Violette Spillebout, la mairie de Lille en ligne de mire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Vous avez pratiqué la danse classique avec l'espoir de devenir danseuse étoile.
- 1:24OuverteRéponse directe
C'était un clip de promotion de la région Nord-Pas-de-Calais, tourné quand vous aviez 17 ans ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Est-ce que la danse classique a forgé votre personnalité pour le reste de votre vie ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Vous avez fait vos débuts en politique en 1997 au cabinet du maire de Lille, Pierre Mauroy. Qu'avez-vous appris aux côtés de Martine Aubry ?
- 3:47OuverteRéponse directe
En 2014, vous avez refusé une offre de Martine Aubry pour vous présenter aux municipales. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 5:04OuverteRéponse directe
En 2016, vous avez été gravement blessée au mollet. Cette épreuve vous a-t-elle changée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« j'imagine que c'était mon destin et ça me correspond bien aujourd'hui. »
- 2:14Invité politiqueFait
« Je le crois profondément, la danse classique, c'est d'abord la discipline, la rigueur et l'effort. »
- 3:00Invité politiqueFait
« J'ai beaucoup appris sur la conduite de la politique locale, de la politique pour une grande ville. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Pour moi, ce n'était pas un recul, c'était plutôt une avancée. Une décision courageuse dans ma vie. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Des désaccords politiques sur les rythmes éducatifs. »
- 4:41Invité politiqueFait
« Il y avait les sujets culturels, bien sûr, qui m'ont beaucoup immobilisée. »
- 5:26Invité politiqueFait
« C'est une épreuve qui, heureusement, a été temporaire. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Non, je dirais plutôt que je subis une forme de dureté et de violence en politique. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'on est dans une ville, dans un territoire qui était très tenu par un système. »
- 8:49Invité politiqueFait
« Moi, je ne me suis jamais présentée pour être contre. Je me suis présentée avec un vrai projet collectif. »
- 10:14Invité politiqueFait
« Violette, d'accord. C'est très important pour ma famille. »
- 11:22Invité politiquePromesse
« Et moi je porte beaucoup de propositions avec mes collègues députés pour apporter des solutions à la protection et à la sécurité des élus et de leur famille. »
- 12:02Invité politiquePromesse
« je serai, si tout va bien, candidate à la mairie de Lille. »
Temps de parole
- Violette Spillebout63 %
- Présentateur37 %
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Elle fait partie des députés qui n'ont pas tardé à se faire un nom dans la nouvelle Assemblée. Une ascension rapide, mais pas si surprenante, quand on sait que mon invité a fait ses armes aux côtés d'une ancienne ministre, aujourd'hui maire d'une grande ville. Bonjour Violette Spilbout.
Bonjour.
Alors vous avez pratiqué la danse classique avec l'espoir de devenir danseuse étoile. De tout cela, il reste une médaille du Conservatoire de Lille, quelques photos et un témoignage vidéo assez inattendu. On va en voir un extrait.
La tête gonflée de projet, elle jubile, se réaliseront dans sa régie.
Ma région donne l'impulsion à mon ambition.
L'attirément, recrutement, ajustement. Ma région donne l'impulsion à ma vocation.
Alors on reconnaît bien le côté années 90 dans cette vidéo. C'était un clip de promotion de la région Nord-Pas-de-Calais, tourné quand vous aviez 17 ans je crois, c'est ça ?
Oui, 17 ans, l'année du bac.
Oui, et alors c'est drôle parce qu'au début, dans cette vidéo, on a presque l'impression que la voix off qu'on entend parler là, elle parle de vos propres ambitions, vos ambitions politiques pour la région, pour la ville de Lille.
Oui, c'est incroyable parce que quand on se replonge, il y a 30 ans, parce que j'ai une cinquantaine d'années, on voit cette ambition globale de notre région, des Hauts-de-France, de Lille-Capitale-Régionale, et je me retrouve depuis quelques années à porter un projet politique. Donc j'imagine que c'était mon destin et ça me correspond bien aujourd'hui.
Sur la danse classique, vous l'avez pratiqué quand même à haut niveau, on dit souvent que c'est une discipline, c'est un enseignement très dur qui peut forger une personnalité pour le reste de sa vie. Est-ce que c'est votre cas ?
Je le crois profondément, la danse classique, c'est d'abord la discipline, la rigueur et l'effort. Moi, ça m'a beaucoup appris, aussi pour le collectif, parce que la danse classique, moderne, ça se pratique dans une équipe, dans une troupe. Et donc ce travail collectif, cette harmonie qui doit être trouvée, je le retrouve finalement dans ma vie professionnelle, puis politique aujourd'hui.
Alors vous avez fait votre début dans le milieu politique, un peu par hasard si l'on peut dire. Il y avait un poste à pourvoir au cabinet du maire de Lille de l'époque, Pierre Moroy. C'était en 1997, c'est à ses côtés que vous avez débuté. Mais c'est surtout avec Martine Aubry que vous avez fait votre apprentissage, si l'on peut dire. Pendant 13 ans, vous avez été chef de cabinet, puis directrice de cabinet de la maire de Lille. Qu'est-ce que vous avez appris aux côtés de Martine Aubry ?
J'ai beaucoup appris sur la conduite de la politique locale, de la politique pour une grande ville. Ça veut dire à la fois la construction d'une vision, et puis tous les sujets opérationnels, les sujets de crise. Quand on est maire d'une ville, on est à portée d'engueulade, c'est-à-dire à disposition permanente des concitoyens. J'ai graphi les échelons auprès de Martine Aubry, en commençant de mon concours d'ingénieur territorial, et effectivement en ayant occupé le poste de directrice de cabinet pendant son mandat jusqu'en 2014. Moi, ça m'a appris la gestion du quotidien d'une grande ville et de ses relations avec son territoire, son environnement.
Donc, c'est beaucoup de bons souvenirs professionnels pour moi.
Alors, fin 2013, vous êtes partie travailler à la SNCF, mais il était prévu que vous vous présentiez l'année suivante aux côtés de Martine Aubry au municipal. Elle voulait même faire de vous son adjointe à l'éducation. Sauf qu'en janvier 2014, coup de théâtre, vous lui dites non. C'est totalement inattendu, ça surprend tout le monde. Ça ressemble presque à un refus d'obstacle au moment où elle vous a proposé de basculer en tant que femme politique. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Pour moi, ce n'était pas un recul, c'était plutôt une avancée. Une décision courageuse dans ma vie. J'avais 40 ans, et vous savez, à 40 ans, souvent, on fait le point sur ce qui est important en termes de valeur, d'engagement. Et j'avais beaucoup de sujets, en fait, qui me heurtaient et qui, progressivement, dans la maturité de ma compréhension de l'ensemble des enjeux politiques locaux et nationaux, me posaient problème. Des désaccords politiques ? Des désaccords politiques sur les rythmes éducatifs. C'était la grande époque des relations avec les parents d'élèves très tendus sur l'imposition du samedi matin pour faire l'école.
Il y avait les sujets culturels, bien sûr, qui m'ont beaucoup immobilisée. Et puis, la relation au commerce, à l'entrepreneuriat. On avait une défiance du maire de Lille de plus en plus prononcée envers les commerçants, les artisans de la ville. Et tous ces sujets-là ont fait que, vers 40 ans, au moment de m'engager ou pas dans cette liste municipale, j'ai choisi de rester à la SNCF et de me dissocier avec des sujets aussi de valeur, d'injustice qui me posaient problème.
Alors, vous avez poursuivi votre carrière à la SNCF comme directrice des relations publiques à l'époque. Et puis, un jour, en 2016, en descendant les escaliers dans le métro, je crois, vous êtes gravement blessée au mollet. Ça a été une épreuve longue, difficile, je crois, pendant un peu plus d'un an et demi. Vous êtes restée en fauteuil roulant ou avec des béquilles. C'est une épreuve qui vous a changée, vous diriez ?
C'est une épreuve qui, heureusement, a été temporaire. Je ne le savais pas à l'époque. J'ai eu un moment où je me disais que je ne remarcherais jamais normalement. Mais qui m'a fait vivre ce que beaucoup de personnes en situation de handicap vivent. Ne pas pouvoir se déplacer librement, dépendre des autres, devoir organiser sa vie physiquement et dans ses mobilités très différemment.
Vous dites que ça m'a créé de la colère en vous.
Ah oui, j'étais en colère tout le temps parce qu'on se sent impuissant. On ne peut pas décider soi-même. On a besoin de ses enfants, de son mari pour faire les choses quotidiennes de la vie. Ça renverse un peu les relations familiales, professionnelles. À la SNCF aussi, ça a été un moment difficile. Même si j'avais des solidarités des collègues et que c'est une entreprise qui est plutôt très bienveillante et accompagnante quand on a une difficulté de santé. Moi, ça m'a surtout beaucoup appris sur le rapport au temps, le rapport aux gens. Et j'ai été beaucoup plus attentive aux autres. J'essaye de conserver ça, même à la vitesse politique à laquelle on agit aujourd'hui.
Alors, vous avez fini, heureusement, par vous en remettre. Et le 22 janvier 2018, vous êtes apparue au premier rang des voeux de l'opposition municipale à la maire de Lille, donc les voeux de la droite. Alors, le message est clair. Vous entrez en politique. Et alors là, vous le faites contre celle auprès de qui vous avez grandi. C'est une décision que vous avez mûrie pendant votre convalescence ? C'est quelque chose qui vous trottait dans la tête ?
En fait, l'engagement politique, il m'a titillée, on va dire, au moment où Emmanuel Macron, en 2016, s'est engagé et a proposé cette nouvelle offre qui faisait confiance à la société civile, qui était dans le déplacement des clivages. Et dans tout cet élan des présidentielles, puis des législatives, moi, j'étais dans ma convalescence. Donc, effectivement, j'ai lu beaucoup. Et tout ça m'a permis, effectivement, à un moment, avec les rencontres des Lillois qui m'ont accompagnée, d'oser, proposer plutôt une offre politique nouvelle, celle de la majorité présidentielle, à Lille pour les Lillois et pour la métropole lilloise.
C'était un moment, effectivement, un peu surprenant pour certains, mais qui était déjà bien mûr chez moi depuis de nombreuses années.
Alors, avant de pouvoir vous présenter face à Martine Aubry au municipal, vous avez quand même dû vous imposer dans votre propre camp, parce qu'il y avait la députée LREM de l'époque, Valérie Petit, qui voulait aussi se présenter. Vous l'avez battu lors de l'investiture. Vous l'avez à nouveau battu quand il a fallu briguer l'investiture aux législatives. La campagne, ces deux campagnes, se sont déroulées dans un climat très tendu. Vous assumez une forme de dureté en politique ?
Non, je dirais plutôt que je subis une forme de dureté et de violence en politique. Pendant la campagne municipale, notamment, on a vu beaucoup de violences verbales, psychologiques, physiques, voilà, à mon local de campagne, des menaces de mort, beaucoup de diffamations sur les réseaux sociaux. Mais ça, c'est ce que beaucoup d'élus aujourd'hui rencontrent. On le voit. Moi, je pense qu'on est dans une ville, dans un territoire qui était très tenu par un système. C'est les baronnies dans les grandes villes françaises. Et nous, on apporte aujourd'hui, avec la majorité présidentielle, une nouvelle offre politique. Et tout ça, effectivement, ça dérange.
Donc, quand on dérange, on doit se battre un peu. Moi, j'estime que je l'ai fait avec des bonnes armes.
Il y a quand même un côté dur chez vous. Enfin, se présenter, parce que vous vous êtes présenté, donc, au municipal, face à Martine Aubry. Vous avez perdu, hein. Vous avez fait quand même plus de 20%, je crois, au second tour face à elle. Mais c'est quand même dur de se présenter face à celle qui vous a fait grandir, qui vous a introduit dans le milieu politique. Vous comprenez qu'elle se soit sentie trahie, Martine Aubry ?
Moi, je ne me suis jamais présentée pour être contre. Je me suis présentée avec un vrai projet collectif. Tout le projet municipal qu'on a construit, c'était avec l'ensemble des associations, des acteurs de la société civile, des commerçants, des infirmiers, des profs, qui étaient à mes côtés des chefs d'entreprise et qui avaient envie de changer le visage de l'île et sa vision métropolitaine.
Donc, il ne s'agissait pas de tuer la mère. On dit souvent tuer le père en psychologie.
Non, c'est surtout porter ma ville. Porter ma ville. Je suis lilloise. Je suis lilloise depuis toute petite. J'ai fait l'école à l'île. J'ai fait le conservatoire à l'île. Je pense qu'on peut promouvoir aujourd'hui une candidature pour avoir un maire de l'île qui porte une vision de la ville et de la métropole très ambitieuse, avec une vraie vision municipale et nationale pour notre ville de l'île.
Alors, vous ne faites pas de cadeau en politique, malgré tout. Mais la politique, vous l'avez dit, vous ne faites pas de cadeau non plus. Il y a eu ces incidents pendant la campagne des municipales lors de vos réunions publiques. Il y a eu d'autres événements. Pendant la réforme des retraites, une fois élu député, il y a des manifestants qui se sont présentés devant votre domicile, avec des drapeaux, des banderoles, mais aussi avec des parpaings et du ciment. Alors, ces manifestants qu'on voit, ils ont muré la porte d'entrée de votre domicile. Et puis, il y a ces chants qu'on vient d'entendre. Tout le monde déteste les spillboots. Comment est-ce que vous avez vécu ce moment ?
Alors, je vais juste rectifier le chant. Bien écouter, on l'a réécouté plusieurs fois, y compris avec la police, c'est tout le monde déteste violette spillboot. Pour moi, c'est très important. Violette, d'accord. C'est très important pour ma famille. C'est très important pour ma famille, pour mes filles, parce que c'est assez émouvant d'entendre le chant plus que le mur. C'est ça qui a tourné sur les réseaux sociaux. C'est ça qui a heurté beaucoup ma famille, qui rentre dans l'intime, qui rentre dans le jugement personnel, alors que l'engagement politique, c'est le mien. C'est celui de la femme violette spillboot. Parce que l'une de vos filles était présente dans la maison.
Voilà, mes filles n'ont rien demandé. Celle qui était présente non plus. Elle avait un examen du bac l'après-midi. Ce genre d'action qui se veut symbolique est en réalité une vraie violence psychologique. Et ce que moi j'ai vécu, on n'est pas dans la violence physique là, ce que j'ai vécu, c'était extrêmement fort, c'est extrêmement fort pour ma famille. Et je crois que là, c'est vraiment ce genre d'actes qui sont en plus revendiqués ou non dénoncés par des syndicats, comme la CGT à Lille. Moi j'ai écrit à Sophie Binet, et elle ne m'a pas répondu pour dénoncer cet acte à mon domicile. C'est le symbole qu'on a dépassé une borne, celle du domicile et de la sphère privée des élus.
Et moi je porte beaucoup de propositions avec mes collègues députés pour apporter des solutions à la protection et à la sécurité des élus et de leur famille.
Allez, on va passer au quiz après un moment un peu plus léger. Si vous voyez bien, il s'agit de compléter des phrases que je vais commencer. On y va. Le plus dur quand on est porte-parole.
C'est d'être convaincu tout le temps, partout.
Et d'être convaincu de la parole que vous devez porter.
Oui, parce que parfois on a des doutes, parfois on n'est pas d'accord et on doit être loyal. Donc c'est un exercice que j'espère faire avec beaucoup de sincérité et d'authenticité.
Vous êtes porte-parole du groupe Renaissance, ici à l'Assemblée. Pour les prochaines municipales à Lille,
je serai, si tout va bien, candidate à la mairie de Lille. Ce n'est pas une annonce officielle, mais c'est en tout cas un projet que je porte et que je continue de porter avec le collectif Faire respirer Lille autour de moi.
Enfin, quand les gens me comparent à Brie Van de Kamp. Est-ce que vous connaissez Brie Van de Kamp ?
Oui, je connais. Le personnage de Desperate Aswise. Quand on me raconte ça, c'est souvent un qualificatif physique. Donc je le prends plutôt comme un compliment. Je sais qu'elle a mauvais caractère. Mais pas sur sa personnalité alors. Après, voilà, je pense que le sujet, c'est l'engagement politique et ce n'est pas être acteur de cinéma.
Merci beaucoup, Violette Spilboot, d'être venue dans La Politique et moi.
Merci.
Violette Spillebout