Jancovici ALERTE : La crise du PÉTROLE ne fait que commencer… Lecornu n’y changera rien !
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Chiffre
« Il promet la libération de 10 millions de barils pour faire baisser le prix à la pompe. Oui. Euh 100 millions de barils de gasoile, diesel ou de fiel, tout ça, c'est la même chose. »
- 1:16Fait
« Si le problème doit durer 20 jours, c'est très bien. Euh si le problème auquel on fait face, à savoir le blocage du D3 d'Ormous euh dure depuis 8 mois et s'apprête à durer encore au moins aussi longtemps, euh c'est évidemment une mesure qui ne pourrait être que transitoire. »
- 1:52Chiffre
« on peut accélérer la pénétration des véhicules électriques. Euh quand Macron a parlé de lui 100 millions de barils au niveau des pays du G7, ça représente sur les 4 mois où ces barils devraient être libérés 2,5 % de notre consommation. »
- 3:15Chiffre
« Je crois qu'on est autour de 100 millions de barils de pétrole brûlé par jour. C'est absolument considérable. »
- 4:40Fait
« la production devrait se maintenir pas très loin du niveau de 2018, un peu au-dessus, un peu en dessous. Pour le moment, on est un peu en dessous. Ça fait quand même 7 ans qu'on est en dessous, hein, mais un peu en dessous. Jusqu'à jusqu'aux alentours de 2030. »
- 5:14Fait
« il faut entre 50 et 400 millions d'années pour faire du pétrole. Donc aux échelles de temps qui nous intéressent le siècle, c'est pas renouvelable du tout. »
- 5:53Fait
« son extraction annuelle passera par un maximum et sera nul à plus l'infini. Donc déclinera au cours du temps derrière. »
- 7:13Fait
« si la consommation intérieure de l'Arabie Saoudite continue à croître au niveau où elle le fait aujourd'hui, il sera importateur net de pétrole en 2070. »
- 9:12Chiffre
« la consommation de pétrole de l'Union européenne, elle va être divisée par 5 à 20 indépendamment de toute question climatique. »
- 9:49Fait
« sauf à faire une décarbonation intelligente, bien pensée et qui pose par ailleurs des tas de problèmes d'équité, de justice sociale et cetera qui sont des vrais sujets euh dans ce pays. »
- 10:31Fait
« on était intellectuellement beaucoup mieux armé au moment des chocs pétroliers. À l'époque, on avait encore des dirigeants qui sortaient de la guerre. »
Temps de parole
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Ce que dit également cette évolution sur le pétrole, c'est que tous les premiers ministres putatifs euh, quel que soit le bord politique auquel ils appartiennent, qui s'imaginent que le jour où ils seront aux commandes, tout d'un coup, ils vont avoir une solution facile à mettre en œuvre, que cet abruti de Premier ministre sortant, quel qu'il soit euh n'a pas trouvé, se four le doigt dans l'œil jusqu'au plexus parce que c'est pas du tout ça qu'ils vont faire. Ils vont trouver la situation physiquement ingérable exactement à l'identique euh des prédécesseurs.
On va parler tous ensemble de carburant avec les promesses de Sébastien Lecornu sur l'énergie. Il promet la libération de 10 millions de barils pour faire baisser le prix à la pompe. Oui. Euh 100 millions de barils de gasoile, diesel ou de fiel, tout ça, c'est la même chose. Euh alors, la France consomme actuellement un peu moins de 1,4 million de barils par jour de produits pétroliers. Là-dedans, le diesel doit représenter à peu près 40 %. Diesel, fioule, gasoile, tout ça, c'est la même chose. Ce qui veut dire que la France consomme un gros demillion de baril par jour. euh de diesel, gazoile, fuel et cetera. Euh ce qui veut dire que si on en libère 100 millions de barils, bah ça veut dire qu'on a libéré l'équivalent de 20 jours de consommation. Euh c'est ça
que ça représente. Alors si le problème doit durer 20 jours, c'est très bien. Euh si le problème auquel on fait face, à savoir le blocage du D3 d'Ormous euh dure depuis 8 mois et s'apprête à durer encore au moins aussi longtemps, euh c'est évidemment une mesure qui ne pourrait être que transitoire. Et à part ça, Jean-Marc, qu'est-ce qu'on peut faire du coup ? Alors, il y a plein de gens euh qui euh en général ceux qui sont pas au pouvoir, ils ont tous une bauette magique. Euh je sais pas si vous avez remarqué ça. Euh donc ils proposent des tas de trucs que ils ne feront évidemment pas s'ils arrivent au pouvoir parce que si c'est pas fait actuellement, c'est que c'est pas si simple que ça à faire. Euh et ce qu'on peut faire malheureusement, c'est pour se débarrasser définitivement du
problème, ça n'est que des mesures structurelles, c'est-à-dire des mesures qui prennent du temps. Euh on peut accélérer la pénétration des véhicules électriques. Euh quand Macron a parlé de lui 100 millions de barils au niveau des pays du G7, ça représente sur les 4 mois où ces barils devraient être libérés 2,5 % de notre consommation. euh 2,5 % de notre consommation sur les sur les véhicules automobiles. Il suffit pour ça que la moitié des ventes de véhicules neufs soit des voitures électriques. Et c'est pareil là. Donc il faut accélérer ça. Il faut accélérer les autres modes de déplacement. Euh c'est-à-dire qu'un certain nombre d'entre nous acceptent euh pour des raisons économiques euh ou même parfois pour des raisons de confort euh de passer de la voiture à autre
chose euh transport en commun, vélo, euh une combinaison de tout ça, covoiturage. Euh et euh c'est seulement ça qui de façon structurelle finira par régler le problème parce que tant qu'on est dépendant de façon significative du pétrole et que par ailleurs le pétrole devient moins disponible et bien on aura des problèmes de hausse de prix, de pénurie et cetera. C'est écrit euh et il y a pas d'autres moyen de s'en libérer et la probabilité que les problèmes à Hormous euh disparaissent la semaine prochaine, je suis pas sûr personnellement que je parierrai toutes mes économies là-dessus aujourd'hui parce qu'on parle beaucoup de de pétrole parce que c'est l'énergie la plus facile à trans à transporter et peut-être aussi à transformer. Peut-être qu'on on parlera un petit peu plus tard
de la mondialisation et de du rôle qu'elle a là-dedans. Je crois qu'on est autour de 100 millions de barils de pétrole brûlé par jour. C'est absolument considérable. Mais la géologie, elle est têtue. Les réserves, elles sont finies. Alors, c'est difficile de placer le curseur à partir du moment où le robinet va se tariir. Est-ce qu'on a quand même une idée ? Euh, alors je vais commencer je vais commencer par la conclusion. Depuis que je m'intéresse au pétrole, c'est une vingtaine d'années, euh les géologues pétroliers euh avec qui j'ai pu échanger sur la question dans un contexte dans lequel je savais qu'il n'avait plus tellement de conflits d'intérêt, si était en prèite, en retraite et cetera, me disait "Le pic mondial de production
de pétrole, ça sera 2020 plus ou moins 5 ans, euh à 100 millions de barils, plus ou moins 5 millions." Ça c'était il y a 20 ans. C'était il y a 20 ans. Mais sans prendre en compte le gaz le pétrole de schist qui en prenant en compte le pétrole de schist à date, le pic était en 2018. Alors peut-être que euh on va remonter brièvement au-dessus du niveau de 2018. Bon, les analyses qu'on a faites au chiff project, c'est que euh la production devrait se maintenir pas très loin du niveau de 2018, un peu au-dessus, un peu en dessous. Pour le moment, on est un peu en dessous. Ça fait quand même 7 ans qu'on est en dessous, hein, mais un peu en dessous. Jusqu'à jusqu'aux alentours de 2030. Et après ça devrait se mettre à piquer sérieusement du nez euh voilà les
analyses les analyses qu'on a au chiffre project et ça devrait se mettre à piquer. Alors se maintient au niveau de 2025 pendant encore 5 ans s'il y a pas de politique climatique vigoureuse. D'accord ? Donc là je suis en train de parler d'un monde dans lequel on se contrefout du climat et on est tributaire des seules contraintes ce que les pétroliers appellent below ground, c'est-à-dire ce qui se passe sous terre et notre volonté n'intervient pas dans cette affaire. Donc tant qu'on peut creuser, tant qu'on peut faire les Shadok, he on y va, on pompe. Alors pourquoi est-ce que cette aventure peut pas durer indéfiniment ? Parce qu'il faut entre 50, allez non 5 pour une petite partie, mais sinon globalement il faut entre 50 et 400 millions d'années pour faire
du pétrole. Donc aux échelles de temps qui nous intéressent le siècle, c'est pas renouvelable du tout. Et on part avec un stock de départ qui est donné une fois pour toutes. Et chacun sait que si on a dans un placard un stock de départ qui est donné une fois pour toutes, on peut pas faire sortir du placard chaque jour un peu plus. On peut même pas faire sortir chaque jour du placard autant que la veille, indéfiniment. Euh tout ce qu'on peut faire sortir du placard finira un jour par passer par un maximum et euh finira si on attend suffisamment à zéro parce qu'il y aura plus rien dans le placard. Alors le pétrole c'est pas aussi simple que de la farine dans un placard mais le parallèle se se comprend. Donc le pétrole qu'on peut sortir de terre, en fait, on peut démontrer
mathématiquement, un petit théorème que je sais encore démontré euh que euh son extraction annuelle passera par un maximum et sera nul à plus l'infini. Donc déclinera au cours du temps derrière. Ce qu'on ne peut pas démontrer mathématiquement, c'est est-ce que le maximum sera atteint à cause de la géologie ou à la cause de notre volonté ou à cause d' ou à cause de un phénomène indépendant de notre volonté qui a rien à voir avec le pétrole, une pandémie, une crise, une guerre, je sais pas quoi, le déclin terminal de l'humanité parce que on on devient trop consanguin, qu'on a plus assez de spermatozoïdes, qu'est-ce que je sais, qu'il y a pas assez de crèche, enfin bon, j'en sais rien. Où est-ce que euh ce déclin sera dû strictement à la limitation de la la
la quantité de pétrole ? J'en sais rien mais par contre ce qui est certain qu' il prendra place et je le redis à date. Alors sur le pétrole qui s'appelle conventionnel, c'est-à-dire tout ce qui n'est tout ce qui est le pétrole issu de roch réservoir hors chellil et hors sable bitumineux du Canada, le maximum était en 2006 ou 2008. Si je rajoute le les ce qu'on appelle les condensats et si je rajoute le cheloil et les sabitumineux à date le maximum est en 2018. Et après, il y a un certain nombre de zones dans le monde pour lequel on sait très bien que le pic est passé et qui voilà que c'est bon. La mer du Nord en 2000, l'Afrique dans son ensemble en 2009, le Mexique en 2005, l'Asie à date en 2015.
Je me souviens tombé dans sur un papier et c'était hallucinant, il disait que si la consommation intérieure de l'Arabie Saoudite continue à croître au niveau où elle le fait aujourd'hui, il sera importateur net de pétrole en 2070. Ça n'a aucun sens. Ils peuvent pas puisque il y aura pas d'endroit il y aura pas d'endroit où on acheté où en acheter parce que physiquement ailleurs ça va s'épuiser. Ça c'est un point important. Euh il faut bien comprendre qu'en Europe euh on est tributaire non pas de la production des autres pays mais des exportations des autres pays. Quand on regarde des pays qui ont passé leur pics il y a un certain temps, on se rend compte que entre le moment où ils passent leur pic de production et le moment où ils cessent leurs exportations, le délai est assez court.
Si je regarde l'Indonésie par exemple, entre le moment où l'Indonésie passe son pic de production et où le moment où elle arrête et au moment où elle passe son pic de production, elle exporte encore 70 % de son pétrole et le moment où elle devient importatrice, il s'est passé moins de quelques décennies. Si je regarde le Mexique entre en 2005, quand il passe son pic, il exporte la moitié de sa production. 15 ans après, il exporte plus rien. Donc en fait la la sa production a été divisée par de et il garde tout pour lui. Donc les pays exportateurs de pétrole dont nous dépendons totalement puisque la France importe 99 % de son pétrole et l'Union européenne en importe 97 %. Les pays producteurs de pétrole, l'analyse qu'on a faite au Shift, c'est que d'ici à
2050, leur production devrait être divisée par pas loin de deux. Ce qui veut dire que leurs exportations vont être divisées par n'importe quoi entre 5 et 20, voir il y en aura plus du tout. Donc ça veut dire que la consommation de pétrole de l'Union européenne, elle va être divisée par 5 à 20 indépendamment de toute question climatique. C'est on est on va on va avoir droit à une baisse rapide. Qu'est-ce que ça va produire comme effet si l'économie est pas préparée ? Un appauvrissement généralisé parce que les marchandises pourront moins facilement circuler, les gens pourront moins facilement circuler, les zones touristiques pourront moins facilement être desservies. Donc les gens là-bas n'auront moins de job où ils seront plus mal payés et cetera et cetera. Et donc on voit bien que tout ce
que je viens de raconter évoque une contraction de l'économie et cette contraction de l'économie pourrait aller suffisamment vite pour qu'elle soit politiquement ingérable. Ça rappelle peut-être quelques souvenirs en matière d'actualité récente. Ce que dit également cette évolution sur le pétrole, c'est que tous les premier ministres putatifs, quel que soit le bord politique auquel ils appartiennent, qui s'imaginent que le jour où ils seront aux commandes, tout d'un coup, ils vont avoir une solution facile à mettre en œuvre que cet abruti de Premier ministre sortant, quel qu'il soit n'a pas trouvé, se fourent le doigt dans l'œil jusqu'au plexus parce que c'est pas du tout ça qu'ils vont faire. Ils vont trouver la situation physiquement ingérable. exactement à
l'identique euh des prédécesseurs et sauf à faire une décarbonation intelligente, bien pensée et qui pose par ailleurs des tas de problèmes d'équité, de justice sociale et cetera qui sont des vrais sujets euh dans ce pays. En fait, la ligne de pente, c'est que on va subir le contre-coup de cette décrue géologique subie sur le pétrole et puis en Europe, si rajoute le gaz et le charbon à la totale et donc une contraction de l'économie habituelle. Et si on a rien inventé en face, bah on va juste avoir droit à un appauvrant et un appauvrissement généralisé, à des crises successives et c'est pas très dur de voir quelle est l'issue politique finale d'un truc comme ça. De toute façon, ça sera le bazar avec en plus une incompréhension généralisée parce que comme c'est des choses qu'on ne regarde
jamais les flux physiques de l'économie, on se contente de regarder les flux monétaires, les gens qui sont qui seront capables de comprendre d'où ça vient vraiment seront en toute petite quantité. Je j'adore les gens. Quelque part, on était intellectuellement beaucoup mieux armé au moment des chocs pétroliers. À l'époque, on avait encore des dirigeants qui sortaient de la guerre. Euh, on était encore capable de savoir ce que c'était qu'un flux physique parce que on sortait de façon beaucoup plus récente d'une civilisation qui avait les pieds dedans. Avant guerre, la moitié de la France était rurale. Quand vous êtes rural, le flux physique, vous savez ce que c'est. Vous savez ce que c'est qu'une production. Tout le monde vivait de la production agricole. Vous savez ce que c'est qu'un
cour d'eau, et cetera. Aujourd'hui, on est dans une civilisation d'urbain totalement déconnecté des flux des flux qui nous font vivre. Donc euh les gens qui seront capables de comprendre quelle est la cause racine profonde de ce marasme économique dont on a l'impression de pas pouvoir se se débarrasser en fait il y en a très très peu aujourd'hui à mon avis en proportion beaucoup moins qu'il y a quelques décennies. Donc tout ça pour dire que cette décrue pétrolière elle est susceptible d'avoir en Europe des inconvénients politiques très marqués et ça va être une réalité dans les décennies qui viennent.