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interviewfranceinfo· 17 septembre 2025 25 min

Mathilde Panot : pour Sébastien Lecornu, c'est "le vote de confiance ou le vote de censure"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot, on va parler des policiers agressés, de ce que vous attendez, de la mobilisation de demain, de la polémique aussi autour du drapeau palestinien. Mais d'abord, Sébastien Lecornu poursuit ses consultations, il reçoit notamment les socialistes aujourd'hui. Alors vous avez expliqué avoir été contacté avant-hier par Matignon, mais vous avez refusé l'invitation, vous ne seriez pas plus utile là-bas ?

0:32
Mathilde Panot

Non, et je crois que vous pouvez au moins nous reconnaître que nous avons le mérite de la cohérence et de la constance. Lorsqu'en décembre dernier, M. Bayrou nous avait appelés là aussi pour des consultations qui visent à quoi ? A la fois à former un gouvernement, mais aussi à former un budget. Là aussi, nous avions refusé. Pourquoi ? Parce que comme dans toutes les démocraties, nous demandons au Premier ministre, M. Sébastien Lecornu, de se soumettre au vote de confiance, ou alors nous le soumettrons au vote de censure. Et puisque M. Bayrou vient de refuser d'y aller, Mme Pannot, pourquoi vous êtes les seuls à refuser d'y aller ?

1:05
Invité

Pourquoi vous ne dites pas les yeux dans les yeux ça, Sébastien Lecornu ? Comment se fait-il que vous soyez les seuls à refuser d'y aller ?

1:09
Mathilde Panot

Mais parce que nous respectons la dignité du Parlement et la dignité de la démocratie. Comprenez que lorsque vous avez un président de la République qui continue, coûte que coûte la même politique, qui a été pourtant désavouée par trois fois dans les urnes, et il faut comprenner quand même l'ampleur de la chute du gouvernement Bayrou lundi dernier. C'est deux tiers des parlementaires qui ont voté contre la confiance. Donc il ne peut pas continuer cette même politique, coûte que coûte, avec un déni de démocratie qui est évident vis-à-vis de l'élection précédente.

1:39
Invité

Je repose ma question. Tout ce que vous venez de nous dire là, pourquoi vous le dites par voie de presse, ou dans votre conférence de presse hier, dont vous recevez un mail, enfin d'abord deux mails lundi soir, puis il appelle un de vos collaborateurs je crois, Matignon, racontez-nous comment ça s'est fait, comment vous l'avez formalisé, encore une fois, pourquoi vous êtes les seuls, les socialistes y vont dans une heure, les écologistes y vont, même le parti communiste y va, pourquoi vous n'y allez pas ?

1:58
Mathilde Panot

Parce qu'encore une fois, nous respectons un ordre républicain, et tant que le Premier ministre n'est pas passé devant l'Assemblée nationale, et qu'il n'aura pas demandé un vote de confiance, ou à défaut une motion de censure, nous n'irons pas négocier, et d'ailleurs nous n'avons rien à négocier avec eux. Nous ne participerons pas à sauver ce qui reste de la Macronie en faisant un soutien sans participation à un gouvernement.

2:20
Présentateur

Il s'agit de discuter, qu'est-ce que vous dites aux socialistes qui vont aujourd'hui ?

2:22
Mathilde Panot

Toute la logique du budget qui est faite, nous voulons une rupture.

2:25
Présentateur

On vous entend, mais qu'est-ce que vous dites aux socialistes qui, eux, ont accepté de s'y rendre, sans sectarisme, disent-ils, pour défendre leurs idées, pour pousser par exemple plus de justice fiscale, une modification de la réforme des retraites, que leur dites-vous ?

2:36
Mathilde Panot

Vous savez, nous ne sommes pas sectaires, nous respectons le mandat qui nous a été donné par le peuple, et peut-être que ça vous dépasse, et ça dépasse apparemment la Macronie, mais la démocratie, c'est justement cela. La démocratie, c'est plusieurs alternatives et offres politiques qui s'offrent au pays, et c'est à ce moment-là qu'on choisit et qu'on décide. Écoutez, il y a eu, en moins d'un an, deux ministres de gouvernement macronistes, deux premiers ministres, qui ont été tombés à la fois par un vote de censure, puis par un vote de confiance.

3:02
Présentateur

Est-ce qu'on va continuer à avoir un gouvernement tous les trois mois ? Ma question c'était, si les socialistes obtiennent des avancées, par exemple, sur une taxe sur les plus riches, est-ce que vous censurez quand même Sébastien Lecornu, ou vous pouvez reconnaître que c'est irré dans le bon sens ?

3:16
Mathilde Panot

Mais vous vous rappelez des avancées qu'a obtenues le parti socialiste avec François Bayrou ? Le conclave sur les retraites, vous savez, qui devait revenir sur la retraite à 64 ans, rejetée par tout le pays, rejetée par l'Assemblée, rejetée par l'ensemble des syndicats. Quel a été le résultat de ça ? Rien, absolument rien. Quel a été le résultat des 4000 postes de professeurs qu'ils avaient soi-disant sauvés dans le budget ? Eh bien là aussi rien, parce que ce qui s'est passé, c'est qu'ils ont dit, d'accord, nous enlevons un peu certains des milliards, mais ensuite, ce qu'ils font chaque année, c'est qu'ils gèlent et ils annulent des crédits au cours de l'année.

L'année dernière, c'est 15 milliards de crédits qui ont été annulés ou gelés. Donc je ne crois en rien des promesses qui pourraient être faites. Et je le redis, tous ceux qui permettront de sauver Macron tomberont avec lui.

4:03
Invité

Parmi les mesures les plus débattues, il y a la fameuse taxe sur les riches, la fameuse taxe du commun dont on a beaucoup parlé, notamment à cette antenne. J'aimerais qu'on écoute ensemble Arthur Munch, qui est patron de Mistral. Vous savez, Mistral, ils ont lancé Cha, qui est le français de Tchad GPT, LIA française, et c'est la seule start-up française valorisée à plus de 10 milliards d'euros. Il plaide hier, sur le plateau de France 2, de Léa Salamé pour plus de justice fiscale. Ce qui compte, je pense, c'est la manière dont on doit penser ce débat, et il faut le penser de manière modérée.

Moi, ce que je constate dans les polémiques, c'est qu'une certaine partie de la population prend un seul côté, comme si l'autre n'existait pas, et l'autre fait exactement le contraire. Est-ce que vous vous sentez visé par ce qu'il dit ? Est-ce que vous comprenez ceux qui disent que votre programme les inquiète et que votre programme ferait fuir les entrepreneurs comme lui ?

4:43
Mathilde Panot

Mais écoutez, il vient d'avoir un rapport qui a été fait par le Conseil d'analyse économique. Juste pour rappeler, ce conseil est directement rattaché à Matignon. Au moment même où François Bayrou expliquait qu'il n'était pas possible de taxer les plus riches, parce que sinon, ils fuiraient le pays, et alors ce serait la pluie de sauterelles qui s'abattrait sur le pays.

5:01
Invité

Ce rapport parle d'un risque d'optimisation fiscale, mais pas d'exil fiscal.

5:03
Mathilde Panot

Ce rapport montre qu'il n'y a pas de départ des riches lorsqu'il y a une fiscalité qui leur est faite.

5:08
Présentateur

Alors Mathilde Parnot, c'est un rapport, mais ce même type de taxe a été mis en place en Norvège, et on a constaté ces dernières années que des centaines de personnes les plus riches étaient parties, notamment vers l'Italie, qui pratiquent une fiscalité très avantageuse. Et il y a une tribune dans le monde de grands économistes qui disent que ça va changer les comportements. Peut-être qu'un rapport ne quantifie pas un exil massif aujourd'hui,

5:28
Mathilde Panot

mais progressivement les comportements peuvent changer. Mais écoutez, je vais vous dire, s'ils partent, eh bien tant pis pour eux. Mais nous, nous avons quelque chose que nous voulons mettre en place, qui s'appelle l'impôt universel, qui est mis en place par un pays, par exemple, comme les Etats-Unis, donc ce n'est pas absolument affreux de le mettre en place, qui s'appelle l'impôt universel. Qu'est-ce que ça veut dire l'impôt universel ?

Vous partez de France, les impôts que vous devez en France, par rapport au différentiel des impôts que vous devez payer dans le pays où vous vous êtes réfugié ou exilé fiscalement, eh bien vous les devez toujours à la France, sinon vous rendez votre passeport français. Voilà ce que ça s'appelle l'impôt universel. Vous dites tant pis pour eux, mais tant pis pour eux ou tant pis pour nous, tant pis pour la France ? Non, mais quand même pour qu'on soit sérieux dans ce qu'on est en train de dire. Les 500 plus grandes fortunes de ce pays ont vu leurs fortunes multipliées par 14 depuis 30 ans.

Si vous écoutez par exemple Piketty, l'économiste Piketty, qui parle de la taxe Zuckman, il dit que c'est vraiment le minimum du minimum. Donc on prendrait 2% à ceux qui ont plus de 100 millions de patrimoine. Il se trouve que si on prend ces 500 plus grandes fortunes, ils avaient 200 milliards en 2010, ils en ont 1000 à 1200 aujourd'hui. Il dit qu'il faudrait un siècle, si on prenait ne serait-ce que 2%, un siècle pour arriver, retourner à la situation de 2010 où les pauvres n'étaient pas malheureux, étaient toujours aussi riches. Il y a un moment dans ce pays où ce qui est en train de se passer, c'est que cela va trop loin.

Les riches se sont trop enrichis, le peuple s'est trop appauvri, et on se retrouve avec un patrimoine commun qui est détruit par la Macronie.

6:55
Présentateur

Mathilde Panot, on évoquait le Parti Socialiste, vous disiez qu'ils avaient été trahis par François Bayrou, vous n'avez pas la même stratégie que le Parti Socialiste. Aujourd'hui, est-ce que la rupture est définitive avec le PS ? On a deux gauches irréconciliables ?

7:07
Mathilde Panot

Non, je crois que ce avec quoi nous sommes irréconciliables, c'est justement la Macronie. Et nous, nous ne participerons pas, nous l'avons dit maintes fois, nous ne participerons pas à une forme de grande coalition. Ça on l'entend, mais c'est pas avec le PS. Dans tous les pays d'Europe où il y a eu des grandes coalitions, ça l'a amené soit à la montée très forte de l'extrême droite, comme en Allemagne avec l'AFD, ou carrément à l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, comme par exemple en Italie.

7:30
Présentateur

Mais avec le Parti Socialiste, Mathilde Panot, est-ce que des alliances sont encore possibles avec le PS ? Par exemple, demain, en cas de dissolution, que se passe-t-il ?

7:36
Mathilde Panot

En cas de dissolution, nous l'avons dit, nous faisons une offre fédérative, et cette offre fédérative fera que, dans chaque circonscription, dans chaque circonscription, il y aura un candidat qui portera un programme de rupture, celui du nouveau Front populaire.

7:49
Invité

Les socialistes vous ont déjà répondu sur votre offre fédérative en répondant hors de question.

7:53
Mathilde Panot

Eh bien très bien, mais rendez-vous compte que, est-ce que vous avez compris quelle est la leçon des États-Unis et de l'élection de Trump ? Est-ce que vous vous êtes interrogé sur pourquoi Trump a été élu alors qu'il n'y avait qu'une seule candidate en face, qui s'appelait Kamala Harris ? D'accord ? Parce que tous ceux qui nous expliquent que sans unité, on n'y arriverait pas, se heurtent à la réalité de ce qui s'est passé en 2022, où nous faisions 22% et nous étions à 420 000 voix d'arriver au second tour. Mais je veux reprendre la leçon des États-Unis. Pourquoi Trump et l'extrême droite ont gagné aux États-Unis ? Parce que vous aviez en face une gauche qui n'était plus de gauche.

Une gauche qui n'a pas assumé les ruptures avec le modèle capitaliste et le modèle de production et de consommation. Une gauche qui était complice du génocide, notamment en livrant des armes à l'État. Mathilde Panneau, est-ce que c'est partie socialiste, cette gauche qui n'est plus de gauche ? Mais moi, je le dis, toutes les personnes qui se sont fait élire il y a un an, pas il y a 15 ans sur un programme, il y a un an, et qui jettent ce programme par la fenêtre, eh bien, nous ne serons pas avec eux, évidemment.

8:48
Présentateur

Et vous pourriez mettre des candidats face à un candidat socialiste en cas de législative ?

8:52
Mathilde Panot

Mais il y aura, vous avez entendu ce que j'ai dit ? Il y aura un candidat dans chaque circonscription qui portera le programme de rupture du nouveau Front populaire.

9:00
Présentateur

Mais si vous êtes seule, Mathilde Panneau, il y aura des candidats.

9:02
Mathilde Panot

Vous savez, ce qui est en train de se passer, c'est que le Parti socialiste est en train de créer un front anti-LFI, un front républicain, qui va du PS, de la Macronie, à la droite. Voilà ce qui est en train de se passer.

9:14
Présentateur

Ils sont en train de créer un front républicain contre LFI ?

9:15
Mathilde Panot

Anti-LFI, oui, oui, je pense qu'ils participent à ça. Quand vous avez, par exemple, François Hollande qui explique ça. Quand vous avez un candidat à Paris qui explique qu'il n'y aura pas d'alliance au premier tour avec la France insoumise, mais qu'il n'y aura pas d'alliance au second tour avec la France insoumise, cela veut dire qu'il préfère un macroniste de la droite, de l'extrême droite, à la France insoumise. Et je crois que c'est grave, vu le danger que représente l'extrême droite dans notre pays, mais aussi dans le monde.

9:37
Présentateur

Les présents, vos militants veulent l'union, je ne sais pas si vous les entendez. Le député LFI Adrien Clouet les a entendus, il s'est fait huer à la fête de l'humain, justement parce qu'il défendait une candidature insoumise seule. Écoutez.

9:50
Invité

Il me semble qu'on a déjà fait la démonstration historique à deux reprises qu'on est en capacité d'avoir un très gros score avec une candidature insoumise. Donc, il y aura une candidature insoumise parce qu'il y aura un programme politique de rupture.

10:11
Présentateur

Vous entendez ces hués ? Comment vous expliquez cette réaction épidermique de la salle ? Vous n'êtes plus assez attractif que celle-là ?

10:19
Mathilde Panot

Vous savez qu'Olivier Fort s'est fait huer maintes fois dans ce débat, je passe dessus, notamment sur le fait d'aller négocier et de rompre le nouveau Front populaire. Mais je vais vous dire, dans cet extrait, Adrien Clouet ne dit pas que la candidature insoumise sera seule. Il ne dit pas cela. Nous avons fait, et Jean-Luc Mélenchon l'a fait, j'aurais bien aimé que vous passiez l'extrait, il a fait une offre fédératrice à la fête de l'humanité qui s'appelle l'unité populaire. Il veut une autre alliance avec les écologistes, le Parti communiste et sans le PS, les thermatiques, pas non ? Avec toutes celles et ceux qui sont d'accord sur le programme.

Mais je ne trouve pas incroyable que ceux qui ont fait 22% à la dernière élection présidentielle, que ceux qui ont le premier groupe de gauche à l'Assemblée nationale et qui sont la première force de gauche aujourd'hui du pays puissent avoir une candidature à l'élection présidentielle. Et nous, nous le redisons, nous souhaitons le départ d'Emmanuel Macron qui est aujourd'hui le problème.

11:08
Invité

Une grande journée de mobilisation est attendue demain, à laquelle évidemment vous appelez. Hier, vous soulignaz à l'Assemblée que la journée du 10 septembre avait rassemblé plus de monde que toutes les mobilisations des Gilets jaunes. Parce qu'on a tous dit en prenant les chiffres que c'était un bilan en demi-teinte. Est-ce que c'est cela que vous attendez de ce moment demain ? Où est votre seuil de réussite ? Est-ce que vous voulez revivre l'ampleur des Gilets jaunes ?

11:25
Mathilde Panot

Écoutez, ça c'est en reprenant les chiffres de la police que la mobilisation du 10 septembre...

11:29
Invité

Non, c'est tous les reporters France Info aussi qui ont vu que dans la rue ce n'était pas forcément la mobilisation que tout le monde attendait.

11:33
Mathilde Panot

En reprenant les chiffres de la police, vous vériférez les chiffres de la police du 10 septembre. Vous trouverez que le mouvement du 10 septembre a été plus important que toutes les manifestations des Gilets jaunes à l'exception de la première. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, les renseignements espéraient compter sur 100 000 personnes au moment du 10 septembre. La police a dit 197 000, 200 000 le 10 septembre. Il se trouve que là, on parle de jusqu'à 800 000 à 900 000 personnes qui seraient attendues par les renseignements. Donc si on est sur à peu près une marge d'erreur, on peut être sur des niveaux très très élevés. Qu'est-ce que vous en attendez Mathilde Penner ?

Je vais vous dire, ce que j'en attends, c'est non pas un changement de méthode que nous vendrait M. Lecornu avec un énième personnage clone de la Macronie, nous voulons un changement de politique. Et je crois que tout le monde a compris dans le pays, c'était notamment les slogans qui étaient chantés le 10, que celui qui est responsable de ce chaos, de cette situation politique et de cette impasse, s'appelle Emmanuel Macron. Et que donc, non seulement ce qui est en jeu, c'est le départ de Lecornu, mais aussi d'Emmanuel Macron.

Et je le dis d'autant plus que quand tout le monde comprend que ça va trop loin, vous regardez par exemple la France, 7e puissance économique au monde, qui se retrouve au 59e rang mondial, 59e et 14e rang européen sur les dépenses de l'éducation. Vous espérez que la rue fasse pression sur le président, mais pas de violence, vous dites ? Mais écoutez, les seules violences qu'on a vues, le mouvement du 10 septembre, c'est les violences qui ont été provoquées de manière involontaire, je crois, par les forces de l'ordre, avec un feu sur une façade d'immeuble, des gaz lacrymogènes qui ont été utilisés devant une école maternelle.

Il n'y a pas eu de violence, d'ailleurs, vous n'avez pas eu les images que tout le monde espérait, y compris M. Retailleau, qui est l'agent du chaos.

13:08
Présentateur

Dans un instant, que propose la fille pour protéger les policiers ? Mais il est 8h47 et c'est l'info d'une minute avec Maureen Suignard. Et la grève va toucher demain les secteurs des transports, de l'éducation, de l'énergie ou encore de la santé. Les organisations syndicales appellent à la mobilisation, notamment contre les mesures budgétaires annoncées cet été. Plus de 800 000 manifestants attendus par les autorités qui déploient 80 000 policiers et gendarmes partout en France. La pression internationale contre Israël ne sert à rien. C'est ce qu'affirme ce matin l'ambassadeur de l'État hébreu en France. Paris a dénoncé hier soir une campagne destructrice qui n'a plus de logique militaire.

L'armée israélienne a intensifié hier un peu plus ses opérations et a débuté une opération terrestre dans la ville de Gaza. Éric Zemmour définitivement condamné à 15 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale et injure raciste des propos tenus en 2019 par le président du parti d'extrême droite Reconquête. Il avait notamment parlé d'immigrés colonisateurs en évoquant le voile et la djellaba dans la rue. Une défaite mais un Olympique qui n'est pas passé à côté de son match. L'Olympique de Marseille battu deux buts à un hier par le Real Madrid. Un match de Ligue des champions de football.

Ce soir c'est le tenant du titre, le PSG, qui fait son entrée dans la compétition face à l'Atanata Bergam. France Info

14:25
Invité

Le 8.30 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou

14:30
Présentateur

Avec Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, députée du Val-de-Marne, des policiers à nouveau pris pour cible.

14:38
Invité

Après le passage à tabac d'un policier à Tourcoing jeudi, samedi, ce sont sept policiers qui se sont fait tabasser par un groupe de personnes à Reims. Vous avez peut-être vu les images de ce lynchage purement gratuit pour reprendre la formule du procureur. Est-ce que vous constatez vous aussi ce phénomène de violence contre les policiers ? Et est-ce qu'il faut prendre des mesures pour les protéger ?

14:55
Mathilde Panot

Je crois que déjà il faut dire que c'est inacceptable et que c'est insupportable. Et évidemment derrière il faut que la justice puisse faire son travail rapidement avec d'ores et déjà des dispositifs qui existent, qui protègent particulièrement les policiers. Donc je crois qu'on n'a pas besoin de rajouter des arsenaux mais par contre on a besoin que la justice puisse faire son travail correctement.

15:15
Présentateur

Donc pas de peine minimum pour vous. Et quand la France Insoumise dit la police tue, le député LFI Aurélien Taché a encore tweeté notamment la police tue partout. Est-ce que vous avez une responsabilité ? C'est ce que pointent vos opposants et notamment Bruno Retailleau qui parle de votre haine anti-flic.

15:33
Mathilde Panot

Je trouve ça assez grave que les éléments de langage qu'on retrouve sur toutes les télés Bolloré se retrouvent ici dans le service public. Non, on cite la ministre de l'Intérieur.

15:42
Présentateur

C'est vous qui avez écrit la police tue partout Mathilde Padron. Oui mais c'est un fait. On reprend vos tweets et mise à l'Intérieur.

15:46
Mathilde Panot

Je veux dire on peut parler d'Adama Traoré, on peut parler de Souel El Kalfaoui. Donc c'est un fait pour vous. Cédric Chouvia, oui bien sûr, il y a beaucoup de cas. Et d'ailleurs même la France est championne d'Europe du nombre de tirs qui sont mortels par les policiers. Et donc je pense qu'il faut s'interroger. Mais je vais vous dire, moi je vais répondre à cette question. Nous, nous sommes la seule force politique de ce pays qui œuvrons pour que la police soit respectée parce qu'elle respecte les droits des citoyens.

Et ce que nous faisons en demandant ainsi qu'on agisse fort contre les violences policières, c'est justement quelque chose qui est à la fois bon pour les policiers et bon pour les citoyens. Et je rappelle que c'est M. Sarkozy qui a enlevé par exemple la police de proximité et que cette police de proximité nous manque terriblement aujourd'hui.

16:31
Présentateur

Mathilde Panot, Olivier Faure, appelle les mairies à hisser le drapeau palestinien le 22 septembre, jour de la reconnaissance de l'État palestinien par la France à l'ONU. Alors vous n'êtes plus d'accord sur rien avec le PS, sauf peut-être sur cette initiative ?

16:43
Mathilde Panot

Oui, mais nous soutenons partout le fait qu'il y ait un soutien qui soit affiché à la Palestine. Regardez par exemple en Irlande, devant le Parlement irlandais, depuis mai 2024, il y a un drapeau palestinien. Mais je vais vous dire pourquoi ça m'embête. Parce qu'il y a des polémiques qui sont faites tous les jours sur la question de la Palestine et ces polémiques visent à cacher ce qui est en train de se passer à Gaza. Ce qui est en train de se passer à Gaza depuis hier, qui est le début de l'offensive terrestre, n'est en rien une guerre, comme on le raconte partout, mais c'est un génocide. Et il se trouve qu'une commission de l'ONU l'a redit hier.

Une commission indépendante rattachée à l'ONU. Ils sont en train de commettre un génocide. Et les images sont absolument affreuses. Nous parlons de bombardements sur la ville de Gaza, avec des centaines de milliers de personnes qui sont en train de tenter de fuir et qui n'ont nulle part où aller. Donc la question n'est pas juste de pavoiser avec des drapeaux. La question n'est même pas juste celle de la reconnaissance de l'État de la Palestine.

C'est celle de dire que sans sanctions, sans embargo sur les armes, alors qu'encore hier il y avait des composants qui étaient envoyés pour des armes vers Netanyahou de la part de la France, sans suspension de l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël, alors nous serons en train de reconnaître un cimetière. Et Emmanuel Macron a les moyens d'agir. Il a des leviers pour agir et il ne le fait pas.

18:00
Présentateur

Sur cette histoire des drapeaux, pourquoi pas deux drapeaux, drapeaux palestiniens, drapeaux israéliens, Yonatan Arfi, le président du CRIF, a répondu à Olivier Faure qu'il n'avait pas le souvenir qu'Olivier Faure avait demandé aux mairies d'afficher, par exemple, des portraits des otages à Gaza. Est-ce qu'il y a un deux poids deux mesures ?

18:14
Mathilde Panot

Oui, il y a un deux poids deux mesures. Mais le deux poids deux mesures, quel est-il ? C'est que, par exemple, il y a 18 trains de sanctions contre M. Poutine pour avoir violé le droit international en Ukraine, et il y en a zéro contre Netanyahou. Voilà le deux poids deux mesures. Vous vous rendez-vous compte ? Nous sommes en train de parler d'un génocide. Et donc vous voudriez que nous mettions à la fois le drapeau de l'État qui est en train de bombarder, d'affamer une population entière. Je rappelle que Gaza, la moitié de la population à Gaza, c'est des enfants. Ils sont en train de commettre un génocide contre des enfants. Voilà de quoi nous parlons.

Donc tout cela est complètement indécent.

18:48
Invité

Madame Pannot, on entendait hier justement un médecin revenant de Gaza qui faisait un parallèle très fort avec Verdun, qui disait qu'il avait vu des paysages comparables à ceux de 14-18. J'aimerais maintenant vous faire écouter Marine Le Pen. Elle était l'invité hier d'Europe 1.

19:00
Locuteur non identifié

Il veut ce que veut toute la gauche française et européenne, c'est-à-dire refaire des juifs dépariats.

19:11
Invité

Est-ce que vous voulez refaire des juifs dépariats ?

19:13
Mathilde Panot

Je vais vous dire, le danger dans ce pays, définitivement, c'est l'extrême droite. Parce que assimiler nos concitoyens juifs et juives dans ce pays, mais dans le monde, avec une politique génocidaire de l'extrême droite israélienne, est extrêmement dangereux. Et d'ailleurs, je veux assurer de ma solidarité et dire à quel point je trouve ça regrettable que dans notre pays continue la criminalisation des voies pour la paix et pour le droit international. Je vous interroge sur l'explosion notamment des actes antisémistes et la haine anti-juive.

Non, je vais le dire, l'union juive pour la paix, qui a été perquisitionnée la semaine dernière pour apologie du terrorisme, suite à deux communiqués de presse. Maintenant, ça suffit. Nous, nous refuserons à tout moment qu'on assimile quelqu'un du fait de sa religion à ce qu'est en train de faire Netanyahou. Ce n'est pas possible et c'est ça qui met y compris en danger nos concitoyens juifs et juifs. Et nous, nous serons toujours du côté de celles et ceux

20:01
Présentateur

qui sont les gardiens de l'unité du peuple de France. Mathilde Panot, la déclaration de New York adoptée à l'ONU pose les bases d'un État palestinien sans le Hamas. Le Hamas qui devrait remettre ses armes à l'autorité palestinienne. La fin du Hamas au pouvoir et un État palestinien démilitarisé, est-ce que ce sont aussi les conditions d'un État palestinien pour vous à LFI ?

20:20
Mathilde Panot

Non, je crois que... Évidemment, il y a une victoire populaire dans la reconnaissance de l'État de Palestine et y compris sur le fait que des pays, dont la France, sont obligés de bouger parce que les peuples du monde entier sont en train de se mobiliser contre le génocide toujours en cours. Mais il y a de gros problèmes dans ce qui a été décidé justement et qui va être acté lundi prochain lors de la reconnaissance officielle de la Palestine.

20:43
Présentateur

C'est quoi les problèmes ? C'est la fin du Hamas au pouvoir ou c'est un État démilitarisé ?

20:46
Mathilde Panot

Non, non, c'est une question d'enterrer le droit international. Je rappelle que par exemple, dedans, il n'y a pas le droit au retour des Palestiniens et ce, alors que selon toutes les résolutions de l'ONU, il y a un droit au retour des Palestiniens suite notamment à la première Nakba. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que faire un État démilitarisé, quand vous avez en face une puissance militaire telle, avec des drones et autres, c'est de fait ne pas assurer la souveraineté et l'autodétermination du peuple palestinien. Donc moi, je suis assez inquiète de cela et je le dis, il faut continuer plus que jamais la mobilisation. Elle continue suite à l'offensive terrestre.

Donc vous êtes contre un État palestinien démilitarisé, on vous entend. Suite à l'offensive terrestre, ce soir à 18h30, classe de la République.

21:26
Invité

Autre dossier majeur, une rencontre Trump-Zelinski est envisagée la semaine prochaine en marge de l'Assemblée Générale de l'ONU. On va voir évidemment si elle a lieu. Est-ce que comme Jean-Luc Mélenchon vous estimait, je le cite, que le départ de Zelinski est la condition de l'accord ? Il l'a carrément qualifié, je cite, de président de rien. Et ce faisant, ne reprenez-vous pas le narratif de Vladimir Poutine ?

21:44
Mathilde Panot

Mais écoutez, on nous a dit mille fois que nous étions poutinistes, poutiniens, je ne sais pas comment vous voulez dire ça.

21:50
Invité

Vous voulez le départ de Zelinski ?

21:52
Mathilde Panot

Je vais vous répondre là-dessus. Nous sommes le seul mouvement politique français qui avons non seulement aidé à sortir, accueilli et pris en charge des opposants russes à Vladimir Poutine et des opposants à la guerre.

22:02
Invité

Est-ce que vous voulez le départ de Vladimir Zelinski ?

22:04
Mathilde Panot

La deuxième chose, Jean-Luc Mélenchon l'a très bien expliqué, donc je vais réexpliquer ce qu'il disait. Il se trouve que nous, nous sommes favorables à une issue diplomatique, politique à la guerre que mène Vladimir Poutine en violation de tout le droit international. Mais Mathilde Palouille, il faut qu'on avance.

Écoutez juste, si vous voulez qu'il y ait une négociation et qu'ensuite cette négociation puisse être respectée, alors je pense qu'il faut d'abord un cessez-le-feu, que dans le cadre de ce cessez-le-feu, il puisse y avoir des élections, y compris si c'est Vladimir Zelinski qui est de nouveau élu, très bien, mais avec une légitimité de celui qui va négocier pour que la paix puisse tenir. Est-ce qu'il est président de rien ? Est-ce qu'il est illégitime pour vous ? Mais ce n'est pas une question d'illégitime. Il se trouve que depuis mai, je crois, son mandat s'est terminé.

22:47
Invité

Mais parce que les partis expliquent qu'il n'y a pas les conditions nécessaires à faire un vote dans ce parti.

22:50
Mathilde Panot

Oui, justement, c'est pour ça que je parle de cessez-le-feu. C'est pour ça que je dis, qu'est-ce qui va se passer s'il y a, par exemple, des négociations de paix qui se font, et que juste après, des élections se tiennent, et que ce n'est plus M. Zelinski qui est là, et que celui qui est arrivé juste après remet tout en cause. Donc, je crois qu'il est important, pour la pérennité de la paix, qu'il puisse y avoir, derrière, une légitimité qui soit donnée, y compris si c'est de nouveau M. Zelinski.

23:15
Présentateur

M. Zelinski, on entend Mathilde Panot. Comme tous les jours, c'est le moment de la question qu'il y a retrouvée sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui gratte pour vous, Mathilde Panot. LFI a mis en demeure la maison d'édition Plon pour la sortie à venir d'un livre sur les liens de votre parti avec des islamistes. Vous réclamez un exemplaire de l'ouvrage. Il s'appelle « Les complices du mal » du journaliste Omar Youssef Souleiman. À LFI, vous n'aimez pas que l'on enquête sur vous ?

23:42
Mathilde Panot

Alors, c'est bien, comme ça, vous faites un petit peu de pub au livre, et puis en même temps, vous racontez des choses qui ne sont pas exactes. Tout est vrai. Vous demandez de lire le livre avant vous aimant. Nous demandons effectivement de lire le livre, puisque sur plusieurs plateaux, on nous explique que nous sommes en train d'interdire le livre. C'est absolument faux. Et c'est pas ce que j'ai dit. Ça me permet de le clarifier. C'est pas ce que j'ai dit. Et je crois qu'il est assez normal qu'on puisse savoir quelles sont les choses qui vont être dises dans un livre, avec des accusations quand même très graves.

24:06
Invité

Pourquoi vous n'attendez pas qu'ils soient en librairie, tout simplement, comme tout le monde ?

24:09
Mathilde Panot

Parce que, écoutez, nous, nous voulons préparer ce qui va se passer pour la suite. Je pense que c'est assez normal. Si on vous expliquait, vous, que vous aviez des liens avec des islamistes, vous aimeriez lire le livre avant. Ça vous inquiète ? Et donc, c'est juste un référé, c'est un droit. C'est un droit que nous voulons exercer. Ce qui m'inquiète, c'est le tissu de mensonge qui va être écrit dedans. Et juste, enfin, à un moment, il faudra se poser la question.

Dans un moment où l'extrême droite prend le pouvoir un peu partout dans le monde et en Europe, et dans le moment où l'extrême droite fait des agressions racistes tous les jours, on a eu l'exemple en Creuse encore récemment, avec une des chasses à l'homme noir, etc. Il faudra se poser la question, pourquoi est-ce que c'est la France insoumise qui aura toujours été pointée, et ceux qui ont participé à ça auront une responsabilité historique dans le fait de faire comme à l'époque, d'avoir préféré Hitler au Front Populaire.

24:56
Présentateur

Merci beaucoup Mathilde Panot d'avoir répondu aux questions de France Info.

Mathilde Panot : pour Sébastien Lecornu, c'est "le vote de confiance ou le vote de censure" — Mathilde Panot · Pourquijevote