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interviewEurope 1· 24 novembre 2025 12 min

"Il faut interdire le port du voile aux mineurs car il permet de sexualiser le corps d'une fillette"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Europ soir 19h 21h Pierre de Villneau avec autour de la table jusqu'à 21hè Roué bonsoir Pierre journaliste politique au journal du dimanche. Bonsoir Jean-Claude d'cier. Bonsoir.

Chroniqueur politique éclairé. Bonsoir Sonia Zadig. Ça dépend du jour.

Merci d'être avec nous. Vous êtes psychologue clinicienne, psychanalyste écrivain, auteur de ce livre Les enfants perdus de la République aux éditions Fayard. C'est paru le jeudi 13 novembre dernier.

On s'attaque à un tabou. On va y venir dans un instant. D'abord, je voudrais juste parce que c'est en corrélation avec l'idée de votre livre cette proposition de leur invoquier d'interdire le voile aux jeunes filles mineures euh le invoqué suivi par 69 % des Français.

Euh d'après un dernier sondage CSA pour EuropDD C News. Qu'est-ce que vous en pensez de cette proposition de l'ordre ? Bien entendu, je ne peux que être d'accord avec cette proposition.

Vous disiez tout à l'heure que c'était pour ne pas implanter dans la la tête des filles dans le instiller dans leur tête qu'elles sont inférieures, mais c'est surtout de ne pas les sexualiser parce que qu'est-ce que ça veut dire le voile que de considérer le corps de la femme comme étant quelque chose de tabouisé, de désirable et donc on cache pour protéger ces hommes. Donc on ne peut pas imposer ce genre de chos à à sexualiser le corps d'une fillette de 4 ans, de 5 ans et c'est ce qu'on voit un petit peu aujourd'hui malheureusement. Donc absolument la loi devrait être très ferme là-dessus.

C'est ce que vous décrivez dans votre livre, ces apostas, ces personnes qui essayent tant bien que mal de quitter un carcan. C'est plus une religion, c'est un carcan. C'est un dogme, c'est une situation culturelle avec des verrous partout où ils essaient de sortir.

Alors moi, j'ai commencé votre livre même si j'ai lu effectivement il y a la moitié sont des témoignages féminins, l'autre moitié sont des euh comment dirais-je des témoignages masculins. J'ai commencé par les hommes parce que je me suis dit qu'il y avait peut-être plus de de matière. On sait qu'il y a le voile là.

Vous parlez d'ailleurs d'une jeune fille qui prend un café avec vous, elle rentre dans dans le café puis elle enlève son voile pour la première fois. pour la première fois de sa vie et elle dit "Bah, je vais quand même pas rentrer au café avec un voile." Ça ça à 40 ans.

Ça vous a étonné d'ailleurs ce geste ? Ça m'a beaucoup étonné. Ça m'a aussi je m'étais dit que c'était peut-être un premier geste de libération de ce carcan.

J'ai commencé, je le disais par des exemples masculins et notamment un jeune homme qui s'appelle Jawad. Il a 23 ans. Il est né dans la plus stricte culture islamique, école coranique, cours d'arabe, fréquentation à sud des des mosquées.

L'abend de son père a été terrible. Il s'est retrouvé l'homme de la maison à l'âge de 12 ans. Ragel, c'est ça, on dit le l'homme de la maison.

Il a zappé la 4e, il a mal tourné vers 15 ans, il s'est retrouvé dans les cages d'escalier, il est devenu dealer et euh finalement il a gagné beaucoup d'argent en étant dealer. Il y a une question qui est terrible et qui revient dans les dans les questions sociétales qu'on aborde sur Europe 1, c'est quand il dit "Ma mère ne m'a jamais posé de questions sur la provenance des fonds, elle s'en foutait." Hm.

Euh ça ça c'est terrible parce que du coup là on essaie de de lutter contre le narcotrafic euh où on on lutte, certains mères le font pour la responsabilisation des parents. On on entend bien la situation dramatique dans laquelle se retrouve cette femme puisqu'elle est abandonnée de son mari qui est partie vers une autre femme au nom de comment dirais-je de de la polygamie qui est permise et est allée refaire sa vie en Algérie. Là elle se retrouve toute seule.

On entend bien la détresse de cette femme, mais voilà, elle s'en fout de savoir que elle le sait pertinemment que son fils vend de la drogue et en même temps, c'est la seule source de revenu. Je je sais pas si elle s'en fout, si parce qu'il y a d'autres d'autres témoignages qui disent que ils sont passés par le deal et cetera et que il y a une telle dichotomie, si vous voulez, entre euh voilà, c'est de la drogue qui est qui est pour les autres, qui est pour les les coufars, les mécréants. Donc c'est pas un problème.

Ah oui, donc c'est entre coufards, c'est entre mes créants, donc c'est pas important. Ouais, mais ça veut dire quand même, voyez, c'est c'est assez étonnant parce que après le témoignage de de ce jeune est terrible parce que on découvre enfin, il découvre qu'il est lui-même homosexuel, donc finalement, il part draguer des mecs dans Paris et cetera et puis après il se fait il se fait tabasser, kidnapper parce qu'on découvre son homosexualité dans la cité. Euh et après il découvre ce cercle des apostats qui est en fait le le fil rouge de tout votre livre où effectivement il y a ces ces ces personnes, pépinière, cette pépinière qui permet de dire voilà, tu veux t'en sortir, on va réussir, on va on va t'aider à à t'en sortir.

C'est ça la la réalité des choses. Voilà. Donc pour revenir un petit peu avant d'arriver au cercle des apostats, revenir un peu à à la sortie si vous voulez de cette religion où ce je pense et c'est ce que je je m'artelle souvent de ne pas considérer la religion comme uniquement une religion.

C'est plutôt une culture, c'est plutôt un un un vivre ensemble, une casuistique, enfin peu importe une identité surtout, c'est surtout une identité qui, je l'ai dit aussi et qui est supranational et on apprend dès son jeune âge à être musulman avant d'être quoi que ce soit d'autre, même algérien ou marocain, hein. C'est pas c'est pas une attaque uniquement contre la France, pas du tout. C'est l'islam prévaut bien.

Donc quand ils sortent de de cette de ce carcan, si j'ose dire, euh ils perdent tout finalement. Ils perdent absolument tout leur repèrre. Ils se retrouvent dans un vide anthologique.

Qu'est-ce que je vais devenir ? Que suis-je ? Qui suis-je ?

Si je le réglé avec l'islam. L'islam réglait leur vie. Règle tout.

L'islam règle comment vous vous habillez, comment vous parlez, comment vous mariez, comment tout tout. Donc c'est une perte de repère soudaine, soudaine totale. Il se retrouve justement pris en charge et heureusement par ce cercle des apostats qui est une pépinière, une matrice provisoire euh enfin je l'espère, je l'espère provisoire et euh il y a beaucoup de solidarité euh intragroupale et tout mais il faut savoir que c'est dans la clandestinité la plus totale.

Et ce que j'entends moi dans les témoignages, c'est qu'ils me disent "La France nous a abandonné." Dans quel sens la France nous a abandonné ? puisque la France est un pays laïque qui ne s'occupe ni de la foi ni de la contrefoi.

En revanche, il y a quand même la liberté de conscience et aujourd'hui la liberté de conscience en tout cas chez ces jeunes Français est mise à mal puisque quand ils vont porter plainte pour menaces de mort ou pour ils sont rattrapés par la patrouille, par les amis, par la famille. Soit qu'ils sont rattrapés, soit la police leur dit "Mais écoutez, faites-vous discret, c'est pas la peine de d'embêter ou d'énerver les musulmans, hein." Voilà.

Et donc si vous voulez enfant perdu parce que sortant de la qui les rejette parce que c'est-à-dire que si vous quittez l'islam on vous rejette aussi même des mamans hein des pères et cetera donc ils se retrouvent sans rien et ils arrivent au bord enfin à demander asile si vous voulez à la République française et ils se disent bah ils sont assignés à résidence ils sont assignés à retourner ça ça veut dire quoi ça ve ça rappelle les mots de de monsieur Tedjin qui était le garde des saau du général de Gaul en 1945 et qui disait de toute façon euh les deux cultures sont ne peuvent pas ne sont pas solubles, ne peuvent pas se mélanger. Ça veut dire que c'était l'entil vivre ensemble finalement. En l'occurrence ces apostatsl veulent se mélanger, veulent vivre ensemble, veulent veulent être partie prenante des lumières et de la démocratie.

Mais ils ont l'impression qu'en face, c'est-à-dire Oui, en face, vous avez 57 % des jeunes musulmans euh euh de 15 24 ans qui est que la charia est supérieure aux loi de la République. C'est un dernier sondage ? Oui, je sais.

Et d'ailleurs est est scandaleusement euh attaqué pour ça par des députés lesfistes. Ouais, de toute façon euh tout le monde tombe des nuus quand il entend 57 % mais finalement si vous êtes vraiment musulman, si vous connaissez l'islam, la charia est forcément au-dessus de tout sinon vous êtes pas musulmans. Ouais.

Vous dites ça avec un air, les les auditeurs de repartin ne vous voient pas forcément sauf sur internet mais regardez avec sa cette air dans le visage en disant mais oui bien sûr évidemment mais arrêtons d'être ignorant je veux dire on va nous accuser d'ignorance je veux dire à partir de de ce livre on peut pas rester ignorant c'est pas possible Hélène Rou justement vous évoquiez donc les menaces que subissent ces apostat selon vous quelles actions concrètes l'État pourrait-il mettre en place pour les protéger d'abord prendre en charge quand même les plaintes quand elles sont il faut pas les classer. Comment on classer avant euh les femmes qui allaient demander asile et dire je suis tabassé et cetera ? Aujourd'hui, ça change.

Donc il y a eu une seule et et c'est une fille que je salue ici qui s'appelle Alya qui s qui a été vraiment dans une dém. Ils l'ont attendu en bas de chez elle. disons enfin vraiment catastrophique.

Elle a eu gain de cause il y a 2 jours à Alby. Elle a eu gain de cause. C'est le premier euh enfin le le Oui. le la première affaire d'une apostate.

Et heureusement donc c'est ça que et sur un autre volet, je le dis à la fin, il y a aussi ce sont des enfants des enfants de la République, j'entends des des adultes, des jeunes adultes parce qu'ils sont très jeunes, ils ont aussi entre 15 et 24 ans en moyenne. Ah oui. Euh qui sont très mal, très très mal qui sont en grande dépression.

Donc psychologiquement c'est une traversée identitaire extrêmement difficile. On sort pas comme ça en Mais vous par votre lier, vous appelez quoi ? Vous appelez les autorité française à dire il faut faire quelque chose pour ces jeunes ?

Oui. J'appelle à ce qu'on entende d'abord qu'il existe des enf des gens qui sont qui peuvent sortir et qui demandent l'asile qui demandent l'asile alors qu'ils sont français ils demandent à ce qu'on les entende qu'on puisse les aider et que enfin par exemple il y a une association qui s'appelle le MELP qui n'ont aucune aucune aide. Là où on balance un pognon de dingue comme disait l'autre sur des associations don voilà euh je terraai les noms là peut-être qu'il faut aider ces ces jeunes hommes parce que ils font ils font ce qu'ils peuvent pour trouver des psy pour trouver des psychiatres et cetera.

Oui. J'appelle 10 % entre 10 et 15 %. Ouais.

Est-ce que est-ce que sur le chemin de l'assimilation, ils sont ils sont ils sont ils sont l'oubli de l'islam est obligatoire ou est-ce que ça peut est-ce qu'on peut essayer d'être comme la chrétienté et comme la catholicité ? Il y a quand même beaucoup de gens qui ont ça au fond d'eux même et qui pour autant ne sont pas des pratiquants. C'est un vœu que je forme.

C'est-à-dire c'est pas la peine de quand on sort de l'islam, on a le droit de pas croire en Dieu mais de rester quand même attaché à sa famille, attaché à sa communauté. Il y a pas de de contradiction mais ça aussi c'est quand même un problème franco-français, c'est qu'on on nous ramène et pour le coup là, je dis nous toujours à notre origine première. On me dit très souvent alors que moi j'ai jamais été musulmane et cetera.

On me dit toujours alors dit que vous êtes musulmane voyez il faut quand même que ces deux il y en a une qui vous prend pour une juive d'ailleurs au début du livre. Oui oui oui oui. Parce que si euh d'ailleurs les premières insultes qui arrivent, c'est vous êtes juive parce qu'à partir du moment où on dit quoi que ce soit, il y a il y a ce côté binaire binaire très très binaire très très rapidement en fait.

Ouais, ça c'est étonnant et ça se ressent évidemment dans les slogans anti-Israël, proga et cetera et cetera. Ouais. Hélène Roué, une dernière question.

Est-ce que vous avez un témoignage qui vraiment ressort parmi les autres qui vous a particulièrement surprise ou bouleversé ? Jaette, je crois c'est celuel don, il a été quand ils ont découvert, ils l'ont suivi quand ils ont découvert son homosexualité, ils l'ont donc mis dans une cave, ils l'ont violé tour à tour tous les copains. J'ai cru mourir là-bas, vous n'imaginez pas le calvaire que j'ai vécu.

J'étais un déchet déversoir pour les cahi du quartier. Voilà ce qui m'a sauvé, c'est que je suis tombé dans les pommes. Ils ont dû me transporter à l'hôpital.

C'est ça qu'il a saé. il a fini à l'hôpital psychiatrique. Il faut savoir qu'il y a beaucoup beaucoup de gens qui à quelque chose malheur et bon qui se retrouvent à l'hôpital psychiatrique et qui sont un peu sauvés si vous voulez par ça.

C'est un problème national qui nous concerne tous. Et si on crie depuis toujours à l'assimilation, nous voilà devant des personnes qui veulent s'assimiler et qui en appelle à la République et à la démocratie et à comment vous dire et arrêter peut-être la peur et la lâcheté de parler d'une religion et de se voir toujours traiter d'islamophobes ou de racistes. Ces gens-là viennent de là.

Donc je ne peux ne sais pas si on peut les traiter de raciste. Je crois pas. Merci beaucoup Sonia Zadig.

Les enfants perdus de la République avec un titre bien sûr en résonance avec les territoires perdus de la République, ils ont décidé de sortir de l'islam au péril de leur visé publié chez Fayard. Ah.