Élisabeth Borne : "On doit protéger l'école et celles et ceux qui la font vivre, c'est une priorité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Madame la ministre, risque-t-on de mourir de son métier quand on travaille à l'éducation nationale ?
- 1:27RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement comment est censé se passer un contrôle de ce type et comment on explique qu'ils puissent dégénérer au point qu'une surveillante perde la vie ?
- 2:20RelanceRéponse partielle
une assistante d'éducation n'est pas un vigile. Elle n'avait pas à se retrouver en première ligne. Comment ça se trouve qu'elle se retrouvait en première ligne et pas protégée ?
- 3:07FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous êtes pour une fouille systématique tous les jours de tous les élèves à l'entrée des établissements scolaires ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Vous en pensez quoi des portiques ?
- 4:21RelanceRéponse directe
Des sanctuaires ou des bunkers ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiquePromesse
« j'ai demandé qu'une minute de silence soit observée demain à midi dans tous les établissements »
- 1:04Invité politiquePromesse
« on doit protéger, et c'est une priorité absolue, on doit protéger l'école et protéger celles et ceux qui la font vivre »
- 1:20Invité politiquePromesse
« j'ai souhaité qu'on organise des fouilles devant les établissements pour qu'aucune arme ne puisse rentrer dans ces établissements »
- 1:50Invité politiqueFait
« Ces contrôles, ils sont organisés sur réquisition du procureur par des forces de l'ordre, donc des policiers ou des gendarmes »
- 6:14Invité politiquePromesse
« J'ai annoncé qu'on allait renforcer les effectifs d'infirmiers et d'infirmières, d'assistants de services sociaux, de psychologues à l'éducation nationale »
Temps de parole
- Élisabeth Borne66 %
- Présentateur34 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sonia De Villers, votre invitée, la ministre de l'éducation nationale. Qui s'est rendue hier en Haute-Marne suite à la mort de Mélanie, 31 ans, surveillante au collège, Françoise Dolto, tuée donc de plusieurs coups de couteau par un garçon de 14 ans. Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. La première question est évidemment sur la bouche de tout le monde. Madame la ministre, risque-t-on de mourir de son métier quand on travaille à l'éducation nationale ?
Écoutez, ce qui s'est passé hier, c'est un drame épouvantable. Alain et moi, mes pensées vont d'abord à cette jeune assistante d'éducation qui a perdu la vie, à sa famille que j'ai rencontrée sur place, à son petit garçon. Et je veux aussi redire toute ma solidarité aux équipes éducatives du collège, aux élèves, à leurs parents que j'ai pu rencontrer. Mais je pense qu'au-delà, c'est vraiment toute la communauté éducative qui est sous le choc et la nation tout entière. C'est pour ça que moi, j'ai demandé qu'une minute de silence soit observée demain à midi dans tous les établissements.
Évidemment, on doit protéger, et c'est une priorité absolue, on doit protéger l'école et protéger celles et ceux qui la font vivre. Et moi, je peux vous assurer que face à cette circulation des couteaux qui se répand chez les jeunes, dès mon arrivée, j'ai souhaité qu'on organise des fouilles devant les établissements pour qu'aucune arme ne puisse rentrer dans ces établissements.
Précisément, ce crime a eu lieu lors d'un contrôle des sacs à l'entrée du collège. C'était une opération organisée par la gendarmerie qui était programmée en amont, dans le cadre de la circulaire qui porte votre nom, c'est la circulaire Borne-Retailleau, et qui prévoit des contrôles aléatoires à l'entrée des établissements. Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement comment est censé se passer un contrôle de ce type et comment on explique qu'ils puissent dégénérer au point qu'une surveillante perde la vie ?
Ces contrôles, ils sont organisés sur réquisition du procureur par des forces de l'ordre, donc des policiers ou des gendarmes. En l'occurrence, hier, c'était des gendarmes qui étaient présents et nombreux. Et c'est vrai que le fait que ce jeune de 14 ans tue de sang-froid cette jeune femme devant les gendarmes, c'est effrayant. Et je pense que ça renvoie à d'autres sujets de santé mentale. Et là aussi, moi je...
On va y venir, Madame la Ministre, évidemment, mais vous entendez de nombreux syndicats dire une assistante d'éducation n'est pas un vigile. Elle n'avait pas à se retrouver en première ligne. Ce mot de première ligne, tous les personnels administratifs et tous les enseignants l'ont à la bouche, nous sommes en première ligne. Comment ça se trouve qu'elle se retrouvait en première ligne et pas protégée ?
Bien sûr que, vous savez, moi j'entends parfois dire qu'il faudrait que les personnels de l'éducation nationale organisent des fouilles. C'est précisément pas ce qui est prévu. Ce sont bien des policiers, des gendarmes qui organisent ces fouilles pour ne pas exposer les personnels de l'éducation nationale. L'enquête permettra de préciser les circonstances qui font que cette jeune femme était là, mais elle n'était pas en train de participer à l'opération de fouilles. Et les gendarmes étaient là. Un gendarme a essayé de s'interposer. Malheureusement, ça n'a pas pu lui sauver la vie.
Est-ce que vous êtes pour une fouille systématique tous les jours de tous les élèves à l'entrée des établissements scolaires ? Je vous dis ça puisque la vice-présidente de l'Assemblée nationale, dans son rapport sur la circulation des armes blanches, précise bien qu'il n'y a pas de profil type d'élèves qui dispose d'un couteau. Vous êtes pour la fouille systématique ?
Il s'agit d'organiser des fouilles par les forces de l'ordre. Malheureusement, on ne peut pas organiser des fouilles tous les jours devant tous les établissements. Et les portiques ? Les portiques de détection ? Je suis ouverte à tout ce qui peut permettre d'éviter l'introduction d'armes dans les établissements. C'est un travail qu'on mène avec les collectivités qui sont responsables de la sécurisation des enceintes scolaires. C'est les départements pour les collèges, les régions pour les lycées. On peut, avec ceux qui le souhaitent, tester tous les dispositifs, les portiques, les tourniquets. Vous en pensez quoi des portiques ?
Je pense que chacun sait que les portiques, ce n'est pas la réponse absolue, parce qu'on a aussi des couteaux en céramique qui ne seront pas détectés par les portiques. Mais je pense qu'on agisse ensemble avec les collectivités pour assurer au maximum la sécurité dans les enceintes scolaires, que ça reste des sanctuaires, comme chacun l'attend. C'est vraiment...
Des sanctuaires ou des bunkers ? Je vous pose la question parce que c'est le porte-parole de la PEP, qui est une fédération de parents d'élèves, qui dit évidemment qu'on ne doit pas mourir de son métier quand on travaille à l'éducation nationale, mais qu'un établissement scolaire ne doit pas devenir non plus un bunker. Donc je vous pose la question entre le sanctuaire et le bunker.
Non mais bien sûr qu'il ne s'agit pas de faire des bunkers, il s'agit d'assurer la sécurité au sein des établissements. Ça passe notamment par des opérations de fouilles inopinées. Ça passe aussi par une très grande vigilance sur les problèmes psychologiques que peuvent rencontrer des élèves.
Et c'est pour ça qu'il y a tout un volet santé mentale que moi j'ai annoncé, avec la demande que j'ai faite à tous les établissements d'avoir d'ici la fin de l'année un protocole pour repérer et faire prendre en charge avec tous les partenaires de l'école, les jeunes qui ont des difficultés psychologiques, avec la mise en place de deux adultes repères qui sont formés pour détecter les signaux de malaise psychologique chez les jeunes, avec un conseiller par département pour accompagner ces jeunes. Et puis on continue le travail avec le ministre de la Santé, Yannick Noderre, pour qu'on puisse au mieux repérer les jeunes qui ont des difficultés psychologiques.
Mais évidemment que ce protocole de santé mentale, je vous entends, doit être, comment dire, étendu à tous les établissements scolaires et que manifestement il y a urgence. Mais comment on fait avec des personnels de santé de l'éducation nationale qui sont totalement débordés ? Un infirmier pour 1600 élèves, un psychologue pour 1500 élèves, un médecin pour 13 000 élèves, qui renvoie vers des personnels de santé et des centres médico-psychologiques, les CMP eux-mêmes, complètement débordés.
Je ne dis pas que c'est simple, je dis qu'on est tous mobilisés pour détecter les signes de détresse psychologique ou de fragilité psychologique chez les jeunes, qu'on doit travailler avec tous les partenaires, notamment, comme vous l'avez dit, les centres médico-psychologiques,
Est-ce que vous, vous allez débloquer des moyens ? Vous, à l'éducation nationale, est-ce que vous allez débloquer ?
J'ai annoncé qu'on allait renforcer les effectifs d'infirmiers et d'infirmières, d'assistants de services sociaux, de psychologues à l'éducation nationale, qu'on doit renforcer des moyens. Combien de postes ? Les discussions sont en cours, mais je pense que chacun mesure la gravité de la situation et la nécessité d'avoir plus de moyens pour faire ce repérage et puis de s'appuyer aussi sur des adultes qui ne sont pas forcément des infirmiers et des infirmières, qui vont être formés. Et c'est le travail qu'on mène avec le ministre de la Santé.
Et cette interdiction des réseaux sociaux que prône Emmanuel Macron, président de la République, est-ce qu'elle vous semble souhaitable ? J'imagine que oui, puisque vous-même, vous êtes aux avant-postes de cette réflexion avant 15 ans. Mais est-ce qu'elle vous semble réalisable ?
Moi, je vais vous dire, je pense que quand on a des jeunes qui passent 5 heures par jour sur les écrans, qui consultent des sites, des séries, des jeux vidéo dont on n'a pas idée et qui ensuite ont une forme de perte de repère entre le réel et le virtuel, avec une banalisation de la violence sur les réseaux sociaux, oui, je pense qu'il faut protéger nos jeunes de la surexposition aux écrans, de la banalisation de la violence. Alors, on peut nous dire, c'est très compliqué. On a face à nous des plateformes qui ont tous les moyens technologiques. Il y a des identifiants qui peuvent leur permettre de connaître l'âge des élèves.
C'est leur responsabilité aussi de nous aider à protéger nos jeunes de ces contenus violents.
Mais est-ce qu'aujourd'hui, les plateformes américaines et les plateformes chinoises vous paraissent, comment dire, enclines à la régulation ?
Écoutez, c'est ma collègue Clara Chappas qui discute beaucoup avec eux. Je pense qu'ils sont quand même conscients que la société, que ce soit en France, en Europe ou ailleurs dans le monde, ne peut pas accepter que ces réseaux sociaux puissent banaliser la violence, puissent faire perdre leur repère à notre jeunesse.
Merci Madame la Ministre. Une minute de silence, donc demain à midi. Merci.
Élisabeth Borne