Nicolas Dupont-Aignan invité de Politique Matin sur LCP
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteÉludée
Est-ce que [les mesures de Valls] sont de nature, selon vous, à réduire le chômage des jeunes qui dépasse les 25% en France ?
- 0:53OuverteRéponse partielle
On a quand même l'impression que l'économie redémarre un peu, pas de manière spectaculaire.
- 1:26RelanceRéponse partielle
C'est quoi ? C'est une politique électoraliste ? C'est pour acheter la paix sociale ?
- 1:47RelanceRéponse partielle
Là, ces annonces ne sont pas étiquetées par Bruxelles.
- 2:44OuverteRéponse directe
On l'écoute, vous réagissez.
- 3:12FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous croyez que cette surtaxation des CDD va encourager les CDI ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Non, bien sûr. Ce sont des mesurettes catégorielles, comme si le Premier ministre croyait qu'il pouvait acheter les jeunes avec quelques cacahuètes. »
- 1:02Invité politiqueChiffre
« On ne sait plus, parce qu'il y a les chômeurs officiels, 3 500 000, et puis, vous savez bien, toute cette société qui vit de petits boulots. »
- 3:25Invité politiqueChiffre
« Il y a 500 000 travailleurs détachés en France. »
- 4:30Invité politiqueFait
« La loi El Khomri, c'est une loi de gestion de faillite. »
- 5:29Invité politiqueFait
« Ça fait 20 ans que ça dure, ça s'aggrave et ça va finir en révolution. »
- 11:04Invité politiqueFait
« À partir du 1er juillet 2016, 80 millions de Turcs n'auront plus besoin de visa pour circuler librement en Europe. »
- 13:44Invité politiqueFait
« Le grand pas en avant, ce serait un accord des pays européens, même à peu de pays. »
- 15:20Invité politiqueFait
« Oui, c'est une manœuvre politicienne de bas étage, mais c'est de pire en pire. »
- 15:59Invité politiqueFait
« Nous sommes un des plus gros consommateurs de cannabis en Europe. »
- 16:10Invité politiqueFait
« On ne peut pas interdire le cannabis et laisser les trafiquants pourrir nos cités. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan69 %
- Présentateur15 %
- ?7 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
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Nicolas
Dupont-Aignan, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes député de l'Essonne, président de Debout la France. Manuel Valls a annoncé hier une série de mesures en faveur de la jeunesse. Est-ce que c
'est
de nature, selon vous, à réduire le chômage des jeunes qui dépasse les 25% en France
?
Non, bien sûr. Ce sont des mesurettes catégorielles,
comme
si le Premier ministre croyait qu'il pouvait acheter
les
jeunes avec quelques cacahuètes. Ce n
'est
pas ça qui va redonner confiance aux jeunes. Ce que ne comprennent pas nos gouvernements, c'est que ça fait des années, mais ce n
'est
pas ce gouvernement simplement, des années qu'une classe politique finie mène une politique cruelle, pas seulement pour les jeunes, mais
pour
l'ensemble du peuple français, puisque c'est une politique de récession économique
et
de régression sociale. C'est-à-dire tout
notre modèle... On a quand même l'impression
que l'économie redémarre
un peu, pas de manière
spectaculaire.
Vous plaisantez.
Donc,
après des années de chômage de masse, des années, 5 millions, 6 millions, combien de millions de chômeurs ? On ne sait plus, parce qu'il
y
a les chômeurs officiels, 3 500 000, et puis, vous savez bien, toute cette société qui vit de petits boulots, les jeunes ont perdu espoir. Et tant qu'on mènera une politique comme on mène, de récession d'ailleurs qui n
'est
pas décidée en France, qui est décidée à Bruxelles, eh bien, notre pays, la jeunesse, s'expatriera
comme aujourd'hui. C'est quoi ? C'est une politique
électoraliste ? C
'est pour acheter la
paix sociale ? Non,
c'est une politique de récession d'abord. Il
faut
relancer l'économie, ce qu
'ont
fait les Etats-Unis, ce que font tous les pays du monde. Nous, nous obéissons à des irresponsables à Bruxelles qui ont cassé la croissance. Nous ne relançons pas la croissance, nous ne traitons pas le problème des embauches.
Là, ces annonces ne sont pas
étiquetées par Bruxelles.
Pardon ? Mais non,
mais
ces annonces ne servent à rien. Ce sont des cacahuètes qu'on donne comme ça aux os. Mais les jeunes ont une dignité. Les jeunes attendent un avenir,
une confiance. Les jeunes étaient contents à la
sortie de Matignon quand on entendait
le président
de
l
'UNEF.
Mais l'UNEF représente les jeunes, vous plaisantez. Les jeunes,
ils
se posent la question, j'étais encore dans le cadre de ma candidature en province, dans quantité d'endroits, les jeunes, ils n'ont pas de boulot du tout, ils n'ont pas d'espérance. Et leurs parents à 49 ans ?
49
ans, on leur dit, vous êtes trop vieux. À 30 ans, vous êtes trop jeunes. À 49 ans, vous êtes trop vieux. Donc la vraie question,
c
'est comment on relance la croissance économique. Et c
'est
le sens de mes mesures pour qu'on crée un million d'emplois dans les 5 ans en France. C'est ça la vraie question.
Le million d'emplois, c'est Pierre Gattaz qui nous l'a promis. On l'attend toujours. On va écouter Myriam...
Mais ce n'est pas la même
mesure que
je propose. On
va écouter Myriam El Khomri qui s'est prononcée ce matin sur une des mesures pour la jeunesse, qui est la surtaxation des CDD qui vise à encourager l'embauche en CDI. On l'écoute, vous réagissez.
50% des CDD qui sont signés sont des CDD de moins d'une semaine. 9 embauches sur 10 se font en CDD. Voilà la réalité. Et notre pays est le deuxième pays de l'Union européenne utilisateur de CDD de moins d'un mois. Cette modulation, notamment des taxations, existe aujourd'hui. Elles ont été mises en place il y a deux ans par les partenaires sociaux. Elles n'ont pas eu les effets escomptés, c'est-à-dire qu
'il n'y a
pas eu moins d'utilisation de CDD parce que la surcotisation a été modeste et elle ne concernait pas l'ensemble des contrats.
Est
-ce que vous croyez que cette surtaxation des CDD va encourager
les CDI ? C'est
extravagant.
Elles
ne se posent pas la question de savoir pourquoi il n
'y a
pas de recrutement en CDI. Elles ne se posent pas la question de savoir pourquoi il
y
a 500 000 travailleurs détachés en France. Vous parliez d'une amélioration de la croissance, il
y
a un léger petit plus, mais c'est occupé par des travailleurs polonais, espagnols, bulgares, roumains. Ce n
'est
pas de leur faute, c'est que simplement ils ne payent pas de charges sociales.
Et
que c'est scandaleux. J'ai reçu un mail hier d
'un petit transporteur notier. Oui, mais
comme c'est moitié prix, ça veut dire que les entreprises n'embauchent plus. Les marchés publics
ne se posent pas la question des marchés publics. Mais bien évidemment,
moi la surtaxation des CDD, pourquoi pas ? Je n
'y
suis pas hostile. Mais à la condition que parallèlement, on mette en place des vraies mesures. Annulation de la directive travailleurs détachés,
c
'est-à-dire que tous les emplois doivent payer déjà les mêmes charges sociales. Il y a 500 000 emplois qui ne payent pas de charges sociales. Et nos artisans, nos entrepreneurs, les PME font faillite à cause de cela. Est-ce que vous avez pris une autoroute récemment ? Il n'y
a
que des camions étrangers. Parce qu'il n'y a plus un camionneur français. Donc, si on s'attaquait aux RSI, aux travailleurs détachés, si on baissait les charges pour les entreprises qui embauchent, tiens, c'est curieux, la loi El Khomri, c'est une loi de gestion de faillite. C'est-à-dire, c'est une loi qui part du principe qu'on ne
va
pas y arriver. Moi, je veux qu'on mette un bonus fiscal aux entreprises qui relocalisent. Je veux qu'on favorise les entreprises qui embauchent des Français. Je veux en un mot qu'on change complètement le mode de fonctionnement de notre économie. Et alors, la taxation des CDD aura
un sens... Ce sont des mesures
assez coûteuses.
Mais
pas plus coûteuses que le pacte de responsabilité. Quand vous pensez qu'on subventionne la poste, les grandes surfaces, la grande distribution, les banques, à travers les mesures...
Est-ce qu
'il
ne faudrait pas, justement,
conditionner les aides du CICE pour les jeunes, pour l'embauche des jeunes
dans l'entreprise ? Il faut
conditionner les aides du CICE, du pacte de responsabilité, aux entreprises qui relocalisent et qui créent de l'emploi en France. La vraie question est là. On ne veut jamais aborder dans notre pays les vraies questions. Mais pour ça, il faut favoriser nos entreprises françaises. Aux États-Unis, une collectivité publique a le droit de favoriser une entreprise américaine. En France, on n'a pas le droit parce que Bruxelles l'interdit. Donc, le vrai problème, la vraie question, c'est de savoir si on continue à mener une politique économique qui est contraire aux intérêts du peuple français. Ça fait 20 ans que ça dure, ça s'aggrave et ça va finir en révolution.
Alors,
révolution, pour l'instant, il
y
a des mouvements qui sont plutôt pacifistes. Il
y
a le mouvement Nuit Debout, même s'il y a eu encore des violences hier soir. Est-ce que ce mouvement, il peut perdurer ? Il faut le laisser s'installer, place de la République.
D'abord, en plein état d'urgence,
c
'est assez dangereux pour les personnes qui y sont. Mais au-delà de ça,
est
-ce que vous croyez qu'un gouvernement décide comme ça ?
Ce
qui se passe aujourd'hui, c'est la colère
des
Français parce qu'ils ne sont pas gouvernés et qu
'ils
sont si mal gouvernés depuis si longtemps.
Vous pensez que ça peut dégénérer ?
Oui. Je pense qu'on est à la veille d'un immense mouvement social de style mai 68 parce que nous avons un gouvernement inefficace, faible,
qui
n'a pas de politique, pas de vision, pas de cap. Le seul... J'écoutais votre interlocuteur, un homme respectable avant moi, M. Carrech. Il n'a parlé que de broutilles, que de mesures technocratiques pour savoir comment on va licencier un peu plus, un peu moins. Mais la vraie question, quel horizon on donne à la France ? Quels sont nos objectifs ? Quelles sont les grandes innovations scientifiques qu'on devrait favoriser ? Lutte contre le cancer, voiture propre, panneau solaire d'avenir, comment on coopère avec nos voisins
européens ? Est-ce que pour ça, il
faut des politiques, justement, pour avoir une vision comme ça du pays ? Il y a la primaire citoyenne qui s'est lancée hier.
Est-ce que vous croyez à l
'émergence d'une candidature de la société civile
ou ça passe
forcément par les partis
? Mais non. Tout ce qui amènera de l'oxygène dans un système vérolé
est
positif. Je suis candidat moi-même à la présidentielle pour apporter
une autre... Vous êtes candidat
par un parti
? Non.
Excusez-moi. La Ve République, ce n
'est
pas ça. La Ve République, je suis candidat soutenu par un parti, mais pas que par un parti. Ce que je veux dire, c'est qu'on voit bien que les deux principaux partis qui gouvernent la France depuis 20 ans se sont trompés sur tout. Politique migratoire, ils viennent de signer avec la Turquie un accord scandaleux. Travailleurs détachés, manque d'investissement dans l'industrie, dans la science. Nous sommes un pays à l'arrêt. Ce que je veux, en tout cas moi, je l'offrirai,
est
la vraie primaire. Vous savez ce que c'est
? La
vraie primaire. Pourquoi inventer des trucs compliqués
? La
présidentielle.
Mais
c'est exactement. La vraie primaire, c'est le premier tour de la présidentielle. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Et je regardais la primaire citoyenne, mais qu'ils choisissent un des leurs, il y a des gens très bien. Monsieur Jardin, l'autre, moi je me met égal, mais qu'ils y aillent. Moi j'y vais, avec ceux qui m'accompagnent, nous sommes de plus en plus nombreux, on a des sondages à 6-7%, 6% dans le monde. Je veux dire que maintenant il faut y aller. C
'est
arrêtant avec ses primaires. Ses primaires, c'est un moyen de cadenasser le jeu politique pour les grands partis.
Alors il y en a un qui est en marche, c'est Emmanuel Macron. Avec quelle stratégie, dans quel but selon vous ? Est-ce que c'est pour aider François Hollande ou est-ce que c'est à des fins personnelles ?
Je ne
sais
pas, je crois qu'en fait, je ne
sais
pas s'ils savent eux-mêmes. Mais je vais vous dire, la candidature, la candidature, vous
voyez
je vais plus loin, d'Emmanuel Macron, elle est assez cohérente. C'est droit d'ailleurs curieux que la gauche ne s
'en
rende pas compte.
Pour vous c'est une candidature
en filigrame ?
Oui, en filigrame, mais Macron, je suis en désaccord total avec la politique qu'il mène. C'est le représentant des banques, des grandes banques, c'est le représentant de l'oligarchie mondiale, mais il est cohérent.
Il
mène une politique ni droite ni gauche parce que c'est la même, il pourrait être ministre de Sarkozy, ministre de Juncker, ministre de Merkel, c'est la même chose. Il est
cohérent Macron. Vous pourriez
travailler avec lui ? Non,
parce que je suis en désaccord complet avec sa politique. Il a été un mauvais ministre de l'économie parce qu'il appartient à un mauvais gouvernement et en fait il veut aller encore plus loin dans la disparition de
ce
qu'il fait la France. Mais il est cohérent lui, c'est-à
-dire
qu'il
ne fait pas semblant. C'est pourquoi il a la
cote auprès des Français,
de
droite comme de gauche ?
Une partie, oui, une partie des Français, comme moi et une autre. Vous savez, on a quasiment le même taux de popularité, donc simplement ne sont pas les mêmes. Et c'est normal, il y a deux projets de société.
Il y a le projet de Macron. Il y a un clivage,
donc il y
a
un clivage
droite-gauche.
Non, il n
'est
pas droite-gauche. M. Macron n'est pas de gauche, il le dit lui-même. Il est cohérent
Macron. Il a dit
je suis de gauche dimanche.
Ça fait hurler de
rire tout le monde. M. Macron mène la politique ni droite ni gauche du grand capitalisme international qui va faire souffrir toujours plus les peuples au profit d'une minorité. C'est clair, c'est net, il l'assume. Non,
sa politique, c
'est
la politique de
François Hollande. Moi je
suis un patriote, je veux une politique qui défend les intérêts du peuple français. C'est un vrai clivage,
soit
mondialiste, on continue comme ça ce monde inhumain, soit une autre politique de coopération entre nations. C'est un vrai choix honorable qui représente le choix malade de 2005 où le peuple français avait voté non. Mais Macron est cohérent, je suis
en désaccord avec
lui, il est cohérent.
On va écouter à présent Najat Vallaud-Belkacem puisque Emmanuel Macron appartient à un gouvernement. Il se dit de
gauche,
mais il n'y a
que
le panse.
Elle s'exprime sur la candidature de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem.
Je
souhaite que François Hollande soit candidat d'abord,
c'est la première
étape à la présidence, et réélu. C'est évident. Pourquoi ? Parce que moi j'estime que ce qu'il a fait au cours de ce quinquennat, mais sans doute les Français en jugeront mieux à la fin du quinquennat pour avoir une vision d'ensemble, aura été plus qu'utile à la France. L'aura sorti de l'ornière, l'aura préparé pour affronter l'avenir. Je pense que cette action mérite d'être reconduite en effet et de durer sur le long terme.
Donc un deuxième
quinquennat serait le bienvenu. Est-ce que vous pensez que François
Hollande
peut être réélu en 2017 ?
Je ne sais pas. Ce qui m'a toujours fasciné,
c
'est le degré d'aveuglement des gens qui vivent prisonniers du pouvoir, quels que soient les gouvernements. C'est extravagant, et je crois que ça restera un morceau d'anthologie de la langue de bois, mais le pire c'est que je pense qu'elle est sincère. Mais c'est son droit, c'est la démocratie. Mais quand on voit l'état du pays, la colère qu'il y a, la résignation, la faiblesse de la France, quand on voit qu'on a accepté, encore une fois, j'insiste, à partir du 1er juillet 2016, 80 millions de Turcs n'auront plus besoin de visa pour circuler librement en Europe, avec des conséquences migratoires considérables, sociales.
Quand je vois l'état du pays, et que j'entends madame la ministre de l'éducation, mais je me demande si je rêve. Donc je pense qu'on est à la veille, quand on entend ça, et qu'on voit les rassemblements, quand on voit l'effervescence qui règne dans le pays, quand on voit que les agriculteurs sont en train de crever, j'ai visité encore des exploitations, il n
'y
a plus rien. Elles ferment les unes après les autres.
Vous
avez
une vision assez pessimiste du pays. Mais j'ai la vision que vivent les Français.
Mais je vais me promener. J'étais à Guéret, j'étais dans les villes moyennes,
j
'étais dans cette province qui est oubliée. Et eux, ils sont à Paris, sur les plateaux de télévision, mais est-ce qu
'ils
se rendent compte de la colère qui monte ? On dirait Louis XVI avant 1789.
En train de défaire les serrures de...
Exactement, mais je m'inquiète, parce que je n'ai pas envie que mon pays parte
dans le décor, vous comprenez ?
Parlons de l'affaire Panama Papers, c'est un dossier que vous connaissez bien. Vous avez fait un rapport d'information sur la lutte contre les paradis fiscaux. Est-ce qu
'il
y
a
eu une erreur du gouvernement de sortir, en tout cas de ne pas faire re-rentrer le Panama sur cette liste des paradis fiscaux ?
Plus qu'une erreur.
Alors, soit
le gouvernement est totalement incompétent, soit il est d'un cynisme à toute épreuve, parce que les grandes banques françaises continuent à faire leur profit dans les paradis fiscaux. Alors, attention,
il y a des activités légales,
des activités légales et des activités illicites. Et c'est très difficile de les partager. Mais ce que je sais, en tout cas, et ce qui était visible à l'œil nu, c'est que s'il y a ces fuites et ce rôle de la presse,
c
'est parce que les États ne font pas leur boulot.
Et
il y a une mesure symbolique très forte que demande Eva Jolie, que je demande,
que
tous ceux qui travaillent sur le sujet demandent depuis des années, c'est de faire sauter le verrou de Bercy. Oui,
c
'est le seul pays au monde où c
'est
le ministre des Finances qui décide s'il y
aura
des poursuites pénales. Mais c'est contraire à la séparation des pouvoirs. Et on pourrait demain matin voter à l'Assemblée nationale transpartie une belle mesure qui rétablisse l'État de droit. Il est inacceptable, inacceptable, que le ministre des Finances couvre des activités illicites.
Il faut
changer la loi. Oui, mais moi je suis parlementaire français. Si déjà chaque pays
fait
son boulot, vous ne croyez pas que ça ira mieux
?
Est-ce que pour lutter contre l'évasion fiscale, voire l'optimisation fiscale, il ne
faut
pas que ce soit au niveau de l'Europe, voire au niveau du G20 ? Il en sera question notamment à Washington avec Michel Sapin là cette semaine. Il y
a
la commission de Bruxelles qui va adopter aujourd'hui une proposition pour obliger toutes les multinationales à publier toutes leurs données comptables. Est-ce que là, c'est un grand pas en avant dans
la lutte contre l'évasion
fiscale ? Le grand pas en avant, ce serait un accord des pays européens, même à peu de pays.
Je
l'avais recommandé, je n'étais pas seul d'ailleurs,
je
rends grâce à Alain Bocquet, député communiste. On a très bien travaillé ensemble. Et le grand pas en avant, ce serait qu'on arrête ce nivellement, cette course
à
l'évasion fiscale des différents États, et notamment du Luxembourg et des Pays-Bas et de l'Irlande, qui créent une concurrence déloyale au cœur de l'Europe. La preuve, c'est que des sociétés françaises, de grandes sociétés françaises, s'installent aux Pays-Bas, en Irlande, enfin moins en Irlande, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Donc si vous voulez, tant qu'on n'aura pas construit une Europe
d
'égalité fiscale et qui vient par des coopérations, en disant, on s'engage sur un serpent, ce que j'avais proposé dans mon rapport, eh bien ça sera du cinéma. Donc là, il va y avoir des informations, disons que le malade saura qu'il est malade, c
'est
déjà mieux. Mais la vraie question, c'est quand on va tordre le bras du Luxembourg et des Pays-Bas.
Jean
-Marie Le Guin a relancé hier le débat sur le cannabis. On va écouter Benoît Apparu, le député LR de la Minde, qui s'est exprimé à ce sujet ce matin.
On
est en train de débattre de l'avenir professionnel des jeunes. Et comme par hasard, on nous crée un petit dérivatif, avec un bon vieux débat, sur la dépénisation du cannabis. C'est effectivement une bonne blague, un bel écran de fumée.
Mais
on peut même aller un peu plus loin, si on le souhaite, en se disant que, comme par hasard, le même jour, en direction des jeunes, d'un côté 500 millions, de l'autre, regardez, on est ouvert, on est sympa, on propose un débat sur la dépénisation du cannabis. C'est juste, sincèrement, vraiment pas sérieux.
Est-ce que c'est un écran de fumée pour vous, comme le dit Benoît Apparu
?
Oui, c'est une manœuvre politicienne de bas étage, mais c'est de pire en pire. Mais il faudra un vrai débat sur cette question fondamentale
du
cannabis et de la drogue dans notre société. Parce que moi, j'aimerais qu'on lutte contre les trafics de drogue. On ne peut pas à la fois interdire le cannabis et ne pas lutter contre les trafiquants. Et quand je dis les trafiquants, ce sont les gros réseaux, etc. Donc il y
a
un vrai problème de l'étendue de la drogue dans notre pays, mais on le voit, la manière dont c'est abordé-là est politicienne, alors que j'aimerais qu'à l'occasion de la présidentielle, on ait un vrai débat sur cette question de société. Car vous savez, c'est une des craintes majeures des parents, c'est que leurs enfants sont dans un engrenage. Et nous sommes un des plus gros consommateurs de cannabis en Europe.
Il
y
a
des réseaux
considérables. Est-ce qu'on pourrait l
'encadrer, selon vous ?
Je pense qu'il faut un vrai débat. Moi, j'ai toujours été pour un vrai débat là-dessus. En tout cas, il faut être cohérent dans la vie. On ne
peut
pas interdire le cannabis et laisser les trafiquants pourrir nos cités. On ne peut pas faire de trafic du cannabis l
'alternative à l'emploi. Mais donc vous dites qu'on pourrait le légaliser et éventuellement l'encadrer ?
Mais
ce
que je demande, c'est que les hommes politiques soient un jour cohérents et aillent se promener dans la vie réelle. Vous savez,
le
plus grave aujourd'hui, c'est la coupure totale,
totale,
entre la vie politique et la vie réelle. Alors moi, je propose qu'on déguise, il y
avait
une émission de télévision comme ça qui était prévue de télé-réalité, c'était de déguiser les hommes politiques pour qu'ils aillent voir qu
'ils soient... Dans la vie réelle.
Ils n'ont pas besoin de se déguiser.
J
'ai envie de leur dire, venez avec moi. Moi, je fais le Tour de France pour présenter ma candidature. Et à chaque déplacement, je fais trois déplacements par semaine,
je
vais voir des gens qui me parlent librement.
Et
je peux vous dire qu'ils apprennent tellement, ils apprendraient tellement de la vie réelle, et ils changeraient peut-être d'attitude. Donc la vraie question, oui, des ravages de la drogue dans notre société.
Merci Nicolas Dupont-Union d'avoir été avec nous ce matin, député de l'Essone, président de Debout la France, et candidat à la présidentielle de 2017.
C
'est
très bonne journée
à vous, directement, on a bien compris.
Nicolas Dupont-Aignan