Dominique de Villepin juge "simpliste" et "populiste" l'idée de Bruno Retailleau de créer une "cour disciplinaire de la magistrature"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Oui, dans le Parisien Bruno Retailleau qui veut créer une cour disciplinaire de la magistrature avec un collège de citoyens tiré au sort pour examiner les cas.
Vous étiez tous peut-être pas nés au moment de l'affaire de Bruyelles-en-Artois, 1972. En 1972, il y a eu un drame qui s'est passé là-bas et immédiatement, Jean-Paul Sartre s'est emporé de l'affaire et immédiatement s'est fait l'avocat d'une justice populaire. Donc vous voyez bien que le retaillisme peut rejoindre à certains égards le maoïsme de Jean-Paul Sartre à l'époque. Mais soyons sérieux, le populisme judiciaire n'a jamais rien réglé. Là aussi, arrêtons de croire que dans la surenchère, là vraiment, désignation des boucs émissaires, en gros, on prend les magistrats, on les jette à la vindicte, on met une épée de Damoclès au-dessus de leur tête.
Il n'y aurait pas que des citoyens, des personnalités et des magistrats. Les magistrats doivent assumer leurs responsabilités. Mais il y a un conseil supérieur de la magistrature.
Mais Bruno Rotaillot dit entre les lignes que c'est trop corporatiste et il dit que c'est rendu la justice au nom du peuple français, donc les citoyens doivent aussi pouvoir sanctionner les magistrats.
C'est une bonne idée ? Non, c'est une mauvaise idée et c'est une idée simpliste. Comme beaucoup d'idées de la droite et de l'estrême droite qui pensent toujours avoir trouvé la pierre philosophale en désignant du doigt et en jetant en pâture un certain nombre de nos compatriotes.
Bruno Retailleau