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interviewfranceinfo· 7 avril 2026 24 min

Guerre en Iran, prix des carburants, "Nouvelle France"... Mathilde Panot dans le "8h30 franceinfo"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. On va parler des propositions de LFI pour le pouvoir d'achat en pleine flambée des prix du carburant. Mais d'abord, dans une longue conférence de presse hier, ou un long exercice d'autosatisfaits, Donald Trump s'est félicité du sauvetage de soldats américains et a menacé une fois de plus l'Iran.

0:27
Invité

L'Iran tout entier peut être anéanti en une nuit, et cette nuit ça pourrait être ce soir. Je leur ai donné 10 jours, finalement 11. Je me suis dit que le lundi de Pâques, ce n'était pas un bon jour. Je veux bien me comporter. Nous leur donnons jusqu'à mardi soir 20h, heure de New York. Après ça, ils n'auront plus de ponts, plus de centrales. Ils reviendront à l'âge de pierre, oui.

0:52
Présentateur

Que peut faire la France à part s'indigner, Mathilde Panot ?

0:56
Mathilde Panot

D'abord, réaffirmer que Trump aujourd'hui est un problème pour la sécurité mondiale et qu'il est en train de mener le monde entier à l'abîme avec une guerre illégale. Et donc la première chose que doit faire la France, c'est de dire haut et fort non à cette guerre illégale, comme le fait par exemple l'Espagne. Je le dis parce que par exemple la France a autorisé des avions états-uniens à utiliser les bases françaises et que ce n'est pas possible lorsqu'on est cohérent de permettre l'utilisation de ces bases françaises.

Et de même, la France doit agir impérativement pour la paix parce qu'on parlera un peu plus tard des conséquences sur l'économie mondiale avec la plus forte perturbation du cours du pétrole de l'histoire.

1:35
Présentateur

On va en parler, mais la France a refusé le survol de son territoire à des avions américains qui étaient armés. Pour vous, ce n'est pas suffisant ?

1:43
Mathilde Panot

Non, ce n'est pas suffisant. Il ne doit pas utiliser, il doit refuser que les avions états-uniens utilisent les bases françaises. De même, la France doit refuser absolument ce qu'a fait le ministre Barraud depuis Israël en disant que la France cautionnait le plan Trump. Je rappelle que le plan Trump pour Gaza, c'est sur le cimetière du peuple palestinien de construire une rivière et des data centers. Et que cela s'est fait dans le cadre du Conseil de la paix, je mets des gros guillemets, de Trump. Or, la France doit être toujours du côté des Nations Unies. Mais sur l'Iran. Donc la première des choses à faire... Attendez, je termine juste là-dessus, excusez-moi.

La première des choses à faire pour réouvrir le détroit d'Hormuz, c'est d'arrêter la guerre illégale qui est faite aujourd'hui au peuple iranien.

2:25
Présentateur

Et que peut faire la France ? Pardon, parce que Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, ce matin disait sur France Info « Nous nous opposons à toute frappe sur des infrastructures civiles ». Donc c'est la menace de Donald Trump. Que peut faire de plus la France ?

2:39
Mathilde Panot

Oui, la France a raison pour le coup de réaffirmer cela. Parce que je rappelle que frapper des installations civiles est un crime de guerre reconnu comme tel dans le droit international. Mais le problème, c'est de mettre en cohérence les paroles qui sont dites et les actes qui sont posés. Et dans les actes qui sont posés, je rappelle que ce sont des frappes qui sont menées à la fois par Trump et par Netanyahou. Qu'il n'y a depuis deux ans et demi de génocide à Gaza, toujours aucune sanction qui est prise contre Netanyahou de la part de la France. Qu'il n'y a toujours aucune suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.

Et que la France doit agir au niveau de l'Europe pour faire en sorte qu'on se sépare enfin du boulet qui est devenu les Etats-Unis. Qui n'ont rien à voir avec les intérêts européens et a fortiori des intérêts français.

3:21
Invité

J'aurais aimé avoir un peu d'aide à répéter le président Donald Trump à propos du détroit d'Hormuz bloqué. Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison de refuser là aussi l'aide de la France ?

3:29
Mathilde Panot

Oui, évidemment. Je le dis, il ne l'a pas fait totalement. Moi, j'aurais aimé qu'il soit beaucoup plus clair comme l'a fait l'Espagne qui a interdit quasiment dès le début le survol de son espace aérien. Et qui a dit non à la guerre illégale. Je rappelle que le premier jour, puisque j'ai entendu Trump qui disait par exemple que le peuple iranien demandait à ce qu'on continue de larguer des bombes sur l'Iran. Je rappelle que dès le premier jour...

3:51
Présentateur

Il a dit qu'il avait intercepté de nombreux messages d'Iraniens qui disaient effectivement, s'il vous plaît, continuez à bombarder parce que nous voulons être libres. C'est pas une réalité que vous entendez ?

4:00
Mathilde Panot

Non, ce n'est pas une réalité qu'il aille le dire directement aux familles des 150 écolières qui ont été tuées dès le premier jour de ces frappes. Ces 150 écolières avaient entre 7 et 12 ans. Et ce que l'on voit, contrairement à ce qui a été expliqué dès le début de cette guerre, ce qui est expliqué en fait à chaque fois, c'est que en fait les bombes seraient mises sur un peuple qui d'abord a subi la répression sanglante d'un régime et maintenant sous les bombes états-uniennes et israéliennes, qu'on libérait un peuple sous les bombes. Cela n'existe pas. Et ce qu'on voit, c'est que le régime est en train de tenir. Pourquoi ? Parce que le régime est un système.

Donc ce n'est pas par l'extérieur et par des bombes qu'on libère un peuple. Et je crois qu'on devrait apprendre des leçons de l'histoire, notamment de l'Irak. Je rappelle que l'intervention états-unienne en Irak, c'est un million de morts, c'est la naissance de Daesh et c'est un chaos qui se perpétue encore dans la région.

4:48
Invité

Qu'est-ce que vous dites aussi aux familles des victimes, des manifestants qui sont tombés début janvier sous les balles de ce régime et qui ont attendu l'aide américaine qui n'est dans un premier temps pas venue et qui les ont attendues ? Qu'est-ce que vous dites à ces familles-là ?

4:57
Mathilde Panot

Moi, j'ai une pensée pour le peuple iranien, encore une fois, qui est coincée à la fois entre un régime sanguinaire et je rappelle que depuis plus d'un mois, depuis plus d'un mois de guerre, ce régime est encore devenu plus répressif et les bombes états-uniennes et israéliennes. Et je crois, et de nombreux Iraniens et iraniennes en France le disent, je crois que l'avenir du peuple iranien appartient aux Iraniens et à eux seuls. Et ce n'est pas aux États-Unis de venir avec des bombes. Par exemple, si vraiment les États-Unis voulaient aider les Iraniens, qu'est-ce qu'ils pourraient faire ?

Ils pourraient, par exemple, rétablir les connexions Internet qui empêchent les Iraniens de pouvoir se connecter entre eux, prendre des nouvelles de leurs proches. Et il se trouve que nous sommes sur la plus longue coupure Internet qu'ont jamais eu les Iraniens. Par exemple, ça, ça pourrait aider de faire cela. Et non pas de mettre des gens dans le noir, comme ils sont en train de le faire, en bombardant des installations électriques. Mais est-ce qu'on peut tolérer le massacre des Iraniens ? Mais non, mais alors, qu'est-ce que vous voulez faire quand on tolère ? Vous tolérez ce qui se passe en Afghanistan avec les femmes afghanes ? Non, mais dites-nous, c'est vous la responsable politique.

Vous proposez d'aller bombarder l'Afghanistan ? Je veux dire, il faut être sérieux. Il faut apprendre de ce qui s'est passé en Irak, en Libye. Ce n'est jamais par les bombes qu'on libère un peuple. Donc, ce qu'il faut faire pour aider les Iraniens, c'est d'abord rétablir la paix. Et je le rappelle d'autant plus qu'on parle beaucoup de l'Iran, à juste titre, mais qu'on parle peu du Liban juste à côté, sur lequel il y a une annexion pure et simple du Sud-Liban, qui est en train de se faire par Netanyahou, avec trois soldats de la Finule, vous savez, cette force onusienne, qui ont été tués en moins de 48 heures par Israël.

Et que je pense là aussi au peuple libanais, comme au peuple palestinien, qui sont toujours sous les bombes et qui subissent dans leur chair l'impérialisme états-unien.

6:36
Présentateur

Dans ce contexte, Donald Trump menace régulièrement de quitter l'OTAN. Vous, la France insoumise, vous demandez toujours que la France quitte l'OTAN.

6:44
Mathilde Panot

Oui, bien sûr. Nous, nous le disons. Nous quitterons immédiatement le commandement intégré de l'OTAN, parce que je crois que tout le monde comprend, dans la période que nous sommes en train de vivre, que nos intérêts ne sont pas ceux des États-Unis. Et quand vous avez des États-Unis qui menacent un allié direct en demandant à prendre le Groenland, comme ils le font actuellement... Ce n'est pas un allié, vous le considérez ? Comment ? Ah ben non, je crois que tout le monde comprend que nous sommes face à un pouvoir qui n'a pour seule raison qu'un impérialisme total, et qui a décidé de remplacer le droit international par la loi du plus fort, comme elle l'a fait à de nombreuses reprises.

7:18
Présentateur

On se défend si on sort de l'OTAN, sachant que la France insoumise s'est opposée à l'augmentation du budget de la défense de 6 milliards d'euros, que vous vous opposez également au renforcement d'une défense européenne. Alors nous, nous voulons pouvoir être... On se défend seul, sans argent et sans allié.

7:32
Mathilde Panot

Non, nous voulons être indépendants. Et si nous nous sommes opposés à l'augmentation de la loi de programmation militaire, c'est parce que nous considérions que ça ne répondait pas aux besoins. Et d'ailleurs, il se trouve que dans quelques semaines à l'Assemblée nationale, nous allons avoir un texte pour justement réviser cette loi de programmation militaire, preuve qu'il y a besoin d'y retourner. Mais comment on se défend concrètement avec vous ? Demain, vous êtes au pouvoir, on sort de l'OTAN. En étant indépendant, en arrêtant de devoir, à chaque fois qu'on veut utiliser telle ou telle arme, demander l'autorisation aux États-Unis, parce que c'est ça qui est en train de se passer.

8:03
Présentateur

Et vous pensez que la France peut se défendre seule face à la menace russe ?

8:06
Mathilde Panot

Oui, moi je pense que la France peut se défendre seule, et en coopération qu'elle peut créer. Ça n'empêche pas de créer des coopérations avec tel ou tel pays. Mais nous ne voulons pas dépendre d'une alliance qui a à sa tête les États-Unis avec Donald Trump. Et je le dis, même sans Donald Trump, nous étions pour la sortie de l'OTAN. Mais dont là, tout le monde comprend que les franchissements de seuil entraînent la France potentiellement vers un conflit généralisé, dont nous ne voulons pas. Nous ne voulons pas de la guerre illégale de Trump.

8:33
Invité

Après ce long week-end de Pâques, un quart des sessions-service sont ce matin en rupture de stock, selon le président de l'Union française des industries pétrolières. Après, les agriculteurs, les routiers, les pêcheurs de nouvelles aides ciblées doivent être annoncées par le gouvernement en ce début de semaine. Vous appeliez l'exécutif à agir. Est-ce que c'est une bonne chose ?

8:50
Mathilde Panot

Non, je crois que nous avons un gouvernement qui, depuis plus d'un mois, ne fait quasiment rien. Alors, ils ont fait leur contrôle dans les stations, entre le prix en ligne et le prix en direct dans la station, sur 5% des stations-service. Là, ils font des petits chèques par-ci, par-là, qui sont des petites urustines. Et nous, nous le disons, nous voulons un blocage des prix de l'énergie, notamment du carburant, avec un blocage des prix qui serait à 1,70 €, c'est-à-dire au prix d'avant la guerre. Comme la CGT, comme la CGT. D'ailleurs, je suis très heureuse qu'eux aussi valident cela.

C'est la seule mesure qui, un, ne coûte pas 1 € à l'État, qui ne prend pas dans les poches des Français, mais qui va prendre, par contre, dans les poches des profiteurs de guerre, puisque peut-être avez-vous vu ce que le Financial Times a mis en avant, c'est qu'en un seul mois, Total a gagné 1 milliard de profits. 1 milliard. Donc, c'est dans leur poche à eux qu'il va falloir prendre. Et je rappelle que l'essence que nous avons actuellement dans les stations est une essence qui a été achetée avant la guerre. Donc, ça s'appelle de la spéculation.

9:50
Présentateur

Mais Mathilde Panneau, le gouvernement vous répond sur le blocage des prix le faire. Le blocage des prix, c'est la proposition phare de la France Insoumise. Et le gouvernement vous répond que les distributeurs risquent d'arrêter de vendre parce qu'ils n'auront pas envie de vendre à perte. Et que, par ailleurs, le blocage des prix, ça organise la pénurie. D'ailleurs, on l'a vu dans les stations essence où le prix a été plafonné par Total, il y a eu des pénuries. Mais est-ce que... Qu'est-ce que vous faites face à ce risque-là ?

10:12
Mathilde Panot

Mais je vais vous dire, ce risque-là n'existe pas. Ça n'existe pas ? Non, parce que... On l'a vu concrètement avec ce qu'a fait Total. Les multinationales de l'énergie préfèrent toujours gagner moins que perdre tout. Donc, ce qui s'est fait déjà en France, en 1989 en Guadeloupe après un cyclone, en 1990 après, lors de la guerre du Golfe, ce qui s'est fait en 2020 sur le gel hydroalcoolique, montre que c'est possible, que ça ne s'est pas pénurie. Vous avez des exemples de pays à l'étranger en ce moment où ça marche,

10:40
Présentateur

le blocage des prix, où ça a marché récemment ? Comment ? Vous avez des exemples de pays à l'étranger où le blocage des prix a fonctionné récemment ?

10:45
Mathilde Panot

Oui, mais par exemple, vous savez qu'à La Réunion, il y a un blocage des prix, vous le savez, qui est permanent, qui est issu de luttes qui ont été faites. Et qui, sur des produits essentiels, ainsi que sur le carburant, est un blocage des prix permanent qui a été obtenu. Vous savez que des pays comme la Croatie, la Grèce, la Hongrie, ont mis de telles mesures en place. Donc, oui, ça fonctionne. Et je vais même vous dire, Madame Lambré, si vraiment il y a un problème sur la question de l'accès au carburant, eh bien, ce que nous ferons, c'est la réquisition.

11:15
Invité

Le monde se prépare à entrer dans un avril noir, prévient Fatih Birol, qui est patron de l'Agence internationale de l'énergie. La crise actuelle, dit-il, est plus grave que celle de 1973, de 1979 et de 2022 réunis. Il le dit dans le Figaro. Et il ajoute, il va y avoir un recours renouvelable très rapidement à l'échelle de quelques mois. Est-ce que vous pensez que la France est prête à ce virage historique ?

11:33
Mathilde Panot

Elle aurait dû le faire depuis longtemps. Nous nous appelons depuis longtemps à ce qu'il y ait 100% énergie renouvelable. Et je crois que nous avons pris beaucoup de retard sur la question. Je rappelle que, par exemple, la France est un des rares pays à ne pas avoir atteint ses objectifs, notamment sur la question des renouvelables en Europe. Et juste pour que tout le monde comprenne l'urgence dans laquelle nous sommes. Rappelez-vous, avant les Gilets jaunes, le prix du carburant était à 1,40 €, 1,50 €. Le pays ne va pas tenir si on continue comme cela. Vous avez parlé de beaucoup de professions, les transporteurs routiers, les pêcheurs, les chauffeurs de taxi et beaucoup d'autres.

Mais on peut parler aussi de tous ceux qui ont besoin de prendre leur voiture pour juste aller dans un service public, aller à l'école, aller au travail, aller à l'hôpital. Et donc, le pays ne va pas tenir si on continue comme cela. Donc, le blocage des prix est la seule mesure qui permet de faire en sorte de faire respirer les gens. Nous sommes dans la septième puissance économique au monde avec un 11 millions de personnes qui sont sous le seuil de pauvreté.

12:31
Présentateur

Mais même le Parti Socialiste est contre cette proposition de blocage des prix.

12:35
Mathilde Panot

Oui, c'est dommage parce que le Parti Socialiste, c'était la première mesure du programme du nouveau Front Populaire. Donc, ça serait bien de ne pas changer d'avis à chacune des élections lorsqu'ils veulent des places. Je vais vous dire, cette mesure est une mesure de bon sens. Tous ceux qui proposent autre chose. Vous avez d'un côté le Rassemblement National qui propose de baisser les taxes. Or, je le rappelle, non seulement ça coûtera des milliards d'euros à l'État, mais cela veut dire quand même acter une hausse de 40 centimes sur les carburants, ce qui est impossible pour tout le monde.

Et la deuxième proposition qui est faite, notamment par le Parti Socialiste, c'est de faire des chèques énergie. Or, les chèques énergie, cela veut dire qu'avec notre argent public, l'argent des contribuables, on va donner directement des chèques aux actionnaires de Total. Je rappelle qu'entre 2014...

13:15
Présentateur

C'est ce qui serait ciblé, Mathilde Panot, alors que le blocage des prix, c'est pour tout le monde. Vous voulez bloquer les prix, même pour les gens qui sont aisés, qui n'ont aucun problème de fin de mois, qui ont des grosses voitures ?

13:24
Mathilde Panot

C'est intéressant, comme dans la vie normale, enfin, je veux dire, avant crise, quand c'était par exemple 1,50€, ça ne vous posait aucun problème que les riches payent 1,50€ et que les pauvres payent 1,50€. Donc, vous assumez de vouloir bloquer les prix pour tout le monde ? Je trouve ça assez drôle que cet argument nous soit sorti maintenant, alors qu'il y a des injustices profondes dans ce pays et que je rappelle que 500 fortunes dans ce pays détiennent 42% du PIB.

Donc, la première des choses à faire, évidemment, nous nous proposons le blocage des prix, mais c'est de reprendre le pouvoir aux milliardaires pour partager les richesses et notamment, nous demandons à ce que les salaires et les minimas sociaux soient indexés sur l'inflation pour que les gens ne souffrent pas trop.

14:00
Présentateur

Merci, Mathilde Panot. Vous restez avec nous, surtout, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. Dans un instant, on va parler notamment de Rima Assemblée, qui est ressorti de sa garde à vue ce week-end, mais pour l'instant, il est 8h48 et c'est l'Info en une minute avec Sarah Ders. Maureen Suignard.

14:17
Invité

Nous nous opposons à toute frappe sur des infrastructures civiles, affirme ce matin le ministre des Affaires étrangères. Jean-Noël Barraud réagit au propos de Donald Trump. Le président américain assure que les États-Unis peuvent détruire l'Iran en une nuit et il maintient son ultimatum. L'Iran a jusqu'à la nuit prochaine pour débloquer le détroit d'Hormuz. Cette guerre a des répercussions économiques au niveau mondial. En France, ce sont les prix des carburants qui sont surveillés de près. Le gouvernement promet de nouvelles aides ciblées. Une partie du périphérique de Nantes est fermée à la circulation depuis 7h ce matin en raison d'une manifestation des entreprises, des travaux publics.

Et en Corse, l'ensemble des ports est bloqué par les pêcheurs. Ils sont allés à 407 000 kilomètres de la Terre. Du jamais vu pour des êtres humains, les quatre astronautes de la mission Artemis II. Ils ont fait le tour de la Lune et ont pu observer la face cachée de l'astre. Et puis revoici la Ligue des champions de football. Quart de finale allée ce soir entre le Real Madrid et le Bayern et entre le Sporting Portugal et Arsenal. Demain, ce sera le PSG qui sera face à Liverpool.

15:20
Présentateur

France Info

15:21
Invité

Le 8.30 France Info Agathe Lambret, Paul Larouturou

15:27
Présentateur

Avec Mathilde Panot, députée et présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, on parle de la députée européenne LFI Rima Hassan.

15:34
Invité

Oui, Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi, ressortie libre. Elle doit être jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme après un tweet concernant un terroriste japonais responsable d'un massacre en Israël. Pourquoi dénoncez-vous un harcèlement judiciaire ?

15:47
Mathilde Panot

Alors, d'abord, on dénonce un harcèlement judiciaire parce que ce qui s'est passé ce jeudi est un seuil franchi qui est absolument gravissime. Vous l'avez dit, Rima Hassan a été placée plusieurs heures en garde à vue pour un simple tweet qui serait selon une flagrance. Je rappelle que par exemple, Nicolas Sarkozy qui appelait à tuer l'ensemble des Palestiniens sur une télé n'a jamais eu de procédure de flagrance. Nicolas Sarkozy a appelé à tuer l'ensemble des Palestiniens. Non, non, Louis Sarkozy, pardon, excusez-moi, qui disait exactement qu'ils crèvent tous. Je prends les mots exacts qu'il disait. Meilleur Habib qui disait que les Palestiniens sont des cancers.

Ou encore, par exemple, Barbara Lefebvre qui, elle, disait que Gaza devait devenir une zone vierge, vide de tous les Palestiniens, n'ont jamais eu de flagrance. Donc d'abord, il y a un deux poids deux mesures qui est évident. Ensuite, il y a eu 16 procédures depuis deux ans contre Rima Hassan, dont 13 ont été classées sans suite. Et on en parle toujours pour nous salir lorsque les procédures sont en cours, mais on n'en parle jamais lorsque ces procédures sont classées et que donc il n'y a aucune raison de stigmatiser ainsi Rima Hassan.

16:51
Invité

Maintenant que le contexte est posé, si vous répondiez sur ce tweet et sur cette procédure ?

16:54
Mathilde Panot

Oui, attendez, attendez juste, pourquoi c'est gravissime aussi ? Je termine juste par là. Voilà, parce que pendant 24 heures, sur l'ensemble des plateaux, ont été répétés des mensonges qui viennent de fuites qui sont illégales. Je ne sais pas si vous avez conscience que c'est illégal de briser le secret de l'instruction.

17:11
Présentateur

D'ailleurs, le parquet a ouvert une enquête pour violation du secret de l'enquête suite à cette.

17:14
Mathilde Panot

C'est une première victoire, mais nous demandons aussi qu'il y ait des enquêtes administratives demandées à la fois de la part de M. Nunez et de M. Darmanin pour savoir d'où ces fuites viennent. Donc ça, c'est gravissime. Et je terminerai juste sur ce point avant de venir au tweet, je vais vous répondre, pour dire que l'immunité parlementaire dans ce pays n'est pas un privilège. L'immunité parlementaire, c'est d'abord la protection des parlementaires contre la persécution d'un pouvoir. Et aujourd'hui, le harcèlement judiciaire et l'instrumentalisation de la justice contre Rima Hassan doit cesser. On entend ce que vous dites.

17:45
Présentateur

Vous dites, pardon, qu'il y a eu un dévoiement de la protection parlementaire de Rima Hassan. Juste pour revenir sur ce tweet, qu'on va vous lire quand même, parce que cette garde à vue fait suite à un signalement notamment du ministère de l'Intérieur après ce tweet de Rima Hassan qui concerne le terrorisme causo Okamoto, responsable du massacre de 26 passagers à l'aéroport de Tel Aviv le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de Libération de la Palestine. Dans son tweet, supprimé depuis, Rima Hassan reprend des propos attribués à ce terroriste. « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit mais un devoir.

Kozo Okamoto, c'est une figure de la résistance pour vous ou un terroriste ? »

18:27
Mathilde Panot

Mais je pense que personne ne conteste qu'il a commis un acte terroriste il y a 50 ans. Vous venez de le dire à l'instant. Mais la question qui est posée à Rima Hassan n'est pas cette question-là. La question qui va être posée le 7 juillet, c'est est-ce que Rima Hassan a fait oui ou non l'apologie du terrorisme ? En parlant d'acte de résistance pour un acte terroriste. Non, non, elle a pris une citation qu'elle a ensuite supprimée. La question de l'apologie du terrorisme, je vais vous lire exactement ce qui est dit notamment dans le droit européen. C'est une véritable intention d'inciter à un acte terroriste plus le fait qu'il y ait un risque réel de passage à l'acte.

Est-ce que sérieusement, Rima Hassan a-t-elle une seule fois incité à passer à l'acte sur un acte terroriste ? Jamais. Elle a plusieurs fois entretenu une ambiguïté depuis cet octobre 2023 ? Non, non, non, l'ambiguïté on connaît, l'ambiguïté on fait à chaque fois. Non, il n'y a pas, il n'y a jamais eu de la part de Rima Hassan une question d'apologie du terrorisme.

19:19
Présentateur

Quand on cite un terroriste et qu'on parle de résistance, Mathilde Panot, est-ce qu'il ne peut pas y avoir une ambiguïté ?

19:24
Mathilde Panot

Non, non, elle n'a jamais incité à aucun acte terroriste, elle ne le fera jamais. Et ce que propose Rima Hassan, et c'est ce pourquoi elle s'est engagée en politique, c'est une solution qui est politique. Et je vais vous dire, sur la question de l'apologie du terrorisme, il se trouve qu'il y a peu, plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont écrit à Emmanuel Macron, justement pour pointer le dévoiement de l'utilisation de l'apologie du terrorisme en France, avec une multiplication.

Par exemple, moi-même, j'ai été traîné devant des policiers à devoir expliquer mon point de vue politique pour l'apologie du terrorisme, procédure qui, elle aussi, a été classée, ce dont personne n'a parlé. Et de même, c'est la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui en parle, ce sont plusieurs associations et organisations, et même Marc Trévedic, vous savez, l'ancien juge antiterroriste, qui était favorable à ce qu'on change l'apologie du terrorisme pour passer du droit de presse dans le code pénal, qui lui-même dit qu'il y a un dévoiement qui est inacceptable, et que donc la loi Cazeneuve doit être supprimée, ce que nous demandons.

20:19
Invité

On vous entend, on a beaucoup d'autres sujets dans les minutes qui nous restent. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Saint-Denis contre le racisme, à l'appel du nouveau maire insoumis, Bali Bagayoko, victime lui-même de racisme depuis son élection. Vous y étiez. Est-ce que ce rassemblement était à la hauteur de vos espérances ?

20:32
Mathilde Panot

Oui, il était très très impressionnant. Les plus anciens à Saint-Denis disent que c'est le plus grand rassemblement politique qu'ils ont vu depuis la libération. Donc c'est vous dire le nombre de gens et la marée humaine qui était présente. Et je crois que c'est un symbole très fort de dire qu'à chaque fois qu'on nous attaquera et qu'on attaquera l'un des nôtres, il y aura des milliers, des dizaines de milliers de personnes qui répondront. Par contre, je trouve ça absolument honteux que le gouvernement n'ait pas trouvé un seul représentant à envoyer à cette mobilisation antiraciste. Et je vous rappelle quand même quelque chose.

Éric Zemmour, lorsqu'il n'était même pas responsable politique, mais à ce moment-là chroniqueur en 2020, se fait prendre à partie dans la rue. Que se passe-t-il derrière ? Emmanuel Macron, le président de la République, l'appelle pendant 45 minutes. Là, nous avons une ministre en charge des discriminations, de la lutte contre les discriminations et contre le racisme qui a mis 7 jours à réagir. Et un président de la République qui n'a toujours pas eu un mot sur le maire... Oui, mais le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ici même...

Oui, un Premier ministre, un président de la République qui n'a toujours pas eu un mot sur le maire de la principale ville d'Île-de-France après Paris, qui est qualifié de singe et qui est qualifié de chef de tribus primitives. Pourquoi appelle-t-il Zemmour ? Et pourquoi n'appelle-t-il pas Bali Bagayoko ? Faut-il être condamné à la haine raciale pour avoir une condamnation claire du président de la République ? C'est la question que je pose le matin, ce matin, et que je trouve absolument honteux. C'est un scandale absolu que des gens qui nous donnent des leçons de République à tout va se retrouvent ainsi dans cette situation.

22:00
Présentateur

Mathilde Panot, dans le Parisien, Manuel Bonpart, coordinateur de LFI, propose aux écologistes et aux communistes une nouvelle alliance populaire pour 2027. Il tend la main donc aux communistes, notamment, qui refusent cette main tendue. C'est non pour le communiste Fabien Roussel, pour qui Jean-Luc Mélenchon est certainement le pire candidat de second tour. Fabien Roussel, qui sur le fond ne comprend pas trop votre concept de Nouvelle-France. On l'écoute, c'était sur France Inter.

22:24
Invité

Le concept de la Nouvelle-France contribue à toujours fracturer la France et la diviser. Il y a un racisme énorme contre les personnes d'origine africaine et une discrimination profonde des personnes de confession musulmane. Or, Jean-Luc Mélenchon, qui essentialise les citoyens en fonction de leur couleur de peau, il occulte du coup complètement le combat de classe, c'est-à-dire l'exploitation des hommes, quelle que soit leur couleur de peau.

22:50
Présentateur

Est-ce que ce concept de Nouvelle-France vise à fracturer le pays, comme le dit Fabien Roussel ?

22:55
Mathilde Panot

Alors déjà, Fabien Roussel dit des choses sur Jean-Luc Mélenchon en n'ayant lui-même aucune chance d'accéder au second tour. Et je rappelle qu'en 2022, c'est lui notamment qui a empêché d'avoir les 420 000 voix qui permettaient à Jean-Luc Mélenchon et au programme L'Avenir au commun d'arriver au second tour de l'élection présidentielle. Mais encore une fois, c'est Fabien Roussel qui dit non. Et notre appel vise beaucoup de personnalités. J'entends des mots complètement différents, par exemple, de la part du président du groupe communiste et ultramarin à l'Assemblée nationale et s'adresse à des personnalités du monde de la culture, à des syndicalistes.

Mais ils se basent notamment sur un sondage qui est montre que Jean-Luc Mélenchon

23:32
Présentateur

récolterait moins face à Jordane Barbelak.

23:34
Mathilde Panot

Oui, vous savez, les sondages se sont souvent trompés. Donc nous verrons sur cette question. Ensuite, sur la question de la Nouvelle-France. Très rapidement. La Nouvelle-France, c'est la réalité du peuple français aujourd'hui. Et c'est justement le fait de reconnaître le peuple français dans son entièreté. Je rappelle, par exemple, qu'en 1970, il y avait seulement une famille monoparentale sur dix. Aujourd'hui, c'est une sur quatre. Je rappelle qu'en 1958, l'avortement était illégal, l'homosexualité était illégale. Et que la France a profondément changé.

Et donc la Nouvelle-France, c'est ce qui appelle à ce que la France regarde son avenir, justement en reconnaissant le peuple de France dans toutes ses composantes.

24:09
Présentateur

Merci Mathilde Panot d'avoir répondu aux questions. On a le temps pour la question. C'est pas grave, on entendra demain. Merci Paul. Vous restez avec nous les informés tout de suite.

Guerre en Iran, prix des carburants, "Nouvelle France"... Mathilde Panot dans le "8h30 franceinfo" — Mathilde Panot · Pourquijevote