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Florian Philippot, invité politique (23.09.15)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

7h30, 9h, la matinale de Radio Classique avec Guillaume Durand. L'invité politique sur Radio Classique et LCI. Nous sommes en direct avec Florian Philippot, numéro 2 du Front National.

Bonjour, bienvenue. Nous sommes sur LCI et sur Radio Classique. Est-ce que vous considérez qu'actuellement, la convocation de Marine Le Pen correctionnelle, l'affaire Val-Rand-de-Saint-Just, est-ce que vous avez l'impression que la justice est en train de se charger du Front National ?

Je crois qu'on s'acharne effectivement à quelques semaines des élections régionales. Mais justement, tout ce qui est gros est contre-productif, parce que c'est un peu visible. Vous parleriez d'une justice politique ?

C'est une évidence. L'affaire concernant Marine Le Pen, par exemple, les propos ont été tenus il y a 5 ans. À Lyon.

Ça avait été classé sans suite. Et d'un coup, ça revient à quelques semaines...

Prière de rue comparé à l'occupation. Oui, une forme d'occupation du territoire. Ça ne doit pas choquer.

C'est un mot tout à fait banal de la langue française. Et ça revient à quelques semaines des élections régionales, à un moment où Marine Le Pen est en tête des intentions de vote dans sa région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Enfin, je pense que ça saute aux yeux de tout le monde.

Donc vous pensez que le MRAP joue un rôle politique dans cette affaire-là ? Qui ça ? Le MRAP joue un rôle politique.

Non, je ne crois pas que ce soit lui, c'est le...

Il y a le MRAP, une plus une autre association. Ah oui, des petits machins. On ne sait même pas ce que c'est.

Ce sont des choses qui surgissent comme ça, communautaristes, gavés d'argent public, et qui peuvent aller comme ça porter plainte. Mais si vous voulez, ce qui est intéressant et ce qui est assez inquiétant sur l'affaire de Marine Le Pen, c'est qu'est convoquée une parlementaire, une élue présidente de partis d'opposition qui a osé dénoncer la vérité, dire la vérité, c'est-à-dire le fondamentalisme islamiste qui bafoue les lois de la République. Parce qu'on n'a pas le droit de prier dans la rue.

C'est illégal. C'est contraire même aux lois et à la laïcité. Et c'est elle qui est poursuivie.

Aujourd'hui, on peut donc être islamiste tranquille en France. Il n'y a pas de problème. Vous ne serez pas poursuivie.

En revanche, ceux qui vous dénoncent, malheur à ceux qui vous dénoncent, eux seront traînés devant les tribunaux. Mais Marine Le Pen ira à ce procès et elle en fera évidemment une occasion. Une très politique.

Mais elle en fera une occasion pour parler du fond. Où en est aujourd'hui la lutte contre l'islamisme, le communautarisme, où en est le respect de la loi. Florian Philippot, je ne suis pas là pour faire le procès éternel.

Mais enfin, vous dites l'occupation, le petit mot, etc. Je me souviens particulièrement que Marine Le Pen a expliqué dans plusieurs entretiens que la raison pour laquelle elle avait fini par candidater à la présidence du Front National c'est son exaspération des comparaisons de son père avec l'occupation. En 2005.

Ça n'a strictement rien à voir. C'est pas le même mot. C'est pas la même période.

Marine Le Pen n'a pas comparé à l'occupation avec un O majuscule comme j'ai entendu. Elle a dit ils occupent l'espace public. Il faut arrêter de dire n'importe quoi.

Vous prenez pour un débile. Ou même les gens qui nous...

Non, non, je vous assure. Il faut écouter ses propos. Et deux, est-ce que ça, ce qu'elle a dit là, est moins grave que le fait...

Non mais d'accord, vous l'avez déjà dit. Non, non, non, non. Non mais pardonnez-moi.

Non mais c'est moi qui dirige...

On n'est pas dans une affaire de pétain ou de chandre à gaz. Excusez-moi, on n'est pas sur le même fond. Elle dérange quelque chose.

Mais elle a tout fait pour se démarquer de ça. Mais elle a parfaitement raison de dénoncer ce qu'elle a dénoncé. Mais c'est quand même...

Vous pourriez quand même me dire, c'est une comparaison qui devient mal à propos à partir du moment où ce qu'elle veut, c'est les diaboliser le Front National. Non, c'est une comparaison qui est parfaite. On ne peut pas se vanter de faire des comparaisons.

C'est une comparaison qui est parfaite. C'est un acte qui est très grave sur le fond. Ils passent leur temps à combattre le Front National alors que pendant ce temps-là, les islamistes avancent, les islamistes tuent.

Il y a déjà eu cinq attentats meurtriers islamistes depuis le début de l'année en France. Mais on ne fait strictement rien. Et en matière de prière de rue...

Non, parce qu'on essaie de bombarder les centres de décision en Syrie. Avec une efficacité extraordinaire. Pour l'instant, vous la savez, ça vient de commencer.

On est le seul pays qui ne rétablit pas ses frontières alors que les autres sont en train de le faire. Et pendant ce temps-là, moi je suis poursuivi par le Qatar, une dictature islamiste pour avoir osé dire la vérité. La vérité écrite aussi par vos confrères.

Pendant ce temps-là, une journaliste du service public, Mme Lucet, est poursuivie par une dictature, l'Azerbaïdjan, parce qu'elle a osé dire que c'était une dictature. Vous êtes protégée ? Mais Mme Taubira a demandé la levée de mon immunité.

Obéissant à l'émir du Qatar. C'est bien, c'est la petite assistante à l'émir du Qatar. Vous êtes protégée ?

Non, je ne suis pas protégée, mais je ne serai jamais protégée, certainement pas. Mais ça, c'est une autre question. On protège les amis et les copains.

Mais vous l'avez demandé ou c'est vous qui ne voulez pas ? Oui, bien sûr, je l'ai demandé, mais on considère qu'il n'y a aucun problème et que je suis parfaitement en sécurité en étant seul dans la rue. Et vous, est-ce que vous considérez que vous êtes en parfaite sécurité ou est-ce que vous regrettez de ne pas être protégé ?

Quand on a mon niveau de médiatisation, mes responsabilités politiques et qu'on est poursuivi par une dictature islamiste dont on connaît les méthodes ? Non, je ne considère pas que je sois en sécurité. Mais ça, c'est un autre sujet.

Je n'y reviendrai pas parce qu'après, on va dire qu'il se victimise, il se victimise. Je ne me victimise pas. Je prends acte que le ministère de l'Intérieur ne veut pas assurer ma sécurité.

C'est tout. Il en paiera peut-être un jour les conséquences. Donc, vous le reprochez, Amier ?

Vous le reprochez à Bernard Cazeneuve ce matin ? Je l'ai déjà dit, je l'ai déjà reproché. Mais ils prennent leur responsabilité.

Voilà. Peut-être que l'opposition n'a pas vocation à être protégée. En revanche, les amis, les copains et le showbiz, on sait qu'il y a des tonnes de dispositifs de protection qui sont mis à leur disposition.

Vous avez un exemple plutôt que de dire ça ? Les amis, les copains, le showbiz. Vous avez beaucoup de vos confrères qui ont écrit des articles là-dessus.

Je renvoie à ces articles qui expliquent le ras-le-bol des policiers qui sont obligés de protéger des gens que personne ne connaît et qui ont juste le grand privilège d'être les amis du pouvoir. Mais je ne vais pas parler de ce sujet-là, je vais parler du fond. Qu'une dictature...

Permettez que je pose des questions, parce que là, vous dites que ce n'est pas un meeting. Non, non, mais je finis juste sur cette phrase-là. Que des dictatures, aujourd'hui, contre une journaliste, contre un parlementaire que je suis, instrumentalise la justice française, comme des associations communautaristes le font, pour poursuivre ceux qui dénoncent la réalité, alors qu'on ne poursuit pas ceux qui sont à l'origine des drames, et notamment les communautaristes et les islamistes, alors il y a un énorme problème en marche sur la tête.

Je le dis franchement, et je pense que les Français doivent réagir. Est-ce que si vous étiez ministre de l'Intérieur, vous accepteriez ce qui a été décidé à Bruxelles ? Non.

C'est-à-dire, au fond, l'acceptation non pas des quotas, mais de la répartition des 120 000. Certainement pas. Non, non.

Mais vous faites comment exactement, alors ? Mais je considère...

Alors, mais 24 000 sur deux ans en France, vous êtes ministre de l'Intérieur, à la place de Cazeneuve, vous faites comment ? Vous y croyez, vous, aux 24 000 sur deux ans ? Non, mais je vous pose la question.

Non, bon, voilà. Je pense que vous n'y croyez pas, et moi non plus. Personne ne croit à ces 24 000 sur deux ans, pour une raison simple, c'est qu'on nous a déjà dit qu'ils étaient 800 000 en un an en Allemagne.

Donc, on ne comprend pas très bien comment ils ne pourraient être que 24 000 en France en deux ans. Par ailleurs, même si c'était vrai, de toute façon, vu l'espace Schengen et l'ouverture totale des frontières et la liberté de circulation et d'installation en Europe, dans l'Union européenne, s'il y a 800 000 personnes en Allemagne, à partir du moment où ils sont régularisés, ils peuvent venir dans n'importe quel pays Schengen, y compris bien sûr la France, qui est un pays attractif pour eux. Qu'est-ce que vous reprendriez des mots comme subversion, remplacement, submersion, pardon ?

Submersion, oui, c'est une submersion migratoire, bien sûr. Même, m'a dit, Mme Morano en parle. Mais Mme Morano fait partie d'un mouvement politique qui est à l'origine de ce problème.

L'UMP est un parti immigrationniste. Quand Sarkozy était au pouvoir, il y avait 200 000 entrées légales par an. Il vient de faire des propositions sur Schengen, sur les hotspots, sur le contrôle aux frontières, sur Schengen 2.

Sarkozy, c'est le verbe haut et la main molle. Mais ça a toujours été ça. Sarkozy, ça a toujours été ça.

Ça a toujours été très très bon dans les propositions, notamment sur l'immigration. On se souvient en 2002, on se souvient en 2007, on se souvient du Karcher, on se souvient tout ce qu'il a dit pendant son mandat présidentiel, mais il n'a rien fait. Quand il était au pouvoir, l'asile a bondi de 85%.

C'est lui qui a détruit la Libye. C'est donc lui qui est à l'origine des filières d'immigration. Il l'a dit dans le Parisien, il assumait parfaitement l'affaire de la Libye.

Il considère que son successeur n'a pas géré avec les autres dirigeants européens la suite. Oui, il assume parfaitement ses erreurs, tant mieux. Mais j'aimerais qu'il en tire les conséquences et donc qu'il renonce à l'engagement politique.

Parce que quand on a fait une erreur aussi criminelle, c'est-à-dire détruire un pays et permettre l'explosion de l'immigration et des filières djihadistes vers l'Europe et vers la France, alors on a la décence de ne pas revenir devant les Français. En tout cas, c'est ma conception de l'engagement politique. Est-ce que finalement, le modèle pour vous, ce n'est pas en matière d'Europe, justement, Cameron, c'est-à-dire la négociation avec les autorités européennes et éventuellement le référendum et la sortie ?

C'est une bonne technique, une bonne stratégie, effectivement. Parce que le Front National n'est pas finalement anglophile dans ce domaine. Non, nous proposons, et la preuve que c'est vrai, parce qu'effectivement, ça se fait avec M.

Cameron au Royaume-Uni, nous proposons un référendum sur notre appartenance à l'Union Européenne pour retrouver nos grandes souverainetés. Redonnez-nous le mécanisme pour tous ceux qui nous regardent. En fait, la logique, si vous arrivez au pouvoir, c'est pendant, disons, 6-8 mois, vous discutez avec les autorités européennes en fonction de vos critères, vous voyez ce qui est amendable ou pas amendable, et au bout de 6-8 mois, là je suis dans l'hypothèse, et au bout de 6-8 mois, vous organisez un référendum.

C'est ça l'idée ? Oui, de toute façon, nous organiserons...

Comme ce n'est pas clair sur le plan économique, autant être clair sur le plan institutionnel. C'est très très clair. De toute façon, nous organiserons ce référendum.

On considère qu'on arrive à une négociation et qu'on est fort en négociation si on a une arme. Et cette arme, ce sera de toute façon le référendum devant le plan. D'accord, mais Tsipras, il a canné.

Et après, il a gagné les élections dans son pays. Nous avons la vocation à récupérer notre souveraineté nationale, nos 4 grandes souverainetés, c'est-à-dire les frontières, c'est-à-dire la souveraineté monétaire, c'est-à-dire la souveraineté législative. Nos lois doivent être supérieures aux droits européens, sinon il n'y a plus de démocratie.

Et ça veut dire la souveraineté budgétaire et commerciale. Voilà ce que ça veut dire. Si nous ne pouvons pas récupérer ces souverainetés, alors nous proposerons de sortir de l'Union Européenne.

D'accord, mais c'est exactement ce que voulait Tsipras. Parce que quand il a négocié avec les Européens, finalement, pardonnez-moi l'expression un peu vulgaire, il a canné, puis il est rentré dans son pays, il s'est fait réélire, mais sur le fond, il continue à être contrôlé par l'Europe. Non, Tsipras n'a jamais été souverainiste, Tsipras n'a jamais voulu quitter l'euro, ce qui est sa grande faiblesse et son grand tort.

Et il a même, l'affaire grecque a même démontré cet été, et c'est très heureux ainsi, qu'a démontré à tout le monde, aux Européens et aux Français, qu'on ne pouvait rien faire dans l'euro. Que si on faisait le choix de l'euro, on était obligé de renoncer à ses promesses politiques, et on était obligé de garder le modèle économique d'austérité et de destruction de l'industrie et de l'emploi. Récemment, Mme Le Pen envisageait, c'était au conditionnel, qu'Éric Zemmour, s'il le souhaitait, puisse devenir ministre de la Culture.

Il y a beaucoup de bagarres autour de Michel Onfray. Est-ce que vous considérez, par exemple, que des gens dont on cite les noms qui sont proches d'une certaine forme de souverainisme différent, chevènement que vous connaissez bien, etc., ont vocation à un moment ou à un autre, ils font un meeting, à retrouver le Front National ?

Est-ce que ça vous intéresse ? Est-ce que ça vous paraît la ligne qu'il faut tenir ? Que les intellectuels fassent leur travail, les économistes leur travaillent à leur place, ça me paraît très sain.

Ils n'ont pas forcément vocation ni l'envie de faire de la politique. Ils ont envie de faire de la politique. Est-ce qu'à votre avis, quelque chose va se passer de ce point de vue-là ?

Vous le souhaitez ou pas ? Je ne peux pas parler à leur place. Nous, nous sommes ouverts à tous les patriotes qui viennent de droite ou de gauche, et beaucoup sur le terrain nous rejoignent.

Il n'y a pas que les têtes d'affiches connues. Il y a aussi des gens sur le terrain qui se battent, qui ont une expérience de terrain. Moi, j'ai fait déjà sa campagne en 2002.

Je ne connais pas plus que ça. Mais on a déjà son directeur de cabinet, M. Dutail de la Recherche, qui nous a rejoint il y a quelques années, et des cadres de chez lui qui nous ont rejoints.

Mais pareil, du côté des souverainistes du Pont-Aignan. Ces gens-là, ça dépend de leur conscience. Si il rejoignait le Front National, je pense qu'il ne le fera jamais.

Mais s'il le rejoignait, c'était un objectif, ce serait quand même un symbole de la dédiabolisation définitive. Il n'y a pas que ces deux-là. Il y a des gens à l'UMP, au PS et ailleurs, ou chez les souverainistes, ou dans des gens qui ne sont pas dans des partis, qui ont la France au cœur, qui sont patriotes, qui ne veulent pas que leur pays soit soumis à l'Union Européenne, et qui ne veulent pas que leur pays soit soumis à la submersion migratoire, à la perte de souveraineté.

Eh bien oui, c'est ce que je suis précisément en train de vous dire. Mais si ces gens-là, dans leur cœur, veulent vraiment sauver la France, alors de toute façon ils savent qu'ils devront s'unir aux patriotes que nous représentons, parce qu'on ne fait pas de politique sérieusement, 125 à 30% du peuple. S'ils sont dans des intérêts boutiquiers, alors ils continueront leurs petites aventures personnelles qui sont des cul-de-sac, qui ne mènent à rien, si ce n'est faire 1 ou 2% aux élections.

Voilà, il faut être honnête, je faisais une hypothèse Marine Le Pen. Si ce n'était pas Marine Le Pen, votre hypothèse, votre souhait, c'est plutôt Juppé, Sarkozy ou la réélection de Hollande ? Non, il faut que ce soit Marine Le Pen.

D'accord, mais ce n'est pas la question que je vous pose, si ça n'était pas...

Mais aucun ! Vous avez accepté mon hypothèse tout à l'heure, vous ne pouvez pas accepter...

Je vous annonce déjà que je vote blanc, si ce n'est pas Marine Le Pen au second tour, c'est une évidence. Je ne vais pas choisir entre un ancien Premier ministre de 1995, le président sortant dont on a vu quand même l'incompétence et l'ancien président sortant dont on a vu aussi l'incompétence et les mensonges. Donc ce sera la consigne du Front National ?

Oui, mais la consigne, ce sera évidemment de voter pour Marine Le Pen au second tour parce qu'il faut qu'elle y soit, parce que sinon, notre pays continuera dans la même politique et je ne veux pas qu'il continue sur cette voie du renoncement. Merci beaucoup de répondre à nos questions. Florian Philippot est notre invité ce matin.

Radio Classique et LCI, on va retrouver nos camarades de LCI et bien évidemment, Sophie Paulini sur Radio Classique. Donc bonne journée. Bonne journée.