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interviewBFMTV· 7 mai 2026 61 min

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Najat Vallaud-Belkacem...Boris Vallaud se confie avant 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bon, allez, séance de démacronisation. Mon obsession, c'est de battre l'extrême droite à la fin de de ce double quinquen d'un pays érinté, d'un pays essauré. Bonjour à toutes, bonjour à tous.

Bienvenue sur notre chaîne YouTube. Je suis Marie-Pierre Bourgeois. On reçoit aujourd'hui Boris Valot.

Boris Valot, bonjour. Bonjour. Boris Valot, vous êtes le président du groupe des députés socialistes à l'Assemblée.

Vous avez été l'un des principaux collaborateurs de François Hollande à l'Élysée et vous êtes l'un des hommes qui pèse aujourd'hui à gauche. Et pourtant, on vous connaît assez mal Boris Vallot. Qui êtes-vous ?

Je je savais pas que ça une question aussi existentielle que ça parce que la réalité c'est que je me demande régulièrement euh qui je suis et on est toujours dans une forme de construction de construction de soi. Ouais, j'ai envie de dire que je suis un un responsable politique qui a trouvé dans l'engagement militant dans l'élection une forme de continuation de la vie qu'il avait choisie qui était une vie de fonctionnaire au service du bien commun dans la proximité avec les femmes et les hommes de de ce pays. Ça je veux dire c'est ce que je suis professionnellement et puis plus intimement.

Je suis marié et père de d'un garçon et d'une fille. Des petits garçons, non, ils ont 17 ans aujourd'hui. Sont maintenant ?

Des jumeaux mais qui reste mes bébés quoi. Voilà, on va revenir sur vos idées, vos parcours, peut-être vos bébés comme vous dites. J'ai découvert en préparant cette interview, je vais d'abord commencer par ça que vous étiez né à Beyrout que je ne savais pas.

Vous êtes parti très petit. On sait qu'aujourd'hui le Liban est dans une situation géopolitique très compliquée. Peut-être en quelques mots, comment quel regard vous portez sur ce pays ?

Est-ce que vous y êtes retourné à plusieurs reprises ? depuis votre naissance là-bas ? Oui, je suis retourné à plusieurs euh reprises et euh j'ai toujours eu un lien très euh euh très très intime avec euh avec le Liban parce que euh j'y ai beaucoup d'amis, mes parents y ont beaucoup d'amis que euh d'une certaine manière, j'ai toujours eu le sentiment que c'était mon que c'était mon deuxème pays, un pays évidemment fantasmé dans lequel j'ai je suis pas revenu avant 1995, dans lequel je suis revenu après, euh mais qui charit beaucoup de beaucoup de de de de romantisme. euh de mythologie, un peuple ami, un peuple accueillant, des hommes et des femmes généreux, mais en même temps un pays totalement totalement supplicé.

Donc je je ne peux pas regarder la situation aujourd'hui sans avoir une une douleur intime, voilà, au fond de moi. Euh et beaucoup de tristesse. Une douleur intime et de la tristesse pour le Liban.

Très bien, vous êtes retourné, vous aviez 20 ans. C'est à peu près là, je pense où vous viiez vos études à Science Poa, vous avez fait un très beau parcours scolaire euh Science Po Lena, le hasard a fait que vous étiez dans la même promotion qu'un certain Emmanuel Macron. Euh la question que je me posais, c'est est-ce que très vite on a senti que c'était un homme coréen destin ?

Est-ce que c'était quelqu'un qui sortait un peu du lot à Lena par rapport à d'autres camarades de promotion avec vous ou pas forcément ? Si, c'était un c'était un personnage qui était un peu un peu singulier. d'abord par son histoire personnelle, il vivait sans doute plus que nous-même dans un monde déjà d'adulte.

Euh il était précédé d'une une forme d'ora parce que euh il avait travaillé avec Paul Ricker et donc un grand philosophe. Voilà, j'avais eu à un moment cette boutade. Nous, on était plus Ricard que Ricker et donc voilà.

Mais c'était c'était un un camarade un camarade agréable. Euh donc j'en ai en tout cas Lena un un bon souvenir. Ça s'est gâté un peu après.

On va en parler. Ça c'est même beaucoup gâté après on peut se le dire hein. Euh vous vous sortez de Lena en même temps que lui.

Vous faites deux choix très différents. Lui euh choisit de rejoindre la très précisieuse inspection générale des finances et vous vous rejoignez le corps préfectoral donc un peu plus sur le terrain. Pourquoi vous avez eu envie de faire ça et de pas aller directement dans des arcanes administratives beaucoup plus prestigieuses ?

D'abord, l'honnêteté me dit m'oblige à dire que il y a eu un classement de sortie. Mais vous étiez mais vous étiez bien classé, vous auriez pu aller ailleurs. J'aurais pas pu aller à l'inspection des finances comme lui.

Bon, est-ce que j'en auraiis des regrets ? Objectivement aucun. Euh et j'ai eu envie, je me suis posé la question de savoir effectivement au moment où je sors de l'ENAT, je posé la question de savoir ce que j'avais envie de faire 15 jours après.

Je me suis posé la question en ces termes-là. J'avais pas envie d'être dans une administration centrale loin du terrain. Euh, j'avais pas envie d'être au ministère du travail sans jamais voir un demandeur d'emploi.

J'avais pas envie d'être au ministère de la santé sans jamais mettre les pieds dans un hôpital. J'avais pas envie d'être au ministère du logement euh sans me poser la question sur le terrain de la difficulté à se loger. Et j'ai choisi la préfectorale euh parce que c'est ce qui me paraissait me plonger le plus le plus certainement dans la dans la vie des des hommes et des femmes et avec un sentiment d'utilité peut-être plus grand dans des fonctions préfectorales.

Voilà, là aussi moi j'ai une relation à l'état qui est un peu romantique hein. Donc la question l'État, le corps préfectoral et tout ce que cela charitah toujours plus et en effet c'est un un métier ultra opérationnel. C'est quoi un rapport romantique à l'État ?

Parce que sur le papier, l'État, c'est quand même pas quelque chose qu'on imagine avec beaucoup d'amour, beaucoup de passion, beaucoup de cher. Et ben, détrompez-vous, c'est quand même ce qui ce qui pour une bonne part a fait la France. euh a fait la France dans son unité politique, dans son unité culturelle, dans la construction de ses grandes euh de ses grandes valeurs.

Euh euh c'est euh euh un état qui a longtemps été un état entrepreneur avec euh euh des des projets industriels euh des projets industriels puissants. place de l'État en France, elle est sans doute singulaire par rapport à d'autres pays et j'ai un peu le sentiment que c'est ce qui tient euh quand tout s'effondre l'État, voilà, y compris dans des moments dans des moments difficiles. Et quand on regarde évidemment l'État avec un peu les les yeux de Chimen, on est aussi peiné de le voir à la peine justement.

Attaquer dans son principe même, attaquer dans les moyens qui sont les siens, attaquer dans sa capacité euh agir et nous doute qu'on est aussi dans une crise de l'action publique et une crise de l'État. Je reviens un instant sur ce que vous disiez. Vous disiez que vous aviez envie de rencontrer bah des personnes un peu de la chair, vous pariez de demandeur d'emploi.

Est-ce que vous-même vous avez fait des petits boulot ? Vous venez d'un milieu plutôt privilégié ? Votre mère était agrégé d'histoire, votre père aussi a enseigné l'histoire à la facant d'être éditeur.

Vous avez fait des petits boulots un peu de terrain ou pas forcément ? J'ai si si j'ai j'ai travaillé quand j'étais euh étudiant euh sans en avoir la nécessité, ce qui est un vrai privilège et ça je le je le mesure je le mesure aussi dans une forme d'arri parce que ma femme a dû travailler par nécessité. elle quand elle était quand elle était étudiante.

Euh et c'est la raison aussi pour laquelle que mes enfants étant adolescents maintenant, grands adolescents, je leur dis bah il est temps euh vous aussi de faire cette de faire cette expérience là. Mais oui, moi la question de la proximité euh et de et de croiser des des vies des vies à la fois singulières et parfois universelles, c'est c'est quelque chose qui m'a toujours qui m'a toujours attiré. OK.

Et concrètement, du coup, c'était quoi vos petits boulots dont vous aviez pas besoin mais qui vous ont semblé importants ? Alors, j'ai fait, mais là par euh euh j'allais dire euh facilité euh familiale, j'ai fait beaucoup de relecture euh de manuscrit euh relecture éditoriale. Euh j'ai euh euh écrit moi-même des textes pour euh pour d'autres.

Euh j'ai participé à des guides euh touristiques comme Plume. J'ai fait aussi quelques petits travaux agricoles dans mes dans mes landes. Voilà, des choses des choses comme ça.

Si on accélère un peu, vous travaillez avec Carna Mondbourg au conseil départemental de Sonéloire et pardon le bonheur. Le bonheur. Très bien.

On va parler d'un Mondbourg si vous voulez. Le bonheur. Et puis on est en 2012.

François Hollande gagne la présidentielle. Vous suivez Arnaud Montebourg euh à Berte fronde interne contre François Hollande. Il est remercié et c'est Emmanuel Macron qui est nommé à sa place à l'économie.

Emmanuel Macron vous propose de travailler avec lui au ministère et vous dites non. Pourquoi ? Bah d'abord parce que j'avais pressenti que il y avait entre lui et moi euh des désaccords euh des désaccords politiques euh et que ça fonctionnerait pas voilà et et qu'il y avait une forme de de de ma part de loyauté de netteté aussi euh vis-à-vis sans doute de Macron mais vis-à-vis d'Arna Montebourg avec lequel j'avais travaillé déjà pendant 4 ans comme directeur général service du département de la Sonéloire à Macon avec lui.

Je venais de passer 2 ans à ses côtés au ministère du redressement productif et je savais pourquoi il partait et je partais avec lui. Donc très très très libre finalement avec ça. Et quand en effet Emmanuel Macron m'a proposé de rester comme directeur de cabinet, je je lui ai dit non.

C'est intéressant ce que vous dites. Vous dites, je savais pourquoi Arnaud Monbourg partait parce qu'il était en désaccord avec François Hollande mais François Hollande va vous proposer dans un drôle de jeu de chaise musicale le poste qu'Emmanuel Macron occupait auparavant à savoir secrétaire général adjoint d'Élysée poste de numéro 3. Donc vous avez votre patron qui part parce qu'il est pas d'accord avec François Hollande et vous allez vous-même rejoindre François Hollande à l'Élysée.

C'est un peu contradictoire non Vous imaginez pas euh les nœuds au cerveau et au ventre que je me suis fait à ce moment-là. Ça a été très dur pour vous comme décision ? Ouais, très dur.

D'abord parce que je je suis au fonctionnaire, je suis pas engagé en politique, j'ai pas encore pris ma carte au Parti socialiste. Je peux bien en faire la veu devant vous. Euh je je je on est à la moitié du à la moitié du du mandat et la question que je me pose, c'est à quoi je peux être utile ?

Et je j'hésite beaucoup. Euh j'ai j'ai hésité beaucoup euh et en fait celui qui m'a convaincu d'y aller c'est Arnaud Monbourg. Mais c'est Arnaud Monbour qui vous a dit va travailler avec François Hollande.

Mais euh ce que nous nous sommes dit restera entre nous. Voilà. Moi j'ai quand même une question parce que vous retrouvez numéro 3 de l'Élysée.

D'abord c'est quand même un poste très important. Vous êtes un peu la gare de triage. Tout passe par vous et vous retrouvez à devoir plancher sur des mesures avec lesquelles vous êtes, je parle sous votre contrôle plutôt en désaccord.

Je pense à l'i travail, je pense à la déchance de nationalité. Donc vous défendez ça avec François Hollande. En même temps, vous êtes en désaccord.

Il y a pas quelque chose d'un peu étrange là-dedans ? Parce que euh d'abord, il y a euh il y avait un un accord qui ne s'est jamais démenti entre François Hollande et moi ne confondant de mon point de vue jamais la place qui était la mienne. J'étais un collaborateur au fonctionnaire.

Euh ce n'était pas moi qui assumait les responsabilités des décisions qui lui étaient prises et d'ailleurs ce n'était pas moi qui prenait les décisions et l'exercice du pouvoir, il appartient au président de la République. C'est lui qui tranche à la fin et qui en est responsable devant les Français qui tranche. Mais euh je me souviens de de la discussion que que j'ai eu avec lui dans son bureau.

Je lui ai dit "Écoutez, moi vous savez d'où je viens. J'avais longtemps travaillé avec Car Monbourg. J'ai euh j'avais ma mes mes sensibilités politique philosophique.

Je dis écoutez la seule chose qui me paraît très utile dans la collaboration qu'on engagera ensemble c'est si j'ai le droit de vous dire exactement ce que je pense dans le hiclos de votre de votre de votre bureau. Et donc j'ai dit mes accords parce qu'on en a eu beaucoup heureusement. J'ai dit mes désaccords, j'ai dit euh mes doutes, mes incompréhensions, mes enthousiasmes, j'ai tout pu dire.

Mais il est le président de la République et moi j'ai jamais cru à la République des collaborateurs de cabinet. À quoi ça ressemble concrètement quand on est secrétaire général adjointlysée, une journée, on arrive à quelle heure ? Qu'est-ce qu'on fait ?

On part à quelle heure ? Est-ce que on dort avec son téléphone sous l'oreiller si jamais il se passe quelque chose de grave ? Comment ça marche concrètement On dort un peu avec son téléphone mais ça fonctionne de la même manière dans les dans les cabinets ministraires.

C'est que les journées commencent tôt 7h 7h30 et elle termine oui 22 23h euh dès lors que on se donne la discipline à soi-même de pas y passer la nuit ce qui peut arriver. Je me souviens de quelques nuits euh où il fallait reprendre des des des discours qui étaient un peu des des jours sans fin. Euh donc les discours du président, les discours du président de la République, c'est beaucoup de rencontres, beaucoup de moments où on rencontre, c'estd qu'en fait on est une interface entre Matignon qui est quand même la grosse machine de qui fait fonctionner le gouvernement au quotidien et qui a beaucoup plus de moyens que l'Élysée.

Il faut quand même l'Élysée à ce que c'est. C'est une une équipe assez resserrée, même j' envie de dire très resserrée. On est théoriquement sur la gestion du du temps long euh sur euh ce qui par nécessité, par urgence remonte jusqu'au jusqu'au président de de la République.

Et puis c'est des moments aussi euh des moments, vous évoquez ce qu'ondore avec son téléphone portable, il y a des moments de crise, hein. Évidemment, quand euh on traverse la période des attentats et notamment et notamment du 13 novembre 2015. novembre, je peux vous dire que c'est des moments qui restent gravés qui restent gravés quoi.

Et qu'on et qu'on revit minute minute par minute. Quel souvenir vous avez gardé vous de la soirée du du 13 novembre ? Ouais, vous savez, je je j'étais j'étais rentré rentré chez moi et puis je reçois sur mon téléphone une alerte de police qui dit des explosions entendues au Stade de France et j'appelle le directeur de cabinet du président de la République.

Je dis qu'est-ce que c'est ? il me dit "Écoute, je sais pas trop, je viens d'avoir le préfet de police, c'est peut-être des pétards agricoles." Et puis très vite, deuxième alerte euh des fusillades.

Je me souviens que je je mets la télévision sur le match de de foot puisque je savais que le président de la République y était. On voit rien. On voit rien et on on apprend notamment parce que consigne a été donné de filmer la tribune présidentielle quand le président de la République s'en va.

Et d'ailleurs, il dit à tout le monde euh de ne pas quitter la tribune. Euh je retourne urgemment à l'Élysée, je j'y retrouve le directeur de cabinet. On comprend qu'il y a une attaque en cours.

On va à pied jusqu'à la salle de crise Place Bova au ministère de l'intérieur. On y arrive et on est saisi parce que la salle de crise, elle est comme on dit armée. Il y a chacun des représentants des différents corps de l'État impliqués dans la gestion de la crise qui sont là et et qui gèrent ce drame avec un professionnalisme, une méticulosité, une voilà c'est c'est assez impressionnant.

On parlait de l'état tout à l'heure. Là, on se dit ça tient quoi. Et dans des moments très durs que ça tienne, c'est important.

Et puis il y a le président de la République qui arrive, il y a le ministre, le premier ministre, le ministre de l'intérieur, la ministre de la santé. Des décisions difficiles sont prises. On a les bilans des victimes qui arrivent en en temps réel et on est à la fois glacé. qu'on retourne à à l'Élysée dans une ambiance glaçante puisque tout n'est pas terminé heinement il y a un conseil des ministres, on voit les ministres arrivés euh j'allais dire défiguré par la par la par par la violence de ce qui se passe et qui ressort du conseil des ministres plus mâché encore parce qu'ils savent parce qu'on leur a tout dit.

Euh voilà, c'est c'est des c'est des moments Ouais, c'est des c'est des moments durs. Comment on tient ? Enfin, du coup, il y a des moments très durs que vous vivez avec un rythme quand même où vous arrivez à 7h le matin, vous partez à 23h.

Vous, vos enfants à ce moment-là, ils sont à l'école primaire. Comment est-ce qu'on tient dans des métiers aussi stressants et aussi éprouvants physiquement quand même ? Parce que franchement, faut quand même ramener les choses à leur juste mesure.

On va pas à la mine hein. Il y a quand même un paquet de boulot qui sont plus difficiles que nous. On travaille beaucoup mais on fait pas les 38.

Moi pardon mais quand je vais dans des industries de l'agroalimentaire et que je vois des femmes parce qu'il y a beaucoup d'ouvrières de l'agroalimentaire qui écaille les poissons, les machins et cetera, je peux vous dire que vous avez pas les pieds dans la glace. Ma vie est plus facile euh que la leur donc je personne nous oblige à faire ça. Je aussi le le le l'engagement, la recherche d'un sens à ce que l'on à ce que l'on fait.

Peut-être une dernière question sur François Hollande, c'est quel genre de chef ? Quel genre de manager ? Est-ce que c'est quelqu'un d'assez dirigiste ?

Est-ce que c'est quelqu'un qui vous laisse beaucoup de liberté ? Est-ce que on se dit "Ah tiens, j'aimerais bien devenir un jour un chef comme lui ?" Voilà, c'est quel genre de manager quand il est président François Hollande ?

Il écoute beaucoup euh mais c'est lui qui décide. Voilà, ça reste le chef. Oui, c'est un peu ce qu'on attend d'un président de la République.

Voilà. Euh, on est en 2017. Euh, c'est Emmanuel Macron qui l'emporte.

Vous, vous ne le rejoignez pas, contrairement à beaucoup de socialistes qui ont fait ce choix-là. Je vous propose d'écouter ce que vous racontiez. C'est l'été 2017.

Aïe. Euh, c'est d'ailleurs à Frang en Bresse, donc la fête qu' vient faire tous les ans Arnaud Mondbourg. On va l'écouter.

Je vais vous montrer sur la tablette. Quand je promène mon regard dans l'hémicycle sur les bancs de la République en marche que j'y vois certains de nos camarades debout applaudir à la baisse des APL ou la suppression de l'ISF applaudir debout Bruno Lemire ou Gérald Darmana vous savez ce nouveau converti au ni droite ni gauche qu'il y a quelques mois encore voyit tant Christian Tobira un tracte ambulant pour le Front National je veux leur dire que leur défaite a plus de dignité que certaines victoires. Euh bah écoutez, je ne changerai pas un mot de ce que j'ai dit.

Franchement, j'ai eu un moment de grande honte en voyant effectivement un certain nombre d'anciens camarades qui ont rejoint Emmanuel Macron. Oui. Oui.

Et je do Vous savez, on le premier vote de confiance en juin 2017, premier gouvernement des joueurs Philippes. Je vote contre. J'ai pas de doute.

J'ai pas de doute sur ce qu'il est. J'ai pas de doute sur la façon dont ça va se terminer. Et je dois dire que 9 ans après euh je me dis waouh quel dégât !

Moi la question que j'ai c'est vous êtes quand même pas dit à un moment peut-être que je peux le rejoindre pour essayer de peser sur ce qu'on a appelé à un moment l'el gogose de se dire peut-être que vous pourriez tenter d'appuyer un peu sur la fibre sociale d'Emmanuel Macron. Vous aussi vous en entendu parler de l'île gauche ? On en a beaucoup entendu parler.

On a du mal à la voir. He he. J'ai entendu parler.

Ouais ouais j'ai jamais. On peut aussi on peut aussi dire que parfois on est plus utile à l'intérieur qu'à l'extérieur. Si on veut des choses intérieur qu'à l'extérieur, bah ils ont été parfaitement inutile à infléchir la ligne, non ?

Et puis et puis je crois que que on la fidélité à ce qu'on croit en politique est importante. Voilà. Moi, j'ai vu beaucoup de gens qui croyaient à rien et ça me Ouais, ça me ça ça me désole.

Je n'ai jamais pensé le rejoindre, mais jamais. C'est le cas. D'ailleurs, je vais vous faire une petite confidence.

Quand j'étais à l'Élysée à la fin du du moment où j'y étais, j'avais quelques collaborateurs que je réunissais à mon bureau en leur disant "Bon, allez, séance de démacronisation, ça marchait." Alors, on fait quoi en séance de démacronisation ? Euh, oh je me souviens plus pu je peux pas te livrer tout non plus tous les secrets de dommage.

Mais mais je crois que parmi cela, il y en a pas beaucoup qui finalement auront été macronistes. Pour vous, les socialistes qui ont rejoint Emmanuel Macron en 2017, aujourd'hui, ils se sentent un petit peu mari, un peu honteux. Comment vous sentez les choses ?

Je pense à une Marisso Touren peut-être à Manuel Vals. Marisso Touren n'est jamais n'a jamais été au gouvernement. Voilà.

Euh je sais pas comment comment ils se sentent. J'allais dire je pense moins à eux qu'à ceux qui effectivement ont participé au gouvernement. À certains qui d'ailleurs prétendaient même à l'époque était l'aile gauche du Parti socialiste pour quelquesun d'entre eux.

Ouais. Euh moi je pense que cette grande déstructuration de de la vie politique, cette construction d'une d'une adversité nouvelle, c'est moi ou le chaos, bah les gens quand on aura le bol du moins, c'està dire d'Emmanuel Macron, ils choisissent le chaos et c'est ce qu'il a construit. Euh et je quand vraiment je vous assure à la fin de de ce double quinquena, j'ai un sentiment d'un pays érinté, d'un pays essauré, d'institution qui ne qui ne fonctionne plus et et ce pays est extraordinaire qui qui est la France.

J'ai le sentiment que on le gâche quoi. Voilà, on le gâche. En 2017, Emmanuel Macron arrivé à l'Élysée, mais vous vous faites aussi votre rentrée à l'Assemblée nationale.

Vous avez presque 300 députés socialistes en 2012. Bah, quand vous arrivez, il y en a quasiment plus qu'une trentaine. Donc le nombre a été divisé quasiment par 10.

Est-ce que vous vous dites quand même 5 années à l'assemblée sans levier, ça va être très très long. Et ce que vous dites aussi, bah est-ce qu'on n'est pas un peu les derniers des M ? On a l'impression que les parties c'est fini.

Côté LR, c'est la grande difficulté aussi. Eux non plus non plus beaucoup de de d'élus à l'assemblée. Quand vous êtes élu, voilà, vous vous dites quoi ?

J'imagine qu'il y a une certaine joie et en même temps on se demande aussi un peu ce qu'on va faire pendant ce qu'unquena au palais Bourbon. Alors de de joie, je je dois dire que j'en ai pas ressenti. Vous avez pas eu de joie d'être élu député ?

Non, je je vous assure, on en sent la responsabilité, surtout dans le moment que vous décrivez de façon un peu pesante. Je je C'est marrant, le premier sentiment qui a été le mien a été une impression physique. Et je me suis souvenu que Henry Emmanueli, mon prédécesseur qui était décédé quelques mois plus tôt, m'avait dit donc était député des Landes et vous et donc vous êtes vous-même député des Landes dans la même circonscription.

Exactement. m'avait dit à propos euh de euh de 93 où il y a une défaite électorale 5 députés socialistes. Il m'avait dit vous verrez parce qu'il pressentait que nous allions pas terminer très nombreux, il me disaiit vous verrez ce c'était physiquement oppressant et le premier sentiment que j'ai eu a été celui-là.

C'est que dans la géographie de cette hémicycle, nous sommes un tout petit groupe sous la vague de ce macronisme triomphant et arrogant. Euh dire que physiquement vous sentez les 300 députés renaissance et vous êtes un peu perdu au milieu de tout ça. Ouais.

Ouais. Ouais. Le premier sentiment est est celui-là.

Le sentiment que on va mettre du temps à se à se à se relever. Ouais. Ça ça j'en avais la parfaite conscience.

J'en avais la parfaite conscience. À l'assemblée quand même. Vous faites malgré tout vite la stature d'un homme qui a envie de se battre contre les mesures portées par le gouvernement à l'époque d'Édouard Philippe.

Je pense à la réforme du code du travail, je pense à la privatisation d'ADP aéroport de Paris, je pense à la réforme de l'assurance chômage. Vous vous engagez, vous gagnez malgré tout pas beaucoup de bataille. Est-ce que c'est dur aussi ?

Est-ce qu'on se dit bah on est là et finalement on sert pas à grand-chose ? Je dois vous dire que dans les longues nuits euh à l'Assemblée nationale euh parfois dans un hémicycle un peu déserté, voire franchement vide, on peut se le dire, voir franchement vide, euh quand vous n'avez pas passé un amendement, quelle qui était la conviction que vous ayez pu mettre à les défendre ? Parfois même, vous avez préparé une belle intervention qui se prononce devant un hémicide Covid à 23h30.

C'est dur. Euh ouais, vous vous demandez quand même un peu ce que vous foutez là quoi. Voilà.

Euh et j'ai d'ailleurs c'est une question qui qui m'a longtemps tarodé à telle enseigne que en 2022 je me suis posé la question de de de me représenter 1,7 % la présidentielle. Le sentiment de pas avoir beaucoup fait avancer la cause de avoir réussi à résister. C'est aussi quand même la vie politique, c'est quand même une vie qui grignote toutes les autres. qui grignote sa vie personnelle, familiale, sa vie amicale euh et et moi qui viv dans un dans un va et vienman entre ma circonscription des landes et ici euh bah de temps en temps, je vois mes enfants, enfin heureusement quand même de temps en temps mes enfants, mais je je j'hésite et ce que je dois être un peu le le le père gâteau qui qui a qui prépare un repas machin ou celui qui surveille les devoirs et qui leur dit là pas terrible quoi.

Donc on se pose aussi au bout d'un moment la question de quel père on est ou quel père on peut être compte tenu d'un mode de vie qu'on impose aux autres. De temps en de temps en temps, vous voyez vos enfants, c'est c'est dur quand même, on fait quand même des enfants, je suppose, pour les voir grandir, avoir une relation avec eux, c'est c'est difficile. Est-ce que vos enfants vous ont parfois dit "Mais papa, on te voit jamais, on aimerait te voir plus ?" Oui.

Bah bien sûr. Il l'avait dit à leur mère avant beaucoup. Donc leur mère Najette Valobel Cassem qui a été l'une des figures de prou de plusieurs gouvernements sous François Hollande.

Donc ensuite, ils m'ont fait ce ce sans doute ce reproche à moi mais en même temps avec beaucoup d'affection, beaucoup d'indulgence. Euh, il s'intéresse à la politique avec un rapport très ambivalent à la politique, hein. Euh euh, ils ont pas leur langue dans le dans dans leur poche, y compris dans les reproches qu'ils me font de temps en temps.

Euh mais en même temps, ça leur a ça ça a pris beaucoup de place. Ça prend beaucoup de place. Alors vous nous dites que il y a le fiasco de la campagne d'Annie d'Algo en 2022 qui fait même pas 2 % que vos enfants voilà vos enfants vous disent bon papa, on ne te voit pas beaucoup, vous passez beaucoup de temps dans le train, vous dites bon à l'assemblée, je sais pas très bien toujours à quoi je sers et pourtant vous y retournez mais qu'est-ce qui se passe dans votre tête ?

Et ben en fait je crois que je me suis livré à un exercice qui était extrêmement important. Je me suis dit en fait pourquoi tu fais ça et pour qui tu le fais ? Et l'élection c'est c'est aussi une une aventure humaine incroyable.

D'abord, vous ne faites rien de ce que vous faites seul. Vous avez des collaborateurs, des collaboratrices, vous avez des militantes, des militants qui vous accompagnent. Vous avez des hommes et des femmes pour lesquelles vous battez et que vous voyez toutes les semaines dans votre circonscription, toutes les semaines dans votre dans votre permanence. des vies que peut-être si j'avais continué sur d'autres rails, je n'aurais jamais croisé euh avec des vies difficiles mais des gens qui sont qui qui sont incroyablement généreux généreux d'eux-mêmes qui sont très disponibles pour pour la fraternité au quotidien, la solidarité familiale, la solidarité de voisinage euh et cetera et cetera qui sont plein d'indulgence aussi parce qu'ils vivent quand même des des des vies que je suis pas sûr que beaucoup arriveraient parfois à à à supporter et en fait tout ce travail-là, je l'ai fait en disant "Je vais écrire en fait, je vais écrire, je je veux d'abord je l'ai fait pour moi et puis finalement je j'en ai fait un livre.

J'ai fait une une galerie de portrait de gens que j'ai reçu dans ma permanence qui ont des vies singulaires parce qu'elle n'appartient qu'à eux mais des vies universel parce qu'elle ressemblait beaucoup à aux centaines de gens que j'ai reçu. Donc pour je vous interromps pour bien comprendre en 2022 vous faites la liste un peu des pour et des contes et vous vous dites bah à la fin il y a des gens qui me soutiennent. J'ai envie d'aider des gens que je crois qu'ont des vies qui sont pas toujours très drôles et je me sens utile dans ce que je fais.

Je me sens utile. J'y trouve du j'y trouve du sens. Je je je me dis tu as pas le droit de te plaindre.

Euh je me dis c'est pas le moment de se planquer. Je me dis il y a il y a temps à faire. Ce pays est tellement extraordinaire.

Ils ont compris vos enfants, votre décision. Je pensais à sur une autre partie des choquers politiques à Rachid Adati qui disait une fois ma fille qui doit avoir à peu près l'âge de de vos enfants, elle ne rêve que d'une chose, c'est que j'arrête la politique. Est-ce que vos enfants ils ont compris que vous y retourniez en 2022 ?

Oui ou oui oui. Mais c'est pour ça que j'ai aussi ils ont un rapport un peu en violent. Euh donc à la fois il il nous engueule parce que ça prend trop de place et puis en même temps ma fille l'autre bon puis l'autre jour me me dit bon j'ai bloqué mon lycée bon je dis finalement les chiens font pas des chats.

Elle a bloqué son lycée pour quelle raison votre fille ? Je sais plus quelle était la raison. Elle devait sans doute avoir une bonne raison.

Euh en tout cas elle m'a elle m'a avec beaucoup de fierté dit qu'elle avait pris la parole sur en montant sur des poubelles et en arrangant la foule. Euh sa cause était juste. Euh j'en suis certain.

Très bien. Euh vous c'est la cette période là 2017-2022, c'est aussi le moment où vous vous laissez pousser la barbe et je lisais que François Holland vous avez trouvé un surnom à ce moment-là et vous a dit vous ressemblez à Jean Jorès Boris. Ça vous a flatté qu'on vous dit ça ?

Bah je je Ça ne tient qu'à la barbe. C'est c'est c'est sans doute flatteur mais enfin c'est bien peu. Non, j'en sais rien.

Il s il s'est foutu de moi. Ah c'était une petite moquerie, vous avez l'impression. C'était c'était de de de bonne guerre.

Euh moi ça m'a fait marrer. Bon voilà. Non mais c'est que euh être quand on commence la vie politique euh avec euh la barbe, ça permet le jour où on arrête de se raser la barbe et que plus personne ne vous reconnaisse.

Voilà. Et c'est pratique parfois qu'on vous reconnaisse pas quand vous faites de la politique. Bah surtout quand j'en ferai plus que ce sera pratique de pas de pas me reconnaître.

Euh, comme on parle de votre image, moi j'ai une question euh qui revient beaucoup quand on tape votre nom sur les réseaux sociaux, c'est celle de l'hypertrophie de deux de vos doigts. Euh, on lit parfois des choses euh assez dures, parfois des moqueries. Je me demandais si ça avait été difficile pour vous ou est-ce qu'on est un petit peu obligé de se blinder quand on fait ce métier-là, qu'on est dans ce monde-là.

Bon, j'allais dire les les moqueries, elles ont commencé dans la cours d'école. Bon, donc je vais vous dire que aujourd'hui elles me sont absolument différentes et franchement non, je honnêtement je m'en fous. C'est pas un sujet pour vous qu'on parle de ça en ligne.

Peut-être qu'on voit en ligne peut-être parfois, je ne sais pas. Oui, mais vous savez, je ne lis je d'abord je ne vais jamais sur les réseaux sociaux, je ne lis pas les commentaires. Donc euh je dois dire que ça rend plus facilement hermétique à ces choses-là.

Non, vraiment je j'aimerais en faire un un trauma, tout ça pour être plus intéressant, mais en fait je m'en fous. Vous allez jamais sur les réseaux sociaux, vous dites pas peut-être qu'il y a des choses que que vous ne voyez pas qui pourraient peut-être émerger sur les réseaux. Je sais pas, c'est pas du tout un sujet pour vous ça.

Euh non, alors évidemment je je j'ai des gens qui les regardent pour moi et qui me disent "Bon, il y a ça qui monte et cetera." Bon, mais si c'est pour contempler une grande décharge à ciel ouvert, euh j'ai mieux à faire. Ça vous intéresse pas ?

Ouais. Et puis il m'arrive parfois de recevoir des mails des gens qui sont pas contents et puis je leur dis "Bah, on se voit." Parfois, j'ai reçu des messages extrêmement durs, "On se voit et on en parle." Et ils vous répondent les gens, les gens qui ont des messages très durs, ils viennent vous voir après.

Il y en a, j'en ai reçu. Ouais, j'en ai reçu. Et ça se passe comment ?

Les gens sont moins durs dans la vraie vie que par message je la grande leçon de ces de ces 9 ans de de d'él et franchement, je crois qu'il faut pas sous-estimer la la dureté de la vie politique aujourd'hui. Ça rend immédiatement impopulaire, quoi que vous fassiez hein. J'ai vraiment rencontré des milliers de gens.

J'en ai croisé des milliers. Euh bah j'ai j'ai quand même croisé essentiellement des gens bien je façon un peu vulgaire je pas croiser beaucoup de Vous avez rarement été insulté et cetera peut-être mais enfin je veux dire être insulté sur les réseaux sociaux ça en fait ça qu'est-ce que ça vaut rien. Il y a pas de relation mais des gens que j'ai reçu compris des gens en colère ou ou des gens dans des manifestations publiques qui vous prennent par le bras qui vous engueulent euh et puis ils ont le droit quoi.

Dès lors que c'est courtois. Voilà. On a le droit on a le droit de les accords avec vous.

Ouais bien sûr on a le droit. Ben mais je veux dire en démocratie, on en a même le devoir et surtout on a le devoir de l'exprimer et nous on a le devoir de d'essayer de de de rendre des comptes, d'expliquer d'expliquer ce que l'on ce que l'on fait. C'est pas c'est pas évident, mais est-ce que je peux faire autre chose que comprendre la colère de de d'une maman qui qui vient dans ma permanence, qui pas une colère contre moi, mais j'en suis le je suis le visage de réceptacle euh parce que elle a 24 pages de serfa à remplir pour obtenir une aide pour son enfant en situation de handicap et qu'on lui demande de décrire le projet de vie de l'enfant et que Ouais.

Qu'est-ce que qu'est-ce qu'est-ce qu'un projet de vie pour un enfant ? Oui. En 2024, il se passe quelque chose qui va prendre un peu toute la France par stupeur.

C'est la dissolution. un peu surprise. Bah oui, paraît-il, en 2024, on avait pas vraiment vu sortir du chapeau Emmanuel Macron l'annonce le soir d'élection européenne catastrophique pour son camp.

Vous, qu'est-ce que vous dites ce soir-là ? Est-ce que vous dites il est prêt à tout faire péter ? Est-ce que vous dites bah dans euh 3 semaines, on aura Jordan Bardella à Matignon.

Euh ce soir-là, comment vous sentez les choses ? Ma première réaction a quand même été une réaction de de colère quand même. De grande colère, vous dirie.

Ouais. de de colère, de colère froide, mais de mais de colère en me disant "Mais il a quand même pas fait ça." En me disant "Mais euh il y a un côté il y a un côté pyroman.

Voilà, il a un côté pyroman. La situation est dure, elle est dure politiquement et on se dit "Mais que veut-il faire ? Il veut livrer le pays au bonenteur de l'extrême droite." C'était ça pour vous son calcul derrière ?

Je sais pas ce que son calcul. Il a parlé d'une clarification. Laquelle ?

Laquelle ? Si la clarification qu'il attendait, c'était l'élection de de de l'extrême droite pour que elle exer responsabilités et possiblement dans son esprit, j'en sais rien qu' qu'elle se disqualifie dans l'exercice des responsabilités avant la présidentielle, mais quel paris quel paris hasardeux et quel paris dangereux. Donc oui, mon sentiment était celui d'une Ouais. d'une franche colère.

J'ai voté deux fois pour lui au second tour parce qu'il y avait l'extrême droite. Donc en 2017 et en 2022, vous avez voté par Emmanuel Macron au second tour. OK.

Finalement, c'est la gauche qui sort à la surprise générale en tête des urnes. Il y a un long moment où bah le nouveau Front populaire n'arrive pas vraiment à se décider à trouver un nom de premier ministre à soumettre à Emmanuel Macron. Euh c'est Lucy Castel, finalement totalement connu du grand public euh qui va se voir procéder sur le devant de la scène.

Elle était d'ailleurs à votre place il y a quelques semaines. Euh le fait que le Parti socialiste n'ait pas du tout réussi à imposer un nom, est-ce que c'est quand même pas un constat d'échec et de faiblesse des socialistes ? Bah parce qu'après tout, Olivier Fort aurait pu être très très légitime pour arriver à Maton.

Bien sûr, bien sûr, bien sûr. D'ailleurs, nous les socialistes, on avait proposé sa candidature au reste au reste de la gauche. Ils aurent pas échappé qu'il y avait quand même beaucoup d'adversité par ailleurs dans ce dans ce nouveau Front populaire mais qu'on a constitué parce que la menace de l'extrême droite était extrêmement extrêmement extrêmement forte.

Très forte. Euh bah qu'est-ce que je voulais vous réponde à votre question ? Oui, on éétait pas dans une situation où nous pouvions imposer euh un socialiste à Matignon.

Et par ailleurs, je pense que le président de la République n'avait aucune intention de nommer la gauche. Aucune intention de nommer la gauche. D'ailleurs, c'est lui qui a le pouvoir de nomination.

Nous, on a fait en sorte d'avoir le pouvoir de proposition d'un nom et ça a été Lucy Castet qui a accepté cette responsabilité avec beaucoup de courage et beaucoup de talent. Euh mais au-delà de au-delà de ça, lui il pouvait donner n'importe quel nom dans le nouveau Front populaire en disant "Ben maintenant, débrouillez-vous pour constituer un gouvernement, débrouillez-vous pour avoir une majorité à l'Assemblée nationale." Ce que par exemple a été fait euh a été fait en Espagne.

La droite gagne, il n'arrive pas à constituer un gouvernement majoritaire au Parlement et c'est Pedro Sanchez qui se voit confier cette responsabilité et qui parvient. Il aurait pu le faire. il aurait sans doute sur le plan du respect euh de de l'équilibre démocratique et du résultat du suffrage, il aurait gagné à le faire.

Et puis si nous avions été incapables et de constituer un gouvernement et de d'avoir une majorité et donc de donner un peu de stabilité euh tout en essayant de mettre en œuvre le programme pour lequel nous étions battus, il aurait il s'en serait grandi. Non, il il s'est encore rabourri. Vous avez de la colère contre Emmanuel Macron ?

Vous dites qu'il a pas vraiment respecté la logique des institutions dans cette affaire. Moi, je je considère que et en particulier le le deuxè quinquena euh n'en finit pas d'essorer le pays, d'orer nos institutions, d'essorer la démocratie quoi. Voilà, je j'ai le sentiment qu'on va terminer cette expérience macroniste en pitx état collectivement et et le pays dans son ensemble.

Voilà, ça va au-delà de ça va au-delà de de de nos personnes ou de nos familles politiques. C'est Ouais. Ouais.

Il il y a un côté il y a un côté assez assez tragique. Vous vous avez une idée pour relever la France, c'est ce que vous appelez la démarchandisation. C'est ce que vous racontez là dans un livre qui sort ces jours-ci qui s'appelle Novine sont pas des marchandises.

Le but he je vous cite, c'est retirer progressivement des griffes du marché, des secteurs d'activité entiers où vous estimez qu'en fait le secteur marchand n'a pas sa place. Vous citez par exemple les crèches, les épades, les hôpitaux, l'eau, la culture. Bah concrètement comment on fait ça par exemple ?

Est-ce que ça veut dire qu'on ferme des cliniques privées qui existent pour gagner des sous avec la santé des Français par exemple ? Alors, d'abord euh dire de quel est le constat qui m'amène à à proposer cette cette démarchandisation. On vit dans un monde qui est devenu une immense boutique.

Voilà, il n'y a rien qui naisse son étiquette ou son code barre. Tout est acheté ou à vendre. Tout est à vendre. mais de la petite enfance jusque au grand âge et même jusque jusque jusqu'au obsèqu dire je parle même des des de la privatisation des des pompes funères et en réalité le le le le marché n'en finit jamais de repousser ses frontières et j'essaie de distinguer trois âges du capitalisme un capitalisme industriel de la production de l'accumulation que l'on connaît bien qui naî le socialisme naî avec lui d'une certaine manière dans sa critique.

Il y a le capitalisme financier. il y a une quarantaine d'années, c'estd que finalement on crée de la richesse sans produire plus, détaché de la production, détaché de l'économie réelle. l'argent crée de de l'argent et puis il y a ce nouvel âge avec le le le capitalisme numérique qui est un capitalisme total où nous sommes devenus nous-mêmes des marchandises.

Nous sommes à la fois devenus travailleurs pour le compte de ces plateformes et nous sommes devenus marchandises de ces plateformes. même nos subjectivités, notre attention, nos imaginaires, nos sentiments, l'amitié, l'amour, tout ça, ça passe désormais par des application et c'est une une une un capitalisme d'extraction et on est devenu le minéré. Et ce que produit cette marchandisation de tout, c'estàdire cette sélection en réalité à la fin par l'argent qui ne permet pas un meilleur accès à ce qui est essentiel à la vie, la crèche, l'éducation et cetera et cetera, la santé, le grand âge, mais en réalité sélectionne, rationne, à part des biens essentiels et parfois dans un monde de ressources de ressources rares.

Tout ça produit quoi ? Bah produit d'abord une explosion des inégalités. Euh il y a quelques vies premium et il y a beaucoup de vie coste.

Je vous donne juste un exemple parce qu'il est il est parlant. Il y a 20 ans quand vous prenez le train avec votre famille, bah vous étiez assis à côté de votre famille, votre bagage était au-dessus de votre siège. Maintenant, si vous voulez être à côté de votre famille, il faut payer.

Si vous voulez avoir un bagage, il faut payer. Si vous voulez avoir accès à la prise pour recharger votre téléphone, il faut payer. Si vous vouliez pas qu'il y ait d'enfants dans le dans le wagon, il faut payer.

On a plus beaucoup de familles dans les TGV non plus en vu le prix des billets. Et tout ça et tout ça euh et bien est reproductible dans tous les aspects de la vie. Explosion des inégalités, dilution des liens sociaux. des corps intermédiaires comme le syndical, les partis politiques qui résistaient à cette avancée de l'individualisme, de l'atomisation des individus au sens premier du terme, réduit à la t d'atome qui est nécessaire à la progression euh du du marché.

Euh une épidémie de solitude qui a aussi ce coût sociaux, une dépossession de ce qui est essentiel à sa vie. Et donc la question que je me pose, c'est face à cette dépossession, son sentiment de d'être perdu, d'avoir perdu le contrôle, il y a une demande d'autorité, de verticalité. Est-ce que c'est à l'extrême droite de répondre à ça ou est-ce que c'est dans une réflexion sur ce qui doit relever du marché et de ce qui ne doit pas relever du marché ?

Et en réalité, ce que je propose, c'est de reprendre le fil long de de de de la critique socialiste dans ses relations à l'économie, de euh faire la jonction avec la pensée qui est celle de l'écologie politique et de réencastrer l'économique dans le social et dans le politique. Faire en sorte que nous arrêtions de considérer que le marché peut mieux que la délibération démocratique, pard que la délibération collective, gérer des ressources rares, gérer des services publics et cetera et cetera. Je prends je prends l'exemple des crèches aujourd'hui.

S'il y a aussi autant de crèches privées, c'est que ça a aussi permis à l'État de se désengager. On sait qu'on est quand même dans un contexte économique et notamment en terme de question d'endettement de l'État important. Vous dites qu'aujourd'hui on a les moyens de sortir ces secteurs capitaux he de la vie des gens pour les remettre dans des fonctions étatiques.

Vous dites ça marche ? Bien sûr. D'abord parce que en fait moi j'ai envie de poser la question à rebour enfin dans une forme d'un contrat.

Là vous me dites combien ça coûte la démarchandisation. Moi je vous dis combien ça coûte la marchandisation. en terme d'inégalité, inégalité sociale, inégalité géographique.

Qu'est-ce que coûte la marchandisation en terme social écologique avec l'épuisement des ressources, l'accaparement des terres qui fait exploser par exemple le prix du logement ? Le foncier devient un objet de spéculation, l'eau devient un objet de spéculation, les crèches deviennent un objet de spéculation parce que dans les fonds qui investissent dans ces crèches privées, vous en avez qui par ailleurs ont mis leur bill dans des pipelines qui traversent l'Azerbaïdjan voilà ou dans des autoroutes en Pologne. Donc en réalité ce que je propose c'est un mode d'emploi pour retrouver un chemin de de d'émancipation, de liberté et de dignité.

Ce que le marché nous prend, c'est notre dignité. Et quand on se battait pour desserrer les taux du marché du capitalisme sur la gorge des travailleurs avec des grandes lois sociales, les grandes lois sur le travail, et bien en fait il resserrait les mains sur le le coût du consommateur. Et donc par cette réappropriation démocratique à tous les niveaux hein, local, national, européen, mais aussi dans le dans l'entreprise à travers des nouveaux modèles et des nouvelles gouvernances d'entreprise, et bien nous rendons aux citoyens ce que d'une certaine manière le marché a pris au consommateur.

Il y a quelqu'un qui a adoré votre livre qui a dit qu'il était rempli de bonnes idées. Vous savez qui c'est j'imagine euh ma mère peut-être. Votre mère, je vous le souhaite hein, mais pas que votre mère.

Quelqu'un peut-être d'un peu plus connu chez les Français. Ah, je sais pas. Jean-Luc Mélenchon, il adoré votre livre.

Il a dit "J'aurais pu en reprendre mot pour mot". C'est pas Ben, je pense pas. Dites-moi si je dis des bêtises, hein.

Je crois pas. Ça vous a étonné que Jean-Luc Mélenchon aime autant votre livre ? Non.

Euh non, mais j'espère qu'il plaira au-delà de Jean-Luc Mélenchon. Je je pense que la proposition que que je que je que je fais à travers la démarchandisation, c'est une proposition qui unifie les luttes euh les luttes sociales, les luttes environnementales, les luttes féministes parce que à travers la question de la démarchandisation, il y a la question de la distinction entre la valeur d'usage euh et euh la valeur d'échange. Et je crois qu'on a besoin d'une théorie de la valeur.

Qu'est-ce qu'il y a de la valeur ? De quoi on peut se passer, de quoi on peut pas se passer ? Ce qui permet de dire que les métiers du soin et du lien qui ont par exemple tenu le pays de crise bah doivent être mieux reconnu qu'ell le sont aujourd'hui.

Et bien ça unifie tous les combats à travers ce que moi j'appelle un socialisme de la vie. Votre livre très ancré ce que je propose. Votre livre il m'a fait penser à un slogan d'Olivier Besancot du NPA nos vies valent plus que leur profit.

Vous vous dites après tout j'aurais pu résumer mon livre un peu comme ça ça vous dérange pas cette idée-là ? Non ça ça ça ne me dérange pas. Euh et d'ailleurs sans doute que beaucoup de Français pourraient s'y retrouver.

Après la question c'est qu'est-ce qu'on y met ? Moi, je suis pas je m'en tiens pas à des propos des strates qui consistent à dire on va mettre à le capitalisme, il y aura plus de marché, on va avoir des grandes manufactures de chaussures de de je sais pas quoi de truc. euh lutter contre la marchandisation par exemple dans le domaine de la mode et donc contre la fast fashion et tout ce que euh Chine par exemple charit de de d'atteinte sociale, d'atteinte environnementale et cetera et cetera et de de de de désindustrialisation dans nos dans nos de nos pays, ça n'oblige pas à monter des manufactures de de voilà.

Donc vous voyez, il y a des des capitalismes qui comme des poupées de rus se sont imbriqué les unes dans les autres. Mais aujourd'hui, pour reprendre la main euh et bien il y a besoin de fixer des limites au marché et de dire que certaines certains biens essentiels ne peuvent pas relever de la loi du marché qui est toujours la loi du plus fort. Il y a un moment pour reprendre la main, c'est la présidentielle.

Dans tout ce petit mois, vous faites partie de ceux qui ne veulent pas de primaire à gauche. Vous vous dites qu'il faudrait un candidat socialiste avant l'été, peut-être avec des propositions proches des vôtres. Euh moi la question que j'ai c'est comment est-ce que la gauche peut gagner s'il y a beaucoup de candidatures dès le premier tour ?

Je vous propose d'écouter Olivier Fort qui disait c'était samedi dernier qui avait quelques petits mots là-dessus et qui était plutôt en désaccord avec votre idée. On l'écoute. On est à 14 mois de la prochaine élection présidentielle et il y a plus qu'un éléphant dans la pièce.

Il y a en réalité l'extrême droite qui est désormais non plus seulement aux portes du pouvoir mais qui a déjà mis un pied assez largement dedans. Et on peut on pourra dire ce que l'on voudra, on pourra faire autant de colloques que l'on voudra. On pourra se réunir aussi souvent qu'il le faudra.

Si un moment nous n'arrivons pas à faire en sorte qu'il n'y ait pas 5 6 7 ou h8 candidats de gauche au premier tour, et bien nous perdrons et l'extrême droite l'emportera. Je ne dis pas autre chose. Moi, j'ai toujours dit que je voulais un candidat commun de la gauche de Gluxman Ruffin non mélanchonniste.

Voilà, je l'ai dit, je dis exactement la même chose que lui mais sans primaire. Sauf que lui propose un processus, je suis pas sûr qu'il y croit, je voilà. Bon, il propose un processus qui consiste d'abord à ce que la gauche mène une bataille contre elle-même h dans un processus qui est un processus non pas de rassemblement mais de distinction.

C'est ce qu'on a fait en 2011 et ça permis à François Hollande de gagner la primaire de gagner l'Élyée. Alors d'abord mesurez bien que c'était une primaire entre socialistes. C'était pas une primaire entre toute la gauche et la seule primaire entre toute la gauche que je connaisse celle de 2017 2016 2017 avec Benoît Amont qui nous a donné une double leçon.

On peut terminer à 6 % et perdre l'élan supposé de la primaire et une primaire peut être trahie. Voilà. Donc moi, je suis parfaitement d'accord avec l'idée qu'il faut qui est un candidat unique que celui-là ou celle-là peut ne pas être socialiste.

Ça c'est OK pour vous. Bien sûr. Marine par exemple.

Moi mon obsession c'est de battre l'extrême droite et de se donner le meilleur chance. Mais ce que je dis aussi, c'est que nous avons besoin d'abord de nous poser la question de notre stratégie électorale, c'est-à-dire quelle est pour qui on se bat, euh quelle est la sociologie et la géographie de nos de nos combats. La sociologie, je pense qu'il faut parler à nouveau aux classes populaires qu'on peut pas être la gauche des centre-ville, la gauche des gens qui vont bien.

Il faut parler aux classes populaires pas pour parler K mais comme condition pour parler à tous. la géographie de nos combats. Euh, il y a deux géographies, une géographie plutôt urbaine mais où nous aurons la gauche à affronter, celle de Jean-Luc Mélenchon et puis tout le reste du pays où va se faire la grande bascule pour l'extrême droite, c'est ce que j'appelle la France des sous-préfectures.

C'est là où il y aura la grande bataille de France, où je vois l'extrême droite prospérer après le sud-est de la France, les grands bassins miniers, les territoires industriels en des prises. dans les territoires que je connais bien, les territoires ruraux, des petites villes que je vois cet extrême droit de progresser parce queil y a le sentiment d'une partie de la France d'une domination culturelle d'une France sur une autre d'une France urbaine sur une France rurale qui le meilleur candidat pour vous d'un pouvoir d'un pouvoir pardon lointain qui les méprise qui juge de tout qui juge de la façon dont ils élèvent leurs enfants, dont ils habitent leurs pratiques culturelles et sportives et que la République passe plus par chez eux et donc il faut leur répondre. Alors la France des sous-préfectures et la France pavillonnaire pour vous qui peut leur parler ?

Est-ce que c'est Raphaël Luusman ? Est-ce que c'est François Ruffin ? Est-ce que c'est peut-être vous Boris Valallot ?

Je je vais pas commencer à faire du name dropping. Oui, mais il va falloir bien trouver quelqu'un moment une évidence. Oui, mais il faut il faut commencer par dire des choses.

Et ce que j'essaie de faire moi, c'est commencer par les idées et par dire des choses. Quand je je j'écris un livre sur que j'appelle en permanence où où je c'est c'est un livre qui qui qui ne parle pas c'est pas la politique parmanence. livre que vous avez écrit juste avant celui que vous venez de sortir. quand je parle d'un socialisme de la vie et que la démarchandisation, elle est ancrée dans la vie quotidienne et ce qui fait la dignité des hommes et des femmes aujourd'hui.

J'essaie de m'adresser à à celle-là et à ceux-là qui qui doutent de la politique, qui se qui ne se désintéresse de de la gauche, mais qui se désespère de la gauche tout en espérant d'elle qu'elle qu'elle qu'elle s'agite et qu'elle bouge et qu'elle propose des choses qui leur permettent de vivre de leur travail, qui leur permettent d'espérer que leurs enfants à travers leurs études puissent vivre mieux qu' mieux que l'écologie ne sera pas nécessairement un grand sacrifice fait à ceux qui se sertent déjà la ceinture, mais une façon de mieux vivre en prenant en considération les limites de la planète, que ce soit un levier de redressement industriel parce que on peut pas être dans la main des pays qui qui produisent. C'est tout ça qu'il faut qu'il faut dire. Et juste je continue, on parle de la présidentielle mais moi j'ai une conviction, une conviction que que je défends, c'est que l'élection législative euh ne peut pas passer euh ne peut pas être réduite au 3e tour de l'élection présidentielle qu'il faut que nous la pensions politiquement comme un moment autonome parce que le paysage politique a radicalement changé, parce que la 5e République est essorée, parce que on a besoin de chercher des voix de non seulement de réenchantement de la politique mais de de de changement de culture.

Excusez-moi, ça veut dire ça concrètement ? Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que on a fait la NPES en 2022, le NFP en 2024 et qu'en 2027, on refait pas une alliance un peu large de la gauche au législative.

Ça veut dire que nous avons besoin de penser un contrat de législature qui dit quelque chose de ce que sera l'exercice du pouvoir, de quelle sera la place du président de la République, du premier ministre et du parlement. Je pense qu'on ne peut pas continuer avec un président qui gouverne. On a besoin d'un président qui préside, d'un gouvernement qui gouvernement ça, il faut changer la constitution hein.

On on peut on n'est pas obligé changer la constitution. D'abord, la première des révolution à faire, elle est mentale. Nous avons pour ce qui est socialiste, modestement, imparfaitement en marchant commencer de l'affaire cette révolution dans l'acceptation de la recherche du compromis sur le budget avec François Baou puis Sébastien Lecnu.

C'est pas une évidence quand on combat depuis 9 ans un gouvernement, qu'on est en des accords presque surtout, mais que on a aussi le sens de l'intérêt général, que l'on mesure qu'on n'est pas dans une opposition confortablement assise parce que au fond elle n'est responsable de rien. Là, nous étions dans une position charnière. Se posait la question de savoir si le compromis n'est pas la part maudite de la politique, mais peut-être un gros mot.

Oui, c'est que peut-être la R chanté, c'est exigeant d'être un parlementaire. Voilà. Et pourquoi je veux qu'on dans dans le cheminement, la stratégie, les idées, le contrat de législature et ensuite on trouvera celui ou celle qui parmi nous sera capable de porter cette équipe.

Vous savez, on a Alors, excusez-moi, ce que vous nous décrivez là, j'ai l'impression que ça prend une décennie. La présidentielle, c'est en avril prochain. Donc il y a quand même un calendrier à respecter.

Ça ça ça peut prendre une décennie si on décide de prendre une décennie. Ça peut prendre quelques mois si on a le sentiment de l'urgence et de la nécessité. Et donc moi, j'ai le sentiment de l'urgence et de la nécessité.

Et c'est ce vers quoi je pousse, mais je pousse vers euh la possibilité euh d'un projet majoritaire à gauche qui déborde de la gauche et qui convainque les Français parce qu'on parlera de leur vie, de leur vie quotidienne, de leur vie intime, de ce qui est les les angoisses, les tarots, de ce qu'ils espèrent de de voilà et on a besoin de de faire ça parce que tout n'est pas foutu. Et je le disais, ce pays est extraordinaire. Ce pays est extraordinaire.

France. Franchement, la France c'est pas rien quand même. Vous avez une feuille de route très claire.

Vous aimez beaucoup les Français. Ça pourrait peut-être être vous le candidat. Après tout, pourquoi pas ?

Bah écoutez, les choses se décideront au terme d'un processus qui mettront les idées, le collectif, l'élection législative avant toute autre considération euh nominative ou personnelle. Voilà. Mais vous dites que vous pourriez vous inscrire dans ce processus.

Je je dis que je prends ma part de ce grand combat auquel personne à gauche ne peut échapper. Il y a quelqu'un d'autre qui pourrait prendre sa part, c'est peut-être François Hollande. Certains chez Olivier Fort se disent que vous pourriez peut-être lui ouvrir un peu le chemin, peut-être être un poisson pilote.

Vous voilà, moi je sais, je roule pour personne, pas plus pour François Hollande que pour tel ou tel. Euh vous savez les les la vie politique est ainsi faite que on a besoin euh de s'inventer des histoires pour ne pas avoir regardé la réalité en face. Voilà, moi je regarde la réalité en face, je regarde, on je traduit c'est un peu un délire de journaliste là du coup euh ce que je vous dis ou de responsable politique mal intentionné.

Voilà, c'est Olivier Fort du coup qui est mal intentionné ou je sais pas ceux qui ont peut-être on moi je vous dire tout ça ça m'intéresse pas. Voilà. Moi, je n'ai qu'une obsession, c'est euh vous savez que au soir de enfin dans les jours qui ont suivi le le l'élection la dissolution, je suis amené à m'exprimer devant le MEDEF et devant un certain nombre de chefs d'entreprise.

C'était un peu une comparion pour être pour être franc. Et j'ai je les ai interpellé, je leur ai posé la question est-ce que nous en avons fait assez pour que le pays soit pas au bord du gouffre au bord du gouffre politique avec la menace de l'extrême droite mais au bord du gouffre parce que beaucoup d'hommes et de femmes ont le sentiment de ne pas pouvoir vivre de leur travail aiment leur travail mais ne le font pas toujours bien parce qu'ils n'ont pas les conditions pour le faire bien. Euh et qu'est-ce qu'on vous dit au MDEF ce ce soir-là ?

Bah, je le je leur ai dit qu'ils avaient dans le dans le grand combat de de de du redressement de ce pays euh dans le grand combat de la de la de la de la réindustrialisation, de de de la réhabilitation du travail, de la dignité au travail, fait, ils ont leur part et personne ne peut se planquer. Voilà. Je voudrais finir sur une touche un peu plus personnelle.

On parlait tout à l'heure de votre épouse. Vous êtes très discret sur votre vie privée. Je sais que Paris Match vous a proposé à plusieurs reprises de faire des reportages ensemble.

Vous avez toujours dit non. Euh malgré tout, en 2017, NJA Volcassem est perd des législatives. Vous faites votre arrivée à l'Assemblée, vous avez eu deux parcours un petit peu où l'une a arrêté de prendre la lumière et ça a été votre tour.

Est-ce que ça a été dur aussi parfois peut-être de façon intime de ne pas être forcément dans le même moment politique ensemble ? Jamais. Jamais.

D'abord parce que moi je suis ultra fier d'elle. Voilà. Donc je je et je et ça continue.

Donc non, on n'est pas du tout dans dans ce type de dans ce type de relation. D'ailleurs, je vais vous faire une une confidence. quand je j'ai j'écris quelque chose, quand j'ai une décision qui me paraît difficile à prendre, la la personne qui d'une certaine manière me rassure ou dont la la le jugement est pour moi le plus de valeur, c'est le sien.

Donc si elle me dit "Non, pas possible, oublie ça, c'est très mauvais, je comprends que c'est très mauvais." Et puis si elle me dit "Vas-y, c'est bien euh je suis en confiance." J'avais croisé Naj Belcassem ici dans nos studios pour les 10 ans du mariage pour tous et j'avais demandé si elle regrettait un petit peu le monde politique.

Elle m'avait dit pas du tout. Je trouve ça de plus en plus dur et je trouve Boris très courageux. Est-ce que vous diriez aussi que le couple soutien dans un monde politique qui est quand même souvent dur, violent, difficile ?

Sans Ouais. sans aucun doute. Facilité par le fait qu'en fait on a eu la même vie à des moments différents.

Voilà. Donc il y a une compréhension, une grande compréhension de ce que de ce que l'autre vit ou ou a vécu, mais ça reste une femme très engagée et très écoutée, y compris par ceux qui aiment la détester et l'attaquer. Mais tout de suite ça, j'ai le souvenir lors du mariage pour tous quand même de couverture de magazine parfois très difficile à son encontre.

C'était dur pour vous de l'avoir autant attaqué ? Oui, oui, c'est c'est évidemment dur. D'ailleurs, j'ai parfois le sentiment que euh pour moi, ça a été plus dur de l'avoir attaqué que que moi-même d'être attaqué parfois.

Voilà. Bon, faut dire que je suis moins qu'elle pour l'instant. Euh mais oui, c'est c'est dur, c'est injuste.

Euh et puis après quand on voit qui attaque, on trouve du sens à d'une certaine manière à ce qu'elle soit la figure attaquée. Voilà. Euh quand on est attaqué par l'extrême droite euh et bien contact, c'est presque un honneur, vous vous dirie.

Je sais pas si c'est un honneur, mais ça veut dire que en tout cas on sait où est euh celle qui défend la République. Euh on voulait finir avec une tradition qu'on aimerait bien lancer dans cette émission. C'est une sorte de questionnaire de prou peut-être de façon un peu plus légère.

D'accord. Très très nul en truc spontané. Donc mais on va y arriver.

Mais vous on va y arriver, vous inquiétez pas. Je sais que vous aimez bien cuisiner. Dites-moi si je dis des bêtises.

Je dis pas de bêtises. Enf pas exactement là, mais dans votre cuisine. Vous aimez bien cuisiner ?

J'adore cuisiner. Vous aimez bien les casseroles, tout ça, tout va bien. Je sais que vous aimez bien la cuisine du sud-ouest aussi si je dis pas de bêtises.

Voilà, toujours les landes. C'est quoi votre spécialité le dimanche midi avec vos enfants, votre épouse ? Si je viens chez vous par hasard, qu'est-ce que je vais trouver sur la table ?

Dimanche midi, c'est pas c'est pas le bonjour, on est ensemble. C'est pas le bonjour. Très bien.

Bon, disons un autre jour. Disons le samedi midi. Allez.

Non, en fait, je vais vous dire, je je cuisine à peu près tout, mais franchement, une bonne volaille d'and poulet du dimanche. Ouais, avec de la crème fraîche. Non, mais ça, on n pas dans la bresse, on est on est dans les landes.

Donc non, poulet du dimanche, éventuellement une petite cuillerée de de graisse de canard pour pour les pommes de terre rissolée, mais poulet élevé en liberté. Alors, le poulet élevé en liberté avec des pommes rissolées graisses de canard, avec qui vous aimeriez bien le manger ? C'est quoi ?

C'est qui la personnalité historique où vous dites "Ah bah tiens, si j'avais eu de la chance, j'aurais bien aimé cuisiner pour elle et qu'on a repas ensemble pour apprendre à se connaître et discuter." Interdiction de me dire Churchill ou de Gaulin. Ouais.

Alors ouais non mais il y a des il y a des gens il y a des gens que pour lesquels j'ai grande admiration mais je sais pas si c'est si c'était des s'ils étaient très épicuriens. Euh évidemment j'ai une grande admiration pour Bloom mais je crois qu'il buvait pas beaucoup de vin. Bon faisit très attention à sa ligne Léon Bloom.

Attention à Sal. Donc est-ce que c'était le bon convivre pour l'inviter pour l'inviter à à déjeuner ? Non mais dans je je saurais pas qui vous dire.

En fait tout le monde est bienvenu à ma table. En fait, je trouve que le principe de la table, c'est que parfois on a pas besoin de lancer une invitation. Il y a des copains qui disent "Je peux passer." Moi j'ai des très bons copains qui qui m'invitent à manger et qui terminent en général en disant "Bah je t'invite à manger mais on mange chez toi parce que on mange mieux." Donc c'est plutôt sympa.

Voilà. Ah, j'aime bien cette idée de d'inviter quelqu'un et d'aller chez lui après. Très bien.

J'aime bien cette idée. Est-ce que il y a une personnalité aujourd'ui que vous admirez vraiment beaucoup ? Vous vous dites tiens cette personne là, j'aimerais vraiment beaucoup la croiser.

Ça peut être évidemment hors de la France he non mais alors politiquement celui que je trouve remarquable exemplaire et qui fait figure de modèle, c'est quand même Pedro Sanchez quoi. Voilà la constance, la droiture, le courage, la clairvoyance. Un un type assez un type assez épatent.

Donc le premier ministre espagnol. Premier ministre espagnol. Euh après je je dois dire que je euh les gens que j'aimerais bien rencontrer, il ils sont morts.

Euh j'aurais j'aurais bien aimé croiser le chemin de Garibaldi, voyez. Mais enfin ça c'était il est mort mort hein. Il est mort mort.

Il est mort mort. Peut-être deux questions très légères. Est-ce que vous avez une comédie préférée Boris Vallot ?

Une comédie. Une comédie. Voilà. un film qu'on peut regarder sur TF1, France 2, France 3 avec ses enfants.

Je je j'aime beaucoup par nostalgie et je dis à mes enfants qu'il faut absolument qu'il le regarde, c'est le péril jeune. Péril jeune. J'ai j'ai le film qui a fait connaître Romain Duris.

Exactement. Et et je ne me lasse pas de de de le regarder. Vous aimez bien Cédric Clapiche, l'auberg espagnol, tout ça clapiche, je trouve ça voilà.

Et c'est drôle, bienveillant, profondément humain, toujours bien vu, avec des personnages qui ont de la densité. J'aime beaucoup. Ouis.

Alors bon voilà, c'est vous attendez peut-être à un truc. Ils l'ont vu le péril jeune vos enfants. Oui.

Et ils ont trouvé que ça avait bien vieilli ou pas ? Il trouvent que ça a pas tout à fait bien vieilli. Très bien.

C'est dit. Et une dernière question. Est-ce que vous avez une chanson préférée au karaoke ou quelque chose que vous aimez bien chanté dans votre voiture ou dans le train ? chanen du tout parce que vraiment c'est un c'est un un cauchemar y compris pour moi.

Mais je j'écoute j'écoute en boucle le dernier album de Fatterton. D'accord. En ce moment dans ma voiture et puis comme maintenant je 50 ans donc je commence vraiment à être un un vieux chnoc.

Quand je prends la voiture avec mes enfants, je leur fais écouter des trucs. J'écoutais dans les années 90, je leur dis le truc de vieux con et ça c'était de la musique. Voilà.

Il y a pas Cind Dion dans votre voiture comme tout le monde s'est battu pour avoir des places de concert récemment ? Il y a il y a Céline Dion quand il y a mon épouse. D'accord.

Et vous avez eu des places pour le concert ou pas du coup ? Non non non, ça été totalement marchandisé. Ah oui alors c'était très très marchandisé.

Oui ça c'est certain. Voyez pourquoi j'auraiis des alliés pour parmi tous ceux qui n'ont pas eu de place pour Céline Dion, j'aurai des alliés pour plaider pour la démarcheation. Bon ben écoutez Céline Dion allié de Boris Valallot qui le crut.

Merci beaucoup Boris Valot d'être venu jusqu'à nous, d'avoir pris le temps de discuter avec nous et on se retrouve très bientôt sur notre chaîne YouTube. Ciao !