L'invité politique Sud Radio - Avec Laurent Panifous, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement
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Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. C'est l'heure du grand entretien. Va-t-on pouvoir faire voter toutes les lois ? Laurent Panifousse, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement, est avec nous. Il est dans ce studio de Sud Radio avec Jean-François Aquili. C'est à vous, messieurs.
Bonjour Laurent Panifousse. Bonjour Jean-François Aquili. Vous savez que vous avez le job le plus difficile du gouvernement après Premier ministre, vu la masse de textes que vous devez faire passer avant l'été. Ce sont les travaux d'Hercule, Laurent Panifousse. Vous commencez peut-être par la fin de vie. Est-ce que cette fin de vie sera votée avant la fin de la session parlementaire ?
Oui, je vous remercie de reconnaître que ce job n'est pas forcément simple. Mais je savais quand je suis rentré au gouvernement qu'elle était la hauteur de la tâche. Pour répondre sur la question de la fin de vie, oui, c'est un engagement qui est le mien à titre personnel, mais aussi au sein de ce gouvernement, de faire en sorte que nous puissions enfin faire en sorte que le Parlement se positionne de manière définitive. Et oui, je peux vous dire que le Parlement se positionnera de manière définitive avant la suspension de cet été.
Alors, il y a une commission mixte paritaire concernant ce texte aujourd'hui. Quelles sont les dates précises, Laurent Panifousse ? A quel moment, nous sommes début juin, là, ce texte finira ? Parce que c'est un texte fondamental.
C'est un texte qui a travaillé au Parlement depuis au moins 4 ans maintenant. Au moins 4 ans. Et qui a subi les péripéties des dissolutions, des censures, etc. Il est temps que nous puissions nous positionner. Pour vous dire concrètement le calendrier de ce texte que j'ai proposé au Premier ministre. Aujourd'hui, la commission mixte paritaire, si les 7 députés et 7 sénateurs ne se mettaient pas d'accord, ce qui est probable, mais attendons le résultat. Alors, nous convoquerons le texte la semaine du 22 juin à l'Assemblée nationale. Il repartirait quelques jours pour une ultime navette, un ultime aller-retour au Sénat. Et on donnera le dernier mot aux députés le 15 juillet.
15 juillet. Donc, il n'y aura pas de report du débat autour de la fin de vie en septembre. Non. Vous le garantissez ce matin, Laurent Panifousse ? Je m'y engage. Sur l'antenne de Sud Radio. Les sénateurs ont freiné des cas de fer sur cette réforme.
Est-ce qu'ils sont allés trop loin à vos yeux ? Non, je crois que sur ce texte, il faut être respectueux des positions des uns et des autres. On voit effectivement qu'il y a une grande différence entre le Sénat, l'Assemblée, vis-à-vis de ce texte. Mais on a aussi beaucoup interrogé, et c'est normal, la société civile. Et on voit le décalage parfois qu'il peut y avoir. Il faut le constater. Il faut faire avec. Mais la navette a eu lieu. Le texte aura été étudié quatre fois à l'Assemblée nationale. Quatre fois. Aura été étudié plusieurs fois au Sénat. On voit les positions des uns et des autres. On voit la position très claire de la société civile.
Et je veux parler par exemple de la Convention citoyenne qui s'est positionnée très clairement vers un dispositif d'aide à mourir. Moi, mon rôle en tant de ministre des Relations et du Parlement, c'est de créer un chemin pour que ce texte soit mis au vote. Les parlementaires vont décider. Ce sera les députés qui auront le dernier mot. Je pense que ce texte sera adopté. A titre personnel, je le souhaite. J'en ai été rapporteur. Mais je veux respecter aussi celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec ça.
Parce qu'Olivier Falorni, qui portait le texte, est redevenu maire de la Rochelle. Donc, il faut porter ce texte, on va dire, à bout de bras. C'est un débat de société. Il n'a pas irrigué réellement dans le débat public. Même s'il y a eu la Convention, certes. Mais les Français ne s'en sont pas réellement emparés. Vous le regrettez ?
Non, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Je crois que ça fait tellement longtemps, je viens de le dire. Ça fait quatre ans qu'on parle du sujet. On fait souvent le parallèle avec le mariage pour tous, avec l'IVG, etc. Ce sont des sujets qui ont été mis dans le débat public et qui ont été traités pendant quelques mois avec une décision finale. Encore une fois, je vous dis, ce texte a souffert de l'instabilité politique. Quatre ans pour un sujet comme celui-ci. C'est trop important. La crise internationale, la difficulté des Françaises et des Français font que ce n'est pas aujourd'hui forcément le texte qui les intéresse le plus. Enfin, c'est un texte qui touche à l'intime.
Et le moment venu, le 15 juillet, je pense que chacun prend un temps pour s'interroger sur le sujet. Et je crois que c'est important.
Laurent Panifousse, les travaux d'Hercule suite. Avant l'été, il y a embouteillage à l'Assemblée nationale. Quels sont les autres textes qui comptent pour les Français ? Je pense notamment, vous savez, je pense notamment à la loi d'urgence agricole, par exemple.
Quels sont les textes que vous allez réussir à faire passer avant l'été ? Alors, il y a plusieurs sujets très importants qu'on veut pouvoir terminer avant la suspension de cet été, c'est-à-dire avant à peu près la fin du mois de juillet, de la session dite extraordinaire, peut-être qu'on en dira un mot. Mais peut-être qu'on va en dire un mot. On va en dire un mot. Il y a la loi de programmation militaire, bien sûr, pour donner des moyens à nos armées. Il y a la loi d'urgence agricole. Il y a les textes de justice criminelle pour raccourcir les délais de justice. Les textes de sécurité du quotidien portés par le ministre intérieur pour donner des moyens à notre police.
Des textes régaliens, des textes pour la sécurité du quotidien globalement, pour la justice. La fin de vie, on l'a dit, sur des sociétaux. La protection des mineurs sur les réseaux sociaux. Je l'ai dit, donc, loi d'urgence agricole, loi de programmation militaire. Donc, vous avez comme ça un panel de textes, à la fois du régalien, du sociétal, du littérature.
Vous savez également, Laurent Panifousse, la réforme constitutionnelle sur la Corse. Exactement. Est-ce que ce texte-là, qui est un serpent de mer, il faut le dire, ça fait des années que ça dure, des décennies même, est-ce qu'il est à même aussi d'être plié, si je puis dire, avant l'été ? Non.
Plié avant l'été, non. Il sera mis au débat dans une première chambre avant l'été. D'accord. Et ce ne sera qu'après les élections sénatoriales que l'on pourra le mettre en première lecture au Sénat avec la nouvelle Assemblée. Mais effectivement, il y a, je vous le confirme, beaucoup de textes à terminer. Mais on va y arriver. Et en fait, on a un seul objectif, je vous l'ai déjà dit la dernière fois, c'est faire en sorte que cette année soit utile. Et moi, je serais heureux de pouvoir, à la fin de cette session extraordinaire, venir vous voir et vous dire, vous voyez, M. Aquili, on l'a fait, regardez tous ces textes qu'on a pu voter.
Vous avez dit loi d'urgence agricole, loi de justice criminelle, la loi Riposte, et la fin de vie, évidemment. La loi sur la protection de l'enfance, avec ce qui s'est passé à Paris, vous l'avez évoqué, ce sera aussi voter avant l'été ? Non.
Ça sera étudié dans une première chambre. Oui, je suis d'accord. Mais enfin, ce sont des sujets qui devront être traités, qui devront être traités si possible. On aura un petit peu de temps avant le démarrage du budget. Donc, la navette pourra se dérouler. Le budget n'écrase pas tout entre le mois d'octobre et le mois de décembre, mais il faut reconnaître qu'il prend beaucoup de place. Et il nous restera donc, nous sommes lucides, peu de place à partir du moment où le budget aura démarré. D'où notre détermination à faire en sorte que beaucoup de textes atterrissent cet été.
Mais, Laurent Pannifousse, Gérard Laché, président du Sénat, ne veut pas siéger au-delà du 14 juillet. Qu'est-ce que vous dites ce matin ?
Écoutez, je l'ai vu la semaine dernière. J'ai vu la présidente de l'Assemblée hier. Je rencontre, juste en sortant d'ici, les présidents de groupe à l'Assemblée nationale pour leur délivrer le projet d'agenda que je propose au Premier ministre, qui sera mis à la signature du Président de la République. C'est lui qui décide ou pas d'une session extraordinaire pour faire atterrir tous les textes qu'on a évoqués. Ils sont tous très importants. Moi, j'ai besoin d'une session extraordinaire au mois de juillet. Et cette session extraordinaire devrait se dérouler la semaine du 6, la semaine du 13, mais aussi la semaine du 20 juillet.
J'ai besoin de ce temps-là, de ces trois semaines, trois semaines et demie supplémentaires, pour pouvoir faire atterrir tous ces textes. J'entends les difficultés des uns et des autres, notamment des sénateurs, de pouvoir commencer leur campagne électorale le plus tôt possible. Nous aménagerons ce temps au Sénat pour faire en sorte qu'il n'y ait, après le 14 juillet, que des votes, que des conclusions de textes et pas de nouveaux textes qui soient mis au débat. Donc, ça va faciliter le travail des sénateurs. Mais oui, j'ai besoin de la semaine du 13 et de la semaine du 20 juillet au Parlement, Assemblée et Sénat, pour faire atterrir tous ces textes.
Donc, jusqu'à la semaine du 20 juillet, incluse, donc, M. Larcher, pas au-delà du 14 juillet, ça ne sera pas possible. C'est ce que vous lui dites. Ces sénateurs, ils ne veulent pas siéger ? Non, ils sont en campagne. Vous leur dites quoi ? Faites un petit effort ?
Oui, mais c'est un effort collectif, c'est un effort du gouvernement, du Sénat, de l'Assemblée nationale. La réalité, c'est que les sénateurs partent en campagne, on peut le comprendre, il faut le respecter. Parce qu'il y a des élections sénateurs à la rentrée. Ce que j'ai pu lui dire, c'est qu'il n'y aura pas de nouveaux textes, effectivement, après le 14 juillet. Ils n'auront pas à se positionner et à débattre, à amender, avec de longues heures et de longues nuées, à passer au Sénat sur des textes nouveaux.
Il vous a dit oui, il vous a dit oui ? Oui, oui, d'accord, on va passer.
C'est une prérogative du gouvernement, du Président de la République, l'ordre du jour. Mais oui, j'entends la demande du Président de l'Archer, je la comprends. Le Président de l'Archer, c'est très bien la difficulté qui est celle du gouvernement, avec sa volonté. Peut-être que certains le regrettent, mais nous avons la volonté, clairement, de ce gouvernement, de faire atterrir beaucoup de textes. Et que, encore une fois, cette année, l'année 2026 et même l'année 2027, soient utiles aux Français.
Utiles aux Français. Le Gérard Larcher a accepté, finalement, il revient avec sa décision de ne pas aller au-delà du 14 juillet. C'est oui ?
Oui, oui, bien sûr. Mais c'est une manière, en ne mettant pas de nouveaux textes après le 14 juillet, de répondre quasi favorablement à la demande du Président de l'Archer. Mais oui, le Sénat devra se positionner la semaine du 20 sur des conclusions de textes définitives.
Laurent Panifousse, vous êtes un social-démocrate. Oui. Vous êtes un ancien socialiste. Oui. Oui, oui. Il y a 2027 qui arrive. Vous êtes un homme, donc, de centre-gauche. Quand vous voyez le face-à-face Gabriel Attal, Édouard Philippe, que dites-vous ? C'est une perte de temps, une perte d'énergie ?
Je dis d'abord que le membre du gouvernement que je suis, et vous avez eu tout à l'heure la gentillesse de dire que j'avais un des jobs les plus difficiles. C'est vrai. Je pense que le meilleur moyen pour moi de faire en sorte, et de pouvoir parler à tout le monde, vous avez vu les difficultés qui sont les miennes, le meilleur moyen pour moi de faire mon travail, mon job, c'est de me tenir à distance à cette élection présidentielle le plus longtemps possible. Mais ça vous agace. Après, vous connaissez ma sensibilité politique. Oui. Moi, à titre personnel, j'espère que le moment venu, je pourrai m'expliquer, dire ma position, qui ou quelle personne j'aurai vocation à soutenir.
Mais c'est beaucoup trop tôt. Moi, je suis vraiment concentré sur ma tâche au gouvernement. J'espère que la social-démocratie sera représentée dans cette élection présidentielle. Parce que ça n'est pas sûr ? Parce qu'il y a un risque ? Écoutez, je vois bien ce qui se passe à gauche. Vous évoquez Édouard Philippe, Gabriel Attal. Je vois ce qui se passe sur la gauche dite NUPES, Front Populaire. Je vois des candidats se déclarer, ne pas se déclarer. J'espère qu'il y aura un candidat ou une candidate de la social-démocratie. Mais pour le ministre que je suis, je préférerais vous reparler de ça à la fin de l'année.
Vous restez en surplomb. Tout de même, sur le principe, quand vous voyez aujourd'hui le Parti Socialiste, qui envisage une première primaire, qui serait ouverte à place publique, à Raphaël Glucksmann, pour décider qui, au PS, avec M. Glucksmann, qui serait candidat, pour ensuite faire une deuxième primaire avec les autres candidats de gauche. Vous venez de la gauche. Sur le principe, c'est quelque chose qui vous paraît intéressant, ou une chose intéressante, peu efficace, ou ça vous paraît mortifère ?
Écoutez, je vais vous dire très sereinement, ce n'est pas très clair pour moi, donc ça ne doit pas être très clair pour grand monde.
Pas très clair pour grand monde, et ça vous inquiète aussi pour la suite ?
Oui, j'ai envie que les Français et les Français, à cette élection présidentielle, puissent avoir une proposition sociale-démocrate, comme elle existe ailleurs en Europe, cette ligne politique n'est pas réellement exprimée. En tout cas, par exemple, elle n'est pas à l'Assemblée nationale, je le regrette. Mais encore une fois, je vais me concentrer sur la tâche du gouvernement, elle est grande. Et peut-être qu'à la fin de l'année, je vous en dirai un petit peu plus sur...
D'un mot, pour conclure, Laurent Panifousse, je sais que vous avez ces urgences parlementaires, tout de même la bataille de 2027, pour conclure. C'est aussi une forme d'urgence à vos yeux, il y a quand même quelque chose qui se passe sous nos yeux, il faut peut-être accélérer, trouver peut-être le bon candidat ou la bonne candidate pour 2027 ?
Ah oui, je ne vais pas vous faire de langue de bois, j'espère qu'en 2027, en tout cas, il faut tout faire pour qu'au sein de, je sais que ça agace, mais de ce qu'on appelle l'arc républicain, faire en sorte d'éviter d'une manière ou d'une autre, que ce soit deux formes de populisme qui s'affrontent au second tour, ça, c'est clairement un objectif et c'est clairement une urgence. En revanche, au sein de cet arc républicain, j'aimerais qu'il y ait des différentes sensibilités, qu'il soit représenté, qu'il soit en capacité d'arriver au second tour, non pas par opposition à, mais parce qu'on a un vrai projet de société désirable à proposer aux Françaises et aux Français.
Ce n'est pas ce que j'entends jusqu'à maintenant, mais je fais confiance aux responsables politiques pour se mobiliser, faire en sorte qu'avant l'été ou après l'été, on ait des projets de société désirables, qu'ils soient de gauche, du centre, de droite, mais que les gens votent pour adhérer à quelque chose et pas contre quelque chose.
Merci Laurent Panifousse et Jean-François Akili, merci. On vous retrouve évidemment dans un instant, Jean-François, Laurent Panifousse, ministre délégué en charge des Relations avec le Parlement. J'ai deux petites questions vraiment techniques, mais là, question rapide, réponse rapide. Moi qui suis novice en la matière, jusqu'à quand peut-on faire voter des lois ? Jusqu'à la veille de la présidentielle ? Comment ça se passe techniquement ?
Alors techniquement, on devra s'arrêter autour du mois de février-mars.
D'accord, le temps est compté quand même, février-mars, voilà. Et autre question très précise, que se passera-t-il si messieurs Attal et Philippe dans les sondages sont donnés à égalité ? Vous, vous ferez un choix, vous leur demanderez de faire un choix, ou bien ils resteront tous les deux au risque de faire gagner M. Mélenchon ? J'imagine que ce ne serait pas votre choix à vous.
Leur responsabilité à eux, dans leur sensibilité politique, sera de faire un choix.
Oui, et enfin, dernière question, elle est liée à l'actualité. On a beaucoup parlé ce matin des débordements, et de cette France qui craint à nouveau des nouveaux débordements. Je ne sais pas si vous êtes amateur de football, à l'occasion de la Coupe du Monde de football qui arrive, 82% des auditeurs sur Sud Radio ce matin nous disaient, on craint à nouveau les débordements, et vous vous en craignez également ?
Oui, je crois que dans les textes que nous venons d'évoquer, il y a ce qui concerne la sécurité du quotidien, et exactement ce qu'on a vu malheureusement, qui ne sont pas des supporters, ce sont des délinquants, qui veulent abîmer notre société, qui y participent, et on essaie de proposer des outils à nos forces de sécurité pour être plus efficaces. Mais en tout cas, on doit aux Françaises et aux Français, à tous, quels qu'ils soient, à la sécurité.
Merci infiniment Laurent Pannifousse, merci Jean-François, évidemment on vous retrouve dans un instant. On marque une petite pause, et tout de suite, c'est le Grand Débat sur Sud Radio, à tout de suite.
Laurent Panifous