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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 8 avril 2026 63 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Iran : la guerre du pétrole a commencé... - C dans l’air - 09.03.2026

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Que peut-on dire de M.Khamenei, le nouveau Guide suprême iranien ?

  • 4:18OuverteRéponse directe

    La nomination du nouveau Guide est-elle un pied de nez aux Américains et Israéliens ?

  • 6:24OuverteRéponse directe

    Sur cette lecture de l'organisation à la tête du régime, qui conditionne la stratégie militaire sur le terrain ?

  • 7:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que l'intervention du président Macron auprès de son homologue iranien raconte ?

  • 9:21OuverteRéponse directe

    L'Iran n'a plus de stratégie ?

  • 11:32OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui fait que vous vous dites que ce n'est pas tenu, qu'il n'y a pas de logique dans les frappes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:51A.LevalloisFait
    « M.Khamenei est proche des Gardiens de la révolution. Il s'agit véritablement d'une continuité. Il n'y a pas de rupture. »
  • 7:52D.BenoitFait
    « Le président Macron a parlé au président iranien, au Premier ministre israélien Nétanyahou ainsi qu'à D.Trump. On voit que la France essaye de jouer les médiateurs. »
  • 12:59B.NétanyahouFait
    « Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger nos citoyens et notre communauté. »
  • 13:42B.NétanyahouFait
    « Quant aux prochaines étapes en Iran, nous disposons d'un plan méthodique avec de nombreuses surprises pour déstabiliser le régime et ouvrir la voie au changement. »
  • 15:52Chiffre
    « Le prix du baril de Brent a brièvement dépassé les 118 dollars. »
  • 21:46P.GélieChiffre
    « L'Iran exporte 80 % de son pétrole vers la Chine. »
  • 22:29A.LevalloisFait
    « Jusqu'à quel point les gouvernements occidentaux vont pouvoir supporter un prix pareil ? On sait que dans le cas de Trump, c'est son talon d'Achille. »
  • 26:21E.MacronFait
    « Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée. »
  • 30:37C.RouxChiffre
    « Le président Trump envisagerait de saisir l'île de Kharg, qui gère plus de 90 % des exportations de pétrole iranien. »
  • 36:56Fait
    « Chypre a été le 1er pays membre de l'UE à essuyer une frappe de la riposte iranienne. »
  • 39:07R.T.ErdoganFait
    « En ces jours difficiles que traverse notre région, nous ne laissons rien au hasard en ce qui concerne la sécurité de nos frontières et de notre espace aérien. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

Appelez le 0 800 05 06 07. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. C'est un tournant dans la guerre. Cette fois-ci, ce sont les infrastructures énergétiques qui sont prises pour cibles à Téhéran. Hier, des dépôts pétroliers et des sites logistiques ont été frappés, plongeant la ville dans un épais nuage noir. Les Iraniens aussi ont ciblé des complexes pétroliers dans les pays du Golfe. A cela s'ajoute le blocage du détroit d'Ormuz. Depuis ce matin, le marché du brut s'affole avec une augmentation des prix qui touche le pétrole, mais aussi le gaz. Le baril a franchi la barre des 100 dollars et les Iraniens ne comptent pas en rester là. Ils menacent désormais de frapper tous les centres économiques du Moyen-Orient. Aux Etats-Unis, la désignation de M.Khamenei pour prendre la relève à la tête du régime ne passe pas. D.Trump affirmait à l'instant avec ses mots à lui qu'il n'était pas content de son élection, lui qui avait réclamé de participer au choix du successeur. Avec nous pour parler de tout cela, F.Chauvancy, ancien

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officier ayant servi à l'Otan. P.Gélie, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du "Figaro". Je cite votre édito: "D.Trump, l'art de la guerre à l'envers." A.Levallois, vous êtes spécialiste du Moyen-Orient et vice-présidente de l'Institut de Recherche et d'Etudes Méditerranée Moyen-Orient. D.Benoit, vous êtes la cheffe du pôle international à l'AFP à Paris. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. Nous allons commencer par la succession. C'est le fils d'A.Khamenei qui est donc installé comme Guide suprême en Iran. D.Trump n'est pas content. Que peut-on dire de M.Khamenei? - A.Levallois: D'abord, que cette nomination était attendue. Il est dans le sillage de son père depuis des années. Ca fait des années que son nom circule. Son père était déjà malade et très vieux, mais il était opposé à ce que son fils lui succède, considérant que l'Iran n'était pas une république héréditaire. Khamenei ne voulait pas mettre en place le même système que celui du shah. Il y avait donc d'autres prétendants, notamment l'ancien président de la République, qui est mort

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dans un accident d'hélicoptère il y a quelques années. Il y avait aussi le petit-fils de Khomeiny, le premier Guide suprême de la Révolution islamique. Mais ce qui est à mon avis le plus important à retenir dans ce choix qui a été fait, c'est que M.Khamenei est proche des Gardiens de la révolution. Il s'agit véritablement d'une continuité. Il n'y a pas de rupture. Les religieux n'étaient pas d'accord pour que ce soit lui, parce qu'il n'a pas tous ses diplômes en religion. Ce n'est pas le plus compétent en la matière. Mais les religieux n'ont pas eu le dernier mot. Cette nomination a d'ailleurs mis beaucoup de temps. On attendait depuis mercredi.

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Signe qu'il y a eu des débats et des discussions au sein de ce fameux comité des experts qui rassemble 88 personnes, élues par les Iraniens. Il y a donc eu des tensions au sein de ce groupe. Finalement, c'est la tendance dure qu'il incarne. Dans le contexte de cette guerre, le fait qu'il soit proche des Gardiens de la révolution et un conservateur clair et net, ça montre qu'on est dans la continuité. - C.Roux: C'est aussi un message envoyé aux Américains et aux Israéliens, qui voulaient participer au choix du successeur. - A.Levallois: Les Iraniens ne pouvaient pas accepter cette idée. Mais en le choisissant, lui, ils disent: "On est maîtres chez nous." Ca montre aussi que les institutions arrivent encore à fonctionner, malgré tout. C'est un signal envoyé aux Américains et aux Israéliens.

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- C.Roux: Quelques réactions entendues dans les rues de Téhéran après la nomination. ... C'était après la nomination. Ce matin, il y a eu des appels du régime à manifester pour soutenir la nomination du nouveau Guide suprême. Que retenir de la stratégie iranienne, P.Gélie? C'est un pied de nez? Le message à l'adresse des Israéliens et des Américains, qui voulaient participer à la nomination du successeur... Le régime veut montrer que ça tourne encore? - P.Gélie: Oui.

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A mon avis, c'est un choix de temps de guerre. On choisit quelqu'un qui, en lui-même, représente une sorte de tabou, comme le disait A.Levallois. Un régime héréditaire, dans une théocratie, dans une révolution islamique, c'était tabou. Mais l'avantage que présente M.Khamenei, du point de vue du fonctionnement du système... Il est légitime dans les 2 voies. Ces derniers jours, il a perdu non seulement son père, flingué par les Israéliens, mais aussi sa mère, sa femme,

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son fils, sa nièce, sa soeur... Il a toutes les raisons possibles, outre le fait qu'il a une réputation de quelqu'un de très idéologique et même de plus violent que son père... Si un personnage comme celui-là choisissait d'ouvrir la discussion et d'avoir une démarche modérée avec les Américains, il serait relativement crédible. S'il choisit plus probablement, comme on s'y attend, la voie dure... A peine sa nomination entérinée, les bombardements sur les pays voisins ont repris. On est apparemment clairement dans une logique de régime dur.

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Il est là aussi parfaitement légitime. En fait, il dirigeait le bureau de son père et il connaît tous les rouages. Il est très proche des Gardiens de la révolution et du système sécuritaire. Il ne faut pas attendre, a priori, à ce que ce soit un ramollissement du régime. Mais si ça devait être une ouverture vers les Américains, il aurait aussi une certaine crédibilité. - C.Roux: On essaie d'analyser jour après jour ce qui peut se passer à la tête du régime. Peut-être un mot sur le président iranien, qui a discuté avec E.Macron. C'est un des rares leaders européens à avoir discuté avec le président iranien... Quelques heures avant, il s'était excusé

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auprès des pétromonarchies, en disant: "Ce n'est pas vous qui êtes visés." Il a été démenti par les faits quelques heures plus tard. Qu'est-ce que ça raconte, l'intervention du président de la République? - D.Benoit: Sur les discussions du président Macron avec son homologue iranien, on est dans la posture classique, diplomatique, de la France qui se revendique être une puissance d'équilibre et qui insiste pour parler toujours à toutes les parties. Dans cette séquence diplomatique,

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le président Macron a parlé au président iranien, au Premier ministre israélien Nétanyahou ainsi qu'à D.Trump. On voit que la France essaye de jouer les médiateurs, même si on sait bien qu'elle n'est qu'une puissance moyenne et qu'au Moyen-Orient en particulier, elle n'a pas le poids requis pour se faire entendre, d'Israël comme des Etats-Unis. Après, sur ce qu'a dit le président ce week-end pour essayer de tempérer ces frappes constantes sur les voisins du Golfe... C'est intéressant. Il explique en réalité qu'il y aurait des groupes militaires qui auraient pris une forme d'autonomie et qui agiraient en fonction

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des directives données par feu A.Khamenei, qui étaient de taper les voisins. Il avait dit qu'en cas de frappes, le conflit s'élargirait aux pays du Golfe. Il n'a pas forcément le contrôle sur l'appareil sécuritaire qui est en train de taper les voisins. C'est intéressant. Ca peut vouloir dire que les Gardiens de la révolution sont vraiment en train de prendre le dessus. Ils étaient déjà extrêmement puissants, évidemment, mais ils prennent le dessus sur cette offensive qui ne s'arrête pas. Ca a encore continué aujourd'hui avec des frappes sur le Bahreïn, des tentatives de frappes sur l'Arabie saoudite.

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- C.Roux: Et toujours des frappes sur Israël. F.Chauvancy, sur cette lecture de l'organisation à la tête du régime, qui conditionne la stratégie militaire sur le terrain? - Gal F.Chauvancy: Je pense que l'appareil est complètement déstructuré, même s'il y a une nomination. Je rejoins ce qui a été dit. Il y a une déconcentration, sinon une décentralisation du pouvoir militaire. Les chefs militaires sont laissés à eux-mêmes. Ils ont dû recevoir des directives avant. Il n'y a pas de contrordre. A mon avis, La chaîne de commandement est cassée et chaque chef dans son coin peut faire sa petite attaque de missiles ou de drones. - C.Roux: L'Iran n'a plus de stratégie? - Gal F.Chauvancy: Pour moi, il n'y en a pas.

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S'il y avait une stratégie, on pourrait imaginer une issue. Taper un peu partout avec un missile par-ci, trois drones par-là... J'ai du mal à comprendre. Je vois plutôt un chaos, mais même pas organisé. Même ce chaos voulu par les Iraniens initialement n'est aujourd'hui pas appliqué dans la réalité. - C.Roux: On voit cette guerre avec nos yeux à nous. Il y a parfois des missiles et des tirs qui arrivent jusqu'à Chypre. Quand vous regardez l'étendue des frappes et les cibles touchées,

10:48

qu'est-ce qui fait que vous vous dites que ce n'est pas tenu, qu'il n'y a pas de logique? On va beaucoup parler du fait que désormais, ce sont des sites pétroliers, des sites énergétiques qui sont frappés, y compris par l'Iran. - Gal F.Chauvancy: C'était déjà le cas depuis plusieurs jours. Il y a un déchaînement de violence, mais erratique. Est-ce que les Iraniens ont les moyens de frapper autant Israël qu'ils voudraient? Ont-ils autant de missiles de moyenne portée?

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Ont-ils encore des lanceurs? Si ces commandants iraniens se rabattent sur le sud du Golfe arabo-persique, c'est peut-être qu'ils n'ont pas d'autre moyen pour faire entendre leur frustration, leur volonté de se battre. Nous avons là un affrontement typique de la volonté iranienne de ne pas céder, de ne pas être battue, de faire le plus de dégâts possible en face, et de l'autre côté, D.Trump et B.Nétanyahou. Nous sommes dans l'affrontement des volontés traditionnelles. On verra qui cédera le premier. Ce régime va faire durer la guerre autant qu'il le pourra. Autant Israël continuera, autant D.Trump sera peut-être contraint de mettre un peu les pouces, au bout de quelques semaines,

12:16

car il verra que ça n'aboutit pas sur le terrain. - C.Roux: Ce week-end, il a dit qu'il se battrait jusqu'à la capitulation. En tout cas, les pays du Golfe font face à des frappes iraniennes visant les infrastructures énergétiques. A cela s'ajoute le blocage du détroit d'Ormuz. Le pétrole et le gaz se sont envolés. - Une explosion suivie d'immenses panaches de fumée ocre dans le ciel de Téhéran. Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël frappe 4 dépôts pétroliers et un site logistique d'hydrocarbures. Les habitants filment les flammes qui se propagent.

12:59

- Depuis la fin de l'autoroute et à perte de vue, tout est en train de brûler. - Très vite, dans les rues de la ville, des explosions en cascade. Les autorités appellent la population à rester confinée. - L'air est rempli d'essence, de gaz et de vapeur. Le secteur est incroyablement dangereux. C'est comme une bombe à retardement. - Cette attaque contre des réserves de carburant est une première depuis le début de la guerre. Un coup de plus porté par Israël à l'Iran, pour anéantir le fonctionnement de ses infrastructures. - B.Nétanyahou: Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger nos citoyens et notre communauté.

13:42

Quant aux prochaines étapes en Iran, nous disposons d'un plan méthodique avec de nombreuses surprises pour déstabiliser le régime et ouvrir la voie au changement. - Une guerre des nerfs dans laquelle l'Iran semble bien décidé à ne rien lâcher. - A la suite du vote décisif des membres de l'Assemblée des experts, l'ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei a été nommé et présenté comme le 3e Guide de la République islamique d'Iran. - Quelques heures après les frappes contre les dépôts pétroliers,

14:25

le régime annonce que M.Khamenei, le fils d'A.Khamenei, a été désigné comme nouveau Guide suprême. Israël avait déjà prévenu que le prochain dirigeant serait une de ses cibles privilégiées. Les opposants au régime, cloîtrés chez eux, crient leur colère. ... - Les partisans de Khamenei, au contraire, descendent dans la rue pour exprimer leur joie et leur soulagement. - Parmi tous les candidats possibles, c'est lui qui était le plus méritant et qui se rapprochait le plus du dirigeant défunt. - Une nomination aux allures de provocation et des frappes qui se poursuivent contre des cibles stratégiques dans les pays du Golfe. Là aussi, les infrastructures énergétiques sont particulièrement visées.

15:09

Attaque au Qatar le 2 mars contre cette usine de liquéfaction de gaz de la compagnie nationale... Le même jour, en Arabie saoudite, contre cette raffinerie de pétrole. A Bahreïn ce matin, au tour de ce complexe d'être touché. L'objectif de Téhéran est de perturber l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, déjà mis à mal par le blocage du détroit d'Ormuz. 200 pétroliers y sont actuellement immobilisés. Les équipages vivent la guerre depuis la mer. - De nombreux avions de combat volent en ce moment au-dessus de nos têtes. Nous sommes comme le filet d'une table de ping-pong, juste au milieu. Ils se renvoient la balle. - Conséquence de ce blocage prolongé: les cours du pétrole s'envolent.

15:52

A l'ouverture des marchés ce matin, le prix du baril de Brent a brièvement dépassé les 118 dollars. Une première depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine. Un mal nécessaire, défend D.Trump sur son réseau social. ... Le spectre d'une crise énergétique mondiale, dans un contexte où l'intensité de la guerre ne faiblit pas. Après 10 jours de conflit, l'armée israélienne continue de pilonner l'Iran et la banlieue sud de Beyrouth. La République islamique continue de lancer des missiles,

16:37

notamment vers l'Etat hébreu. Les frappes ont fait aujourd'hui 2 morts à Tel-Aviv. - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: Excellente question. J'ai du mal à ne pas voir une planification quelconque de cela. Ca fait quand même 50 ans qu'on dit que le détroit d'Ormuz est en danger et on n'est pas capables aujourd'hui d'avoir pris des mesures anticipatoires pour savoir ce qu'on ferait si ça arrivait. Je vois mal comment on le ferait aujourd'hui. Je vois mal les moyens. Je ne comprends pas qu'on n'ait pas prévu. On en parle tous les ans. - C.Roux: Comment on aurait pu prévoir? - Gal F.Chauvancy: Quand on a un objectif potentiel, on fait de la planification.

17:21

On met les moyens en attente. Le jour où ça se produit, on peut les mettre en oeuvre en s'adaptant aux circonstances. Là, on n'a rien. Avec le groupe aéronaval américain en mer d'Oman, je pensais qu'on pouvait interdire les Iraniens de porter préjudice à la libre circulation. En fait, il n'y a rien. Quand on regarde la carte, ce n'est pas si facile que ça. Maintenant, il y a quand même des moyens de coercition. Peut-être qu'une occupation d'une partie est de l'Iran, à l'est du détroit d'Ormuz, aurait été une solution. Mais il aurait fallu avoir des forces terrestres, qui ne sont pas là. Donc on a un problème. - P.Gélie: C'est un peu ça, la guerre à l'envers!

18:05

C'est-à-dire une guerre où on n'anticipe pas ce qui est pourtant naturel, comme conséquences du déclenchement du conflit. Trump fait la guerre à l'envers dans les 2 sens. D'une part, il fait l'inverse de ses prédécesseurs, qui étaient tous grosso modo à suivre la doctrine Powell, datant de la première guerre du Golfe. Ultimatums, négociations politiques, comptes à rebours, force maximale... Avec des buts politiques clairs qui doivent être martelés et vendus à l'opinion américaine. Là, rien de tout cela. Aujourd'hui, vous parlez du détroit d'Ormuz à juste titre, mais il faut une coalition. Il n'y a pas assez de bateaux américains

18:49

pour sécuriser le détroit d'Ormuz. Et il y a zéro coalition! - C.Roux: E.Macron a pris la parole après le déclenchement du conflit. Il réclame une mission défensive et une coalition pour assurer le trafic maritime. - P.Gélie: Strictement défensive, en plein milieu d'une guerre, ça paraît difficile à combiner. Soit on met en place des dispositifs maintenant pour éviter un choc pétrolier ou une crise pétrolière mondiale, et on entre dans la guerre, car il faut dire les choses comme elles sont... Soit on attend que la guerre soit finie et on le fait après, mais ce sera moins utile. - C.Roux: Quand on parle de coalition, de mission défensive, pour rouvrir le détroit d'Ormuz, les voies maritimes, à quoi ça ressemble?

19:34

On a des bateaux français, des frégates qui escortent des pétroliers? - D.Benoit: C'est tout à fait ça. Ce serait des bâtiments militaires français ou autres, européens, qui escorteraient les tankers ou les porte-conteneurs tout le long de ce passage très délicat. Mais le président Macron lui-même a admis que cette possibilité ne serait envisageable qu'après le pic du conflit, dont on ne sait pas quand il va intervenir. On revient en fait, finalement, à un grand classique: la menace asymétrique. On est face à des armadas tout autour, et en face, vous avez

20:17

des drones de surface, des navettes rapides, des petites embarcations des Gardiens de la révolution qui leur permettent d'être armés et de viser les conteneurs ou de poser des charges explosives sur les coques. Tout ça, ce sont des petits moyens face aux Etats-Unis ou à des pays européens, mais ça fonctionne. - C.Roux: Militairement, les Américains n'ont pas la capacité de rouvrir le détroit d'Ormuz? - Gal F.Chauvancy: Il n'y a pas beaucoup de moyens. Le groupe aéronaval, c'est 6 navires dont un porte-avions. Ca ne suffit pas. On parle de drones, mais il faut aller les chercher. Ils viennent aussi de la terre ferme. Aujourd'hui, l'option terre ferme n'a manifestement pas été prise en compte.

21:01

Il y a donc une faiblesse dans le dispositif. - P.Gélie: La question, c'est: est-ce que vous êtes prêts à perdre un bateau pour faire ça, à prendre le risque de voir une frégate couler? - C.Roux: En sachant que la pression économique de la limitation du trafic s'exerce davantage sur la Chine et les pays asiatiques... C'est ce que disait tout à l'heure T.Porcher. - P.Gélie: Mais les bateaux chinois passent. - C.Roux: C'était la prochaine question. - P.Gélie: L'Iran exporte 80 % de son pétrole vers la Chine. Les bateaux qui passent aujourd'hui sont les bateaux chinois

21:46

et quelques bateaux appartenant à une sorte de flibustier de la flotte marchande grecque, qui a réussi à faire passer 4 ou 5 bateaux en débranchant les transpondeurs des navires et en faisant prendre des risques considérables à ses marins, mais qui sont payés double. - C.Roux: Une déclaration ce matin du porte-parole des Gardiens de la révolution sur ce sujet, précisément. "Si vous pouvez tolérer un prix du pétrole supérieur à 200 dollars le baril, continuez comme ça." Il est là, le levier. - A.Levallois: Ils peuvent dire des choses comme ça, sachant que les conséquences sur les Européens et les Occidentaux sont extrêmement lourdes. Jusqu'à quel point les gouvernements occidentaux

22:29

vont pouvoir supporter un prix pareil? On sait que dans le cas de Trump, c'est son talon d'Achille. Aux Etats-Unis, la question du prix de l'énergie est très importante. Pour l'instant, Trump joue un peu les fanfarons... - C.Roux: Il a balayé tout ça d'un revers de la main. - A.Levallois: Mais depuis le début, il dit que sa préoccupation, c'est que les prix de l'énergie et de l'essence n'augmentent pas. Là, il va forcément y avoir une augmentation, même si les Etats-Unis sont exportateurs. Ce sera dur de dire que les prix sont à tel niveau à l'intérieur et autres à l'extérieur... Il y a aussi une pression des compagnies pétrolières

23:13

américaines pour gagner un maximum d'argent. - C.Roux: Il a dit que c'était un tout petit prix à payer pour la sécurité des Etats-Unis et du reste du monde. - A.Levallois: Il faut qu'il justifie ça auprès de son opinion publique et de ses électeurs. - C.Roux: On peut peut-être s'arrêter un instant sur les déclarations de L.Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud, qui a dit aux Israéliens: "Attention, ne frappez pas les infrastructures pétrolières iraniennes. On aura besoin de l'or noir pour la suite." - D.Benoit: C'était présenté de façon un peu différente.

23:56

Le sénateur américain disait à Israël d'éviter ce genre de frappes sur une ressource iranienne dont la population et un éventuel autre régime auraient besoin pour se reconstruire. Mais ce qui est intéressant dans ce message, c'est que ça laisse transparaître un léger désaccord entre les partenaires américains et israéliens sur les buts de guerre. Ca va être à suivre de près. Mais quand on est dans une coalition, il faut bien gérer son partenaire comme on peut. - P.Gélie: Le désaccord porte en partie là-dessus. Les Américains estiment que faire flamber

24:37

des dépôts d'essence en Iran peut contribuer à retourner la population contre l'offensive américaine et resserrer les rangs avec le régime. C'est déplaisant. Il y a quand même 30 dépôts qui ont été bombardés samedi par les Israéliens. Ce n'est pas la première fois qu'on voit une feuille de papier à cigarette entre les alliés, en occurrence Israéliens et Américains. D'abord, quand Trump a dit "les deux gars que j'envisageais pour reprendre la situation, ils ont déjà été tués, mais par qui?", le secrétaire adjoint à la Défense chargé de la politique de défense a dit au Congrès hier que c'était les Israéliens qui les avaient tués.

25:43

La question va se poser à chacune des prochaines étapes de cette guerre: faut-il armer les Kurdes? Faut-il activer les minorités? Faut-il tuer M.Khamenei? Les Israéliens disent que oui. Les Américains disent qu'ils ne l'aiment pas mais pas qu'ils vont le tuer. Il y a vraiment des nuances. Je ne sais pas jusqu'à quand la cohésion de cette mini-coalition va tenir. - C.Roux: E.Macron est à bord du Charles-de-Gaulle cet après-midi. Il s'est rendu à Chypre ce matin. Il dit que la durée de la guerre, ce sera sans doute plusieurs semaines. Il estime que le risque d'escalade existe. Question.

26:21

- P.Gélie: Une cible civile, oui. - D.Benoit: C'est d'autant plus fondamental dans le Golfe que ces pays, dans une des régions les plus arides au monde, sont complètement dépendants du processus de dessalement d'eau de mer. Au point que 70 % de l'eau potable en Arabie saoudite provient de ce dessalement. Ce serait existentiel, si les pays du Golfe étaient privés de ces infrastructures, et bien plus, même, qu'une crise énergétique. C'est absolument fondamental.

27:03

D'ailleurs, l'Iran a frappé une usine de dessalement au Bahreïn ce week-end. Ils accusaient leurs adversaires d'avoir fait la même chose sur une de leurs îles. Il n'empêche que le Bahreïn a été frappé sur une ressource majeure. - Gal F.Chauvancy: Il faut quand même voir qu'attaquer une usine de dessalement, c'est fait par les Iraniens sur un pays arabe. Pour l'instant, les pays arabes n'ont pas pris parti et ne veulent pas prendre parti. Mais l'Iran continue de les taper. On se demande quelle est la stratégie recherchée.

27:45

Je ne vois pas comment les pays arabes peuvent ne rien faire, à un moment donné, surtout s'ils voient leurs usines de dessalement sauter. Ils vont être obligés d'agir. Je suis surpris de voir leur retenue actuellement, alors qu'ils ont les moyens militaires de participer au conflit. Toutes les infrastructures civiles sont sous le coup de frappes... - C.Roux: Depuis le début du conflit, la semaine dernière, on dit que la stratégie de l'Iran est de taper sur les pays du Golfe, pour faire pression sur D.Trump et lui dire d'arrêter. On n'en est plus là? - A.Levallois: Les pays du Golfe se rendent compte qu'ils sont très fragiles. Même s'ils disposent de moyens militaires

28:26

qui leur permettraient de rentrer en guerre, ils savent que les conséquences pour eux seraient trop graves pour leur permettre de le faire. Ils ont bâti toute leur crédibilité sur le fait que c'était des pays stables, où on pouvait faire du business. Tout cela est en train de voler en éclats. Mais s'ils rentraient en guerre directement... L'ambassadeur des Emirats arabes unis a encore dit cet après-midi que c'était hors de question d'entrer en guerre contre l'Iran. Ces pays se sentent tellement démunis face à l'armée iranienne... Aux Emirats arabes unis, sur une population

29:09

De 11 millions d'habitants, vous avez 1 million d'Emiriens. Comment faire face à un pays de 93 millions d'habitants? Les Emirats arabes unis ont signé les fameux accords d'Abraham, donc cette alliance avec Israël. Ils sont particulièrement visés par les Iraniens à cause de ça. Ils font aussi attention dans cette guerre pour ne pas prêter le flanc à des critiques encore plus grandes. Est-ce que les pays du Golfe veulent faire partie de la coalition israélo-américaine? Il y a là une limite. - C.Roux: A un moment, ils vont pourtant devoir bouger.

29:54

- Gal F.Chauvancy: Quand vous recevez 120 missiles par jour depuis 9 jours, il y a quand même un moment où vous devez réagir! - C.Roux: Un mot sur une information trouvée en préparant cette émission. Le président Trump envisagerait de saisir l'île de Kharg, qui gère plus de 90 % des exportations de pétrole iranien et qui serait un point de pression sur le régime de Téhéran. - A.Levallois: C'est sûr que si les Américains prennent ce point, les Iraniens seraient très mal.

30:37

C'est de là que part le pétrole exporté, en particulier vers la Chine, qui est une des ressources de la République islamique. Si elle est dépourvue de cette ressource parce que ce terminal est pris par les Américains, ce serait un choc pour les Iraniens. Ca les affaiblirait sérieusement. - C.Roux: Ironie de l'histoire, la Russie se dit prête à fournir les pays européens en hydrocarbures s'ils en font la demande, selon V.Poutine, qui se tient à bonne distance de ce conflit. Autre information, un média a révélé dimanche que les Etats-Unis et Israël ont discuté de l'envoi de forces spéciales en Iran afin de s'emparer du stock d'uranium hautement enrichi du régime. Est-ce que ça paraît faisable, stratégique?

31:20

- Gal F.Chauvancy: Les Américains sont capables de le faire, mais vu l'immensité de ce pays, l'infiltration énorme... Je vois mal comment ils pourraient arriver au bout. Il faut savoir où sont tous ces kilos d'uranium. - P.Gélie: C'est pas très facile à transporter. - C.Roux: Puisqu'on parlait de renseignements, que pensez-vous de l'information du week-end, de la Russie qui vient au secours de l'Iran pour donner quelques pistes et quelques localisations de points stratégiques américains? - P.Gélie: Du point de vue iranien, les bases américaines dans la région sont des cibles légitimes.

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C'est pourquoi ils tapent sur les pays arabes voisins. Mais ce n'est pas du renseignement comme celui que les Américains donnent aux Ukrainiens, par exemple, en temps réel, sur les mouvements de troupes. C'est la localisation de certaines bases, des choses que l'Iran aurait peut-être pu savoir tout seul, sauf qu'ils n'ont pas de satellites et plus d'aviation depuis longtemps. C'est plus symbolique qu'autre chose, ce coup de main de la Russie. - C.Roux: La porte-parole de la Maison-Blanche a dit que ça n'avait pas vraiment d'importance car l'armée américaine est en train de décimer complètement "le régime terroriste iranien". - D.Benoit: C'est peut-être aussi une volonté de V.Poutine de rendre

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la pareille à son allié iranien. Il faut se rappeler que l'Iran a été très utile en fournissant un nombre incroyable de drones kamikazes Shahed au début du conflit en Ukraine. La Russie n'en produisait pas encore à la chaîne. - C.Roux: Sur la nomination du successeur d'A.Khamenei, son fils, qui a été désigné ou même élu au poste de Guide suprême... La Chine et la Russie ont apporté leur soutien à ce nouveau leader iranien. - A.Levallois: Oui, parce qu'ils soutiennent l'Iran. Pour eux, il y a une continuité dans le système politique. Ca montre que la République islamique

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continue de fonctionner même si elle subit des coups terribles. Ils sont dans la logique de leurs relations, même si ni la Chine ni la Russie ne vont voler au secours de l'Iran. Il faut relativiser ce soutien. Ils approuvent cette élection, ce choix qui a été fait par les experts, mais on voit que ce soutien est relatif. - C.Roux: Il n'y a aucun cas de figure où la Chine et la Russie haussent le ton? - P.Gélie: Hausser le ton... Tout dépend ce que vous voulez dire. Envoyer la flotte chinoise pour débloquer les côtes iraniennes, non. Mais il peut y avoir une montée du ton politique.

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C'est possible. La Russie comme la Chine ont intérêt à ce que Trump s'enlise un bon moment dans ce bourbier moyen-oriental au sens large. Pas seulement l'Iran, mais aussi le reste. Je pense qu'ils regardent l'opération américaine avec un certain plaisir, surtout Poutine. On lui a reproché une "opération militaire spéciale" en Ukraine et on a une opération militaire spéciale américaine en Iran. - A.Levallois: Comme le pétrole iranien arrive quand même à sortir, avec la protection des Gardiens

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de la révolution, pour fournir la Chine... Tant que la Chine arrive à préserver cette voie, elle peut faire quelques déclarations, mais ça n'ira pas plus loin. - P.Gélie: C'est un bénéfice économique pour la Russie, qui a une dispense accordée par l'administration Trump pour vendre son pétrole aux Indiens et qui le vend déjà 50 % plus cher qu'il y a 3 jours. - D.Benoit: Sur la Chine, juste un bémol. Elle aurait du mal à supporter un conflit qui se prolonge et qui déstabilise profondément l'économie mondiale dont elle est un des principaux acteurs. Or, aujourd'hui, cette flambée des prix fait craindre

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un ralentissement de l'économie mondiale et une spirale inflationniste. Ce n'est pas tout à fait dans l'intérêt des Chinois non plus. - C.Roux: "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée." C'est ce qu'a dit E.Macron ce matin. Le chef de l'Etat français s'est rendu sur une base visée par des tirs iraniens. Le président s'est ensuite rendu sur le Charles-de-Gaulle. - A quelques heures de la visite sur l'île d'E.Macron, les sirènes d'alerte ont retenti ce matin à Chypre, sur la base britannique d'Akrotiri, frappée lundi dernier par des drones iraniens. A son arrivée à Paphos, les gestes du président français sont appuyés, pour bien faire passer son message de solidarité. - E.Macron: Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée. Notre objectif est de nous tenir de manière strictement défensive aux côtés de tous les pays qui sont attaqués par l'Iran dans sa riposte, d'assurer aussi notre crédibilité et de contribuer à la désescalade régionale. - Chypre a été le 1er pays membre de l'UE à essuyer une frappe

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de la riposte iranienne lundi dernier, dans cette attaque de la base d'Akrotiri, touchée par 2 drones en pleine nuit. - C'était vraiment terrifiant. On a ressenti cette peur, cette terreur de ne pas savoir quoi faire. On a rassemblé quelques affaires essentielles et on est partis de chez nous pour aller se mettre en sécurité. - Une attaque iranienne en représailles au feu vert donné par les autorités britanniques à l'utilisation de leurs bases par l'armée américaine dans sa guerre contre l'Iran. Londres dispose de 2 bases souveraines sur le sol de Chypre, conservées après l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1960. Pour les défendre dans le contexte actuel, K.Starmer

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annonce envoyer des renforts. - K.Starmer: Nous réapprovisionnons nos systèmes de défense aérienne. Des hélicoptères dotés de capacités antidrones seront à Chypre cette semaine et le destroyer Dragon sera déployé en Méditerranée. - Et la France n'est pas en reste. Dès le lendemain de la frappe, la frégate Languedoc a été déployée à Chypre. Le porte-avions Charles-de-Gaulle est en approche dans la zone, tout comme, depuis hier, un porte-hélicoptères amphibie. - J.-N.Barrot: C'est bien la France qui sauve le nord de l'Europe aujourd'hui, à Chypre, aux côtés du Qatar et des Emirats. Se retrouver à leurs côtés dans cette période difficile de leur histoire, c'est la responsabilité de la France et ça a énormément de valeur.

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- Paris coordonne même un mouvement qui se veut européen. Espagne, Grèce et Italie envoient également des navires. - G.Meloni: Nous déployons une frégate italienne à Chypre dans un acte de solidarité européenne, mais surtout de prévention. Notre position est claire: l'Italie ne fait pas partie du conflit et n'a pas l'intention d'en faire partie. - Ces dernières heures, la Turquie est à son tour poussée à réagir. Ankara vient d'envoyer 6 avions de chasse pour sécuriser la République turque de Chypre du Nord, la partie nord de l'île, qu'elle contrôle depuis 1974. R.T.Erdogan avait condamné l'attaque israélo-américaine

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en Iran, et son pays se trouve désormais sous le feu de la réplique de Téhéran. Un nouveau missile iranien a été abattu ce matin dans l'espace aérien turc, le 2e en 1 semaine. - R.T.Erdogan: En ces jours difficiles que traverse notre région, nous ne laissons rien au hasard en ce qui concerne la sécurité de nos frontières et de notre espace aérien. Nous prenons toutes les mesures nécessaires et intervenons immédiatement s'il le faut. - Tension maximale de la Méditerranée au détroit d'Ormuz. La France va mobiliser à elle seule dans cette large zone 11 navires de guerre, soit près de la moitié de sa flotte de surface. - C.Roux: On va reprendre sur la question turque.

39:51

Question. - Gal F.Chauvancy: On ne comprend pas. La Turquie se défend contre les missiles, mais on dit que c'est l'Otan qui a arrêté les missiles... Il y a une retenue turque et je ne sais pas auprès de qui elle veut agir. Elle serait presque pro-israélienne. Je m'interpelle sans comprendre pourquoi il y a... On pourrait parler du problème kurde. Peut-être qu'il est au coeur du sujet. pourraient armer les Kurdes pour aller peser sur le régime de Téhéran? - Gal F.Chauvancy: Oui. La Turquie réussit aujourd'hui à réintégrer la minorité kurde dans son fonctionnement. On a aussi les Kurdes irakiens, les Kurdes iraniens... Le peuple kurde a une revendication générale pour être un jour un Etat. Tous ces Etats actuels ne veulent pas que ces Kurdes émergent comme une vraie puissance. - C.Roux: La Turquie met en garde l'Iran contre toute action provocatrice à l'instant. Pourquoi l'Iran cible la Turquie? - A.Levallois: C'est l'Otan. La Turquie abrite des bases de l'Otan. Pour les Iraniens, c'est une cible.

41:18

C'est une façon de dire qu'elle est capable de le faire. Elle veut dire à la Turquie: "Restez en dehors de ce conflit." En l'attaquant, elle va quand même le contraindre. Erdogan n'a aucune envie de rentrer dans ce conflit. Il veut rester dans cette position d'être une puissance régionale, au même titre qu'Israël et que l'Arabie saoudite. Les 3 puissances régionales importantes aujourd'hui, ce sont ces trois-là. Comment faire en sorte de garder cette position de puissance régionale sans prendre le risque de rentrer en confrontation avec les conséquences que ça pourrait avoir? La question kurde est dans le calcul. Les Kurdes irakiens sont autonomes.

41:58

Les Kurdes iraniens rêveraient de le devenir. Les Kurdes syriens avaient ce rêve d'autonomie et vont maintenant être intégrés dans le gouvernement syrien. Mais il y a toujours cette volonté de la part des Kurdes syriens d'arriver à une certaine autonomie. Il reste les Kurdes turcs. Pour la Turquie, il s'agit de faire en sorte que tout ce processus ne mette pas en danger, à terme, la stratégie du gouvernement d'Ankara vis-à-vis de cette minorité. Ce sont des hypothèses. Cette lecture de la position turque n'est pas facile à décrypter. - C.Roux: Le président de la République parlait du risque d'escalade.

42:41

Il dit que ce risque existe. Je voudrais qu'on parle de ce qui se passe autour de Chypre. On a évoqué l'envoi de forces militaires françaises et italiennes. La Grèce a aussi envoyé 4 avions de combat à Chypre. Là, ça n'a pas du tout plu à la Turquie. Ankara estime que la Grèce a violé son territoire. Il y a une petite crispation régionale. - P.Gélie: La Turquie craint que, sous couvert d'aider Chypre face à l'Iran, le dispositif grec permette soudain de reprendre le territoire du nord, qui a été conquis par la Turquie en 74.

43:24

C'est presque de bonne guerre. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un vide dans cette partie du monde, en Méditerranée orientale, en grande partie à cause des Britanniques, qui sont absents alors qu'ils ont 2 bases. C'est le territoire britannique. Ils ont la souveraineté. Les Chypriotes sont furieux. Ils sont apparemment très reconnaissants à la France et au président Macron d'avoir réagi rapidement, d'envoyer 8 frégates. On verra ce qu'elles doivent faire, si elles restent en Méditerranée ou si elles vont jusqu'à Ormuz. Les Grecs ont aussi des frégates et les ont dépêchées sur place. - C.Roux: Les Italiens, l'Espagne, les Pays-Bas... - P.Gélie: On est à la veille de décisions cruciales. Ou bien Trump arrête les frais, ou bien ça va monter en puissance de tous les côtés. Je vois mal comment les Européens resteront totalement en dehors de ce conflit qui prend des proportions maritimes, aériennes et peut-être terrestres avec des forces spéciales qui prendraient d'assaut une île... On est à la veille de décisions cruciales. - C.Roux: On entend systématiquement les leaders européens, comme G.Meloni et E.Macron,

44:54

dire qu'ils ne sont pas entrés dans ce conflit. Vous dites qu'avec la présence de forces militaires européennes sur place, ça peut déraper? - P.Gélie: Quand on envoie un porte-avions, une flotte et si on veut s'en servir, à un moment donné, on va être considérés comme actifs dans le jeu militaire global par les Iraniens. D'ailleurs, on va aussi être considérés comme actifs par les Américains, qui auront besoin de l'aide des Européens. Si on met en place ce dispositif pour sécuriser le détroit d'Ormuz, les Américains seront bien contents d'avoir l'aide de flottes européennes. - C.Roux: On retrouve une logorrhée,

45:38

un lexique militaire qui fait un peu penser à ce qu'on entendait au moment de la guerre en Ukraine, sur "c'est une démarche défensive, pas offensive"... Question. - Gal F.Chauvancy: Je suis assez d'accord. Je crois que le président de la République fait tout ce qu'il peut pour éviter que ce soit interprété avec un mauvais sens. Défensif, on peut se demander où ça s'arrête. Ca veut aussi dire être capable de détruire ce qui pourrait vous menacer. Ce qu'on vient d'évoquer, c'est une flotte énorme qui a été déployée, renforcée par des éléments européens. Ca fait longtemps qu'on n'a pas vu une flotte aussi importante

46:22

dans cette Méditerranée orientale qui nous était contestée par les Turcs il y a quelques années. - A.Levallois: Il y a des accords de défense avec les pays du Golfe. On se retrouve du côté des Emirats arabes unis et du Qatar. Les Emirats arabes unis ont toujours considéré qu'ils appréciaient absolument le comportement de la France, qui respecte ses engagements dans le cadre de ces accords de défense. La France avait été du côté des Emirats à la différence des Américains quand les Iraniens avaient touché les installations pétrolières à Abou Dhabi. C'était en 2020, de mémoire. Les Français avaient mobilisé des Rafale,

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ce que n'avaient pas fait les Américains. Les Aboudhabiens nous avaient été reconnaissants. - C.Roux: Pourquoi les Britanniques ne sont pas à Chypre? - Gal F.Chauvancy: Il paraît qu'ils ont un problème dans la marine britannique. Elle n'est pas au top. Normalement, elle devrait être excellente. Ils ont des problèmes de matériel et ils ne sont pas capables d'assurer la mission navale. - C.Roux: "La France a poursuivi des interceptions dans le cadre des partenariats qui sont les nôtres." Ca veut dire quoi? - D.Benoit: Que la France a peut-être déclenché des systèmes de défense antiaériens ou envoyé des chasseurs

47:43

pour intercepter je ne sais quoi, des drones... - C.Roux: Le président n'était pas plus précis que ça. - D.Benoit: On aura peut-être la réponse dans les prochains jours. Ca fait référence à ce que disait Agnès. Nos partenariats stratégiques dans la région, ils nous obligent vis-à-vis de ces pays, de la même façon qu'on a un partenariat stratégique avec Chypre depuis décembre, qui nous oblige également et qui rend logique cette visite du président sur place. En termes d'alliances et de partenariats dans la région, j'ajoute que ces bâtiments militaires français

48:26

qui vont être déployés en Méditerranée orientale sont aussi là pour rassurer le Liban. - C.Roux: On va en parler. Je voudrais juste citer U.von der Leyen. Elle dit ceci. - P.Gélie: A Chypre, au Liban, la France ne peut pas ne rien faire. La guerre contre l'Iran, c'est une chose. Toutes les métastases qu'on voit déjà se développer dans la région... Si on dit à Chypre qu'ils font partie de l'UE et qu'ils doivent se débrouiller et au Liban qu'il doit se débrouiller... Non. Le président Macron essaie d'avoir cette posture à la fois active sans être belliqueuse. Je suis pas certain qu'elle puisse être tenable sur le long terme. - C.Roux: Lorsqu'il dit que le risque d'escalade existe, de quel côté regarde-t-il? Du côté des Emirats arabes unis, des pays du Golfe? Du côté de la Turquie? - Gal F.Chauvancy: L'escalade peut venir d'un détonateur. Par exemple, qu'un vecteur militaire français puisse être frappé dans une occasion quelconque... Est-ce qu'on peut laisser faire? On serait impliqués, à moins qu'il y ait

49:55

une certaine retenue. - P.Gélie: Le nouveau Guide assassiné, c'est une escalade. Un bateau coulé, c'est une escalade. Les Houthis qui, pour l'instant, sont calmes, qui se joignent à la fête, c'est une escalade. Tout ça, c'est potentiellement dangereux. - C.Roux: Le président libanais appelle Israël à des négociations directes. C'est une première. Selon lui, le Hezbollah veut la fin du Liban. La France plaide auprès de B.Nétanyahou pour un cessez-le-feu, sans effet pour l'instant. Israël poursuit ses bombardements au sud du pays.

50:33

On a suivi une équipe d'urgentistes à la frontière. - Ici, le calme n'est qu'apparent. Dans le nord d'Israël, à la frontière avec le Liban, la guerre est toute proche. - Aujourd'hui, on va patrouiller dans la zone 6. Les autres équipes Seront dispatchées tout autour. Il ne va pas falloir rouler trop longtemps à la frontière. Hier, nous avons eu beaucoup de missiles à cet endroit. - Depuis l'entrée du Hezbollah dans le conflit, les secouristes s'organisent. - Il y a 3 points où l'armée israélienne est pour entrer au Liban. On doit savoir où sont ces 3 endroits pour être là si jamais.

51:18

Hier, 2 soldats ont été tués. - Sur la seule journée de samedi, une centaine de missiles et de roquettes a visé le nord d'Israël. Pour les secouristes, l'équipement n'est pas une option. Casque, gilet pare-balles et véhicule blindé. - Une des leçons après le 7-Octobre... Vu qu'on avait très envie d'aller soigner des blessés dans les kibboutz, mais c'était impossible... Ca tirait de partout. On a des blindés avec des unités de combattants secouristes. Comme vous pouvez voir, les portes sont très lourdes. C'est sécurisé.

52:02

- Ce matin, avant même d'arriver dans le premier village... Alerte. - Il y a une alerte. - L'équipe est obligée de s'arrêter près d'un abri. - Ils continuent. Ca tape. Regarde. - On dirait qu'il a été intercepté. On ne le voit plus. - Le quotidien d'un pays en guerre. Ces hommes y voient un message de M.Khamenei, le nouveau Guide suprême iranien. - Son programme n'est pas de faire la paix ou de se calmer. C'est de continuer à faire ce que son père faisait. - C'est le message? - Oui.

52:46

- Le nord du pays n'a pas été évacué cette fois-ci. Beaucoup d'habitants ont fait le choix de rester chez eux. - Comment ça va? - Les secouristes patrouillent de village en village. - Ils viennent voir si on se sent en sécurité. La seule chose qui nous importe, ce sont les bombes qui tombent sur le village. Les bombes tombent, puis il y a les alarmes. Nous n'avons pas le temps de nous mettre à l'abri. C'est la seule chose qui nous fait peur. Il y a des enfants, ici.

53:31

- Je pense que le peuple israélien se sent en sécurité parce que le gouvernement fait quelque chose. On a vu que Khamenei a été tué. Ils ont lancé l'attaque sur l'Iran. Je pense que le peuple fait confiance au gouvernement. Bien plus que lors du 7-Octobre. - Dans les villages du nord du pays, l'espoir de retrouver bientôt le calme. - Tu vois cette montagne? C'est les monts Nephtali. A gauche, c'est là où les 2 soldats ont été tués. - Les habitants comptent sur l'investissement durable des Etats-Unis, mais pas seulement. - Je suis surpris que l'Europe ne suive pas les Etats-Unis. La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne... On a besoin de faire cette guerre, pas seulement pour Israël mais aussi pour l'Europe. - Les soldats israéliens se sont positionnés dans le sud du territoire libanais. Le gouvernement espère créer une zone tampon pour protéger sa population.

54:54

- C.Roux: Nous parlions du rôle de la France. On parlait du Liban. Le président est très engagé là-dessus. Le chef d'état-major des armées s'était rendu sur place en fin de semaine dernière. Que peut-on espérer de la situation au sud du Liban quand on voit la détermination d'Israël à en finir avec le Hezbollah? - D.Benoit: Je crois que ça a été le sujet de conversation principal entre le président Macron et B.Nétanyahou ce matin. Il semblerait que le Premier ministre israélien soit déterminé à aller jusqu'au bout et à exploiter Cette occasion, provoquée par les roquettes du Hezbollah le 2 mars, pour en finir une fois pour toutes avec cette milice pro-iranienne. Il va être très difficile pour le président Macron, comme pour le président libanais, de convaincre Israël d'arrêter

55:39

et de tenter de laisser faire l'armée libanaise pour mettre en application le désarmement du Hezbollah, qui était prévu par le cessez-le-feu, qui est malheureusement inopérant. - C.Roux: Le président libanais appelle Israël à des négociations directes. Ca ne se produit pas tous les 4 matins. - A.Levallois: C'est une nouveauté. Le gouvernement libanais est coincé. Il en veut beaucoup au Hezbollah d'être entré en guerre, comme la population libanaise, qui n'en peut plus. Au sein de la communauté chiite, il y a aussi des tiraillements. Une grande partie de la communauté chiite ne suit pas le Hezbollah dans cette affaire. Le gouvernement libanais est conscient que la seule solution est de pouvoir négocier avec Israël pour dire à Israël:

56:21

"D'accord, on désarme le Hezbollah et on arrête cette guerre." Le gouvernement libanais sait très bien que sinon, l'armée israélienne va continuer. Elle n'arrivera pas à faire disparaître le Hezbollah. Le Hamas est toujours là après 2 ans et demi de guerre à Gaza. Le gouvernement libanais se dit que la seule solution pour éviter que le pays soit détruit, comme ça commence à être le cas... Il faut discuter directement, même si c'est un renversement total d'un point de vue de la stratégie. - C.Roux: La France peut être entendue sur la situation du Liban? - P.Gélie: Si E.Macron a l'oreille de B.Nétanyahou et s'il peut le convaincre de quoi que ce soit...

57:06

Il y a vraiment une chance à saisir au Liban. Le soulèvement populaire qu'on ne voit pas se profiler en Iran, il est potentiellement là au Liban, contre le Hezbollah. Il y a vraiment un ras-le-bol de la population. Il y a un moment à saisir à la fois pour Israël, pour les autorités libanaises... Je pense que le président français a dû plaider. Le président libanais a demandé à la France des armes pour l'aider à faire face à Israël et à désarmer le Hezbollah. L'armée libanaise n'est pas assez puissante pour le faire seule. Il y a une partie assez subtile à jouer qui pourrait débarrasser le Liban, qui souhaite en être débarrassé, du Hezbollah.

57:51

Et du coup, débarrasser Israël de cette force politique. Si la population ne s'en mêle pas Et ne prend pas le dessus sur cette force politique qui est minoritaire au Liban, ça ne finira jamais. Il y a peut-être une petite chance de procéder autrement. - A.Levallois: Ce que je crains, c'est que la société libanaise est tellement fragmentée entre les différentes communautés de par cette peur qu'on peut comprendre... - P.Gélie: La communauté chiite au Liban commence à être refroidie. - A.Levallois: Est-ce qu'il y a capacité de réunir? Chacun sauve sa peau, vu la situation. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

58:33

Question. - A.Levallois: Israéliens, sûrement. Les objectifs américains... Trump dit qu'il n'est pas content, mais il n'a pas dit clairement que ce n'était pas un objectif. Pour B.Nétanyahou, c'est un objectif. - C.Roux: On imagine M.Khamenei avoir envie de discuter avec le président américain? - A.Levallois: A ce stade, non, mais pourquoi pas, s'il se rend compte que la situation est bloquée. - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: Non, je ne crois pas. Il y a un groupe aéronaval prévu pour lutter contre toutes les menaces. C'est quand même assez loin. En revanche, c'est un symbole politique et militaire fort. C'est une force puissante. - C.Roux: Question. - D.Benoit: Pour l'instant, ces missiles restent quand même... Ils peuvent passer pour des accidents de route... On n'est pas dans quelque chose d'ouvertement offensif, donc ça permet de cultiver une forme d'ambiguïté stratégique.

1:00:00

Est-ce que la Turquie est visée ou pas? Elle ne l'est pas nommément, l'Otan non plus, mais si ça devait continuer, ça pose la question de la solidarité due entre les membres de l'Otan. - Gal F.Chauvancy: Chypre ne fait pas partie de l'Otan et on est dans l'UE. Par contre, est-ce que l'UE est capable de faire face à une menace? - C.Roux: Il y a l'article 42-7 qui oblige les Européens à se porter au secours d'un des membres s'il est attaqué. Question.

1:00:43

- Gal F.Chauvancy: Pour moi, ils ont les moyens de se défendre, mais après, c'est la volonté. A un moment, il faut accepter la guerre. Or, c'est des Etats qui ont beaucoup investi dans la défense mais qui ne sont pas prêts de faire la guerre. Ils ont acheté des équipements pour avoir la paix. - A.Levallois: Il faut aussi les compétences. On a vu les 3 avions américains qui ont été descendus au Koweït. - Gal F.Chauvancy: L'affaire n'est pas très claire. - C.Roux: Question. - P.Gélie: La géographie! L'Iran est un pays en guerre. Il contrôle tout le versant oriental du détroit d'Ormuz.

1:01:25

Voilà. Sans occuper des positions de territoire très stratégiques, qui empêcheraient les Iraniens de mettre à l'eau leurs drones navales, sous-marins, de surface... Vous êtes à la merci sur un bras de mer très étroit de torpilles, de drones qui coulent vos bateaux. La question, c'est: quels risques est-on prêts à prendre pour permettre la poursuite du trafic commercial? - C.Roux: Question. - D.Benoit: Jusqu'à ce que les intérêts français soient touchés directement. Un bâtiment militaire, une base... Ou alors, des intérêts européens qui souffriraient. Là, on serait tenus à une solidarité stratégique. - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: Pour l'instant, on ne peut faire aucune hypothèse sur la fin de cette guerre. Pour l'instant, il y a 2 Etats qui s'opposent, sinon 3. - P.Gélie: Le jour où Trump en a assez. On ne peut pas dire si c'est demain... Sa patience sera assez limitée. Quand il parle de 4 semaines, ça paraît déjà bien long, vu ses critères. - C.Roux: Fin de cette émission.

1:02:51

On retrouve A.-E.Lemoine. Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Au programme, la France qui brille aux Jeux paralympiques, l'indignation et la consternation après le verdict dans le procès en appel de l'assassinat de S.Paty et le point sur l'Iran avec N.Beytout et P.Haski. - C.Roux: Très bonne émission. Vous pouvez retrouver "C dans l'air" en replay