Glucksmann est-il de gauche ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 9:29OuverteRéponse directe
Françoise, vous étiez dans les coulisses de cette primaire socialiste, est-ce qu'Olivier Faure s'attendait à un tel score ?
- 9:59RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce score est un désaveu pour Olivier Faure ?
- 11:09OuverteRéponse directe
Qui a voté pour Raphaël Glucksmann et pour quelles raisons ?
- 11:39OuverteRéponse directe
Est-ce que le score de Raphaël Glucksmann est une victoire personnelle ou une volonté de changement de ligne au PS ?
- 17:06OuverteRéponse directe
Françoise, est-ce que Raphaël Glucksmann est vraiment de gauche ?
- 19:19RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qui vous fait dire qu'il n'est pas de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:02InvitéFait
« Raphaël Glucksmann a fait toute sa campagne sur le soumis aux insoumis, avec vraiment même des méthodes, notamment avec Jérôme Getsch, une forme d'antisémitisation d'Olivier Faure que moi j'ai trouvé tout à fait détestable. »
- 26:43InvitéFait
« Il doit se garder d'être trop droitisé, et puis à gauche, son espace n'est pas énorme. »
- 28:33IntervenantFait
« Ces deux électorats, communistes et écologistes, sont totalement prêts à un vote utile en faveur d'un candidat de gauche qui écraserait les autres. »
Temps de parole
- Présentateur60 %
- Intervenant14 %
- ?7 %
- Invité6 %
- Invité 26 %
- Invité 33 %
≈ 29,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. On regarde avec vous ce qu'il fait la une de nos quotidiens régionaux et on commence par ce jeune de 14 ans qui a ouvert le feu hier dans son collège à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône.
Effectivement, un collégien de 14 ans qui a tiré au fusil de chasse dans son établissement. Le principal a été blessé tout comme une enseignante, ça fait la une du journal La Provence. Avec ce titre, le choc, le collège à la Canale d'Aubagne est fermé aujourd'hui. Un rassemblement est prévu dans la ville à 18h.
Justement,
on
va aller à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône. Bonjour Jean-Pierre Scullary, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire d'Aubagne. On a Alex à rappeler les faits, ce collégien de 14 ans qui a blessé son principal, un professeur. Est-ce que vous en savez plus ce matin sur les circonstances de ce drame
? Non,
non. Les nouvelles de ce matin sont identiques à celle d'hier soir. Il faut un peu attendre encore.
Comment ont réagi les habitants ? La Provence titre ce matin, le choc, c'est le mot qui vous vient aussi à l'esprit
?
Vous savez, ça a été véritablement une onde de choc,
parce
qu'on pense toujours que ça arrive aux autres. Ça ne vous arrive jamais. J'ai reçu des dizaines et des dizaines et des dizaines de messages,
des
gens que je ne connaissais pas, de l'extérieur, même de l'étranger.
Nous
soutenons.
Mais
la population urbanaise, oui, elle
est
encore sous le choc. C'est pour ça que ce soir, nous faisons
un
rassemblement sans bande de rôle, sans prise de parole. Simplement un recueillement
et
un soutien aux enseignants,
aux
gamins,
mais
surtout également aux deux personnes qui ont été blessées.
Comment
vous avez réagi ? Qu'est-ce que vous avez pu faire, vous, hier, en tant que maire
? Vous
savez, quand on est maire,
c
'est un peu comme lorsqu'on se marie,
pour
le meilleur et pour le pire. Là, le pire nous arrive.
On
attend avec impatience que le meilleur se pointe. Mais il faut réagir, vous savez, de par ma profession, mon ancienne profession, j'étais officier supérieur de sapeur-pompier. J'ai connu ce genre
de
drame, que ce soit des coups de fusil ou autre chose. Il a fallu que je fasse très attention de ne pas me prendre pour le pompier, mais de me prendre pour le maire.
Le
maire, il a surtout à coordonner tout ce qu'il peut coordonner, en attendant que le préfet arrive, avant que le préfet prenne la situation urbaine. Et là, je dois me mettre à sa disposition afin de faciliter tout ce qui peut être fait pour l'intervention.
– Un
dernier mot, M. le maire, Édouard Geffray, Laurent Nunez, les deux ministres sont venus hier après-midi. Est-ce que c'était un signal important pour vous ? Et quel message vous avez pu échanger avec eux ? Qu'est-ce que vous attendez désormais du gouvernement
? –
Le message que j'aurais voulu donner au ministre, je n
'ai
pas pu le contacter, le ministre
de
l'Éducation.
Pour
le bassin Auban et la Sota,
il
y a un médecin pour 20 000 gamins
ou
enseignants.
Ça
fait très peu,
ça
fait très peu. Quant au ministre de l'Intérieur, nous avons commercé, je l'ai félicité, je l'ai félicité pour la destérité des intervenants, que ce soit la police nationale
ou
la police municipale. Mais j'ai quand même profité de l'avoir en direct
pour
lui demander le commissariat que nous attendons depuis 15 ans, qu'il accélère à le mouvement parce qu'ils ont beaucoup de mérite, les policiers qui travaillent dans des conditions déplorables. Et ils sont encore plus méritants d'être intervenus avec efficacité.
– Merci
monsieur le maire, merci beaucoup Jean-Pierre Squillari, maire d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, d'avoir été avec nous. Alex, on poursuit la revue de presse avec cette cyberattaque qui s'en prend au frigo des supermarchés.
–
Une cyberattaque qui fait la une de nombreux journaux de la presse quotidienne régionale. Aujourd'hui, les rayons de centaines de supermarchés ont été piratés. C'est à la une du journal Ouest France. Les frigos réglés sur 50 degrés à la une du progrès de Lyon. Piratage, coup de chaud aux rayons froids, titre le journal Le Républicain Lorrain. Dans tout le pays, plusieurs enseignes de la grande distribution ont été victimes de cette cyberattaque visant leur système de régulation frigorifique. Ça s'est passé dans la nuit de dimanche à lundi. Des résultats, des tonnes de marchandises ont dû être détruites et le préjudice va se chiffrer à plusieurs millions d'euros pour les supermarchés.
–
Le salon de l'auto est à la une du Télégramme.
–
Automobile, la riposte européenne, titre le journal alors que s'ouvre aujourd'hui au public le 91e salon de l'auto. Il a été inauguré hier par le président de la République. Et les constructeurs européens tentent de résister à la domination chinoise dans le secteur des voitures électriques. Les Français Renault, Peugeot et Citroën ont décidé désormais de miser sur les petites voitures électriques à des prix abordables dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat et de fortes demandes en voitures électriques à cause du choc pétrolier.
– Salon d'auto qui s'ouvre sur fond de hausse des prix du carburant à la pompe. Une hausse qui pousse les professionnels à chercher des alternatives au diesel électrique. fait partie des solutions mais une autre énergie gagne du terrain, c'est le GNV, le gaz naturel pour véhicules. Son développement est notamment porté par le bio-GNV, une version renouvelable produite localement alternative qui permet de réduire la dépendance au carburant traditionnel. On regarde ce reportage de Philippe Berthoud pour nos partenaires de TVR.
– Illustration
des premiers pas de la décarbonation du transport routier. Depuis 4 ans, le groupe La Poste en Bretagne mise sur le GNV et le bio-GNV au départ et à l'arrivée de sa grande plateforme de tri du Rheu près de Rennes où transitent 200 000 colis par jour. – On est aujourd'hui au départ de la plateforme Colissimo de Rennes à plus de 50% des camions qui quittent tous les jours la plateforme qui sont alimentés 100% en bio-GNV et donc on rappelle, c'est un carburant
qui
émet 80% de CO2 de moins que du gasoil dans un poids lourd. –
Ce
transport de colis en amont de la distribution des facteurs est confié à l'entreprise bretonne Aurin qui depuis 5 ans s'est équipée de 36 camions roulant au bio-GNV fabriqués en local grâce à la méthanisation de déchets organiques. – C'est aussi une belle image je trouve et ça montre aussi l'envie et nos investissements, ce que l'on met en place dans l'entreprise Aurin pour décarboner et pour être dans les clous RSE qui incombe à tout le monde. – Le plus gros réseau régional de distribution de GNV et bio-GNV s'appelle Bretagne Mobilité GNV. Il revendique aujourd'hui 150 clients issus du transport de voyageurs et du transport de marchandises, ils ont opté pour le gaz en raison de la
décarbonation
et du prix.
–
Puisqu'on accompagne nos clients à fixer leur prix sur le long terme, on a des clients qui ont déjà leur visibilité tarifaire jusqu'à fin 2028 et qui ne subissent pas la crise en fait quand les prix augmentent, et bien eux leur prix reste stable. Et ça c'est un véritable argument quand on parle de transition.
–
Le GNV et le bio-GNV se développent dans la région au rythme de 7% par an. Ainsi près de 1000 poids lourds bretons roulant au gaz sont actuellement en circulation.
– Allez
Alex, on finit cette revue de presse avec le parcours du Tour de France 2027 qui commence à se dessiner.
– Oui, un tracé qui va être dévoilé officiellement dans 10 jours, mais il commence à fuiter dans la presse quotidienne régionale. Il partira d'Ecosse, traversera la Grande-Bretagne avant d'arriver en Normandie. Puis en Bretagne, la fin du Tour de France se jouera dans les Pyrénées avec de grosses étapes pour les coureurs. Les villes de Pau et de la Reims seront à l'honneur, titre le journal Sud-Ouest.
Et
puis la Grande-Boucle s'arrêtera plusieurs jours dans la ville de Montpellier. Nous apprend également le journal Le Midi Libre.
– Merci Alex, merci beaucoup. Place maintenant à notre débat. Raphaël Luxman est-il de gauche
? –
Large victoire à la primaire de Raphaël Luxman avec plus de 66% qui n'empêchent pas les critiques et les interrogations. Raphaël Luxman est-il de gauche ? Avec qui peut-il opérer le rassemblement ? Doit-il aller jusqu'au centre-droit alors qu'on l'a entendu, une partie de la gauche le critique sur son incapacité à faire de l'Union ? On va en parler avec vous, nos éditorialistes. Bonjour Françoise de Goye.
– Bonjour ma chère, je vais vous poser
direct toutes les bonnes questions. – Je
vais vous les poser à vous. – Je sens que je vais donner vos réponses à vous, Elisabeth. – Très bien.
– Et Stéphane Zumstag est avec nous, directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos BVA. –
Bonjour
Stéphane, merci également d'être avec nous. D'abord Françoise, une petite question pour vous, puisque vous étiez dans les coulisses de cette primaire socialiste, vous êtes normalement proche d'Olivier Faure.
– C'est mon
ami et je trouve qu'il a très bien travaillé. – Mais est-ce qu'il s'attendait à un tel score ? Est-ce que ce score est un désaveu ?
– Ce que je vous ai dit,
la dernière fois qu'on s'est dit,
vous
m'avez dit qu'est-ce qui va se passer ? Je vous
ai
dit, soit c
'est
un référendum, les gens prennent un bulletin fort pour dégager Raphaël Glucksmann, soit ils prennent un bulletin Glucksmann pour dégager Olivier Faure et l'idée même de Mélenchon, puisque Raphaël Glucksmann a fait toute sa campagne sur le soumis aux insoumis, avec vraiment même des méthodes, notamment avec Jérôme Getsch, une forme d'antisémitisation d'Olivier Faure que moi j'ai trouvé tout à fait détestable. Donc je pense quand même qu'Olivier Faure pensait faire au moins 20. Bon, 14, voilà, ça reste quand même assez conséquent dans l'électorat du Parti Socialiste pur, ce corps électoral qui a été complètement dépassé. Donc en ce sens, la primaire est quand même un succès.
Moi je trouve, enfin moi je me réjouis toujours, tout le monde crache sur les primaires, mais écoutez, voilà, il y a 120 000 personnes qui sont venues, on ne sait pas d'où elles sont venues, mais on s'en fout. La réalité c'est que oui, c'est un score très décevant pour lui, mais ce n
'est
pas un score de la mort. Je dirais juste, moi, qu'il faut faire attention à l'effet de loupe. J'entends plébiscite, etc. Je ne remets pas du tout en cause la force du corps électoral, je dis attention à cela. On sait que beaucoup de nostalgiques du macronisme qui avaient quitté le PS sont revenus pour voter pour Raphaël Buxemann. Ça sera intéressant d'analyser le corps électoral parce qu'il ne
faut
pas se tromper d'analyse. Qui a voté pour Raphaël Buxemann et pour quelles raisons ? Ça va être le vrai sujet. Après, pour Olivier Faure, vous savez, il est solide, il est costaud, il est vraiment de gauche, donc je pense que ça va. Mais il a encaissé le coup. Mais il encaisse tout l'idiot. On a tous fait des soirées électorales avec Elisabeth et avec Stéphane. Combien de milliers ? En plus, moi, je les connais très bien. Soit c'est Golan, François Hollande, Olivier Faure. Je sais qu'est-ce que c'est un homme ou une femme politique qui encaisse une défaite. Mais je sais aussi que derrière les défaites, il y a souvent aussi des victoires, donc tout va bien.
– Elisabeth, est-ce que le score de Raphaël Buxemann, c'est une victoire personnelle de Raphaël Buxemann ou ce sont aussi des socialistes, des gens de gauche qui disent qu'il faut changer la ligne du Parti socialiste, la ligne qu'on veut, c'est celle-là, c'est celle de Raphaël Buxemann, notamment sur la question de la France insoumise ? – Je crois qu'il y a deux éléments qui peuvent expliquer cette performance. Franchement, 66%, c'est une performance. Il faut le rappeler, avant de dégrainer toutes les difficultés qui l'attendent, il a très bien joué le coup.
Et il y a un mélange, je pense, de vote utile, c'est-à-dire qu'il incarnait pour 66% de ce corps électoral de 120 000 votants, c'est ça ? – Oui, oui, oui. – Il incarnait une possibilité pour la gauche d'exister dans le paysage pour cette présidentielle, et puis, effectivement, son programme très anti-éléfit, très barrage à Mélenchon, a aussi opéré. Donc c'est sans doute la combinaison des deux qui explique ce score,
qui
va lui donner un… Alors là, c'est le spécialiste de l'opinion qui va nous le dire, mais sans doute une petite dynamique d'un ou deux points. Quant à la ligne, on va voir maintenant, les choses sérieuses aussi commencent, parce que sur quel programme va-t-il maintenant faire sa campagne ? Lui,
il
y
a
encore des éléments assez flous. On voit bien sa passion pour… Enfin, sa passion plus que ça, sa réflexion sur l'indépendance, ses obsessions anti-pouvoir autoritaire, son travail de militant qui le charrie, qui charrie évidemment toute sa pensée, toute sa réflexion, toutes ses convictions. Sur le plan économique, il ne cesse de dire qu'il veut une rupture avec le macronisme. Il y a un soupçon qui demeure et qui va être entretenu par ses adversaires. Enfin, tout commence pour lui, mais je trouve que le début, le départ, c'est une performance. Il faut le mettre à son crédit et pas tout de suite l'évacuer en disant, voilà, il est là,
mais maintenant… Non, c'est lui qui a dit le plus dur commence.
Non, le plus dur commence.
Stéphane ? Oui,
et
cette victoire, elle s'explique aussi par le fait, et vous l'avez dit à l'instant,
que
Raphaël Guzman,
c
'était une sorte… ça fait deux ans maintenant, c'était une sorte d'espoir à gauche, rappelez-vous. Il a mené, c'est le seul des cinq candidats, à avoir mené deux campagnes nationales, les deux élections européennes, 2019-2024,
avec…
Oui,
mais il y a
bien plus longtemps,
il y a bien plus longtemps, dans le paysage actuel de ces derniers… On ne sait plus n'importe quoi. D'accord, mais dans le paysage actuel… Non, même s'ils adorent, t'es très sérieux, je ne sais
pas… Mais
ça ment ! On va pas faire les CV ! C'est ce que vous voulez dire, Stéphane ! Non, non, mais c'est bon ! Ce que je veux dire par là, c'est que
la dernière fois que le Parti Socialiste et ses alliés ont enregistré une belle performance électorale, c'était lors des élections européennes de 2024, et c'était essentiellement dû à l'équation personnelle de Raphaël Guzman, rappelez-vous, 14% talonnant la liste…
Non, mais le Nouveau Front Populaire, vous en
faites quoi, en fait ? La campagne du Nouveau Front Populaire
des
législatives ? Il ne s'agit pas d'une victoire ou d'une très belle performance, c'est celui d'une opération survie qui fonctionne très très bien.
Ah, j'adore ! Le Nouveau Front Populaire qui arrive en tête… Enfin, on va laisser faire Stéphane, après vous lui répondez. Pardon, pardon, je
taquine, je taquine, je taquine. Ce que je voulais dire par
là, c'est
que, compte tenu de son expérience, toutes les critiques dont il a pu faire l'objet, notamment sur le stagiaire, que ce soit Ségolène Royer ou quelqu'un d'autre, ça n
'a
pas du tout opéré dans l'opinion publique, parce que
c
'est aujourd'hui un candidat, ce n'est pas le seul, mais c'était un candidat naturel et presque légitime à
l
'élection présidentielle.
Ce
n'était pas le seul, mais d'une certaine façon, la victoire dans cette primaire, dans ce cadre bien précis, bien détaillé, va de soi, et elle va de soi auprès de cet
électorat social délocuteur. – Ça n'a pas marché là, juste,
pardon, pour rester sur le stagiaire, là, ça n'a pas l'air d'avoir eu un impact, mais est-ce que ça peut être le sparadrap de sa
campagne
électorale ?
– Moi, je pense que ce genre de critiques qui apparaissent durant la campagne pour des primaires ou même au lendemain des primaires avec un réflexe de mauvais joueurs, de mauvais perdants quelque part, en général, ça ne desserre pas les gens, bien au contraire, je ne
dis
pas que ça va le muscler,
mais ce n'est pas ça le sparadrap, le sparadrap… – Quand il y a
un flou, il
y
a un loup, c'est resté quand même,
vous parlez du sparadrap. – C'est
Martine Aubry, pardon,
vous me
faites signe ? – Non,
mais parce que
quand c'est fou, il y a un loup, Olivier Faure l'a sorti dans le
débat… – Non, non, mais ce qui est énorme après… – Ce que je veux
dire, c'est que c'est resté quand même à
Hollande,
ça
n'a
pas
empêché
son élection présidentielle. Peut-être que ça a joué après dans la naissance des frondeurs, etc. –
Bien
sûr, je suis d'accord.
–
Mais ça
n'a pas empêché son élection. – Excusez-moi, non, non, non, non. – Dans
les têtes,
et
je vais dans le sens d'Elisabeth Martichoux, le pire pour moi, c'est quand c'est fou, il
y a
un loup, c'est marrant, ça fait proverbe de grand-mère, le pire, c'est capitaine de Pédalo. –
Ça, c
'est
Mélenchon.
– C'est Mélenchon sur François Hollande, capitaine de Pédalo, c'est vraiment quelque chose qui a marqué. Donc, je ne
suis
pas du tout d'accord avec vous, Stéphane, décidément, on va se réveiller ce matin. Je pense que le stagiaire, moi, je ne fais jamais ça, je pense qu'il ne
faut
pas faire ça, mais ça, c'est go, voilà, elle est cash, etc., on s'en moque. Mais ce que je veux dire,
c
'est que, non,
ce
n
'est
pas vrai, ça marque, ça frappe, vous verrez que dans la campagne présidentielle, ça sera…
– Le vrai sparadrap dont il pourrait souffrir, ce sera le candidat de la gauche caviar, et ça, ce sera orchestré, évidemment, par les Insoumis. C'est ça,
c'est ça, ce qui va le poursuivre. – Ce
n
'est
pas orchestré, c'est la vérité. Donc,
il n'y a pas d
'orchestration, en fait, à faire.
–
Juste, pardon, pour revenir au thème, enfin, pour suivre, et donc, revenir au thème de notre débat, il y
a
eu des critiques pendant cette pré-campagne, pendant cette campagne des primaires, et des interrogations sur est-ce que Raphaël Guzman est vraiment de gauche ? Est-ce que, pour vous, Françoise, Raphaël Guzman est vraiment de gauche, et est-ce que faire 66% à une primaire ou vote des gens de gauche, ça légitime le fait que c'est un homme de gauche ? – Non, pas du tout. Enfin, moi, je n'ai pas envie de sonder les cœurs et les reins, est-ce qu'il est de gauche, est-ce qu'il n
'est
pas de gauche ? Il n'y
a
rien qui montre dans son chemin qu'il est particulièrement de gauche. Raphaël Guzman, je l
'ai
écouté hier matin sur France Inter, en disant « Toute ma vie politique m'a préparé à ça ». Écoutez, il était chez Nicolas Sarkozy, il était libéral. Après, Olivier Faure est venu le chercher, en essuyant les critiques, mais épouvantables de ceux-là même qui aujourd'hui le soutiennent. « Comment ça ? Tu fais rentrer Raphaël Guzman ? » Il est venu le chercher parce qu'effectivement, il était tout à fait conscient qu'il n'y avait aucune capacité. Donc, il est un très bon député européen. Vraiment, j'assure, sur ses combats, vraiment, moi, je peux signer tout Raphaël Guzman sur la question de l'Ukraine, je peux signer Raphaël Guzman.
–
Mais c
'est ça, est-ce que sa trajectoire
politique, elle ne
s
'explique pas d'abord par une opposition à Vladimir Poutine, par une défense
des démocraties ? – Oui, mais ça, ce n'est pas ça, être de gauche. Vous avez
des gens de droite, des gens de centre-droite, on ne peut pas qualifier la gauche. La gauche, ça n'est pas ça. La gauche, c'est le progrès social, la justice sociale, une continuité. Raphaël Guzman qui déclare pour lui que ce n'est pas à lui d'aller dans les manifestations, etc. Pour moi, la culture de la gauche est aussi une culture de manifestation, de combat aussi « manifestatoire », entre guillemets. Donc, je ne
vais
pas commencer à séparer le bon grain de l'ivraie, en fait,
on s'en fout. – Oui, mais pour vous, c'est quand même non. – Mais la réalité, c'est qu
'il est plutôt macroniste, Raphaël Guzman, c'est plutôt centre-gauche, centre-droite. Ça ne sert à rien d'inventer une histoire qu'il n'a pas. Il est plutôt centre-droite, centre-gauche, avec un côté, comment dirais-je, très engagé sur les questions, moi qui m'intéresse, mais je n'ai pas un président pour ça.
– Oui,
mais les histoires qu'on a ou qu'on n'a pas, Françoise, François Mitterrand avait-il une histoire de socialisme pur sucre ? Je veux dire, vous dites… –
Il a fait épiner que l'Élisabeth n'allait pas comparer. – On va laisser répondre à l'Élisabeth. – Je ne tirerai pas
le grain de l'ivraie. En réalité, je vous pose la question, qu'est-ce qui fait dire… Moi, je ne
suis
pas une avocate de Raphaël Glussmann, mais c'est la passion du débat. Qu'est-ce qui vous fait dire qu'il n
'est
pas de gauche, comme dirait l'autre ? Qu'est-ce qui
prouve qu'il n'est pas de
gauche ?
– Qu'est-ce qui prouve qu'il n'est pas
de droite ? Je suis d'accord avec
vous, j'ai commencé mon propos. – Non, mais c'est vous qui dites qu'il n'est
pas de gauche. – Non, non, j'ai commencé mon propos à dire, ça ne m'intéresse pas de sonder les cœurs et les reins. Il
y
a beaucoup
de choses qui ne sont pas… – Donc, vous dites qu'il n'est pas de
gauche, il est macroniste. – Bien sûr, c
'est cet
électorat qui va chercher, est-ce qu'il est clair ? Regardez, vous allez attendre…
–
Mais le macronisme, il est où
aujourd'hui ? Il se partage
entre la
droite et la gauche ? – Excusez-moi, sur la question
de la CSG par exemple, il reprend cette ânerie de la CSG. Vous savez pourquoi le groupe socialiste a fait cette ânerie de la CSG, a fait cette proposition qui était une proposition temporelle, qui visait juste, comment dirais-je, à passer le budget. C'est-à-dire qu'il y avait l'urgence avec le cornu de passer le budget. D'accord ? Ça, c'est typiquement, il la reprend comme l'alpha et l'oméga de son programme comédique, on rapproche le brut, c'est-à-dire qu'on enlève des… Ça, par exemple, c'est macroniste, c'est purement macroniste.
Le groupe socialiste l'a simplement utilisé, c'est Boris qui l'a créé, Valo, uniquement pour arriver à trouver une mesure pour passer contre Vans et Marais le budget.
– Elisabeth.
– Comment dire ? Il n'est pas pour la taxe Jucmane
par exemple. – Il est pour
taxer, par
exemple, les gros héritages. – François, on va les répondre, Elisabeth. – Non, mais vous
voyez, non.
–
Il
est pour.
– Non, mais ce qui est intéressant aussi, c'est que là, maintenant, il va faire face à ce procès. – C'est
un procès, c
'est…
– Mais si, il
fait
face
à cette interrogation.
– C'est à ce
procès, ce qu'il n'est pas… Est-ce qu'il est de gauche ou pas ? C'est un procès qu'il va devoir affronter. Donc, encore une fois, belle performance. Il a du boulot, parce qu'on voit bien cet aspiration. Moi, 66%, encore une fois, ça veut dire quelque chose pour
le parti socialiste aujourd'hui.
Mais comment est-ce qu'il va faire la synthèse ? Parce qu'il a besoin du parti socialiste,
il
a besoin de l'argent du parti socialiste. On voit bien comment Anne Hidalgo a souffert d'un soutien mi-chef, mi-chou pendant la
campagne.
– Ça risque de lui arriver ?
–
Je
ne suis pas d'accord, c'est
ça.
– Raphaël Glucksmann ? – Non, mais ça, ce n'est pas possible.
Je ne peux pas entendre
ça. – François, juste, on va laisser répondre à Elisabeth et après, j'ai une
question pour Stéphane aussi.
– Est-ce qu'il va
réussir à emporter tout le monde derrière lui ? C'est important aussi, à droite, par exemple, Valérie Pécresse avait eu beaucoup de mal en 2022. Vous voyez bien qu'en face d'elle, ce n'étaient pas les éléphants, c'étaient les chapeaux à plumes qui ont toujours regardé sa campagne avec circonspection. Et un Éric Ciotti qui l'avait challengé dans la primaire, qui lui a toujours tiré dans les pattes. Ça compte, ça, quand même, dans une dynamique de campagne. Donc, voilà, on va voir comment ça. – Stéphane, est-ce que vous arrivez déjà à savoir si pour l'électorat de gauche, Raphaël Glucksmann est considéré comme un délai ?
–
Alors, il y aura deux mesures, les mesures d'opinion qu'on a faites avant, cette brillante victoire, quelque part, et celles qui seront faites après. Donc, on n'a pas encore eu la possibilité de mesurer un éventuel impact des résultats d'hier soir, c'est sûr. Mais auparavant, quand on testait notamment la présidentialité de Raphaël Glucksmann avec une question toute bête, est-ce que vous seriez satisfait mais content que chacune des personnalités suivantes soit élue président de la République ? On voyait bien que Raphaël Glucksmann disposait d'un petit capital. En gros, vous aviez 16-17% des Français qui nous disaient, ouais, je serais satisfait, et presque 50%, je ne serais pas satisfait.
Alors, ce n
'est
pas terrible en termes de soldes, mais Édouard Philippe, Gabriel Attal, ou Olivier Faure ne faisaient pas mieux. Donc, il part
de bas.
Il part de bas en tant que présidentiable, en tant que futur président. Malgré tout, on le voyait bien, ce qui est intéressant, c'est de voir comment ça se répartissait à gauche. que nous disaient les sympathisants du Parti Socialiste, que nous disaient les écologistes, et même que nous disaient les Français proches des Insoumis. Et là, les résultats étaient plutôt bienveillants. Bienveillants pour les socialistes et pour les écologistes, moins bienveillants pour les Insoumis. Mais ça, c'est une question de premier tour. Quand on est proche des Insoumis, la question de voter ou pas pour Raphaël Glucksmann le 18 avril
ne se
pose pas de
manière générale. Après,
il
y a
un autre élément dont il faudra tenir compte. Je sais qu'on va aussi peut-être en parler dans cette émission, mais que va-t-il se passer dans l'espace du centre et du centre droit ?
Il y a peut-être
trop de candidats. Si certains candidats sont débranchés, on en parlera tout à l'heure, peut-être que tout ça pourrait aussi profiter à Raphaël Glucksmann.
On
va juste écouter François Hollande qui réagit justement au résultat de cette primaire.
C'était
hier sa première réaction publique à l'occasion des 100 ans de l'UNCAS.
C
'est mieux de voir un parti choisir une ligne et donc s'y tenir. Mais l'union, ça ne peut pas être l'union des seuls socialistes. Enfin, je les aime beaucoup, moi, les socialistes. L'inverse n'est pas toujours vrai, donc je les aime beaucoup. Mais il faut élargir. Il faut élargir à toute la société.
Il
faut s'adresser aux citoyens, il faut s'adresser à tous ceux qui doutent. C'est ça l'élargissement, c'est ça l'union. Mais la première étape était plutôt bonne.
–
Mais comment il va réussir cette prochaine étape, Raphaël Glucksmann ? Désormais, il est au défi du rassemblement, au défi
de l'union.
Avec qui il peut
se rassembler à gauche ? – Je vais répondre à l'inverse,
parce que le grand cinéma, Anne Hidalgo, est quelqu'un que je respecte profondément. Mais le grand cinéma, j'ai fait 1,5 parce que le parti ne
m
'a pas aidé. Il faut arrêter. On va commencer déjà à mettre, déjà, le parti socialiste. Tout le monde a dit dimanche soir, « Ok, il n
'y
a aucun problème, on est là, etc. » Raphaël Glucksmann, c'est à lui, il n'a qu
'à
piocher. Il a réussi parfaitement. Il a, comment dirais-je, son trésor de guerre. Il a sa logistique, c'est exactement ce qu'il voulait. Et voilà, il a tous ses relais au parti socialiste. Boris Vallaud, Patrick Menucci, il les a tous. Donc, on va commencer à victimiser Raphaël Glucksmann. Ce n'est pas une petite chose qui sera martyrisée par le parti socialiste, en aucun cas. Le deuxième point, c'est, écoutez, il a passé, Raphaël Glucksmann, moi, je pense que vraiment, tout est affaire de cohérence en politique. Raphaël Glucksmann,
c
'est quelqu'un qui a passé deux ans à expliquer, en gros, et dans cette campagne, que tous les électeurs d'LFI, en gros, étaient des antisémites, on ne
fait
pas LFI. Le même Raphaël Glucksmann, qui, en juin 2024, a envoyé ses représentants, Aurore Laluc, on n
'est
pas la nommée, pour négocier avec LFI des postes de députés. Je veux dire par là que, à l
'épreuve du réel,
sur la hiérarchie des périls, d'accord, donc on était sur la hiérarchie des périls. Donc, à l'épreuve du réel, j'attends, avec grand intérêt à l'épreuve du réel, si Raphaël Glucksmann faisait 6 ou 7% au premier tour, j'attends, à l'épreuve du réel, Raphaël Glucksmann sur des négociations de législatives avec, comment dirais-je, Marine Le Pen à la présidence de
la
République et une assemblée qu'il faut sauver du danger de
l'épreuve.
Oui, parce que ce qu'il disait en 2024, c'est face au péril de l'extrême
droite, il faut que la gauche unise.
Quand vous avez passé, il ne disait plus ça pendant sa campagne, quand vous avez passé, en fait, d'une campagne entière à, en gros, faire de tout électeur de LFI une sorte d'antisémite, parce que c'était LFI jamais, Vanzar, que voilà. Pas d'accord avec LFI, sans
parler des électeurs, mais pas d'accord avec LFI. Il n'y a jamais eu
d'accord d'appareil, y compris pour les municipales. Je le redis parce que c'est très important. Quand vous avez passé votre temps à expliquer que la grande primaire, c'était qu'une petite primaire avec les aires et les écologistes, vous êtes devenu haïssable par une partie de la gauche. Donc, à mon avis, comme disait Mitterrand, pour être aimé, il faut être aimable. Raphaël Glucksmann, il ne pourra pas imaginer qu'il va gagner en prenant les voix de Gabriel Attal, il faut qu'il soit aimable avec le reste de la gauche qui ne l'est pas pour le moment.
C'est son premier défi, ça, Elisabeth, de rassembler à gauche les écologistes, les communistes, avec une marine tondelier qui, dimanche soir, dit Raphaël Glucksmann, c
'est
le choix du repli. Oui, ce n
'est
pas gagné, on le sent bien avec l'appareil écolo. Elle lui a envoyé un petit message aigredou, quand même.
Avec des divisions,
pardon, parce que Yannick Jadot est pour Raphaël Glucksmann. Oui, oui, bien sûr, il a même le programme écolo de Glucksmann entre les mains. Mais non, ce n
'est
pas gagné avec l'appareil, il aura plus de chances peut-être avec les électeurs,
mais
avant cela, ça va être compliqué. Non, franchement, ce n
'est
pas facile la ligne qu'il essaie de conserver, en effet, parce qu'il doit se garder d'être trop droitisé, et puis à gauche, son espace n'est pas énorme. Donc, on verra, et quant à François Hollande, je pense que François Hollande, c'est intéressant parce que ça montre bien qu'il en a une envie folle, parce que quand même,
il
est très bon dans les médias, voilà.
Oui, c'est le meilleur. Mais c'est le
perdant de dimanche soir, François
Hollande. Oui,
un peu,
parce que
dans le fond,
c
'est un homme qui dépend des circonstances. Il ne peut espérer être joué un rôle que s'il se passe quelque chose, un accident électoral, un accident dans l'actualité. Mais il ne peut être qu'un opportuniste. Il n'est pas un acteur qui a les cartes en main, en fait, François Hollande. Donc, ce n
'est
pas une bonne nouvelle pour lui, non, François Hollande. Sur le rassemblement, Stéphane, est-ce que les électeurs écologistes, les électeurs communistes, dont pour le moment les candidats sont derrière, quand on regarde les sondages, sont prêts à un vote utile sur Raphaël Glucksmann ? Est-ce qu'il peut incarner ce rassemblement au premier tour ou pas ?
Alors, en tout cas, ces deux électorats, communistes et écologistes, sont totalement prêts à un vote utile en faveur d'un candidat de gauche qui écraserait les autres, en tout cas qui plierait le match. Ils l'ont fait en 2022, rappelez-vous. Donc, ça se
joue entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon.
Voilà, bien sûr. Il n
'y a
jamais eu 22% de Mélenchonistes ou d'insoumis en France. Malgré tout, Jean-Luc Mélenchon a réalisé 22%, parce qu
'il
a été aussi servi, on va dire, sans être cruel, mais presque par la médiocrité des autres candidats à gauche à ce moment-là. Mais là, parce qu'on parle beaucoup de la gauche,
on
parle beaucoup des chances de Raphaël Glucksmann d'être élu peut-être un jour président de la République, mais déjà, il faudrait parler des chances de la gauche d'être présente au second tour. Et il faut le rappeler, la gauche est quand même, depuis quelques années, à un niveau électoral historiquement bas. Si l'on fait la totalisation des quatre grandes, des calquistes, des principales listes de gauche lors des élections européennes, les élections européennes, c'est les élections les plus pures. Chaque partie se présente et on peut compter. C'est 30%, 31% des voix. Aujourd'hui, dans les intentions de vote, dans les hypothèses les plus favorables, c'est entre 31% et 35%. C'est peu.
À partir du moment où vous avez deux candidats crédibles, deux candidats qui pourraient capitaliser un nombre de voix important, et ça pourrait être le cas, et d'ailleurs c'est déjà le cas aujourd'hui avec Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, vous avez un risque de neutralisation de la gauche au premier tour, d'auto-neutralisation, qui est bien plus fort que la possibilité d'être présente au second tour. C'est ça. Jean-Luc Mélenchon a failli être au second tour parce qu'il avait tué le match, est-ce qu'aujourd'hui, dans les mois qui viennent, entre l'un et l'autre, l'un ou l'autre sera-t-il capable de tuer le match et d'aspirer quelque part de siphonner les voix de gauche ?
Ce sera probablement plus compliqué qu'il y a 4 ans et demi.
Est-ce que ce sont deux électorats irréconciliables, l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et l'électorat de Raphaël Glucksmann ? Bien sûr, oui, je pense que c'est tout à fait irréconciliable. D'ailleurs, quand vous votez pour Raphaël Glucksmann, il est impossible de voter pour Jean-Luc Mélenchon.
Donc là, on ne peut pas
siphonner l'électorat de
l'autre
? Moi, je pense que Jean-Luc Mélenchon est un siphonneur en chef. On connaît tous Jean-Luc Mélenchon, c'est la quatrième présidentielle. On sait très bien, on a assez fait encore ici de soirées électorales et on a tellement suivi la politique. Vous avez le mois, moi j'appelle ça le mois de la mort, c'est le mois de février. Le mois de février, dans une présidentielle, c'est toujours le moment où, à un moment donné, je pense qu'Elisabeth enclenche. C'est au mois de février que Jacques Chirac commence sa remontada dingue sur Édouard Balladur, meeting de la porte de Versailles, février 95. Il embraye la fracture sociale.
C'est au mois de février 2017 que Jean-Luc Mélenchon fait cet incroyable débat sur TF1. Il est à 10, Benoît Hamon est à 14 ou 15 et tout le monde est en train de s'empailler et lui il dit arrêtez avec vos pudeurs de gazelle. Là, deux jours après, Mélenchon plus 2, plus 3 et il embraye. Mélenchon, février 2022, il embraye le vote utile. C'est Ségolène Royal, d'ailleurs la première, qui dit, pas qu'elle va voter Mélenchon, qu'elle dit, écoutez, à un moment donné, il va falloir se poser la question du vote utile. Et là, ça démarre. À chaque fois, février, ai-je envie de dire,
c
'est vraiment le juge de paix. Moi, je vois Mélenchon, la façon dont la campagne est lancée et tout l'électorat comme moi va avoir un problème majeur. Moi, je ne peux pas considérer une seule minute dans mon existence à venir et peut-être dans toutes celles à venir futures que je peux remettre depuis le 7 octobre 2023. Alors qu'en 2022, je n'ai eu aucun problème à mettre un bulletin à Jean-Luc Mélenchon, je ne peux plus mettre un bulletin à
Jean
-Luc Mélenchon. Je pense qu'il
y
a des gens qui sont des... On est des millions à se dire, depuis le 7 octobre 2023 et tout ce qui a suivi, nous ne pouvons plus mettre, quelle que soit la qualité de son discours, la puissance de son discours. Je l
'ai
écouté à Clermont, vous fermez les yeux, il
n
'y
a
pas un type qui parle mieux à l'inconscient de la gauche que Jean-Luc Mélenchon, mais
il
y a ça. Et ça,
ça
n'est pas négociable pour une grande partie de la gauche. Donc, que va faire cette partie de la gauche ? On ne sait pas. Vous pourriez mettre un bulletin à Félix ? Non, pas du tout non plus. Non plus ? Non, non, moi je pense que j'ai une hiérarchie des périls dans la vie. Vous voyez ? Moi, je fais partie des gens qui ont des hiérarchies de périls. Pour moi, le plus grand péril, pour moi, aujourd'hui, la plus grande tragédie française, pour moi, serait un second tour, Mélenchon-Le Pen. Je pense que si...
Et
Raphaël Luxman n
'est
pas à même de l'empêcher pour ? Mais non, je pense que ces deux TGV qui sont lancés l'un face à l'autre, il n'y a pas de bon dérailleur pour le moment. Je ne crois pas
que... Mais ça veut dire
que François, parce que ça va nous amener à la fin de notre débat, ça veut dire que vous, enfin de gauche, ce n
'est
pas un scoop, vous pourriez mettre un bulletin Édouard Philippe, Gabriel Atta. Je ne sais pas, je peux en tout cas imaginer que je peux mettre un barrage républicain au premier tour. Raphaël Luxman part souvent de la hiérarchie des périls et j'entends, j'aime beaucoup cette expression, je l
'ai
eue moi-même aussi en 2024, pas en tant que femme politique. Eh bien, je pense que dans ma hiérarchie des périls à moi, femme de gauche, républicaine, historique, mitterrandienne, j'ai tout fait moi, Hollande, etc. Et puis, très bon petit soldat, toujours, eh bien, je pense que ma hiérarchie des périls à moi, c'est Le Pen-Mélenchon. Et ça, comment je l'empêche ? Ça va être le ressort du vote, mais est-ce que ça peut conduire à un rapprochement Glucksmann-Atta, Glucksmann-Philippe-Elisabeth ? Ça m'étonnerait. Mais là, il a bénéficié d'un vote utile, en fait, Glucksmann.
Effectivement, le vote utile au premier tour, puisque c'est un moteur de, manifestement, de décision électorale puissante, quand on a, quand la tenaille extrême gauche, extrême droite est si puissante, le vote utile va opérer à fond. Donc, c'est dommage, parce que, pardon, la seule offre qui, dans laquelle les électeurs de gauche vont être enfermés pour pouvoir exister, c'est Mélenchon, c'est dommage. C
'est horrible. C'est horrible. Quand on est gauche,
ça doit être atroce. François,
Bien sûr, je vous le confirme, atroce.
Je ne prends rarement quoi que ce soit de façon atroce.
Je suis de
bonne humeur, je mourrai de bonne humeur. Vous avez raison. C
'est
assez violent.
Quand on regarde
ce qui se passe à l'international, on se dit que nos petites discussions sont assez,
finalement, mais je trouve que pour l
'électorat de gauche, c'est compliqué. Et on verra ceux qui résistent et qui veulent absolument quand même témoigner de leur foi dans une sociale démocratie, sociale libéraliste. ça, c'est à Glucksmann maintenant d'ailleurs de préciser son offre. Le score dramatique d'Anne Hidalgo quand même
a entraîné
le parti soéliste aussi dans des... Donc voilà, Raphaël Glucksmann, il est condamné à faire au moins un peu mieux qu'elle. Mieux qu'un 76 ? Oui,
c'est quoi ? Tous, ils étaient un, deux, d
'autres,
vous
savez. Stéphane, pardon, juste pour terminer, est-ce que Raphaël Glucksmann, son objectif,
c
'est d'aller conquérir cet électorat de centre-droit, cet électorat Attal, par exemple, qui est un électorat de gauche qui s'est tourné vers les macronistes, ou est-ce qu'il va être victime d'un vote utile
?
Pour moi, la priorité pour Raphaël Glucksmann,
c
'est de gauchiser à court terme en tout cas et
à moyen terme, c'est évidemment
de se tourner vers le reste de la gauche,
c
'est-à-dire vers la gauche non sociale-démocrate, c'est-à
-dire
vers une gauche plus à gauche que la gauche sociale-démocrate pour d'une part rassurer les... Vous parliez tout à
l
'heure des écologistes et des communistes et aussi des sympathisants de gauche qui sont un peu perdus en général. C'est une priorité parce que là encore, on parlait de Sparada tout à l'heure, c'est une bonne nouvelle pour les Mélenchonistes, pour Jean-Luc Mélenchon, que ce soit Raphaël Glucksmann qui a gagné. À la fois, c'est le candidat le plus dangereux parce que c'est celui qui a été capable de faire le meilleur score,
c
'est celui qui arrive à entraîner une part de la population la plus importante, mais c'est le candidat le moins à gauche ou le plus droitier, on peut l'appeler comme on veut et c'est exactement ce que voulait Jean-Luc Mélenchon et on sait très bien que la campagne va être très très dure à gauche mais je le répète, le principal enjeu de la gauche, c'est pas d'être, pour l'instant en tout cas,
c
'est d'être capable de faire
la déministration qu'elle est capable
d'être au second tour et je pense qu'avec la victoire de Raphaël Glucksmann qui sera forcément pas un candidat médiocre et qui capitalisera des voix, c'est une mauvaise nouvelle pour la gauche parce que probablement les deux candidats vont et on le verra se neutraliser.
Merci beaucoup, merci à tous les trois. C'était bien non ? C'était très bien
comme tous les mardis. Merci beaucoup d'avoir été avec nous
et on se retrouve demain. Très bonne journée.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Merci
à tous.