États-Unis : quels enjeux pour les élections de mi-mandat ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 26 %Attaque 54 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:46OuverteRéponse directe
Quels sont les scénarios les plus probables pour ces élections ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Quels sont les thèmes dominants de la campagne et leur lien avec Trump ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Quelles conséquences institutionnelles pour les États-Unis en cas de victoire démocrate ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Comment un congrès démocrate pourrait-il influencer la politique étrangère américaine ?
- 31:21RelanceRéponse partielle
Les thèmes intérieurs dominent-ils vraiment ? La politique étrangère a-t-elle un impact ?
- 33:33OuverteRéponse directe
Le parti démocrate est-il en train de se gauchiser et de perdre son électorat centriste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:56Fait
« Depuis 1946, le parti présidentiel au pouvoir a perdu des sièges à la chambre dans 18 scrutins sur 20. »
- 16:30Fait
« À 150 reprises depuis janvier 2025, le président Trump a déclaré publiquement que le vote ne pouvait pas être fiable. »
- 59:24Fait
« ce qui explique cette prise de conscience et cette critique tardive mais qui est aujourd'hui bien réelle, je crois »
- 1:04:10Fait
« le soutien militaire que l'Ukraine reçoit aujourd'hui est principalement financé par l'Europe »
- 1:04:52Fait
« Donald Trump s'était engagé dans sa campagne en 2024 à mettre fin à la guerre en 24 heures, on voit qu'il n'a pas été capable de le faire »
- 1:09:02Fait
« il y a plus de chercheurs américains qui réfléchissent à peut-être quitter les États-Unis eux-mêmes »
- 1:10:25Fait
« les Américains considèrent-ils toujours que les États-Unis doivent assumer le leadership du monde occidental ? »
- 1:18:17Fait
« dans ce second mandat, on a plus tellement d'adultes dans la pièce qui défendent la place des États-Unis dans l'OTAN »
- 1:20:21Fait
« pour que les États-Unis se retirent de l'OTAN, il faudrait une majorité qualifiée des 3/5e dans les deux chambres »
- 1:24:23Fait
« quand je parle de souveraineté, moi je parle pas d'isolement hein, parce que c'est pas un gros mot la souveraineté, c'est pas forcément l'isolement, c'est la capacité à agir dans un périmètre avec qu'on choisit et qu'on ne subit pas »
- 1:27:18Fait
« avec un Van président, ce serait vraiment le retour à un refus absolu de toute intervention militaire au Moyen-Orient »
- 1:29:27Fait
« pour la majorité de nos partenaires européens, les États-Unis étaient le garant de leur sécurité, notamment ceux qui étaient le plus menacé par la Russie »
Temps de parole
- ?100 %
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Nous recevons, mes chers collègues, cet après-midi madame Tara Varma, directrice de la prospective stratégique et du bureau de Paris du German Marshall Found of the United States et de monsieur Corentin Sellin, professeur agrégé d'histoire en classe préparatoire spécialiste des États-Unis et auteur d'un ouvrage apparaître bientôt sur l'histoire de la politique étrangère américaine de 1776 aux années Trump. Et donc je vous remercie tous les deux d'avoir accepté notre invitation pour cette audition consacrée aux élections de mi-mandat américaine, les fameuses midterms, qui se tiendront dans un peu moins de 2 semaines, le 3 novembre prochain. Les électeurs américains seront appelés à renouveler l'ensemble de la chambre des représentants et un/3
du Sénat. Et si ce scrutin constitue traditionnellement un rendez-vous politique majeur, celui de 2026 intervient évidemment dans un contexte particulier. une société américaine profondément polarisée et une popularité de Donald Trump en berne comme en témoignent les dernières enquêtes d'opinion. L'histoire électorale américaine montre que les élections de mi-mandat qui constituent un test pour la Maison Blanche sont généralement défavorables aux partis du président en exercice. La dynamique actuelle semble s'inscrire dans cette tendance. Une victoire démocrate à la chambre des représentants apparaît en effet de plus en plus vraisemblable tandis qu'un basculement du Sénat dans le camp des mot reste envisageable même si cette hypothèse demeure plus incertaine. Vous nous direz
en premier lieu quels sont selon vous les scénarios les plus probables. Nous souhaiterions également à recueillir votre analyse de la campagne et des principales préoccupations des électeurs américains. Le pouvoir d'achat, la situation économique, la politique étrangère. Domine-il le débat ou ces élections tendent-elles à se transformer en référendum sur Donald Trump et son action à la Maison Blanche ? Nous aimerions également que vous nous indiquiez ce que signifierait pour le fonctionnement des institutions américaines une reprise de la chambre, voire des deux chambres par les démocrates. Et plus largement, ce scrutin nous en dira sans doute beaucoup plus sur l'état du parti républicain, sur la capacité démocrates à incarner une alternative et sur l'évolution de la
vie politique américaine à l'approche de la présidentielle de 2028. Ces élections revêtent aussi une importance particulière pour notre commission en raison de leurs conséquences possibles sur la politique étrangère américaine et sur la sécurité européenne. Nous souhaiterions que vous nous disiez dans quelle mesure un congrès contrôlé par les démocrates pourrait infléchir les choix de Donald Trump dans ces domaines et s'il disposerait pour cela des leviers suffisants. Nous aimerions aussi savoir si une victoire démocrate pourrait selon vous être bénéfique aux Européens ou si il serait illusoire d'en attendre une inflexion majeure et si ces élections sont susceptibles de modifier la relation transatlantique ou si nous sommes face à une évolution plus profonde et durable des priorités
américaines. Je siège à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN et je peux témoigner évidemment des tensions qui traversent aujourd'hui les relations transatlantiques. Alors que le président Trump ne cesse de souffler le chaud et le froid, les Européens s'interrogent sur la pérennité de l'engagement américain en Europe, sur le soutien de l'Ukraine et sur l'avenir de l'alliance transatlantique. L'alliance atlantique, même en cas de progression démocrate, j'ai pour ma part la conviction que les Européens devront continuer à préparer de se préparer à un engagement américain plus incertain et à renforcer leur propre capacité de défense et leur autonomie stratégique. Force, c'est cependant de constater que si ce message traditionnellement porté par la France est désormais mieux accepté par nos
partenaires, sa traduction concrète demeure difficile. Et par ailleurs, en donnant l'illusion de ou l'espoir d'un retour à la normale, une victoire démocrate pourrait conduire nos partenaires à chercher à temporiser alors que le contexte international nous invite à l'inverse à reprendre rapidement notre destin en main. Vous le constatez, nos interrogations sont nombreuses et nos échanges nous permettront, j'en suis certain, d'y répondre. Je rappelle que cette audition est captée, elle est diffusée en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat. Donc madame, monsieur, je vous propose de prendre la parole dans l'ordre qui vous conviendra le mieux après quoi je donnerai la parole à mes collègues pour une série de questions-réponses. Euh donc la parole
est à vous. Merci beaucoup en tout cas d'avoir accepté notre invitation aussi rapidement.
Ah c'est bon. Oui. Bonjour monsieur le président. Bonjour mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, merci pour votre invitation. Euh dans 13 jours, donc le mardi 3 novembre, les Américains renouvelle entre autres, parce que je n'ai pas compté les différentes élections locales qui surchargent les bulletins de vote, les 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 sièges sur 100 cette fois-ci au Sénat et 36 postes de gouverneur sur 50. Euh je vous propose pour ce propos liminaire euh cinq clés de lecture actuelle du scrutin qu'évidemment nous pourrons raffiner ensuite avec vos questions. La première clé de lecture, c'est la tradition historique du désaveu. Depuis 1946, le
parti présidentiel au pouvoir a perdu des sièges à la chambre dans 18 scrutins sur 20. Les seules exceptions historiques, même si le nom d'entre elles peut nous surprendre, c'est 1998 avec un Bill Clinton rendu étrangement populaire par les poursuites qu'il subissait de la part des Républicains et 2002 avec un George W. bouche à l'époque, un an après le 11 septembre à plus de 70 % d'approbation dans les sondages. Mais à cette exception près, donc la perte moyenne pour un président au pouvoir et pour son parti à la chambre est de 25 sièges selon Galope et cela monte à 37 sièges si sa code de popularité est
inférieure à 50 %. Or, au moment où nous nous parlons, la code de Donald Trump est au plus bas. Je n'ai retenu que deux études d'opinion parce qu'elles m'apparaissent les les plus fiables. La première Dipsos pour le Washington Post publié dimanche dernier le 18 octobre nous donne un Donald Trump à 33 % d'approbation chez l'ensemble des adultes et 52 % de forte des approbations, ce qui est assez exceptionnel. Euh pour le Pure Research Center au le 8 octobre, on en est à 30 % d'approbation, ce qui est extrêmement faible puisqu'on est même en dessous pour chez le même
sondeur de ce qu'on était pour George W. de bouche en 2006 au moment où les républicains ont subi une véritable déroute électorale. Donc à priori, le désaveu historique devrait se confirmer si l'élection ne tenait qu'à la popularité du président. Mais c'est la deuxième clé de lecture. Il y a une incertitude comme toujours pour les mismandats sur la participation. Euh ce sont des élections qui traditionnellement étaient des élections à participation faible, mais dans la dernière décennie et en particulier en 2018, justement par réaction au premier mandat Trump, en 2018, on avait eu un
peu plus de 50 % des électeurs éligibles. Alors, je vous rappelle qu' aux États-Unis, he c'est une petite particularité, on ne mesure pas les taux de participation par rapport aux inscrits, mais par rapport à la population éligible pour voter. Donc ce qui explique des chiffres un peu plus bas, mais donc un peu plus de 50 % de des lecteurs éligibles qui avaient voté en 2018, c'était très élevé. C'était un record d'ailleurs depuis 1914. Ce n'était plus que 46 % 2022. Bon, parce que là, on était à l'époque de Biden et donc l'enjeu, c'est de savoir si on va avoir de nouveau cette surmobilisation démocrate et cette démobilisation républicaine. Pour le mesurer, on a un indicateur alors qui est sans doute peut-être
parfois surutilisé par les médias qui est les votes anticipés puisque vous savez qu'aux États-Unis, dans la plupart des États, il y a la possibilité de faire un vote anticipé que ce soit par correspondance ou en personne. La plupart des États ont ouvert dans et déjà cette procédure et on note vraiment pour l'instant une participation qui paraît maximale record dans certains États puisque par exemple en Geéorgie, on a déjà plus d'un million d'électeurs qui ont voté en anticipation en une semaine, ce qui représente déjà plus d'un quart de la participation finale de 2022. Donc on voit vraiment une mobilisation qui
paraît très intense. Alors cependant, et c'est là où j'ajoute une nuance, il faut prendre ces chiffres avec prudence parce que les électeurs qui votent en anticipé sont souvent les plus engagés, les plus mobilisés et il y a une forte domination dans ces votants anticipés des démocrates. C'estàdire que les démocrates se précipitent aux urnes dès qu'ils peuvent tandis que les Républicains, conformément à la méfiance qu'instyle Donald Trump dans le vote par correspondance se réserve pour le jour de l'élection proprement dit. Selon Ipsos pour le Washington Post, les démocrates mènent de 26 points mènerai
de 26 points chez ceux qui vont voter de manière anticipée. Les Républicains mèent de 11 points mèneraient de 11 points chez sur ceux qui vont voter le jour de l'élection proprement dit. Donc on voit bien que c'est pour ça qu'il faut prendre ces chiffres avec euh avec euh vraiment beaucoup de mesures. Néanmoins, ça confirme une donnée qui est fondamentale pour ce scrutin. Euh dans euh l'étude PEW du 8 du 8 octobre, on voyait que euh parmi euh les électeurs les plus motivés à voter, ceux qui étaient extrêmement motivés, les démocrates menaient 59 à 35. Donc, on voit bien que il y a une surmotivation démocrate qui semble se confirmer dans le vote anticipé. 3è clé
de lecture et à mon avis, elle nuance toutes les prédictions que nous pourrions faire à aujourd'hui à 13 jours du du scrutin, c'est le poids de l'argent dans la campagne et le poids de l'argent en faveur du parti républicain. [grognement] C'est-à-dire que et ça me semble déjà une nouveauté fondamentale, les gros donateurs, c'est-à-dire les donateurs milliardaires, ont massivement basculé en faveur du parti républicain, ce qui n'était pas le cas auparavant. On avait un équilibre, j'allais dire de cet argent des grands donateurs et aujourd'hui on a vraiment massivement alors évidemment nuancé par l'annonce
hier de Michael Blomberg, l'ancien maire de New York et milliardaire de venir mais justement parce qu'il y a péri dans la demeure pour les démocrates dans ce domaine venir donner des des des fonds de manière massive. Mais à cette exception Blomberg et à l'exception Soros, on voit bien que l'écrasantes majorité des super donateurs sont maintenant euh derrière le camp Trump. Et évidemment euh le chiffre le plus euh euh pas surprenant mais fascinant, ce sont les 36 millions de dollars que Elon Musk a déjà versé en faveur des candidats républicains depuis janvier
2025 dont 276 millions de dollars depuis le mois de juillet 2026. ce qui représente déjà davantage pour les 366 millions que ce qu'il avait versé au total lors de la campagne présidentielle 2024. Donc on voit ce poids de l'argent, poids de l'argent auquel Donald Trump participe lui-même. Donald Trump s'est constitué grâce à l'appui des milliardaires un trésor de guerre considérable de plus de 400 millions de dollars qu'il est en train de dépenser de manière vraiment très forte puisque donc Donald Trump a dépensé donc plus il lui reste pardon
excusez-moi a dépensé encore 181 millions de dollars. Ça veut dire qu'il a dépensé déjà plus de 200 millions de dollars depuis 2 mois. Et euh donc on voit que vraiment euh aussi bien Trump que Musk sont en train euh de faire peser tout ce poids de l'argent dans la campagne. Et ça a une traduction concrète dans la campagne, c'est que aujourd'hui dans les sept campagnes sénatorial qui sont fondamentales pour la prise de contrôle du Sénat dans ces campagnes sénatoriales, à une exception prêt, dans sur les ondes à la télévision, les publicités sont massivement
républicaines. Pour l'instant, il n'y a pas d'effet encore perceptible dans les intentions de vote, mais on voit quand même que cet argent avec ce basculement massif des gros donateurs en faveur du camp républicain pourrait être vraiment un atout de dernière minute. Si on en vient au sondage comme vous le rappeliez monsieur le président, évidemment aujourd'hui tous les grands institut de prévision donnent une chambre quasiment acquise pour les démocrates où les démocrates reprendraient la très courte majorité dont bénéficient les républicains et ce qui paraissait impensable il y a un an dans un Sénat où pour l'instant la
majorité républicaine est de 53 à 47 et Bien, les démocrates pourraient gagner les quatre sièges nécessaires pour renverser cette majorité. Alors, petite parce que je sais que tout ce qui est pour le Sénat vous intéresse particulièrement. Petite nuance quand même si on est précis, il y a un fort risque qu'un des sénateurs démocrates actuels, le sénateur Felman du de Pennsylvanie change de camp, change de parti et rejoignent les républicains trumpistes. Donc il faudrait plutôt compter cinq victoires démocrates, ce qui serait considérable. Et donc on a aujourd'hui
vraiment cette course sénatoriale où se concentre vraiment toute la tension. L'Alaska, l'Ia le Kansas, le Main de Michigan, Ohio et le Texas. J'invite cependant à la plus grande prudence. Les sondages depuis 10 ans euh se sont trompés, certes, moins qu'on l'a dit, mais ils se sont quand même trompés. Et en 2022 et en 2022, ils se sont trompés, j'allais dire plutôt euh contre les démocrates et en faveur des républicains. Il n'y a pas eu la fameuse vague rouge. En 2024, comme en 2016 et en 2020, les sondages nationaux et
locaux ont sous-estimé Trump. Alors donc, il faut rester très prudent sur toutes ces prévisions qui sont fondées sur des sondages qui se trompent souvent aux États-Unis. surtout quand on voit que dans les sept courses sénatorielles que j'évoqué, les écarts donnés par les sondages sont souvent en moyenne pour l'instant entre 1 et 3 points. Donc là vraiment on parle, j'allais dire on tire souvent trop de certitude de de mirage de mirage statistique. Dernière clé de lecture parce qu'elle m'apparaît la plus importante évidemment pour pour ce qui nous rassemble aujourd'hui.
On a trois scénaris sur lesquels ma collègue va revenir ensuite avec deux scénaris les plus probables ou bien une victoire de la des démocrates à la chambre mais un Sénat qui reste républicain ou bien le le scénario que j'ai évoqué d'une victoire démocrate à la chambre et au Sénat et d'un basculement des deux majorités. Dans ce dernier scénario et c'est ma 5è clé de lecture, quel est le risque de contestation par la présidence Trump et quelle conséquence pour le pays ? Euh, il n'est pas question ici d'avoir bien sûr une analyse partisane, simplement de relever, comme l'a fait récemment l'émission 60 minutes de CBS que à 150 reprises depuis janvier 2025, le
président Trump a déclaré publiquement que le vote ne pouvait pas être fiable. On a de la part du président des États-Unis pour des raisons qui lui appartiennent, sur lesquelles nous pourrons revenir une entreprise de délibéré de délégitimation du vote et des opérations de vote. Elle se double par ailleurs d'une tentative multiforme de d'essayer de restreindre le vote par correspondance. Alors certes, la Cour suprême euh en euh n'empêchant l'application du décret présidentiel euh ordonnant euh à la poste fédérale de n'envoyer les bulletins par
correspondance euh qu'à des électeurs filtrés par l'administration fédérale. Bon, cette décision de la Cour suprême mi-septembre 2026 laisse le vote par correspondance se dérouler comme d'ordinaire. Mais néanmoins, on a on a eu de la part de l'administration Trump dont on sait qu'elle va envoyer de surcroix deux fois plus d'observateurs du ministère de la justice que d'ordinaires dans tous les bureaux de vote. On a une véritable entreprise de délégitimation du vote et de possible contestation si jamais le résultat était contraire. Euh il ne faut pas exagérer.
Euh par exemple, il faut rappeler que le général Kane, chef d'étatmajor interarmée, a écrit à une sénatrice du Michigan, la sénatrice Lotkin qu'il était hors de question évidemment que l'armée envoie des troupes dans les bureaux. De la même manière, contrairement à ce qu'on avait pu croire, il a été confirmé par l'administration que la police de l'immigration ICE ne serait pas posté à proximité des bureaux de vote. Néanmoins, on ne peut que constater une très grande défiance croissante des électeurs dans le processus et dans sa validité. ont aujourd'hui à peine 58 % des
démocrates pardon s'attendent à une élection libre et équitable contre 81 % il y a 4 ans. Donc on voit qu'il y a une perte de confiance des électeurs dans le vote et on a bien conscience que toute élection serrée et contestée pourrait mal tourner. Donc pour finir et avant de passer la parole à ma collègue euh deux scénaries donc ou une victoire on va dire partagée au sens où les républicains garderaient la majorité du Sénat ou bien une victoire démocrate
complète en partie parce que les trois thèmes les plus populaires selon tous les sondages aujourd'hui les trois thèmes qui obsèdent les électeurs c'est le coût de la vie l'assurance santé et l'aven avenir de la démocratie qui sont des thèmes sur lesquels les démocrates ont plus la confiance des électeurs tandis qu'on voit que les thèmes qui était fort en 2024 comme l'immigration par exemple sont moins dans l'esprit des électeurs. C'est bien pour cela d'ailleurs que Donald Trump depuis 96 heures essae à travers l'exemple français de remettre sur le devant de la scène la question de l'immigration et la question de la sécurité. Je vous
remercie. Merci beaucoup monsieur le président, messieurs mesdames, les sénatrices, les sénateurs. Je suis ravie d'être là aussi au côté de Corentin Sellin. Je vais peut-être commencer là où Corentin Sellin s'est arrêté sur l'idée vraiment que ces élections mi-mandat de 2026, elles sont considérées comme un test pour la démocratie américaine. Et ça c'est un consensus chez nombre d'observateurs européens bien évidemment, mais aussi américains. On en est quand même à se demander si les États-Unis sont en train de verser aujourd'hui dans de l'autoritarisme compétitif. Je dis pas que j'ai un avis définitif là-dessus, mais pour définir l'autoritarisme compétitif, c'est une situation où les élections ont toujours
lieu, mais le parti au pouvoir se sert de l'État et du pouvoir judiciaire pour nuire à l'élection de représentant de l'opposition et évidemment pour contester la validité, la légitimité de leur élection. On est dans une situation où la remise en cause de l'état de droit est très claire et assumée par l'administration Trump qui a bien en tête le scénario de 2018 où les où donc l'administration Trump une était au pouvoir et où les démocrates ont remporté l'élection et ont essayé de mettre en œuvre un certain nombre de procédures notamment une procédure d'impeachment qui n'avait pas abouti à l'époque. Il est de coutume de dire que la politique étrangère ne joue pas un rôle
dans les élections mi-mandat et que une fois les élections passé que la politique étrangère non plus ne joue pas un rôle dans ce qui s'ensuit. Moi, je trouve que dans le cas présent, on fait face à une exception. Euh quand je vois ce que les démocrates sont en train de dire, ce sur quoi ils font campagne, ils disent très carrément que s'ils remportent la chambre des représentants et à Forceuris, il remporte et la Chambre des représentants et euh le Sénat américain, de nombreuses commissions d'investigation s'en suivront sur les décisions prises quant au soutien terminé à l'Ukraine, au soutien politique, je dirais, amené à la Russie quant à la décision de partir en guerre
contre l'Iran, contre les tarifs. imposé aux alliés notamment et puis évidemment quant à la politique de l'administration vis-à-vis de la Chine là aussi qui a trait au sujet plutôt économique. C'est intéressant de voir que c'est tous ces éléments de politique étrangère sont quand même vraiment soulignés par les démocrates et par l'opposition. Et la politique étrangère joue un rôle. D'ailleurs, le président Trump lui-même cherche à l'instrumentaliser puisqu'il dit qu'il faut mettre fin à la guerre en Ukraine le plus rapidement possible pour faire baisser les prix du pétrole et du gaz qui ont augmenté en réalité en raison de la guerre qu'il mène à l'Iran. Mais il essaie lui aussi de démontrer ce rôle qu'il a sur la scène internationale euh un peu au détriment euh euh et un
peu au désarrois surtout de ces électeurs qui avaient cru en sa campagne et en son slogan America first. On se demande aujourd'hui si c'est pas America Last pour un tout un certain nombre d'électeurs maga qui se trouvent de plus en plus frustrés avec les positions du président Trump. C'est non seulement des électeurs, mais on le voit maintenant au sein même de sa famille. Il y a un article qui est sorti aujourd'hui dans la revue des Atlantis qui soulligne que le un des fils du président Don Junior a exprimé auprès de son père son désarrois et sa colère face à la décision d'aller d'aller en Iran. Et peut-être un point un point là-dessus sur cet aventurisme militaire qui caractérise l'administration Trump 2 et là aussi qui
n'était pas forcément qui n'avait pas forcément été prévu par tous les observateurs. La politiste Elizabeth Sanders, elle l'avait vu assez tôt. avait publié un article début d'année 2025 où elle avait souligné à quel point euh faisant face à des difficultés de politique intérieur un président serait amené à vouloir tenter des aventures militaires à l'étranger. Alors le Venezuela bien sûr était sur la ligne de mire d'un certain nombre d'observateurs américains. L'Iran aussi sans réellement supposer que le président allait prendre la décision de de s'y lancer. Et on ce qu'on voit depuis, je dirais l'été 2025 en particulier, c'est cette une forme de
codification de la politique étrangère de l'administration Trump qui avait été proposée par son vice-président Jay Evans sous forme de tweet. Et donc Jade Evans le vice-président à l'époque avait dit que la politique étrangère sous Trump, la doctrine de politique étrangère sous Trump pouvait se décliner de trois manières. La première consiste à définir des intérêts stratégiques très précis. La deuxième de conduire diplomatiquement des négociations permettant de parvenir à ces objectifs. Et troisièmement, en cas d'échec de négociation diplomatique, il faudrait procéder à des opérations militaires rapides dont il faudrait sortir très rapidement. Euh donc pour ne pas se retrouver englué dans des bourbiers tels que les États-Unis en ont
connu un certain nombre notamment au Moyen-Orient. Et donc cette posture très claire dans le mouvement MAGA qui est très diffus et et un peu nébuleux parfois mais qui réunit beaucoup d'acteurs, il y avait un élément qui réunissait tous ces acteurs, c'était qu'il ne voulaient pas que les États-Unis fassent des guerres au Moyen-Orient, qu'il mettent fin à toutes ces guerres et certainement pas qu'ils en redémarrent. Donc ce qu'on voit là, c'est aussi un président qui n'a pas renoncé à ces opérations, qui pour l'instant les a mises en pause, je en particulier parce que les élections de Mandat arrivent, mais je pense qu'il se réserve le droit probablement d'en conduire de nouvelles qui a des nouvelles frappes sur l'Iran serait pas très étonnant après les MTMS et peut-être même l'ouverture d'un
second front au Yémen. Là aussi, un élément important, c'est donc ce retour de la force ou l'administration Trump. On l'a vu, Venezuela, Venezuela Iran en particulier, il y a eu la menace pour nous européens, vous évoquez monsieur le président, les risques pour la sécurité européenne évidemment les menaces sur le Groenland en début d'année 2026 qui nous ont inquiété nous et qui ont inquiété nos voisins danois et nos autres voisins européens à juste titre. L'évocation d'une aventure militaire américaine sur le sol européen contre des intérêts européens n'était pas vraiment non plus dans la la liste des politiques qu'on avait prévu auprès du président Trump. Mais ce que l'on voit, c'est un pouvoir de plus en plus personnel, de plus en plus ératique, de plus en plus abusif,
mais là aussi où la politique étrangère est clé pour lui. Euh il a il a il a créé ce board of peace. Il a il ne renonce pas à l'idée de recevoir le prix Nobel de la paix. il se voit comme la personne qui pourra apporter la paix dans le monde, même si ça passe par le fait de d'ouvrir de nouveaux euh de nouv de guerre un peu un peu partout. Peut-être euh s'arrêt là-dessus un instant aussi sur la ce qu'il a appelé lui la doctrine Donro, donc reprise de la doctrine Monroe version Donald Trump. La doctrine Monroe prononcée en 1823, elle couvrait un certain nombre de sujets, mais notamment le fait de se désengager des affaires européenne. La version 2025-2026,
au contraire, elle elle se tourne vers un réengagement politique en Europe qui se couple d'un désengagement militaire américain qui arrive. Et je pense que cette double dynamique d'un désengagement militaire et d'un réengagement politique en particulier avec des forces d'extrême droite, là non plus nous n'y sommes pas tout à fait près. Il y aura certainement des ingérences américaines dans les élections françaises, dans les élections européennes en 2027. Il y a aussi des élections en Pologne et en Italie l'année prochaine. Donc des pays clés pour l'avenir de la sécurité en Europe. On le voit très bien dans la stratégie de sécurité nationale américaine. Il est dit que les États-Unis ont intérêt à corriger la trajectoire des pays européens. Il faut cultiver la
résistance donc d'extrême droite au sein même de ces pays. Il ne se se cache pas du tout de vouloir soutenir certaines forces politiques contre d'autres. Parfois au détriment des gouvernements qui sont en place. Corentin Cellin l'a très bien dit. Il y a une instrumentalisation de la situation intérieure française aujourd'hui dans le débat américain. Moi-même à titre personnel, j'ai reçu beaucoup de demandes d'interview de médias américains qui me demandaient de commenter ce qui se passait en France et de commenter la manière dont ce débat français se retrouve projeté dans le débat américain et dans un débat de politique intérieure américain. Vraiment quand même assez éloigné en théorie des préoccupations des préoccupations des des Américains au quotidien.
Je terminerai sur la manière dont ça nous impacte nous européens et sur la sécurité européenne. Une victoire démocrate, comme je l'ai dit, elle mènera certainement à de des des commissions d'investigation sur des décisions de politique étrangère qui ont été prises et qui nous impactent directement. Évidemment, la guerre en Iran, Russie, Ukraine, mais aussi la Chine et les tarifs doués. Donc il va y avoir un certain nombre de commissions. On verra quelles sont les décisions qui sont prises infiné mais qui toucheront à nos intérêts. Les démocrates, ils sont en ce moment même quand même dans une réflexion sur la leur plateforme de politique étrangère. Ils sont attachés aux alliances mais ils s'attendent quand même à ce que leurs alliés en fassent beaucoup plus qu'il
qu'il n'en faisait jusque-là. Donc on ne va pas revenir à un statut cohenté. Ça pour le coup, je pense que l'idée même de la PAX américana malheureusement ou heureusement sera obsolète si les démocrates sont élus, je dirais plutôt en 2028 parce que sur les questions de politique étrangère et de sécurité, on va plutôt s'intéresser à à la temporalité de l'élection présidentielle américaine de 2028. Ils veulent des alliés plus fiables, plus efficaces, qui dépensent plus euh mais ils n'auront absolument pas cet antagonisme que l'administration Trump aujourd'hui a vis-à-vis des Européens et de l'Union européenne en particulier. il y a une vraie détermination de l'administration euh à réduire l'Union européenne à peau de chagrin, à à s'attaquer à sa puissance.
Moi, c'est c'est ce qui me frappe à chaque fois. Je trouve que euh parfois euh euh les gens qui s'en prennent le plus à nous en fait sont plus conscients de notre puissance que nous le sommes nous-mêmes. Ils ont bien compris toute une partie de l'administration américaine et les géants de la tech de de la puissance de la régulation européenne, de la capacité de l'Union européenne à protéger ses citoyens notamment à travers un certain nombre de lois qui ont trait à la protection des données et ils s'en prennent très directement à nos intérêts dans ce cadre là. Il y a un certain nombre de cabinets de lobby qui travaillent à Bruxelles et ailleurs pour s'assurer que l'Union européenne sera moins forte. Je pense que cet élément-là, c'est un élément clé de l'administration Trump qui restera
pour le parti républicain. Maintenant, cet antagonisme vis-à-vis de lieu, il est très fort chez les républicains et dans le mouvement maga. Ce n'est absolument pas le cas pour le parti démocrate, mais ils s'attendront les démocrates quand même à ce que les Européens en fassent davantage. Et il n'y aura plus de contradiction dans ce cadre-là entre avoir une relation transatlantique forte et avoir une vraie autonomie stratégique européenne. Je m'arrêterai là. Merci beaucoup. Oui. Non, je disais que ça a commencé sous Obama et on a pas attendu d'avoir les républicains au pouvoir pour que pour le changement de pied, notamment le virage indoacifique. Alors, j'ai un certain nombre de demandes de prise de parole. On va commencer par Roger Carouci. Merci monsieur le président.
Les deux intervenants sont assez en contradiction. Monsieur, vous nous dites bah en réalité les trois thèmes qui font l'élection sont des thèmes intérieurs : pouvoir d'achat, démocratie, coup de la vie et cetera et cetera. Vous n'évoquez pas la politique étrangère. Vous madame, vous êtes plutôt sur le thème ah si la politique étrangère va avoir un impact fort sur l'élection. Est-ce que la faiblesse de Trump, enfin la personnalité de Trump n'est pas quelque part compensé aussi par le fait qu'un certain nombre de démocrates, d'où le sénateur qui veut changer de camp, d'où un certain nombre de représentants démocrates qui veulent changer de camp, est-ce que le parti démocrate
est toujours un parti entre guillemets centriste ou bien est-ce que sa gauchisation récente avec le soutien à certains candidat ne va pas écurer un certain nombre d'électeurs plus centristes qui soit vont s'abstenir, soit on va basculer dans le camp de Trump et est-ce que ça va pas en réalité rééquilibrer les comptes le jour du vote ? parce que vous dites vous-même que les sondages sont pas fiables aux États-Unis, donc ne prédisons rien. Mais du côté européen, franchement, moi j'ai quelques souvenirs parce que j'étais au gouvernement à cette époque. Sincèrement, les relations avec les États-Unis quand ça n'est pas des républicains et que c'était des démocrates, c'est pas plus facile parce
que il défendent d'abord ce que je comprends hein, les intérêts américains et donc il nous faisaient comprendre que bon, on était gentil, ils avaient rien contre nous. Enfin, c'était comme ça quand même hein. Donc je suis pas sûr que le basculement change la donne pour les Européens et notamment pour les Français. Mais bon, on verra bien. En tout cas, est-ce que réellement aujourd'hui on n pas et on nassiste pas d'un côté effectivement un côté républicain qui perd son côté centrist parce que Trumpisait et de l'autre côté les démocrates qui perdent leur côté centriste parce que eux gauchiser. Alors qu'est-ce que vont faire tous ces électeurs plutôt centristes qui doivent se dire où est-ce qu'on va ?
Alors, je vais commencer à répondre pour monsieur le sénateur pour votre dernière votre dernière interrogation. Euh beaucoup d'électeurs comme en Europe ne font plus confiance ni à un parti ni à l'autre, voire les détestent. Et il y a quelques semaines, le Wall Street Journal a fait faire une étude très intéressante sur ce qu'on appelle les double haters, c'est-à-dire ceux qui détestent autant les démocrates que les républicains. Et ce qui était intéressant, c'est que ces électeurs souvent très en colère qui avaient penché pour Trump en 2024 préfèrent cette fois-ci, si on en croit, j'allais dire tout tout bien réfléchi ou voilà en
désespoir de cause, cette fois-ci, ils iraient plus vers les démocrates. Euh ce qui démontre aux États-Unis aussi, concrètement cette étude montrait bien euh l'existence d'un fort dégagisme. C'est-à-dire que Trump a gagné aussi en 2024 parce qu'il n'était pas au pouvoir et cette année s'il s'il subit une forte correction aux élections de mi mandat, ce sera parce qu'il est au pouvoir. Donc par ailleurs sur la l'impact de la politique étrangère, cette élection est un peu particulière parce que il y a une une intersection forte entre la thématique de politique étrangère et la thématique de politique intérieure puisque la guerre en Iran a
relancé la dynamique inflationniste en particulier sur les prix du carburant. Et donc aujourd'hui quand dans le dernier sondage Washington Post, on a 2 65 % des Américains qui disent que ce n'était pas une bonne décision d'aller en Iran. C'est pas tant pour des enjeux du golfe qu'ils ne maîtrisent pas tous forcément à la perfection, mais bien parce qu'ils font la relation avec un prix à la pompe qui s'est envolé, en particulier un prix du gazol. Euh ça ça touche particulièrement le diesel avec une augmentation euh de 70 % du prix moyen sur le territoire national depuis euh le mois de mars. Et c'est pour cela
d'ailleurs et c'est ce que Donald Trump perçoit bien, d'où sa grande impopularité parce que beaucoup de ces électeurs de 2024, peut-être les moins idéologiques, étaient venus à lui sur une promesse justement double. plus d'aventures à l'extérieur, d'aventures militaires coûteuses qui peuvent amener un coût intérieur en terme de coût de la vie. Et il a semble-t-il pour eux trahi cette promesse avec l'Iran. Donc on voit que c'est vraiment un scrutin très particulier avec cette guerre et cette déstabilisation du Moyen-Orient qui entraîne euh un une relance de la dynamique inflationniste.
Donc les les deux sont liés. Euh enfin sur la question sur le Parti démocrate, c'est effectivement une question très importante. Mais alors qu'on pouvait penser qu'après une campagne de primaire, les primaires démocrates ont été extrêmement agité, extrêmement durs, vraiment on a vu des conflits entre, j'allais dire les progressistes ou ceux qui se déclarent au-delà même du progressisme comme socialiste désormais aux États-Unis et ceux qui sont les tenants de l'aile qui dominent le parti sans discontinuer depuis Bill Clinton, c'est-à-dire une aile qu'on appelle appellera social libéral. Euh et bien
euh après ces primaires qui pouvaient laisser penser à une bah à une division pénalisante, il a été clairement et Barack Obama joué un grand rôle euh là en jouant son rôle de grand ancien, de figure rassembleuse. Il a été décidé, il me semble, de mettre le temps de la campagne pour des raisons électorales qu'on comprend bien tous ces débats sous le tapis, mais ils vont ressurgir de manière très forte lors de la présidentielle. Et la présidentielle 2028, elle commence le jour même des résultats des méthums, c'est-à-dire qu'on va avoir tout de suite euh les premières candidatures. Et clairement,
il est évident que on va dire pour simplifier, ça demanderait beaucoup de mais la ligne défendue en particulier par le vieux sénateur du Verment Bernie Sanders qui ne pourra pas y aller lui-même mais qui est aujourd'hui la figure tutellaire de cette gauche socialiste américaine, euh on voit bien qu'il y a des positions sur le capitalisme, sur l'écologie qui ne sont plus tenables euh dans l'ensemble du parti et c'est vraiment ce sera le grand débat des démocrates à l'horizon 2028 mais on va dire que aujourd'hui pour des causes tactique cela a été un peu mis sous le boisseau. Merci beaucoup
j'ai eu beaucoup de de demande de prise de parole Frédéric Buval. Merci président. Monsieur le professeur, le 8 septembre dernier, Donald Trump a publié sur son réseau social Truff Social une carte de l'Amérique du Nord et de la Caraïbe entièrement recouverte du drapeau américain. Une carte qui inclut la Martinique et la Guadeloupe, territoire français et européen. Sans le moindre commentaire ni la moindre correction. Depuis le Mexique, l'Islande et le Danemark ont protesté officiellement et l'Europe a qualifié ce geste d'inquiétant sans réaction audible de la France pour ses propres territoires. Comment interprétez-vous ce geste ? Simple provocation destinée à
son opinion intérieure, levier de la négociation ou expression assumée d'une doctrine expansionniste ? Et comment jugez-vous le silence relatif de la France et de l'Union européenne face à une atteinte symbolique directe à leur souveraineté de la Caraïbe ?
Alors, Donald Trump, il a jamais caché le fait qu'il avait envie d'être le président américain qui procédait à une expansion territoriale. Euh, il a envie de rester dans l'histoire américaine. Il s'inspire beaucoup du président Andrew Jackson qui avait été un des premiers instigateurs des tarifs à l'époque et qui a effectivement conquis un certain nombre de territoires qui ont mené euh au pays que les États-Unis sont aujourd'hui. Et il s'apparente beaucoup à lui. ilvoque souvent Andrew Jackson quand il essaie de justifier sa politique de tarif et la logique de l'expansion territorial, elle est présente dans son esprit depuis très longtemps quand on quand il parle du 51e état en évoquant le Canada. Je pense qu'il est assez sérieux. La focalisation sur ce que les
États-Unis appellent the Western Hemisphere, donc l'hémisphère occidentale, c'est-à-dire l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud, c'est une focalisation qui est réelle pour l'administration Trump. Il voulait absolument s'assurer que cette région restait le précarré des États-Unis, idéalement en passant des accords avec les gouvernements en place, des accords préférentiels commerciaux pour les États-Unis. Mais on voit dans cet aventurisme militaire dans lequel verse le président Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, la possibilité aussi que cette expansion territoriale soit réelle avec de la conquête de territoire. Il y a un élément qui caractérise cette administration, c'est le révisionnisme. Il y a une logique de révisionnisme politique, territorial, historique. Et
donc penser que un territoire devrait appartenir à Donald Trump parce qu'il considère que c'est de l'ordre de la sécurité nationale, ça fait partie de la réalité dans laquelle on est aujourd'hui. C'est aussi pour ça qu'il revendique le droit d'avoir accès au Growenland, non seulement à ses ressources et à et son positionnement stratégique, mais en réalité il veut avoir la souveraineté du Grandland. Je pense qu'il n'a pas renoncé malgré l'accord qui a été passé il y a quelques semaines. Je pense qu'il ne renonce pas à ça. Cela étant dit, à mon avis, il faut qu'on soit vigilant à ne pas réagir à chacune des provocations du président américain. Il y a une vraie stratégie de la de sa part à lui à occuper l'espace médiatique. Alors l'espace médiatique américain, ça
c'est très clair, mais à occuper l'espace médiatique franchement de la quasi totalité des pays dans le monde. Vous prenez un journal aujourd'hui en Indonésie, au Kenya, en France, aux États-Unis, au Canada, vous avez 90 % de chance d'avoir Trump à un moment donné sur la page sur la une. Et ça le sert beaucoup lui. Je pense que ça le sert principalement quand on est en permanence en train de commenter ce qu'il fait. C'est lui qui est en train de dicter un agenda évidemment de politique intérieure américaine, ça c'est son droit, mais il dicte un agenda de politique étrangère aussi pour toute une partie dans le monde. Il fait des choses qui sont de l'ordre de l'inacceptable et il en a enfin depuis son retour au pouvoir, il en a fait un certain nombre, il ne s'en cache pas. On
est aussi dans une logique de corruption totale. L'accord qui a été passé avec le Venezuela, il ne sert clairement qu'à enrichir les États-Unis. les Venezuéiens ne s'en sortent pas beaucoup mieux euh depuis le départ de enfin le kidnapping de Nicolas Madura. Donc soyons vigilants aussi à ne pas réagir à mon avis à chacune de ces provocations. Il y a un certain nombre de combats qu'on doit mener en particulier sur la protection de nos intérêts économiques, de nos intérêts technologiques. Je pense que ça au niveau de l'Union européenne, on le fait assez sérieusement. Mais ne réagissons pas systématiquement parce que c'est aussi à nous de dicter l'agenda que l'on veut, en particulier avec les États-Unis. Ce président, il ne répond qu'à la force et en européen, on
est assez fort ensemble. On n'est pas tellement fort quand c'est sont des présidents à titre individuel qui parlent au président au pays d' Trump. Il faut le faire. Notre président a directement accès à lui. Ils se connaissent depuis longtemps personnellement, ça joue avec Trump. Mais des réunions avec plusieurs dirigeants européens à la fois d'Étatsmembres, de représentants d'institution européenne et de l'OTAN, ça a un certain poids qu'il ne faut pas négliger. Donc si on a des combats à mener à mon avis, il faut les mener ensemble à plusieurs et pas réagir à chacune de ces provocations. Merci Michael Valet. Merci monsieur le président. Bonjour madame, bonjour monsieur. Euh, sur le dernier point, oui, il faut faut pas surréagir parce qu'ils occupent l'espace
mais en même temps, quand on a des chaînes d'information françaises, y compris public qui consacre plus de moyens avec des cartes, des machins, des trucs qui glissent, des comptés sur les élections américaines que pour les élections françaises, qu'ell soi régionale, départementale ou autre, ça pose question aussi quand même sur la sur l'autofascination. Euh alors, vous avez évoqué tout à l'heure le fait que c'est un démarqueur de l'administration Trump cette façon d'intervenir et de faire usage de la force. Moi je voudrais il y a une question qui me me tarde depuis longtemps et qu'on a déjà eu l'occasion d'exprimer lors des débats au Sénat des 50 T-IR1, c'est de savoir ce qu'il y a vraiment de si nouveau chez Trump. Et donc votre analyse m'intéresserait euh
ce qui s'est passé là au en Iran, euh cet interventionnisme violant la souveraineté territoriale, je veux dire ce qui s'est passé au Venézuela euh euh ou en ou en Iran récemment, euh est-ce qu'il y a une différence de nature ? Est-ce qu'il y a une différence de de degrés ? On a connu le Guatemala 54, on a connu le Chili, l'enlèvement d'un président et non pas son extradition comme on peut le dire certains journaux habituellement sérieux en France. Ce qui est en train de se passer au Brésil et qui s'est déjà passé sur d'autres élections ou bien le fait en Argentine de promettre le hochet et de l'argent frais si les élections se passent bien et de ne pas les promettre si ça se passe mal. Quelle est la différence de nature avec ce qu'on a pu avoir avant ? la question du mensonge
sur l'Iran et sur l'imminence de la bombe. Je ne dis pas qu'il n'y a pas un problème avec le régime iranien. C'est même pas qu'il y a pas un problème, c'est un régime qui est dangereux, qui est dangereux pour son propre peuple et qui est dangereux pour la stabilité du monde. Quelle différence avec la petite poudre d'Antrax qui a causé la plus grande honte de sa vie comme il l'a dit lui-même à Colline Powell. et sur la question du de du PCH hein, enfin je je fais simple enfin du du la tentative de coup d'état aux élections présidentielles perdue euh par Donald Trump entre les deux qu'il a gagné. Euh je veux dire c'était pas mal au début des années 2000 aussi sur la question du recomtage euh qu'on a eu et et je voudrais enfin de la vie de certains spécialistes et les démocrates eux-mêmes
ont fini par convenir du fait que bon ils ont lâché l'affaire à un moment mais qu'après tout on ne saurait peut-être jamais à moins que la chose a été tranchée he je veux pas être dans le dans le complotisme. Sur ce qui s'est passé, mon collègue a pointé quelque chose de très intéressant sur la question de cette carte. Quelle différence de nature avec la réaction de Roosevelt sur Saint-Pierre et Miclon pendant la Seconde Guerre mondiale ? Et donc ma question c'est est-ce que Trump est vraiment nouveau au 20e siècle ou est-ce que c'est comme le disent un certain nombre d'analystes un président du 19e euh qui est remise euh enfin président du 19e 2.0. Euh et enfin je termine en posant la la question là-dessus la société civile américaine ceux qui qui pensent l'Amérique qui
essaient de projeter qui la comprennent de l'intérieur enfin les États-Unis ou le continent américain c'est-à-dire les artistes les romanciers. Euh quand Rot dit il y a 25 ans qu'il existe un potentiel fasciste états-unien et qu'il le creuse par le par la la le le par la fiction ou quand Vargas Losa sur un de ses derniers ouvrages, il est pas suspect d'être forcément gauchiste hein Vargas Losa sur les dernières années, on peut le dire poliment et aimablement comme ça quand il traite le le la façon la question du Guatemala 54 et qu'il fait le parallèle avec les États-Unis d'aujourd'hui. Voilà qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans tout ça ? Et est-ce qu'on se fait pas embarquer par le bruit et la fureur et la saturation médiatique ? pour nous donner à penser que ce n'est
plus l'Amérique qu'on a aimé avant alors qu'en fait c'est peut-être juste consubstantiel à l'impérialisme états-unien. Alors, je vais commencer sur un point de détail tout d'abord sur l'élection Boucheggor de 2000. Des organes de presse ont refait les comptages après l'élection et de sur trois donner l'élection à George W. Bush. Bon, mais je crois que le plus important, ce qui choquait beaucoup de démocrates, c'était surtout le fait que la Cour suprême fédérale se soit mêlée d'un contentieux électoral ce qu'à l'époque elle ne faisait strictement jamais. Et c'était ça qui était un petit
peu surprenant à l'époque. Mais pour revenir à votre question qui qui m'intéresse particulièrement puisque c'est exactement le le sujet de mon livre, moi je voudrais apporter au moins deux réponses. Alors la première réponse c'est qu'il y a une véritable quand même rupture qui m'a paraît forte avec le leg en politique extérieure de Franklin Roosevelt. Franklin Roosevelt en décembre 1940, après avoir été élu une trè fois président des États-Unis, ce que plus aucun après lui n' n'a refait, s'adresse euh lors d'une de ses causeries radiophoniques au Coin du Feu et fin décembre 1940, il dit voilà, moi je dit aux Américains, moi je vois que là il y a plus que l'Angleterre qui se
bat face à la à la barbarie nazie. On pourrait croire que l'océan nous séparera toujours de cette barbarie. Mais cette barbarie, elle n'hésitera pas à traverser l'océan. C'est pour ça qu'il faut nous préparer à la guerre. Et il dit à ce moment-là, nous devons, c'est la première fois qu'il emploie cette expression, nous devons devenir l'arsenal de la démocratie. L'histoire n'est pas un compte pour enfants. Bien sûr, il y avait sans doute des arrière-pensées et cetera, mais nous conviendrons tous ici que c'est ce qui a été fait par les États-Unis et cette que ce n'est pas le seul facteur bien sûr, mais les États-Unis à partir de ce moment-là, il y a cette revendication d'être un arsenal de la démocratie, de
défendre la démocratie et surtout cette idée qu'ils ne sont plus une île. Ce qui me passionne moi aujourd'hui quand je vois l'administration Trump, c'est que le vice-président Vans et Trump, mais à des moments différents, ont tous les deux repris cette image de l'océan, mais pour dire justement que la guerre en Ukraine, c'était la guerre des Européens et que de toute façon, c'était de l'autre côté de l'océan. Et deuxièmement, ce qui est très intéressant, je trouve, c'est que alors que Joe Biden avait réemployé plusieurs fois en 2022 ce terme d'arsenal de la démocratie, allant même jusqu'à faire voter au Congrès une nouvelle loi préba comme en 1941 pour armer alors
finalement qui n'a pas été utilisé cette fois-ci, c'était plus de l'ordre du symbolique. Et donc la la première nouveauté quand même qui me semble radicale, c'est cet abandon à toute prétention de euh de diffusion de démocratie de de valeur libérale dans le monde au profit. Euh et c'est souvent dit de cette manière et assez brutalement par Trump d'intérêt économique à la fois nationaux, parfois personnel, on le voit. Bon ça ça me paraît une rupture importante. La deuxième rupture et je crois que je je le sens dans votre question, vous dites au 20e siècle justement effectivement c'est une rupture par rapport à quelque chose
qu'on s'était habitué à percevoir comme la norme, c'est-à-dire Franklin Roosevelt. Et dans votre question, vous parlez de Philippe Rod, mais Philippe Rod, justement, il il montre cette montée du fascisme à l'élection de 1940 que dans son roman euh est perdu finalement et c'est là que les fascistes l'emportent et les fascistes, eux, ils veulent que les États-Unis restent une île. C'est en fait au-delà de la fiction, je crois que la deuxième rupture, c'est que Donald Trump, il remet au goût du jour, il restaure quelque chose qu'on avait perdu de vue et qui est la première Amérique puissance de 1900 à 1914. Et d'ailleurs, deux présidents qu'il citent toujours en plus d'Andrew Jackson mais qui sont dans la même lignée, c'est
McKinley et son successeur Théodore Roosevelt. Trump adore et admire Théodore Roosevelt pour le côté homme fort new yorkais si vous me permettez cette expression grande gueule c'est c'est un de ces modèles. et Théodore Roosevelt était déjà dans une démarche absolument d'impérialisme assumé sur tout le continent américain qu'il avait sans doute qu'il avait dû modérer simplement par le manque de moyens à l'époque mais et tout cela a été effacé par le grand démocratique que sont devenus les États-Unis avec Franklin Roosevelt après Wilson mais la deuxième rupture c'est que Trump il
revient un impérialisme assumé et en particulier sur le continent américain qui a déjà été, il me semble la politique des États-Unis avant 1914. Oui, pour pardon, je vais juste ajouter un élément. Je sais que vous avez du monde sur votre liste, monsieur le président. Trump, c'est vraiment la destruction de l'ordre établi par les États-Unis eux-mêmes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dont ils se portent à garant. Je pense qu'il y a un élément là qui est assez distinctif. Euh donc effectivement, c'est des histoires de temporalité. Il a peut-être envie de revenir à à quelque chose qui relève plus du 19e siècle que du 21e. Et ce qu'on voit c'est qu'il est en train de mettre en place un pouvoir autoritaire, un vrai culte de la personnalité. sont partis et ses soutiens le suivent. Moi
je l'appelle l'équilibriste en chef parce que un jour il est contre les gares au Moyen-Orient, le lendemain il en fait une lui-même et son mouvement le suit quand même un petit peu. Il y a une vraie dérive illibérale et une corruption qui est très assumée qui a clairement pour but d'enrichir de l'enrichir lui et d'enrichir sa famille. Ça, je trouve que c'est aussi assez différent. Il y avait une logique de probité quand même dans de défense de la probité dans la classe politique américaine que lui est en train de détruire. Il est dans dans la destruction et l'érosion la plus totale des normes. Sans que pour l'instant il y ait de réaction non plus ni des citoyens américains ni du système complètement. On le voit petit à petit, il y a des cours au niveau fédéré où ça a réagi et
ils ont pas contesté des décisions juridiques qui ont été présentées par des cours locales. Mais il se passe quelque chose aux États-Unis aujourd'hui qui pour moi relève d'une situation différente de ce qu'on a vu dans le passé et c'est d'autant plus différent que les États-Unis sont intégrés dans le système international. Il se porte garant de ce système international sur le plan des valeurs et des normes, mais aussi sur le plan économique. Les Trump, il a l'impression parfois qu'il peut se retirer de tous les accords que les États-Unis ont passé. Les États-Unis, depuis 1945 sont intégrés dans un ordre économique qu'il domine et technologique et militaire. Il se rend bien compte aujourd'hui que c'est pas si simple de s'en retirer du jour au lendemain. Donc là aussi, c'est
un effet direct sur nous, je pense, d'une manière qu'il avait pas toujours qu'il avait pas toujours anticipé et ce dont il se rend compte davantage dans son second par rapport au premier, c'est qu'il est capable de d'instrumentaliser ce levier qu'il a sur nous. Mais en fait, on a aussi un levier sur lui qu'on a pour l'instant pas tellement été capable ou ou voulu l'utiliser à nos propres intérêts. Merci beaucoup Jérôme d'Az. Merci monsieur le président. Il est un élément qui me paraît caractéristique de la politique de Donald Trump et qui n'a pas été évoqué à ce stade, c'est la confusion entre les affaires de l'État et les intérêts privés. Pire, c'est même
l'utilisation des moyens de l'État américain à des fins d'enrichissement. penser que sa fortune s'est considérablement accru depuis qu'il est président en exercice la sienne, celle de sa ses proches, de sa famille, de son épouse, de ses enfants, de ses amis partenaires de golf. Alors certes, les Américains ont un rapport à l'argent très différent d'une autre, mais je suis surpris, étant un admirateur de la démocratie américaine, que cet état de fête ne suscite pas davantage de réaction de réaction politique et de réaction dans l'opinion.
Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ? Alors, la réaction dans l'opinion, elle est là. Euh ce n'était pas forcément aussi évident, mais dans le dernier sondage Washington Posts de dimanche que j'évoqué pour la première fois, on voit qu'il y a une très nette majorité d'États-Unis qui désapprouvent, qui disent désapprouver euh l'enrichissement personnel et l'usage personnel que Donald Trump fait de la présidence. Euh je crois que c'était une question c'est une question de de limite. Si vous regardez les sondages sortis des urnes des deux victoires de Donald Trump en 2016 et 2024, on s'apercevait que j'allais dire les Américains étaient sans illusion sur ce point puisque sur quand on interrogeait les électeurs en
leur disant est-ce que le candidat est quelqu'un qui se soucie de moi et de mes soucis, j'allais dire du quotidien. Trump était à chaque fois battu à plat de couture, c'est-à-dire que il y avait bien la il y avait bien la compréhension que Donald Trump ne se soucierait peut-être pas forcément des des des soucis du quotidien et peut-être se soucierait-il d'abord de lui. Mais à l'époque, c'était contrebalancé par d'autres traits de caractère beaucoup plus positif, en particulier l'idée d'un leadership fort, d'une compétence économique beaucoup plus affirmée que ces rivaux. Euh aujourd'hui, j'allais dire que c'est le débordement qui fait la qui fait ce basculement de l'opinion maintenant perceptible. Pourquoi ? Parce que on
voit surtout ces dernières semaines, la presse faisant, Dieu merci, son travail de de contrepouvoir, de transparence démocratique. on voit des des abus qui ont pu choquer et d'ailleurs, je crois que c'est comme il faut le souligner, il y a quelques semaines, le média d'investigation à but non lucratif donc pro, vous l'avez sans doute suivi, que une grande partie du mariage du fils aîné de Donald Trump avait été financé par un oligarque rug que les amateurs de box savent peu recommandable, Kremliief. Et ce qui a été très frappant dans cette histoire, c'est que pour une des très
rares fois, mais vraiment très rares, Donald Trump a semblé lui-même reconnaître et comprendre à quel point ça pourrait choquer dans l'opinion. Puisque en plus, on voyait bien dans les images la débauche de luxe dont il s'agissait. il a demandé à son fils qui a été fait de rembourser les sommes les sommes payées et je crois que cette affaire avec d'autres je pense en particulier aussi quelque chose dont on parle peu en France mais qui commence à prendre c'est les sommes d'argent incroyables qui sont versées à des proches de Donald Trump pour obtenir de sa part des grasses grâces présidentielles ou des des mesures de clémence présidentielle. Il y a vraiment là un cap qui a été passé dans la dans la démesure des
sommes en jeu, parfois dans la débauche de luxe qui est visible par l'opinion. Et donc c'est ce qui explique cette prise de conscience et cette critique tardive mais qui est aujourd'hui bien réelle, je crois. Par ailleurs, et je finirai là-dessus, je crois quand même que ce que nous a appris euh la période Trump, c'est que en France en particulier, on a beaucoup sur pendant longtemps la force des contrepouvoirs à la lumière. de l'épisode du Watergate qui a été très très mal compris. Euh il faut pas oublier que euh Nixon au moment du Watter Gate, il finit par démissionner et encore il en faut beaucoup parce qu'à un moment donné, on sort à une époque où il n'y avait aucun trucage possible.
Aujourd'hui, évidemment, ça ça ne compterait plus. Je rappelle qu'on on sort une bande audio dans lequelle dans laquelle on l'entend demander à à son directeur de cabinet d'intervenir auprès de la CIA pour qu'elle entrave une enquête du FBI. Donc là forcément, comment dire ça ça ne pouvait c'était plus c'était plus tenable mais j'allais dire que Nixon aurait pu sans cela tenir encore très longtemps et il avait encore des partisans, on l'oublie souvent, il a il était pas du tout complètement abandonné avant le le smoking gun. Donc aujourd'hui ce qu'on voit c'est que dans un une période où les en tout cas les deux chambres sont acquises totalement à Trump et bien les contrepouvoirs ils sont limités et et ils s'exercent de
manière limitée. Merci beaucoup. La parole est à François Bonau. Merci président. Madame monsieur vous venez de répondre à ma question, c'est parfait. Donc je vouis parler des contrepouvoirs apparents en terme de corruption, de délit d'initié et puis d'affaires de mœur aussi on a pas parlé mais qui ont quand même euh été assez significative durant ces ces dernières années. Mais bon voilà, vous vous l'avez dit et je vous en remercie. Il fut un temps où on pensait que la seule contrepouvoir encore effectif c'était la bourse de New York. Finalement aujourd'hui on semble ça semble même plus être le cas. Alors
mais après je veux pas mais je crois que Donald Trump est quand même toujours très très sensible à des choses qui peuvent nous paraître d'ailleurs un petit peu dérisoir mais pour lui ce qui peut paraître étrange ça pas forcément le cours de la bourse c'est extrêmement important et ça l' toujours. C'est-à-dire que c'est d'ailleurs quand on quand il et peut-être que c'est une des raisons d'ailleurs de la déconnexion apparente avec beaucoup d'Américains quand il dit l'économie va très bien, il cite pas le taux de croissance, il cite les la progression du cours de la bourse. Donc ça reste quand même très important et ça joue quand même effectivement dans sa décision. Je le dis encore une fois pour nous sur le Groenland la il y a trois raisons qui ont fait que il a
reculé dans cette décision de faire quelque chose au grandlande que ce soit une annexion des facto ou une opération économique très dure contre les Européens. C'était l'unité européenne qui a conduit à un crash des marchés américains et et bien sûr le fait que la majorité de l'opinion publique américaine était contre une intervention américaine au Groenland. Mais les le crash des marchés euh c'est probablement ce qui a mené à cette décision et ce crash-là est dû à l'unité européenne. C'est pour ça que je parle de dernier contrepouvoir Jean-Luc Cruel.
Euh [raclement de gorge] alors oui ah oui par café. Voilà. Alors l'initiative d'Oslo qui avait réuni Wov, Selinski et les Européens pour une proposition de paix à soumettre à Poutine 10 jours après un accord Trump Poutine sur le diesel. [grognement] Euh maintenant, on a une réunion dite futur traité de Yalta, hein, à Shenzen avec Donald Trump, Xingping et Poutine. Donc prévu peut-être fin la première quinzaine de novembre ou quelque chose comme ça. Donc, où est l'Europe, hein, où est l'Europe là-dedans ? Est-ce que elle n'est plus à table manifestement, hein ? Euh,
qu'est-ce qui va se passer ? parce qu'en fait on a quand même d'un côté des enfin un homme aux États-Unis qui est bon qui aura une fin d'une manière ou d'une autre hein. On a un on a un dictateur en Chine. Bon à la tête du du parti communiste chinois. Bon il se passera aussi des choses. Est-ce que ces gens sont en mesure de de refaire un véritable découpage à la Yalta ? Est-ce que vous y croyez ? et et nous l'Europe, ne parlons pas de la France, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait face à ça ? Alors, la réunion trilatérale qui est proposée entre la Chine, les États-Unis et la Russie n'a pas été acceptée par
l'Ukraine pour l'instant et l'Ukraine reste pleinement souveraine quand même de ces décisions. [grognement] Elle n'est pas conviée mais il peut difficilement y avoir une décision sur la souveraineté ukrainienne qui soit prise sans la présence de l'Ukraine. C'est ce que l'administration Trump a envie de faire très clairement avec la Russie de Vladimir Poutine. Pour l'instant, l'Ukraine résiste et elle résiste principalement grâce à du soutien européen. C'est le soutien européen, il est pas juste financier, matériel, mais le soutien militaire que l'Ukraine reçoit aujourd'hui est principalement financé par l'Europe très largement. L'Europe a sa place. Je pense que le président Zelenski s'en rend bien compte. Les Européens ont envie davantage d'être actif et il le répètent
en permanence. Toute décision qui serait prise au-dessus de sans eux serait inacceptable, ne pourrait pas être mise en œuvre. Ce qui Donald Trump et ses équipes n'ont jamais pensé que l'Ukraine pouvait gagner cette guerre. Ils sont convaincus que la défaite de l'Ukraine est inéluctable et donc ils cherchent à accélérer par leurs actions cette défaite. L'Ukraine n'a pas été défaite. La guerre a lieu depuis 4 ans et demi et pour l'instant l'Ukraine résiste et encore une fois, elle résiste principalement grâce aux européens. Il peut y avoir des réunions qui ont lieu, que ça soit en format bilatéral entre le président russe et le président américain, voire même en format trilatéral en ajoutant le président chinois. Ces réunions, elles ont déjà eu lieu et elles n'ont mené à rien. Le
président Trump, il s'est empressé de recevoir Vladimir Poutine à un sommet qu'il a organisé en Alaska en août 2025. même en offrant l'Ukraine ce qu'il ne peut pas faire sur un plateau d'argent à Poutine, ça ne semble pas suffisant pour le président russe. Et jusqu'à aujourd'hui, alors que Donald Trump s'était engagé dans sa campagne en 2024 à mettre fin à la guerre en 24 heures, on voit qu'il n'a pas été capable de le faire. Des négociations ont toujours lieu entre les États-Unis et la Russie aujourd'hui sans mener à quoi que ce soit. Donc je ne crois pas que cette initiative trilatérale supplémentaire ne mène à quoi que ce soit. surtout lorsque les Européens sont délibérément écartés, mis de côté. Pour l'instant, les Européens restent assez unis dans le fait qu'ils ont besoin
d'être à la table des discussions et qu'aucune décision ayant à la sécurité européenne ne peut se prendre sans eux. Donc, je pense que encore une fois, il y a beaucoup de choses qui que l'on voit dans les journaux télévisés, dans les déclarations péremptoires du président Trump. Il se passe aussi beaucoup de choses en coulisse et la diplomatie européenne est assez active là-dessus, notamment pour maintenir notre unité. Je t'en prie rapidement. Mais vas-y, je t'en prie. Je suis pas un dictateur, je suis sénateur représentant les Français de l'étranger. Donc je suis très attentif à la présence de nos diasporas dans le monde. Donc on a 160000 Français inscrits aux États-Unis.
C'est notre deuxième communauté au niveau mondial et là-dedans, c'est vraiment une communauté une une communauté assez qualitative, hein. Aujourd'hui, vous vous les voyez comment ? Vous les percevez comment ? Est-ce que ce sont des gens en fait qui qui ont qui ne se sentent plus en phase avec ce qui se passe aux États-Unis et qui pourraient significativement revenir vers en France ou bien est-ce que non ? Bah non, ils sont ils sont habitués, ils vivent, ils vont rester là-bas. Et si vous sentez si vous percevez quelque chose dans le sens d'un retour significatif, bon, est-ce que nous on fait les efforts suffisants au niveau
européen et français pour accueillir ces talents ? Alors, je faisais moi-même partie de cette communauté française basée aux États-Unis jusqu'à il y a pas très longtemps. Donc, ce que je peux vous dire, c'est qu'elle est très diverse. Euh, il y a des gens qui vivent aux États-Unis depuis des décennies et donc qui se sentent franco-américains assez profondément. Donc, je ne pense pas qu'ils aient prévu forcément de revenir aussi parce que les États-Unis, ça reste un état fédéral. Donc, moi je vivais à Washington, on se sent très affecté par la question de politique intérieure et étrangère parce que c'est le cœur de ce que la ville fait. On peut être basé dans d'autres endroits aux États-Unis et s'en sentir assez peu affectés et à vrai dire sans aller euh dans l'aya, l'Ou le
Michigan, juste en étant à New York, en Californie, dans des endroits qui qui sont des vecteurs de croissance aux États-Unis. La dimension politique de ce que fait l'administration Trump est pas forcément présente. En tout cas, on peut choisir de ne pas en être affecté forcément au quotidien. J'imagine que votre question, elle elle a plutôt trait à des ingénieurs ou à des scientifiques qui seraient basés en Californie qui pourraient aider l'Europe à créer sa souveraineté numérique telle que on l'appelle de nos vœux depuis un certain temps. La réalité de la situation aujourd'hui, c'est que le l'écosystème euh de financement de la recherche, il est totalement différent de c de ce non écosystème européen. Tout se passe aux États-Unis en terme de carrière professionnelle. vraiment la situation
aux États-Unis en Europe est incomparable. Il y a assez peu d'incitations pour ces scientifiques, pour ces chercheurs qui sont quand même à 30 % européens en Californie de revenir en Europe aujourd'hui. Les institutions européennes sont en train d'investir assez massivement euh à la fois dans le fait de sécuriser euh des semi-conducteurs, de développer toute une partie de ces technologies et en particulier de l'intelligence artificielle. Parce que encore une fois, je pense qu'il y a un des contrastes entre les États-Unis et l'Europe, c'est quand aux États-Unis, on parle où qu'on soit d'intelligence artificielle toute la journée, on en parle quand même un peu moins en Europe, mais les incitations pour ces Français-là à revenir sont pas forcément si importantes. Il y a plus de chercheurs
américains qui réfléchissent à peut-être quitter les États-Unis eux-mêmes, mais je pense que les binationaux pour l'instant, encore une fois, la communauté est très diverse. Ils ont ils sont pas forcément tous envie de revenir et je pense que ceux qui peuvent revenir, ceux qui veulent revenir en tout cas sont en mesure de le faire. Mais il y a une question qui se pose pour nous à être capable d'attirer des talents, faire revenir des talents français et européens évidemment, mais peut-être faire venir des talents américains qui cherchent qui chercheraient à partir des États-Unis. Merci beaucoup Olivier Cadic. Merci beaucoup. Oui, puis on voit que il y a aussi un intérêt scientifique. Si vous voyez dans le cantique, ils vont tous à Chicago en ce moment. Donc il y a
l'attraction américaine est toujours là. C'est on l'observe. Vous avez parlé de l'arsenal de la démocratie, la vision de leadership que pouvait avoir Roosevelt et qui je pense faisait que ça nous donnait un cadre et un point un point d'orientation, une boussole. Il y a 3 ans juste avant de de voir aller justement une rencontre à la Maison Blanche, j'étais dans le golf et on m'a dites-leur qu'un leader salide. C'était il y a 3 ans, c'était la présidence Biden et cette appréhension par rapport au rôle de leadership américain était déjà très prignant avec l'administration précédente. Donc ma question c'est au-delà des clivages entre les Républicains et les démocrates, les Américains
considèrent-ils toujours que les États-Unis doivent assumer le leadership du monde occidental avec les responsabilités et les engagements que cela implique ou la volonté de se dégager de ce rôle ? Gagne-telle gagne-telle désormais les deux camps pour les Européens comme pour les pays du Golf ? S'agit-il d'une inflexion liée à une administration ou d'un changement durable de la vision américaine de sa place dans le monde ? Alors pour commencer à répondre à la question déjà, je voudrais quand même et avec le temps qui passe souligner le caractère très atypique de la présidence Biden. Joe Biden est sélectionné en primaire en 2020 après deux énormes premières défaites qui n'est jamais arrivé dans
dans le cycle des primaires avec la le l'arrivée du Covid qui qui qui change complètement la nature du processus de sélection. Joe Biden s'impose à cette époque-là parce qu'il est le plus petit dénominateur commun comme je le disais au sénateur Caruchi tout à l'heure entre la gauche et la droite du parti démocrate. Et très vite et avec tout le tout évidemment tout le respect dû à l'homme et à la fonction. Euh je crois que vos homologues du golf faisaient peut-être allusion, on l'a tous constaté, à une forme de difficulté à partir de 2023 pour Joe Biden à assumer pleinement euh l'exercice de ses fonctions. Donc j'allais dire votre question, on pourra y répondre s'il y a une alternance avec un démocrate,
j'allais dire ou une démocrate plus plus jeune et plus d'une nouvelle génération pour voir si justement c'est un changement de vision ou si c'est simplement euh là le l'alternance de deux présidents qui se sont beaucoup opposés mais qui présentent aussi des caractéristiques parfois communes au sens où on voit bien que Donald Trump lui aussi le temps avance, plus il a du mal à exercer certains aspects de sa présidence en matière politique extérieure. On voit aujourd'hui parliz du golf les reproches qui peuvent lui être fait en particulier par quelqu'un pour qui il a été pourtant un bienfaiteur hein le le prince héritier
MBS en Arabie Saoudite et qui lui reproche aujourd'hui cette intervention en Iran qui qui le met dans l'embarras vis-à-vis des des outils yéménites. Donc je crois que votre réponse à votre question attendra justement puisque cette fois-ci on voit bien que dans le champ des possibles démocrates et sous réserve d'une possible toujours surprise des des processus de sélection démocratique, on voit bien qu'on va passer à une toute nouvelle génération parce que il ne faut pas oublier quand même et ça c'est important que la génération vraiment du début du baby boom aura fourni un nombre incalculable de présidents des États-Unis. On aura eu Bill Clinton, George B. You Bush, Donald
Trump et Joe Biden qui sont tous nés en 3 ans d'écart. Donc voilà, cette génération a été surreprésentée et qu'aujourd'hui il y a une nouvelle génération euh qui a été un petit peu représentée par Barack Obama, mais même il y aura la génération suivante, celle née dans au début des années 1970 qui qui tape à la porte et on attend avec impatience de voir sa vision du monde. Donc j'allais dire que voilà, je pense qu'il faut attendre justement le prochain président. Si en tout cas si on imagine que Jevens succède à Trump comme candidat républicain puis comme président dans le cas de Jevens, on voit bien que ce sera au contraire les mêmes options que Donald Trump,
c'est-à-dire un désengagement comme le disait Taravarma, mais j'allais dire avec peut-être un curseur encore augmenté en terme de désengagement surtout vis-à-vis de l'Europe. Et peut-être juste un point sur cette administration-là, contrairement à ce qu'on a beaucoup dit, ce n'est pas une administration isolationniste. En fait, Donald Trump, il a très envie de bénéficier de tous les avantages qu'offre le statut des Gémons sans emporter ou en assumer aucune responsabilité. Il y a un moment donné où cette contradiction là, elle se résout par les alliés eux-mêmes parce qu'ils se rendent bien compte que si les États-Unis ne portent plus ces responsabilités là, peut-être qu'on aura pas non plus envie d'être leur allié principal. Mais c'est c'est cette contradiction dans laquelle on est. Ça
reste un il veut que les États-Unis soient premiers, il veut être le leader du monde et instrumentaliser les alliances pour son propre bénéfice. Je laisse la parole à Philippe Foliot. Merci monsieur le président. Euh madame la directrice, monsieur le professeur, euh en 1949, les États-Unis ont créé euh une alliance qui est l'OTAN avec les pays européens euh et c'était un événement particulièrement important parce que c'était la première euh alliance défensive, j'allais dire à travers le monde et qui au-delà de de regrouper États-Unis, Canada et et nombre de pays de l'Europe occidentale porter un certain nombre de valeur, de
principes de défense de la démocratie, de la liberté euh et tous ces enjeux auxquels nous sommes très très attaché. Euh forcé de constater que la remise en cause euh de cette alliance, voire de la participation des États-Unis à cette alliance est un des éléments qui n'est pas tabou pour le président Trump puisqu'il l'a affirmé. Euh et j'aimerais savoir finalement quelle est votre analyse par rapport à ces éléments et ces enjeux ? Quelle est selon vous la réaction du pays profond américain par rapport à cela ? parce qu'il y a quand même un attachement assez fort d'une bonne partie de la population
américaine, donc aux valeurs que que que défendait jusqu'à présent l'Alliance et au pays européens. Euh et et qu'ensuite quelle a été euh selon vous au regard des actions menées par euh Donald Trump contre un allié, donc le Danemark euh au niveau du du Groenland, euh quelle est la la la position de l'Américain moyen ? Mais j'ajouterai une touche plus personnelle et subsidiaire par rapport à cela, mais il y a il y a il y a quelques quelques mois, j'avais écrit une tribune et si Trump nous prenait la passion Cliperton
qui fut l'île X pendant la Seconde Guerre mondiale qui a été occupée par les Américains qui est la seule possession française du Pacifique Nord que nous abandonnons de fait puisque nous y sommes pas du tout présents et que dans ce cadre Là, si si un jour américain voire chinois décid de s'emparer euh de cette partie du territoire national que nous avons abandonné de fait, même si juridiquement nous avons une position solide en terme de souveraineté, euh est-ce que selon vous il n'y a pas un certain nombre de risques en la matière ? Alors, la position du président Trump sur l'OTAN, elle a aussi évolué. Là
aussi, on voit quand même ce fonctionnement d'équilibriste en chef dans son premier mandat. Effectivement, il y a un sommet de l'OTAN où il avait prévu d'annoncer le retrait des États-Unis de l'OTAN. Et donc dans l'avion qui le menait de Washington à Bruxelles, c'est conseillé à l'époque puisque on les appelait les adultes dans la pièce, ça avait réussi à l'en dissuader, à lui expliquer à quel point ça apportait aux États-Unis quand même de faire partie de cette alliance. Ça permettait aux États-Unis d'être un égémon militaire et ça profitait aussi bien sûr à l'industrie de défense américaine qui avait parmi ses acheteurs principaux un certain nombre de pays de pays européens. Dans ce second mandat, on a plus tellement d'adultes dans la pièce qui défendent la place des États-Unis dans
l'OTAN. Mais à l'exception de JD Vans, on n pas le vice-président américain, on n pas non plus de gens qui sont en faveur d'une sortie directe de des États-Unis, de l'OTAN. et le président Trump, il est il voit l'intérêt quand même que ça a de pouvoir euh instrumentaliser cette dépendance que les Européens ont sur les États-Unis et il s'en donne à cœur joie quand même assez régulièrement. On a signé un accord euh en européen avec les États-Unis, un accord commercial euh qui présupposait que en échange d'un accord qui nous serait défavorable commercialement, les États-Unis resteraient impliqués sur le plan militaire en Europe. Alors que c'est évidemment les institutions européennes d'un côté et l'OTAN qui gère ces deux sujets totalement différents, mais on a
décidé nous de les lier. Et il y a un autre élément mais alors là qui a aussi très la personnalité du président Trump, c'est qu'en fait il aime quand même beaucoup être reçu par ses pères. il aime assister aux différents sommets. Euh, il a l'impression d' enfin on l'a vu l'année dernière au sommet de l'OTAN de Lae quand le secrétaire général l'a appelé Daddy. Donc papa il il a l'impression de dominer cette cette ce forum et ça ça lui plaît beaucoup surtout à un moment donné de contestation interne très forte contre lui aux États-Unis. il arrive dans un forum où ce sont que ses homologues et qui ont l'air parfois d'être à son service. Donc je ne pense pas qu'il sortira de l'autant si par contre il remet très régulièrement en cause la garantie de sécurité américaine en
Europe. Ça c'est très inquiétant. Il l'a dit à plusieurs reprises. Il a questionné le fait que l'article 5 avait une seule définition. On voit bien qu'il considère que les Européens prennent avantage des États-Unis et qu'il n'a pas tellement envie que les Européens aient leur mots à dire dans l'avenir de la sécurité européenne. Donc je pense qu'il y a tous ces éléments-là qui sont assez inquiétants. Il y a eu plusieurs sénateurs sous euh l'administration Biden qui se sont assurés que pour que les États-Unis se retirent de l'OTAN, il faudrait une majorité qualifiée des 3/5e dans les deux chambres pour que ce soit effectif. Et aujourd'hui, vu le degré de polarisation aux États-Unis, il y a assez peu de chance pour qu'il y ait une majorité de une majorité qualifiée qui
accepte de le faire. Mais même sans se retirer formellement de l'OTAN, le fait même de questionner la cohésion et la solidité de l'alliance, c'est assez dangereux pour nous à un moment donné où la Russie continue de frapper l'Ukraine au quotidien et de s'en prendre à des intérêts de sécurité en Europe. Merci beaucoup. Huxu président, vous avez insisté tout à l'heure sur l'importance des conséquences. Vous avez bien insisté sur le mot conséquence des conséquences de la politique étrangère. Euh et je voulais vous interroger sur le conseil de paix qui a été créé au début de l'année 2026 par Donald Trump qui voulait être une alternative à l'ONU avec quasiment les pleins pouvoirs pour le président des États-Unis. un ticket d'entrée, je crois
que c'était 1 milliard 1 milliard de dollars pour avoir un siège. Est-ce que vous pouvez faire un un bilan 10 mois après la création ? Est-ce que c'est suivi par les Américains ? Est-ce que il y a une forme d'efficacité ou bien est-ce que c'est une coquille vide ? Je pense que il y a plusieurs éléments dans le conseil de paix qu'on retrouve qui sont des éléments consubstantiels de cette administration. Il y a la corruption assumée puisque l'idée c'est quand même effectivement qu'il y a des des il y a des frais d'entrée assez élevés d'un milliard de dollars. Je crois pas à ce jour qu'il y a un quelconque pays qui les ait qui se soit acquitté de ces frais d'adhésion à proprement parler. Mais ça donne le fait
même de soutenir cette initiative de participer au conseil de paix. C'est une forme de validation de légitimation de cette initiative trumpienne. Et non, ce conseil de paix n'a pour l'instant absolument rien donné, notamment parce que les émissaires américains qui sont en charge des différentes négociations de paix, donc Steve Witkoff, son ami agent immobilier et Jared Kouchner, son gendre sont en charge de mettre fin à la guerre en Ukraine menée par la Russie. Ils sont aussi en charge de mettre fin aux affrontements entre Israël et le Hamas. et ils sont également en charge de mettre fin à la guerre avec l'Iran. À ce jour, je crois qu'aucune de ces guerres n'a été résolu et à celle-ci s'ajoute cinq autres guerres. Je crois que le président Trump compte à son
actif comme les ayant résolu. Bon, je ce n'est pas un conseil qui a mené pour l'instant à quoi que ce soit, mais de fait un certain nombre de pays participent. Donc ça ça interroge aussi nos propres comportements. [grognement] Merci beaucoup. Et enfin le meilleur pour la fin à Médoui tout le monde me regarde mais non c'est mais tout le monde était de pas pour la fin je excusez-moi et je rigolais parce que avec mon collègue on parlait on se disait le D3 d'Ormous qui est devenu un objectif qu'il était pas au départ mais bon ça c'était pour le petit truc. Alors moi je voudrais interroger monsieur Corentin Sellin sur la dans quelle mesure effectivement les évolutions récentes euh de la politique américaine euh traduis une inflexion durable de la stratégie des des États-Unis mais
au-delà des choix personnels de Donald Trump parce que ce serait vous avez parlé effectivement de différentes périodes. Est-ce que on va vers une inflexion est-ce que qu'est-ce qui va changer ? Et l'autre élément, c'est quels sont justement les principaux facteurs politiques intérieurs susceptibles de peser sur la sur la relation avec nous, avec les Européens parce que ça c'est un des enjeux de demain et sur le soutien à l'Ukraine même si on sait tout à l'heure on a parlé l'Ukraine va gagner la guerre. Non mais le problème c'est qu'on peut arriver avec des conditions de négociation ou pas et donc c'est ça qui se joue là. Et puis sur l'Europe euh par rapport à l'Europe justement aux enjeux européens euh pour madame euh aujourd'hui on a l'Europe du Nord, on en
reparlé aussi avec mon collègue, on a l'Europe du Nord qui est quand même tournée vers les Américains. Nous on l'a vu quand on a été sur la le flonneur de l'Europe, on a bien vu sur leur leur armement et cetera comment ils se tournent. Ils essayent avec nous mais on voit bien qu'ils sont tournés très américains. Et donc cette Europe qui parle d'une voie, elle est un peu compliquée et complexe. Et donc comment vous voyez vous quels sont les leviers que l'on devrait mettre en œuvre pour justement redonner un peu de force à l'Europe ? retrouver de la souveraineté. Et quand je parle de souveraineté, moi je parle pas d'isolement hein, parce que c'est pas un gros mot la souveraineté, c'est pas forcément l'isolement, c'est la capacité à agir dans un périmètre avec qu'on choisit et qu'on ne subit
pas. Merci. Alors, monsieur le sénateur, sur la première partie de votre question, je crois que on voit ce qui est très intéressant pour dépasser Donald Trump lui-même. Il faut regarder justement ce qui se passe autour de lui en ce moment et ce qui a été en jeu dès 2026 parce qu'on a vu très clairement son vice-président Vans essayer de rendre sa candidature incontournable et de devenir l'héritier incontestable puisque et en attente de de l'adoubement de de Donald Trump que Donald Trump a dit qu' il attendait avant de de désigner son successeur républicain. en tout cas la personne qu'il soutiendrait.
Et dans ce contexte, on a eu on a vu quand même la difficulté pour JD Events de de de d'arriver à garder uni en politique étrangère. Je parle vraiment en politique étrangère, en position vis-à-vis du monde, cette galaxie que Donald Trump avait réuni sous le sous le manteau America First. Et justement ce qui est intéressant c'est que très clairement Van mais comme le rappeler Twarma aussi son fils Don Trump Junior sont soucieux pour garder cette unité d'être [grognement] beaucoup plus radicaux que Donald Trump dans le désengagement vis-à-vis de l'Europe
et dans le refus réitéré de tout conflit et donc de manière sousgest du conflit en Iran. Il faut se rappeler, on l'a un peu oublié parce que les choses vont tellement vite que d'après ce que la presse a publié, V était plutôt opposé au principe de l'intervention en Iran, ne s'y est rallié que de justesse et que aujourd'hui on voit bien qu'il joue sa propre partition. exemple, Donald Trump a appelé à soutenir et à et à encourager la réélection de Benjamin Netianyaahu en Israël ce weekend. Van interrogé hier sur le même sujet a
dit "Moi, je ne je ne donne pas de consigne de vote, je ne me mêle pas des affaires extérieur." Et c'est très important parce que dans cette méfiance envers on voit bien que Van essaie de récupérer l'aile droite, voir vraiment la plus à droite du camp America First, celle qui s'est désolidarisée de Trump parce que il est allé faire la guerre en Iran. Et selon par exemple l'ancien euh présentateur de Fox News, Tucker Carlson, la l'ancienne représentante Marger Ritler Green ou c'est la ligne aussi du du fil Trump euh euh sous l'influence excessive d'Israël. Donc on voit bien qu'avec un Van président, ce serait vraiment le retour à un refus
absolu de toute intervention militaire au Moyen-Orient. Ne pas oublier que Van, c'est un ancien combattant d'Irak, très important. euh et que ce serait euh sans doute euh une relation avec Israël beaucoup plus compliqué. Donc on voit bien que certaines options ne doivent rien hum mais sont vraiment l'objet d'un véritable débat. Pour les démocrates, j'ai déjà en partie répondu pour ce pour ma part. Il faut attendre évidemment le débat puisque pour l'instant les démocrates sont vraiment là pour les mismandats sur des thématiques totalement intérieures. Le coût de la vie, le prix à la pompe. Bon euh et évidemment
on voit poindre euh dans le camp démocrate un débat sur la politique étrangère. Qu'est-ce qu'on garde de Trump sur la politique étrangère ? Et qu'est-ce qu'on et qu'est-ce qu'on on rejette ? incontestablement mais alors avec des lignes idéologiques qui peuvent surprendre. Certains à gauche du parti démocrate ne rejetterait pas tout l'héritage trumpien, au moins celui de la méfiance envers les guerres extérieures, celui de la méfiance envers l'interventionnisme militaire. Donc on voit que là aussi ça peut dépasser, même s'il y a une alternance politique, ça peut dépasser le la simple personnalité de Donald Trumpen et le soutien à Israël évidemment, je je
évidemment là aussi comme dans le cas de de la droite MAGA. Alors peut-être très rapidement, je sais qu'on sur la partie européenne l'unité à 27 effectivement c'est très compliqué à Forcerie à 32 au sein de l'OTAN. Faut quand même comprendre que pour la majorité de nos partenaires européens, les États-Unis étaient le garant de leur sécurité, notamment ceux qui étaient le plus menacé par la Russie. Il y avait le sentiment que c'était pas tellement les Européens qui allaient pouvoir venir à leur secours, mais c'était la responsabilité des États-Unis et de l'OTAN en particulier. Ce changement de posture de la part des États-Unis, il est vécu avec un grand désarrois par la plupart des Européens et je pense pas que ce soit la France qui pourrait remplacer les États-Unis.
D'ailleurs, c'est pas notre ambition. On fait des propositions telles que la proposition de dissuasion avancée qui a été présentée en mars cette année où on est dans de la logique de réflexion de création de culture stratégique commune avec nos alliés européens. Là, je pense qu'il y a des vraies avancées là-dessus de la part de la part de la France. Mais la réalité, c'est que si les États-Unis quittent militairement l'Europe aujourd'hui, ça va être difficile de créer un front commun. On essaie de le faire au maximum. On a l'argent pour sur le plan militaire, on est en train d'investir ce qu'il faut. sur le plan technologique en particulier, notre dépendance sur les États-Unis, elle va pas disparaître. Donc, il y a des vraies questions qui se posent qu'on a' pas résolu et qu'on ne
pourra certainement pas résoudre seul. Merci beaucoup. Merci pour votre présence et pour la réaction rapide dont vous avez fait preuve lorsqu'on vous a sollicité. Je ça me paraissait important à quelques semaines des quelques jours même maintenant des m termes d'avoir l'avis de de spécialiste et un éclairage en tout cas de de personnes qui étudient cette question. J'allais dire au quotidien. C'est évidemment sont évidemment des sujets qui nous préoccupent et qui nous inquient. On voit bien que quel que soit le résultat de l'élection, ça ne changera pas fondamentalement la donne pour nous. Et c'est vrai qu'on est quelquesuns aussi à s'inquiéter de la réaction de Donald Trump en cas de desfaites euh de sa réaction à à l'extérieur puisqu'il ce sera essentiellement là qu'il pourra
encore faire des dégâts. On a vu ce qu'il a été capable de faire en l'espace de quoi 18 mois. On imagine ce qu'il va pouvoir encore faire en l'espace de 18 prochains mois mais surtout à l'extérieur. Et donc il y avait évidemment pour nous un intérêt à à vous entendre et à vous entendre de manière complètement neutre. J'ai beaucoup apprécié parce que parfois on a des gens qui viennent nous expliquer des choses mais qui sont plutôt déjà un peu orientés sur un certain nombre de points et j'ai trouvé très intéressant que vous puissiez nous donner ces informations là. Euh nous ne manquerons pas évidemment de de peut-être de vous resolliciter à l'occasion mais et nous allons regarder évidemment avec beaucoup de cointérêt les résultats des élections aux États-Unis, même si on a conscience
et pour plus peut-être après cette audition que finalement ça ne changera pas fondamentalement la donne pour les pays européens mais l'espoir fait vivre. Euh juste pour mes collègues vous dire pour les présidents de de groupe ou alors même ceux qui ne sont pas présidents de groupe mais qui peuvent passer le message, on va vous envoyer un un mail assez rapidement pour que vous puissiez nous faire part de vos demandes en terme de de de rapport pour l'année prochaine de déplacement et ensuite on aura une réunion rappelle de bureau mercredi prochain pour en discuter. Donc on va vous envoyer ça pour que vous puissiez nous donner quelques pistes au préalable pour qu'on puisse avoir ensuite une synthèse de tout cela et qu'on puisse se décider le plus vite possible puisque je rappelle qu'il faut
qu'on ait communiqué à l'administration avant le 15 novembre les éventuels rapports liés notamment aux affaires étrangères. Voilà, merci beaucoup en tout cas pour à celles et ceux qui ont eu le pris le temps de se rendre disponible pour cette audition et merci à vous pour votre présence. Bonne soirée.