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interviewLa France insoumise· 14 avril 2025 60 min

Toutes et tous dans la rue le 1er mai !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le 13e épisode de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. Cette semaine, Mathilde Panot s'attaque au point politique. Elle nous parlera notamment de la reconnaissance de l'état de Palestine, de la proposition de loi pour faire entrer le droit du sol dans la constitution, mais aussi du 1er mai comme mobilisation de masse et de classe. La semaine dernière, un rapport édifiant sur la protection de l'enfance est parue. Il fait suite à la commission d'enquête dont Marianne Maximi était membre.

Mineurs non accompagnés, souffrance de travailleurs sociaux, mise en danger des enfants placés, ont fait le point avec Marianne sur une protection de l'enfance à bout de souffle. Ni Trump ni Macron pour un protectionnisme solidaire. C'est Aurélie Trouvé qui nous fait un point pour tout comprendre des taxes douanières imposées par Trump et sur la position de la France Insoumise. Aussi, à l'approche du 1er mai, nous avons fait le choix de parler de notre système de santé qui, sous la Macronie, est véritablement à la dérive. Dans cet épisode, Adrien Clouet évoquera avec nous la situation des hôpitaux, des fermetures de maternité et de notre victoire face à la désertification médicale.

Enfin, la carte blanche de l'insoumission.fr vous expliquera pourquoi l'annonce de Macron de reconnaître l'état de Palestine, donnant ainsi raison à la France Insoumise, ne l'exemple pas de sa complicité avec les massacres de Netanyahou. Mais tout de suite, on débute avec le point politique. Mathilde Panot, c'est à toi.

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Locuteur non identifié

Donald Trump, le président des Etats-Unis, n'est pas seulement celui qui est en train de mener une guerre commerciale impérialiste extrêmement agressive, qui menace le monde entier d'une crise financière généralisée. C'est aussi celui qui donne un blanc-seing à Netanyahou pour poursuivre le génocide en cours à Gaza. Depuis le 18 mars, date à laquelle Netanyahou a brisé le cessez-le-feu qui avait cours à Gaza, la situation est insupportable.

Deux millions de Palestiniens sont privés d'eau, d'électricité, d'aide humanitaire et d'aide alimentaire, avec des images absolument insoutenables, comme celles qui viennent du téléphone d'un des 15 securistes qui ont été tués par l'armée d'extrême droite de Netanyahou, alors que justement, Israël niait avoir ciblé ces secouristes, et qui pourtant, et c'est attesté par les images, ont été directement ciblés, comme le sont les soignants, les journalistes et tous ceux qui se tentent de venir en aide au peuple palestinien.

Ils ont été directement ciblés, au point qu'on a retrouvé les corps de ces secouristes criblés de balles, dont certains d'entre eux avaient les pieds attachés dans une fosse commune. Mais depuis le 18 mars, c'est aussi 100 enfants qui, chaque jour, sont tués ou mutilés à Gaza, et qui rejoignent les près de 20 000 enfants qui ont été tués depuis un an et demi, dont la moyenne d'âge est de 5 ans. Je suis fière que mon groupe parlementaire, cette semaine, lors des questions au gouvernement, alors qu'Emerick Caron posait une question, ait montré les visages de ces enfants palestiniens.

D'abord parce que la principale caractéristique d'un génocide est la déshumanisation des êtres humains dont on est en train de parler, et donc des palestiniens. Je rappelle qu'au début du génocide, un des ministres de Netanyahou avait dit « nous combattons des animaux humains » en parlant des palestiniens. Mais surtout, nous l'avons fait parce que depuis un an et demi d'un génocide dénoncé par toutes les instances internationales, jamais l'Assemblée nationale n'a rendu un hommage aux enfants et d'ailleurs aux morts palestiniens par le génocide qui est en train de commettre Netanyahou et son gouvernement.

Il faudrait, si on faisait une minute de silence pour chaque enfant mort à Gaza, 300 heures de silence pour pouvoir rendre hommage à chacun de ses enfants. Et donc, nous sommes fiers comme groupe parlementaire d'avoir rendu un hommage et d'avoir rendu des visages, des noms à ces enfants qui sont sans cesse invisibilisés du débat politique et public. Et les réactions à la fois du gouvernement mais aussi de certains médias ont été absolument abjectes. Le ministre a osé répondre à la question au gouvernement du groupe parlementaire insoumis en nous accusant de souffler sur les braises de l'antisémitisme parce que nous parlions d'enfants palestiniens.

Le journaliste de France Info, Gilles Bernstein, a fait preuve d'un racisme crasse lorsqu'il a dit « les insoumis veulent politiquement s'assurer le soutien des quartiers et de la jeunesse, souvent issus de l'immigration ». Eh bien, je le redis ici, si nous posons depuis un an et demi, chaque semaine ou presque, une question au gouvernement sur Gaza.

C'est d'abord parce que la France peut et doit agir face au premier génocide filmé de toute l'histoire de l'humanité, mais c'est aussi parce qu'il ne s'agit pas ni d'être des quartiers populaires, ni d'être musulmans quand même, le dire à l'extrême droite, pour être absolument frappé d'horreur par ce qui est en train de se passer à Gaza et d'ailleurs en Cisjordanie. Il suffit juste de retrouver son humanité commune parce que oui, à Gaza, c'est notre humanité commune qui est frappée et nous continuerons évidemment le combat.

Alors en début de semaine, Emmanuel Macron était en Égypte où il s'est rendu aux portes de Gaza et a eu pour une fois des mots assez forts, notamment sur les enfants palestiniens et où il a dénoncé les frappes que reprenait Netanyahou sur l'enclave de Gaza. Et en rentrant de ce voyage en Égypte, il a dit qu'enfin il pourrait reconnaître l'état de Palestine en juin.

Évidemment, sous les pressions, il s'est empressé de revenir un peu sur cette annonce, mais ce serait un symbole extrêmement puissant et un symbole puissant notamment en réponse à Donald Trump qui ne cesse de dire qu'il faut vider l'enclave de Gaza des Palestiniens, donc faire ce qu'on appelle en droit international un nettoyage ethnique.

Ce serait un symbole extrêmement puissant que de reconnaître l'état de Palestine et nous disons pas besoin d'attendre juin, il faut le faire d'ores et déjà maintenant et je rappelle qu'à de nombreuses reprises, Emmanuel Macron a fait la promesse de reconnaître l'état de Palestine, a dit que reconnaître l'état de Palestine n'était pas un tabou, qu'il le ferait à un moment où ce serait utile.

Eh bien je ne vois pas d'autres moments plus utiles que maintenant, car attendre six mois supplémentaires alors que nous serions pratiquement à deux ans de génocide et un moment qui est beaucoup trop tard par rapport aux actes que la France aurait dû poser depuis maintenant longtemps, évidemment avec des sanctions à l'encontre de Netanyahou, avec la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël et avec un embargo sur les armes que nous continuons de réclamer et de demander.

Et je le dis d'autant plus qu'une information qui est parue dans plusieurs sources médiatiques concordantes est extrêmement troublante alors qu'Emmanuel Macron est justement en train de dire des mots pour dire qu'il faut aider et soutenir le peuple palestinien, notamment à avoir un état pour pouvoir vivre en paix et en dignité. Cette information qui est parue un peu partout, c'est qu'Emmanuel Macron aurait autorisé le survol de l'espace aérien français par l'avion dans lequel se trouvait Netanyahou.

Je rappelle que depuis novembre, Netanyahou est poursuivi par la justice internationale avec un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale qui a été émis contre lui comme auteur de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Or, tous les états qui ont ratifié le statut de Rome, dont la France fait évidemment partie, ont devoir et obligation internationale au vu des engagements d'arrêter Netanyahou s'il se rendait en France. Je rappelle que déjà à l'époque, le gouvernement français s'était montré plus qu'hésitant sur cette question.

Lorsqu'on lui avait demandé s'il comptait arrêter Netanyahou, s'il mettait un pied en France, ils avaient répondu par une immunité qu'aurait un chef d'état ou un chef de gouvernement, ce qui n'existe pas au vu du droit international. Eh bien, on apprend par des journaux que, alors que Netanyahou était en Hongrie, qui a du coup annoncé qu'il sortait de la Cour pénale internationale et qu'il devait se rendre justement pour aller voir son allié d'extrême droite, Trump, aux États-Unis, il aurait traversé l'espace aérien français. Pourquoi est-ce grave ? D'abord parce que l'espace aérien fait partie de l'espace souverain d'un pays.

Et que lorsque vous autorisez, ce n'est pas une simple autorisation administrative, lorsque vous autorisez un chef de gouvernement à passer avec un avion, ça veut dire que cette autorisation a été donnée au plus haut sommet de l'État et probablement par Emmanuel Macron lui-même. Or, on apprend là aussi par des sources médiatiques que l'avion de Netanyahou aurait fait 400 km de détour pour ne pas passer au-dessus de l'espace aérien de l'Irlande, de l'Islande ou encore des Pays-Bas qui, eux, voulaient appliquer le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et donc interdire l'espace aérien, voire arrêter Netanyahou pour pouvoir le livrer aux tribunaux internationaux là où il a sa place.

Donc, s'il a fait ce détour et que la France a accepté dans la nuit de dimanche à lundi qu'il survole l'espace aérien, cela veut dire, un, qu'Emmanuel Macron l'aurait autorisé et deux, encore pire, qu'il aurait sûrement eu des garanties puisque quand vous avez un avion qui traverse votre espace aérien, s'il y a le moindre problème technique et que cet avion doit se poser sur un aérodrome français en urgence, cela veut dire que Netanyahou probablement aurait même eu des garanties sur le fait que s'il posait un pied sur le sol français, il ne serait pas inquiété et il ne serait pas arrêté. Évidemment, si ces informations sont exactes, elles sont extrêmement graves.

Cela veut dire non seulement que la France, en plus de ne pas poser les actes qu'il faut pour mettre fin au génocide en cours contre le peuple palestinien, aurait affaibli le droit international au moment où l'extrême droite ne cesse de l'attaquer et aurait envoyé un signal désastreux qui fait qu'en France, il y aurait une impunité pour les criminels de guerre et les criminels contre l'humanité. Et j'ai donc écrit au nom du groupe parlementaire à Emmanuel Macron pour lui poser directement la question de savoir ce qu'il en était. J'attends toujours la réponse. Alors, l'extrême droite ne s'organise pas seulement au niveau international, évidemment.

Au niveau français, il y a aussi une offensive très forte et on l'a vu encore cette semaine avec un texte qui a été adopté mardi en dernière lecture, qui est le texte qui vise à restreindre le droit du sol à Mayotte.

Vous comprenez, puisque Mayotte vient de subir une des pires catastrophes naturelles de l'histoire de notre pays et alors qu'elle se relève à peine de ce désastre qui pourrait en plus continuer à se multiplier dans les années à venir du fait du dérèglement climatique, eh bien la réponse de ce gouvernement se trouve non pas dans la distribution d'eau, dans le fait de construire des services publics, dans le fait d'aider les Mahorais et notamment d'investir pour faire en sorte que les Mahorais aient le droit à l'égalité comme département français ?

Non, la réponse c'est la remise en cause du droit du sol et d'ailleurs le rapporteur l'a dit lui-même, on commence par Mayotte mais ensuite on ira sur le reste du pays. Je rappelle que c'est le programme de l'extrême droite française depuis des années que de mettre fin au droit du sol. Pourquoi ? Parce que le droit du sol implique une vision de la nation et du pays. Vous avez d'un côté l'extrême droite qui eux prônent le fait que la France est une nation ethnique avec uniquement le droit du sang qui permet de devenir oui ou non français. Voilà ce qu'il prône.

Le fait qu'on ne puisse pas devenir français par choix, soit par naissance, soit par choix lorsqu'on se fait naturaliser et que, et c'est pour ça d'ailleurs qu'il parle de français de papier qui était l'expression qui était utilisée sous Vichy mais qu'utilise aussi le ministre de l'Intérieur, Rotaillot, qui ne cesse de courir derrière l'extrême droite. Pendant que nous, insoumis, nous défendons une vision politique de la nation et du pays. Cette vision politique, c'est de dire que la France, ce n'est pas, contrairement à ce que dit l'extrême droite, une religion, puisqu'il y a beaucoup de religions en France et même des gens qui n'ont pas de religion.

Ce n'est pas une couleur de peau, puisque toutes les couleurs de peau sont françaises. Ce n'est pas une langue, puisque nous partageons la langue française avec 28 autres pays dans le monde, que la France est une nation politique autour d'un choix d'appartenance sur la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, faire France de tout bois, voilà ce que nous nous portons. Et le gouvernement obéit à l'extrême droite, puisque Darmanin dit que le débat public doit s'ouvrir sur le droit du sol dans notre pays, que Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, dit lui qu'il est favorable à restreindre le droit du sol sur l'ensemble du territoire français.

Bref, avec Mayotte, une brèche a été ouverte et elle est extrêmement dangereuse pour notre pays. Alors, puisque nous ne laisserons pas gagner l'extrême droite sur aucun terrain, ni dans la rue, ni dans les urnes, ni sur le terrain des idées, nous avons cette semaine à l'Assemblée nationale concrétisé une idée que Jean-Luc Mélenchon avait déjà développée, celle d'inscrire le droit du sol dans notre constitution, donc dans la norme suprême française. Et donc, j'ai déposé au nom du groupe parlementaire une proposition de loi pour constitutionnaliser le droit du sol qui existe même avant la République dans notre pays, puisqu'il a été créé en France en 1515, consacré par la Révolution française.

Et sous toute la République, même Vichy n'avait pas réussi à l'interdire. Donc, nous continuerons de nous battre contre l'idée absolument rabougrissante que se fait de notre pays, l'extrême droite. Et nous continuerons à porter cette idée que, oui, nous pouvons faire peuple ensemble et continuer à porter l'unité du peuple français. Et je termine par vous raconter ce qui s'est passé le 6 avril dernier, puisque le 6 avril, c'était le moment où Marine Le Pen et ses amis se rassemblaient sur une place pour s'indigner de leur condamnation, alors que, je le rappelle, ils ont été tous condamnés pour un détournement de fonds publics de 4,1 millions d'euros.

Alors d'abord, on peut remarquer que l'extrême droite, lorsqu'il faut faire obstacle à la retraite à 64 ans, ne s'est jamais mobilisé et n'a jamais appelé à se mobiliser. Que lorsqu'il faut faire obstacle au pire budget qu'a connu le pays depuis 25 ans, alors que la pauvreté ne cesse d'augmenter, et notamment, on apprend dans une étude cette semaine que un Français sur deux se prive de produits hygiéniques par manque d'argent et que la pauvreté ne cesse d'augmenter dans ce pays, et bien évidemment, là, l'extrême droite n'est pas là et refuse de censurer ce gouvernement.

Ou lorsqu'il faut faire obstacle à des licenciements qui continuent par centaines de milliers dans ce pays, l'extrême droite ne se mobilise pas. Bref, l'extrême droite se mobilise toujours et uniquement sur ses propres intérêts personnels, ce qu'a fait l'extrême droite dimanche dernier. Alors, il y a deux bonnes nouvelles à cela.

La première, c'est qu'il y a un flop complet de la mobilisation du Rassemblement National et de Marine Le Pen, puisqu'ils étaient sur une place qui pouvait accueillir 10 000 personnes et que la place n'était même pas à la moitié, peut-être à un quart rempli, ce qui montre un flop de mobilisation complet et que, justement, ils n'ont aucune puissance de nombre, ce qui est extrêmement rassurant. Et la deuxième chose qui est enthousiasmante pour nous, c'est que nous, à trois jours de dimanche, nous avons décidé de ne pas laisser la rue à l'extrême droite et qu'il était hors de question qu'ils puissent ainsi pavaner dans les rues sans qu'il y ait une réponse populaire.

Et la riposte populaire a été organisée en trois jours seulement, place de la République, avec notamment les organisations de jeunesse, et qu'en trois jours seulement, nous avons réussi à réunir 15 000 personnes, place de la République, et qu'on voit directement sur toutes les images que l'endroit où nous étions le plus nombreux et nombreuses a refusé l'extrême droite, a refusé cette violence de l'extrême droite, et à dire que nous, nous refuserons de nous faire séparer selon notre religion, notre couleur de peau, notre orientation sexuelle ou encore notre genre, et bien que cette envie-là, à la fois cette soif de justice, cette soif d'égalité, cette soif de s'entrevivre, était plus forte que la haine que diffusait l'extrême droite dans ce pays.

Bref, nous avons la force non seulement de tourner la page de la Macronie, mais aussi de battre l'extrême droite, et la véritable riposte populaire se fera dans la rue, aux côtés des syndicats, le 1er mai. Donc rendez-vous toutes et tous le 1er mai, nous allons inventer un autre avenir.

16:22
Présentateur

Suite à la commission d'enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l'enfance, un rapport a été publié la semaine dernière. On en parle en détail avec Marianne Maximi, députée du Puy-de-Dôme et ancienne éducatrice spécialisée.

16:36
Invité

La création de la commission d'enquête, elle a commencé en 2024, suite au suicide de Lili, qui avait 15 ans, qui était placée dans un hôtel dans mon département, le Puy-de-Dôme.

16:46
Présentateur

A la suite de cet événement tragique, Marianne Maximi alerte le gouvernement sur sa responsabilité dans l'effondrement de la protection de l'enfance. On écoute.

16:55
Invité

C'était une enfant. Elle avait 15 ans, elle s'appelait Lili. La semaine dernière, elle s'est donnée la mort dans sa chambre d'hôtel, où elle a été placée par l'aide sociale à l'enfance. Je voudrais que notre assemblée lui rende hommage et apporte son soutien à ses proches, aux éducateurs, qui font du mieux qu'ils peuvent dans un contexte d'effondrement de la protection de l'enfance. Madame la Ministre, elle faisait une enfant de 15 ans seule dans un hôtel. Ne me répondez pas que c'était un hôtel, pas un hôtel, mais un centre d'hébergement pour mineurs. Même conventionné avec les départements, les hôtels restent des hôtels, des lieux inadaptés pour les enfants, notamment les plus vulnérables.

L'État connaissait la dangerosité de ce type de placement. Anthony, Jess, Noor, tous sont morts dans ce type d'hébergement. En 2019, l'Inspection générale des affaires sociales a alerté sur les dangers bien identifiés, dont l'isolement et l'exposition au trafic et à la prostitution. En 2022, notre assemblée a voté pour interdire les placements en hôtel, qu'il ne soit plus possible sans accompagnement éducatif renforcé. Que s'est-il passé depuis ? Rien ! Le décret d'application n'est jamais paru. Une dizaine d'autres d'ailleurs, non plus. La loi de 2022 est l'une des lois les moins appliquées de tout le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.

Cette non-application dit beaucoup du mépris social qui entoure le devenir des enfants placés. Pourtant, ces enfants ont des droits. L'État lui-même a envers eux des devoirs. « Quand tu casses, tu répares », nous dit le Premier ministre. « Mais qui va réparer la protection de l'enfance que le gouvernement laisse s'effondrer ? » « Qui va réparer les familles qui n'ont pas trouvé d'aide quand elles en avaient besoin ? » « Qui va réparer les vies d'enfants brisées par des parcours chaotiques en protection de l'enfance ? » « Qui va réparer des professionnels en souffrance et à bout de souffle ?

» « Face à une protection de l'enfance en ruine, il nous faut commencer dès maintenant à prendre des mesures fortes. » « Madame la ministre, interdire les placements en hôtel, pas les aménager ni les encadrer, les interdire. » Merci beaucoup.

19:07
Présentateur

Cette question au gouvernement date du 6 février 2024, il y a plus d'un an. Depuis, une commission d'enquête a été mise en œuvre. Qu'en est-il aujourd'hui ? Que nous dit le rapport ? On fait le point avec Marianne Maximi.

19:20
Invité

Il y a plein d'angles. Il y a déjà beaucoup de rapports qui documentaient l'effondrement de la protection de l'enfance. Il y avait le Sénat qui avait travaillé dessus, notamment sur la non-application des lois de la protection de l'enfance depuis 2016-2022. Et là, le rapport a pointé l'ensemble des dysfonctionnements. Il y a déjà le manque de place et la surcharge des différents lieux d'accueil pour les enfants en danger, les placements non-exécutés qui sont en lien avec ce manque de place. Ça, c'est extrêmement grave. Et le problème, c'est qu'on n'a pas de comptages nationaux. C'est-à-dire que l'État est incapable de dire combien d'enfants sont en entente de placement.

En fait, chaque département a des données, mais ne sont pas centralisés. Et en fait, c'est le syndicat de la magistrature qui avait fait ce travail-là. Et c'est assez partiel, mais c'est le document le plus complet qu'on ait pu avoir. Et qui est chiffré à plus de 3 000 enfants, qui attendaient au domicile, le lieu des dangers, en fait, une place en protection de l'enfance. Et il y a 18 mois, on a eu un décès d'un petit garçon dont le juge avait ordonné un placement. Et comme il n'y avait pas de place, il est resté au domicile de ses parents. Et 3 jours après, il est décédé.

Donc c'est vraiment un des plus gros dysfonctionnements, c'est-à-dire qu'on est incapable d'appliquer les décisions de justice et donc de protéger les enfants.

20:28
Présentateur

Le rapport pointe notamment de graves défaillances en termes de santé, de précarité et de mise en danger, notamment liée à l'entrée dans des réseaux de prostitution, par exemple.

20:37
Invité

Exactement, il y a ceux qui ne sont soit pas protégés du tout, donc qui restent dans les lieux des dangers, donc souvent là où les parents sont maltraitants.

Puis il y a ceux qui sont dans des places inadaptées, comme les hôtels, qui ne sont pas des lieux de placement, je le redis, mais qui ont été une solution des départements pour éviter le fait que ces jeunes se retrouvent à la rue, mais qui est une solution de tous les dangers aussi, parce que souvent, ce sont les situations les plus complexes qui se retrouvent dans ces hôtels sans accompagnement éducatif, en tout cas pas suffisamment à la hauteur des besoins, et qui du coup sont en proie soit aux réseaux de prostitution, effectivement, qui vont recruter directement vers les lieux où sont ces mineurs, ou les trafiquants de drogue aussi.

En tout cas, tous les dangers que peuvent comporter la rue et les lieux inadaptés, en fait, on voit que c'est un véritable scandale à ce niveau-là, parce qu'au lieu de les protéger, on les met en danger encore plus.

21:26
Présentateur

Parce que, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'une mesure de protection de l'enfance n'est pas seulement une mise à l'abri, une mise à l'écart. Elle suppose, bien sûr, un accompagnement éducatif adapté.

21:37
Invité

Exactement, ce n'est pas juste avoir un toit sur la tête dont on parle, c'est d'avoir des gens qui prennent soin d'eux, qui les accompagnent dans tous les actes de la vie, que ce soit éducatif, effectivement, donc la scolarisation, l'insertion, mais aussi la santé, la santé mentale, et puis tout simplement, la vie normale, en fait, c'est d'avoir des repères et des professionnels formés à ça, formés à la relation éducative, qui doivent les accompagner au quotidien, ce que feraient normalement des parents, en fait, donc c'est de la suppléance parentale, et en fait, on s'est rendu compte, par le biais de la commission d'enquête, que beaucoup d'enfants sont dans l'aide sociale à l'enfance, mais sans avoir accès à tout cet accompagnement éducatif, médico-sociaux, psy, et en fait, sont mis à l'abri.

Mais ce n'est pas ça, la protection d'enfance. La protection d'enfance, c'est vraiment un outil pour accompagner et garantir la sécurité et l'épanouissement de ces enfants.

22:23
Présentateur

On observe également des travailleurs sociaux, qui sont responsables de cet accompagnement, à bout de souffle, parce qu'ils n'ont pas les moyens de faire correctement leur métier.

22:31
Invité

Alors, il y a aussi des travailleurs sociaux qui font mal leur travail, comme dans plein de métiers, évidemment, mais en fait, ce qu'on observe aussi, pour avoir été éducatrice avant d'arriver à l'Assemblée, c'est une perte de sens énorme dans nos travails, parce qu'on s'est engagé pour accompagner, protéger des enfants, et comme on n'a pas les moyens de le faire, on travaille mal. Et donc, du coup, il y a cette perte de sens qui est fondamentale dans le métier, un peu à l'image de l'hôpital public, souvent, moi, je fais le parallèle, des soignants qui n'ont pas le temps de soigner, au bout d'un moment, ils s'en vont parce que ce n'est pas possible.

Et bien, on est dans la protection de l'enfance, c'est ça. Et puis, on rajoute à ça des conditions de travail qui se dégradent, par effet boule de neige, on va dire, avec, par exemple, je prends souvent cet exemple, mais quand on envoie son enfant en colonie de vacances ou en périscolaire dans sa commune, il y a des textes qui disent combien d'adultes on doit avoir, pour combien d'enfants sont présents. Et en protection de l'enfance, ça n'existe pas. Ce qui crée des conditions de travail très dégradées pour les professionnels qui se retrouvent en surcharge d'enfants sur des groupes et donc qui n'ont pas les moyens de faire correctement leur travail.

Et à ça, s'ajoutent aussi des métiers qui sont féminins, donc moins bien reconnus et moins bien rémunérés. Et on estime à 30% de pertes de pouvoir d'achat depuis les dernières décennies, avec pas d'augmentation de salaire. Et donc, c'est des métiers qui ne sont évidemment pas attractifs. Et quand on cumule le fait d'être mal rémunéré, peu reconnu, et en plus d'avoir pas les moyens de faire notre travail, en fait, les gens ne viennent plus. Et pire, ceux qui sont formés quittent cette profession.

Et donc, l'effet boule de neige, encore une fois, c'est recruter des personnels non formés, pas diplômés, et encore plus dangereux, des professionnels intérimaires, qui créent encore plus de turnover et encore plus de déséquilibre dans les structures.

24:04
Présentateur

Le rapport fait aussi un focus sur les mineurs non accompagnés, qu'ils présentent en quelque sorte, comme les grands oubliés, de la protection de l'enfance.

24:12
Invité

On a une protection de l'enfance à deux vitesses. Alors déjà, il faut savoir que la protection de l'enfance, c'est une compétence départementale. Donc, il y a autant de politiques de protection de l'enfance qu'il y a de départements. Mais il y a un point commun quand même, c'est que les mineurs non accompagnés sont considérés comme des enfants de seconde zone, ou en tout cas, qui n'ont pas les mêmes droits que les autres enfants, alors que les textes sont très clairs. Peu importe où on est né et d'où on vient, on a le droit à la même protection, on est des enfants. Donc, les mineurs non accompagnés sont des enfants.

Et on se rend compte que, par exemple, aujourd'hui, ceux qui restent dans les hôtels, qui sont pourtant interdits, ce sont les mineurs non accompagnés. On se rend compte que l'accompagnement qui leur est alloué est le minimum du minimum, voire des fois, franchement, le néant dans plein de départements. Et qu'aujourd'hui, il y a une offensive aussi de la droite et de l'extrême droite qui s'est beaucoup intéressée à la protection de l'enfance, mais pour y développer des idées racistes, pour expliquer que si la protection de l'enfance est en danger, et va aussi mal, c'est à cause des mineurs non accompagnés, ce qui est faux, mais vraiment faux, et les chiffres le démontrent.

Il y a effectivement des mineurs non accompagnés, mais ce n'est pas eux qui saturent, par exemple, les pouponnières ou qui ont mis à mal le dispositif. C'est un manque d'investissement. C'est le fait que l'État, ce soit complètement désengagé, et que les départements, dans leur diversité, ont des fois fait des choix qui ont plutôt supprimé des places pour aller faire d'autres politiques publiques plus vendeuses pour les élections que d'aller prendre soin des enfants. Donc, les mineurs non accompagnés, évidemment, c'est... Nous, on a alerté dans le rapport pour dire qu'il fallait remettre des moyens et surtout arrêter de faire deux catégories d'enfants, parce que ce sont des enfants.

25:37
Présentateur

Ce que j'ai observé dans les différentes structures ou dans les différents départements, c'est qu'aujourd'hui, on parle plus en tant que gestionnaire, on parle plus de gestion, que d'accompagnement éducatif. Ça fait partie du problème, non ?

25:49
Invité

Ça fait partie du problème parce qu'on a essayé comme... Mais comme à l'hôpital, en fait, je trouve qu'on applique les mêmes recettes qu'on peut à marcher. C'est ça qui est assez fou quand on entend encore qu'on va nous mettre des logiciels de tarification à l'acte, par exemple, alors que ça a été catastrophique dans l'hôpital. Et ça ne sera absolument pas la solution. Pareil dans les métiers, moi, en tant qu'éducatrice, je suis une professionnelle de la relation éducative. Je ne suis pas une gestionnaire.

Et en fait, on a fait glisser de plus en plus les métiers vers de l'encadrement, vers de la gestion de structure, plus que de l'accompagnement, alors qu'on a besoin de moyens humains auprès des enfants, auprès des familles aussi qu'on accompagne. Et cette logique très libérale est très dangereuse. Et là aussi, on a l'arrivée du privé lucratif, lucratif, pardon, qui, comme on l'a connu dans les EHPAD, avec Orpea ou dans les crèches privées, avec le scandale qui a eu lieu et le procès qui vient de rendre son vertique vis-à-vis du décès d'une petite fille. Et ça, on voit arriver en protection de l'enfance.

On voit arriver des structures qui viennent faire du profit et qui vont encore plus déséquilibrer ce secteur-là et qui vont encore moins bien accompagner parce que l'objectif de la rentabilité n'est pas compatible avec l'accompagnement éducatif des enfants placés.

26:53
Présentateur

Alors, est-ce que finalement, tout ça n'est pas lié à un désintérêt politique de la protection de l'enfance ?

26:59
Invité

Alors, il y a un désintérêt de l'enfance en général parce que les enfants ne votent pas, évidemment, mais les enfants placés sont vraiment les oubliés-désoubliés dans le sens où il y a, moi j'appelle ça du mépris de classe parce que souvent, on ne s'en pas concerné quand on est des parents qui ne vont pas trop mal et qui arrivent à s'occuper de ses enfants. On se dit que les autres, c'est qu'ils n'ont pas fait d'efforts et donc du coup, c'est double peine pour ces enfants qui ont déjà eu la malchance d'avoir une famille qui est dysfonctionnante ou maltraitante et qui se retrouvent en plus à avoir un mépris de celles et ceux qui sont censés les protéger, à savoir les départements et l'État.

Et donc, ça dit beaucoup de choses de comment on considère ces enfants-là, effectivement, comme des enfants, un peu de personnes, en tout cas, pas de gens qui pourraient... Moi, je fais le parallèle avec les crèches privées lucratives où les parents ont été alertés, tout le monde s'est senti concerné parce que ça pourrait être nos enfants. Mais en protection de l'enfance, ça pourrait être nos enfants aussi.

Et moi, je dis souvent qu'il accepterait que son enfant à 15 ans soit seul dans un hôtel, qu'il accepterait que son bébé soit dans un endroit où il n'a pas de temps de répit, qu'il n'y a personne pour s'occuper de lui parce que c'est aujourd'hui ce qui se passe dans les services de protection de l'enfance parce qu'on l'a laissé s'effondrer. Mais il y a besoin vraiment d'une bataille culturelle pour remettre les droits des enfants générales au centre du débat politique et en particulier ceux des enfants placés qui ont besoin justement que les politiques publiques soient à la hauteur.

28:13
Présentateur

Mais alors, pour que les politiques publiques soient véritablement à la hauteur,

28:16
Invité

qu'est-ce que nous, on propose à la France Insoumise ? Alors nous, un objectif déjà, c'est de recentraliser la protection de l'enfance et de dire qu'il faudrait avoir un service national de protection de l'enfance avec les départements qui auront un rôle à jouer. Mais on trouve inacceptable qu'il y ait autant de politiques publiques que de départements. C'est-à-dire qu'un enfant qui est confié en lausère n'a pas du tout le même espoir ou les mêmes droits dispositifs qu'un enfant qui va être confié dans le Nord. Ça, ce n'est pas acceptable dans un pays comme le nôtre.

Dans l'attente qu'on arrive au pouvoir, en tout cas, on a nous fait des propositions pour que l'État reprenne une place importante dans le dispositif, à la fois par le financement, parce qu'il y a un besoin de financement, donc arrêter déjà de faire des coupes budgétaires sur les collectivités qui ont ces compétences, mais aussi que l'État reprenne une place dans le contrôle et dans l'application des lois, parce que c'est inacceptable dans un pays comme le nôtre qu'on puisse voter des lois qui n'aient pas de décret d'application ou alors que des collectivités disent « c'est une loi facultative, on ne va pas l'appliquer ».

Ça, ce n'est pas normal et l'État doit reprendre cette place-là de contrôle et d'application des lois.

29:12
Présentateur

Merci Marianne. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez vous référer au rapport qui a été publié sur le site de l'Assemblée nationale. Vous trouverez le lien en description de cet épisode. Ni Trump, ni Macron pour un protectionnisme solidaire. Aurélie Trouvé nous fait un point pour tout comprendre des taxes douanières imposées par Trump.

29:34
Locuteur non identifié

Vous avez vu que Trump, M. Trump a lancé sa guerre commerciale qui est vraiment l'expression pleine de l'impérialisme états-unien. Un impérialisme qui est d'abord territorial quand il réclame le Groenland ou les terres rares de l'Ukraine et puis un impérialisme commercial et qui va faire très mal en réalité d'abord aux plus pauvres. Il y a une étude de l'université d'Yel qui montre que l'inflation, c'est-à-dire la hausse des prix qui va en résulter, elle va frapper d'abord les plus pauvres et beaucoup moins les plus riches. Et donc évidemment, face à ça, il ne faut surtout pas faire du trumpisme.

Et donc il est hors de question de répliquer en disant « Nous, on va faire pareil avec 100% de droits de douane, etc. » Mais surtout, il est hors de question de faire du macronisme. Donc ni trumpisme, ni macronisme. En l'occurrence, que font aujourd'hui la France et l'Union européenne face à ça ? Déjà pas grand-chose. Ils disent « Ah oui, ça sera pour la semaine prochaine, puis finalement la semaine prochaine, etc. » Donc il n'y a aucune mesure commerciale.

Pire, en fait, c'est une fuite en avant néolibérale puisque la France comme l'Union européenne en profite pour dire « Ah bah faisons des accords de libre-échange, notamment ceux que pour l'instant on avait toujours refusés, comme celui avec le Mercosur, faisons une zone de libre-échange industriel avec les États-Unis. » C'est en gros un mini taffeta qui avait été repoussé, heureusement, en 2016. Ça s'est poussé par la France en Europe. C'est hallucinant. Et puis, ce matin, vous avez entendu des ministres, notamment le ministre de l'Industrie, qui dit « Bah oui, pourquoi pas en fait réagir en bousillant la protection sociale et en faisant une nouvelle TVA, une plus forte TVA.

En bref, c'est le concours lépine du plus néolibéral. » Et donc, voilà, tout est bon pour faire avancer la destruction des droits sociaux pour les libéraux et donc pour le gouvernement macroniste. Donc, évidemment, ni trumpisme, ni macronisme. Qu'est-ce que nous, nous voulons faire ? Qu'est-ce que nous ferions si nous gouvernions ? Premièrement, du protectionnisme solidaire. Solidaire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous, nous protégeons les productions, nous protégeons les consommateurs, mais pas comme ça pour servir les besoins humains.

Par exemple, ça veut dire que si jamais il y a des hausses de droits de douane, elles sont planifiées, graduées, pour relocaliser, pour faire en sorte que le producteur et le consommateur soient rapprochés. Par exemple, on dirait, maintenant, interdisons toute importation de produits traités avec des pesticides interdits en France. Ça, c'est une mesure protectionniste intelligente. Pareil pour les marchés publics. On pourrait dire que dans tous les marchés publics, désormais, on va privilégier les producteurs locaux. Par exemple, dans les cantines, les agriculteurs du coin. Ça, c'est intelligent, c'est un protectionnisme intelligent.

On pourrait faire en sorte aussi que toute aide publique, tout euro versé dans l'économie à des entreprises soit conditionné au maintien de l'emploi, à la suppression de toute délocalisation, sinon remboursement des aides. Voilà aussi un protectionnisme intelligent. Et je finis en disant qu'en fait, il n'y a pas de protection commerciale intelligente sans planification, sans redistribution. Contrairement à Trump, nous, on veut faire du protectionnisme pour redistribuer, partager les richesses. Donc les recettes publiques qui seraient engrangées grâce aux droits de douane, nous, ils iraient évidemment vers la protection sociale, les services publics, les minimas sociaux et tout ça.

Et par ailleurs, surtout, on aurait un plan sur 5, 10, 15 ans disant, voilà les productions, en gros, qu'on veut maintenir absolument. Par exemple, l'usine Vancorex, que l'État est en train d'abandonner. Nous, pour nous, c'est absolument essentiel que l'État la sauve, parce que c'est essentiel pour la dissuasion nucléaire et fournir du sel pour les missiles nucléaires. Bon, donc, quelles sont les productions qu'on veut maintenir ? Quelles sont celles qu'on veut développer ? Mais ça va prendre un peu de temps, donc il faut des droits de douane gradués. Puis quelles sont aussi les productions qu'on continuera à importer ?

Mais dans ce cas-là, il faut aussi des accords, qu'on reconstruise des accords bilatéraux, gagnant-gagnant. Et d'ailleurs, il faut en profiter pour revoir tous nos partenariats économiques, sortir de ce partenariat très atlantiste, pour aller travailler notamment avec des pays du Sud qui sont victimes de ces mesures offensives de Trump. Pays du Sud avec lesquels on pourrait avoir des accords sur « bon, nous, on vous exporte plutôt ça, vous, vous exportez plutôt ça ». Voilà, avec ce Sud global, quelque part, que, par exemple, M. Rotaillot abîme beaucoup, par exemple, en tapant sur le gouvernement et le pays de l'Algérie.

Voilà, tout simplement pour dire qu'il faut revoir aussi nos accords commerciaux et, évidemment, pousser à un nouveau multilatéralisme qui ne soit pas du multilatéralisme fondé sur le libre marché et la concurrence acharnée, ce qui est le cas dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, mais un multilatéralisme coopératif qui vise à répondre aux changements climatiques, qui vise à la solidarité entre les pays du monde. C'est ce que Keynes a fait envisager avec la charte de la Havane et c'est ce que nous devons aujourd'hui reprendre, d'ailleurs, à la suite et dans la lignée du mouvement alter-mondialiste.

34:49
Présentateur

Le système de santé en France est à la dérive. On fait le point avec le député de la Haute-Garonne, Adrien Clouet.

34:56
Locuteur non identifié

Une crise qui touche toutes les dimensions de l'hôpital, aujourd'hui, telles qu'il fonctionne. D'abord, le plus évident, c'est une pénurie qui est savamment orchestrée budgétairement. On le voit d'année après année lorsqu'on vote le budget des hôpitaux, dans le cadre de ce qu'on appelle le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ce budget est rogné. C'est-à-dire que par rapport aux besoins, c'est-à-dire l'évolution en âge de la population, l'inflation qui fait que tout coûte plus cher, la blouse, le médicament, tout ça, on met moins d'argent chaque année.

Et donc, au final, les équipes se retrouvent à devoir faire plus de choses, avoir plus de personnes à accueillir, avec moins de moyens. Ça, c'est la trame de fond. Et après, sur cette trame, se greffe un ensemble d'attaques encore plus insidieuses. Soit contre des métiers qui sont voués à la disparition. Je pense par exemple aux IBOD, les infirmiers en bloc opératoire, par exemple, qui sont évincés en tant que profession dans l'hôpital. Je pense évidemment à un ensemble de coûts cachés. L'énergie, le prix de l'énergie, évidemment, se répercute sur les hôpitaux. Je pense au surcoût du médicament.

C'est-à-dire le fait que tenir une pharmacie hospitalière est de plus en plus compliqué par rapport aux pénuries orchestrées par certains grands groupes qui veulent faire monter les prix et par rapport aux prix même d'achat. Bref, tout cela, on se conjugue avec un éloignement progressif des populations par rapport à ces hôpitaux puisqu'au fur et à mesure, on assiste à la fermeture des petites unités de soins partout dans le pays et les gens sont de plus en plus loin d'un hôpital. Même encore des régions sans hôpital. Je pense à la région Corse qui n'a toujours pas de CHU. Donc, il y a une bataille qui doit être menée sur la question des moyens.

Et cette bataille, elle pose une question peut-être encore plus importante qui est celle du pouvoir. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans l'hôpital public, les soignants n'ont que très peu de contrôle sur ce qui se passe. Ils ont très peu de contrôle pour organiser les plannings, l'argent, pour organiser les soins. Soit ils sont entre les mains de gestionnaires un peu technocratiques qui remplissent des fichiers Excel et qui leur expliquent comment il faut bosser. Soit ils sont très divisés entre eux. C'est-à-dire qu'ils ne croisent pas forcément leurs collègues pour avoir le temps de se poser, de faire des réunions et de préparer le planning.

Soit ils ne sont pas forcément d'accord avec ce qu'on leur fait faire. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on finance de plus en plus dans la santé publique française à l'acte, donc tarification à l'acte. C'est-à-dire qu'on finance l'action des soignants en disant cette action doit être payée tant, cette action doit être payée tant en fait pour contraindre ce qu'ils font. C'est une manière de leur faire faire ce qu'ils ne feraient pas automatiquement si on ne les payait pas de cette manière-là. Donc il y a cet ensemble de contrôles et moi ce qui m'a peut-être le plus frappé, c'est une visite que j'ai faite il y a un an et demi au CHU à Toulouse.

Et les soignants me disaient finalement, paradoxalement, le moment où on a le mieux fait notre boulot, c'était pendant la crise Covid, parce qu'on n'avait aucun bed manager ou coordinateur de parcours ou administrateur extérieur qui était au-dessus de nous ont géré comme il fallait en lien direct avec les patientes et les patients et on pouvait s'organiser entre nous. Et on était libre de le faire et du coup, on bossait mieux. Je pense que c'est ça un des enjeux, c'est que l'hôpital n'est plus un espace de liberté pour les soignants et les soignants pour faire leur métier comme ils et comme elles l'entendent.

37:48
Présentateur

Les urgences sont un exemple criant des difficultés de l'hôpital.

37:51
Locuteur non identifié

On a une difficulté, une embolie des urgences, c'est-à-dire qu'il y a une demande croissante, c'est-à-dire que les gens vont de plus en plus aux urgences. Pourquoi ils y vont ? Pas que les gens aient envie d'aller aux urgences. Personne ne s'amuse à se lever à 23h30, tiens, si j'allais ce soir aux urgences, passer une bonne soirée.

Le sujet, c'est qu'avec la difficulté d'accès à des médecins, avec la baisse de la permanence des soins, c'est-à-dire la disponibilité sur des listes de garde, on va dire, des soignants, il y a de plus en plus de gens, il y a des millions de personnes dans le pays qui n'ont pas d'autres moyens pour accéder à un soin d'urgence lorsqu'ils ont la mauvaise idée de tomber malade ou de se blesser en dehors des heures d'ouverture, eh bien, il faut bien être soigné.

Et au fur et à mesure que vous faites reculer les médecins dans les territoires, au fur et à mesure que vous avez moins de permanence des soins, au fur et à mesure que vous n'avez plus des maisons médicales de garde, etc., eh bien, qu'est-ce qu'il reste d'autre que l'urgence ? Et donc, vous avez un nombre de gens qui arrivent aux urgences pour des choses de plus en plus graves, logiquement. Et donc, ils sont très nombreux. Et en face, est-ce qu'on a mis les effectifs nécessaires ? Bien sûr que non. L'effectif, il est gelé, il est assez stable. Et donc, vous avez là aussi une situation qui est intenable avec des soignantes et des soignants qui reçoivent de plus en plus de gens.

Alors, il faut les accueillir, faire le diagnostic de ce qu'ils ont, puis ensuite gérer leur urgence relative. Et il y en a qui nous disent mais à 3h30 du matin, il n'y a que plus que des urgences, en fait. Et on ne sait pas comment trier, comment savoir qui il faut prendre en charge en premier. Et ça, c'est vraiment l'effet concret de ces politiques de réduction budgétaire. C'est que les urgences, il y a beaucoup trop de monde qui y vont mais parce qu'ils n'ont pas d'autre choix. Et en face, il y a beaucoup trop peu de gens qui peuvent les prendre en charge. Et ça conduit même à des choses qui sont dangereuses pour les deux côtés. Dangereuses pour les soignants.

Parce que quand on doit traiter une dizaine de personnes dans la nuit, en fait, ça devient ingérable et même, c'est une difficulté psychologique. On peut se blesser sur son travail. On peut être victime d'agression aussi parce que les gens qui attendent pendant 5h alors qu'ils souffrent horriblement ne sont pas forcément les plus agréables en fin de soirée. Mais y compris qui, de bonne foi, a pris les cas vitaux. Et en fait, on arrive à la personne qui est entre guillemets seulement dans un état de souffrance extrême mais sans pronostic vital engagé. Et de l'autre côté, bien sûr, c'est dangereux pour les patients.

Parce que quand il y a une file d'attente de 4 personnes qui sont en danger de mort, ce n'est pas pareil que quand il y en a 8 sur l'ordre dans lequel les personnes sont prises. Donc tout ça est un danger, une mise en danger délibérée et volontaire puisqu'on en connaît les causes, on en connaît les mécanismes et on sait que c'est le sous-financement chronique qui amène jusque-là.

40:13
Présentateur

Un autre exemple, celui des maternités. Elles ont fait l'actualité cette semaine et pour cause, depuis une cinquantaine d'années, elles disparaissent. Ces fermetures de maternités ont un impact direct avec une mise en danger sur les nouveaux-nés, sur les mères.

40:27
Locuteur non identifié

Les maternités, déjà la moitié, il faut avoir ce chiffre en tête, la moitié en 40 ans ont été fermées une maternité. C'est énorme. C'est énorme. Il y a très peu d'ouvertures et beaucoup de fermetures. Par exemple, de 1997 à 2019, c'est le dernier gros rapport qu'on a sur les taux de fermeture, il y a eu 413 fermetures, 73 ouvertures. Ça vous donne un peu le résultat. Et au final, on a un sabrage vraiment généralisé qui a comme conséquence le nombre de femmes enceintes ou le nombre de femmes qui ont l'âge d'être enceintes loin de la maternité progresse. C'était à peu près 300 000 il y a une trentaine d'années. 300 000 femmes habitaient à plus de trois quarts d'heure de maternité.

Donc une distance qui est assez longue, c'est-à-dire qu'à force de riche on est seul, mais même en étant accompagné, c'est compliqué de prendre le volant durant les contractions, éventuellement en trois quarts d'heure. Ça peut être une mise en danger. C'est-à-dire que concrètement, la femme en question peut accoucher dans la bagnole. C'est ça le danger. Ou au bord de la route en s'arrêtant. Donc c'est vraiment un danger énorme. C'était 300 000 en 97. Maintenant c'est 700 000 les femmes qui sont concernées. Et évidemment, plus vous vous éloignez du lieu d'accueil maternité, plus vous êtes en danger d'accoucher sur le chemin de maternité ou de ne pas réussir à y arriver.

Et donc être prise en charge par le personnel obstétrique, sage-femme, etc. Et la conséquence de ça, elle est double. D'abord, la mortalité infantile qui remonte. mortalité néonatale comme la mortalité dans les 28 premiers jours qui s'accroît. On était à 3,5 pour 100 000 il y a 10 ans, en 2014. Donc 3,5 pour 100 000. 3,5 décès pour 100 000 naissances. Aujourd'hui, c'est 4,1. Donc il y a eu une croissance très importante. Et cette croissance, elle contraste beaucoup avec ce qu'on voit dans d'autres pays. C'est-à-dire que la mortalité infantile, elle recule globalement en Europe et notamment en Europe de l'Ouest. Maintenant, il faut quand même bien avoir en tête le classement.

La France, c'est le 23ème pays sur le 27 dans l'Union Européenne en termes de mortalité infantile. On est vraiment mauvais et on a une situation qui se dégrade à la fois parce qu'il y a de plus en plus de gamins victimes et en plus parce que par rapport aux autres pays européens, on décroche. Donc c'est la double peine qu'on a ici. Pour le montrer rapidement, sur 1 million de naissances, ça veut dire qu'il y a un peu plus de 4 000 décès. Voilà, c'est ça le chiffre qu'il faut bien mesurer dans notre pays. Et le danger qu'on a, c'est que cette politique de fermeture de maternité, en fait, c'est la conséquence des choix budgétaires que j'évoquais tout à l'heure.

C'est la conséquence des choix budgétaires parce que, faute de mettre les moyens pour les maintenir et surtout, faute de payer convenablement des professionnels de santé, eh bien, beaucoup de petites maternités ont du mal à recruter et à avoir le personnel suffisant. Alors, vous avez les macronistes qui vous disent « Mais regardez, puisqu'il n'y a pas de personnel, il faut les fermer. » Ah non, moi, je pense que le sujet c'est d'avoir le personnel pour les maintenir ouvertes parce que la variable d'ajustement, du coup, ça ne devient pas le personnel disponible, ça devient la santé des femmes et la survie, en fait, du nouveau-né.

Donc, tout ça nous rappelle qu'on est dans un pays où le suivi de santé périnatal, il est absolument insuffisant parce qu'il y a les maternités qui ferment, il y a un manque de personnel, on l'a évoqué, du coup, il y a un épuisement du personnel lorsque vous faites un nombre d'accouchements important dans une journée, évidemment, que votre niveau de vigilance, votre degré de fatigue, il est immense à la fin de la journée, que votre attention, elle est plus réduite et que par ailleurs, ça met en danger aussi là où le professionnel de santé et puis, on néglige absolument les dimensions psychosociales. Je prends juste un exemple sur la question des jeunes mamans.

On avait rendu un rapport, j'avais écrit un rapport il y a deux ans sur le syndrome postpartum dans le cadre de la Commission Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale et ils vont montrer par exemple que l'entretien qui a été mis en place qui est censé être obligatoire post-naissance, en fait, il y a à peine 10% des femmes qui ont accès aujourd'hui. C'est-à-dire 90% des femmes passent entre les mailles des politiques de prévention et de protection des jeunes mamans par rapport aux soins psychologiques parce que c'est une période de la vie, de transition qui est compliquée, qui a un moment d'effort où on est physiquement épuisé. Bon, tout ça se cumule.

Donc, la santé et des nouveaux nés et de leur mère est vraiment un parent pauvre. mais absolu des politiques publiques aujourd'hui en France.

44:35
Présentateur

Ingrid nous livre le témoignage de son accouchement qu'il a mis, elle et sa fille, en danger parce qu'il n'y avait pas de maternité assez proche de son domicile.

44:44
Locuteur non identifié

Là, à l'heure actuelle, effectivement, il y a énormément de maternités qui ont fermé. Là où j'habite, il n'y a plus qu'une maternité. Ma petite dernière qui a 5 ans est née dans un petit village et pas née en maternité. En fait, j'avais le choix soit sur la maternité du département soit hors département. Mais j'avais une heure de route. Voilà. C'était ma quatrième. Et en fait, ça arrivait très tôt le matin. On a fait 5 minutes de voiture et il fallait qu'on s'arrête. On a appel 15, le temps que les pompiers arrivent, le temps que le SMUR arrive. Donc, on peut nous dire que les médecins du SMUR sont habitués, formés. Effectivement, ils sont formés.

Mais ils ne sont pas à l'aise avec ça parce que le médecin que j'ai eu du SMUR, je voyais qu'il était stressé. Il s'est mis à hurler contre tout le monde. Donc, j'ai pris sur moi aussi parce que j'ai subi aussi son stress. Mais du fait qu'il était mal à l'aise, en fait, il a obligé de m'ausculter lorsqu'il arrivait. Et en fait, le corps était déjà ouvert. Donc, ce qui fait que quand la petite est arrivée, rien n'était prêt. Donc, elle est arrivée dans des conditions, on va dire, un peu catastrophiques. Ce qui fait qu'à J2, de sa naissance, elle a eu une réctoragie. Elle a eu pendant des années des problèmes intestinaux qui fait qu'elle a été suivie par un gastropédiatre.

Les gastropédiatres, il n'y en a que deux là, sur la région. Donc, les dates de rendez-vous sont très espacées, très longues. Il faut bien prévoir avant. Donc, oui, les problématiques des maternités, oui, voilà, c'est pour tout le monde. Et il faut arrêter de dire et d'entendre, moi, je trouve ça inadmissible que les accouchements inopinés, c'est très rare. Non, il y en a de plus en plus parce que justement, on éloigne de plus en plus les femmes des maternités et donc, il y aura de plus en plus de femmes qui vont accoucher sur la route. Donc, il y aura de plus en plus de femmes qui vont accoucher dans des conditions d'hygiène déplorables.

Il y aura de plus en plus d'enfants qui risquent de mourir. Il y aura de plus en plus de risques hémorragiques.

46:48
Présentateur

Donc, ça, il ne faut pas l'oublier. Que ce soit avec les urgences ou avec les maternités, on voit ici la difficulté d'accès à des médecins en général. Cela nous renvoie forcément à la question des déserts médicaux.

46:59
Locuteur non identifié

On a obtenu une grande victoire la semaine dernière. D'où ça vient ? Ça fait depuis 2022 qu'on a construit à l'Assemblée nationale un groupe de travail qui est transpartisan. Ça va de LFI, les meilleurs, jusqu'aux Républicains. Il y a quelques élus des Républicains. On s'est mis au tournée d'une table pour discuter, voir un peu ce qu'ils faisaient, on va dire, communs entre ces différents parlementaires. Et il y a une série de mesures, il y a une quinzaine de mesures qui font vraiment commun et qui nous mobilisent toutes et tous pour faire reculer les déserts médicaux en France. Donc déserts, on connaît la force. 6 millions de Français sans médecin traitant.

On sait qu'il y a 87% du territoire qui est en sous-dotation de médecins par rapport aux besoins de la population. Bon, c'est gigantesque. Exactement. C'est-à-dire que aussi bien en ruralité où il y a une distance géographique de médecins qui est très importante, des dizaines de kilomètres, que dans le quartier populaire où parfois il y a des médecins pas très loin mais qui ont une file de patients tellement importante qu'ils ne prennent plus en fait de nouveaux patients.

Et où du coup, la durée de rendez-vous peut être tout à fait similaire à ce qui se passe dans la campagne pour des raisons différentes mais qui dans les deux cas ont une même conséquence à savoir on n'arrive pas à avoir un rendez-vous médical. Bon, donc on s'est mis autour d'une table, on a bossé deux ans et on a abouti à une série de solutions. On a proposé quatre à l'Assemblée la semaine dernière. Notamment la première qui a fait beaucoup jaser qui est celle de la régulation et l'installation des médecins généralistes, spécialistes, libéraux comme salariés. En quoi ça consiste ? C'est une mesure toute simple.

En fait, il s'agit de s'inspirer de ce qu'on fait déjà en France et ce qui marche à l'étranger. Peut-être que les gens qui nous écoutent le savent. Si vous êtes sage-femme qui n'est pharmacien, pharmacienne, vous n'êtes pas libre de vous installer. Il y a une régulation de l'installation. Et nous, on s'est appuyé là-dessus en observant que les professions de santé que je viens de citer là voient leur répartition territoriale s'améliorer depuis plusieurs années. Depuis qu'on régule, il y a moins d'inégalités d'accès. Ce n'est pas une solution miracle. Ce n'est pas dire que tout le monde a une sage-femme à côté de chez soi. Mais les inégalités, elles reculent.

A l'inverse, pour les médecins, les inégalités, elles progressent. C'est la seule profession de santé dont la répartition est de plus en plus inégalitaire entre départements, entre régions, entre cantons, entre villes. Tout indicateur confondu, c'est de plus en plus inégalitaire. Comment on fait pour le stopper ? On regarde ce qui marche pour les autres professions de santé. Et puis, on regarde aussi on ne va pas jusque-là. Et donc, la mesure, elle est simple. Tout ce qu'on dit, c'est qu'on ne veut pas de nouvelles installations sur ces 13% du territoire, tous petits endroits. Paris-Ouest, le sud de Nice. 13% du territoire qui est bien doté. Tous les départs sont remplacés, bien sûr.

Il ne s'agit pas de dégrader qui que ce soit. Mais pas de nouvelles installations. Les médecins généralistes devront s'installer ailleurs sur le territoire. Il y a eu une étude à l'Université de Lille calculant combien de médecins ça concernait. Il y en a de Toulosien un peu plus de 400. Il y a 400 généralistes qui s'installent dans des territoires qui sont surdotés. C'est-à-dire qui sont bien dotés convenablement. Avec une file d'attente moyenne de 1500 par médecin, on peut espérer avoir quasiment une demi-million de personnes par an qui retrouvent un médecin traitant. Et il faut bien le dire et le rappeler.

Contrairement à ce que font dire certaines corporations de mauvaise foi crasse, personne n'ira sur un territoire qu'on lui aura indiqué. Il ne s'agit pas d'avoir une administration centrale qui dit toi tu vas dans la Creuse, toi tu vas dans l'Orne, toi tu vas dans les Hauts-de-Pyrénées. Il s'agit de dire que tout le monde est libre de s'installer partout en territoire sous-doté. Donc 87% du pays. Et y compris celles et ceux qui aujourd'hui vivent dans une zone bien dotée. Les gens ont le droit, ils ont la famille, ils ont peut-être les gamins, la scolarité organisée. Personne n'aura à déménager. Il n'y a aucun territoire qui est à plus d'une demi-heure de bagnole d'une zone sous-dotée.

Donc même si les gens concernés, les médecins, vivent, certains dans un cœur de centre-ville bien doté, ce n'est pas grave, bien sûr, ils iront juste bosser peut-être à 20 minutes de là où ils habitent. Donc personne ne verra sa vie chamboulée. Ça concerne 400 installations par an. On pourrait penser que ce n'est pas beaucoup 400 installations par an de généralistes, mais c'est un demi-million de gens en fait qui peuvent avoir un médecin traitant ou une médecin traitante.

50:50
Présentateur

Partout en France, ce sont des services entiers qui luttent pour nos hôpitaux, nos maternités, notre système de santé.

50:57
Locuteur non identifié

Et on a le 1er mai qui arrive bientôt. Ce 1er mai, il est important parce que c'est un moment où on va pouvoir défiler pour rappeler ce qui compte à nos yeux à toutes et à tous. Et ce qui compte, c'est que Vincent Bolloré ait une remise sur ses amendes pour avoir fraudé. Moi, ce n'est pas ça qui compte dans ma vie. Ce qui compte dans ma vie, c'est qu'on a des hôpitaux qui tournent et qui marchent. Et de rappeler que non seulement on est prêt à se battre pour ça, mais surtout que des victoires, on en remporte au quotidien. Et c'est important de se battre avec celles et ceux qui gagnent les trucs. Je prends quelques exemples chez moi à Toulouse.

Le personnel de ménage de l'hôpital Purpan qui est rentré en grève et qui s'est battu a reçu une revalorisation des salaires. Elles ont réussi à gagner la bagarre. Je prends un autre exemple. Les soignantes à l'hôpital des enfants, elles luttaient pour une prime de soins intensifs parce qu'on considère que ce n'était pas un soin intensif que de prendre en charge des gamins en hémato. Scandaleux. Eh bien, elles ont fait grève quelques jours, elles ont gagné. On a gagné en les accompagnant. Je prends un troisième exemple et je m'arrête là. Les secrétaires médicales à l'hôpital Joseph Ducoin de Toulouse. Grand hôpital créé par des guérilleros espagnols, antifranquistes.

Je vous invite à regarder la page Wikipédia ou le site même de l'hôpital. C'est vraiment un hôpital modèle là-dessus. À l'hôpital Ducoin, il y a eu une grève aussi de secrétaires médicales parce qu'elles démarraient en fait, dans la convention collective, elles démarraient sous le SMIC, leur salaire en premier échelon. Eh bien, pareil. On a été avec tous les collègues députés insoumis du 31, de la Haute-Garonne, financées la caisse de grève, on les a aidées à tenir et bilan, elles ont gagnées. Donc en fait, on peut se battre.

C'est important de défiler avec celles et ceux qui se sont bagarrés, qui ont gagné parce qu'il faut apprendre de la manière dont ils ont réussi à plier les directions hospitalières et des gens qui nous disaient « Mais ça n'existe pas, il n'y a pas d'argent, il n'y a pas d'argent magique. » En fait, quand tu fais grève et que la direction de l'hôpital n'a plus son plateau repas, je peux vous dire qu'elle signe l'accord pour payer convenablement les soignantes et les soignants. Et c'est ça notre modèle et c'est ça qu'on va continuer jusqu'à évidemment le moment où on sera au pouvoir et en plus, on remplira les caisses de ces mêmes hôpitaux.

En tant que soignants, en tant qu'usagers, nous vous appelons et c'est clair, il faut se rassembler massivement le 1er mai pour soutenir toute cette fonction publique hospitalière et puis faire en sorte que l'argent public aille aux établissements publics parce qu'il n'est pas normal qu'on finance les cliniques, qu'on finance toutes ces cliniques privées. Donc l'argent public doit aller au public et je pense que le 1er mai, ça va être effectivement un grand moment où on va pouvoir dire nous, on veut des services publics et on veut que les Français soient soignés correctement.

53:24
Présentateur

Alors, continuons à lutter. Rendez-vous le 1er mai partout en France.

53:31
Mathilde Panot

Netanyahou autorisé à survoler la France, Macron donne raison à LFI, et Yael Brown-Pivet revient sur son soutien inconditionnel. Dans le camp présidentiel, la ligne politique vis-à-vis des massacres de Palestiniens semble doucement évoluer depuis une semaine. Yael Brown-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, qui avait formulé un soutien inconditionnel à Israël en 2023 et l'avait martelé sur tous les tons, est revenue sur ses propos. Sur France Inter, le 10 avril dernier, elle déclarait, je cite, « Je vois bien que j'ai eu tort de choisir ce mot. » Fin de citation.

A l'époque, Seul et LFI avaient refusé de se lever dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, souvenez-vous, lorsque Brown-Pivet formulait ce fameux soutien inconditionnel. Les insoumis, comme les juristes en droit international, avaient bien conscience du cycle historique de violences d'Israël contre Gaza, de ses occupations illégales, de ses massacres permanents. Ils appelaient au cessez-le-feu et à suivre, seuls contre tous, l'unique boussole du droit international. Le pire pour les Palestiniens était à venir. Les insoumis avaient, malheureusement, vu juste. Ce revirement de Yael Brown-Pivet est notable.

Cependant, il n'effacera pas bien d'autres actes de parole qui ont fait tant de ravages la sanction maximale possible pour un député infligé à l'insoumis Sébastien de Logu par Brown-Pivet parce qu'il avait simplement brandi un drapeau palestinien dans l'hémicycle. Cette semaine encore, sa volonté de sanctionner l'ensemble du groupe parlementaire de LFI pour avoir brandi dans l'hémicycle des photos d'enfants palestiniens massacrés par l'armée génocidaire de Netanyahou. Et aussi, sa terrible phrase « Rien ne doit empêcher Israël de se défendre » disait-elle. Une autre volte-phase cette semaine et rien ne dit que la girouette ne rechange pas de sens c'est celui d'Emmanuel Macron.

En visite en Égypte donc à proximité de la bande de Gaza Macron a annoncé une possible reconnaissance de l'état de Palestine en juin par la France et un peu moins d'un an encore il temporisait affirmant pourtant qu'une terre de reconnaissance n'était entre guillemets pas un tabou pour la France et qu'il fallait attendre guillemets donc citation le moment utile un moment utile mais quel autre moment utile que celui où un génocide est en cours et où des palestiniens se font massacrer que la France reconnaisse l'état de Palestine Macron le sait pertinemment cela aurait une importance capitale parce que ce serait le premier pays du G7 à le faire parce que la France est la deuxième puissance européenne parce que ça réinscrirait la France dans sa tradition diplomatique gaulo-mitterrandienne parce que ça aurait très probablement un effet boule de neige pour d'autres pays etc.

Pourquoi Macron n'a-t-il pas emboîté le pas à l'Irlande à la Norvège et à l'Espagne en mai 2024 qui avait annoncé à ce moment-là reconnaître l'état de Palestine et à ce jour est-ce que vous connaissez ce chiffre ?

On est à près de 150 pays dans le monde qui reconnaissent l'état de Palestine et je rappelle aucun du G7 des plus grandes puissances économiques du monde Jean-Luc Mélenchon a déclaré donc suite à la déclaration de Brun Pivet et de Macron il déclarait je cite un an et six mois après l'EFI ces gens comprennent enfin que la solution politique est la seule possible pour cela il faut être non aligné à la fin la position de l'EFI s'impose comme la seule issue concrète politique et humaine car oui la reconnaissance de l'état de Palestine est demandée par les enseignes depuis bien longtemps comme une des actions que pourrait faire la France pour mettre la pression sur Netanyahou le Premier ministre israélien tout comme l'embargo sur les armes que la France livre toujours à Israël ou encore une suspension de l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël d'accord qui finance l'armée génocidaire de Netanyahou et ce que Macron ne compte toujours pas faire et combien de temps perdu ça fait un an et demi que l'EFI est calomnié diffamé pour qu'au final le chef de l'état lui donne le chef de l'état français lui donne raison combien de morts auraient pu être évité s'il faut se réjouir que Macron rejoigne les positions de l'EFI la prudence doit être de mise tant que cette reconnaissance ne sera pas définitive et surtout une amnésie collective doit être proscrite car la complicité de M.

Macron comme de Mme Brunpivet avec Netanyahou ne pourra et ne devra pas être oublié cher Bibi disait Macron à Netanyahou aucune action concrète pour peser réellement et défendre les palestiniens en un an et demi l'évraison d'un français de Netanyahou on le rappelle plaider l'immunité pour Benjamin Netanyahou Macron à ce moment là alors que la CPI Cour pénale internationale avait délivré un mandat d'arrêt contre lui et encore cette semaine autoriser Netanyahou à survoler le territoire national provenant des Etats-Unis donc en avion alors que celui-ci aurait dû être arrêté par les autorités françaises parce que justement la CPI a délivré un mandat d'arrêt et que la France est signataire du traité de Rome qui a institué la CPI donc oui disons-le rappelons-le la complicité de Macron avec Netanyahou s'est traduite par des mots et des actes depuis un an et demi elle ne doit pas être oubliée prudence prudence et les voix de la paix doivent se faire entendre dans notre pays alors que les massacres de palestiniens continuent à Gaza le 1er mai le 1er mai le rendez-vous est donné partout en France pour la paix contre la guerre contre la guerre sociale contre l'oligarchie et son outil l'extrême droite pour une vie d'une pour chacun à ce titre les filles appellent la démarche partout dans le pays aux côtés des syndicats j'ai envie de conclure ainsi tous dans la rue le 1er mai partout en France

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Présentateur

et c'est déjà la fin de ce 13ème épisode de votre podcast préféré Touche pas à mon peuple pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore fait n'hésitez pas à vous y abonner pour ne rater aucun épisode vous pouvez nous écouter sur Spotify Youtube Deezer Podcast Addict ou encore Amazon Music je vous invite aussi à partager cet épisode auprès de vos proches et de nous faire vos retours on vous lit toujours avec attention et on vous remercie pour tous vos commentaires positifs n'hésitez pas à proposer vous aussi des sujets que vous tiennent à coeur on les notera tous car on essaie de toujours faire mieux et je vous souhaite une très belle semaine une semaine de lutte de bataille victorieuse mais aussi de préparation pour que ce 1er mai prochain soit une véritable mobilisation de masse et de classe et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode j'ai déjà hâte de vous retrouver