., dans le faste saoudien, comment Mohamed Ben Salman peut-il interpréter l'annulation,

8:27
Locuteur

hier,

8:28
Présentateur

de cette loi Graham qui devait, en principe, étouffer davantage encore l'Iran ? Alors que lui-même, MBS, est attaqué sur son flanc sud-ouest

8:40
Locuteur

par

8:41
Présentateur

des alliés de l'Iran,

8:43
Invité

les Houthis.

8:44
Locuteur

Alors,

8:45
Invité

les derniers développements, mais ça fait un certain temps que c'est en cours, mais le sentiment saoudien face à la façon dont les États-Unis gèrent cette crise au Moyen-Orient, c'est un sentiment d'abandon total. et c'est vécu comme une trahison ultime de la part des États-Unis. Alors, il y avait une frustration croissante de la part des Saoudiens envers leurs alliés américains, ce sentiment qu'on ne peut pas faire confiance aux États-Unis, que Trump est très difficile à prédire dans ses actions. Mais là, en effet, ces développements-là, mais aussi le fait que les États-Unis refusent d'intervenir en soutien à l'offensive saoudienne contre les Houthis. Alors,

9:27
Locuteur

il

9:27
Invité

y a quand même un partage de renseignements américains, mais en tout cas, un refus d'une vraie implication dans l'offensive avant, en tout cas, les mid-terms. Tout en aussi, les États-Unis continuent à avoir leurs propres négociations aussi avec les Houthis pour éviter eux-mêmes que les intérêts américains et que les navires américains soient frappés par les Houthis. Donc, il y a un sentiment côté saoudien d'être complètement trahi par leur milieu américain.

9:56
Présentateur

Trahison, c'est d'ailleurs le terme employé par Volodymyr Zelensky qui a reçu à Bruxelles hier et avant-hier le soutien des Européens. Mais pour rester, pour le moment, au Moyen-Orient, si j'ose dire, pour l'Arabie saoudite, il faut quand même rappeler que samedi dernier, l'aéroport de Riyad était frappé par les Houthis. 13 morts, dont un Américain.

10:24
Locuteur

Et

10:25
Présentateur

on a vu... Alors, au même moment à Riyad, qui est en général le théâtre de grands événements internationaux pour essayer d'attirer des investisseurs, il y avait le Conseil mondial du pétrole. Et là,

10:38
Locuteur

néanmoins,

10:40
Présentateur

il y a plusieurs de ces événements qui doivent être annulés dans les jours qui viennent. Donc, c'est la vitrine

10:46
Locuteur

de

10:47
Présentateur

MBS, de son très ambitieux programme de changement socio-économique, qui est fracassé.

10:53
Locuteur

Alors,

10:54
Invité

en effet, c'est catastrophique pour les Saoudiens. Il y

10:57
Locuteur

a

10:57
Invité

un certain nombre, en effet, de sommets qui sont soit repoussés, soit qui sont obligés d'être transformés un petit peu dans le modèle qu'ils avaient. Ce qui est intéressant, en fait, c'est qu'il y a un renversement de la situation d'il y a quelques mois, finalement, où, depuis les attaques de février de l'Iran contre l'ensemble des pays de la péninsule arabique, finalement, l'Arabie saoudite,

11:20
Locuteur

c

11:20
Invité

'était un petit peu le pays qui s'en sortait le moins mal, on va dire. Parce qu'elle a cette profondeur géographique qui lui permettait, avec l'oléoduc Est-Ouest, de faire transiter une partie du pétrole via le port de Yannbou et donc de contourner le détroit d'Hormuz. Elle avait un peu l'ambition de se positionner comme une sorte de hub régional qui permette de contourner Hormuz. En plus, le fait qu'elle utilise cet oléoduc qui permettait quand même, quand il y a son maximum de capacité, on parle de 7 millions de barils par jour, donc c'est une partie assez importante de ce que l'Arabie saoudite exportait avant la guerre. On était dans l'ordre de 10 millions de barils par jour.

Le fait qu'en période de crise, les prix du pétrole avaient augmenté, donc au final, économiquement, il ne s'en sortait pas si mal que ça. Il y avait aussi tout l'enjeu de la rivalité avec Dubaï qui est en jeu depuis un certain nombre d'années, mais c'est-à-dire que, comme Dubaï était très fortement frappé en février-mars, les Saoudiens voyaient peut-être une opportunité de se poser comme une alternative un petit peu à Dubaï dans la région. Et là, en fait, ça s'est complètement renversé.

C'est eux qui sont maintenant au cœur de l'escalade militaire avec ce nouveau front qui s'ouvre côté Yémen, alors que finalement, leurs voisins du Goff, et notamment les Émirats, ne sont plus frappés depuis à peu près le mois de mai ou très peu. Et d'ailleurs, on suppose que probablement les Émirats ont eu leur propre négociation avec un certain nombre d'actifs financiers iraniens qui auraient été débloqués en échange d'une non-agression. Mais donc, on a vraiment un basculement total au sein des pays du Golfe sur qui sont les gagnants, qui sont les perdants de cette escalade.

13:03
Présentateur

Laurent Bonnefoy, vous êtes, vous, le spécialiste du Yémen. Le Yémen, dans le temps, on l'appelait l'Arabie heureuse. Bon, ça fait très très longtemps que ces malheureux yéménites vivent un désastre humanitaire, une guerre civile qui n'en finit pas depuis plus de dix ans. Mais les outils qui mènent donc à nouveau ces agressions

13:31
Locuteur

avec

13:32
Présentateur

des armements extrêmement sophistiqués contre l'Arabie saoudite

13:35
Locuteur

sont

13:36
Présentateur

vraiment devenus

13:37
Locuteur

une

13:38
Présentateur

force militaire, mais aussi une force politique et religieuse.

13:44
Locuteur

Oui,

13:45
Invité

ils ont réussi à se replacer dans le jeu. Alors, la temporalité est assez particulière dans le sens où, pour comprendre ce qui se produit aujourd'hui,

13:58
Locuteur

il

13:58
Invité

faut regarder un peu dans le rétroviseur, sans regarder trop longtemps, comprendre qu'en 2015, l'Arabie saoudite avait décidé d'intervenir au Yémen contre les autistes qui avaient pris le pouvoir. Ces saoudiens n'ont pas obtenu grand-chose et ont décidé à partir de 2020 et de façon effective à partir de 2022 de se retirer du front yéménite.

14:24
Locuteur

Et

14:24
Invité

d'une certaine manière, c'est la vengeance des autistes qui se produit aujourd'hui parce que, dans le courant de l'été, plutôt que d'intervenir au nom de leurs alliés iraniens, ils ont décidé de réécrire un petit peu l'histoire, le narratif, comme on dit, de leur engagement en prétendant qu'ils agissaient pour contrer un blocus que les Saoudiens ont commencé à appliquer en 2015.

14:54
Locuteur

Et

14:54
Invité

cette insistance sur l'engagement au nom de la lutte contre le blocus permet de faire d'une pierre deux coups, d'un côté, de s'engager dans la guerre, non pas au nom de l'Iran, mais au nom des intérêts yéménites, et puis aussi de détourner le regard sur leur propre manquement, le manquement économique des autistes, qui, gangréné par la corruption, gangréné également par une situation économique qui, de tout temps, a été difficile, eh bien, ont pu relancer justement cette guerre et ils le font de manière très habile, tant en termes de communication que de manière militaire.

Mais ça, cette habileté, je dirais, pour celles et ceux qui suivent les affaires yéménites, eh bien, elle n'est pas, en soi, surprenante.

15:43
Locuteur

Elle

15:44
Présentateur

n'est pas surprenante, mais quand même, Laurence, qui est surprenant, c'est la capacité des outils qui, d'après ce que je

15:53
Locuteur

comprends,

15:55
Présentateur

et notamment leur leader, est installée probablement dans un tunnel, enfin, dans des caves, sous une montagne pour échapper aux frappes aériennes saoudiennes, ils ont développé en quelques années une capacité technologique tout à fait sidérante en utilisant en particulier Claude, qui est donc l'outil d'entropique d'intelligence artificielle, et en rassemblant, en fait, des éléments pour

16:28
Locuteur

construire

16:29
Présentateur

eux-mêmes des drones et des missiles balistiques.

16:34
Locuteur

Oui,

16:34
Invité

il y a une capacité qui s'est développée, elle s'est d'autant plus facilement développée qu'il y a eu cette situation de cesser le feu de facto, qui a commencé en 2022 et qui s'est poursuivi jusqu'en 2026 avec les Saoudiens.

16:53
Locuteur

Pendant

16:53
Invité

cette période-là, suite à l'engagement des outils en mer rouge au nom de la défense des Gazaouis, donc contre les navires liés à Israël d'abord, eh bien, il y a eu malgré tout des pressions qui militairement se sont exercées sur les outils par les États-Unis, puis par les Israéliens, qui ont atteint un certain nombre d'objectifs, mais clairement insuffisants.

et cette capacité renouvelée des outils, elle illustre d'une part la stratégie des Iraniens qui, dans la région, ont réussi à maintenir un certain nombre d'alliés, mais d'autre part, d'une manière plus générale, l'abaissement du coût d'entrée pour des mouvements rebelles pour s'imposer sur la scène militaire internationale, c'est-à-dire qu'à coût de drones, qu'à coût de missiles qui ont une technologie probablement assez rudimentaire ou du moins peu coûteuse, parviennent à cibler à plusieurs milliers de kilomètres des infrastructures civiles.

18:10
Locuteur

Dorothée

18:11
Présentateur

Schmitt, le récit outil, comme vient de l'expliquer Laurent Bonnefoy, s'installe dans l'axe de la résistance, pour reprendre le vocabulaire iranien

18:24
Locuteur

et

18:26
Présentateur

l'axe de la résistance contre Israël et les outils en particulier depuis 2023 expliquent qu'ils sont à nouveau dans le conflit régional pour, au nom de Gaza, des victimes de Gaza.

18:45
Locuteur

comment

18:46
Présentateur

est-ce que cette polarisation

18:49
Locuteur

du

18:50
Présentateur

récit contre Israël explique ou pas cette espèce de bouleversement constant en quelque sorte des

18:59
Locuteur

rapports

19:00
Présentateur

de force dans cette région du monde

19:03
Locuteur

? Je

19:05
Invité

suis persuadée que la question palestinienne a un rôle très structurant dans tout ça, mais il n'y a pas que ça. Et là, les Houssis s'attaquent à l'Arabie Saoudite. Ils ne s'attaquent pas du tout aux bateaux israéliens ni aux bateaux américains. Donc, il y a un aspect aussi très instrumental dans le fait de... très opportuniste dans le choix des luttes. Et en fait, ce qui me frappe plutôt, c'est qu'on a l'impression aujourd'hui

19:29
Locuteur

d

19:29
Invité

'avoir affaire à une quasi-armée d'un proto-État houthiste pratiquement. Donc, effectivement, leur armement est rédumentaire, mais ils ont quand même envoyé sur l'Arabie Saoudite des missiles balistiques, des missiles de croisière, des drones. Donc, ils sont quand même très bien armés, très bien organisés. Ils n'ont pas de

19:47
Locuteur

réticence

19:48
Invité

à se battre au sol, ce qui est le problème des Saoudiens. Donc, en fait, là, on est dans la construction d'une force militaire importante dans la région qui se bat pour elle-même. Il y

19:57
Locuteur

a

19:57
Invité

une forme de nationalisme spécifique. En fait, moi, je trouve qu'il

20:01
Locuteur

y a

20:01
Invité

une comparaison qui pourrait être intéressante qui est avec le Shara en Syrie.

20:04
Locuteur

C

20:04
Invité

'est que finalement, on a des acteurs que

20:06
Locuteur

nous,

20:07
Invité

on caractériserait, on appellerait effectivement des acteurs non-gouvernementaux, des islamistes, des djihadistes et qui

20:14
Locuteur

se

20:15
Invité

reconvertissent dans une lutte de conquête nationale souverainiste.

20:19
Locuteur

Et ça, c'est le fait ?

20:21
Invité

Ce qui est important, si je peux me permettre, c'est que

20:23
Locuteur

c

20:24
Invité

'est un peu l'effet de miroir du fait qu'Israël est en train de dégrader la capacité institutionnelle et politique de tous les États qui l'environnent. Parce que finalement, aujourd'hui, la stratégie politique israélienne, c'est de considérer que seul l'affaiblissement des États voisins permettra sa survie, son développement et

20:44
Locuteur

finalement,

20:46
Invité

l'installation d'un égémone de sécurité. Ce qui est le cas aujourd'hui.

20:48
Locuteur

C

20:48
Invité

'est quand même Israël qui domine aujourd'hui.

20:51
Locuteur

Michel

20:51
Présentateur

Duclos, Israël domine, enfin Israël est en pleine campagne électorale, on en parlait ici même il y a 15 jours. Néanmoins, vu

21:07
Locuteur

de

21:07
Présentateur

Riyad

21:08
Locuteur

et

21:09
Présentateur

le parallélisme avec Kiev est quand même sidérant, vu de Riyad, il s'agit d'une trahison.

21:17
Locuteur

C

21:17
Présentateur

'est d'ailleurs le terme qu'employait tout à l'heure qu'à 1011 et d'une trahison, d'une alliance très ancienne puisque c'était 1945

21:26
Locuteur

sur

21:27
Présentateur

le croiseur Quincy, la rencontre entre Franklin Roosevelt et Imtseoud, le fondateur de l'Arabie saoudite contemporaine. Donc,

21:39
Locuteur

comment

21:40
Présentateur

t'expliquer cette versatilité de l'administration Trump

21:46
Locuteur

?

21:47
Invité

Je crois qu'il y a deux phénomènes dont on a les unes et les autres déjà plus ou moins parlé.

21:54
Locuteur

Il

21:54
Invité

y a, j'ajouterai à ce qu'a dit très justement Dorothée, la caractéristique de la guerre moderne, la guerre actuelle,

22:02
Locuteur

qui

22:02
Invité

est que

22:03
Locuteur

la

22:04
Invité

sophistication des moyens permet de reverser la relation du faible au fort.

22:09
Locuteur

Et

22:09
Invité

dans le monde actuel, les Ukrainiens sont capables de mettre en difficulté les Russes, les outils sont capables de mettre en difficulté les Saoudiens à voir le monde occidental. Mais en même temps, c'est instable

22:22
Locuteur

parce

22:22
Invité

que le fort peut toujours espérer se rattraper en acquérant lui-même de nouvelles, en faisant lui-même une nouvelle percée technologique. C'est ce qui se passe en Ukraine où les Russes ont été capables de déployer un nouveau type de drone, un nouveau type de missile, etc. Et là, on est dans un monde devenu extraordinairement instable dans lequel on ne voit pas comment les guerres puissent finir puisque cette dialectique du faible au fort est définitivement enrayée. Et là-dessus, se greffe un autre phénomène que vous indiquez, c'est que les États-Unis n'exercent plus leur rôle des gémons

23:08
Locuteur

ou

23:08
Invité

du moins sont devenus réticents à le faire.

23:10
Locuteur

Alors

23:11
Invité

d'ailleurs, Trump a été élu en partie sur un mandat d'arrêter ces guerres sans fin. Il a lui-même franchi la ligne rouge par rapport à sa base de lancer quand même une guerre dont il espérait qu'elle serait

23:27
Locuteur

très brève. Et à deux

23:27
Présentateur

reprises.

23:28
Invité

Et à plusieurs reprises. Deux reprises. Contre

23:31
Locuteur

l'Iran.

23:31
Invité

À mon avis, maintenant, il recule.

23:34
Locuteur

C

23:34
Invité

'est-à

23:34
Locuteur

-dire,

23:34
Invité

il se rend compte que s'il continue comme ça, il ira de guerre en guerre, d'escalade en escalade. Et qu'il sera de plus en plus en contradiction avec sa base. Et donc, vous avez d'un côté des facteurs technologiques et autres qui font que un certain nombre d'acteurs sont poussés à continuer la guerre. Et vous avez de l'autre côté l'hégémon qui est de plus en plus réticent à exercer son hégémonie. hégémonie. Ça fait un monde évidemment dangereux.

24:06
Locuteur

Et

24:06
Invité

dans votre introduction, vous avez vous-même noté qu

24:10
Locuteur

'une

24:11
Invité

des caractéristiques d'une puissance hégémonique, c'est d'assurer la liberté de circulation. Et ça, c'est à cela que Trump est en train de renoncer pour l'instant. Et probablement que ce sera très difficile de revenir là-dessus parce que les autres acteurs dans le monde ont compris que l'Amérique n'était plus l'hégémon qu'elle était auparavant.

24:33
Locuteur

Et

24:33
Présentateur

encore une fois, l'annulation la nuit dernière pour nous, donc hier à Washington de cette loi Graham qui était censée aussi punir les flottes fantômes.

24:42
Invité

Voilà, mais les Saoudiens, puisque c'était votre question, je pense qu'ils sont coincés.

24:48
Locuteur

C

24:48
Invité

'est-à-dire que bien sûr, ils vont essayer de diversifier. Ils l'ont fait avec

24:52
Locuteur

le

24:53
Invité

pacte

24:53
Locuteur

avec

24:54
Invité

le Pakistan et la Turquie. ils s'appuient quand même sur la France et sur le Royaume-Uni pour la protection de certains de leurs sites stratégiques dont Yuanbu. Ils vont certainement fricoter un maximum avec les Chinois, mais à la fin des fins, ils ne peuvent pas complètement se dire non à l'Amérique et se détacher de la protection américaine. Combien de temps ça va durer ? Je ne sais pas parce que derrière cela,

25:23
Locuteur

il

25:23
Invité

y a aussi la question nucléaire qui se pose.

25:25
Locuteur

On

25:26
Invité

ne voit pas maintenant comment un pays comme l'Arabie Saoudite ne céderait pas à la tentation d'aller au nucléaire.

25:32
Présentateur

Mais justement, le nucléaire, Camille Lonce, on se souvient que Donald Trump, et ça avait l'effet de sidération,

25:40
Locuteur

il

25:41
Présentateur

en provoque tellement le président américain que l'un efface l'autre. Mais on se souvient que Donald Trump tout à coup a dit à Mohamed Bel Salman mais oui, bien sûr, un accord pour vous aider à transformer votre uranium parce qu'il y en a en Arabie Saoudite et construire des réacteurs nucléaires civils.

26:02
Locuteur

Bon,

26:03
Présentateur

ensuite, dès le lendemain au Congrès, il y a eu quand même quelques protestations. Mais le paradoxe de tout cela, Camille, c'est que l'Arabie Saoudite est un colosse militaire avec des armements de pointe américains mais véritablement immenses. Donc, il y a cette démesure qui souligne ce que vient d'expliquer Michel Duclos. Donc, une hyperpuissance militaire qui est défiée et endommagée

26:35
Locuteur

dans

26:36
Présentateur

plusieurs points du royaume par des gens qui étaient longtemps considérés comme des rebelles. Je crois que ce n

26:43
Locuteur

'est

26:43
Présentateur

plus le terme qu'il faut employer désormais et qui, encore une fois, font vaciller.

26:50
Locuteur

Je

26:51
Invité

ne parlerai pas de puissance militaire importante en parlant de l'Arabie Saoudite. Acheter des armements très coûteux et très sophistiqués aux Américains ne fait pas de vous une puissance militaire et c'est ce qu

27:02
Locuteur

'on

27:02
Invité

voit d'ailleurs au Yémen depuis d'ailleurs l'intervention saoudienne en 2015.

27:08
Locuteur

C

27:08
Invité

'est-à-dire que malgré tous ces armements très sophistiqués, les Saoudiens, l'armée saoudienne a une capacité de projection militaire qui est extrêmement limitée en réalité. Et c'est un peu ça justement la faiblesse fondamentale des armées du Golfe et surtout de

27:24
Locuteur

l

27:24
Invité

'armée saoudienne et sur laquelle ils essayent de travailler aujourd'hui.

27:27
Locuteur

C

27:27
Invité

'était tout l'enjeu notamment du pacte de la Mecque,

27:30
Locuteur

c

27:30
Invité

'est-à-dire d'essayer de travailler de manière plus long terme dans le fond sur développer leurs capacités militaires domestiques, développer leur industrie de défense parce que fondamentalement ils sont extrêmement vulnérables et leur puissance militaire est très très limitée malgré ces achats d'armements américains. Et

27:51
Locuteur

ils ne

27:52
Invité

protègent même pas leurs aéroports.

27:54
Locuteur

Mais

27:54
Invité

parce que en effet ça montre un petit peu le problème c'est qu'il y a un problème aujourd'hui pour les Saoudiens de capacité de défense antiaérienne qu'ils ont énormément utilisé quand même ces derniers mois depuis février sous le feu des attaques iraniennes. Ces défenses antiaériennes c'est principalement des défenses antiaériennes américaines même s'ils se sont tournés aussi vers d'autres acteurs les coréens et les

28:19
Locuteur

ukrainiens

28:20
Invité

pour la défense en effet anti-drone qui est très importante aujourd'hui. déjà il y a un fait et qui est senti encore une fois dans ce thème de la trahison américaine qui est que les Etats-Unis ont quand même priorisé la défense d'Israël et la livraison de défense antiaérienne à Israël par rapport aux pays du Golfe et ça les pays du Golfe l'ont senti très fortement. Il y a aussi un deuxième sujet qui est dans quelle mesure la défense antiaérienne américaine est adaptée au type de menace parce qu

28:51
Locuteur

'il

28:51
Invité

y

28:51
Locuteur

avait

28:51
Invité

tout ce sujet sur les batteries Patriot ou Thad qui sont extrêmement coûteuses mais qui finalement vont être déployées pour frapper des drones iraniens qui sont extrêmement

29:08
Locuteur

bon marché

29:09
Invité

donc il y

29:10
Locuteur

a

29:10
Invité

une asymétrie énorme entre les Saoudiens et les Iraniens sur ce plan-là donc est-ce que vraiment ces batteries-là coûteuses sont ce qu'il y a de plus adapté donc il

29:22
Locuteur

y

29:22
Invité

a tout un tas de sujets sur lesquels les Saoudiens aujourd'hui sont obligés de se pencher mais dans l'urgence absolue et donc ce qu'ils font aujourd'hui c'est qu'ils essayent de multiplier le plus possible les partenariats avec le plus de partenaires possible et donc on a vu les Français ont répondu notamment à leur appel et certains autres pays européens il y a l'accord de la Mecque avec tous aussi les limites de ce partenariat-là c'est-à-dire que les Turcs et les Pakistanais ont répondu présents surtout les Pakistanais mais bon en même temps avec aussi tout un tas d'hésitation enfin Dorothée peut en parler mieux que moi mais les Turcs invoquent notamment le fait que le Parlement doit ratifier ce soutien-là les Pakistanais s'inquiètent un petit peu parce qu'ils ont leur propre médiation avec l'Iran donc c'est vraiment compliqué et ça parle vraiment de ce que Michel Duclos mentionnait sur cet ordre international plus fragmenté avec l'affaiblissement des Etats-Unis et où on a une multiplication de partenariats mais qui sont tous un peu transactionnels et qui ne permettent pas d'apporter une vraie protection au niveau d'une alliance en fait Alors

30:33
Présentateur

précisément Dorothée Schmitt ce pacte de la Mecque qui avait frappé les esprits en août dernier le Pakistan qui avait déjà un accord bilatéral avec l'Arabie Saoudite

30:45
Locuteur

le

30:46
Présentateur

Pakistan en puissance nucléaire aux finances extrêmement déficitaires et qui donc a besoin du renfort financier d'Arabie Saoudite mais ce pacte-là avec une Turquie qui s'efforce elle aussi d'entretenir ce rôle de médiation que le président Erdogan privilégie

31:11
Locuteur

comment

31:12
Présentateur

à quoi sert-il ce

31:14
Locuteur

pacte ? Je

31:16
Invité

voudrais dire d'abord que ce que m'a inspiré le début de la discussion c'est qu'il y

31:19
Locuteur

a

31:19
Invité

une intelligence stratégique iranienne c'est-à-dire que là effectivement pendant très longtemps

31:24
Locuteur

depuis

31:24
Invité

le début de la guerre les émirats étaient d'abord frappés parce que c'était à la fois

31:28
Locuteur

le

31:28
Invité

moteur économique du Golfe le pays qui a signé les accords d'Abraham

31:32
Locuteur

et

31:32
Invité

maintenant effectivement l'Arabie Saoudite qui s'est targuée de résister beaucoup mieux que les autres pays maintenant le FMI met des prévisions à moins 3% de croissance et la présidente du FMI dit que ça va

31:43
Locuteur

ça

31:44
Invité

fait poser un risque sur la croissance mondiale donc là il y a une question économique importante sur laquelle je vais revenir dans une minute mais en même temps il y a des dynamiques qui échappent comme on l'a dit il y a plusieurs puissances et vous savez que là entre les Houssi et l'Arabie les Iraniens ont proposé de faire une médiation

32:02
Locuteur

ce

32:02
Invité

qui est d'une ironie oui mais bon

32:04
Locuteur

évidemment

32:04
Invité

les Saoudiens n'ont pas répondu mais donc là vraiment on a aussi ce qu'on prend tant à être la créature des Iraniens qui leur échappent donc on a vraiment des acteurs de niveaux différents qui s'affrontent et là dans le pacte de l'Amec on a le Pakistan et l'Arabie Saoudite qui veulent éviter d'entrer en guerre ça c'est quand même très clair ils voulaient signer ce pacte défensif

32:26
Locuteur

qui

32:27
Invité

était censé être le début d'une architecture de sécurité régionale ils se retrouvent testés immédiatement sur leur participation militaire ça ne les arrange pas du tout ça ne arrange pas du tout les Turcs mais les Turcs ce qu

32:37
Locuteur

'ils

32:37
Invité

voulaient faire c'était vendre deux choses dans le pacte de l'Amec c'était

32:40
Locuteur

d

32:41
Invité

'abord leur savoir-faire multilatéral ils disent c'est l'OTAN du Moyen-Orient donc nous on sait ce que c'est que l'OTAN on sait comment ça fonctionne il faut mettre

32:48
Locuteur

en place des institutions

32:49
Présentateur

c'est la deuxième armée de l'OTAN oui

32:51
Invité

alors c'est parce que c'est une armée de conscrits comme je dis toujours c'est une armée en hommes qui est la deuxième armée mais ce n

32:56
Locuteur

'est

32:56
Invité

pas ça qui est important c'est l'industrie de défense et ça c'est le deuxième volet évidemment du pacte de l'Amec c'est que les Saoudiens comme l'a très bien dit Camille ils ont besoin aussi de se construire enfin ils veulent se construire en industrie de défense ils veulent des transferts de technologie

33:09
Locuteur

et

33:09
Invité

c'est ce qui se joue aussi bien avec le Pakistan qu'avec l'Arabie Saoudite c'est le rôle de la Turquie c'est de vendre des armements mais aussi de proposer des transferts de technologie ça c'est très important parce que

33:18
Locuteur

par

33:19
Invité

exemple les Israéliens quand ils font des partenariats en matière de défense ils

33:23
Locuteur

font

33:23
Invité

des transferts de technologie ils en font beaucoup avec l'Inde par exemple dont on va peut-être parler dans un moment la troisième chose que je voulais dire c'est que pour répondre à votre question générale sur la trahison

33:32
Locuteur

sur

33:32
Invité

le paradoxe sur comment les Etats-Unis peuvent laisser tomber les Saoudiens en réalité il

33:36
Locuteur

y a

33:36
Invité

un deuxième volet c'est le volet économique les investissements du Golfe sont colossaux

33:41
Locuteur

de

33:42
Invité

tous les pays du Golfe 50% de leurs financements vont aux Etats-Unis je regardais le montant du rachat de Electronic Arts qui est le leader des jeux vidéo fait par le PIF donc le fonds souverain saoudien 900 milliards de dollars ils ont fait un deal à 55 milliards de dollars avec 93% pour le PIF 7% pour Affinity Partners qui est la boîte de Jared Kushner le

34:06
Locuteur

gendre du

34:07
Invité

président Trump

34:08
Locuteur

donc

34:08
Invité

en fait on a aussi une énorme dépendance en réalité économique et financière de ces pays du Golfe aux Etats-Unis donc la question militaire c'est seulement une partie de la relation avec les Etats-Unis est-ce que Trump veut depuis le premier mandat c'est faire payer les pays du Golfe davantage sur leur défense

34:26
Locuteur

et

34:27
Invité

s'engager moins mais en revanche lui il veut toujours des financements du Golfe aux Etats-Unis et si vous comparez donc ces 55 milliards avec les

34:34
Locuteur

10

34:35
Invité

milliards de dollars qui ont été claironnés pour la France qui sont en fait un peu des faux-semblants parce que c'est des fonds de refinancement de PME etc enfin on voit la place de la France et d'ailleurs Camille pourrait en parler il n

34:47
Locuteur

'y a

34:47
Invité

pas de réponse sur la proposition de Macron

34:50
Présentateur

sur Yann Bou donc le président de la république a proposé

34:57
Locuteur

de

34:58
Présentateur

renforcer en quelque sorte la défense de ce pipeline qui part de l'est de l'Arabie Saoudite jusqu'à la mer rouge à l'ouest et effectivement donc il y

35:11
Locuteur

a

35:11
Présentateur

eu un émoi évidemment en pleine campagne présidentielle ici en France en disant mais il n'a pas le droit il faut l'aval du parlement français etc mais surtout Riyad n'a pas répondu

35:23
Invité

alors c'est les Saoudiens à la base qui ont demandé quand même aux Français donc c'est pas qu'ils n

35:27
Locuteur

'ont

35:27
Invité

pas répondu c'est qu'ils ont fait la demande aux Français les

35:29
Locuteur

Français ont répondu positivement

35:30
Invité

ils n'ont pas réagi et après alors je ne

35:32
Locuteur

suis

35:32
Invité

pas dans le secret des dieux je pense qu'il faut toujours un petit peu de temps quand même pour aussi opérationnaliser une proposition telle que celle-là ce qui était important pour les Saoudiens peut-être politiquement aussi c'était avant tout d'afficher le fait qu'un certain nombre de pays notamment la France se tiennent prêts à pouvoir les soutenir en cas de besoin mais en effet il va falloir discuter plus spécifiquement quelle forme ça va prendre en tout cas je ne lirais pas forcément ça comme en tout cas un refus saoudien ou le fait que les Saoudiens ne répondent pas à la proposition française puisque c'était quand même une demande saoudienne à la base

36:11
Locuteur

Laurent

36:13
Présentateur

Bonnefoy si on retourne

36:15
Locuteur

au

36:16
Présentateur

Yémen et si on retourne dans le détroit de Bab el-Mandeb on comprend en fait que l'Iran ne contrôle pas nécessairement les outils qui ont pris comme le disait Dorothée Schmitt une très large autonomie néanmoins c'est l'Iran qui tient en tenaille le commerce international entre Hormuz et Bab el-Mandeb

36:39
Locuteur

avec

36:40
Présentateur

évidemment la présence très active et de plus en plus active des outils qui bloquent selon leur désir ou leur caprice l'accès au Canada de Suez

36:56
Locuteur

oui

36:56
Invité

ils ont pu démontrer mais ça fait en réalité plusieurs années ce qui s'est produit en septembre avec la prise de territoire jusqu'au détroit de Bab el-Mandeb même si le contrôle n'est pas plein et entier par les outils et bien illustre justement cette alliance et cette capacité qui est effectivement marquée par une forme d'autonomie et j'ai insisté sur ce basculement du narratif tout simplement parce que

37:30
Locuteur

aux

37:30
Invité

yeux des yéménites et c'est ça qui est important malgré tout pour les outils c'est plus fonctionnel plus juste de se battre au nom de la défense des Gazaouis plutôt qu'au nom de la défense de l'Iran et concernant la phase actuelle il ne faut pas que les enjeux géopolitiques qui en découlent occultent aussi ce qui se produit au Yémen les outils sont engagés dans une lutte nationale qui a des répercussions régionales indéniables mais c'est avant tout cette focale là qu'il faut appréhender pour réellement comprendre

38:14
Locuteur

la

38:15
Invité

logique qu'il déploie avant même leur prise de contrôle en réalité je l'ai dit il l'avait montré contre les navires israéliens en 2024 surtout puis il y a eu cet accord avec Donald Trump qui a mis fin d'une certaine manière à l'intervention des haussistes dans la mer Rouge couplée aussi au cessez-le-feu à Gaza qu'ils ont considéré comme étant suffisant pour qu'ils arrêtent d'intervenir mais ils pouvaient le faire avant même la reprise du détroit de Babel Mandeb tout simplement parce qu'il suffit d'avoir soit des drones soit des navires qui sont chargés d'explosifs qui sont envoyés sur les navires commerciaux pour détourner une grande partie de ce commerce de ces flux parce que les armateurs et les assureurs ne sont pas disposés à avoir ce type d'insécurité sur des navires qui à chaque fois transportent bien plusieurs milliards de dollars

39:19
Locuteur

Laurent

39:21
Présentateur

Bonnefoy il y a aussi une autre dimension qui est méconnue cette ambition outil a rivalisé

39:31
Locuteur

sur

39:32
Présentateur

le plan religieux

39:33
Locuteur

avec

39:34
Présentateur

l'Arabie saoudite on les avait accusés enfin les saoudiens les avaient accusés d'avoir même lancé des drones je crois contre la Mecque

39:48
Locuteur

mais

39:48
Présentateur

en fait le chef outil affirme que les saoudiens sont

39:57
Locuteur

des

39:58
Présentateur

dégénérés ce sont prioritairement des sunnites et qu'en fait c'est le chiisme outil

40:06
Locuteur

qui

40:07
Présentateur

est plus légitime pour prendre le contrôle de la Mecque donc on est là dans un autre univers

40:13
Locuteur

oui

40:13
Invité

il y a une forte dimension identitaire et religieuse qui se qui se déploie dans le discours dans le discours des autistes et du dirigeant Abdelmalek El-Houthi notamment qui joue une carte assez particulière bien qu'il la joue de manière implicite d'une certaine manière parce que lui-même est descendant du prophète et puis il

40:40
Locuteur

s'inscrit qui le dit oui

40:41
Invité

il y a beaucoup de monde qui l'était il y avait même des tentatives de généalogistes qui montraient que la reine d'Angleterre était elle-même descendante du prophète mais toujours est-il qu'il y a un segment de la population au Yémen qui comme des familles nobles en France et bien avaient cette aspiration à exercer le pouvoir à la fois politique et religieux et les autistes en sont et ils puisent une forme de légitimité et aussi ils développent par ce biais-là un discours qui effectivement attaque les Saoudiens en s'appuyant aussi sur le fait que le Yémen a perdu un certain nombre de territoires et effectivement des dirigeants yéménites pendant la période au Moyen-Âge avaient le contrôle de la Mecque puis en 1934 il y a eu la perte de provinces au sud notamment la province de Najran qui permettent de légitimer un discours irrédentiste porté par les autistes

41:52
Présentateur

Michel Duclos le facteur religieux est aussi à l'oeuvre dans cette déstabilisation générale et on l'a vu

42:01
Locuteur

en

42:02
Présentateur

Ukraine puisque l'église orthodoxe ukrainienne s'est rompu avec le patriarche Kirill à Moscou donc il y a eu un schisme au sein même du monde orthodoxe qui est tout à fait fascinant

42:20
Locuteur

et

42:20
Présentateur

là Vladimir Poutine utilise aussi lui-même je n'ose faire une comparaison avec Al-Houti mais c'est quand même tout à fait sidérant cette collision en quelque sorte entre l'intelligence artificielle l'armement de pointes et des forces religieuses qui forment une autre trame en fait

42:48
Invité

Christine vous

42:49
Locuteur

vous

42:51
Invité

omettez le facteur le plus sidérant c'est quand même

42:55
Locuteur

les

42:56
Invité

évangélistes américains qui complètent le tableau qui adore le débauché intégral qui est Trump

43:03
Locuteur

et

43:05
Invité

ce phénomène quand même maintenant étonnant que les soutiens d'Israël aux Etats-Unis ce n'est plus vraiment la communauté juive qui

43:13
Locuteur

est plutôt

43:14
Invité

inquiète et divisée mais c'est ces fanatiques évangélistes

43:20
Locuteur

et

43:20
Invité

là d'ailleurs

43:21
Locuteur

pour

43:22
Invité

Trump puisqu'on revient à Trump il y a peut-être un point d'hésitation c'est que sa base effectivement était majoritairement contre les interventions militaires c'est une composante plutôt minoritaire de ses soutiens qui voulait en découdre avec l'Iran y compris pour des raisons religieuses effectivement étrangement et puis alors

43:50
Locuteur

dans

43:50
Invité

ce monde là il y a une voix qui s'élève c'est celle du pape naturellement alors on ne

43:55
Locuteur

va

43:55
Invité

pas revenir sur la visite Léon XIV en France etc mais c'est très frappant qu'effectivement la voix du Vatican dans ce monde où les religions soudain ont repris une puissance politique idéologique réapparaît comme étant un point de référence majeur

44:20
Locuteur

et

44:20
Présentateur

il faut quand même rappeler le commentaire récent du président des Etats-Unis apprenant

44:25
Locuteur

le

44:26
Présentateur

cancer du pape qui a donc été annoncé il y a trois jours et Donald Trump dit oui le cancer c'est une maladie très grave mais le frère du pape est un grand trumpiste un magas convaincu et d'ailleurs on se souvient qu'au lendemain de l'élection du pape Léon

44:49
Locuteur

le

44:50
Présentateur

frère et la belle-sœur ont été reçus dans le bureau ovale avec force photo et communication permanente pour

44:59
Locuteur

moi

45:00
Invité

qui vais à la messe pour dire la vérité ça reste quand même le très grand mystère comment en étant chrétien

45:07
Locuteur

on

45:07
Invité

peut s'identifier à ces gens là et comment d'ailleurs on peut même dans notre pays à nous soutenir une thèse de nationalisme chrétien par exemple c'est

45:20
Locuteur

une chose

45:20
Invité

quand même incroyable qui est l'oxymore absolu quand on a un tout petit peu ouvert l'évangile

45:26
Locuteur

alors

45:27
Présentateur

on va revenir sur terre si vous le permettez et plus exactement Camille sur ce qui a déjà été souligné c'est à dire

45:37
Locuteur

l

45:38
Présentateur

'importance des enjeux économiques

45:40
Locuteur

donc

45:41
Présentateur

on comprend que le régime de Téhéran tient bon

45:46
Locuteur

comme

45:47
Présentateur

le disait Dorothée Schmitt

45:48
Locuteur

non

45:49
Présentateur

seulement

45:51
Locuteur

il

45:52
Présentateur

tient bon

45:52
Locuteur

il

45:53
Présentateur

semblerait d'ailleurs que l'ayatollah l'imam caché serait véritablement à la manœuvre mais là aussi les informations sont

46:01
Locuteur

sont

46:02
Présentateur

rares

46:03
Locuteur

donc

46:04
Présentateur

l'Iran tient bon et en fait mène la partie

46:13
Invité

tout à fait et c'est pour ça que pour les Saoudiens c'est à dire pour revenir sur la façon dont les Saoudiens se positionnent dans cette situation-là eux sont donc confrontés à une menace on va dire quasiment existentielle sur leur modèle économique de réforme économique et leur agenda ils sont confrontés à une puissance américaine sur le déclin et en même temps une transformation donc de leur partenariat stratégique et de défense mais où pour l'instant il n'y

46:46
Locuteur

a

46:46
Invité

rien qui vient vraiment remplacer la défense américaine ils ont tenté la diplomatie avec l'Iran et en fait le calcul saoudien aujourd'hui là où le calcul saoudien était en train d'être transformé par ce qui se passe aujourd'hui au Yémen c'est que jusque là ils tentaient de séparer la partie Yémen de la partie diplomatie avec l'Iran et ils se rendent compte que la diplomatie avec l'Iran comme la diplomatie avec les outils ne leur ont rien apporté c'est-à-dire ça ne les a pas protégés de l'attaque des outils ils considèrent que l'Iran soutient et à juste raison mais que l'Iran soutient les outils dans cette attaque le fait de cette tenue à distance le plus longtemps possible de l'intervention militaire américaine en Iran leur a causé quand même des frictions avec Trump qui a mis la pression sur les Saoudiens pour que les Saoudiens soutiennent plus directement l'intervention militaire américaine en Iran et donc ce qui se joue aujourd'hui c'est dans quelle mesure finalement les Saoudiens vont se retrouver contraints et forcés peut-être de changer cette position-là est-ce que s'il y avait un nouveau round d'escalade contre l'Iran américain après les mid-terms est-ce que les Saoudiens cette fois-ci se trouveraient contraints à soutenir plus directement les Américains c'est une vraie question qui se pose aujourd'hui il

48:12
Locuteur

y

48:12
Invité

a la question aussi de la relation avec Israël c'est-à-dire que les Israéliens voient une opportunité dans ce qui est en train de se passer dans la pression énorme que les Saoudiens reçoivent aujourd'hui côté Yémen il

48:23
Locuteur

y a même eu une rumeur

48:25
Présentateur

justement non pas de rapprochement mais enfin de contact quand Benjamin Netanyahou est allé aux Émirats il y a 15 jours à peu près il y aurait eu

48:36
Locuteur

aussi des émissaires saoudiens il y avait un certain

48:37
Invité

nombre de représentants des autres pays du Golfe alors bien sûr c'est un petit peu le secret qui était présent à quel niveau mais il y

48:43
Locuteur

a

48:43
Invité

de fortes chances que des Saoudiens en tout cas aient été représentés pas forcément à un niveau trop élevé mais on sait que les Saoudiens sont un petit peu désespérés et cherchent différentes portes de sortie et sont intéressés bien sûr par à la fois du renseignement israélien parce que les Israéliens maintenant sont aussi présents au Somaliland donc sur le Yémen ils commencent à avoir du renseignement qui peut-être peuvent avoir le coup et surtout des défenses antiaériennes les Israéliens ont déployé Iron Dome aux Émirats qui a joué un rôle quand même assez important donc il y a de l'intérêt mais en même temps on sait qu'il y a toute cette complexité politique domestique à l'Arabie Saoudite qui fait que ce serait très compliqué de normaliser avec Israël mais en tout cas les Israéliens voient dans cette faiblesse saoudienne une opportunité pour leur tordre le bras pour obtenir cette normalisation qu'ils n'avaient pas réussi à obtenir jusque-là de la part des Saoudiens Michel Duclos je pense qu'effectivement en Arabie Saoudite il

49:42
Locuteur

y

49:42
Invité

a un débat parce que

49:43
Locuteur

par

49:44
Invité

définition les différents opérateurs sont divisés sur ce qu'il faut faire avec qui s'allier comment réagir

49:50
Présentateur

enfin un débat très feutré

49:51
Invité

mais entre eux ils discutent pas mal et une des questions étant l'attitude vis-à

49:57
Locuteur

-vis

49:57
Invité

de l'Iran comme l'a dit Camille parce qu'il y a beaucoup de gens quand même qui disent à la fin des fins il faudra quand même trouver un compromis avec l'Iran et d'autres qui comme l'a dit Camille répètent mais on a déjà essayé par le passé ça n'a jamais marché le point supplémentaire de complexité c'est l'Iran lui-même parce que là on raisonne tous comme s'il y avait une intelligence effectivement une très grande intelligence politique ou stratégique iranienne mais le pouvoir iranien lui-même est quand même assez difficile à définir aujourd'hui

50:26
Locuteur

et

50:26
Invité

c'est pas du tout certains on dit tous c'est les gardiens de la révolution qui ont pris le pouvoir le régime a connu une nouvelle jeunesse en réalité Trump a réussi ce miracle de rénover la république islamique

50:41
Locuteur

oui

50:42
Invité

c'est sans doute vrai sur les lignes générales mais en même temps qui fait quoi exactement moi je soupçonne que c'est un pouvoir très décentralisé

50:51
Locuteur

c

50:52
Invité

'est comme ça qu'ils ont réussi

50:53
Locuteur

à

50:54
Invité

faire face à l'agression dans leur esprit israélo-américaine c'est en décentralisant la réponse mais une fois que vous avez décentralisé la réponse c'est difficile d'en recentraliser maintenant donc j'ai un peu le sentiment malgré tout que l'Iran lui-même je dirais pas que c'est un bateau yves ce serait excessif mais ne sait pas non plus très bien où il va et il y a certainement des forces en Iran qui continuent à dire il faut quand même un jour ou l'autre arrêter les frais il faut quand même absolument s'occuper de l'économie absolument rompre avec cette guerre perpétuelle

51:30
Locuteur

encore

51:31
Invité

une fois j'y suis pas j'ai pas d'indication

51:35
Locuteur

très

51:35
Invité

précise mais il me semble quand même que c'est la nature des choses

51:38
Présentateur

Dorothée Schmitt on arrive à la conclusion très provisoire véritablement de cette discussion

51:46
Locuteur

il

51:47
Présentateur

y a eu effectivement un dignitaire iranien il y a quelques jours qui a carrément dit bon maintenant soyons réalistes on peut pas tenir comme ça indéfiniment

51:58
Locuteur

ce

51:59
Présentateur

que l'on voit quand même dans cette incroyable confusion et ces rapports de force qui changent de jour en jour entre les différents protagonistes avec encore une fois les Etats-Unis il faut pas oublier non plus la Chine qui observe tout ça et qui évidemment reste la bénéficiaire de ce grand désordre mais comment voir cette cristallisation possible est-ce que c'est par la médiation turque est-ce que c'est par la médiation pakistanaise ce sont quand même encore une fois les deux puissances qui essaient de jouer un rôle stabilisateur comment arriver à figer l'image

52:47
Locuteur

bon

52:47
Invité

en tout cas c'est sûr que tous les années sur le Moyen-Orient aujourd'hui sont complètement bousculées dans leur certitude on a beaucoup de mal à tirer un fil

52:54
Locuteur

je

52:54
Invité

pense qu'évidemment ce que dit Michel Ducot est très juste c'est qu'on a tendance à avoir des logiques ex poste on est presque dans des théories du complot parfois c'est-à-dire que suivant qu'on lit

53:03
Locuteur

des

53:03
Invité

analyses d'un côté ou de l'autre ils vont vous dire oui alors il y a toute une partie du système iranien qui veut aller à la négo notamment le patron du parlement le ministre des affaires étrangères on a des expressions et de l'autre côté on a vu au moment de la signature du pacte de la Mec il y

53:20
Locuteur

a

53:20
Invité

eu beaucoup d'entretiens

53:21
Locuteur

avec

53:21
Invité

des responsables pakistanais et turcs pour leur demander si ce pacte était destiné à contrer plutôt Israël ou plutôt l'Iran il y

53:28
Locuteur

a

53:28
Invité

des pakistanais qui ont dit l'Iran a vocation à rentrer dans ce pacte à terme personne n'a dit ce pacte est contre Israël personne ne l'a dit clairement parce que personne ne veut

53:37
Locuteur

monter

53:38
Invité

dans une escalade verbale qui pourrait ensuite avoir des conséquences matérielles et amener à des escarmouches militaires évidemment

53:46
Présentateur

et il y

53:47
Locuteur

a

53:47
Présentateur

aussi une dimension financière parce que le pakistan c'est l'Arabie saoudite qui comble ces déficits

53:53
Invité

oui bien sûr mais le pakistan il envoie aussi des gens se battre à la place des saoudiens depuis un bon bout de temps donc après tout les turcs ont fait ça avec des mercenaires syriens pendant longtemps je dirais que c'est une façon de procéder qui

54:04
Locuteur

se généralise

54:05
Invité

un peu dans la région

54:06
Locuteur

si on

54:06
Invité

veut éviter d'avoir des morts nationaux on va en chercher ailleurs et justement c'est ce que le pakistan veut peut-être éviter aujourd'hui

54:12
Locuteur

on

54:13
Invité

a publié vous savez qu'on a une série de papiers à

54:14
Locuteur

l

54:14
Invité

'IFRI sur Gaza vu depuis le reste du monde on a sorti un papier sur le Pakistan qui montre que là depuis le 7 octobre 2023 alors que jusqu'à présent la position du Pakistan c'est d'être toujours

54:25
Locuteur

à

54:26
Invité

la fois dans une position très pro-palestinienne très opposée à l'agressivité israélienne mais en réalité des contacts officieux avec Israël constants parce que Israël est proche de l'Inde et qu'il faut équilibrer l'Inde et parce que Israël c

54:43
Locuteur

'est

54:43
Invité

les Etats-Unis et donc c'est un allié du Pakistan

54:45
Locuteur

là

54:45
Invité

depuis le 7 octobre

54:46
Locuteur

le

54:47
Invité

gouvernement a dû cesser vraiment les contacts avec Israël et on a une communauté transpartisane qui se fait pour critiquer

54:55
Locuteur

le

54:55
Invité

gouvernement qui est allé au board of peace ce fameux ce fameux espèce d'institution de gestion de Gaza post 7 octobre 2023 donc

55:02
Locuteur

on

55:03
Invité

a quand même un effet très fort pour revenir à la question palestinienne qu'on a évoquée à un moment on a un effet structurant politique qui est extrêmement fort dans le monde entier parce que là on parle que des pays de la région on a parlé de religion mais on a travaillé aussi sur effectivement le Canada l'Australie des pays qui

55:20
Locuteur

se

55:20
Invité

sont ralliés à la solution des deux Etats à la reconnaissance de l'Etat palestinien

55:26
Locuteur

ça

55:26
Invité

n'a pas de conséquence matérielle immédiate ce qui domine aujourd'hui c'est qu'on a une décomposition du Moyen-Orient donc là ce qu'on parle de ce qu'on dit sur l'Iran

55:35
Locuteur

on

55:35
Invité

le voit pratiquement dans tous les pays mais même en Israël on attend les élections en Israël et aujourd'hui on va avoir un clivage société israélienne contre leadership politique on n'a pas d'offre politique réellement alternative à Netanyahou parce qu'en réalité il n

55:48
Locuteur

'y a

55:48
Invité

pas d'autre programme

55:49
Locuteur

que

55:50
Invité

le programme stratégique

55:51
Locuteur

de

55:51
Invité

facto mis en place par Netanyahou depuis le 7 octobre 2023

55:55
Locuteur

donc

55:55
Invité

cette décomposition politique nous on la connait aussi et puisque vous parlez de double trahison je voudrais quand même rappeler que Marine Le Pen a fait une interview au Financial Times où elle a dit qu'elle allait

56:03
Locuteur

si

56:04
Invité

elle était élue cesser le soutien à l'Ukraine dans les 6 mois

56:07
Locuteur

oui elle

56:10
Présentateur

a aussi fait des déclarations contre l'Europe de Bruxelles qui ont été pratiquement immédiatement contredites

56:16
Locuteur

par

56:17
Présentateur

certains de ses soutiens donc les déclarations dans la volatilité de la campagne électorale française

56:25
Locuteur

voilà

56:26
Présentateur

oui mais dans quel état est l'Europe aujourd

56:27
Invité

'hui Christine ça

56:28
Locuteur

c'est un très important

56:29
Présentateur

sujet d'émission ce sera bien évidemment l'occasion de nous réunir à nouveau plusieurs samedis de suite bien sûr et c'est un enjeu tout à fait important puisqu'on voit à quel point les Européens et c'est vrai aussi des Britanniques

56:48
Locuteur

qui

56:49
Présentateur

ont offert leur soutien à l'Arabie Saoudite et là aussi c'est de l'histoire très ancienne du grand jeu

56:55
Locuteur

dans

56:56
Présentateur

cette partie du monde n'ont pas non plus nécessairement aujourd'hui les moyens

57:01
Locuteur

d

57:01
Présentateur

'assurer un rôle régional tout à fait important

57:05
Locuteur

et

57:06
Présentateur

bien il est temps pratiquement de nous quitter à regret de ma part donc je vous remercie tous les quatre Dorothée Schmitt

57:15
Locuteur

je

57:15
Présentateur

rappelle votre Turquie en sans question la puissance opportuniste un livre que vous avez publié chez Taillandier Michel Duclos

57:26
Locuteur

vous

57:27
Présentateur

venez de publier il y a quelques jours sur le site de l'Institut Montaigne une note dédiée enfin qui analyse précisément l'accord Trump-Poutine trahison dites-vous pour un galon de diesel Camille Lonce vous avait fait paraître en avril dernier dans la revue Grand Continent

57:48
Locuteur

une

57:49
Présentateur

très intéressante étude co-écrite avec Laure Fouché Arabie Saoudite le dernier problème d'Israël point d'interrogation et Laurent Bonnefoy je ne vous oublie pas vous avez publié début octobre dans la revue Orient 21 un papier sur le Yémen le spectre de la guerre confessionnelle voilà à la réalisation ce matin Luc-Jean Reynaud à la technique Anthony Maillet de Santis Théa Corler m'a aidé à préparer cette émission ainsi que Patricia Miura de la documentation de Radio France nous sommes samedi voici les carnets de santé de Marina Carrère dans cause

58:25
Locuteur

très

58:26
Présentateur

bon week-end et à samedi prochain à

58:28
Locuteur

la fin