Xavier Iacovelli : « La protection de l'enfance est une priorité nationale »
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En quoi ce texte n'est-il pas seulement une loi de plus ?
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Pourquoi vous avez attendu autant de temps pour proposer un tel texte ?
- 2:35RelanceRéponse partielle
Mais qui n'est malheureusement pas nouvelle.
- 2:55RelanceRéponse partielle
Emmanuel Macron a trop tardé à l'engager, cette révolution.
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Qu'est-ce qu'on peut retenir de ces auditions ?
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Xavier Iacovelli, vous reconnaissez qu'il y a une perte de confiance dans la justice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« une loi intégrale, son but c'est de pouvoir répondre, non pas par des mesurettes, mais par une vision globale de la question de la protection des victimes »
- 1:28Invité politiqueFait
« Moi je parle toujours du principe qu'on ne guérit pas, en fait, d'une violence ou d'un viol qu'on a subi, mais par contre on apprend à vivre avec »
- 1:49Invité politiqueFait
« Moi je regrette que la gauche s'est positionnée contre cette sanction »
- 2:08PrésentateurFait
« le texte prévoit effectivement la réclusion criminelle à la perpétuité pour les violeurs en série de mineurs de moins de 15 ans »
- 2:22Invité politiqueFait
« déjà c'est un texte qui est proposé, en fait, une volonté des associations depuis de nombreuses années »
- 2:43Invité politiqueFait
« moi je n'arrête pas de dire qu'à force d'accumuler des petites lois, on fait des mesurettes qui effectivement, c'est la politique des petits pas »
- 3:32Invité politiqueFait
« la protection de l'enfance est une priorité nationale »
- 4:10InvitéChiffre
« Il y a actuellement au sein du Parquet de Paris 2900 enquêtes pénales pour violences sexuelles sur des enfants »
- 5:54Invité politiqueChiffre
« Il y a 72 départements sur 101 qui ont des dysfonctionnements structurels sur la question de l'accueil du périscolaire »
- 7:47Invité politiqueChiffre
« 40% des collectivités, 40% des communes aujourd'hui qui accueillent des enfants ne demandent pas de subvention à la CAF et ne remplissent pas les critères pour être contrôlées »
- 12:36Invité politiqueFait
« les communes nous disent, aidez-nous, enfin nous disent au niveau de l'État, aidez-nous parce qu'en fait, on gère la pénurie »
- 12:51Invité politiqueChiffre
« il faut 50% seulement d'animateurs formés et diplômés, il faut maximum 50% de stagiaires, donc ils ne sont pas complètement diplômés, et on peut avoir 20% d'encadrants qui ne sont pas formés du tout »
- 23:54Invité politiqueChiffre
« Dans les années à venir, on va avoir 1,5 million d'élèves en moins »
Temps de parole
- Xavier Iacovelli45 %
- Invité19 %
- Présentateur16 %
- Invité 212 %
- ?2 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Comment protéger nos enfants ? On en parle tout de suite avec Xavier Yacovelli. Xavier Yacovelli, vous êtes sénateur RDP et Renaissance des Hauts-de-Seine, vice-président du Sénat. Nous sommes ensemble pour parler de la protection de l'enfance. Affaire Liana, violences dans le péri-scolaire, les drames et alertes se sont multipliées ces dernières semaines. Gouvernement, Parlement mettent des textes, des commissions d'enquête sur la table. Et on va commencer en parlant de la loi intégrale contre les violences faites aux enfants et aux femmes. Elle arrive au Parlement, en commission, à l'Assemblée.
Une loi qui veut traiter tous les aspects liés aux violences, du repérage, à la sanction, en passant par l'accompagnement des victimes. En quoi ce texte n'est-il pas seulement une loi de plus
? Parce
que justement, elle est intégrale, vous l'avez rappelé. Une loi intégrale, son but c'est de pouvoir répondre, non pas par des mesurettes, mais par une vision globale de la question de la protection des victimes, qu'elles soient femmes ou que ce soit des enfants. Et donc, sur la question de la détection, sur la question de la prévention, sur la question de la gestion aussi par la police et par la justice, et puis la question aussi de l'accompagnement des victimes par du soin, et ça c'est indispensable, et c'est ce qui peut-être manque aujourd'hui dans notre système, c'est comment est-ce qu'on accompagne les victimes.
Moi je parle toujours du principe qu'on ne guérit pas, en fait, d'une violence ou d'un viol qu'on a subi, mais par contre on apprend à vivre avec, et c'est par le soin psychologique notamment qu'on peut y arriver. Et puis il y aussi la question pénale pour les auteurs, qu'il faut aussi voir. On a eu ce débat lors des premières auditions à l'Assemblée nationale, notamment sur la question de la perpétuité pour les auteurs qui sont récidivistes. Moi je regrette que la gauche s'est positionnée contre cette sanction, mais donc on aura ce débat, il a ce débat qui commence du coup à l'Assemblée nationale, et nous aurons ensuite le débat au Sénat.
Parce
que le texte prévoit effectivement la réclusion criminelle à la perpétuité pour les violeurs en série de mineurs de moins de 15 ans. Il y a d'autres mesures, notamment qui concernent la justice, un délai maximal de 3 mois pour les actes essentiels d'enquête. Pourquoi vous avez attendu autant de temps pour proposer, pour présenter un tel texte
? Alors
déjà c'est un texte qui est proposé, en fait, une volonté des associations depuis de nombreuses années. Et donc effectivement c'est l'accumulation de ces violences et de ces drames.
– Mais qui n'est malheureusement pas nouvelle.
– Non, ce n pas moi qu'il faut le dire. Moi pour le coup ça fait 9 ans que je me base sur la question des violences intrafamiliales, sur la question de la protection de l'enfance, et moi je n'arrête pas de dire qu'à force d'accumuler des petites lois, on fait des mesurettes qui effectivement, c'est la politique des petits pas, alors que ça mériterait une révolution. La question de la protection de
Mais vous avez
trop tardé, Emmanuel Macron a trop tardé à l'engager, cette révolution,
on à la fin de son second quinquennat. –
Je pense en fait que ce n pas forcément Emmanuel Macron ou le gouvernement, je pense que collectivement on était très peu encore il y a quelques mois à s'intéresser à la question de protection de'enfance. Moi je vous rappelle, ce que je l déjà dit sur votre plateau, mais quand je me suis représenté en 2023 pour ma réélection de sénateur, on m dit mais pourquoi tu travailles sur la protection de l'enfance ? Ça ne rapporte aucune voix. Voilà, c'était ça la vision du politique et de la société en général. Les enfants ne parlent pas, la violence sur les enfants, il faut le cacher parce que c'est quelque chose qui nous prend au trip et donc on ne pas le voir.
Et donc il y avait une espèce d'omerta sur la question de la protection de'enfance. Et donc cette prise de conscience de la population et donc du coup qui pousse le politique, le pouvoir politique à se saisir de cette question, c'est malheureux parce qu'il y eu des drames qui ont été commis, qui ont été subis, mais maintenant ça nous permet peut-être collectivement de se rendre compte que la protection de l'enfance est une priorité nationale.
Il a été question cette semaine au Sénat de cette protection de l'enfance, des violences dans le péri-scolaire puisqu'il y a une commission d'enquête qui mène actuellement des travaux, commission d'enquête née après les scandales à la mairie de Paris. Alexandre, vous allez nous éclairer sur ce qui s'est passé ces derniers jours à la Chambre haute. Qu'est-ce qu'on peut retenir de ces auditions, de cette commission d'enquête ?
Eh bien d'abord on peut retenir un chiffre. Il a été donné lundi par la procureure de Paris, Laure Bécou, lors de son audition devant la commission d'enquête. Il y a actuellement au sein du Parquet de Paris 2900 enquêtes pénales pour violences sexuelles sur des enfants et parmi ces enquêtes, 235 concernent le secteur périscolaire parisien, c'est-à-dire un peu moins de 10%. Alors la procureure de Paris, lors de son audition, a dit faire face désormais à une vague de signalement pour ce type d'affaires et elle reconnaît que la justice ne répond pas toujours aux attentes des familles de victimes.
Savoir se regarder dans le miroir et mesurer l'efficience de notre prise en compte de la révélation des
faits. Il
faut restaurer la confiance.
J
'ai, Madame la rapporteure, tout à fait conscience des attentes
et
voire des déceptions
que
nos fonctionnements collectifs provoquent et singulièrement, sur ce qui me concerne, le fonctionnement de l'institution judiciaire.
Xavier Iacovelli, vous reconnaissez qu'il y a une perte de confiance dans la justice, dans le traitement de ces affaires de violences sexuelles sur enfants
? Je
pense qu'il a une perte de confiance sur l'ensemble de la chaîne, c'est-à-dire aujourd'hui, il y un sondage qui est sorti d'ailleurs au mois de juillet pour votre chaîne, où 86% des familles hésitaient à mettre leurs enfants dans du périscolaire. Maintenant, on a vu à Paris, pour cet été, y eu 13% de baisse d'accueil de périscolaire parce que les familles ont peur et c'est légitime. Et donc, comment est-ce qu'on répond à cette peur ? Et c'est par un renforcement. Et moi, je salue vraiment le travail de la sénatrice Agnès Sévren, sénatrice de Paris, qui mène ses auditions, qui est rapporteur et qui mène ses auditions avec Minussi et qui va vraiment dans le fond des sujets.
J'en parlais hier avec elle. Il y a 72 départements sur 101 qui ont des dysfonctionnements structurels sur la question de l'accueil du périscolaire. Donc, en fait, Paris, c'est un cas exceptionnel par l'ampleur et par l'omerta qu'il y eu sur la gestion du périscolaire et des défaillances du périscolaire. Mais malheureusement, ce n'est pas une exception. Et ça touche vraiment l'ensemble du territoire français sur lequel il faut qu puisse apporter une réponse.
Et
face à ce fléau, la justice ne rassure pas. Il faut restaurer la confiance. C'est ce que dit la procureure de Paris.
Oui, il faut que la justice puisse répondre. Alors, c'est toute la problématique, 'est-à-dire la charge de la preuve. Comment est-ce qu'aujourd'hui, on arrive
avec
des preuves, avec le recueil de la parole de l'enfant qui est aussi parfois toujours problématique et sur lequel on a peu de preuves. Comment est-ce que ce recueil de la parole de l'enfant permet à la justice d'agir ? Et c'est le problème. Et je pense qu'il y a aussi un accompagnement des familles parce que ça a été relevé d'ailleurs lors des auditions. Quand il y a un classement sans suite et que les familles victimes n'ont pas été prévenues, en fait, ça, c'est aussi un problème, un dysfonctionnement et une perte de confiance pour les familles. Parce qu'il y a un classement sans suite par faute de preuve, il faut l'expliquer aux familles.
Il faut expliquer pourquoi ça ne fait pas en sorte que l'enfant n'est plus une victime. Ça fait juste que la justice ne peut pas rendre son verdict parce qu'il manque des preuves. Mais il faut ça informer.
– Vous avez entendu,
vous avez vu les manifestations qui ont eu lieu lundi soir à Paris dans plusieurs villes de France pour mettre la pression sur la justice. C ce que disaient les manifestants, qui étaient beaucoup des manifestantes d'ailleurs. Il y a besoin que la société mette la pression sur la justice ? Vous les comprenez, ces manifestants ?
–
Moi, je comprends parce qu'il y une colère. Donc, il faut qu s'exprime quelque part. Et tant que les manifestations sont pacifiques et réclament des droits nouveaux, oui, moi, je soutiens clairement ce mouvement. Après, ce n'est pas seulement une question de justice. On en parlait tout à l'heure. Mais quand on sait que 40% des collectivités, 40% des communes aujourd'hui qui accueillent des enfants ne demandent pas de subvention à la CAF et ne remplissent pas les critères pour être contrôlées. donc, ça veut dire qu'elles ne sont pas contrôlées. Donc, il n pas d'exigence sur le taux d'encadrement. Il n pas d'exigence sur les animateurs qui doivent être diplômés.
Et donc, ça sort complètement des radars de la protection de nos enfants. Et donc, oui, il faut y répondre. Et le PJL, le projet de loi sur l'enfance, répond en partie, justement, à toute ce sortie de radar sur la protection de'enfance.
– on va y venir, justement, aux questions de recrutement. Mais d'abord, Alexandre, il y a des défaillances dans la prise en compte de la parole des enfants victimes. C'est ce qui ressort des témoignages de parents qui ont été recueillis par la commission d'enquête.
– Oui, recueillir la parole des enfants victimes, c'est tout l'enjeu dans ces enquêtes. Et la rapporteure de la commission d'enquête du Sénat, Agnès Évren, a commencé à auditionner des familles de parents d'enfants victimes de violences sexuelles. Et selon ses parents, il y a des problèmes dans le recueil de la prise de parole, un manque d'empathie de la part de la police, un manque de temps aussi consacré à l'enfant victime, des défaillances qui ont été démenties par les policiers parisiens de la brigade de protection des mineurs lors de leur audition devant la commission d'enquête.
–
Quand vous me dites que les enfants ont été entendus 20 minutes, ça, je ne pas le croire. À la brigade des mineurs, aucun enfant n'a été entendu 20 minutes.
Enfin,
ça me paraît. –
C'est
systématique. C'est-à-dire qu'on nous dit tous, on est enfermé dans un créneau, nous dit, voilà, comment est-ce que l'enfant peut libérer sa parole si on sent que tout est minuté ? – Alors, tout n'est pas minuté. Alors déjà, il y a tout un
processus pour accueillir la famille. – tellement
d'affaires que sans doute, forcément, il y un tel…
–
Non,
mais on
a le temps, quand le mineur est là,
on a le temps pour…
– Je vous assure que ce n pas du tout les témoignages et je vous les enverrai. Alors,
les
parents… –
Les
témoignages écrits, on les a, je vous
les
envoie.
–
Dans cette audition, la brigade de protection des mineurs a rappelé qu'il existe aujourd'hui un protocole très strict pour recueillir la parole des enfants victimes de ces violences sexuelles avec la présence d'un psychologue, d'un médecin, d'une salle spécifique dont le but est de créer un lien de confiance avec l'enfant pour qu'il puisse exprimer au mieux sa parole dans les meilleures conditions. – Akoveli, on doit encore progresser dans la prise de parole de ces victimes de violences sexuelles ?
–
Oui, il y eu beaucoup de progrès qui ont été faits, notamment sur des salles spécifiques, c'est-à-dire que quand les enfants sont auditionnés, si on les auditionne dans les commissariats qu'on peut connaître, nous, en tant qu'adultes, avec des policiers en uniforme, ça ne rassure pas et ça n'aide pas à la libération de la parole de l'enfant.
Donc oui, il a eu une évolution, maintenant c'est des salles spécifiques, des agents de police qui sont formés et qui permettent, enfin qui ne sont plus en tenue de policiers, mais en tenue civile pour rassurer aussi l'enfant, mais effectivement il faut aller plus loin parce que moi j'ai toujours dit que la libération de la parole elle a toujours eu lieu, les enfants ont toujours parlé, sauf que les adultes n'ont pas su écouter, n'ont pas su prendre en compte. Et donc c'est aussi la question de la détection des signaux faibles.
Là c'est dans le cadre des auditions, avec des policiers assermentés, mais comment est-ce que dans toute la chaîne de signalement possible on forme des professionnels, on forme des adultes qui sont capables de détecter les signaux faibles, que ce soit de l'animateur, au gardien d'école, au médecin, il faut qu'on ait, en fait il faut qu'on se dise qu'à tous les niveaux, dès qu'il y un enfant, il y a forcément un prédateur autour et il faut forcément qu'il un adulte protecteur qui soit capable de détecter les signaux faibles.
–
On en parlait, la question du recrutement, parce que ces affaires de violences sexuelles dans le périscolaire elles montrent aussi des dérives dans le recrutement des animateurs.
– Oui, les sénateurs ont auditionné une journaliste de RTL qui a mené l'enquête sur ce secteur périscolaire et qui s'est présentée dans une mairie d'Île-de-France avec un CV falsifié pour se faire embaucher en tant qu'animatrice périscolaire. Vous allez le voir, son témoignage est différent.
Mon
entretien a duré huit minutes et portait
sur est
-ce que j'ai déjà eu des expériences avec des enfants, j'ai répondu très rapidement, est-ce que j'ai eu des ennuis avec la justice, est-ce que j'étais disponible aujourd'hui,
est
-ce que j'avais un diplôme dans l'animation.
C
'est toutes les questions qui m'ont été posées.
Quand
je suis partie de cet entretien, je ne savais pas que j'allais travailler dans une école Ulysse. Je l'ai découvert en arrivant sur place. Donc, et l'entretien, comme je vous le dis, il a duré huit minutes au total,
mais
il a huit minutes entre le bonjour et le au revoir.
–
Et au terme de cet entretien de huit minutes, la journaliste a été embauchée dans une commune comme animatrice périscolaire. Xavier Caudi, comment on explique ces immenses failles dans le recrutement de ces animateurs
? –
Alors moi, je ne pas chercher d'excuses, j'essaie juste de comprendre le pourquoi. Et effectivement, aujourd'hui, les collectivités, les communes nous disent, aidez-nous, enfin, nous disent au niveau de l'État, aidez-nous parce qu'en fait, on gère la pénurie. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui. 'est-à-dire que, puisqu'il faut accueillir les enfants dans le périscolaire, et qu'en plus, la loi est quand même peu contraignante sur la formation des animateurs, puisque je rappelle qu'il faut 50% seulement d'animateurs formés et diplômés, il faut maximum 50% de stagiaires, donc ils ne sont pas complètement diplômés, et on peut avoir 20% d'encadrants qui ne sont pas formés du tout.
donc, quand on met toutes ces possibilités qui, normalement, devraient être en complément des animateurs formés, on voit bien qu'on manque de formation pour ces animateurs, pour ces encadrants, sur la détection des signaux faibles, j'en parlais tout à l'heure. Et puis, on a une problématique, notamment sur la question du périscolaire, on a une direction bicéphale, c'est-à-dire que, d'un côté, on a les enseignants, le directeur d'école, la directrice d'école, qui sont gérés par l'éducation nationale, et puis, de l'autre, on a le directeur du périscolaire, les animateurs, qui sont gérés par la commune.
Et parfois, ça ne communique pas, parfois, il n pas de lien, et il y a manque de cohérence, et donc ça, c'est une vraie problématique, et je ne parle pas de la pénurie avec un métier qui est dur, un métier qui est un métier de sens, mais c'est un peu sur tout le médico-social aussi, on peut le voir dans les EHPAD, dans la protection de l'enfance, on a des métiers qui sont nécessaires aujourd'hui pour l'accompagnement de nos enfants, mais qui sont peu valorisés et donc peu attractifs.
– Alex,
un dernier mot, parce qu'il y aura des auditions importantes, attendues la semaine prochaine dans cette commission d'enquête.
– Oui, des auditions importantes sur ce scandale du périscolaire parisien. Les sénateurs vont auditionner l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, ce sera mardi prochain, mardi 15 septembre, à 9h30, et le lendemain, à la même heure, l'actuelle maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui était à l'époque premier adjoint d'Anne Hidalgo. Alors, ils font tous les deux l'objet, depuis la semaine dernière, d'une plainte de la part du collectif MeToo Ecole pour, je cite, mise en danger délibérée de la vie d'autrui et non dénonciation de crimes », une plainte qui, pour le moment, n'a pas donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire.
Il n'y a donc pas d'enjeu d'interférence avec la commission d'enquête du Sénat, car, on le rappelle, une commission d'enquête parlementaire ne peut pas investiguer sur des faits relevant d'une enquête judiciaire au nom de la séparation des pouvoirs.
–
Merci Alex, on précise qu'on suivra évidemment ces auditions en direct sur
notre
antenne. Effectivement, Hidalgo, Emmanuel, Grégoire. Xavier Acoveli, vous le savez, dans cette émission, on va voir les initiatives en région. On donne la parole aux élus locaux. va tout de suite en Saône-et-Loire. Bonjour Didier Bordet, merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes maire de Saint-Jean-Goult-le-Nationale. Vous avez installé un village d'enfants, notamment pour les fratries. Racontez-nous, expliquez-nous comment cela se passe et en quoi cela consiste.
–
Alors, s'agit d'une initiative du département de Saône-et-Loire qui avait une préoccupation. Ce sont les enfants qui sont placés au titre de la protection de'enfance,
mais
ce sont des fratries. Et souvent, les fratries, compte tenu de places d'accueil dans les familles ou de foyers, ces fratries sont séparées. Et donc, la préoccupation première, c'était comment rassembler les fratries,
comment
leur permettre de grandir, de s'épanouir dans un environnement sécurisé, puisqu'ils sont sortis de leur famille pour des raisons de protection vis-à-vis de difficultés familiales vécues par leurs parents.
Et
donc, comment leur permettre de s'épanouir, de grandir, de retrouver un environnement familial apaisé.
Et
donc, ce projet a été initié par le département qui a sollicité les communes, les 450 communes de Saône-et-Loire, pour savoir qui serait intéressé. Donc, le village de Saint-Jean-Goule-Nationale s'est proposé parmi une quinzaine de candidats et était finalement retenu. Ce village, le village de Saint-Jean-Goule, c'est un petit village, 1 056 habitants. Et on va donc accueillir, à partir de tout début de 2027, 48 enfants dans une structure qui comprend une pouponnière, parce qu'il y a des bébés de 0 à 3 ans. C'est la réalité. Il faut pouvoir s'occuper des bébés.
Des
petits de 4 à 6 ans et des plus grands de 7 à 18 ans. Et il faut pouvoir les accueillir dans un environnement de type familial. Donc, il y a des maisons,
des
pavillons, je dirais, de style très classique, avec toutes les fonctionnalités d'une maison habituelle.
Et
ce village est confié au Prado, qui est une association qui a été créée à Lyon il y a un siècle et demi, qui a donc une belle expérience, de très belle valeur. Et c'est le Prado-Bourgogne qui va donc gérer ce village avec environ 73 employés. Le nombre est important en regard des 48 enfants accueillis. Ces 73 employés sont des personnes qui vont se relayer. Le but n'est pas de gérer simplement les enfants. Ce n'est surtout pas ça. C'est de les accompagner,
de
les aider à grandir, à s'épanouir et à trouver pleinement leur place dans la société. Et évidemment, si leurs parents et si le juge des enfants, le juge de la protection de l'enfance sont juges utiles, ils pourront retrouver leur famille.
Restez avec nous, évidemment, Didier Bordet. voudrais vous faire réagir. Xavier Yacovelli, vous suivez, on l'a dit depuis longtemps, ces questions de protection de l'enfance. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative
?
C'est une super initiative. Moi, je salue à la fois le maire, monsieur le maire et le département de Saône-et-Loire qui a pris cette initiative. Juste rappeler qu'un placement, c'est toujours une rupture pour un enfant. C'est forcément un choc sur lequel l'institution dit on va vous protéger, on va te protéger, mais c'est une rupture familiale. Et en plus, quand il y a une double rupture à l'intérieur même de la fratrie, c'est là où on peut créer des traumatismes. donc, je rappelle quand même que ça fait 30 ans, 30 ans qu'on a inscrit dans la loi le fait de ne pas séparer les fratries. C'est la loi de 96 qui a été rappelée dans la loi de 2022, la loi Taquet.
Mais en fait, ça fait déjà 30 ans qu'on dit au département ne séparer pas les fratries. On voit bien que sur la question de protection de l'enfant, ça a toujours été très difficile aussi de l'application des lois dans les départements. Il y encore plein d'articles de loi qui ne sont pas appliqués. Donc, cette initiative, elle est fantastique, elle est géniale pour les enfants. Et je pense qu'il faut effectivement favoriser l'implantation de ces petites structures, parce que c'est, je crois, 5 pavillons, c'est ça ? 48 enfants, 5 pavillons. Donc, il faut pouvoir développer ça dans la plupart des départements.
Et notamment, pour répondre aussi à ce qu'on a voté en 2022, 'est-à-dire l'interdiction de l'hébergement dans des hôtels sociaux, dans des campings d'enfants qui sont sous la protection de'institution.
Comment ça a été perçu, M. le maire, par vos habitants ? Vous le rappelez, vous êtes maire d'une commune de 1056 habitants. Comment cette initiative a été accueillie
?
Ça a été bien accueilli. Alors, il y a eu quelques personnes qui, au départ, confondaient avec les centres éducatifs fermés, donc pour les jeunes enfants qui ont des soucis, je dirais, de délinquance. Et après explication, les gens ont bien compris ce projet et se sont rassemblés, y compris en faisant des propositions pour intégrer, je dirais, le village des enfants au village de Saint-Jean-Gou. Il ne'agit pas d'en faire un objet à part, mais de pleinement intégrer ce village des enfants et que les enfants soient comme les autres enfants du village.
Donc, il y des propositions diverses qui ont été faites par les habitants, que ce soit dans la vie associative, les jeunes sapeurs-pompiers, dans l'apprentissage chez des artisans. Et ils iront à l'école dans les écoles du village puisqu'on a la chance d'avoir de la petite enfance jusqu'au collège inclus sur place. Et après, ils pourront aller au lycée comme les autres enfants du village aussi en prenant le bus. Donc, plutôt une bonne réception
et
on est dans, je dirais, dans un environnement qui est relativement apaisé et sécurisé, ce qui est important pour ces enfants.
Et c'est aussi ça qui est chouette dans cette initiative. 'est-à qu'il y vraiment une volonté d'intégration, vous aviez à coller.
– Oui, c'est génial. Dans un village, un petit village, effectivement, comme celui de M. le maire, c'est aussi une opportunité pour les écoles puisqu'on a une baisse démographique quand même importante dans notre pays. Et le fait d'avoir 48 enfants qui vont arriver comme ça, ça va permettre aussi, je ne connais pas les âges forcément de ces enfants, mais c'est aussi une opportunité pour l'école de garder, de ne pas fermer de classe. Et en fait, moi, ce que j'aime aussi dans ce système-là, c'est que ce n'est pas à l'institution de s'adapter à l'enfant, mais c'est pas à l'enfant de s'adapter
à l
'institution, pardon, mais c'est vraiment à l'institution de pouvoir répondre aux besoins des enfants. Et ça, c'est vraiment une belle réussite.
– Un dernier mot, M. le maire, parce qu'on parlait un peu plus tôt dans cette émission de la question du recrutement des éducateurs. Vous nous avez dit 73 employés dans cette structure. comment sont recrutés, formés les éducateurs
? –
Alors, c'est l'association Le Prado qui recrute l'ensemble des éducateurs. Ils ont déjà recruté des cadres de direction qui sont des personnes expérimentées et vraiment qui ont fait leur preuve et comment ils commencent ces entretiens d'embauche dans 8 jours. Voilà, très précisément.
en veillant de très près et ça, ils ont l'expérience puisque je vous disais que c'est une institution qui a vraiment une longue expérience, un siècle et demi à peu près et donc ils portent une attention très soutenue, je dirais, d'une part au profil des personnes, à leur expérience professionnelle acquise et aussi au fait qu'ils partagent pleinement les valeurs, valeurs d'éducation, valeurs d'accompagnement des enfants et pas simplement assurer, j'irais, un simple emploi. C'est avec tout le respect que j'ai pour toutes les personnes qui travaillent, bien sûr.
Merci beaucoup, merci M. le maire, Didier Bordet, maire de Saint-Jean-Goule nationale en Saône-et-Loire d'être venu nous parler de cette initiative. On termine, comme tous les jours, Xavier Jacoveli, par la lune de la presse régionale. On en a sélectionné trois, la lune de Ouest-France. Pourquoi le niveau des élèves français plonge encore On l'a vu en début de journal, les performances en maths, en compréhension de l'écrit des élèves français qui continuent de chuter. La lune du populaire du centre, rouge de colère. Ce sont les pompiers en grève depuis hier qui demandent plus de moyens et de considération. Et puis la lune de sud-ouest, les gilets jaunes.
La fracture est toujours là huit ans après le début du mouvement. 'est le Césaire de Nouvelle-Aquitaine qui s'est plongé dans les 28 000 contributions des cahiers de doléances dans la région avec de nombreuses recommandations, notamment pour réduire le fossé ville-campagne. Quelle lune choisissez-vous
?
Je vais être cohérent avec ce que je défends sur la question des élèves et la question de l'école. Je le disais tout à l'heure, on a une baisse de la démographie qui est quand même importante. Dans les années à venir, on va avoir 1,5 million d'élèves en moins. Donc, est-ce qu'on suit comme certains le souhaitent, on fait en sorte d'avoir des économies sur l'éducation nationale ou à budget constant, ça nous permet d'investir plus sur l'école ? Mais
de quelle manière ? Moins de
profs mieux payés ?
Non, autant de profs, mais moins d'élèves par classe, ce qui nous permet… Vous savez, toute la génération du dédoublement des classes qu'on a mis en place depuis 2018, en fait, elles n'ont pas été testées dans le PISA. Et donc, c'est aussi ça qui va nous permettre de voir que ces enfants qui étudient dans des classes plus petites permettent effectivement d'un apprentissage plus sérieux et plus efficient. Et donc, c'est vraiment l'objectif. C'est que défend Gabriel Attal d'ailleurs sur le fait d'avoir à budget constant moins d'élèves par classe.
On
va reparler, ce sera notre débat politique dans une demi-heure, évidemment, suivre. Merci Xavier Lacové.
Merci à vous.
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Xavier Iacovelli