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Débatyoutube.com· 21 octobre 2026 65 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheInstitutions & électionsNumérique

17 octobre : la jeunesse a-t-elle été confisquée de sa révolte ? - C Ce Soir du 21 Octobre 2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 42 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. 4 jours après les événements du 17 octobre et alors que depuis samedi les émeutes, les dégradations, les pillages ont saturé le débat public, nous voulions revenir ce soir à celles et ceux qui ont impulsé le mouvement social, à cette jeunesse française en crise existentielle qui peine toujours à être entendu.

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Que compte faire à présent la jeunesse de France pour se faire entendre ? La mobilisation va-t-elle s'essouffler ou repartir de plus belle ?

  • 1:37OuverteRéponse directe

    Souaya Saré, vous dites que le mouvement est loin d'être terminé. Tant qu'on aura pas obtenu les 10 milliards qu'on réclame, on continuera malgré la peur à aller manifester.

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Henry Blunden, vous dites à propos des dégradations et des violences de ce weekend, elles sont inexcusables mais parfaitement explicables. Notre pays crève de la ségrégation sociale.

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Zoé Dupuit, ce que vous retenez de la journée du 17 octobre, c'est avant tout un effet de convergence avec des trentenaires, des familles avec enfants d'anciens gilets jaunes présents dans le cortège.

  • 3:34OuverteRéponse directe

    Baptiste de Tomombe, vous pointez une forme de déréalisation et un effet de contagion qui favorise selon vous la violence et les actes déviants.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:15Souaya SaréFait
    « C'est notre mouvement, c'est notre colère, personne ne pourra nous la voler. »
  • 4:11Souaya SaréFait
    « Il est vrai qu'aujourd'hui, après toutes les violences qui ont eu lieu, le débat médiatique est souvent porté davantage sur ces violences-là que sur nos revendications. »
  • 4:46Souaya SaréFait
    « Parce qu'aujourd'hui les médias mainstream notamment, je pense voilà aux grands médias qui sont pour la plupart détenu par des milliardaires d'extrême droite et bah ça les arrange de porter des discours qui vont à notre rencontre. »
  • 5:50Zoé DupuitChiffre
    « Le traitement médiatique qui a été fait après le 17 octobre a été extrêmement porté sur les violences, ce qui reste quand même relativement marginal quand on pense aux 800000 personnes qui sont sorties dans la rue ce jour-là. »
  • 10:20Samuel AyatFait
    « Il y a eu beaucoup de mouvements sociaux en France par le passé comme les gilets jaunes par exemple durant lesquels il y a pas eu de pillage de magasins dans des proportions aussi considérable. »
  • 17:55Souaya SaréChiffre
    « Le 1er octobre 2026, il y a eu le plus grand nombre de personnes interpellées depuis plus de 50 60 ans. »
  • 18:26Zoé DupuitFait
    « On nous propose des cahiers de doléance avec une plateforme où on peut répondre à des formulaires. Mais qui nous dit qu'on va les écouter ? »
  • 19:04Zoé DupuitFait
    « Le seul moyen d'expression qu'on a réussi à trouver et d'ailleurs moi il y a encore quelques années les blocus, je voyais ça d'un assez mauvais œil. Mais le seul moyen qu'on a trouvé pour pouvoir s'exprimer sans se faire pardonnez-moi mais entuber, c'est de justement forcer un peu la main. »
  • 20:26NathanFait
    « La démocratie représentative n'est pas morte, il faut aussi la défendre. »
  • 21:07Zoé DupuitFait
    « Les plafonds qui tombent sur les élèves, le manque de professeur, les rats dans les lycées, ça ne date pas d'hier, ça ne date pas de septembre, ça date de bien avant. »
  • 22:24Baptiste de TomombeChiffre
    « 62 % des jeunes entre 18 et 29 ans qui se sentent régulièrement seuls. »
  • 24:13Souaya SaréFait
    « Philippe Baptiste refuse aussi les débats. D'ailleurs j'en ai été une victime de ça, hein. Je veux dire, j'avais un débat de prévu et finalement, il a été annulé 2 heures avant. »
  • 27:59Samuel AyatFait
    « La jeunesse le 17 octobre a fait un acte de souveraineté. »
  • 29:21Lauris ChavanetteFait
    « La Révolution française n'a jamais théorisé la nécessité historique de la violence pour advenir. »
  • 32:29Lauris ChavanetteFait
    « Il est plus facile de commencer une révolution que de la terminer. »
  • 33:46Lauris ChavanetteFait
    « La Révolution française n'a jamais théorisé la nécessité historique de la violence pour advenir. »
  • 35:05Lauris ChavanetteFait
    « La violence ne saurait être légitimée même dans une logique insurrectionnelle tant que nous ne sommes pas une tyrannie. »
  • 35:45Lauris ChavanetteFait
    « Il faut tenter de ressouder cet État autour de l'héritage de 89, des institutions, de la séparation des pouvoirs. »
  • 36:29Zoé DupuitFait
    « Les clés de l'apaisement, elles sont pas dans nos mains à nous. Elles sont entre les mains du gouvernement. »
  • 37:10Zoé DupuitFait
    « La jeunesse ne se sent pas écoutée. La jeunesse a des besoins auxquels l'État ne répond pas. »
  • 45:42Samuel AyatChiffre
    « Le 1er octobre 2026, il y a eu le plus grand nombre de personnes interpellées depuis plus de 50 60 ans. »
  • 46:26Samuel AyatFait
    « La violence politique, c'est la violence contre les personnes. Et ça a été théorisé dans les révolutions que il faut exercer la violence contre les personnes. »
  • 47:31Samuel AyatFait
    « On est en train de parler d'une jeunesse qui se fait tirer dessus et qui se fait violenter par l'État et par la République et qui je trouve réagit avec quand même beaucoup de patience et de placidité. »
  • 48:15Samuel AyatFait
    « Les révolutionnaires eux-mêmes ont créé la loi martiale. Vous citez Mara. Mara, il était pour créer une dictature. »
  • 48:55NathanFait
    « Les réseaux sociaux, c'est une révolution centrale qui est technologique et politique parce que c'est la première fois que tout le monde a le droit à une parole publique. »
  • 49:27NathanFait
    « Les réseaux sociaux, c'est une révolution centrale qui est technologique et politique parce que c'est la première fois que tout le monde a le droit à une parole publique. »
  • 52:26Fait
    « La vraie violence, c'est de se rendre devant son lycée et de rentrer avec un œil en moins. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:15

Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. 4 jours après les événements du 17 octobre et alors que depuis samedi les émeutes, les dégradations, les pillages ont saturé le débat public, nous voulions revenir ce soir à celles et ceux qui ont impulsé le mouvement social, à cette jeunesse française en crise existentielle qui peine toujours à être entendu. Quel bilan tirent-t-elle de cette journée de mobilisation ? Quel regardet-t-elle sur cette convergence des colères qui a fini par déborder ? Les jeunes en lutte ont-ils vu leur revendication éclipsé ? leurs paroles confisquées par les émettiers ou se réjouissent-ils au contraire de cette révolte profonde qui dépasse désormais largement les revendications initiales du mouvement lycéen ? Que compte faire

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à présent la jeunesse de France pour se faire entendre ? La mobilisation va-t-elle s'essouffler ou repartir de plus belle ? On a une heure pour en débattre. Bienvenue danser ce soir. C'est ce soir avec Nathan de vert. Salut Nathan. Salut Camille. Trois représentants et représentantes de cette jeunesse en lutte sont avec nous. Ce soir, je commence avec vous Souaya Saré. Bonsoir. Bonsoir. Vous avez 18 ans, vous êtes étudiante à la Sorbonne après une scolarité à Bondi en scène Saint-Denis, figure montante de la mobilisation depuis ses débuts, élu hier présidente de la Fédération des lycéens de quartier. Vous dites que le mouvement est loin d'être terminé. Tant qu'on a'ura pas obtenu les 10 milliards qu'on réclame, on continuera malgré

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la peur à aller manifester. Face à vous, un élève de terminal. Bonsoir Henry Blunden. Bonsoir. Merci beaucoup. Bienvenue à vous. Vous avez 17 ans, vous êtes scolarisé au lycée Simon Veale à Paris. Engagez-vous aussi depuis le début du mouvement. Vous dites à propos des dégradations et des violences de ce weekend, elles sont inexcusables mais parfaitement explicables. Notre pays crève de la ségrégation sociale. Alors vous qui venez d'un quartier plutôt privilégié, vous vous battez aussi. Dites-vous pour cette autre jeunesse qui n'a pas forcément eu les mêmes chances que vous. La troisième jeune engagée sur ce plateau, c'est vous, Zoé Dupuit. Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue. Vous avez 20 ans. Vous êtes étudiante en orthophonie et vice-présidente de la FAGEGE,

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la Fédération des associations général étudiante. Ce que vous retenez de la journée du 17 octobre, c'est avant tout un effet de convergence avec des des trentenaires, des familles avec enfants d'anciens gilets jaunes présents dans le cortège. Mais vous craignez aussi que les violences qui ont monopolisé la tension médiatique ne finissent par étouffer les revendications auprès du grand public. Euh également avec nous, un essayste légèrement plus âgé, à peine 24 ans. Euh c'est vous Baptiste de Tomombe. Bonsoir. Bonsoir. Alors vous vous n'avez pas participer au mouvement euh mais vous l'observez par le prisme du numérique et des réseaux sociaux qui sont votre objet d'étude. Le monde dans lequel la manifestation évolue n'est plus tellement le monde physique mais celui

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de TikTok, de Snapchat, d'Instagram. Vous vous pointez une forme de déréalisation et un effet de contagion qui favorise selon vous la violence et les actes déviants. Vous pourrez en débattre avec Samuel Ayat. Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue à vous. Vous êtes historien, politologue, spécialiste de la représentation politique et des mouvements sociaux contemporains. Euh alors, vous vous voyez plutôt dans l'usage des réseaux sociaux l'émergence de pratique de sociabilité qui échappe aux autorités traditionnelles. Autrement dit, un outil à la portée révolutionnaire. C'est ce que vous développez dans ce billet de blog publié sur le site de Médiapart. Pour vous, la jeunesse qui s'est révoltée le 17 octobre a par là accompli un acte de souveraineté. Euh la révolution,

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il lancera également question avec vous Lauris Chavanette. Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue à vous. Vous êtes historien, spécialiste de la Révolution française, euh enseignant à l'Institut catholique de Paris. Euh vous considérez que les jeunes devraient plutôt euh se constituer en association, organiser des forums, des débats euh plutôt que de bloquer leur lycée ou de prendre la rue car ce que vous avez surtout vu dans ce qui s'est passé samedi, c'est un déferlement de violence sans véritable idéologie. Et on va en débattre tous ensemble. Euh merci euh en tout cas à tous et toutes pour votre présence. On tenait donc, je le disais ce soir à convier sur ce plateau des représentants de cette jeunesse qui a défilé samedi dans les rues de France. Une manifestation

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d'ampleur euh qui a été comme éclipsée par les violences qui ont suivi. Euh je commence avec vous Sous Maya Saré. Début octobre, vous avez donné ce discours devant la mairie de Saint-Denis. Vous disiez c'est notre mouvement, c'est notre colère, personne ne pourra nous la voler. Alors, on est 4 jours après le 17 octobre. Est-ce que vous avez l'impression qu'il reste de l'espace pour porter vos revendications après après ce qui s'est passé ? Tout à fait. Je pense qu'il reste toujours de l'espace pour porter nos revendications dans la mesure où depuis le début on sait ce qu'on veut, on sait ce dont on a besoin et surtout on sait ce qui nous manque par rapport aux lycées qui sont plus privilégiés. Il est vrai qu'aujourd'hui, après toutes les violences qui ont eu lieu, le

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débat médiatique est souvent porté davantage sur ces violences-là que sur nos revendications. Et c'est une chose que nous déplorons malheureusement dans la mesure où ces violences-là ne vont pas à notre avantage puisque aujourd'hui les médias ça les arrange eux de parler plus des violences que de reindication. Mais je pense qu'il reste quand même un espace et c'est un espace qu'on réussi à s'approprier ou du moins à se réapproprier parce que c'est un espace qui nous a été volé aussi bien sur la sphère médiatique que politique et c'est un espace qui à travers les blocus et les mobilisations ont réussi à reprendre. Pourquoi vous dites que ça les arrange les médias ? Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Parce qu'aujourd'hui les médias mainstream

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notamment, je pense voilà aux grands médias qui sont pour la plupart détenu par des milliardaires d'extrême droite et bah ça les arrange de porter des discours qui vont à notre rencontre puisque aujourd'hui ceux qui se mobilisent ce sont surtout les jeunes des quartiers populaires qui ont des discours qui ne sont pas forcément avantageux pour ces personnes-là. Et on entend souvent l'instrumentalisation l'idée selon laquelle ce sont des partis politiques qui vont orchestrer ces mobilisations là. Donc c'est ce qui va un peu nous décrédibiliser en tout cas vis-à-vis des médias mainstream mais je pense qu'on pourra y revenir après avec les réseaux sociaux. On a réussi à changer cette image-là et à leur montrer la réalité derrière l'immobilisation. En tout cas,

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on a un média de service public et même si on a on a parlé euh des violences forcément qui inquiètent euh un certain nombre de français, mais on essaie aussi de de faire de la place aux voix des jeunes et à leur revendication. Henry Blunden, comment est-ce que vous voyez justement cette articulation entre ces violences qui ont saturé l'espace médiatique et les revendifications que vous portez depuis des semaines ? Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a quelque chose qui a été un peu gâché finalement ? Oui, je pense qu'il y a quelque chose qui a été gâché bien sûr parce que bon, le traitement médiatique qui a été euh euh fait sur le mouvement lycéen, il est déjà très négatif depuis euh longtemps. C'est-à-dire que bien avant le 7 le 17 euh octobre,

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le site Acrimeed avait euh révélé que seulement 8 % de la place attribuée au mouvement lycéen était euh au sujet des revendications et tout le reste sur le sujet des violences qui à l'époque était résiduell. Moi, si vous voulez, je pense que euh on a encore des revendications qui sont qui sont extrêmement claires et que les violences ont terni l'image de notre mouvement. Mais en aucun cas euh ces violences-là n'ont tué en fait ont tué le le le mouvement lycéen. Euh on a des blocus qui vont reprendre à la rentrée. Il y a plein de zones sur le territoire qui sont encore qui ne sont pas encore en vacances et qui vont pouvoir se mobiliser. Donc ça nous a affecté, c'est sûr. En

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revanche, ça ne nous a pas tué. Bien au contraire. Zoué du puit. Quel est votre regard ? Euh je partage la vie de de mes camarades. Effectivement, le traitement médiatique qui a été fait après le 17 octobre a été extrêmement porté sur les violences, ce qui reste quand même relativement marginal quand on pense aux 800000 personnes qui sont sorties dans la rue ce jour-là. Euh les les jeunes ne sont pas violents. Euh les jeunes se mobilisent depuis 1 mois pour des raisons qui sont assez claires, qui sont assez simples. Euh les mesures principales et ce qu'on demande euh c'est clair depuis le début, ça a été transmis, c'est entre les mains du gouvernement. Aujourd'hui, on continue à se mobiliser parce que si nous on arrête de le faire, personne ne

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reprendra notre place. Euh et actuellement, le débat public se concentre sur les violences et sur les dégradations qui ont eu lieu, qui sont certes déplorables et que qu'on ne soutient pas, mais il faut aussi le remettre dans le contexte du fait que ça fait un mois qu'on se mobilise et qu'à part des promesses et des paroles qui n'ont pas mené à des actes concrets et à des mesures tangibles, on n rien eu. Comment est-ce que vous entendez ça Baptiste de tombe finalement que ces violences il faut aussi les remettre dans dans le contexte d'un d'un gouvernement qui a été sourd à cette mobilisation et à cette colère lycéenne qui grondait depuis plusieurs semaines ? Oui, il y a clairement une focalisation médiatique sur la violence. Ça c'est indéniable le fait après

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qu'il n'y a pas de fumée sans feu pour autant. Euh ce que l'on peut constater quand même, c'est qu'il y a eu beaucoup de mouvements sociaux en France par le passé comme les gilets jaunes par exemple durant lesquels il y a pas eu de pillage de magasins dans des proportions aussi considérable. Ici en France c'est 3000 magasins en dessous qui ont été pillés. Ce sont 500 personnels de police mais aussi mais aussi euh pompiers qui ont été blessés. C'est quand même aussi des chiffres qui laissent à penser qu'il y a quand même une forme de violence exacerbée qui est largement véhiculée. Et ce qui je trouve est plus important encore, c'est que ce sont pas des des violences qui ont un ancrage symbolique ou idéologique. On n'est pas sur par exemple José Bovet en 99 qui vient

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démonder démonter pardon le McDonald's de Mio. on est sur des violences qui n'ont absolument aucun caractère politique, qui sont un saccage purement égoïste. Et la question qui se pose, c'est finalement comment est-ce qu'on incorpore dans une telle lutte des personnes qui visiblement bah incarnent quasiment cet appétit capitaliste, appétit pour le gain pur et dur de court terme, là où justement il y aurait une cause plus grande à défendre et donc une manifestation a aussi un devoir entre guillemets d'imposer un certain une certaine éthique aux personnes présentes en l'occurrence dans les mouvements. Et il me semble ici important aussi de voir que malheureusement beaucoup d'actes ont montré qu'il y avait un sujet là-dessus, qu'il y avait une incapacité

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à contrôler les masses. Samuel Aette, comment vous entendez ça ? Euh bah, j'entends ça forcément avec le le euh l'écoute de l'historien qui voit je travaille sur le mouvement du 19e siècle. où en réalité euh l'épag depuis dans toute toute l'histoire révolutionnaire, dans toute l'histoire des soulèvements, c'est quelque chose qui parfois a lieu, parfois n'a pas lieu. C'est vrai que il faut noter que les mouvements des gilets jaunes dans lesquels il y a eu des affrontements qui pouvaient être très difficiles n'étaient pas des mouvements dans lequel il y avait des pillages. Et à l'inverse, on a eu par exemple suite à à à la mort par du fait de la police du jeune Nail Merzou

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en juillet 2023, des situations dans lesquelles il y a eu beaucoup de pillages, c'est-à-dire c'est pas une caractéristique spécifique ou particulièrement rare d'un mouvement. et savoir s'il s'agit de choses politiques ou pas politiques. Je veux dire, à un moment donné quand ça prend place euh dans une journée de mobilisation au sein d'une mobilisation qui a lieu depuis des semaines et des semaines, dire qu'il y a pas de contenu politique, c'est un peu compliqué. Euh je pense que la en réalité les phénomènes, ce type qui appartient, on va dire, au répertoire d'action les plus protestataire puisqueil s'agit d'action d'action en l'occurrence illégale, hein. Donc le fait de de les mener quelque chose qui est dangereux pour les personnes

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d'abord qui les mènent. Et c'est ce qu'on est en train de voir avec la répression aujourd'hui et les premières comparisions immédiates, c'est des personnes euh qui euh lorsque elles sont prises euh avec euh quelque chose qu'ils ont pris dans un magasin ou chose comme ça, c'est une rupture biographique. C'est des gens qui risquent beaucoup. Et donc de ce point de vue-là, on ne peut pas dire que ce sont de mon point de vue simplement voilà la trait de la marchandise. Je dis pas que ça ne joue pas, je dis que c'est difficile d'y résoudre. Il me semble pour ma part que à chaque fois que vous avez des phénomènes de casse et en particulier de pillage, c'est très souvent sous l'effet, ça ne veut pas dire que c'est pour autant une bonne chose, mais

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c'est une rétribution face à ce qui est vu comme une injustice qui a été faite. Cette injustice, elle peut prendre plein de nature, mais c'est pas un hasard si c'est très souvent lié à la manière dont l'État traite violemment certaines partie de la population. Et euh les les scènes de pillage qui suivent notamment euh des morts euh sous la main de la police dans des quartiers populaires euh sont des scènes qui ont aussi l'expression, encore une fois ça n'est pas porté un jugement positif dessus, mais l'expression d'un certain sens de la justice. On nous a floué, on nous a fait du mal. Il y a une manière de remettre les compteurs à zéro en en se servant. Et je ne dis

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pas que ça invalide les autres motifs, mais on ne peut pas en faire simplement euh l'effet de personnes qui, on sait pas pourquoi elles seraient là à ce moment là, hop, elles sont venues et elles ont pris des choses. Il y a pas que, comme le dit très joliment cette formule très policière du ministre de l'intérieur, des il y a pas juste délinquant d'opportunités. C'est pas vrai. C'est c'est beaucoup plus un type d'action qui prend place dans un mouvement et qui révèle à mon sens entre autres choses, un sens de la justice qui a été bafoué. Laur Venette, pour ma part, moi aussi historien, je vois pas vraiment ce qu'il y a de rétribution dans les pillages. J'y vois de la dévastation. Je vois pas ce qu'il y a comme rétribution dans le fait d'investir la mairie de

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Marseille et de brûler l'hôtel de ville de Limoge. Euh cependant, je crois que c'est important de prendre de la hauteur et de considérer dans le temps long euh les mouvements effectivement de de de révolte, de contestation, de sacage que si on prend en bas, mais si on prend d'un peu plus haut aussi, il y a une crise globale de l'autorité de l'État. C'est indénégiable. La crise de l'autorité des professeurs de l'école, c'est pas anodin. La crise de l'autorité du pouvoir politique, on parle on parle parfois même de crise de légitimité des institutions. Donc crise de l'autorité du parlement, euh de la police. La police est légitime, à instauré l'ordre. Elle a

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reçu mandat par l'Assemblée, par les pouvoirs constitués afin d'assurer l'ordre public. Tout cela, c'est dans la déclaration des droits de l'homme. Le maintien de l'ordre public et la loi, les forces de l'ordre sont là pour y veiller. Alors ensuite, c'est vrai que ce ce déclin progressif de l'autorité de l'État amène un émettement ensuite de l'autorité où chacun se sent légitime à tirer de de de la société ce qu'il pense lui revenir de droit. Je crois que bien sûr les je connais pas bien, moi j'enseigne dans le dans le dans le le le supérieur, mais je connais pas bien les revendications lycéennes. Je crois qu'elles sont très légitimes. Elles

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viennent en plus de de de la base, du terrain. Euh donc, il faut savoir écouter. Il y a eu des cahiers de doléance organisés. Je crois que c'est bien la notion de cahier de doléance. Chez moi, ça sonne pas cru puisque c'est 1789, on consulte le peuple, c'est important. Mais si à chaque fois qu'on fait des cahiers d'oléance, désormais on invoque cette cette terminologie relativement creuse parfois euh et qu'on donne pas de suite, on va vider le mot de sa substance et la consultation du peuple va devenir ensuite un problème, une hypocrisie, ce qui va encore plus amener la crise de l'autorité de l'État. Donc nous sommes là pour trouver un compromis entre la loi et les libertés,

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la et aussi le le droit des des lycéens à à étudier dans des conditions normales. Comment vous l'entendez euh Henry Blunden ? Cette notion de crise de l'autorité ? Je pense qu'il y a une crise de l'autorité, c'est c'est indénégéniable. Euh en revanche, je pense qu'il y a aussi une crise de l'exécutif à écouter le peuple en fait tout simplement. Vous disiez il faut prendre de la hauteur. Moi, je veux bien qu'on prenne de la hauteur. Là, on est dans le 15e arrondissement. Si on prend quelques stations de métro, on s'aperçoit que la vie est complètement différente de ce quartier dans un autre. Euh, les violences, moi je l'ai écrit hein sur mon compte Instagram, elles sont inexcusables. On ne peut pas investir la mairie de Marseille, on peut pas brûler la mairie

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de Limoge, on peut pas ruiner des vies entières de travail, des milliers de magasins. Enfin, c'est c'est tout ceci est inexcusable. En revanche, moi j'observe que il y a une différence de traitement qui est fondamentale entre le quartier dans lequel j'ai grandi et d'autres quartiers aux abords de Paris et aux abords de toutes les métropoles de de ce pays. Donc au final, les violences qu'on a connu pour le 17 octobre, elles sont pas exusables mais elles sont parfaitement explicables. C'est dire quand on voit que il y a une une inégalité profonde d'accès au aux infrastructures sportives, aux infrastructures culturel dans certains quartiers populaires, dans tous les quartiers populaires même quand on voit qu'il y a une crise des des personnels du personnel de santé dans les

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lycées, dans les collèges de de banlieu enfin c'est si vous voulez moi je je j'observe que on a un exécutif qui écoute un peu qu'il veut dans la société qui laisse sur le banc de l'écoute euh tout un tas de populations et et qu'à la fin ce qui se passe pour le 17 octobre, j'essaie de m'exprimer clairement, même si c'est c'est c'est c'est c'est pas simple, mais ce qui s'est passé le 17 octobre, c'est on a recraché toute la souffrance dans de la violence, toute la souffrance, tout le le manque d'écoute, le manque d'empathie, le manque de de de moyens qui sont alloués au quartier populaire. Tout tout cela, on le déverse parce que on souffre trop. Voilà.

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Soyez, vous avez le même sentiment tout à fait et je rejoins aussi vos propos monsieur Hayat. Il je pense que la violence aujourd'hui qui a eu qui a eu lieu soit dans les blocus, donc dans les mobilisations lycéenne ou alors le 17 octobre, ce n'est que la réponse et ce n'est que le résultat de la violence qu'on se prend, la violence institutionnelle qu'on se prend continuellement. Effectivement, ces violences, ces violences, elles sont déplorables. Ça nous fait pas plaisir de voir des pères, des mères de famille perdre leur commerce, perdre leur seul source de revenu. Pourtant aujourd'hui, forcé de constater que tout cela aurait pu être évité si le gouvernement nous avait écouté et si on avait eu une réponse politique suite aux mobilisation, aujourd'hui ça

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fait plus d'un mois qu'on se mobilise. On aurait pu éviter tout ça si aujourd'hui on avait eu des réponses concrètes plutôt qu'une plateforme pour écouter les revendications des lycéens. parce que les plateformes il y en a il y en a eu depuis longtemps et surtout les revendications, elles sont connues. Ça fait des décennies qu'on demande les mêmes choses. Et je me permets juste d'ajouter quelque chose. Vous parliez des cahiers de doléance monsieur mais qu'est-ce qu'on en a fait des cahiers de doléances à l'époque ? C'estd que nous là on nous propose des cahiers de doléance avec une plateforme où on peut répondre à des formulaires. Mais qui nous dit qu'on va les écouter ? C'est ce que je vous dis. Non mais c'estàd que on là on parle de démocratie scolaire

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interne et cetera. Nous quand on sait quand on fait des blocus, quand on fait des manifestations, quand on investit nos hall d'entrée dans nos lycées ou dans nos fac, c'est parce que on voit très bien ce qui est en train de se profiler. Ce qui est en train de se profiler, c'est on va nous demander de remplir des formulaires sur une plateforme et puis quand il s'agira de parler de la discussion budgétaire, on n'écoutera plus rien, plus personne. Le seul moyen d'expression qu'on a réussi à trouver et d'ailleurs moi il y a encore quelques années les blocus, je voyais ça d'un assez mauvais œil. Mais le seul moyen qu'on a trouvé pour pouvoir s'exprimer sans se faire pardonnez-moi mais entuber, c'est de justement forcer un peu la main. Voici les les cahet

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de doléances, moi, pardonnez-moi, mais depuis 1789, j'y crois pas trop. Mais depuis 1789, on a le droit de vote et j'espère que chacun pourra user de son de son droit civique pour exprimer son désir. La démocratie représentative n'est pas morte, il faut aussi la défendre. Vous dites en Tubé euh les finances publiques sont délicates pour tout le monde, je j'entends complètement votre colère et cetera, hein. Mais c'est important aussi de légitimer les urnes parce que là, c'est le grand absent de de nos discussions depuis tout à l'heure. On parle d'ultimatum à 10 milliards d'euros ou bien c'est la rue. Au bout d'un moment, la concertation politique, elle passe aussi par le Parlement, par les corps intermédiaires, certes affaiblis depuis quelques années et

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c'est important de renouer avec le dialogue, vous le dites justement, mais aussi avec des décisions fortes, mais le force doit rester à la loi que cela c'est aussi cela notre histoire et la conquête de 1789. Soyons dignes de l'héritage de 89, c'est pas seulement l'insurrection, la prise de la Bastille et cetera. D'ailleurs, lorsqu'on prend le peuple prend la Bastille, il défend les députés de 1789 de l'Assemblée nationale. Il faut pas imaginer que c'est une insurrection anarchique pure et dure, ce qui va certes renverser les barrières pour se plaindre de de de l'injustice fiscale. Mais il y a aussi euh une fusion entre les insurgés et l'assemblée contre le le danger

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que fait poser le roi vis-à-vis des des des institutions. Mais les institutions de 89, nous en sommes les grands héritiers et nous devons aussi en être les défenseurs parce que c'est ce qui fait contrat social entre nous. Zoé Dupuit et Nathan juste après. Merci. Je pense qu'on oublie un petit peu trop rapidement ce que sont ces mobilisations, ce qu'elles veulent dire, dans quoi elles s'inscrivent, ce que demandent les jeunes. Certes, aujourd'hui, il y a de la violence qui aurait pu être écoutée si on avait été entendu, enfin qui aurait pu être édité, pardon, si on avait été écouté dès les premières mobilisations qu'il y a eu par les lycéens puis rejoindre par les étudiants, elles auraient pu être évitées tout court, bien en amont.

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Aujourd'hui, les plafonds qui tombent sur les élèves, le manque de professeur, les rats dans les lycées, ça ne date pas d'hier, ça ne date pas de septembre, ça date de bien avant. Euh c'est un manque d'investissement chronique pour la jeunesse, la jeunesse d'aujourd'hui. On parle de citoyens de demain, une partie d'entre nous sont déjà les citoyens d'aujourd'hui. Et les conditions dignes qu'on demande, on parle pas de caprice, on parle pas de conditions surréelles d'un on demande juste des moyens. pour être en mesure d'avoir une éducation qui soit qui nous permette derrière de nous émanciper, de faire les études qu'on souhaite faire, de s'intégrer pleinement et d'être reconnu

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en tant que qu'acteur de la société qu'on est. Euh et enfin ce sous-financement là, c'est pour ça qu'aujourd'hui on parle de mesures budgétaires. C'est pour ça que en terme de temporalité, c'est très intéressant de le faire maintenant au vu du PLF qui est discuté. Euh mais tout ça aurait pu être évité bien avant et on parle réellement d'un manque de considération de la jeunesse. Oui, parce que ce que j'entends finalement c'est des demandes qui sont très concrètes euh des à la fois des des demandes très concrètes sur les conditions matérielles d'apprentissage mais aussi d'ordre symbolique. Vous vous parlez d'être d'être reconnu comme des membres à part entière de de la société et d'être considéré en tant que jeunesse. Nathan ? Oui. Vous faisiez une distinction qui à

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mon avis est très importante entre excusable explicable. les violences sont inexclusables. Ce qui ne signifie pas qu'on ne peut pas les expliquer, qu'on peut pas comprendre quelles sont leurs causes, quels sont leurs motifs, dans quel contexte elles s'inscrivent, quelles sont leurs racines de différents ordres. D'ailleurs, le le le nuances que je pourrais avoir, c'est si ce raisonnement-là conduisait à penser que la violence était purement une forme de réaction dans une logique presque mécanique et que donc l'explication des causes de la violence fait qu'on va diluer toute forme de responsabilité en disant puisqu'il y a une violence qui s'exerce du haut, et bien la violence d'en bas, elle est presque mécanique comme si les gens n'étaient pas ne

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pouvaient pas choisir leur méthode. Surtout moi la question que je voulais vous poser en vous écoutant, c'est que j'ai quand même l'impression que avant le 17 octobre votre mobilisation qui est centrale, qui a mis des questions cruciales pour l'avenir de la République, pour l'avenir de notre pays sur le devant du débat public, elle a quand même fait l'objet d'une écoute, non pas de la part du pouvoir mais de la part la société. Par exemple, enfin dans notre émission, mais on peut dire ça de partout. On a passé euh depuis le début de la mobilisation avant le 17 octobre, on ne parlait que de vos revindications et j'ai l'impression qu'il y avait une forme peut-être pas d'unanimité mais en tout cas quand même dans dans de la part des éditorialistes,

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de la part d'une grande partie des candidats à la présidentielle de la classe politique et cetera de réaction consistant à dire les sujets que vous mettez sur la table, ils sont centraux, vos revendications sont légitimes et on doit s'en emparer. Vous avez pas l'impression quand même que là vous êtes écouté par la société ? On est écouté par la société, c'est clair. D'ailleurs, on l'a vu pendant le rassemblement du 17 octobre et même avant place de la Bastie et même avant enfin entre les deux place des invides. On a des parents qui viennent, on a des enseignants qui viennent, on a des adultes, des d'autres acteurs qui viennent nous soutenir. En revanche, ce que j'observe, c'est que le ministre de l'éducation nationale refuse tous les

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débats euh sur les chaînes en continu et BFM TV a énormément euh euh fait de propositions pour pour qu'il y ait un débat entre les jeunes et le et les deux parce que je je pense aussi que Philippe Baptiste refuse aussi les débats. D'ailleurs, j'en ai été une victime de ça, hein. Je veux dire, j'avais un débat de prévu et finalement, il a été annulé 2 heures avant. Donc il y a il y a un refus du de l'exécutif de se confronter au réel. Et de surcroix, il y a aussi une un un refus de vraiment écouter les propositions qu'on met sur la table. C'est-à-dire que oui, 10 milliards effectivement euh c'est beaucoup mais euh je veux dire on a on nous vente sans arrêt

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euh euh les le génie de la classe politique qui a fait des études euh de euh c'est des diplômes très technocratiques et cetera. Je veux dire, tous les ministères ont des secrétariats généraux. qui peuvent trouver en fait des moyens pour mettre plus d'argent dans dans l'éducation nationale. Et ça le gouvernement ne le fait pas. Le gouvernement nous a promis 1,2 milliards. Mais on fait quoi avec 1,2 milliards ? Est-ce qu'on refait le bâtis scolaire ? Je pense pas. Est-ce qu'on investit suffisamment pour que on ait un enseignant devant tous les élèves ? Je pense pas non plus. Est-ce qu'on investit dans une autre plateforme que celle que parcours sup qui est conspée par absolument tout le monde ? Même pas. Enfin, il y a une un refus de l'exécutive. Alors, la société est avec

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nous. 70 % des Français sont d'accord ou en accord avec les causes qui sont prenées par le mouvement. En revanche, on a un exécutif qui a fait pendant très longtemps la sour d'oreille et qui maintenant fait la sour d'oreille sur ce qu'on a à proposer. Tiens Baptiste de Tom. pense qu'il y a un danger à étendre le champ de la violence aux questions symboliques, aux questions institutionnelles et qu'on en vient donc à justifier les contre-attaques, la contreoffensive sur absolument tous les domaines et qu'en l'occurrence les pillages de magasins des particuliers qui voient leur vie s'envoler après l'immobilisation ne peuvent pas se justifier même s'expliquer en fait par cela qu'en l'occurrence des boucles Telégram ou même Snapchat soit organisé juste pour

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profiter justement du chaos afin de piller pose en soi problème et pour avoir été témoin du coup des manifestations ce samedi là j'ai quand même vu que les les ce qui avait été donc les pillages qui avaient été organisés concernaient très largement par ailleurs des biens qui n'étaient pas du tout des biens de printité. On n'est pas sur des pâtes, on n'est pas sur du riz, on est sur de l'alcool, on est sur des chaussures, sur des vêtements, absolument pas des choses qui sont forcément utiles à la vie courante. Et de manière générale, si euh la revendication fondamentale donc de plus de financement est hautement légitime, je pense que même si demain le gouvernement cédait sur la question de parcours suple, ça ne réglerait pas vraiment le problème de fonds qui je pense

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est beaucoup plus large que cela. beaucoup plus larges que les questions lycéennes qui sont ici euh posées. Aujourd'hui quand même, c'est 20 % des lycéens qui euh durant les 12 derniers mois ont eu les idées suicidaires. C'est environ 62 % des jeunes entre 18 et 29 ans qui se sentent régulièrement seuls. En fait, il existe un véritable vide social, un vide culturel, un vide éthique aussi qui n'arrive pas à être comblé. Et cette jeunesse en désérance, cette jeunesse aussi qui est victime d'une forme de nihilisme retrouve dans le mouvement je pense. Et c'est là où vous portez un point un un point qui est important pour moi. Vous portez aussi du coup un espoir, un horizon de sens pour une jeunesse qui parfois aussi se sent complètement accablée et comme

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et comme contrainte à une forme de fatalisme par rapport à l'histoire. Et là pour la première fois, on a le sentiment de reprendre en main notre destin et je crois que c'est là vraiment qui est la force de dire la jeunesse est aussi partie prenante de la société qu'elle peut enfin agir et soit être important. Mais pour qu'elle soit pleinement efficace, il faut se dodariser très clairement des violences qu'on a vu ici et ne pas chercher même les expliquer parce qu'en l'occurrence pour beaucoup je pense que cela ne peut pas être compréhensible. Samuel Ayad, vous écriviez euh euh dans votre billet que la jeunesse le 17 octobre a fait un acte de souveraineté. Alors qu'est-ce que vous vouliez dire par là ? Alors il s'agit pas du d'affirmer

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que la jeunesse a fait un acte de souveraineté. Il s'agit de le poser comme hypothèse au sens où lorsque vous avez quelque chose qu'on a vu donc 800000 personnes dans la rue par principalement des jeunes alors des jeunes et leurs alliés mais quand même beaucoup des jeunes des jeunes de toutes les classes de la société qui sont là qui sont tous ensemble et qui utilisent en plus des outils qui certes il y a la manifestation mais aussi il y a la manifestation sauvage mais aussi il y a les émeutes, il y a aussi les pillages, c'est-à-dire un peu tout l'arsenal des révolutions du passé, il se faut se poser la question qu'est-ce que ça change à notre regard si on se dit "Mais en fait peut-être que c'est pas juste une partie du peuple, quelques groupes

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comme ça qui sont en train de faire valoir leur revendication ou de faire des actions." Qu'est-ce qui se passe si on se dit c'est peut-être exactement ça le peuple ? C'est-à-dire c'est peut-être exactement ça les moments de reprise d'une souveraineté du peuple qu'on a vu dans le passé. Et ce que je veux dire, c'est qu'à chaque fois qu'il y a dans le passé des moments insurrectionnels, des moments de soulèvement, il y a toujours des gens pour dire "Mais ça c'est pas le peuple." C'estàd la prise de la Bastille, il y a pas du tout d'unanimité. C'est pour dire "Ah oui, bravo, c'est le peuple qui l'a fait." C'est toute une série de querelles d'interprétations qui amènent à dire "Ce ne sont pas juste des gens qui ont brûlé un bâtiment public et qui ont mis

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la tête du chef au bout d'une pique." C'est en réalité le peuple souverain qui a fait un acte. Et si on prend les différentes insurrections, je prends 1848 qui est une révolution intéressante parce que elle connaît beaucoup de de révolutions dans la révolution. Vous avez plein d'arrivées du peuple. À chaque fois, on se demande est-ce que c'est le vrai peuple ou pas qui est là ? Et vous avez des gens, vous avez qui vont dire la Martine est chef du gouvernement, il va dire le février 1848 c'est insurrection. Oui, c'est le vrai peuple, le peuple en majesté. En mars, il va arriver des grandes manifestations. Ils vont encore dire certains vont dire c'est le vrai peuple, d'autres vont dire "Non, c'est pas le vrai peuple." Et puis euh 16 avril 1848, pardon,

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un autre soulèvement. Et là, on va dire non, c'est le faux peuple. Et là, Martine va dire exactement ces mots. C'est le faux peuple. Pourquoi ? parce qu'il y a des faxieux et puis parce que il y a ce qui est les mêmes mots hein qui sont qui sont utilisés aujourd'hui pour dire que que ce n'est pas une une insurrection populaire qui qui a eu lieu ou qui se prépare parce que aussi ce sont des éléments étrangers. On dit à l'époque c'est le mot c'est de dire que ces éléments étrangers qui viennent souvent d'en dehors de Paris et puis qui arrivent, on les appelle des barbares et c'est le mot qui est utilisé aussi pour parler de l'insurrection à Lyon en 1831. Donc il y a toujours cette question de de qui s'agit-il ? Et ce qui m'embête dans les discours pas seulement du

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gouvernement mais aussi des commentateurs qui vont faire des séparations, manifestants légitimes, casseur, pillard et cetera, c'est qu'en fait il n'y a personne pour dire où il n'y a pas d'institution pour dire, contrairement à 1789 et où l'Assemblée nationale autoproclamée était là pour dire ceux qui ont pris la bastie c'est le peuple. Il n'y a personne pour ne serait-ce que supposer que peut-être ça ressemble à ça le peuple souverain. Et lorsqueon a une génération entière qui se soulève et qu'on a une société entière qui la soutient euh je pense qu'il y a quand même une une un fort intérêt à suspendre le jugement qu'on a sur l'habituel de la politique et des mouvements sociaux et se dire peut-être que ça c'est exactement le peuple en train de

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creuser l'écart entre ce que l'État dit de lui et ce qu'il est réellement en train de faire. Moi ce que je trouve intéressant d'observer, je vous donne la parole juste après, mais c'est que jusqu'au 17 octobre, on a beaucoup convoqué M 68 dans dans le débat public en se demandant voilà est-ce que c'est un nouveau M 68 ? On l'a vu aussi écrit sur les pancartes des des lycéens, des manifestants et là j'ai l'impression que depuis samedi, on va convoquer plutôt l'histoire révolutionnaire française. Sousayaré, est-ce que vous vous avez l'impression de participer à un moment qui pourrait être d'ordre révolutionnaire ? Autrement dit, est-ce que finalement maintenant le sujet il dépasse pas largement les revendications initiales des des lycéens ? Je pense que le sujet

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effectivement il va au-delà des revendications. On l'a vu le 17 octobre avec cette véritable convergence he qu'on a pu observer et je trouve que c'est ça aussi qui fait notre force, c'est qu'aujourd'hui on arrive à justement converger les luttes et à faire en sorte qu'on marque une véritable rupture dans ce qu'on avait l'habitude d'entendre et même enfin personne ne s'y attendait. La mobilisation nous a tous pris de cours et le gouvernement non plus ne s'y attendait pas et pensait que la mobilisation a laissé souffler. Et c'est justement à mon avis en divisant le peuple et en divisant en distinguant les manifestants des émeutiers, des casseurs et cetera qu'on va chercher à essouffler la mobilisation. Nous, en tout cas,

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on fait pas de distinction, c'est-à-dire que nous sommes tous des manifestants. La violence est un moyen justement d'exprimer cette colère-là qui ressurgit. Et c'est un ralbol qui c'est un ralbol qui existe et qui doit justement ressortir. Bon, on dit pas que la violence c'est la meilleure forme pour faire ressortir ce ralbol, mais aujourd'hui malheureusement ça fait des années qu'on essaie de se faire entendre. Donc forcé de constater qu'on en vient justement à ces actes. La Chavanette, c'est très intéressant de vous écouter là. On convoque encore la révolution. Euh en fait la Révolution française, on en a en France globalement, c'est notre fête nationale euh le 14 juillet, une mémoire positive. On la célèbre chaque année. C'est vrai bon, il y a le

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défilé sur les Champs-Élysées, mais il y a aussi nos balles populaires où le peuple se rassemble et et célèbre la liberté en en chantant "On danse plus la carmagnole, mais au moins on se réunit." Ce qu'on a parfois un peu oublié, c'est qu'il est plus facile de commencer une révolution que de la terminer. Et tout le 19e siècle dont vous parlez à juste titre, c'est une tentative de clore le la l'empilement, l'enchaînement de la contestation du pouvoir et donc la révolution continue jusqu'à la 3e République. Elle ne s'arrête pas avec Bonaparte. En ce sens, elle est un un un

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événement et un avènement historique qu'il faut terminer afin d'en tirer tout l'héritage positif pour pouvoir le transmettre. Après, il y a une deuxième chose sur le registre de la violence euh en en dans en fait, il y a une grande différence entre la révolution française et la révolution bolchevique, celle du 20e, c'est et et même la révolution euh nazie, c'est que la révolution française n'a jamais théorisé la nécessité historique de la violence pour advenir. Cela s'est fait par un un un un bouillonnement d'émotion collective et d'union de la nation. C'est la

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nation de 89 née à ce moment-là, mais il y a pas de légitimation de la violence avant que celle-ci n'éclate. Alors que la révolution communiste et la révolution nazie, on en parle pas, euh la violence est légitimée comme moteur de l'histoire. Et c'est pour ça que moi ça me ça me ça je suis content d'être invité ici pour rappeler que la violence ne saurait être légitimée même dans une logique insurrectionnelle tant que nous ne sommes pas une tyrannie. Parce que nous avons le droit dans la déclaration des droits de l'homme de résister à l'oppression. Qu'est-ce que l'oppression ? Mais il faut aller en Iran, faut aller ailleurs pour voir ce que c'est une oppression. Euh alors,

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il y a des injustices sociales que que il y a des des des hypocrisies institutionnelles, politique, euh on voit ça régulièrement, mais la révolution souvent empire les choses, surtout quand on part d'un état comme le nôtre qui a une crise de l'État qui est grave, l'endettement et cetera, mais au contraire, il faut tenter de ressouder cet état autour de l'héritage de 89, des institutions, de la séparation des pouvoirs, du pouvoir pouvoir judiciaire et la police fait aussi partie de ce cortège de de de juste création permettant de vivre ensemble comme concitoyens et de retrouver

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donc une une paix civile, une paix sociale. Et la jeunesse, moi je j'enseigne à l'Institut catholique de Paris qui pour la première fois était bloqué. Donc on a on a été surpris. Euh en même temps, ce que j'ai vu, c'est quand je me suis connecté pour faire cours à distance pendant une semaine, et bien il y avait 98 % d'étudiants connectés à distance. Donc ça veut dire que c'était rarissime ce qui on ne peut pas bloquer les réseaux sociaux, on peut pas bloquer la technologie. Enfin, on peut bloquer les réseaux sociaux mais la technologie, pouvoir discuter, le téléphone, discuter à distance, c'est pas possible. Donc il faut que l'intelligence circule. Vous avez bloqué, c'était c'était votre cri, votre émotion, ça vous tenait au ventre pour

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pour conquérir des droits et des des gains. C'est légitime de de d'exprimer son ralbol, mais il faut savoir arrêter même les blocages comme il faut savoir arrêter les révolutions, sinon ensuite il y a l'engrenage et le gouvernement, il ferait un chèque tout de suite s'il pouvait de 10 milliards d'euros. Il peut pas. Tout tout le monde veut réagir. Zoé du puit, on commence par vous. Merci. Je je comprends ce que vous dites mais je pense être profondément en désaccord parce que actuellement faire reposer la responsabilité d'arrêter ce mouvement sur la jeunesse qui depuis des années n'est pas écouté, n'est pas entendu, c'est nous enfin nous

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responsabiliser là où la responsabilité elle est pas censée être sur nous. Euh actuellement nous on fait entendre notre voix, il n'y a pas de réponse en face. Actuellement les jeunes, la jeunesse est en crise. La jeunesse ne se sent pas écoutée. La jeunesse a des besoins auxquels l'État ne répond pas. Et les clés de l'apaisement, elles sont pas dans nos mains à nous. Elles sont entre les mains du gouvernement et qui pour le moment décident de ne rien mettre en place pour améliorer les conditions qu'on vit nous au quotidien. Mais moi je je j'aimerais rebondir sur deux choses. D'abord, je suis en désaccord avec ce qui a été dit sur il ne faut pas faire de séparation entre les manifestants et les casseurs et pour moi, si on veut que ce mouvement persiste et perdure,

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il faut être extrêmement clair sur les violences. vouloir expliquer les violences comme je l'ai fait et de façon extrêmement incomplette sur mon compte Instagram bien sûr mais après il y a le fait que aucune cause aussi juste soit-elle ne doit engendrer des magasins pillés et des des et des mairies en feu. Si on n'est pas extrêmement clair sur cette question là des violences, on narrivera jamais nous à nous faire entendre par le gouvernement qui après utiliser ça comme un étant d'art pour nous dire et ben écoutez puisque vous avez décidé d'être violent et ben nous on parle pas avec vous. Et puis ensuite il faut aussi être extrêmement ferme vis-à-vis de ça parce que après il y a une élection présidentielle dans 6 mois et que ça pour le Rassemblement national déjà

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qu'ils sont à 36 % si on veut pas qu'ils soit à 50 dès le premier tour, on a intérêt à être extrêmement clair sur cette questionl. Ensuite, vous nous dites "Monsieur, il faut arrêter les blocages." Et à un moment donné, il faut arrêter les blocages parce que ça mène à rien et parce que ça va vers l'escalade. Mais enfin, arrêter les blocages, je veux dire, ça fait un mois, on peut enfin on peut tenir un peu plus. Enfin, c'est pas long un mois, ça fait pas un an qu'on bloque, ça fait pas un an que le système scolaire il est à l'arrêt, ça fait un mois. Donc je veux dire, on on pardonnez-moi ce ce terme un petit peu trivial, mais on on un état petite nature comme ça là sur sur un mois de de contestation sociale, je pense que il peut résister quand même. Et puis

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si vous voulez, il y a il y a aussi la question de de de l'écoute qui n qui qui est dans un camp mais qui n'est pas dans l'autre. On est nous lycéens depuis des années à essayer de faire entendre nos voix auprès des élus régionaux, auprès de nos élus municipaux, auprès de de l'exécutif. On est entendu par personne. Donc ça fait un mois effectivement qu'on qu'on bataille un petit peu. Mais mais arrêter les blocus pour nous là maintenant, c'est très c'est très dur à entendre parce que ça fait pas longtemps et parce que on a envie d'être entendu. Btiste de Tombe. Je suis un peu gênée par le fait de d'amalgamer toutes les violences ensemble comme si elles avaient tous le même le même symbole derrière. Les violences de gilets jaunes s'opposaient aux

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forces de l'ordre. C'est regrettable mais il y a une cohérence par rapport au combat qui est mené ici qui fasse un pouvoir qui juge illégitime. Lorsque les violences touchent des particuliers, on peut s'assurer que les Français vont se désolidariser du mouvement extrêmement rapidement. La descence commune telle qu'elle étorisée par George Orwell montre bien une chose, c'est que absolument tout le monde est choqué par les scènes qui ont été diffusées. Et si effectivement ça reste un phénomène minoritaire, quoique d'ampleur sur 20 25 ans ou 30 ans, on peut pas simplement de rever de main dire cela fait partie de la lutte sociale. Bien au contraire, moi je vous dis que si vous vous agrégez aux émeters alors vous perdrez la lutte aussi vite que possible. Pour réussir

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la lutte, il faut déjà commencer par savoir qui l'on est avec avec quel avec quel moyens, avec quelles armes on veut lutter. Et le problème c'est que parfois on a oublié pourquoi en lutte et avec quelles armes, on finit par se perdre. Et la la perdition effectivement ici s'approche très rapidement. Un dernier point aussi que j'aimerais soulever qui effectivement fait écho à ce que vous disiez sur la question du numérique, c'est qu'il y a eu en fait plusieurs étapes durant lequelles l'État a perdu le contrôle des mouvements sociaux en France. Il y a évidemment les syndicats, ils se sont effondrés progressivement, que ce soit avec l'échec du parti communiste français qui est devenu minoritaire, la CGT et cetera, la libéralisation de manière générale de l'économie,

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les syndicats sont devenus beaucoup moins performants pour encadrer les mobilisations. Ce qui arrive maintenant et qui s'agrège déjà à un phénomène de dilution totale, c'est la question des réseaux sociaux. On a donc maintenant des médiations qui s'organisent complètement en dehors des cas traditionnels. Il n'a pas de tracte à diffuser devant une école, donc il demande une autorisation du proviseur. Absolument tout se fait. hors d'un schéma institutionnel et cela pose question parce que forcément on n' pas du tout tout d'accès à ce qui se produit d'où le fait que l'État a complètement sous-estimer l'ampleur de ce qui s'est produit et qu'on ait pu de coup voir aussi ce type de débordement arriver aussi nombreux. Nathan, je te fais patienter encore un

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tout petit peu parce que je pense que Samuelette a des choses à dire sur ce sur ce dernier point euh sur le rôle des des réseaux sociaux que vous vous abordez dans le texte que vous avez publié. Alors, le rôle des réseaux sociaux, c'est il y a plein de manières de le voir, mais je pense que c'est quand même quelque chose qui permet euh une homogénéité générationnelle qui n'a d'une culture générationnelle qui a pas eu trop euh d'équivalent auparavant. C'est-à-dire que euh avant euh ces modes de sociabilité très spécifiques qu'il y a sur les réseaux sociaux, euh ben vous avez une société qui est beaucoup plus fragmentée où les univers de référence d'une partie de la société ne sont pas les mêmes que celles d'une autre. Aujourd'hui, vous voyez bien

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dans les mouvements de gén de de la génération Z un peu partout euh pas seulement en France, que vous avez une sorte de simultanéité euh des références, des protestations euh que vous trouvez ici des échos euh au mouvement du peuple des cafars comme il s'appelle euh en Inde hein qui est aussi un mouvement de la jeunesse extrêmement fort qui a réussi à faire vaciller le gouvernement autoritaire de Narendra maudit parce que en gros il a réussi à faire tomber le ministre de de l'éducation nationale parce que le gouvernement avait traité les les jeunes de Cafar. vous avez des sortes de de de concordance des temps et de mise en mouvement d'une d'une de mon point de vue d'une génération qui est permise par ces mode de sociabilité et qui aussi explique alors on va

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le voir un peu différemment mais cette histoire euh euh d'affaiblissement euh de l'ordre ancien euh de l'ordre étatique de l'ordre symbolique tel qu'il existe. Ce qu'il faut bien voir, c'est que si on prend à nouveau la Révolution française, désolé mais tant qu'à faire hein, puisque on chante on chante la marseillaise partout devant les lycées, queil y a le drapeau français partout dans les protestations, ça peut valoir la peine d'aller voir. Si on prend une interprétation de pourquoi il y a cette Révolution française, il y a une interprétation de d'un historien qui s'appelle Roger Chartier qui dit parce qu'en fait il y a eu un travail pendant tout le 18e siècle d'affaiblissement de l'ordre symbolique de l'ancien régime et la a poussé dans

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la société mais sous la ligne de visibilité à pousser une autre culture qui à un moment donné s'est mis à homogénéiser à homogénéiser beaucoup de personnes qui se sont mis un peu en révolte et la révolte est permise par cette affaibl ement culturel. Je pense qu'on arrive à quelque chose un peu du même ordre. Il y a une culture générationnelle qui permet de dire parce qu'elle est générationnel qu'elle est justement quand même quelque chose qui va faire commun et va créer un sujet politique assez unifié et qui à mon avis est un peu un sujet de la démocratie. Et c'est pour ça je voudrais juste revenir sur cette question là. Moi, si j'entends que de dire peut-être

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que cette génération, elle est le peuple ou en tout cas elle est euh une partie significative du peuple et assez large, on peut pas ne pas l'écouter. C'est-à-dire ce que je veux dire, c'est qu'en démocratie, si vous considérez que il y a des protestations et des demandes qui viennent de manière significative du peuple, vous avez pas le droit de juste dire "En fait, on vous écoute pas ou bien on va vous faire une petite plateforme de participation puis vous allez répondre." C'est ce que je veux dire, c'est que c'est pas juste euh c'est c'est ça va contre le principe même de la démocratie. Et de ce point de vue-là euh il y a une nécessité pour le peuple certes d'être patient et je pense que cette génération est incroyablement patiente et je pense qu'il y a un

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problème à parler de violence à la manière de dont dont parlait de la violence dans la révolution bolchevique ou dans la révolution française parce que il y avait des théorisations de la violence. Je suis pas d'accord avec vous là-dessus. Pendant la Révolution française, si vous lisez Mara, l'ami du peuple, il dit "Tout ça va être réglé par des torrents de sang". C'est-à-dire qu'il faut qu'on aille à l'assemblée et tout va être purgé et on va réussir à avoir une bonne une bonne révolution et la révolution va rester sur ses traces si le peuple se fait justice lui-même. Moi je trouve que la génération aujourd'hui face à la manière dont l'État refuse je dire les considère avec le plus

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grand des mépris en n'écoutant pas ce qu'ils ont à dire et leur fait une répression. Faut juste dire les choses. Le 1er octobre euh euh le 1er octobre 2026, il y a eu le plus grand nombre de personnes interpellées depuis plus de 50 60 ans. Il y a eu plus de personnes interpellées en un jour qui n'en a jamais eu en mai 68, qui n'en a jamais eu pendant les gilets jaunes, qui n'en a jamais eu pendant les émeutes de 2005 suite à à la mort de Zed et Bouna. On est sur vraiment quelque chose d'inédit. Bah moi tr par du 1er octobre donc encore sur les boulocus des lycées et encore bien un avant queil y ait justement ce qu'on considère aujourd'hui à juste titre euh comme étant tout de même des véritables débordements dans les meutes. Cela veut dire quoi ? Ça veut

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dire que cette jeunesse est extrêmement patiente et que moi je la trouve extrêmement spécifique parce que justement oui, il y a des pillages et il y a des affrontements avec la police mais il faut pas se tromper. La violence en tout cas en science politique nous on parle pas de violence contre les biens. Ça n'existe pas. La violence politique, c'est la violence contre les personnes. Et ça a été théorisé dans les révolutions que il faut exercer la violence contre les personnes. Moi, je n'entends personne et c'est heureux dans cette jeunesse dire maintenant on va passer vraiment on va passer à la violence et c'est une très bonne chose qu'il ne le fasse pas mais à un moment donné quand vous ne cessez de dire à cette jeunesse elle est violente, elle est violente,

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elle est violente, attention parce qu'il pourrait vous écouter. Mais ceux qui rentrent dans l'hôtel de ville de Marseille c'est c'est des biens. Mais d'accord, c'est même des biens publics, monsieur. C'est des biens, c'est des biens symboliques. C'est de la dégradation matérielle. Ça n'est pas quelque chose. C'est pas c'est la dégradation. C'est une attaque à la République. C'est la République. Vous pouvez mettre tous les mots que vous voulez. En sciences politiques, on ne parle pas de violence politique pour ce genre de choses. Et ça permet et du coup ça fait que vous pouvez vous venir avec des comparaisons. Vous allez parler de de la révolution nazie et des trucs et attendez on est en train de parler d'une jeunesse qui se fait tirer dessus et qui

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se fait violenter par l'État et par la République et qui je trouve réagit avec quand même beaucoup de patience et de placidité. Non, mais là, il y a pas Adolp Tierce ou euh la commune de Paris, pardon, euh qui qui ouvre le feu sur la foule avec des centaines de morts. Les révolutionnaires eux-mêmes ont créé la loi martiale. Vous citez Mara. Mara, il était pour créer une dictature, mais Mara était considéré même par Denton comme un fou. Euh il est il se considérait l'ami du peuple, lui aussi. Il invoquait le peuple à la souveraineté populaire à grand à grand mot. Et ensuite, il désignait la vindicte publique euh 300000 personnes dans son journal qui pouvaient être massacré. Donc on parle pas de de de violence, on parle de de massacre euh de masse.

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Euh on parle de l'élimination de députés élus euh comme les Girondins ont été traînés à à l'échafaud en chantant la guillotine. Faire l'apologie de Mara, c'est pas l'apologie, je dis qu'il y a de la violence, que c'est ça la violence, c'est ça la violence révolutionnaire. C'est pas c'est pas c'est pas des magasins cassés. des magins ce sont des commerçants aussi qui ont été d'accord, il faut tout à fait d'accord. On va laisser la parole à Nathan qui essaie depuis tout à l'heure. Moi, j'ai entendu la condamnation qui est qui est faite aujourd'hui de la violence pour sortir de des références à à la révolution et et je crois qu'en effet la question des réseaux sociaux, elle est elle est quand même absolument centrale dans cette affaire parce que s'il fallait définir votre

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génération, on a un écartage nous qui n'est pas qui n'est pas immense, qui doit être d'une d'une moins de 10 ans, mais peut-être que la distinction c'est que moi ma génération, elle a grandi avant les réseaux sociaux, à quelques années près et que je me souviens dans mon adolescence d'ailleurs souvent je découvrais une expérience les premiers amis de collège c'est à peu près au moment de l'apparition de Facebook puis après c'était donc j'ai j'ai grandi en même temps que les réseaux sociaux vous j'ai l'impression que ces quelques années d'écart qui sont minuscules en fait elles font que vous avez grandi dans un monde une société structurée par les réseaux sociaux ça fait à mon avis deux différences et je voulais vous poser la question première

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c'est que les réseaux sociaux et la comparaison avec la révolution elle est très intéressante. Les réseaux sociaux, c'est une révolution centrale qui est technologique et politique parce que c'est la première fois que tout le monde a le droit à une parole publique. Les grands théoriciens de la révolution, ils faisaient la distinction entre paroles publiques et paroles privées parmi les citoyens. Même en démocratie, il y a des gens qui vont avoir le privilège de s'exprimer dans les médias, dans les en faisant des tribunes, d'écrire des livres, de passer à la télé, enfin, il y avait pas la télé mais c'était l'idée. Et les autres, ils vont parler en privé, donc ils vont subir la parole de tout le monde. Vous, vous avez tous une parole publique et je crois que

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c'est central au cœur de votre action. La question que ça peut poser et que je voulais vous poser, c'est euh dans quelle mesure les réseaux sociaux ils cèent cette libération s'accompagne aussi d'une forme de création de solitude. Anna Harent dans dans les origines du totalitarisme, elle théorisait cette loneliness, cet essement des individus que la modernité avait induit au début du 20e siècle. Est-ce que là on n' pas affaire aussi à quelque chose de cette nature, à savoir les réseaux sociaux qui permettent de sortir d'un mal-être d'une génération mais qui aussi peut-être en en participe dans ce mouvement. Ouais. Les réseaux sociaux, c'est ce que j'ai dans le le livre La révolution affective que j'ai écrit, c'est-à-dire que euh crée un malaise

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généralisé en matière sociale où la connexion vient remplacer progressivement la relation. La présence très fluide immédiate remplace la présence engageante qui implique la relation. relation étymologiquement c'est relationux c'est le récit qu'on va bâtir ensemble dans le lien que l'on crée tous ensemble et bien cette connexionlà n'est pas la relation et ça on comprend aujourd'hui parce qu'on produit des générations entières qui n'arrivent pas à avoir une forme de satiété relationnelle point assez intéressant au plan hormonal la relation physique incarnée comme nous avons ici va souvent produire l'ocytocine hormone de l'attachement avec le virtuel on a plus ça ou du moins de manière bien bien bien moindre donc ce qu'on observe c'est que au plan biologique

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c'est compliqué de vraiment lier Et le fait est qu'en plus de cela, les réseaux sociaux créent un effet de comparaison permanente. En permanence, on voit d'autres profils, d'autres amis potentiels et forcément, ça crée un gaspillage. On voit qu'il y a mieux ailleurs. Alors, on est prêt à gâcher l'amitié qu'on a ici, la relation amoureuse qu'on a là pour en fait trouver mieux ailleurs. Et ce ce paysage là au plan relationnel est un véritable cataclysme. Et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai dit au début, c'est parce que nous sombrons dans un monde antisocial, un siècle antisocial, une génération antisociale, que ce mouvement-là incarne enfin l'excuse, j'ai envie de dire, l'excuse d'un lien puissant qui peut fédérer. Et c'est extrêmement important

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à comprendre et ça explique aussi pourquoi il y a les déboirs aussi qui peuvent se produire. C'est-à-dire que le lien social est aussi vecteur de norme d'un bien, d'un mal. C'est parce qu'on a aussi des parents qui nous ont éduqué, des amis qui nous ont dit que c'était bien ou c'était mal qu'on va le reproduire ou non. Et le fait est que l'absence de lien crée aussi parfois un décalage dans les repères normatifs encore plus bousculés par les bulles de filtre qui viennent dire ton réel n'est pas le mien et lorsqu'il y a choc forcément il y a session. Soy Sar je voulais revenir sur ce qu'on disait sur la violence. C'est d'ailleurs un débat qui aujourd'hui est omniprésent dans les sers médiatiques. Mais on parle assez peu des violences de l'autre côté,

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des violences de l'État et des violences de la police parce qu'aujourd'hui l'État nous répond par une réponse répressive, par une réponse policière. Pour moi, la vraie violence c'est de se rendre devant son lycée et de rentrer avec un œil en moins. Pour moi, la vraie violence, c'est de rentrer avec des dents en moins, de rentrer avec une main explosée. Pour moi, c'est ça la vraie violence. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de violence du côté des manifestants, mais aujourd'hui, on a un double discours et on a l'impression qu'on niit les violences policières. Il y a des gens qui sont morts dans ces mobilisations là. On parle d'adolescents de 14 15 ans qui réclament les mêmes voies que les autres. Et pour moi, c'est ça la vraie violence.

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Et j'insiste sur ce point. Aujourd'hui, on parle davantage des violences et des pillages qui ont été effectués lors des mobilisations plutôt que des vies qui ont été gâchées par la police et par la réponse que l'État nous apporte aujourd'hui. Pour moi, la dire qu'il y a une vraie violence et qu'il y a une violence qui est moindre, c'est un c'est un peu agaçant parce que il y a eu deux mains arrachées euh depuis le début de ce de ce de ce mouvement lycéen. Il y a eu des œils qui ont été perdus. Enfin, il y a une violence physique de l'État sur des jeunes qui est absolument insoutenable. Mais je n'aime pas utiliser enfin dire que la violence qui est faite sur les jeunes, elle est plus grave que les 3000 commerces qui ont été pillés. Parce que bien sûr qu'on peut

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on peut rentrer dans ce discours qui consiste à dire que et ben oui, il y a une boutique qui ne ressent rien parce que c'est du du plastique et du métal et il y a des jeunes qui ont perdu qui ont perdu un membre. Je peux je peux l'entendre. Je peux l'entendre mais moi quand je regarde les commerçants du centre de Paris ou de la place de la République qui ont perdu une vie de travail, mais il faut qu'on se rende compte aussi de de la violence que c'est que d'avoir perdu sa vie de travail. Alors, on peut dire comme cette personne sur le plateau d'une chaîne concurrente qui disait "Vos boutiques, c'est bien mignon." Mais en fait, les boutiques pour certaines personnes, ça représente un un une vie de laur qui bah part en fumée en fait. Et euh euh j'aimerais en fait

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qu'on parle de toutes les violences, qu'on arrête de d'opposer les violences et qu'on dise voilà on a on rentre dans une sphère où on a des violences d'état, des violences policières qui sont insoutenables et qui font qu'il y a des jeunes qui reviennent euh euh ébornés ou ou amputés chez eux et c'est c'est ça donne la boule au ventre. Mais d'un autre côté, on a aussi des violences de casseur sur des commerçants qui en fait sont à vomir. En fait, je voudrais qu'on laisse la question des des violences de côté. On s'approche de l'émission pour revenir sur un sujet que vous avez commencé à à soulever tout à l'heure Samuel Ayat, celle de de la culture générationnelle de cette jeunesse ou de ces jeunesses qui se soulèvent en France ou ailleurs.

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Parce qu'on a vu aussi des modes d'action au sein des cortèges et des manifestations assez intéressants et notamment des références qui sont mobilisées. pas mal d'humour que ce soit sur les pancartes ou je pense à à samedi certains des manifestants qui étaient déguisés en superhéros, en Superman, en Batman, en Captain America pour pour défiler. Qu'est-ce que ça nous dit Zoé Dupi aussi des modes d'expression de votre génération ? Moi, j'ai le sentiment que c'est aussi quelque chose qui échappe à une grande partie de la classe politique et à une grande partie du monde des adultes tout court. Non, je pense que c'est très représentatif de cette jeunesse qui se lit, qui se

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rassemble et qui se retrouve autour de références qui sont communes. H et moi, c'est l'image que je préfère garder de ces mobilisations et de ces manifestations parce que depuis tout à l'heure, on parle beaucoup de la violence. Pour moi, c'est très très important. C'est même essentiel qu'on ne résume pas l'immobilisation aux violences puisqu'on sait que généralement elle se passe en marge des mobilisations et des manifestations qui sont déclaré et encadré. Euh les jeunes qui se rassemblent, qui décident de ne pas se laisser abattre par la violence, par la peur, par la détresse, par la souffrance. C'est ça la jeunesse d'aujourd'hui aussi. La jeunesse qui décide de de s'unir et de faire entendre sa voix ensemble. Et ces exemples et les photos qu'on voit en sont

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aussi le parfait exemple de pas du tout se laisser abattre et et de continuer à faire front ensemble. Parmi les formules slogans, je sais pas si c'est le bon mot mais qui qui aussi ont été associés à ce à ce mouvement-là, il y a cette formule qui dit tout aussi d'une forme d'incompréhension à la fois générationnelle et du pouvoir sur ce mouvement. C'est la formule bismillah. C'est les ténèbres qu'on voit ici. Je pour raconter en en deux phrases aux téléspectateurs qui en connaîtraient pas l'origine. C'était donc des des policiers qui s'était infiltré sur une boucle de conversation de lycéen en voulant se faire passer pour des gens qui allaient participer au mouvement

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pour récolter des infos et qui pensant parler le jeûne entre guillemets ont utilisé cette formule absurde que personne n'emploie. formule qui charie aussi beaucoup de beaucoup de fantasmes, beaucoup de représentations euh préconstruites sur la manière euh dont parlerait euh la jeunesse. Qu'est-ce qu'elle dit cette formule pour pour vous ? Je sais pas à qui à qui poser la question, mais qu'est-ce qu'elle qu'est-ce qu'elle raconte de ce de cette période et de ce mouvement ? Pour moi, elle résume bien la manière dont on est perçu aujourd'hui par le gouvernement et par aujourd'hui bah c'est un policier en l'occurrence, mais ça résume bien la manière dont on est perçu et dont on est dépint. C'est-à-dire que on nous voit voilà comme des jeunes qui utilisent ce genre de mots,

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des jeunes qui n'ont pour but que de semer le chaos et qui voilà qui font des groupes non pas pour s'organiser au vu de se mobiliser mais pour s'organiser pour casser, pour s'organiser pour piller et cetera. Voilà, pour moi, enfin cette phrase parle d'elle-même. C'est la manière dont on est perçu et la manière dont on veut nous percevoir. Vous voulez réagir ? En fait, moi d'une part, je trouve que la jeunesse est comme dit RB, on n'est pas sérieux quand on a 17 ans, mais la jeunesse, elle veut être prise au sérieux parce que elle compte dans le paysage. Certes, il y a pas le droit de vote à 17 ans, mais un an après, on est déjà des citoyens avec des droits civiques et politiques qui vont décider l'avenir. Donc, c'est elle qui va décider. C'est

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normal qu'elle soit flamboyante. Euh de l'autre côté, je en voyant les réseaux sociaux comme ça, les images de Spider-Man, Batman, je me dis on est héros dans cette nouvelle génération à l'aide des réseaux sociaux, on est héros à Bakou facilement. En en faisant une image et en ayant des likes, on devient un héros pour des générations, des jeunes qui trouvent culturellement, identitairement des références. Mais c'est pas le le le travail par l'étude, le euh l'effort. Il y a pas d'effort à s'habiller en Superman et à être pris en photo. Et c'est pour ça que ça me fait penser à une phrase de Carl Popper qui a bien connu lui les totalitarismes

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du 20e siècle et qui dit ceci : "Vous désirez le retour des âges héroïques. Vous aurez le temps de l'inquisition et le retour du gangstérisme romantique." Le gangstérisme romantique, je sais pas si Spider-Man c'est du romantisme, mais que la jeunesse soit romantique, oui, tant mieux, qu'il ne l'est pas jeune, mais que de l'autre côté, il y ait cette cette hroïation parfois même de la violence. Je pense que c'est pas mal qu'on réouvre les lycées et certaines universités quand même. Baptiste de euh C'est intéressant cette formule parce qu'elle montre qu'il y avant toute chose plusieurs jeunesses. Vous revenez sur Bismillèbres. Oui, exactement cette formulation

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bismillas et les ténèbres. montre qu'il y a euh plusieurs jeunesses. Une jeunesse plutôt des villes, urbaines, CSP+, blanche, une jeunesse de banlieu aussi, issu souvent de l'immigration et d'où aussi le terme bismilla et une jeunesse aussi qui est souvent est oubliée, est omise, qui est la jeunesse périphérique aussi de ville moyenne qui bien souvent aussi n'est pas présente dans les sous les caméras dont les lycées sont beaucoup moins bloqués et en fait cette cette formulation témoigne absolument tout cela à la fois. C'est-à-dire que c'est une jeunesse qui aussi, même si on peut le dire effectivement, il y a plutôt une cohésion derrière, est quand même assez fragmentée l'air d'Orient. Un point que ce que je trouve aussi assez important à mentionner,

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c'est effectivement tous les déguisements qu'on a vu. C'était assez impressionnant le l'innovation qui a été faite là-dedans. C'est-à-dire que beaucoup en fait vont se déguiser. Et moi, j'aime bien l'idée qu'en fait la jeunesse aujourd'hui est largement désabusée. C'est-à-dire qu'en fait, elle elle souffre beaucoup de ne pas avoir été entendue depuis longtemps. Et donc, plutôt que de continuer un engagement fervant, et bien va plutôt en rire. Elle tourne en dérision ce qu'elle fait. elle-même tant elle voit bien que finalement tout cela n'a pas de sens et 20 et donc il y a un peu aussi ça derrière je trouve qui est intéressant et c'est ce que disait l'humoriste Pierre des Proges que l'humour était la politesse du désespoir. Bah je pense qu'on est un peu là aussi c'est-à-dire

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que il y a une forme de désespoir aussi gagne la jeunesse malgré aussi du coup l'espoir que le mouvement peut se citer et qui est aussi très important. Et dernier point, je pense, c'est la mise en scène de soi. En fait, derrière le déguisement, c'est aussi on se met en scène, on se met derrière une caméra, on devient acteur d'un film, d'une série. Et donc forcément aussi cela participe à ce qu'on disait en début d'émission, à une forme de déréalisation par rapport à l'événement. On nincarne plus vraiment un manifestant parmi d'autres, on incarne un héros. Et donc c'est vraiment, je trouve une image très contrastée que laisse place à la fois ce slogan et bah ces images aussi de de lycéen qui se griment en en super-héros.

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d'aide pour ce qui est des déguisements, je moi je trouve ça drôle parce que c'est vrai que la situation est quand même un peu triste quoi de savoir qu'on a un gouvernement qui n'écoute pas en fait au-delà de ça ça me révolte, ça me met en colère mais ça m'attriste aussi beaucoup parce que ça en dit long sur l'état de l'État en fait et sur mon pays et dans le pays et sur le pays dans lequel je vais évoluer. Et puis aussi, je pense que si certains arrivent en déguisement manifestation, c'est parce que pour vivre en 2040 ou en 2050, bah peut-être qu'il va falloir commencer à avoir des comportements de super-héros parce que des étés sous 50°gr, avoir une baisse

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démographique qui va exploser si vous voulez et vivre dans une société où les guerres reviennent, où les dictatures sont de retour et et dans des pays où on était pas sûr qu'elles reviennent. tout ça en fait euh vous avez raison de dire qu'il y a un désespoir euh et en même temps il y a aussi beaucoup d'espoir quand même. Il y a aussi beaucoup d'optimisme et peut-être qu'avec l'humour on va réussir à à surmonter beaucoup d'épreuves et moi, je trouve que c'est bien d'avoir des des gens qui arrivent en en super-héros à des manifestations. C'est positif. Comment vous regardez ça ? Céayette. Ah moi je suis très Ouais admiratif, c'est drôle et c'est il y a plusieurs manières de rire. Tous les rires sont pas forcément bons et notamment, on voit bien

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que il y a une manière historiquement fasciste de rire, de montrer que on tourne en dérision tout l'ordre social. Là, c'est pas du tout cette ce rire là. Je trouve que c'est un rire qui est beaucoup centré sur l'autodérision, sur certes une mise en scène de soi, mais pas comme un héros, comme quelqu'un qui se met en scène en train de jouer un héros. C'est-à-dire queils ne se prennent pas pour Batman, ils imitent les comportements qu'il s'imagineraient que Batman aurait dans cette situation. ou que Superman auré. Et donc c'est une mise en scène de soi mais avec toujours, je trouve un humour, une autodérision. On l' envoyé défiler les pancartes mais je veux dire c'est c'est cet esprit enfin comment est-ce que après on peut expliquer que on est face à une

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jeunesse qui serait devenu totalement inculte simplement c'est vrai elle agit de manière très elle elle travaille de manière très agile avec un et très drôle avec un système de référence qui n'est pas celui de de de de la culture savante et de la culture scolaire sauf que il faut se demander là ça ouvre sur d'autres débats pourquoi est-ce qu'il y a cette affaire de l'intérêt pour cette culture scolaire à un moment donné et je pense notamment que cette culture là, elle permet de faire du commun parce qu'elle est là, elle est libre, elle est elle a pas de frontière. Certes, c'est de la pop culture mais c'est aussi quelque chose qui vous permet de partager et ce ce souhait d'autoredérision, de rire et de partage, je trouve que c'est que c'est une très belle chose. Et il

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on va conclure sur ces mots puisqu'on arrive on arrive à la fin du chronomètre. Mais merci beaucoup à toutes et à tous pour ces débats, pour cet éclairage. Merci à vous Susaya Saré. Je rappelle que vous êtes désormais la présidente de la Fédération des lycéens de quartier. Henry Blunden, merci également. Zoé Dupit, la FAGE, c'est la Fédération des associations générales étudiantes. Merci à vous Samuelat. On peut donc consulter ce billet de blog que j'ai auquel j'ai fait référence plusieurs fois sur le site de Média par 17 octobre 2026. pour ouvrir l'époque contemporaine Lauris Chavanette, votre dernier livre s'intitule Les femmes entrent en révolution. C'est disponible chez Taïandier. Merci à vous d'être venu débattre ce soir. Et

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Baptiste de tombe, la révolution affective quand le numérique détruit le lien, ça vient tout juste de paraître chez Albert Michel. Nathan, merci beaucoup à toi. Merci enfin à vous de votre fidélité. On se retrouve demain soir et d'ici là, je vous souhaite une très belle fin de soirée.