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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 19 mars 2021 36 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiCulture, médias & sportInstitutions & électionsSolidarités & famille

#RDLS133 - Défendons l’UNEF ! / La culture en lutte : pour une sécurité sociale professionnelle

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Cette lutte a un intérêt particulier parce que bien sûr beaucoup d'entre-nous comprennent qu'il s'agit du sort de l'action culturelle dans notre pays, des capacités de diffusion culturelle »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « il n'y a pas d'art sans artistes, il n'y a pas de pratiques culturelles sans gens qui fassent vivre ces pratiques »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Les intermittents ont eu une contribution particulièrement originale, puissante et révolutionnaire, à l'histoire du droit du travail pour les salariés »
  • 9:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Quand il y avait le métro Éole, les météores qui se creusait dans Paris, il y avait des tunnels, d'abord pour descendre et puis ensuite pour aller creuser. Et bien dans la discussion sur la durée du temps de travail, il se trouve que j'ai participé à la loi sur les 35 heures, eh bien la partie adverse voulait ne payer les gens qu'à partir du moment où ils commençaient à creuser »
  • 12:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Ce qui se joue en ce moment dans les lieux de culture, à travers la défense du statut des intermittents du spectacle, mais à travers le fait qu'ils associent à eux les autres précaires du travail. C'est évidemment la question du droit de chaque personne à bénéficier d'un revenu digne »
  • 15:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Je pense que c'est une vérité basique, mais qui mérite quand même qu'on y réfléchisse et qu'on y revienne, quand on parle de l'organisation de la société, si bien que, ce qui se joue en ce moment dans les lieux de culture »
  • 17:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « l'UNEF a fait un choix pour survivre d'un clientélisme indigéniste exacerbé, totalement scandaleux »
  • 19:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Je peux sans connaître mieux que cela la vie actuelle de ce syndicat, dire très tranquillement, que je ne crois pas que l'UNEF, ait jamais été, soit, ou ne sera jamais, une organisation raciste ! »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « ma page a 1 200 000 abonnés »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

133ème "Revue de la semaine" : [Générique] Bonjour alors ce matin avant d'enregistrer cette "Revue de la semaine" que nous tournons dans mon bureau au siège du mouvement et de campagne présidentielle, je me suis trouvé à l'Odéon, le théâtre, qui est occupé comme vous le savez ainsi que 53 autres structures culturelles dans le reste du pays. Nous avions composé une petite délégation avec Mathilde Panot et nous sommes allés à la rencontre des gens qui se trouvent actuellement dans l'Odéon. On n'est pas les premiers "Insoumis" à nous être rendus sur le site de la lutte puisque déjà plusieurs d'entre-nous y sont allés, au moins de mémoire si je me souviens bien, Clémentine Autain, François Ruffin, Éric Coquerel.

Coquerel devait être là le 1er jour d'ailleurs… Bref et plusieurs autres, j'en oublie qu'ils m'en excusent. Cette lutte a un intérêt particulier parce que bien sûr beaucoup d'entre-nous comprennent qu'il s'agit du sort de l'action culturelle dans notre pays, des capacités de diffusion culturelle, quand on dit diffusion, le mot n'est pas satisfaisant parce que lorsqu'il s'agit d'une pièce de théâtre, ou quand il s'agit d'un concert, certes c'est la diffusion d'un texte, mais c'est aussi par son interprétation, une création artistique instantanée, au moment où cela se produit, mais enfin vous avez tous compris ce que je veux dire. Alors évidemment on sait très bien qu'il n'y a pas d'art sans artistes, il n'y a pas de pratiques culturelles sans gens qui fassent vivre ces pratiques.

Et dès-lors leur condition sociale est directement liée à la possibilité qu'il y ait ces pratiques. Ça je crois que, à peu près tout le monde a compris que l'on ne pouvait pas en rester sur les conceptions bourgeoises du 19ème siècle, ou même du 18ème siècle, où l'artiste, ou le créateur est voué à souffrir pour prouver l'authenticité de sa vocation artistique, et à souffrir beaucoup, et si possible, aussi visiblement que possible, pour qu'on sente toute la force de son génie, c'était la vieille formule qui disait : "frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie". Bon donc progressivement évidemment la France a pu devenir un pays de pratique culturelle de masse, et d'un bon niveau d'éducation collective, grâce à ces milliers de personnes qui ont fait vivre la création sous ses formes les plus diverses, les plus différentes.

Et puis des statuts sociaux ont été mis au point pour protéger ces personnes, qui ont souvent été remis en cause, comme statuts sociaux et que par des luttes souvent longues, souvent coûteuses pour ceux qui les menaient, ont permis de protéger des acquis à cette catégorie qu'on appelle : "les intermittents du spectacle", ou "les gens de culture et du spectacle". Bien-sûr on pourrait se dire : "Ha tiens cette fois-ci, de nouveau ils défendent, ils on bien le droit, leurs droits pour pouvoir exister et continuer leur activité". Mais il se produit quelque chose qui n'était pas prévu par ceux qui les observent, c'est que dans tous ces lieux de culture occupés, la 1ère revendication qui est mise en avant, c'est l'abrogation du nouveau statut de l'indemnisation du chômage, qui concerne toute la population salariée qui a acquis des droits au chômage.

Ce n'est donc pas une lutte qui est enfermée dans ses seuls objectifs de corporation particulière. Ils auraient le droit, soit dit par parenthèse, de le faire, et on ne verrait pas ça d'un mauvais œil. Mais ils ont choisi autre chose, une autre direction d'ouverture, et ils associent très directement à ce qu'ils font, les personnes qui sont dans la précarité, c'est-à-dire avec des temps de travail qui sont disjoints dans le temps, c'est-à-dire que pendant une période c'est très intense, et puis après ça s'arrête, et puis on recommence parce que il y a tel ou tel événement.

Ce sont les métiers qui sont autour des grands événements, et qui sont eux-mêmes astreints à un statut particulier de contrat d'usage. Alors on vient, c'est pour faire un certain nombre d'heures pendant un certain nombre de jours, et puis après le contrat s'arrête. Alors évidemment dans ces situations-là, on nous a expliqué ce matin, qu'imaginer comme réponse : les contrats à durée indéterminée, ce n'est pas exactement ce qui convient à la situation, parce que on ne trouvera pas à occuper de manière indéterminée, les gens qui font ces métiers.

Et du coup ça porte à réfléchir sur ce qu'est le travail intermittent, et puis, quand on approfondi la réflexion sur ce qu'est le travail lui-même. Et évidemment la condition sociale des travailleurs comme étant la 1ère donnée du travail. C'est-à-dire que quoi que vous sachiez faire, vous ne le ferez que si vous êtes en vie, si vous êtes en bonne santé, si vous êtes instruit pour le faire, et vous voyez donc que tout commence par la condition sociale du salarié quelle que soit l'activité à laquelle il se voue.

Mais dans le cas des intermittents, il faut comprendre à quel point les intermittents ont eu une contribution particulièrement originale, puissante et révolutionnaire, à l'histoire du droit du travail pour les salariés, pourquoi ? Parce-que dans toute la période du libéralisme, disons depuis les 30 dernières années, les grandes structures patronales n'ont eu qu'un objectif : faire en sorte de diminuer les coûts du travail ça vous le savez tous, diminuer les coûts environnementaux et de les reporter sur la société, c'est-à-dire à la société de payer la formation, à la société de payer la santé, à la société payer les réparations. Concernant le travail lui-même, le regard s'est fait plus pointu, quel que soit le sujet, la revendication des puissants était : "Nous ne paierons que le travail qui est fait".

Je vais vous donner des exemples caricaturaux de cette volonté pour que vous compreniez bien de quoi nous parlons. Quand il y avait le métro Éole, les météores qui se creusait dans Paris, il y avait des tunnels, d'abord pour descendre et puis ensuite pour aller creuser. Et bien dans la discussion sur la durée du temps de travail, il se trouve que j'ai participé à la loi sur les 35 heures, eh bien la partie adverse voulait ne payer les gens qu'à partir du moment où ils commençaient à creuser.

J'ai dis : "Mais dites-donc quand ils descendent les échelles en fer, et quand ils font un kilomètre et demi à pied, ils ne font pas ça pour leur plaisir ou pour faire du tourisme. Ça compte directement dans leur temps de travail, peut-être que ça vous défrise, mais c'est comme ça ! Pour pouvoir creuser, il faut pouvoir aller jusqu'à l'endroit où on creuse, ou bien alors on pourrait dire par exemple dans les frigos où l'on met de la viande ou d'autres produits qui doivent être conservés au grand froid, ben faut entrer dans le frigo, faut ressortir, et puis pour entrer, faut mettre un habit, pour ressortir faut l'enlever pour pouvoir faire la suite, et ça aussi c'est pas du temps de loisir, c'est du temps de travail.

Mais vous voyez que l'intention était de faire en sorte… …Alors après ça se multipliait, les exceptions comme ça. Pause pipi hop, on la sort du travail, pause sandwich hop, on la sort du travail, du temps de travail comptabilisé. Et vous voyez que ça partait d'un cadre qui était le contrat de travail et puis dans lequel on essayait de "miter" en enlevant du temps qui n'était pas compté dans le temps de travail.

Les intermittents eux, c'est l'inverse. Tout le monde sait qu'il y a des séquences pendant lesquelles ils travaillent, et puis des séquences pour lesquels ils ne travaillent pas. Le régime d'indemnisation c'est qu'à partir du moment où ils ont travaillé un certain nombre d'heures, ça leur ouvre des droits pour être indemnisés le reste du temps.

Alors ça, c'est complètement révolutionnaire. Parce que ça prend le problème par l'autre bout, c'est-à-dire : "je travaille certes pas tout le temps, mais ce qu'on paye c'est tout le temps", peut-être pas de la même manière pour ce qui concerne les intermittents, mais on paye tout le temps. Donc on va, progressivement, on passe d'un statut qui est lié au contrat de travail, au salarié, aux conditions dans lesquelles il exécute son travail, à autre chose qui est un droit qui est attaché à la personne du salarié lui-même, qu'il travaille ou qu'il ne travaille pas.

Alors il y a des gens qui ont dit : "Oui mais vous comprenez c'est un peu gros parce que nous devons… c'est tous les salariés qui payent pour contribuer à l'équilibre de ce régime. Outre que ce n'est pas si vrai qu'il y paraît, d'abord, il faut faire la remarque suivante : c'est que c'est évident que quand vous organisez un système d'assurance, il est d'abord fait pour ceux qui courent le plus de risques, sinon c'est pas de l'assurance. Si il n'y a pas de risque, on ne fait pas d'assurance.

Ont fait de l''assurance que parce qu'il y a un risque et on ne fait de l'assurance que pour couvrir le risque. Normalement plus vous êtes dans le risque, plus vous devez être protégé. Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas protéger les autres, c'est parce que l'assurance couvre le risque.

Donc là où le risque se concentre, se concentrent les prestations d'assurance. Je pense que c'est une vérité basique, mais qui mérite quand même qu'on y réfléchisse et qu'on y revienne, quand on parle de l'organisation de la société, si bien que, ce qui se joue en ce moment dans les lieux de culture, à travers la défense du statut des intermittents du spectacle, mais à travers le fait qu'ils associent à eux les autres précaires du travail. C'est évidemment la question du droit de chaque personne à bénéficier d'un revenu digne, en relation avec sa contribution à la vie de la société qu'est le travail.

Parce que le travail, quand vous allez au travail vous ne produisez pas pour vous. Ça c'était il y a bien longtemps, et maintenant plus personne ne produit pour lui-même. Il produit forcément pour les autres.

Alors la manière avec laquelle ces produits accèdent aux autres, qu'il faut payer plus ou moins cher, c'est pas le sujet dans mon intervention d'aujourd'hui. Le sujet c'est que tout travail est une contribution au bien commun, tout travail est une contribution au bien commun. Et par conséquent puisque tout le monde est appelé à participer au bien commun, eh bien tout le monde doit pouvoir avoir un revenu digne, qui lui permet d'être une personne respectée parce qu'elle est respectable, parce qu'elle vit de sa contribution au bien commun.

Voici comment je formulerai donc l'importance, l'intérêt et la portée de ce qui est en train de se jouer en ce moment dans les lieux de culture, et je vous demande, si vous voulez bien, d'aller les voir, de leur dire des mots d'encouragement, et d'aider à ce que ce mouvement qui est là en train de naître, dans ces lieux de culture, contamine tout le reste du champ social parce que bien sûr aujourd'hui, beaucoup sont le nez dans le guidon et souffre très durement des conditions dans lesquelles ils sont conduits à vivre. Tout à l'heure, quand on nous parlait, il y avait là quelqu'un qui disait : "Écoutez, moi je suis en train d'arriver à la fin de mes droits et j'en aurai pas ensuite parce que ça fait un an que je ne fais plus rien, que je n'ai pas pu travailler parce qu'il n'y a pas eu de travail, parce qu'il n'y a pas eu de grands événements", et, si j'ai bien compris, la personne est maître d'hôtel et elle a eu une phrase assez terrible, elle a dit : "Nous les servons et ils nous piétinent", c'est à dire : notre travail est une contribution à leur plaisir parce que c'est agréable d'être bien accueilli, d'être bien servi à table par des gens qui ne vous servent bien que parce que c'est leur métier, et qu'ils en connaissent les ressorts, qu'ils en connaissent les usages, ils nous piétinent, c'est-à-dire : eh bien maintenant nous sommes dans la misère, ils nous ignorent et ils nous demandent de nous taire. Eh bien non, il faut les aider à leur permettre de s'exprimer, de faire valoir leurs droits, cette dame disait : "A mon âge, eh bien je ne vais plus pouvoir payer bientôt mon loyer, je sais qu'il ne me restera plus qu'une chose ma voiture comme domicile, et encore évidemment, elle se faisait aussi du souci pour ce véhicule.

Il faut entendre le fait que des dizaines de milliers de personnes dans notre pays sont aujourd'hui dans cette situation ou à la veille de cette situation, et que ça génère une gigantesque angoisse et un sentiment terrible d'injustice, parce que non, ce n'est pas juste, tous ces gens qui ont bossé jusque là, ne demandent pas à rester tapis dans l'oisiveté, ils ne demandent qu'à reprendre leur participation au bien commun, et au travail qu'ils savent faire et que souvent, ils font avec amour du métier si difficile que soit le métier concerné. Voilà ce que je voulais vous dire pour appeler à réfléchir sur la portée de longue durée des choses que nous avons sous les yeux et qu'il s'agit d'interpréter correctement, regardez bien, si on devait ressortir de tout ça après avoir observé ce qui se passe là, en se disant : "Pour l'avenir, ce que nous voudrions, c'est une sécurité sociale professionnelle qui attache des droits à la personne et pas au poste de travail, ce qui fait qu'une personne passerait d'un poste de travail à un autre, soit parce que vous changez de métier dans la vie, soit parce que votre travail est intermittent, n'a pas une durée constante, soit pour quelques raisons que ce soit, en général ou en particulier, et bien que chaque personne dispose néanmoins de la garantie de pouvoir toujours mener une vie digne par un système d'assurances qui fait que ceux qui sont en train de produire la richesse en réservent une part pour indemniser ceux qui ne sont pas en train de le faire, soit parce qu'ils en sont empêchés par leur santé, soit parce ils en sont empêchés par les conditions d'embauche dans tel ou tel métier. Voilà comment je formulerais cette idée qui n'est pas de moi, qui viens du syndicalisme ouvrier, qui est l'idée de la sécurité sociale professionnelle, et je crois que, d'une certaine façon, c'est ce que sont en train de faire vivre les gens qui se rassemblent dans les lieux de culture de notre pays, alors ça vaut la peine, aidez les !

A présent, dans cette Revue de la semaine, je veux traiter d'un sujet qui vient de surgir dans l'actualité, et dont la gravité me paraît justifier que j'intervienne aussitôt, que je vous alerte, et que cette partie de mon intervention soit présentée aussitôt, et mise en distribution sur les réseaux sociaux, de quoi s'agit-il ? Comme vous le savez depuis maintenant plusieurs semaines, le gouvernement, d'une manière générale, mais le ministre de l'Education nationale et la ministre de l'Enseignement supérieur d'une manière particulière, ont choisi un certain nombre de thèmes pour persécuter le milieu universitaire, et le prendre en quelque sorte en exemple de la répression idéologique qu'ils voudraient exercer, alors ils ont inventé une folie : "l'islamo gauchisme", et au nom de cela, ils commencent à pourchasser à l'Université tous ceux qui, de près ou de loin, font des études qui ne correspondent pas à l'idée que ces ministres se font de ce qui est nécessaire dans les sciences sociales. j'espère qu'en dépit de la longueur de la formule que je viens d'utiliser, tout le monde comprend bien que l'idée absurde de la ministre de l'Enseignement supérieur, madame Vidal, de demander au CNRS, c'est-à-dire : le Centre National de Recherche Scientifique qui est totalement partie prenante du système universitaire, d'aller contrôler les recherches qui se font en sciences sociales à l'Université sur la question des discriminations, est une chose qui n'a aucun correspondant dans aucun pays du monde, et qui a soulevé une émotion universelle car c'est la première fois qu'on voit dans un pays comme le nôtre, pourchasser des gens parce qu'ils étudient un sujet, et il y a même eu un appel international d'intellectuels pour manifester de la solidarité avec les intellectuels français pour ce qu'on appelle la liberté académique, c'est à dire la liberté pour les universitaires de rechercher dans les directions qui leur paraissent intéressantes, importantes, ou significatives est complète, comme d'ailleurs d'une manière générale la recherche ne fonctionne pas à la baguette et au coup de sifflet, mais dépend des chercheurs qui orientent les directions dans lesquelles ils recherchent.

Bien, nous en étions là du cadre dans lequel on évoluait, et vous avez remarqué que sur cette base, avec une audace particulière, se sentant renforcés par l'autorité gouvernementale, des groupuscules d'extrême droite de toutes sortes, ont commencé à montrer du doigt tel ou tel endroit de la société, tel ou tel comportement pour y démasquer, pensent-ils, je ne sais quelle façon de fonctionner qui ne leur convient pas. Alors comme ce sont des sujets qui provoquent du scandale, ça bénéficie d'une certaine attention médiatique qui tâche d'en tirer son jus, son profit, pour fabriquer de l'émotion, ainsi à l'occasion d'une interview, un matin, de la présidente de l'UNEF, une interview à caractère particulièrement provocateur, sur la base d'une réponse faite un peu dans l'état de surprise de la stupidité de la question, la présidente de l'UNEF a évoqué l'existence de groupes de paroles qui sont réservées à ceux qui ont à voir avec le problème considéré, pour faire simple, des personnes qui ont fait l'objet de discriminations racistes se réunissaient entre elles, oui en effet, dans le cadre du syndicat ou à l'appel du syndicat, pour échanger sur cette expérience très particulière, et le font entre personnes discriminées, c'est une pratique qu'on peut discuter comme technique pour faire émerger les problèmes et pour pouvoir en parler, en effet, on peut en discuter, mais c'est une pratique extrêmement répandue par exemple : on fait des groupes de paroles de femmes réservés aux femmes pour évoquer entre elles et en toute liberté de parole les attitudes sexistes, les violences qu'elles subissent et dont elles ont plus de facilité à parler d'abord entre elles avant d'en parler à d'autres si elles le décident. Cette technique des groupes de parole est très répandue, alors ça va depuis des groupes persécutés, par exemple : les gens qui sont victimes de discriminations raciales du fait de leur couleur de peau ou de leur religion, qui se voient entre eux et parle du sujet, le mettent en mots, en quelque sorte en le mettant en mots en font une affaire collective alors que jusque là, ils en souffraient un par un, séparés les uns des autres, avec une douleur d'autant plus grande que, comme vous ne le savez peut-être pas, mais beaucoup d'entre vous le savent, souvent les gens persécutés se rendent responsables ou sont rendus responsables des persécutions qu'ils subissent, alors ça vaut pour des gens persécutés, puis ça vaut aussi des fois pour des gens qui rencontrent un problème particulier, par exemple : les réunions d'alcooliques anonymes sont réservées à ceux qui souffrent de la maladie de l'alcoolisme, et il est plus facile pour eux d'en parler parce qu'ils en connaissent les symptômes, ils en vivent toute la difficulté, et on adopte cette technique des groupes de parole c'est venu comme ça dans l'histoire.

Naturellement ça n'a rien à voir avec une interdiction aux autres de participer à la discussion des conclusions de ce type de réunion, et quand on parle, par exemple, de réunion de gens qui subissent une discrimination raciale, ça n'a rien à voir avec une réunion interdite aux autres, interdite aux blancs. C'est un groupe de parole qui évidemment est plutôt réservé à ceux qui ont à subir la discrimination en question. Se jetant sur cette 1ère interview provocatrice, une autre chaîne de télévision a, à deux reprises remis le sujet sur le tapis dans la matinale, de manière à la boursouffler cette question, à lui donner une sorte de centralité qu'elle n'a pas, et une importance tout-à-fait démesurée et ridicule dont le but est toujours le même : provoquer des incidents, pousser à de l'indignation.

Là, par exemple ces réunions en question de groupes de paroles sont présentées comme des réunions interdites aux blancs, ce que naturellement ces groupes de paroles n'ont pas pour vocation d'être, et dès lors, comme des réunions racistes. Et vous me direz : "mais bon et alors quoi ? " Si on en était là on dirait : "bon ben nous, nous pensions qu'on a atteint le fond de la piscine, de la bêtise mais on peut encore creuser." Mais non c'est que sur la base de cette situation, vous avez une série de groupuscules d'extrême-droite qui actionnent, "pressionnent", pour exiger maintenant la dissolution de l'organisation syndicale qui a organisé ces groupes de paroles, sans qu'on en sache davantage, sans qu'on écoute davantage que cette dénonciation.

Et sur cette base donc on propose la dissolution du "Syndicat National des Étudiants de France", qui est la 2ème organisation syndicale d'étudiants dans notre pays après avoir été la 1ère pendant très longtemps, et être en quelque sorte, consubstantiellement attachée à l'histoire du mouvement syndical français et en particulier comme 1er syndicat de jeunes dans l'histoire de France, qui s'est ensuite perpétué, puisque au début quand la première "Union Nationale des Étudiants de France" s'est créée, il devait y avoir deux cent mille étudiants, et que maintenant il y en a 2 millions. Donc c'est une organisation, on n'en pense comme on veut, on n'est pas obligé d'être d'accord avec elle, d'ailleurs on pense ce qu'on veut des groupes de paroles, on n'est pas obligé d'être d'accord avec cette technique, encore quelle ait souvent fait ses preuves pour libérer la parole, mais de là à demander l'interdiction du syndicat, vous voyez que ça éclaire d'un jour nouveau toute la manœuvre. C'est-à-dire depuis le point de départ, ces questions invraisemblables posées à la présidente du syndicat des étudiants, à qui on s'adresse comme si c'était une politicienne rouée et habituée à la ruse et à l'esquive que nécessite ce genre d'interview traquenard Et dont on tire quelques mots pour en faire des conclusions totalement abusives, et arriver à l'idée d'interdire un syndicat parce que quelque chose que fait ce syndicat ne convient pas à des personnalités politiques d'extrême-droite, ou liées à l'extrême-droite.

J'ai vu que, pour que vous compreniez pourquoi la situation est grave, je vous le rappelle il s'agit d'un syndicat, d'un syndicat historique de jeunes dans notre pays, et un syndicat historique de jeunes qui tous les ans fait le point sur la condition sociale des étudiants. Nous sommes en train de parler de cette histoire de fou au moment où des dizaines de milliers d'étudiants souffrent de la faim, connaissent des perturbations psychologiques liées à la phase du confinement, et à l'impossibilité d'avoir des cours ensemble en faculté. C'est de ça dont on parle, non pas de leur situation mais du syndicat en vue de l'interdire, notamment le syndicat qui a fait apparaître avec d'autres, ces questions.

Écoutez le vocabulaire de ceux qui interpellent. Monsieur Bruno Retailleau qui est un sénateur "Les Républicains" dit : "Je demande au Garde des Sceaux, le ministre de la Justice, d'utiliser un moyen pour mettre en œuvre l'action publique pour la condamner ou en tout cas, pour rechercher ses responsabilités pour provocation à la haine raciale." C'est-à-dire qu'il demande qu'on trouve un moyen, n'importe lequel, pour accuser de provocation à la haine raciale un syndicat et une syndicaliste, une jeune syndicaliste qui a organisé des groupes de paroles.

Monsieur Christophe Castaner qui est le président du groupe "La République en Marche" à l'Assemblée Nationale, ancien ministre de l'Intérieur qui comme vous le savez, est le ministre sous lequel ont eu lieu 32 éborgnements, dans notre pays, 5 mutilations sans que personne ne soit jamais puni. Et bien lui par contre il demande la punition pour l'Union Nationale des Étudiants de France, "l'UNEF", il dit : "l'UNEF a fait un choix pour survivre d'un clientélisme indigéniste exacerbé, totalement scandaleux". Vous entendez ce vocabulaire, on se demande quel choix Christophe Castaner ferait lui pour survivre, mais, "l'UNEF" n'a pas de problème de survie, c'est un syndicat qui est aussi vieux que le mouvement étudiant et qui, suivant les périodes, les époques de l'histoire, a des sensibilités plutôt sous une forme, plutôt sous une autre, comme c'est bien normal que ce soit génération après génération d'intellectuels, si jamais monsieur Christophe Castaner pouvait arriver à se rappeler de ce qu'il faisait quand il était jeune, à condition que ce soit honorable, il verrait que lui aussi à son époque, a participé des centres d'intérêt de son époque.

Ensuite nous avons le sénateur du RN, monsieur Stéphane Ravier, qui dit : "Les propos de la présidente de l'UNEF ne devraient pas provoquer une polémique mais une indignation, c'est du racisme anti-blanc." Donc un peu, c'est comme si vous disiez les réunions des alcooliques anonymes, sont des réunions anti-sobriété, tout ça est absurde. "Le ministre de l'Intérieur… ", dit ce membre du RN, "… devrait dissoudre cette association… ", donc dissoudre l'UNEF, "… pour mettre fin à ces souffrances et aux nôtres".

Et puis enfin monsieur Francis Kalifat, qui est le président du Conseil Représentatif des prétendues, Institutions juives de France, il dit : "J'ai en son temps salué la dissolution de "Génération Identitaire", j'espère pouvoir… ", c'est la demande du CRIF, …j'espère pouvoir, dit-il, très vite saluer la dissolution de l'UNEF, qui reconnaît par la voix de sa présidente, l'organisation de réunions interdites aux blancs" Donc vous avez-là un résumé à peu près, de tout, dans cette déclaration, de tout ce que raconte l'extrême-droite de notre pays, où les gens très à droite, mais pas du tous les gens de droite, car heureusement nombre d'entre-eux ne sont pas aussi fous, et exagérés, que ceux que je viens de vous dire. Ils veulent dissoudre l'UNEF. Je vous demande d'oublier même les logos, les sigles, les associations au nom desquelles ces gens interviennent.

Ils veulent dissoudre l'Union Nationale des Étudiants de France, l'UNEF, notre UNEF ! J'en appelle à tous ceux, qui dans ma génération et les suivantes, ont eu la possibilité d'être étudiants dans l'enseignement supérieur, au prix de combien de sacrifices de leur famille. Qui ont aimé avoir été étudiant, l'ambiance de liberté intellectuelle qui régnait parmi les étudiants, quand bien même parfois nous en avions une pratique qui peut évidemment aujourd'hui, paraître un peu étrange.

Comme chaque génération paraît étrange à la précédente, et encore plus à celle d'avant. J'en appelle à vous tous pour vous dire : souvenez vous que la liberté de l'esprit, la liberté de l'organisation, l'invention des formes d'organisation, a été une caractéristique permanente du mouvement syndical et des milieux universitaires et sachants. Et par conséquent cette liberté doit être respectée quand elle n'attente pas aux lois.

Et le comportement de l'UNEF n'attente pas aux lois, l'organisation de groupes de paroles n'attente pas aux lois. Ce qui est certain c'est que par contre, d'aucuns ont décidé de créer une ambiance épouvantable dans notre pays, en mettant en cause toutes les organisations dont l'identité politique dans l'histoire leur pose problème. J'en appelle à tous pour protéger l'UNEF, faire tout ce qu'on peut pour protéger la génération étudiante de la vindicte et de la violence de ces gens qui voient un ennemi dans tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Et évidemment je m'associe pleinement à la déclaration qu'on faite 3 syndicats que je veux nommer à présent : c'est à dire la CGT, la FSU, organisation d'enseignants, et "l'Union Syndicale Solidaire" qui, les 3 unanimement, viennent en défense de l'UNEF et en appellent à ce qu'elle soit protégée. C'est à vous que je m'adresse, qui m'écoutez, qui me faites confiance pour certains d'entre-vous. Unissez-vous, intervenez !

Faites entendre votre parole pour protéger la liberté du syndicat des étudiants d'agir comme il l'entend nécessaire d'agir, du moment évidemment, qu'il ne contrevient pas aux lois. Je peux sans connaître mieux que cela la vie actuelle de ce syndicat, dire très tranquillement, que je ne crois pas que l'UNEF, ait jamais été, soit, ou ne sera jamais, une organisation raciste ! C'est même tout l'inverse.

Elle a depuis toujours, elle est, et elle sera une organisation liée à la volonté d'émancipation par le savoir et par l'action de la jeunesse. Voilà je vous dit ces choses avec passion parce qu'elles nécessitent de la passion. Cette fois ci ça va trop loin, demander de dissoudre des syndicats en raison de telles ou telles de leurs formes d'organisation, cela est insupportable, et ceux qui s'y sont risqués dans un passé récent ont toujours été ensuite démentis ou repoussés dans les actions en justice qu'ils avaient engagées contre ces syndicats.

Voilà c'est une partie de ma Revue de la semaine, mais c'est la partie qui vient certainement du plus profond de moi, dans mon attachement au mouvement syndical et ouvrier auquel toute ma vie, j'aurai lié mon action politique, parce que dans notre peuple c'en est la composante la plus dévouée au bien commun, à l'intérêt général et à l'idée qu'on se fait de la liberté dans notre pays. Je ne peux pas terminer sans vous parler de nouveau de cet appel que je vous ai lancé à m'expliquer pourquoi vous regardez cette Revue de la semaine, puisque, je vous ai dit, moi, je suis pas toujours bien sûr de comprendre quelles sont les motivations des gens qui viennent à ma rencontre, d'autant que cette revue vous l'avez vue, c'est pas un rapport politique. Je ne suis pas en train de traiter juste pile poil les événements de la semaine, je traite de ce qui me paraît relever d'un intérêt particulier, avoir un coup d’œil dessus parce que pour le reste, vous n'avez pas besoin de moi pour faire votre opinion politique ou votre construction de la lecture des événements qui se déroulent autour de vous.

Je fais là où je crois pouvoir me rendre utile. Alors je vous avais dit : "Écoutez faites-moi des petites vidéos rapides pour me dire pourquoi vous venez-là, pourquoi vous venez à ma rencontre toutes les semaines. À ma rencontre et avec Antoine, et alors vous en avez envoyées.

Je voudrais d'abord vous en remercier beaucoup parce qu'on n'en a vraiment reçu un bon paquet. Je vous dirais la prochaine fois combien au total. Je me fais la remarque que beaucoup de contributions sont masculines. alors peut-être que ça tient au fait qu'il y a plus d'hommes que de femmes qui regardent la Revue de la semaine, je n'en sais rien, mais les femmes qui regardent la Revue de la semaine si vous aviez la patience et l'opportunité, le temps de me faire quelques mots pour me dire ce que vous faites-là et ce que vous appréciez, ça ne serait aussi très utile et très agréable parce que je trouve que c'est bien d'avoir une représentation du plus grand nombre possible des points de vues, de même pour les très jeunes, faut pas qu'ils se sentent gênés.

Je sais qu'il y a des gens très jeunes qui me regardent, et je sais que s'ils me regardent c'est parce que ils y trouvent leur compte, mais j'aimerais bien savoir lequel ? Parce que ça m'aiderait aussi, à être peut-être plus efficace pour la suite des autres "Revues de la semaine". Bon si ça vous a plu… alors je vous reparlerai de tout ça très bientôt, laissez-moi un petit battement pour traiter cette information et trouver le moyen le plus original que je puisse trouver, de faire écho au temps que vous avez bien voulu me consacrer à ce moment-ci.

Bon si tout ça vous a plu, vous mettez un petit pouce bleu, parce que c'est bon pour le moral. Et puis si vous découvrez pour la 1ère fois et vous dites : "Tiens pourquoi pas c'est intéressant", vous pouvez vous abonner, c'est gratuit et évidemment ça le restera toujours. Nous sommes dorénavant 510 000 abonnés à cette chaîne, alors la diffusion se fait en fonction de votre façon d'entrer, Quand on vous lance un appel pour dire "Hop il y a la Revue de la semaine qui va paraître, c'est en route etc.

ça dépend de vous, mais aussi de la diffusion qui est faite par Youtube qui, on peut le dire, est extrêmement correcte, puisque Youtube ne menace personne, comme le font Facebook et les autres grands réseaux. Je voudrais vous dire, vous qui vous intéressez à ces choses-là, que nous, nous observons de très près et nous constatons que l'algorithme qui assure la diffusion des messages qu'on envoie tous azimuts sur Facebook, est un algorithme qui a fait un choix politique, celui de réduire la zone de diffusion des messages qui ont une origine politique, par conséquent nous pouvons imaginer qu'un jour ou l'autre, on nous coupera ce canal de communication en fonction des opinions politiques des possesseurs de ce réseau, comme ils l'ont fait pour beaucoup d'autres. Sachant que pour ce qui me concerne, ma page a 1 200 000 abonnés.

Vous voyez que c'est pas sans conséquence pour moi lorsque ayant 1 200 000 abonnés, je m'aperçois qu'un message de Facebook n'est diffusé qu'à 2 ou 300 000 personnes. Nous avons les moyens nous aussi, d'accord on n'est pas possesseurs du réseau social, mais nous aussi on a des outils, et surtout on a un premier outil assez gris, qui est sous nos cheveux et sous notre crâne qui s'appelle notre cerveau, et qui nous permet de mettre au point des outils qui nous permettent d'évaluer, de comprendre ce qui se passe en matière de diffusion sur les réseaux sociaux. Mettez ça dans un coin de votre tête avec un mouchoir par dessus, parce que c'est une question que vous allez voir resurgir bientôt sous diverses formes, qui est la liberté d'accès aux réseaux sociaux, et la liberté de communiquer à travers eux, autre chose que des messages, comment dire… …strictement à petite portée, et privés, on a bien le droit après tout, ou des messages de type publicitaire, parce que ça semble être le destin promis de ces réseaux sociaux.

Alors après ceux qui font de la politique, et qui aiment ça, peuvent bien sûr aller sur le réseau : "noussommespour.fr", Ils entreront sur le réseau social "Action Populaire" qui est celui qui parraine ma candidature à l'élection présidentielle, et qui fonctionne… Bon il va en s'améliorant sans cesse, mais si vous voulez, ça nous fera plaisir de vous y retrouver, mais, évidemment il faut commencer, il y a quelqu'un qui a protesté contre ça : parrainer ma candidature, et ceux qui veulent parrainer, peuvent le faire et cela permet d'accéder à ça, et moi ça me garantit que j'aurai toujours un contact possible avec eux. Voilà merci à tous et à la semaine prochaine. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -