La présidente du Haut-Rhin Brigitte Klinkert : "C'est un grand jour pour l'Alsace"
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Pourquoi recréer l'Alsace ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Les habitants avaient le sentiment d'avoir perdu leur identité en étant engloutis dans la grande région Grand Est ?
- 1:38RelanceRéponse partielle
Que de l'autre côté, vers ses voisins Français ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Donc on rajoute une couche, on garde le département, il y aura l'Alsace et le Grand Est ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi concrètement ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Vous avez d'autres exemples concrets de ce que ça va changer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueChiffre
« nous avons vécu hier un moment particulier à l'Assemblée nationale avec un large consensus de 441 députés qui ont voté pour la collectivité européenne d'Alsace. »
- 0:59Invité politiqueChiffre
« qui, depuis l'intégration dans la grande région Grand Est, demandait à plus de 83% la création d'une collectivité à l'échelle de l'Alsace. »
- 2:59Invité politiquePromesse
« notamment dans le domaine du transfrontalier, puisque la collectivité européenne d'Alsace va avoir le leadership du transfrontalier. »
- 3:29Invité politiquePromesse
« Demain, ça sera toujours l'éducation nationale. Mais la collectivité européenne d'Alsace va pouvoir recruter des intervenants en allemand pour proposer des heures d'allemand de la maternelle au baccalauréat. »
- 4:48Invité politiquePromesse
« l'intérêt de récupérer la compétence des routes nationales, c'est d'envisager la mise en place d'un mécanisme de régulation du transit poids lourd. »
- 7:28Invité politiqueFait
« L'Alsace se sent plus Européenne que Française »
- 7:31Invité politiqueFait
« Alors, l'Alsace est avant tout Française. Je pense qu'il n'y a pas plus Français qu'un Alsacien »
Temps de parole
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L'Alsace fait son retour sur la carte de France. L'ancienne région va devenir une collectivité au statut spécifique. Les députés ont validé hier le regroupement des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. La droite et le centre ont voté pour, les socialistes se sont abstenus, insoumis et communistes ont voté contre. Alors ce n'est qu'une première lecture, mais il y a garde-doute sur la suite. Le projet de loi a toutes les chances d'être définitivement adopté. Bonjour Brigitte Kinkert. Bonjour Mathilde Munoz. Vous êtes la présidente des Républicains du Conseil départemental du Haut-Rhin. Pourquoi recréer l
'Alsace ? C'est quoi l'intérêt
? Alors
nous avons vécu hier un moment particulier à l'Assemblée nationale avec un large consensus de 441 députés qui ont voté pour la collectivité européenne d'Alsace. C'est un grand moment. Et 30 contre seulement. Et 30 contre seulement. C'est un grand moment pour l'Alsace puisque l'Alsace va devenir un laboratoire territorial et européen pour la France. C'est une demande forte des Alsaciens. qui, depuis l'intégration dans la grande région Grand Est, demandait à plus de 83% la création d'une collectivité à l'échelle de l'Alsace.
C'est quoi ? C'est que les habitants avaient le sentiment d'avoir perdu leur identité en étant engloutis dans cette grande région Grand Est ?
C'est que l'Alsace a une identité, a une histoire, a une culture spécifique. Mais surtout une géographie spécifique. Le territoire de vie des Alsaciens est le bassin rhénan entre Vosges et Forêt Noire. et qu'il y a une ouverture de l'Alsace très très forte vers ses voisins Suisses et vers ses voisins Allemands. Plus
que de l'autre côté, vers ses voisins Français,
vers
les autres régions.
Qu'on le veuille ou non, les Vosges constituent une frontière géographique quelque part. Et donc nous regardons beaucoup plus vers l'Est, vers l'Allemagne et vers la Suisse. Et nous avons la chance aussi d'avoir des voisins Allemands et Suisses, le Bas-du-Rtambert et la Suisse du Nord-Ouest, qui sont des régions parmi les plus fortes économiquement en Europe. Mais surtout les Alsaciens aussi souhaitaient avoir de nouveau une collectivité de proximité. Et ça c
'est pas le rôle des
départements d'être la collectivité de proximité ? Il y a deux départements au Rhin-Barin qui fonctionnaient ? Il y a deux départements. D'ailleurs les deux départements en tant que structure administrative de l'État vont rester dans le cadre de cette collectivité européenne d'Alsace. Une préfecture à Colmar, une préfecture à Strasbourg. Mais une seule assemblée, une assemblée alsacienne, la collectivité européenne d'Alsace.
Donc on rajoute une couche, on garde
le département, il y aura l'Alsace
et le Grand Est ? Alors ça se passe comment ? Pas du tout. Les deux assemblées départementales ne feront plus qu'une assemblée, l'assemblée de la collectivité européenne d'Alsace, avec les compétences des deux départements. Et nous travaillons actuellement à la convergence de ces politiques. Et avec des compétences nouvelles, fortes, notamment dans le domaine du transfrontalier, puisque la collectivité européenne d'Alsace va avoir le leadership du transfrontalier.
Ça veut dire
quoi ça concrètement
? Ça veut dire pouvoir travailler beaucoup plus en proximité avec nos voisins allemands et nos voisins suisses. Ça veut dire par exemple aussi développer le bilinguisme, qui est une nouvelle compétence pour la collectivité européenne d'Alsace,
en
lien avec l'éducation nationale. Parce
qu'aujourd'hui, qui est-ce
qu'il gérait par exemple
? Aujourd'hui, c'est
l'éducation nationale. Demain, ça sera toujours l'éducation nationale. Mais la collectivité européenne d'Alsace va pouvoir recruter des intervenants en allemand pour proposer des heures d'allemand de la maternelle au baccalauréat, en complément de ce qui se fait. Et aussi de manière, j'ai envie de dire, plus ludique, pour donner envie aux jeunes Alsaciens d'apprendre de l'allemand. Et pour que l'Alsace puisse demain rayonner vraiment à 360 degrés.
Vous
avez d'autres exemples concrets
de ce
que ça va changer
? Oui, dans le domaine des routes nationales et des autoroutes. Ces routes nationales et ces autoroutes vont également être la compétence de la collectivité européenne d'Alsace. Parce que nous sommes justement dans cette géographie du Sion-Rhinant. Il y a une autoroute côté allemand, côté du Rhin,
avec
une circulation importante. Mais la MAUT, donc une taxation poids lourd, a été mise en place il y a quelques années en Allemagne. Côté français, côté alsacien, nous avons une autoroute qui est parallèle au Rhin et à cette autoroute allemande. Et qui, depuis la mise en place de cette taxation poids lourd en Allemagne, a récupéré une grande partie des camions. Et c'est juste une catastrophe que de circuler aujourd'hui sur cette autoroute, avec des accidents tous les jours, parfois malheureusement des accidents mortels. Et donc l'intérêt de récupérer la compétence des routes nationales, c'est d'envisager la mise en place d'un mécanisme de régulation du transit poids lourd.
Et ça, une autre structure administrative n'aurait pas pu le faire ? En tout cas, aujourd'hui, ça n'est pas possible. Aucune autre structure administrative, si ce n
'est
l'État, peut le faire. Et donc ça va être vraiment un projet d'innovation. Et l'Alsace va, en quelque sorte, montrer la voie aux autres territoires. Donc l'Alsace
va avoir des compétences spécifiques, mais dans la pratique, ça va se passer comment ? D'abord, où est-ce que va se trouver cette collectivité ? De quel côté ? Plutôt Strasbourg ? Plutôt Colmar ? Plutôt ailleurs
? Je ne sais pas. Alors dans la pratique, la mise en place est pour 2021. Ceci étant, d'ores et déjà, dès la promulgation de la loi, un certain nombre de choses vont changer concrètement, parce que concrètement, dès la promulgation de la loi, nous aurons la compétence du tourisme.
Et
donc c'est de nouveau à l'échelle de l'Alsace que la destination touristique Alsace va être animée et coordonnée. Donc
ça, c'est encore
dans les compétences ?
Dans
les compétences nouvelles que nous récupérons. Nous allons également récupérer ce qu'on appelle la marque Alsace,
qui
permet à l'Alsace de rayonner par son attractivité avec les entreprises alsaciennes.
Et
vous posiez la question du siège.
Pour
les Alsaciens aujourd'hui, et pour les élus que nous sommes, ça n'est pas une question,
il
faudra un siège
pour
la collectivité européenne d'Alsace. Mais d'ores et déjà,
la
géographie alsacienne fait que notre Assemblée pourra aussi bien se réunir à Strasbourg qu'à Colmar, qu'à Mulhouse ou qu
'à
Cesse.
Mais à terme, il faudra un seul endroit. Sinon, c'est de l'argent. Non,
parce
que...
Et ça n'a pas coûté cher si on est dans plusieurs endroits, si on
déplace tout à chaque fois ? Colmar, Strasbourg, on ne déplace pas tout, puisque les administrations restent en place. Nous voulons rester une collectivité de proximité, avec une administration proche de la population, et aussi avec des élus qui soient dans la proximité, par le mode d'élection, qui se fera toujours dans les cantons, donc au plus proche des habitants. Et
il n
'y
aura pas de doublon, là,
en ce moment, dans les équipes ? On garde les équipes telles quelles
? Nous nous faisons fort de faire les économies qu'il faut, mais nous avons besoin de toutes les équipes.
Alors, cette collectivité va s'appeler Collectivité Européenne d'Alsace. Pourquoi avoir mis Européenne dans le
nom ? Pour nous, c'était prioritaire, puisque nous voulons
que
l'Alsace, demain, encore plus qu'aujourd'hui, soit ouverte sur ses voisins. L'Alsace a une tradition historique d'ouverture, et demain, nous voulons travailler beaucoup plus en proximité avec nos voisins allemands et nos voisins suisses, qui d'ailleurs sont très demandeurs. L'Alsace se sent plus Européenne que Française
?
Alors, l'Alsace est avant tout Française. Je pense qu'il n'y a pas plus Français qu'un Alsacien, mais évidemment, de par notre histoire, nous savons combien l'Europe est importante pour la paix. On parlait des
personnes qui ont voté contre hier, il y a notamment les Insoumis, qui, eux, déplorent ce vote, ils y voient une atteinte à l'unité
nationale, justement. Au contraire, moi, je dis qu'il faut prendre en compte de plus en plus les richesses de chacun des territoires, et que la France va s'enrichir des richesses et des différences des territoires.
Merci beaucoup, Brigitte Klinkert. Vous êtes la présidente Les Républicains du Conseil départemental du Haut-Rhin, et vous étiez l'invité du 5-7 ce matin.
Merci
beaucoup,
Brigitte Klinkert.
Brigitte Klinkert