François de Rugy a "remboursé sans contester" les dîners à l’Assemblée nationale et a "quitté [son] logement" social
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:13OuverteÉludée
Est-ce que vous regrettez d'avoir fait ce choix, de quitter le gouvernement ?
- 1:28RelanceRéponse directe
Vous avez porté plainte sur un seul article. On va y revenir également de Mediapart sur le caractère social du logement que vous aviez à côté de Nantes.
- 1:34FerméeÉludée
Ça veut dire que le reste, les autres articles de Mediapart étaient exacts ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Vous poursuivez Mediapart. Vous évoquez cette audience début octobre.
- 9:11RelanceRéponse directe
François de Rugy, vous nous avez dit que vous vous estimiez blanchi dans l'ensemble des accusations de Mediapart.
- 10:17FerméeRéponse directe
Est-ce que vous les avez remboursés ces dîners ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Ce que je sais, c'est que mon honnêteté, qui avait été mise en cause gravement, elle a été démontrée. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Et par ailleurs, vous avez vu d'ailleurs qu'il n'y a aucune procédure judiciaire. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Le 9 octobre prochain, il y aura une première audience au tribunal correctionnel de Paris. »
- 2:32Invité politiqueFait
« C'est une petite entreprise commerciale, mais c'est une entreprise de démolition. C'est pas du journalisme. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Pourquoi voulait-il démolir François de Rugy ? Ah, mais parce que c'est leur projet politique. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Ah, mais si. Là, justement, c'est toute la différence. Pour ça, moi, je n'attaque pas Mediapart en général. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Quel est le projet politique de Mediapart ? »
- 5:23Invité politiqueFait
« Pendant un mois et demi, je ne me suis pas exprimé. »
- 5:53PrésentateurFait
« Donc, ce que vous dites, François de Rugy, c'est qu'à travers vous, Mediapart veut abattre la démocratie parlementaire en France. »
- 6:59Invité politiqueFait
« Ah mais parce que quand j'ai démissionné, j'étais attaqué de toutes parts. »
- 7:26Invité politiqueFait
« En France, il n'y a pas, peut-être qu'il faudrait y réfléchir, de possibilité pour les ministres de mise en retraite temporaire. »
- 9:57Invité politiqueFait
« Repas que vous avez remboursé finalement. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Oui, je l'ai quitté pour une raison simple, c'est que je ne pouvais plus y vivre en sécurité et tranquillement. »
- 11:29Invité politiqueFait
« Absolument pas. Et d'ailleurs, l'agence Crédit Agricole Immobilier a confirmé depuis, à de multiples reprises, que ce n'était pas le cas. »
Temps de parole
- François De Rugy74 %
- Présentateur9 %
- Invité9 %
- Invité 28 %
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Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info. Cela fait un mois et demi que vous avez démissionné, emporté par des articles de Mediapart. On va y revenir longuement ce matin. D'abord, est-ce que vous regrettez d'avoir fait ce choix, de quitter le gouvernement ?
Moi, je ne considère pas que dans la vie, en général, il faille se nourrir de regrets. Donc, on peut toujours réécrire l'histoire. Ça ne m'intéresse pas beaucoup. Je ne suis pas venu là, d'ailleurs, ce matin pour ressasser. Je vois que Mediapart ressasse. À une époque, on disait Mediapart Feuilleton. Maintenant, Mediapart ressasse. Moi, je ne suis pas là pour ressasser. Ce que je sais, c'est que mon honnêteté, qui avait été mise en cause gravement, elle a été démontrée. Par qui ? Non seulement par moi-même, parce que j'ai apporté un certain nombre d'éléments sur des questions légitimes qui pouvaient se poser.
Et par ailleurs, par beaucoup de vos confrères et consoeurs qui ont fait des articles, qui ont vérifié un certain nombre d'informations, d'accusations en réalité, qui n'étaient pas des informations, qui étaient des accusations injustes et que tout s'est effondré. Et par ailleurs, vous avez vu d'ailleurs qu'il n'y a aucune procédure judiciaire. La seule, c'est moi qui l'ai lancée. Et donc, en l'occurrence, c'est sur les accusations de Mediapart. Et cela se jugera en effet au tribunal. Donc moi, je n'ai pas spécialement envie de revenir indéfiniment.
Vous avez porté plainte sur un seul article. On va y revenir également de Mediapart sur le caractère social du logement que vous aviez à côté de Nantes. Ça veut dire que le reste, les autres articles de Mediapart étaient exacts ?
Vous savez, Mediapart fonctionne à la fois avec de la mauvaise foi, une présentation des choses qui est de mauvaise foi, de la malhonnêteté intellectuelle et des mensonges. Et donc, en effet, la justice, elle ne va pas juger de la mauvaise foi ou de la malhonnêteté intellectuelle. D'ailleurs, on ne s'en sortirait pas. Il faudrait faire 25 procédures. Donc, elle va juger des mensonges. Et en l'occurrence, il y a une audience. Le 9 octobre, beaucoup m'avaient dit, y compris Edwip Lennel, ils vont dire « Oh, on verra ça dans deux ans, dans trois ans ». Le 9 octobre prochain, il y aura une première audience au tribunal correctionnel de Paris.
Donc, je m'en remets maintenant à la procédure en justice. Vous poursuivez Mediapart. Vous évoquez cette audience début octobre. Il y a deux jours, chez nos confrères de France 5, vous avez évoqué aussi Mediapart et Edwip Lennel. Et vous l'avez accusé, Edwip Lennel, non pas de faire du journalisme, mais de la politique. On écoute un extrait.
C'est une petite entreprise commerciale, mais c'est une entreprise de démolition. C'est pas du journalisme. Vous, vous êtes journaliste. Si vous faites une enquête sur les frais de fonctionnement de l'Assemblée nationale... Pourquoi voulait-il démolir François de Rugy ? Ah, mais parce que c'est leur projet politique. C'est un projet politique. Mais ceux qui gouvernent. Oui, c'est leur projet. Vous croyez que M. Lennel n'a pas de projet politique ?
Edwip Lennel a un projet politique, c'est d'abattre ceux qui gouvernent.
Oui, d'ailleurs, ils le revendiquent. D'ailleurs, le dernier article de Mediapart qui a été publié, qui ne contient absolument rien de nouveau, la seule chose nouvelle, c'est qu'il y a dedans un aveu. Un aveu clair. C'est l'acharnement. Ils revendiquent l'acharnement contre les personnes. Moi, je l'ai dit au moins de...
Par exemple, François de Rugy, on se souvient par exemple que Mediapart, c'est le site qui avait révélé l'affaire Cahuzac, l'ancien ministre du budget, qui depuis a été condamné, condamné lourdement pour avoir... Ça veut dire que Mediapart n'aurait pas dû donc faire ses révélations.
Ah, mais si. Là, justement, c'est toute la différence. Pour ça, moi, je n'attaque pas Mediapart en général. J'attaque certaines méthodes... Si, vous expliquez qu'il y a un projet politique qui n'est pas du journaliste. Il y a deux choses différentes. Il y a des accusations avec ensuite des preuves et qui ont donné lieu en ce qui concerne, par exemple, Jérôme Cahuzac, un procès à une condamnation. Quel est le projet politique de Mediapart ? Moi, j'attends de voir si, parce que c'est quand même un comble, d'un côté, on a l'impression que Mediapart me reproche de ne pas faire des procédures judiciaires pour tous leurs actes. C'est-à-dire que vous avez expliqué... Si je le souhaite, je le ferai.
Vous avez expliqué que... Je l'ai dit, ça m'a été... Certains ont cru qu'ils pouvaient brocarder cela. Vous savez, aujourd'hui, si vous portez plainte pour diffamation, je ne vous le souhaite pas, parce que je ne vous souhaite pas d'être diffamé, au tribunal, on va vous demander de consigner une somme qui peut aller de 5 à 10 000 euros.
Si vous avez la certitude de gagner à la fin, François Drugier, la somme, vous la récupérez à la fin.
Non, non, bah oui, d'accord, mais enfin, il faut quand même vous rendre compte, d'ailleurs, ce que ça veut dire. Sur l'ensemble des articles de Mediapart, vous n'avez déposé qu'une seule plainte. Par exemple, Mediapart, M. Plenel, défend Tariq Ramadan.
C'est autre chose. Depuis toujours. Non, mais on le sait.
Ça n'a aucun rapport avec les révélations publiées par Mediapart et qui vous concernaient. Est-ce que vous croyez que c'est du journalisme de défendre Tariq Ramadan ? Est-ce que vous croyez, quand on, par exemple, on prétend défendre les droits des femmes, que c'est du journalisme que de défendre Tariq Ramadan ? C'est un choix politique de M. Plenel. Bon, on voit bien, tous les méfaits, ça saute aux yeux. Sans aucun rapport avec les articles qui vous concernent et qui ont été publiés par Mediapart. Si, il y a un point commun. Il y a un point commun. C'est que, en effet, et M. Plenel l'a écrit à de maintes reprises, il n'aime pas la démocratie représentative.
Il considère qu'entre le peuple et les dirigeants, il ne devrait y avoir aucun intermédiaire à part certains médias comme le sien. Moi, je défends une conception et je vois que beaucoup de Français, d'ailleurs, sont très clairvoyants sur tout cela. Vous savez, moi, j'ai été frappé pendant tout cet été, je ne me suis pas exprimé. Contrairement à ce qui est dit, il n'y a pas eu de campagne de communication, je ne me suis pas exprimé. Pendant un mois et demi, je ne me suis pas exprimé. Et j'ai été frappé en rencontrant des Français dans la rue qui viennent m'interpeller, qui viennent me voir encore ce matin en arrivant chez vous et qui me disent, c'est injuste.
Ce qui vous est arrivé, c'est injuste. Ils ne me disent pas, il ne faut pas qu'il y ait de journaliste d'enquête, d'investigation. Ils me disent, là, ça a dérapé.
Donc, ce que vous dites, François de Rugy, c'est qu'à travers vous, Mediapart veut abattre la démocratie parlementaire en France.
Non, vous savez bien que c'est plus subtil que ça, c'est beaucoup plus subtil que ça. C'est le fait de toujours remettre en cause la légitimité de ceux qui ont été élus pour gouverner. Regardez ce qui s'est passé, il n'y a pas très longtemps, avec les Gilets jaunes. Eh bien, Mediapart s'est fait le porteur du mouvement des Gilets jaunes. C'est un choix qui les regarde. Mais vous voyez bien que c'était exactement la même chose. On remet en cause le président de la République élu à peine un an avant le déclenchement du mouvement des Gilets jaunes. Et on dit, il ne devrait pas être président de la République. Le résultat des élections ne compte pas.
Bien si, dans notre démocratie, en tout cas, moi, je défends cette conception de la démocratie, le choix des citoyens, il se fait éclairer par les informations fournies par les journalistes. C'est pour ça que c'est très important qu'il y ait des informations libres des journalistes. Mais le choix des citoyens se fait dans les urnes. Il ne se fait pas dans une rédaction de quelques journalistes. Si vous êtes blanchi de toutes les accusations, c'est ce que vous dites, pourquoi vous avez démissionné ? Ah mais parce que quand j'ai démissionné, j'étais attaqué de toutes parts. Et je ne pouvais plus me défendre tout en assumant ma fonction de ministre.
Moi, c'est ce que j'ai dit au Premier ministre et au Président de la République. C'est un choix, pas forcément celui de tous les responsables politiques. Mais moi, c'est ma conception des choses. Je ne pouvais pas à la fois me défendre, faire des recherches d'un certain nombre de documents. Tout cela me prenait du temps et en même temps assumer ma fonction de ministre. En France, il n'y a pas, peut-être qu'il faudrait y réfléchir, de possibilité pour les ministres de mise en retraite temporaire. Et si cela avait été le cas, je me serais mis en retraite temporairement. J'aurais recherché l'ensemble des documents qui permettaient de prouver mon innocence, ce qui a été fait.
Et ensuite, j'aurais en effet pu continuer mon action. Mais vous savez, en l'occurrence, ça ne s'est pas passé comme ça. Mais ce qui est sûr, et ça, les gens le voient bien d'ailleurs, c'est que toutes ces accusations, au-delà d'un jugement d'opinion, ça qui peut toujours exister, mais toutes les accusations de malhonnêteté, on m'a accusé de détourner des fonds publics. C'est complètement délirant. Eh bien, tout cela est tombé et s'est effondré.
On va poursuivre, si vous voulez bien, François de Rugy, dans quelques instants. Il est 8h41, Lauriane Delannoye vient de nous rejoindre pour le rappel de l'actualité.
Une agression devant une école de Marseille ce matin. Deux femmes, agentes d'école maternelle, agressées l'une et blessées au ventre à coups de couteau, l'attaquant en fuite. Autour de la CGT, de l'UNSA et de la CPME, entre autres d'aller à Matignon aujourd'hui, second jour de la concertation des partenaires sociaux, sur la réforme des retraites. Les dernières rotations pour les avions d'aigle azure aujourd'hui, puis tous les vols seront annulés dès ce soir. L'entreprise en redressement judiciaire ne prévoit pas de dédommagement pour les passagers pour l'instant. Le président du Zimbabwe se dit triste.
Ce matin, il annonce la mort de son prédécesseur, Robert Mugabe, le commandant à diriger le pays d'une main de fer pendant près de 40 ans. Pour l'une, ce sera la dixième finale à Flushing Meadow. Pour l'autre, la première dans un tournoi du grand chelème de tennis. Serena Williams jouera face à Bianca Andrescu, canadienne prodige de 19 ans. Toutes les deux se sont qualifiées cette nuit pendant les demi-finales.
François de Rugy, vous nous avez dit que vous vous estimiez blanchi dans l'ensemble des accusations de Mediapart. C'est inexact en ce qui concerne les repas privés donnés au ministère quand vous étiez ministre, puisque le rapport qui a été fait par Matignon explique qu'il y a bien eu trois repas privés aux frais du contribuable, notamment celui de la Saint-Valentin en 2018. On est bien d'accord là-dessus ?
C'est en effet ce qu'a estimé le rapport du secrétaire général de l'Assemblée et aidé de la déontologue de l'Assemblée nationale. J'avais moi-même souhaité d'ailleurs pouvoir donner tous les éléments d'appréciation à une tierce personne, et donc en l'occurrence le secrétaire général de l'Assemblée et la déontologue de l'Assemblée. Repas que vous avez remboursé finalement. Vous savez que Mediapart a dit que c'était des gens qui étaient dignes de trafiquants de drogue. Ils ont dit que c'est comme si les dealers étaient jugés par les trafiquants de drogue. Vous voyez un petit peu le niveau de disqualification.
Quand Mediapart n'est pas d'accord avec quelqu'un, au lieu de dire « Nous ne sommes pas d'accord, nous n'avons pas la même appréciation », c'est tout de suite la disqualification. C'est pareil, ce sont des méthodes politiques, ce ne sont pas des méthodes journalistiques. Est-ce que vous les avez remboursés ces dîlés ? Oui, le président de l'Assemblée nationale avait souhaité qu'il y ait donc une évaluation et que l'on me présente le coup, et que je m'étais engagé de mon propre chef à rembourser sans contester l'évaluation, et je l'ai fait.
Vous dites que vous avez attaqué Mediapart sur un point précis, qui est cet article qui concerne ce logement à vocation sociale que vous occupiez dans la banlieue de Nantes, à Orvaux. Est-ce que vous avez quitté ce logement ?
Oui, je l'ai quitté pour une raison simple, c'est que je ne pouvais plus y vivre en sécurité et tranquillement. Vous savez que pendant le mois de juillet, cet immeuble, c'est un immeuble, c'est une copropriété privée, a été tagué. Ensuite, ma boîte aux lettres a été détruite. Donc je ne voulais pas non plus faire subir d'ailleurs à mes voisins, qui d'ailleurs ont subi des intrusions. L'immeuble a été filmé, photographié, l'adresse a été livrée au public. Des gens sont venus enquêter jusque dans les couloirs de l'immeuble. Donc moi, on ne peut pas vivre sereinement.
Si vous l'avez quitté, ce n'est pas parce que votre niveau de revenu était trop élevé au regard de la nature de ce logement à vocation sociale ?
Absolument pas. Et d'ailleurs, l'agence Crédit Agricole Immobilier a confirmé depuis, à de multiples reprises, que ce n'était pas le cas. Mais vous savez que Mediapart en est à contester le fait qu'une personne comme moi qui ait loué ce logement, parce que je me séparais de la mère de mes enfants, que je puisse y accueillir mes enfants, mes deux enfants. Et elle a dit, ce n'est pas normal, François de Rugy a déclaré qu'il avait deux enfants. Oui, j'ai deux enfants. Et oui, j'utilisais ce logement pour accueillir mes deux enfants lorsque je les avais avec moi un week-end sur deux. Voilà à quel niveau on en est, à la fois d'attaque, et en même temps où on veut dépouiller la vie privée.
J'attends, j'imagine que l'article suivant, ça va être, mais dans quelles conditions vous êtes-vous séparés de la mère de vos enfants ? Bon, voilà. Moi, je vais vous dire une chose. Je reviendrai là-dessus un jour, avec du recul, dans un livre. Et je répondrai, je décortiquerai toutes ces accusations malveillantes.
Vous savez d'où elles viennent ? Vous connaissez la source ? Qui vous a balancé en quelque sorte ?
J'ai réfléchi cet été, et avec du recul, et je l'avais dit dès le début, il y avait une vengeance personnelle. Nous l'avions bien identifié avec mon épouse, qui a également été attaquée dans cette affaire d'une façon absolument abominable.
Une vengeance privée, pas politique.
Mais, oui, oui, mais j'ai bien identifié depuis également une vengeance politique, ça c'est très clair. De la part de qui, la vengeance politique ? De l'ancien parti, ça ne fait aucun doute. Europe Écologie, les Verts ? Ça ne fait aucun doute. Et aussi, ça c'est plus difficile à cerner, mais je commence à l'identifier et je l'expliquerai.
Une vengeance, on va dire, politico-syndicale liée à ce que j'ai fait à la fois à l'Assemblée Nationale, où j'avais engagé une réforme de la fonction publique parlementaire, et également au ministère de la Transition écologique et solidaire, où, comme vous le savez, j'avais engagé un certain nombre de changements qui, évidemment, déplaisaient fortement et bousculaient un certain nombre d'intérêts bien établis. Et donc, j'y reviendrai tranquillement, sereinement, mais avec beaucoup de détermination. Ce que vous dites est assez grave, François Drogi.
Vous dites qu'il y a des gens qui étaient mes amis avant chez les écologistes qui n'ont pas supporté que je rejoigne Emmanuel Macron et qui me l'ont fait payer dans cette affaire.
Vous avez des preuves ? J'en ai, tout à fait. Mais, par ailleurs... Que vous n'allez pas rendre public aujourd'hui ? Non, parce que, d'abord, moi, je n'ai, encore une fois, pas envie d'entretenir ça. Je veux simplement dire, à un moment donné, à celles et ceux que ça intéressera, et donc je le ferai dans un livre, parce que ça prend du temps, parce qu'il faut dire les choses de façon précise. Donc ça, je le ferai dans les semaines et les mois qui viennent.
C'est Europe Écologie Les Verts qui a donc révélé que vous vous étiez servi pendant deux ans de votre indemnité représentative de mandat, celle qui vise à payer les frais de député, pour payer votre cotisation au parti. C'est cette information que les écologistes ont transmise. Ah, il n'y a pas 36 personnes qui avaient cette information.
Donc des gens qui sont aujourd'hui à la direction du parti ? Mais moi, je n'accuse pas de gens personnellement, parce que ça, je ne peux pas savoir qui l'a fait personnellement. Mais je sais d'où ça vient, ça ne fait aucun doute. Mais je vais vous dire, ça va au-delà de ce que vous avez dit. C'est non seulement parce que j'ai rejoint, en effet, Emmanuel Macron, ça c'est très clair d'ailleurs. Là aussi, il y a un lien très clair et très net avec Mediapart. M. Plenel le dit quasiment ouvertement. Il dit, avant, François Dorégi était membre des Verts, il était de notre côté, en quelque sorte. Et puis maintenant, il a été ministre d'Emmanuel Macron, donc c'est un traître, donc il faut l'accuser.
Mais au-delà de cela, c'est au moment où j'étais en train de réussir un certain nombre de choses au ministère de l'écologie, et vous savez que ce n'était pas facile, on en a souvent parlé ici, et c'était souvent contesté, que j'ai été brisé dans mon élan. Et que, évidemment, ça ne plaisait pas à un certain nombre de gens, et ça, j'ai pu mieux le cerner avec le temps, ça ne plaisait pas qu'un écologiste qui recherche l'efficacité, une écologie efficace, puisse réussir. C'est tellement mieux, si vous voulez, si on continue indéfiniment à être dans l'écologie de la posture,
l'écologie de la critique de Mediapart, destiné à affaiblir la démocratie parlementaire, il y a des règlements de comptes personnels dans cette affaire de proches qui vous ont trahi.
Mais d'ailleurs, vous remarquerez, en effet, il y a également vos anciens amis écologistes qui s'en soumis. C'est grave, d'ailleurs, parce que si dans notre pays, on ne peut plus gouverner sans être... Ah, ben, ça, je ne vous cache pas que dans cette affaire, et d'ailleurs, le dernier article de Mediapart le dit également, lisez-le, et bien, ils disent, mais nous avons eu une première information, ils ne disent pas leurs sources, naturellement, mais ensuite, nous en avons eu d'autres, avec d'autres personnes, et d'ailleurs, ils appellent d'autres personnes à venir contribuer.
Est-ce que vous décrivez ? Est-ce que vous décrivez, ça ressemble à un complot ?
Non, parce que... Non, non, moi, je ne suis pas du tout complotiste. Des journalistes, des écolos et des proches qui finissent pour nous faire tomber. Non, non, non, je ne suis pas du tout complotiste. Je vais vous dire, c'est la convergence. Non, non, au contraire. Dans un moment de folie, parce que c'est un moment de folie médiatique comme celui-là, eh bien, tout un tas de gens s'engouffrent dans la brèche. Bien sûr, non, non, ce n'est pas du tout un complot. Il n'y a pas quelqu'un qui tire toutes les ficelles dans l'ombre. Moi, je ne suis pas complotiste. Je déteste ça. Je trouve que ça aussi, c'est un des drames de notre démocratie. Beaucoup trop de gens, d'ailleurs, croient ça.
En revanche, il ne faut pas être naïf. Il ne faut pas être naïf.
Tout cela n'est pas le fruit du hasard. Vous dites que des Français vous soutiennent, y compris dans la rue. Emmanuel Macron, il vous a envoyé un message de soutien cet été.
Emmanuel Macron, quand j'étais attaqué, m'a soutenu publiquement. Nous avons eu l'occasion d'échanger, en effet, au mois de juillet. Mais comme vous le savez, je n'ai pas l'habitude de donner dans les médias les échanges privés que j'avais avec Emmanuel Macron ou le Premier ministre Edouard Chouin.
Sans trahir évidemment ces conversations, vous estimez que vous seriez en mesure de revenir au gouvernement ?
Oh, mais ça, c'est le Président de la République et le Premier ministre qui pourraient en décider un jour. Vous dites que j'ai démissionné parce qu'il fallait me défendre.
Je me suis défendu, je suis blanchi.
Du point de vue de ce qui relève de mon honnêteté, ça ne fait aucun doute. Vous l'avez envisagé avec le chef de l'État ? Je l'ai déjà dit, si mon objectif dans la vie, c'était de m'accrocher à toute force, un poste de ministre, on m'a décrit de cette façon-là parfois. On a essayé de projeter une image sur moi qui ne correspond pas à la réalité. Je sais que cela mettra du temps à ce que la réalité prenne le pas sur cette image qu'on a voulu projeter sur moi. Ça, c'est malheureusement la vie médiatique qui est ainsi. Mais je crois qu'en effet, beaucoup de Français sont clairvoyants. Certains sont venus me le dire.
Encore l'autre jour à l'Assemblée nationale, un député communiste m'a dit, « Oui, moi, je ne partage pas vos idées. J'ai rencontré cet été des gens qui ne partagent pas les idées d'Emmanuel Macron, de La République En Marche ou de François de Rugy. Mais ils trouvent que là, c'est devenu délirant. »
8h51, François de Rugy. Petite interruption, le rappel de l'actualité avec Lauriane Delanoé sur France Info.
Un jeune homme vient d'être arrêté à Marseille, soupçonné d'avoir attaqué deux femmes des Atsems. Ce matin, devant une école, l'une a reçu un coup de couteau au ventre. Des policiers appelaient à se rassembler en ce moment devant le tribunal de Montauban. Leur syndicat Alliance demande une peine exemplaire contre un gilet jaune. Jugé ce matin, cet homme avait écrit « flic suicidé » à moitié pardonné sur sa camionnette. Si vous deviez voler avec aigle azure ce soir ou dans les prochains jours, vous devez trouver une autre solution. La compagnie aérienne en redressement judiciaire va suspendre tous ses vols.
Le gouvernement demande aux autres compagnies françaises et étrangères de leur proposer des vols retour à tarifs préférentiels. L'ouragan d'Orient vient d'être rétrogradé en catégorie 1. Il s'éloigne de Caroline du Sud. Au Bahamas, au moins 30 morts selon un nouveau bilan donné dans la nuit. La mort d'une main de fer Robert Mugabe, ancien président du Zimbabwe, est mort à 95 ans. Il a gouverné pendant près de 40 ans de l'indépendance au coup d'État il y a deux ans. France Info. Et tout est plus clair.
L'ex numéro 2 du gouvernement, François de Rugy, désormais député La République En Marche. Oui, bien sûr. De Loire-Atlantique est avec nous ce matin sur France Info. Renaud Delis.
On va évoquer une autre actualité. C'était cette nuit, François de Rugy, avec le décalage horaire évidemment. Jean-Luc Mélenchon, qui est toujours en déplacement en Amérique du Sud, a rendu visite à l'ancien président Lula, qui est emprisonné actuellement, accusé de corruption. Et voici ce que Jean-Luc Mélenchon a dit à la sortie de cette prison. Je ne sais pas quelle sera la conclusion, ni à quel point peut aller le procès politique. Mais ce qui est certain, c'est que la méthode est la même. C'est les mêmes incriminations sans preuve, même procédures hasardeuses.
Ce qu'évoque Jean-Luc Mélenchon, c'est son propre procès dans dix jours en correctionnel pour rébellion, lorsqu'il s'était opposé aux perquisitions dont la France Insoumise était l'objet à l'automne dernier. Lula, Mélenchon, même combat, François de Rugy ? Comparaison n'est pas raison, dit-on souvent.
Là, je crois qu'il y a quand même des comparaisons qu'il voudrait mieux éviter. Mais vous savez, Jean-Luc Mélenchon nous a habitués à beaucoup d'excès. Et visiblement, quand il va en Amérique du Sud, même l'éloignement de la France n'enlève rien à ses excès dans le débat politique français.
Il n'est pas victime, dit Jean-Luc Mélenchon, d'un complot politico-judiciaire qui viserait à l'abattre en tant que principal opposant à Emmanuel Macron ? En France, il n'y a pas de procès politique.
Moi, je ne connais pas assez la situation du Brésil pour me prononcer. Mais enfin, en France, il n'y a pas de procès politique. Il faut quand même être sérieux. La justice, qui est indépendante, n'ouvre pas en France de procédures politiques.
À Paris, François de Rugy, Cédric Villani viennent se lancer en dissident dans la bataille pour la mairie pour succéder à Nidalgo. Vous soutiendrez qui à Paris ?
Je n'en suis pas au stade où je vais soutenir. Il y a beaucoup de gens à différents endroits qui sollicitent mon soutien d'ailleurs. Mais pas spécialement à Paris. Mais ce qui me frappe, c'est qu'à Paris, d'abord, il y a des enjeux écologiques majeurs. Cédric Villani a dit lui-même, d'ailleurs, qu'il est maire écologiste de Paris, sous-entendu, la sortance ne l'était pas. Ce qui, évidemment, est intéressant. Je constate aussi qu'il suscite un intérêt qui va au-delà de la curiosité. Il y a même presque une forme d'engouement chez certaines personnes autour de Cédric Villani. Il y a, de fait, deux candidats issus de La République En Marche. Il y a une liste officielle.
Vous avez oublié de citer le nom du deuxième, l'officiel ? De Benjamin Griveaux. Moi, ce qui m'intéresse dans les municipales, ça, ça m'intéresse beaucoup. Et je ne serai pas candidat, je vous le dis, ce n'est pas pour ça. C'est les projets qui vont être développés, notamment en matière écologique, parce que l'échelon local, l'échelon municipal, qu'on soit dans une ville de 2 millions d'habitants, comme Paris, ou qu'on soit dans une petite commune de 500 habitants, eh bien, l'échelon local est fondamental pour faire attention à l'écologie.
Vous voterez pour le plus écolo de tous, pardon, Renaud.
Vous voterez pour le plus écolo des candidats ? J'ai envie de dire que le meilleur gagne, puisque maintenant, ils sont lancés, les électeurs pourront s'exprimer.
Il y a un candidat investi par le parti de La République En Marche. Vous dites, vous êtes député de La République En Marche.
Oui, mais vous savez que Cédric Guilani sera toujours membre du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale et le siègerait à ses côtés, tout comme Benjamin Griveaux et d'autres. Non, je crois que ce qui est intéressant pour Paris, comme pour d'autres villes, c'est qu'il y a un premier tour, donc là, ils se présenteront, ils présenteront leur projet, et on verra qui rassemblent davantage, et il y a un deuxième tour, et les élections municipales, les Français le savent, les listes peuvent fusionner, donc en plus, on peut rassembler largement. Personne ne sera maire de Paris, ni Mme Hidalgo, ni M. Griveaux, ni M. Villani, ni qui que ce soit d'autre, tout seul.
Quelqu'un sera élu maire de Paris s'il sait rassembler, et je le souhaite, une majorité à la fois progressiste, et j'ai envie de dire écologiste, c'est-à-dire qui mette l'écologie au premier rang de ses préoccupations, et en ayant l'esprit le plus large et le plus ouvert possible, c'est l'état d'esprit d'En Marche. En Marche a été créé par Emmanuel Macron pour faire exploser les clivages des partis traditionnels.
Donc, c'est sûrement pas pour en remettre dans des élections municipales, des élections locales, ou justement, peu importe les partis traditionnels, ce qui compte, c'est le projet que l'on veut mettre en œuvre pour cette belle ville de Paris, la plus belle ville du monde, qui mérite d'avoir, en effet, des problèmes qui soient réglés. La propreté, quand on voit l'état de saleté des rues dans Paris, quand on voit les problèmes de sécurité, on parlait juste avant d'une agression qui vient d'avoir lieu à Marseille, partout en France, les problèmes de sécurité se posent, et les maires sont en première ligne. Bien sûr, l'écologie, les déchets, le traitement des déchets.
Quand j'étais ministre de l'écologie... Je vous disais, il y a deux secondes, il y a une très belle ville.
Ça m'intéresse partout en France. Il y a une très belle ville qui s'appelle Paris, il y en a une autre très belle, un peu plus à l'ouest, qui s'appelle Nantes. Est-ce que vous pourriez être candidat là-bas ? Qui est encore plus cher à mon cœur.
Est-ce que vous pourriez être candidat à Nantes ? Il y a un délire marcheur qui s'impose à Nantes aujourd'hui. Est-ce que vous pourriez être ce candidat à la République en marche,
ce municipal à Nantes ? Une marcheuse aussi. Non, j'ai dit que je ne serais pas candidat, mais vous savez, je l'ai dit en mars 2018. Depuis, il s'est passé d'autres choses. Oui, mais justement, il faut que chacun joue son rôle là où il est le plus utile. Moi, je ne crois pas que l'utilité que je puisse apporter, c'est tout de suite de me mettre à courir après une élection, ceci, cela. Non, c'est de pouvoir contribuer parce que ça, oui, l'expérience que j'ai acquise quand j'étais ministre de l'écologie, vous savez, je reviens un instant sur Paris, mais c'est valable dans d'autres endroits de France.
On faisait le siège de mon ministère, les élus parisiens actuels, pour que j'autorise un nouvel incinérateur à Ivry, en banlieue parisienne, où il y en a déjà un, le projet était d'en avoir un un peu plus petit. Évidemment qu'il faut traiter les déchets, mais il faut aussi surtout en produire moins, les recycler, les trier. Ça, c'est quelque chose que l'on peut faire à l'échelle locale, que l'on doit faire à l'échelle locale. Un mot et un seul en conclusion, si vous voulez bien, vous êtes toujours macroniste, à plus que jamais.
Plus que jamais, je crois que notre pays a d'abord un bon président de la République et surtout, notre pays a besoin qu'on arrête avec ces clivats de partis traditionnels de gauche et de droite. On aurait pu parler des retraites. Moi, j'ai fait une réforme des retraites à l'Assemblée nationale. Le régime spécial de retraite des députés, il a été supprimé le 1er janvier 2018.
Merci à vous, François Drugy, d'être venu ce matin à la radio et sur France Info, Canal 27.
François De Rugy