L'édito de Paul Sugy : «Jean-Luc Mélenchon, candidat plus dangereux que jamais»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Paul. Bonjour Romain. Journaliste au Figaro.
La politique avec vous. C'est officiel depuis hier soir même si ce n'est pas une surprise. Jean-Luc Mélenchon sera candidat en 2027.
Oui, pour la 4e fois hein 2012 2017 2022 et ben jamais 304 sur que Mélenchon repart à l'assaut de l'Élysée. Il l'a confirmé hier soir au 20h de TF1 évidemment ils font Faron parce que la gauche croule sous le nombre de prétendants surtout du côté des socialistes. Et là ben il dit la France insoumise au fond c'est carré, il y a une équipe, un programme, un seul candidat et c'est vrai qu'il est donc à 75 ans toujours présent et finalement seul en piste chez les insoumis.
Jean-Luc Mélenchon quitte à bien ne pas suivre la consigne qu'il avait explicitement donné au lendemain de sa défaite en 2022 en disant finalement faites mieux. Il assumé de vouloir être remplacé. Alors il a fait du remplacement une stratégie politique mais pas le sien.
Et il explique qu'il est en fait le mieux préparé au sein de la France insoumise pour faire face à la situation qui arrive. Le mieux préparé. Faut dire aussi qu'il a empêché quiconque de se préparer à ses côtés.
Il est resté omniprésent depuis 4 ans. Quit à vampirisé toute énergie au sein de son propre mouvement. qui est aussi à renoué avec la grande tradition soviétique des purges à l'extrême gauche.
Les dissidents l'xi corbière, Raquel Garido ou Clémentine en savent quelque chose. Par exemple, vous avez même lancé ce mouvement, vous vous souvenez le mouvement de l'après alors c'est un acronyme he pour une République écologique et sociale. C'était surtout l'après Mélenchon.
Bah pas de chance, c'est un vœup pieu. Pour l'heure, on est surtout dans le pendant. L'après ce sera après.
Oui. Jean-Luc Mélenchon est de plus en plus rejeté dans les sondages. Les Français sont nombreux à souhaiter faire barrage contre lui, hein.
Oui, en fait, ce qu'on peut pronostiquer sans grand risque de se tromper, c'est que Jean-Luc Mélenchon fera difficilement mieux qu'il l'a fait en 2022 où il avait fait près de 22 % des suffrages. Là, il est donné beaucoup moins, peut-être même 10 points en dessous. Mais ça ne dit pas qu'il ne faut pas le craindre car la configuration va être très très différente.
Pour l'heur, Edder Philippe n'a pas du tout les mêmes scores dans les sondages qu'Emmanuel Macron en 2022. il est plutôt donné autour de 18 ou 19 % et surtout rien ne le protège d'une candidature dissidente au centre ou d'une très bonne campagne des républicains qui viendrait mordre sur son avance et par conséquent de 18 ou 19 points pour être qualifiés au second tour, vous descendez peut-être à 15 ou à 16 et là et bien le troisème homme peut devenir un challenger sérieux et ça serait probablement Jean-Luc Mélenchon qui certes fait l'objet d'un très fort rejet dans les sondages. C'est de plus en plus net.
Il y a un nombre grandissant de français qui ne veulent pas que Jean-Luc Mélenchon accède le pouvoir. Mais il a également une base électorale très stable, peu susceptible de bouger euh d'ici un an, en tout cas de s'amenuiser. Il reste aussi le seul candidat fort de la gauche.
Il a pour l'instant assez peu de concurrence à craindre. Et donc même si les appareils ne vont certainement pas jouer la carte de l'alliance, les électeurs eux peuvent se dire c'est lui pour lui qu'il faut voter à gauche. Mélenchon a tout intérêt à jouer sur la corde dite antifasciste.
Bah c'est son vivier de voix. Il a nettement accéléré la radicalisation de son mouvement, décomplexé même l'instrumentalisation de la parole antisémite. Mais l'incantation magique du péril fasciste à chaque fois se révèle suffisante pour éviter à la France insoumise la mise au rebut que ces positions politiques susciteraient.
On sait que ce chantage va s'accentuer notamment parce que en fait la la gauche intellectuelle et morale le joue à Noséam. On l'invoque dès qu'un éditeur se fait virer. Johan Chapoutau, l'historien du nazisme, explique doctement que l'on vit un remake des années 30.
Et à la fin, c'est Jean-Luc Mélenchon, le rentier de ce stratagème. Car bien plus les électeurs ont peur effectivement de la montée de l'extrême droite, plus c'est lui qui en récolte les fruits et ça le rend plus dangereux que jamais.
Jean-Luc Mélenchon