Après Samuel Paty et Dominique Bernard, comment continuer à enseigner ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 61 %Attaque 9 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Madame, est-ce que vous avez peur ?
- 0:13OuverteRéponse directe
Madame, sur TikTok, ils disent que les profs n'ont pas le droit de montrer des caricatures de Mahomet.
- 0:16OuverteRéponse directe
Monsieur, est-ce que c'est vrai que c'est le Hamas qui a bombardé l'hôpital ?
- 0:19OuverteRéponse directe
Madame, est-ce que la France est pour Israël ou pour la Palestine ?
- 1:51ComplaisanteRéponse directe
Caroline, bonsoir et bienvenue. Vous êtes à Grenoble et vous êtes la première.
- 2:56OuverteRéponse directe
Romain Grandinetti, vous vous êtes reconnu dans ce que dit votre collègue d'Histoire Géo aussi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12InvitéFait
« moi j'avais ressenti un fort soutien de ma hiérarchie, tant de la direction que de mes IPR. »
- 5:39InvitéFait
« une enquête qu'on a menée pendant cinq ans dans une centaine d'établissements et qui montre que justement ce qui caractérise le travail des enseignants, c'est le sens du temps nécessaire pour la formation d'un jeune. »
- 5:55InvitéFait
« Ils ont une conscience aiguë du fait qu'on ne transforme pas un jeune adolescent qui arrive au collège en un adulte qui va finir son lycée »
- 9:21InvitéFait
« les enseignants font beaucoup de travail dans ce sens au quotidien. Il y a une expression qui revient beaucoup dans la description de leur pratique qui est déconstruire les stéréotypes ou les préjugés des élèves. »
- 10:02InvitéFait
« les enseignants ont malheureusement rarement du temps et des espaces pour délibérer sur la meilleure façon d'agir. »
- 11:40PrésentateurFait
« Vous étiez à Jérusalem récemment et il n'y a pas de discours unique possible et pourtant on doit pouvoir transmettre une grille de lecture simple à nos élèves pour qu'ils sachent peut-être se projeter dans un monde complexe où les solutions simplistes qui peuvent parfois être proposées comme vous disiez sur les vidéos ne sont pas des solutions et font perdurer finalement la violence. »
- 20:23AuditeurFait
« mon père dit que comment apporter des éléments de déconstruction sans se mettre en porte-à-faux vis-à-vis des parents »
- 25:10AuditeurFait
« nous avons entendu beaucoup de professeurs d'histoire et géographie et donc ça c'est normal parce qu'ils sont directement concernés mais il ne faut pas oublier aussi que les problématiques rencontrées le sont également dans toutes les matières »
- 27:42InvitéFait
« D'après notre enquête en fait c'est plus compliqué pour les enseignants de physique de SVT ou d'autres disciplines dans lesquelles les enseignants n'ont pas eu vraiment de formation par rapport à ces questions et à comment réagir »
- 28:53InvitéFait
« Ce n'est pas l'impression qu'ont les enseignants mais ils ont un sentiment aigu par contre du temps nécessaire pour faire bouger les lignes avec certains élèves pas avec la majorité des élèves mais avec certains élèves il faut effectivement du temps des stratégies pédagogiques différentes parfois de la ruse pour arriver non seulement à faire bouger leur façon de penser mais à leur faire admettre aussi qu'il y a différentes façons de penser mais que toutes ne se valent pas forcément »
- 30:02AuditeurFait
« si on veut que les profs soient à même de parler des valeurs de la République il faut les former et pas avec des réunions Zoom le mercredi entre 14h et 17h parce qu'aucun prof pas masochiste n'assistera à ce genre de choses »
Temps de parole
- Présentateur33 %
- Invité29 %
- Invité 223 %
- Présentateur 26 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Auditeur3 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès
Madame, est-ce que vous avez peur ? Madame, sur TikTok, ils disent que les profs n'ont pas le droit de montrer des caricatures de Mahomet. Monsieur, est-ce que c'est vrai que c'est le Hamas qui a bombardé l'hôpital ? Madame, est-ce que la France est pour Israël ou pour la Palestine ? Vous comme moi, il y a des jours où on aimerait bien être prof parce que transmettre un savoir, accompagner des jeunes vers l'âge adulte, il n'y a rien de plus passionnant.
Et puis il y a des jours aussi où on ne vous envie pas, Amis professeurs, parce qu'à votre place, on ne saurait pas quoi dire, par quoi répondre, comment aborder des sujets aussi lourds quand en plus on a le cœur très lourd parce que l'un des vôtres, qui est aussi l'un des nôtres, est mort car il est prof dans l'école de la République.
Dominique Bernard, après Samuel Paty, doublé d'un contexte international incroyablement violent, comment enseigner toujours, comment continuer à enseigner dans l'école de la République quand de plus en plus aujourd'hui connaissances et croyances se mélangeaient sans mêle, sans que les enfants et les ados fassent la différence, quand de plus en plus aujourd'hui inviter des élèves à penser contre eux-mêmes, à accueillir de nouvelles idées, à s'ouvrir à des connaissances, est presque devenu suspect quand ce n'est pas dangereux.
C'est tout cela qu'on va interroger ce soir ensemble, avec vous qui vous censurez parce que c'est trop compliqué ou trop brûlant, ou avec vous qui ne vous censurez jamais parce que vous êtes armés pour affronter les moments difficiles, avec vous qui vous sentez abandonnés dans votre classe par votre hiérarchie, avec vous qui avez une équipe pédagogique géniale et qui donc avez de vraies ressources pour enseigner, avec vous qui pensez à quitter ce métier, avec vous qui vous asseyez une fesse sur votre bureau en disant à la classe, allez-y, posez-les vos questions. Nous aussi on va en poser, c'est le téléphone son ce soir. Soyez les bienvenus.
Caroline, bonsoir et bienvenue.
Vous êtes à Grenoble et vous êtes la première. Bonsoir. On vous écoute. Alors moi je voulais apporter un témoignage de mon expérience, mais avant toute chose, je pense très très fort aux proches de nos deux collègues Samuel Paty et Dominique Bernard. Donc moi je suis professeure d'histoire GOMC dans l'Académie de Grenoble et par rapport aux récents événements, je tenais à souligner que moi j'avais ressenti un fort soutien de ma hiérarchie, tant de la direction que de mes IPR. Et en tant que professeur d'EMC, on doit former nos élèves à l'esprit critique, on doit enseigner des valeurs, leur apprendre à débattre. Et moi je pars toujours des faits avec mes élèves et surtout de leurs paroles.
Je trouve que c'est le plus important. Et des travaux d'élèves, ils ont été nombreux suite aux événements de Samuel Paty. Et donc on part toujours, moi je pars toujours de leurs paroles et je veux vraiment qu'ils se sentent le plus libres possible pour pouvoir échanger, créer ce climat de confiance. Et par rapport au sondage IFOP sur l'auto-censure, un enseignant sur deux qui s'auto-censure, moi je me questionne sur les supports mais je ne vais pas me censurer. En fait je vais réfléchir sur le support pour ne pas braquer mes élèves, pour que le débat soit toujours possible et que la discussion soit toujours possible.
Donc réfléchir sur le support, Caroline par exemple, ça veut dire réfléchir sur les dessins ou pas les dessins par exemple ? Par exemple, oui par exemple. Et là vous aviez tranché comment vous récemment ? Avec dessin ou sans dessin ? Je n'ai pas eu besoin de les montrer par rapport aux récents événements, mais cette année, s'il a besoin, je les montrerai. Mais par rapport aux caricatures, sur la laïcité, je vais présenter les trois religions qui sont caricaturées par exemple. Vous voyez, toujours montrer qu'il n'y a pas qu'une religion qui est touchée.
Merci beaucoup Caroline, merci pour ce témoignage et merci pour cette entrée en matière pour discuter ensemble jusqu'à 20h ici avec moi en studio. Il y a Romain Grandinetti, bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes prof d'Histoire Géo, vous en lycée comme votre collègue qu'on vient d'entendre. Françoise Lantaume est avec nous également, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes sociologue à l'Université Lyon 2, spécialiste du travail enseignant des sciences de l'éducation. Vous êtes avec nous en duplex depuis Lyon. Romain Grandinetti, vous vous êtes reconnu dans ce que dit votre collègue d'Histoire Géo aussi ?
Alors oui, évidemment dans cette pratique, je la rejoins évidemment sur cette pensée émue pour nos deux collègues qui ont péri à l'orée de cette école républicaine qui porte, supporte cette république et qui est le lieu où se fait la nation. Donc oui, je rejoins. Par contre, sur le mot de censure, là j'aimerais revenir sur finalement ce mot-slogan qui fait tort aux professeurs et à ce sondage et qui est assez représentatif de ce qui se passe en ce moment. Il est normal quand on est professeur de questionner si l'on présente ou pas des documents. Ça fait partie de notre pratique.
Nous sommes concepteurs de nos cours et finalement, c'est ce qui nous permet de transmettre, comme vous le disiez dans l'introduction, les savoirs. Entre penser, se limiter et se censurer, il y a là une nuance que je n'entends pas assez et que bon nombre de mes collègues n'entendent pas assez. Et je pense que beaucoup, beaucoup de collègues avec beaucoup de courage abordent des thématiques particulièrement complexes dans un univers langagier de slogans.
Exactement. Et moi, j'aimerais qu'on s'arrête là-dessus, Françoise Lantome, parce que tout est complexe, rien n'est slogan. Les enfants vont chercher des infos parfois sur TikTok et ailleurs. Donc, attendent de vous, attendent des profs une réponse finalement aussi rapide que ce qu'ils ont lu, c'est-à-dire quelque chose sur 30 secondes. Est-ce que la première clé, ce n'est pas tout simplement de rendre la notion du temps, de l'explication qui prend du temps, qui doit être quelque chose en longueur, quitte à y passer l'heure de cours, Françoise Lantome ?
En fait, c'est un des résultats d'une enquête qu'on a menée pendant cinq ans dans une centaine d'établissements et qui montre que justement ce qui caractérise le travail des enseignants, c'est le sens du temps nécessaire pour la formation d'un jeune. Ils ont une conscience aiguë du fait qu'on ne transforme pas un jeune adolescent qui arrive au collège en un adulte qui va finir son lycée, mais que ce jeune, il est en pleine phase de recherche identitaire, d'absorber tout et n'importe quoi, ce qui passe à ses côtés, qu'il n'a pas toujours les ressources à proximité pour lui donner des clés de compréhension, et le rôle de l'école, ça va être, et c'est cela.
Et il est normal que les élèves arrivent à l'école, au collège, au lycée, en ne sachant pas tout. Il faut peut-être le rappeler. Ce qui est significatif aussi, c'est que les enseignants font un travail complexe et subtil. Et ça me permet de revenir à la question de la soi-disant auto-censure. Des enseignants peuvent très bien répondre à un sondage, à un moment T. Ah oui, je m'auto-censure.
Mais quand on fait l'enquête sur des situations et les pratiques dans le temps, on se rend compte qu'en fait, la plupart du temps, ils ne font que différer un peu le traitement du problème, de trouver une nouvelle entrée, un nouveau support, une nouvelle façon d'amener les élèves à ouvrir leur façon de voir, à entendre un autre discours.
C'est ce que vous dites d'ailleurs, vous, il y a différentes approches et différentes stratégies au fond pour les enseignants, différer le traitement comme vous l'avez dit, peut-être anticiper sur un certain nombre de choses dont on sait qu'elles pourront produire telle et telle forme de réaction, construire un projet spécifique, solliciter une intervention extérieure. Romain Grandinetti, j'imagine qu'il n'y a pas de règle en fait. Sur certaines choses, si vous pouvez anticiper, vous n'anticipez pas. Est-ce qu'il vous arrive de dire à vos élèves, vous savez quoi, on va laisser reposer et si vous voulez, on en reparle la semaine prochaine, ça arrive ça entre vous et eux ou pas ?
C'est une nécessité, c'est une forme de sagesse auxquelles les professeurs recourent. Nécessairement, juste un petit mot, puisque je partage évidemment ce que dit Françoise Lanto, mais pour avoir lu une partie de ses travaux, particulièrement en histoire-géographie, mais dans les autres disciplines, les questions socialement vives. Quand la société fait irruption dans la classe, comment s'en empartons ?
Comment refroidit-on cela avec nos savoirs pour, comme on le disait en début, ne pas être dans la répétition des slogans, donc cette concurrence langagère que propose la société au discours du professeur, pour essayer, justement par le savoir, de construire une réflexion, même parfois, on est en France, l'art du doute, l'art du pas de côté, et donc effectivement de différer, temporiser, et apprendre, une chose très importante, je pense à nos élèves, particulièrement quand le réel et d'une immense violence comme cet attentat, différer pour mieux penser. Et ça, nous le faisons, oui, c'est particulièrement nécessaire.
Cédric nous écrit ceci par mail, nous avons besoin de temps pour aborder des thèmes, notamment comme celui du Proche-Orient et du Moyen-Orient, sur lequel nos élèves nous posent beaucoup de questions. Nous devons enchaîner les chapitres et nous sommes obligés de simplifier pour aller à l'essentiel. Comment armer les élèves contre la désinformation ? Ainsi, nous demande Cédric, est-ce qu'on a une réponse à apporter à Cédric, Françoise Lantoum ? Je pense que les enseignants font beaucoup de travail dans ce sens au quotidien. Il y a une expression qui revient beaucoup dans la description de leur pratique qui est déconstruire les stéréotypes ou les préjugés des élèves.
Donc, ça en fait partie, bien sûr. Et le besoin de temps, il ressort tout le temps. et je le mets en relation avec, tout à l'heure, Romain Grandinetti a parlé de sagesse. Moi, je parlerai de la notion de prudence qui est une vieille notion de la philosophie grecque et qui signifie la nécessité d'avoir du temps pour délibérer. Et les enseignants ont malheureusement rarement du temps et des espaces pour délibérer sur la meilleure façon d'agir. Et là où il y a le moins de soucis, d'ailleurs, c'est là où il y a ces espaces et ce temps pour que les enseignants délibèrent entre eux au quotidien sans que ce soit forcément formalisé tout le temps mais qu'il y ait ce temps.
Vous l'avez, vous, ce temps pour délibérer entre vous, Romain Grandinetti ou pas ?
Alors, mon tout petit cas particulier, j'enseigne en classe de terminale donc dans la spécialité HGSP. D'ailleurs, demain matin à 9h, j'aborde le Proche-Orient avec mes élèves. et au final, dans une classe à examen, on ne peut pas différer. Il faut cumuler savoir-faire, connaissances, mais c'est là une question d'autorité que d'arrêter le cours du temps qui passe dans ces classes et surtout de prendre le temps de se saisir de l'actualité. je trouve ça très important et d'en discuter avec les collègues. Ça veut dire parce qu'il y a derrière
son petit doigt et vous avez bien raison parce qu'à un moment quand ça est plus fort que nous, c'est plus fort que nous. Tout à fait. Ça veut dire que demain matin à 9h, vous commencez par la fin, en fait, si je puis dire, par là où nous en sommes là ou pas ?
Alors, histoire régressive ou histoire progressive. Je pense que le présent ne peut être nié et donc partir du présent voir par exemple dans le cas israélo-palestinien-arabe, la complexité présente est ancrée dans une finalement presque dépendance de sentier de cette région du monde. Vous étiez à Jérusalem récemment et il n'y a pas de discours unique possible et pourtant on doit pouvoir transmettre une grille de lecture simple à nos élèves pour qu'ils sachent peut-être se projeter dans un monde complexe où les solutions simplistes qui peuvent parfois être proposées comme vous disiez sur les vidéos ne sont pas des solutions et font perdurer finalement la violence.
Et alors justement d'ailleurs et vous répondrez aussi Françoise Lintome parce que là-dessus par exemple Romain Gordinetti ce qui risque de se passer demain en cours chez vous c'est que les élèves auront vu des images ils en auront vu de toutes parts ils auront vu probablement des horreurs ils sont beaucoup plus doués que vous et moi d'ailleurs pour aller chercher des trucs qui sont épouvantables et donc vous serez confrontés à ça d'abord en fait est-ce que vous moi j'ai un sentiment des fois que vous êtes non seulement confrontés à effectivement donner du recul essayer de déconstruire un certain nombre de choses mais surtout en face de vous vous avez des fake news comme s'il en pleuvait vous avez des images vers lesquelles les élèves se raccrochent et il faut d'abord que vous débusquiez ça avant même qu'il puisse y avoir des mots il faut expliquer qu'il faut peut-être mettre les images de côté alors
je vais me permettre d'être un tout petit peu optimiste même si on peut faire des constats sévères sur cette situation contemporaine il ne faut pas négliger que nos élèves aussi puissent se fichent éperdument de l'actualité et que nous amenons l'actualité dans la classe et deuxième chose la parole du professeur n'est pas dévitalisée ils sont en demande souvent alors j'ai des élèves très sympathiques qui ne prêtent pas attention à ce que vous appelez fake news ou vérité alternative mais à nous de leur proposer cette actualité et de leur proposer la source ce que c'est que sourcer un fait et je tiens à dire quand même quelque chose ici je ne partage pas la thèse des territoires perdus de la république finalement où des élèves font que les professeurs se censurent et où la fake news l'emporte je pense que précisément par exemple sur le cas israélo-palestinien sourcer croiser les sources d'informations comme vous faites vous en tant que journaliste ou nous en tant que professeurs historiennes historiens c'est ce qui permet d'établir une approximation véritable et faire comprendre aux élèves que la république s'est construite notamment dans l'affaire Dreyfus lorsque le roman politique a été supplanté supplanté par la quête de vérité et ça c'est une petite bataille du quotidien que de prouver une vérité je pense que cumuler sur nos 12 millions de jeunes c'est un beau combat
prouver une vérité sur le conflit actuel et ce que vous direz lundi je vous souhaite bon courage Romain Grandinetti Françoise Lantome sur les images et le fait que l'une des difficultés c'est que les élèves arrivent d'abord avec ce bagage là c'est à dire ce qu'ils ont vu ce qui a tourné et effectivement comme le disait Romain Grandinetti des choses qui sortent de TikTok etc dont on ne sait pas où est le vrai ou le faux et où souvent d'ailleurs le faux est là et le vrai jamais vraiment là je crois qu'il faut d'abord rappeler que les élèves ressentent beaucoup d'émotions par rapport à ces événements de la peur et un sentiment d'insécurité souvent même s'ils vont voir des images horribles pour certains d'entre eux et qu'ils attendent beaucoup des enseignants visiblement les enseignants en tous les cas leur rapportent que les enseignants leur donnent un cadre de sécurité et donner un cadre de sécurité ils le font en s'appuyant essentiellement sur leurs ressources de métier à la fois leur discipline d'enseignement l'histoire et bien sûr là avec toutes ces ressources pour aider les élèves à travailler sur les images mais il y a aussi les arts plastiques il y a aussi le français enfin il y a tout un tas d'autres disciplines qui peuvent faire ce travail mais avec quand même une inégalité car il y a des disciplines qui sont moins propices et des enseignants de ces disciplines qui ont en général eu moins de formation de ce type là pour soutenir leur action et on va y revenir là dessus effectivement parce que après tout j'imagine un élève parce qu'il s'entend bien avec son prof de maths qui va aller lui poser des questions et qui n'est ni armé ni formé peut-être pour répondre à un certain nombre de celles-là mais je voudrais d'abord qu'on écoute Mathilde bonsoir Mathilde Mathilde allô oui allô vous êtes là Mathilde bonsoir on vous écoute allez-y
oui alors pardon du coup comme j'étais en ligne avec les opérateurs j'ai pas pu écouter ce que vous disiez juste avant
mais c'est pas grave votre question nous fait passer à une idée suivante donc n'hésitez pas
ouais super donc c'est pas vraiment une question c'est plus une remarque c'était par rapport à cette relation élève professeur collège au lycée je ne sais pas en tout cas moi je suis maman d'un petit garçon de 13 ans qui est en quatrième et qui donc du fait de l'âge les hormones on est vachement dans la provoque on est vachement dans donc ce qui s'est enfin voilà ce qui s'est produit c'est qu'au lendemain de la minute de silence un enseignant que je peux comprendre à quand est très choqué et très fatigué de ce qui s'est produit ces derniers jours s'est fâché contre lui en lui disant j'ai perdu un collègue il y a deux jours un autre il y a trois ans à cause de propos pourris à cause d'élèves comme toi et je trouvais ça enfin lui est revenu très choqué en disant il m'a traité terroriste alors que c'était pas ce qui n'est pas vrai aussi mais voilà c'était pas clairement ça c'est ce qu'on a essayé de lui dire mais lui il a pris comme ça et du coup déjà il faut comprendre effectivement comme disait l'interlocutrice précédente que les enfants aussi sont choqués fatigués de tout ce qui se passe et de ce qu'on leur demande et ce qu'on attend d'eux et ils sont pas ils sont pas insensibles et puis aussi le fait que les élèves d'aujourd'hui sont plus les élèves il y a 50 ans donc ils attendent le même respect à leur égard qu'on attend d'eux à l'égard des enseignants donc il y a un truc qu'il faut comprendre aussi aujourd'hui c'est qu'on est vraiment sur des enfants qui disent pourquoi lui me tutoie alors que moi je peux pas le faire
Mathilde merci beaucoup c'est vers le prof que je me tourne d'abord Romain Grandinetti un moment le droit d'être un gamin y compris en pleine croissance comme le dit Mathilde de dire les choses gentiment
François Zantome l'a dit les jeunes les enfants on n'a pas fait la distinction encore entre les différents cycles d'enseignement mais en primaire on en parle très peu mais les non-dits masquent finalement des émotions vis-à-vis des événements le lien entre l'histoire individuelle et ce qu'on peut surnommer un peu rapidement la grande histoire qui est en train de se faire au quotidien dans cette histoire du temps présent bon c'est pas simple et donc ils le disent avec leurs mots alors là le cas est très intéressant c'est que se saisir de leur langue à eux de leur émotion de leur ressenti parfois ça peut être un point de départ ce dissensus initial quand il se fait dans le respect bien sûr mutuel d'une discussion qui amène à pointer finalement ce qu'on dit depuis le début cette complexité des faits cette irruption de la violence mais ce sont des choses pas simples à gérer quand vous avez 35 élèves devant vous ça ne permet pas l'indistinction et je dois dire quand même que nous entre collègues on a réagi très différemment en termes d'émotion certains sont capables de la mettre de côté quand ils sont avec les élèves d'autres beaucoup moins un certain nombre de collègues finalement se sont dit on parle beaucoup de comment accueillir les élèves mais finalement peu des professeurs et là la réaction du collègue peut paraître excessive côté famille et pourtant qu'est-ce que c'est que de récupérer 30 jeunes quand on est très ému ça ne va pas de soi
il y a Irène Parmel qui nous dit ceci la plus grosse difficulté c'est mon père dit que comment apporter des éléments de déconstruction sans se mettre en porte-à-faux vis-à-vis des parents pour vous d'abord monsieur le professeur d'histoire-géographie on demandera à Françoise Lantome aussi ce qu'elle en pense
une querelle de légitimité vis-à-vis des savoirs je pense que parce que c'est aussi
le retour des parents derrière qui dit mais comment ça vous avez dit ça à mon fils ou à ma fille enfin vous voyez donc
il ne faut pas avoir une contradiction nécessaire entre ce qui est vu en classe et dit à la maison les jeunes nécessairement ont des formes de sociabilité multiples celle de la classe celle de finalement de la démonstration par le savoir et celle de la maison le vécu on le voit notamment dans les phénomènes de politisation des jeunes c'est une parole complémentaire et le jeune qui fait le choix il apprend à vivre en société
moi je voudrais vous entendre là-dessus Françoise Lantome parce qu'on sait bien que l'une des grandes vertus de l'école c'est d'aider les élèves à penser contre eux-mêmes justement à entendre aussi d'autres idées et puis on retourne à la maison et on entend des choses qui peuvent être parfois très très raides et puis on entend surtout non mais ton prof il te raconte vraiment n'importe quoi c'est pas vrai et qu'est-ce qu'on fait de ça et comment on fait pour retrouver le gamin au cours le lendemain après ce genre de scène-là alors ce que ça m'inspire ces questions et puis le témoignage de votre auditrice qui est tout à fait intéressant c'est ce que nous on a trouvé dans notre enquête sous la forme de ce qu'on a appelé la lutte des catégories c'est-à-dire que quand il y a un événement qui arrive chacun s'emploie à le qualifier à le définir alors par exemple on va dire c'est un acte de terrorisme ou c'est un manquement à la laïcité ou c'est un problème de discipline ou c'est de la provocation adolescente donc il y a cette diversité de façons de qualifier et chaque fois on le met dans une sorte de case qui est la catégorie catégorie terrorisme catégorie laïcité ou atteinte à la laïcité etc où mon père m'a dit que catégorie des savoirs familiaux de la tradition etc où là il peut y avoir des conflits de loyauté donc cette lutte entre les catégories ne peut pas se résoudre sans débat dans une société démocratique où on ne peut pas faire l'économie du débat et il ne suffit pas d'imposer autoritairement telle ou telle catégorie dans une société qui est caractérisée par la différenciation par la pluralisation des valeurs une société moderne quoi et bien effectivement un des soutiens à la possibilité d'être en société de vivre dans une société différemment et bien ce sont ces discussions sur comment faut-il qualifier un fait c'est pour ça que je parlais tout à l'heure de la nécessaire des nécessaires moments et espaces pour délibérer parce que cela fait partie de la professionnalité des enseignants d'être capables d'argumenter la catégorie qu'ils vont employer et ce qu'on a vu c'est que notamment chez les jeunes enseignants les plus novices des fois ils prennent une catégorie par exemple un élève a dit quelque chose c'est une atteinte à la laïcité puis s'ils ont la possibilité d'en discuter avec des collègues d'analyser d'un peu plus à distance ils se rendent compte que c'était un simple par exemple un moment de bizutage et que en fait c'est pas ce qu'il y a au fond de l'attitude des élèves un coup de provoque parce qu'effectivement et c'est ce que nous rappelait Mathilde tout à l'heure les gamins restent des gamins aussi il ne faut surtout pas le perdre de vue en fait et un gamin ça raconte des fois des bêtises et ça le fait même un pardon
là on touche quelque chose de très très important dans notre pratique quotidienne c'est à dire c'est l'écart entre le moment de vie du jeune qui n'est les hormones comme disait une auditrice et l'extraordinaire difficulté de compréhension là on parle beaucoup des valeurs de la république je mets quiconque au défi en 30 minutes une heure de qualifier ce qu'est la liberté l'égalité la fraternité et d'ailleurs l'une de nos difficultés c'est que là nous sommes concurrencés par le discours politique de plus en plus communiquant qui qualifie très improprement ces valeurs et la laïcité est encore plus complexe
et en cela effectivement je vous souhaite vraiment bon courage une autre vocale c'est celle de Julie qu'on découvre ensemble oui bonjour je suis agrégée de physique chimie je voulais souligner que nous avons entendu beaucoup de professeurs d'histoire et géographie et donc ça c'est normal parce qu'ils sont directement concernés mais il ne faut pas oublier aussi que les problématiques rencontrées le sont également dans toutes les matières par exemple quand j'enseignais la physique chimie en banlieue parisienne les élèves me coupaient régulièrement en me disant que je leur enseignais des bêtises et que de toute façon la terre était au milieu de l'univers avait été créée par Dieu en 7 jours et que c'est ce qu'ils avaient appris à la mosquée ou bien à l'église et donc on pourrait aussi demander aux professeurs de SVT qui rencontrent également les mêmes difficultés avec des thématiques l'égalité fille-garçon ou le créationnisme enfin voilà donc ça se pose vraiment dans toutes les matières et c'est vraiment un obscurantisme qui grandit de plus en plus dans toutes les disciplines auxquelles on doit on doit faire face voilà merci France Inter et merci à vous Julie je vous voyais dire oui avec la tête Romain Grandinetti et elle n'est pas toute seule dans ce témoignage on en reçoit beaucoup
des témoignages de ce genre c'est pas surprenant c'est toujours cette concurrence des discours le jeune a des sociabilités multiples il ne faut vraiment pas le perdre de vue alors juste un petit point quand même c'est effectivement en SVT en physique chimie même en EPS la question du rapport au corps est souvent conflictuelle nos collègues sont assez bien formés là dessus mais quand même et Françoise Lantome est plus experte bien plus experte que je ne peux l'être mais c'est une très vieille histoire cette concurrence des discours dès Victor Duruit la parole que peut porter l'école même ensuite sous la Troisième République sur le sur le réel le vivant sur la politique cette hantise de la discussion du présent dans la classe a depuis les débuts de l'école telle qu'on la connaît depuis 150 ans à peu près était un sujet de discorde politique et familial
Qu'est-ce qu'on fait là-dessus ?
Pardon de vous demander des règles un menu ou quelque chose de très précis Françoise Lantome mais on se dit toujours et évidemment on a tort quand on écoute le témoignage de Julie que au moins la science c'est plus facile parce qu'on peut s'appuyer dessus tout son poids par rapport aux croyances évidemment et ce qui peut se passer dans un cours d'histoire et géographie mais on entend bien grâce à ce témoignage-là que non c'est pas plus simple en fait D'après notre enquête en fait c'est plus compliqué pour les enseignants de physique de SVT ou d'autres disciplines dans lesquelles les enseignants n'ont pas eu vraiment de formation par rapport à ces questions et à comment réagir mais ceci dit ils créent des stratégies parfois tout à fait pertinentes pour réagir au discours des élèves qui sont faits de multiples choses qui ne sont pas construits comme se construit le savoir scientifique et en fait c'est un apprentissage lent et long de comment se construit un savoir scientifique Mais pardonnez-moi Françoise Lantome pardonnez-moi de vous interrompre mais je voudrais vraiment revenir à ma question précédente au fond parce que j'imagine la prof de physique-chimie qui donne des clés scientifiques à un gamin qui lui dit mais non moi ce qu'on me dit c'est que la Terre a été créée en 7 jours et qui va rentrer chez lui avec ses preuves scientifiques ses idées scientifiques que la prof de physique-chimie lui a mis dans la tête j'y mets des guillemets et tous les jours on a l'impression qu'elle va devoir retourner à la case départ en fait Ce n'est pas l'impression qu'ont les enseignants mais ils ont un sentiment aigu par contre du temps nécessaire pour faire bouger les lignes avec certains élèves pas avec la majorité des élèves mais avec certains élèves il faut effectivement du temps des stratégies pédagogiques différentes parfois de la ruse pour arriver non seulement à faire bouger leur façon de penser mais à leur faire admettre aussi qu'il y a différentes façons de penser mais que toutes ne se valent pas forcément Merci beaucoup pour la clarté vraiment de ces propos Françoise Lantome je voudrais qu'on écoute Pierre bonsoir
Bonsoir
On vous écoute vous êtes à Marseille vous êtes un jeune prof Pierre c'est ça ? Tout à fait On vous écoute
Alors moi mon témoignage rejoint un peu ce qu'a dit une précédente auditrice sur le fait que moi je suis en collège je m'adresse à des adolescents donc ceux qui font des blagues pendant les minutes de silence en fait ils me rappellent l'ado que j'étais à 14 ans le 11 septembre 2001
voilà
donc je trouve que leur donner comme ça leur mettre un coup de pression énorme en disant qu'on va noter faire remonter les incidents presque les amener devant un policier si jamais ils font une blague ça m'a paru aberrant et deuxièmement effectivement si on veut que les profs soient à même de parler des valeurs de la République il faut les former et pas avec des réunions Zoom le mercredi entre 14h et 17h parce qu'aucun prof pas masochiste n'assistera à ce genre de choses
Pierre merci beaucoup pour cette remarque vous avez fait rire Rambi Grandinotier aussi il a raison sur le fait d'être formé évidemment le choix des mots surtout quand on est un jeune prof confronté à ce genre de choses
certainement il y a une comparaison que vous trouverez peut-être vaseuse qui me vient mais il est difficile de faire comprendre que le métier d'enseignant est un métier en grande partie d'expérimentation de retour d'expérience de répétition des situations souvent très différentes ça me rappelle les chocs de temporalité pendant la pandémie de Covid c'est-à-dire que nous avions le rythme de la recherche et le rythme politique le rythme de l'urgence et finalement le jeune est coincé entre ces rythmiques-là la première qui est celle d'être en réussite dans ce système scolaire qui nécessite du travail et les injonctions sociales sont très fortes sur la réussite des jeunes et le temps long qui est celui de l'appropriation des savoirs et ce que dit le collègue je me retrouve dedans c'est que souvent on veut qualifier avec des mots extérieurs à l'éducation le comportement de jeune et là sur la qualification que proposait le collègue rire pendant une minute de silence oui c'est grave oui le jeune n'a pas compris la gravité ou il est dans la provocation ou même parfois il est effectivement dans une contradiction politique qui n'est pas admissible mais est-ce que pour autant on lutte efficacement en qualifiant cela de manière plus policière et judiciaire presque
Fanny sur Whatsapp nous dit ceci le problème en réalité concerne la place de l'école dans la société on est collectivement en burn-out avancé les salles des profs craquent les collègues s'arrêtent démissionnent tiennent un coup d'antidépresseurs pour certains parce qu'on est seul un débat politique d'une nullité crasse un discours antiprof permanent une société débilitante et violente elle est très en colère que peut encore l'école contre Hanouna par exemple nous dit-elle le problème il est bien là c'est ce que nous dit Fanny et j'aimerais bien votre point de vue là-dessus Françoise Lanto mais surtout sur ce démarrage qui dit le problème c'est la place de l'école dans la société où mettons l'école dans la société aujourd'hui après des événements comme cela comme quand il y a un assassinat des événements aussi tragiques on la remet au centre du village mais le fait est qu'elle a raison Fanny non l'école n'est pas toujours et pas suffisamment au centre du village tout d'abord les conceptions de ce qu'est une école juste ne sont pas les mêmes en France et ce débat-là il est relativement figé en opposition qui n'arrive pas finalement à trouver un véritable compromis est-ce que l'école se doit être un fournisseur de services à la demande en quelque sorte et ou est-ce que l'école c'est le support d'un projet politique qui a été à l'initiative initialement lors de la fondation de l'école publique liée au projet politique de lien avec la république c'est-à-dire que l'école est censée former des adultes qui participent à la vie commune en tant que citoyen au nom de l'intérêt général au nom de l'égalité et avec l'idée de liberté aussi qu'il y a y compris dans d'autres devises donc la place de l'école elle n'est pas la même pour tout le monde et y compris pour les dirigeants politiques sur WhatsApp on est en train de se faire engueuler par Marie je vais lire son message je suis très déçue de ce que j'entends dit-elle je suis prof je vois bien qu'il y a une extrême différence entre les établissements selon les populations alors oui on a parfois peur et on a beaucoup de mal à lutter le recteur le préfet deux maires une députée sont venus se recueillir dans notre établissement à Lyon pas un mot pour les profs ou les élèves ils sont venus pour la photo et là j'ai l'impression de revivre la même chose dans votre émission que pourtant j'aime beaucoup dit-elle quid de tous les profs qui entendent des insultes racistes des rebuffades des parents vis-à-vis du voile ou de l'abaya de ceux qui ont un couteau en classe et il ne se passe rien je comprends dit-elle que vous ayez besoin de rassurer mais enfin quand même cette photo que fait Marie Romain Grandinetti
alors je m'inscris en faux évidemment par rapport à tout ça ce malaise là je l'entends quotidiennement attention on est ici sur on répond aux questions sur le sujet par exemple du rôle de l'école remise au milieu du village mais il est évident que notre pratique est très souvent entravée par ce qu'évoque l'auditrice je souscris à 100% à ce que dit ma collègue néanmoins et peut-être pour éviter ce burn-out on est aussi ici pour chercher des moyens de ne pas simplement survivre professionnellement et j'aimerais juste ajouter quelque chose très vite c'est que l'école républicaine a surmonté des crises il ne faut pas sous-estimer au début du XXe siècle la concurrence des écoles congrécanistes de l'église et il est probable qu'aujourd'hui on peut dire que si l'école républicaine est en réussite on pensait aux collègues de physique chimie la plupart des français estiment que la terre est ronde et pas au centre du système solaire
et heureusement elle n'est pas plate en tout cas aux dernières nouvelles merci beaucoup merci vraiment à tous je voudrais qu'on écoute la question de Rose qui a 8 ans c'est la question des petits bateaux et c'est très mignon
bonjour je m'appelle Rose j'ai 8 ans et j'aimerais savoir si les microbes ont besoin de manger ou de boire merci
et ben voilà est-ce que vous savez répondre à ça non vous ne savez pas et ben bravo non vous ne savez pas