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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 9 janvier 2021 19 min

Éric Coquerel : "Plutôt que des couvre-feux, il faudrait organiser la société par rotations"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Éric Delvaux. Le 6-9 du week-end.

0:07
Locuteur non identifié

Eh bien bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Merci de venir sur France Inter, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Est-ce que les dernières mesures du gouvernement sur les priorités de vaccination ont répondu à vos inquiétudes sur le retard pris en France ?

0:22
Éric Coquerel

C'est l'avenir qui le dira. Parce que pour l'instant, le retard est évident. Après, on peut le masquer sur ce qu'on veut. C'est le cas de le dire. C'est le cas de le dire. Nous avons tous des masques. En gros, je regardais ce matin, on est au 15ème rang mondial à peu près en termes de vaccination. On est à 80 000. Les Allemands sont à 476 000. C'est difficile à comprendre, ce retard à l'allumage. Alors c'est d'autant plus difficile à comprendre que si ce gouvernement avait eu tout bon depuis le début, on serait là, on se dirait bon, il y a peut-être effectivement eu un problème, ils ont peut-être raison, etc.

0:55
Locuteur non identifié

Sauf que l'histoire des masques colle aux chaussures comme un sparadrap.

0:59
Éric Coquerel

Il y a les masques, c'est le plus évident. C'est-à-dire, il ne faut pas de masques, parce qu'on n'en avait pas en fait. Puis après, oui, il faut des masques tous les jours. Mais les tests, on rappelle aussi, les tests en avril, Edouard Philippe annonce 700 000 tests pour le 1er mai. Et en juillet, on en est à 350 000. Véran nous dit, ah mais en fait, on peut en faire 700 000, mais c'est parce qu'on ne veut pas en faire 700 000. Et on pourrait comme ça les additionner. Je prends un autre exemple qui pour moi est important, parce que je pense que c'est peut-être le centre d'une stratégie sanitaire, en dehors de la question médicamenteuse du vaccin, l'isolement.

Non, moi j'ai eu le Covid, je suis persuadé qu'il faut proposer des conditions matérielles aux gens pour s'isoler. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que quand vous êtes malade, on vous appelle, on vous propose, comme ça avait été dit, une chambre d'hôtel, quelque chose. On réquisitionne les hôtels, mais on le fait. Ceux qui s'en sortent le mieux en Asie, sans même que ça soit contraint, c'est ce qu'ils ont fait, l'isolement, il n'y a aucune stratégie. On nous dit, on le fait, on le fait, mais ça fait des mois que ce n'est pas mis en place. Donc c'est pour ça qu'après, quand on aborde le vaccin, on entend les excuses, et on se dit, bon, il y a des trucs bizarres.

Alors, moi je pense que c'est un mot de transparence, et puis c'est aussi à force de détruire l'État, d'affaiblir la santé publique, on se retrouve avec un ministère de la Santé qui demande au cabinet McKinsey, à 2 millions d'euros par mois, américain, d'organiser la gestion des vaccins.

2:14
Locuteur non identifié

Il s'en explique ce matin dans le Parisien, aujourd'hui en France, il explique qu'effectivement, il fallait bien faire des études pour voir ce qui se passait à l'étranger pour mieux travailler en France.

2:21
Éric Coquerel

Mais je vous rappelle qu'il y a une quinzaine d'années, le documentariste Moore aux Etats-Unis expliquait que le système santé français, c'était le meilleur au monde, d'accord ? Et voilà où on en est à force d'années et d'années de politique d'austérité sur la santé. L'exécutif Macron n'est pas seul responsable des problèmes de... Non, je vous ai dit d'années et d'années.

2:38
Présentateur

Mais qu'est-ce qui vous choque le plus, au fond, c'est le manque précisément de prévoyance ou c'est la non-vérité, pour ne pas...

2:46
Éric Coquerel

Les deux, parce que j'ai l'impression que la désorganisation, l'improvisation, le fait aussi toujours qu'on est toujours à la traîne, toujours à la ramasse.

2:54
Locuteur non identifié

Je veux dire... Enfin, si on avait vacciné plus vite, est-ce qu'on ne serait pas comme en Allemagne, en saturation de vaccins actuellement ?

2:59
Éric Coquerel

J'en sais rien. Mais là, on peut dire que là, on en est loin. Il n'y a pas de problème. Mais ce n'est pas seulement la question des vaccins. On va reparler peut-être des vaccins après. Les vaccins, c'est le centre de la stratégie à venir. Ça, c'est clair. Moi, je pense qu'il faut passer par le vaccin. Mais on voit bien, notamment avec ce qui se passe en Angleterre, que ce n'est pas pour autant qu'on va en finir d'un coup avec cette épidémie. Donc, il faut prendre des mesures. On ne peut pas passer, par exemple, de confinement en confinement. On ne sait pas très bien ce que fait le gouvernement.

Alors, il impose des couvre-feux stupides, parce que tout le monde constate, il suffit de circuler pour voir que quand vous faites un couvre-feu à 20 heures, vous concentrez tout le monde de 19 à 20 heures dans les magasins, les transports, ce qui est exactement l'inverse du but recherché.

3:41
Locuteur non identifié

Parce qu'il n'y a pas encore des chiffres d'études sur les impacts du couvre-feu dès 18 heures sur la santé. Et qu'est-ce qu'il faudrait faire ?

3:49
Éric Coquerel

Ce qu'il faudrait faire, c'est que depuis le début, nous, on le demande. Il faudrait une vraie planification de la société. Par exemple, organiser la société en rotation. Alors, c'est vrai que ça nécessite du travail, mais plus on prend du retard, moins on le fait, pour que les gens ne partent pas tous en même temps au travail, n'aient pas tous en même temps les activités. L'isolement, j'en ai parlé tout à l'heure, une vraie stratégie d'isolement avec des conditions matérielles. Le dédoublement de toutes les classes, y compris avec des réquisitions de locaux vides. Enfin, une vraie planification de la société.

4:18
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut qu'il y ait assez d'enseignants aussi.

4:21
Éric Coquerel

Et c'est bien pour ça, figurez-vous, qu'on a demandé depuis longtemps, nous, vu qu'en plus le chômage va les frapper, qu'on crée 300 000 emplois jeunes, d'accord, payés au SMIC pendant 5 ans, qui pourraient être envoyés justement sur les questions sanitaires, d'éducation, non pas pour faire école. Mais par exemple, si on imagine une classe dédoublée, la moitié de la classe à court, puis l'autre moitié fait du travail dirigé, par exemple, avec des gens qui n'ont peut-être pas la même formation, mais qui sont capables de le suivre. Mais tout ça, c'est une question d'organisation de la société. Non, c'est pas ce qui se passe partout.

4:51
Locuteur non identifié

Il n'y a pas de dédoublement automatique, je vous assure que ce n'est pas le cas. Pas automatique, effectivement. Comment est-ce que vous recevez le sort de mea culpa du ministre de la Santé, Olivier Véran, qui reconnaît finalement que le gouvernement a peut-être été un peu trop prudent dans la stratégie vaccinale ? Est-ce que ça vaut à vos oreilles ?

5:08
Éric Coquerel

Ça vaut à mes oreilles, mais ça m'inquiète aussi. Il faut savoir qu'en tant que parlementaire, on passe notre temps depuis des mois à l'Assemblée à avoir un gouvernement. C'est-à-dire qu'on remet un peu en question les mesures annoncées. Non pas pour dire tout est mal, mais peut-être qu'on pourrait faire différemment. On nous dit, mais attention, vous ne votez pas assez vite, donc vous êtes co-responsable du Covid, de vos grands-parents qui vont mourir, etc. On nous a tout fait. Et puis, un mois après, on apprend, même des fois une semaine, on apprend qu'il va faire l'inverse de ce qu'il a décidé, parce qu'effectivement, il allait dans le mur.

5:38
Locuteur non identifié

C'est-à-dire qu'au Parlement, l'office parlementaire, OPEX, qui réunit des députés, des sénateurs de tous bords, mais qui reste tout de même dans l'opposition, majoritairement, cet office valide, finalement, la stratégie du gouvernement dans cette crise. Est-ce que ça ne réhabilite pas un peu l'exécutif ?

5:56
Éric Coquerel

Écoutez, je n'ai pas suivi ça. C'est un OPEX, c'est ça ? Oui, à l'OPEX, c'est bien, on nous invente des trucs à chaque... Oui, parce que... Vous êtes parlementaire, vous voulez connaître un peu cette histoire ? Non, non, je ne connais pas tout, non, des fois, ils inventent des choses à la vitesse de l'éclair et qui durent le temps de...

6:14
Locuteur non identifié

Non, mais la question de fou, c'est que quand on a mis la santé, est-ce qu'il n'y a pas de la prudence à avoir d'abord ? On peut dire tout de suite après, mais ça ne va pas assez vite, mais est-ce que la prudence ne vaut pas ?

6:22
Éric Coquerel

Non, non, mais sur le vaccin, ce n'est pas la prudence que j'impuie, d'accord ? Je pense qu'on sait qu'on a été très vite sur ces vaccins de nouvelle génération qui posent des problèmes, notamment un problème quand même majeur pour un vaccin, c'est qu'on ne sait pas si ça empêche la transmission. Bon, ils le disent.

6:38
Présentateur

On ne sait pas non plus combien de temps ça couvre.

6:40
Éric Coquerel

On ne sait pas combien de temps ça couvre, donc plus quelques problèmes que révèlent certains scientifiques qu'il faut suivre. Donc, moi, ce n'est pas la prudence. C'est l'impression que la prudence a bon dos, c'est-à-dire qu'on a aussi un problème d'organisation de l'État, d'organisation de la santé publique, et qui, je vous le dis, porte ce gouvernement à une co-responsabilité avec les gouvernements précédents, parce qu'à force d'affaiblir l'État, le jour où vous avez besoin de l'État, vous pouvez toujours appuyer sur le bouton, ça ne vient pas d'un claquement de doigts. Et je pense que c'est de cela dont on souffre. Mais là, vous visez l'administration ? Je ne vise pas ce...

Non, ce n'est pas l'administration. C'est que quand vous supprimez un fonctionnaire sur deux en permanence qui part à la retraite depuis des années, quand vous baissez les budgets de la santé publique, et vous savez qu'on l'a encore fait dans la loi de finances de la sécurité sociale cette année, on a baissé d'un milliard les dépenses structurelles, ce qui fait qu'on va continuer à supprimer des lits. Le grand hôpital Paris Nord, dans ma circonscription à Saint-Ouen, prévoit de supprimer Beaujon et Bichat, les deux autres hôpitaux, dont Bichat qui a été à la pointe, avec 300 lits en moins. Ce genre d'aberration, il continue en réalité à la produire, et c'est ce qui nous a mis dans le mur.

C'est la situation que nous sommes, et ça, au moins, il devrait l'admettre, de façon à ce que, peut-être qu'on regarde un peu plus avec transparence les choses. Et je dis, pourquoi la transparence est importante ? Parce que dans le vaccin, la confiance des gens est importante. Vous avez confiance, vous, dans les vaccins qui vont venir ? Très franchement, c'est toujours une question gênante, parce qu'après, on va nous accuser de... Moi, je suis pour le vaccin, d'accord ? Que ce soit clair. Vous vous faites vacciner ? Moi, j'ai eu le Covid. Donc, on m'explique que quand vous avez eu le Covid, il paraît... Alors, un jour, on me dit que c'est pas... Un jour, les mêmes me disent que...

8:14
Locuteur non identifié

Non, mais dans le monde, on avance en tâtonnant.

8:17
Éric Coquerel

Moi, je pense que là, il faut que le vaccin actuel soit pour les personnes prioritaires, d'accord ? Par contre, qu'on fournisse le nombre nécessaire, et qu'on continue à rechercher deux autres voies. Les autres vaccins traditionnels, ils existent. Celui de Sanofi-Pastor est une technique plus... Les Chinois, alors, on me dit à chaque fois, l'autre fois, on me dit, ah oui, mais les Chinois, vous aimez bien, parce que c'est un État communiste. Non, c'est pas le clair. Ils ont fait un vaccin classique, donc ça serait quand même... Ça aurait le coup de regarder. Et puis, je suis aussi pour qu'on regarde la voie médicamenteuse, c'est-à-dire pour essayer de faire en sorte que le virus soit grave.

À Lille, il y a un institut Pasteur, il y a une start-up qui a travaillé là-dessus. Il lui faut 4 à 5 mois de développement. Elle n'arrive pas à trouver un financement de l'État. Je pense qu'il faut être capable d'avoir une vision globale. Et pour l'instant, je trouve qu'on est toujours avec un temps de retard au niveau de ce gouvernement. Et global, peut-être aussi au niveau de l'Europe, dans l'achat des médicaments pour 400 millions d'Européens. Oui, mais vous remarquerez là aussi, c'est que l'Europe et l'Allemagne s'en tirent mieux. Alors, pourquoi l'Allemagne s'en tirent mieux ? Est-ce que c'est parce que le laboratoire est allemand ? Moi, je pose la question.

Ça pose aussi la question de l'indépendance française, non pas de se garder les vaccins pour nous, mais là aussi, je pense que la recherche publique française a été tellement attaquée que peut-être que ça explique aussi le retard qu'on a.

9:28
Locuteur non identifié

Allez, l'actualité à l'étranger, c'était aux États-Unis cette nuit. Donald Trump, définitivement banni de Twitter pour cause de risque d'incitation à la violence. Alors, le président sortant dénonce de son côté une atteinte à la liberté d'expression si chère aux États-Unis. Est-ce qu'il y a effectivement un débat ce matin sur la liberté d'expression de Donald Trump ?

9:46
Éric Coquerel

Pour moi, ce n'est pas la liberté d'expression, parce qu'il a appelé à un push d'extrême droite. Et en France, l'extrême droite, le suprématisme, le racisme, vous avez vu les logos qu'auraient certaines personnes, ce n'est pas une opinion, c'est un délire. Je sais qu'aux États-Unis, ils ont une vision un peu plus, j'allais dire, libérale. Je ne sais pas si c'est libéral.

10:06
Présentateur

Ça rejoint quand même l'histoire du fascisme aux États-Unis. Ce que vous avez dit, c'était des fascistes, parce qu'on a aussi dit que c'était une bande de voyous.

10:13
Éric Coquerel

Et donc, moi, je tiens à préciser, parce que même le président de la République, je n'ai entendu dans son allocution le soir, je n'ai entendu ni parler de Trump, ni parler de l'extrême droite. On parle de danger pour la démocratie, alors on mélange tout. Moi, je suis pour appeler un chat un chat. Parce que l'extrême droite, juste une chose, l'extrême droite suprématiste, avec, y compris, qui s'inspire du nazisme, non seulement M. Donald Trump est un des leurs, d'accord, est un des leurs, il a retruité je ne sais pas combien de fois les fameux Q, dont on parle depuis quelques temps, il a initié cette tentative de putsch. Moi, je pense que c'était une tentative de putsch.

Il a essayé de voir jusqu'où ça pouvait aller. Et donc, à partir de là, c'est l'extrême droite. Et c'est à dire, parce que l'extrême droite est extrêmement dangereuse dans le monde, notamment en France, où on a tant de mal à dissoudre, par exemple, Génération Identitaire, qui n'a pas longtemps occupé une frontière, je vous le rappelle. Tentative de coup d'État plutôt qu'insurrection. Ah oui, oui, oui.

11:04
Présentateur

Avec une complaisance, pour le moins, de certains policiers.

11:07
Éric Coquerel

Ah bah, manifestement, oui. Et c'est bien pour ça, moi, je pense que putsch a... Putsch, excusez-moi, c'est un bon lapsus en parlant de Trump. A essayé de voir jusqu'où il pouvait aller. De voir quelle allait être réaction. Vous savez, un putsch, on le devient que lorsqu'il a réussi. Alors, évidemment, on ne sait pas. Mais il y a des... Dans l'histoire, il y a des coups d'État qui ont commencé de manière même plus... moins dure. Et puis là, on apprend qu'il y avait quand même des gens qui avaient des armes dans cette histoire. Oui, absolument.

11:33
Présentateur

Mais il y a eu des morts, d'ailleurs. Mais est-ce qu'il faudrait qu'il soit destitué, au moins pour le symbole ?

11:37
Éric Coquerel

Moi, je pense, oui. Oui, je pense. Parce que ce qu'il essaye de voir, Trump, c'est une espèce de répétition, ce qu'il a fait, là. C'est-à-dire jusqu'où il peut aller et continuer sa vie politique d'en bas et se représenter à la présidence des États-Unis. Donc là, il essaie de voir. S'il ne se passe rien, ce qui s'est passé, c'est-à-dire un appel à... Ce qui est quand même aussi la caractéristique d'extrême droite, de s'en prendre à un Parlement, sera passé, finalement, comme quelque chose un peu ennuyeux, mais pas au point de vous destituer. Donc moi, je pense qu'il faut le destituer.

12:05
Locuteur non identifié

Il y a aussi peut-être, et vous allez sûrement hurler au micro ce matin, mais c'est aussi une question de rhétorique. Est-ce qu'il n'y a pas des précautions oratoires à prendre quand Jean-Luc Mélenchon invite ses troupes à chasser Macron ? Alors, compte tenu de ce qui s'est passé, on sait bien qu'aujourd'hui, avec Internet, on craint peut-être que des gens passent à l'acte. Est-ce qu'il y a aujourd'hui, chez un homme politique responsable,

12:27
Éric Coquerel

des précautions oratoires à prendre aujourd'hui ? Oui, mais en l'occurrence, on les prend. Je veux dire, nous, on a toujours dit que la stratégie de la violence... Quand vous dites chasser Macron, vous n'avez pas peur que quelqu'un le fasse vraiment ? Non, on parle politiquement. On parle électorale. Le problème n'est pas de l'émetteur, mais du récepteur. Oui, enfin bon, d'accord, on peut dire qu'on... Regardez ce qui s'est passé à Washington. Le problème de Trump n'est pas là. Le problème de Trump, c'est qu'il a appelé à une marche sur un Parlement pour faire en sorte d'interrompre un processus de désignation.

Ce n'est pas la même chose que de dire « J'appelle à battre les démocrates » ou « J'appelle à chasser les démocrates du pouvoir ». Non, il ne faut pas comparer et tout et tout, sinon on ne comprend plus rien. L'extrême droite, ça reste un danger pour le monde actuel. Et je vous rappelle que dans le monde, le plus grand nombre d'attentats terroristes vient de l'extrême droite. D'accord ? Contrairement à ce qu'on pourrait... Ah, je ne sais pas, vous avez des chiffres que je n'ai pas. Ici, en Allemagne, notamment, regardez les dangers de l'extrême droite très forts.

Et là, on vient de voir quand même que, non seulement elle était dangereuse, elle pouvait prendre le pouvoir par les urnes, Bolsonaro, Trump, et après, essayer de le garder par la force. Ça rappelle un peu ce qu'est ce danger dans la situation actuelle. Allez, on retourne à l'actualité en France. Je m'étonne qu'Emmanuel Macron n'ait pas jugé bon, mais finalement, aidé un peu Trump et l'extrême droite en ne citant pas leur nom lors de son allocution. C'est peut-être les déjeuners avec Mme la nièce de Le Pen. Oh non, là, vous exagèrez. Vous poussez le bouchon et vous en avez conscience. Vous ne riez pas, mais vous ne riez pas avec mon mage. Je souris en disant ça.

C'est une question importante. Je trouve que pourquoi n'a-t-il pas pointé clairement le danger quand il prétend être lui-même le rempart à ça ? Je trouve que ça vaut le coup de réfléchir. Eh bien, c'est dit.

13:55
Locuteur non identifié

Emmanuel Macron qui était hier sur la tombe de François Mitterrand à Jarnac en Charente pour le 25e anniversaire de sa mort. Jean-Luc Mélenchon estime qu'Emmanuel Macron n'avait pas sa place. C'était écœurant, a-t-il dit. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, d'ailleurs ?

14:09
Éric Coquerel

Oui, parce qu'il y a un côté récupérateur de Macron. En même temps, ça va bien. Je veux dire, quand vous cassez absolument tous les acquis de ce que la gauche a gagné depuis plusieurs décennies ou le Conseil National de la Résistance et que vous essayez quand même de vous placer sous les mannes de ceux-ci, je veux dire, c'est comme quand ici, Jaurès, à l'Assemblée, je veux dire, ça va, quoi. Ils sont en train de casser les retraites. Ils cassent la protection sociale.

Ils donnent des cadeaux mirifiques sans arrêt aux actionnaires, au point que là, il y a des entreprises qui sont en train d'organiser des plans de licenciement tout en touchant de l'argent de l'État et qui ne sont même pas capables d'agir par rapport à ça. C'est le gouvernement qui a le plus favorisé les riches depuis des années, mais d'un point de vue écœurant. Et donc, oui, je trouve que là, c'est déplacé.

14:57
Locuteur non identifié

Enfin, cela dit, Emmanuel Macron a aussi rendu hommage récemment à Charles de Gaulle, à Georges Pompédou, Valéry Giscard d'Estaing. À chaque fois, vous pensez qu'il a récupéré un peu de leur image ? Ah, toujours, oui, il essaie souvent.

15:07
Présentateur

Enfin, il est quand même président de la République.

15:09
Éric Coquerel

Mais oui, mais après, je ne le dis pas. Mais là, vous remarquerez que ce n'était pas quelque chose de solennel, ce n'était pas quelque chose d'officiel. Là, il y a des cérémonies officielles, je n'ai rien à dire. Là, je trouve qu'il choisit d'aller à des cérémonies qui ne le sont pas. Et oui, je pense qu'il y a un aspect récupérateur. Maintenant, je pense que les Français ne sont pas du pain.

15:27
Locuteur non identifié

Récupérateur peut-être aussi sur le plan de l'engagement européen entre François Mitterrand et Emmanuel Macron. Ça peut-être, ça soit un point commun, peut-être ? Je ne sais pas. Ou la faculté de faire oublier les autres partis politiques.

15:39
Éric Coquerel

Je ne suis pas là pour revoir le bilan de François Mitterrand. Mais je pense qu'au moment où François Mitterrand pousse des feux la construction européenne, il n'a pas encore, peut-être, l'entièreté de la situation aujourd'hui et d'une Europe telle qu'elle est. Ce n'est pas le projet européen que je conteste, mais l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui. En être à ce point-là un partisan comme Emmanuel Macron, sans la remettre en question, c'est en réalité favoriser le libre-échange, c'est favoriser le néolibéralisme, les politiques d'austérité. C'est ça la réalité.

16:14
Locuteur non identifié

Un mot sur la gauche en France. Pourquoi est-ce que la France insoumise ne parvient pas à unifier les forces de gauche en vue de 2022 ? D'abord, est-ce qu'elle en a envie, la France insoumise,

16:25
Éric Coquerel

de fédérer les forces de gauche ? Nous, on a envie de rassembler au maximum d'ailleurs un programme de rupture parce qu'on pense que la situation est telle que, et la crise épidémique le révèle, c'est aussi une crise du néolibéralisme, il faut un programme de rupture. C'est ça qui peut nous permettre à la fois de gagner et puis c'est nécessaire pour, j'allais dire, rompre avec les 30 ans de néolibéralisme qu'on vient de subir dans ce pays de manière plus ou moins forte. Donc, à partir de là, bien sûr qu'on veut avoir le maximum de personnes qui soutiennent ce programme. C'est pour ça que, moi, je vais m'occuper de cette question-là dans la campagne.

C'est pour ça qu'on va rencontrer tous les partis de gauche, les associations, les syndicats, les collectifs pour voir comment on peut, à partir du programme L'Avenir en commun, en faire un programme commun. Oui, c'en est un autre. C'est la matinée Lapsus, mais c'est pas mal comme Lapsus parce que finalement, on s'aperçoit qu'au moins pendant un temps, ça a permis d'accéder au pouvoir et d'imposer un programme de transformation au moins quelques années. La lettre de Jean-Luc Mélenchon

17:19
Locuteur non identifié

qui invite les communistes à le rejoindre et notamment demander à Fabien Roussel, finalement, de n'avoir aucune velléité pour 2022, c'est devenu quoi, cette lettre ? Ça a eu quel impact chez les communistes ?

17:29
Éric Coquerel

J'ai entendu Fabien Roussel qui disait oui, nous allons en discuter, il faut voir. Vous avez commencé à en discuter ? Je sais qu'il y a certains communistes qui sont déjà favorables, qui l'ont dit, comme Marie-Jean Gouffet, mais nous, vis-à-vis du PC, on ne cherche pas très clairement qui a été quand même notre partenaire sur deux élections précédentes, c'est pour ça que c'est important et pas seulement... Avec parfois un succès très relatif. Écoutez, un succès très relatif, un succès très relatif, il y a quand même du succès au présidentiel à devenir la première force, on va dire entre guillemets, de gauche dans ce pays et à reléguer le parti socialiste derrière.

Pour les européennes, c'était moins probant. Oui, mais là, on parle de présidentiel. Donc, moi, je trouve que ça a été, si, ça a été un progrès continu et j'espère bien que ça ne sera jamais 203 et que cette fois-ci, ça nous donnera accès au deuxième tour et à la victoire. Je pense que le Parti communiste, moi, j'ai bon espoir. J'ai bon espoir. Parce que le Parti communiste a, je veux dire, cheville au corps l'intérêt, justement, général, l'intérêt de tous ceux qui souffrent dans ce pays de la politique subie et qu'entre présenter un candidat pour témoigner, pour présenter des idées et soutenir un candidat avec lequel on peut gagner collectivement, je pense qu'ils feront bon, je crois.

18:36
Locuteur non identifié

Éric Coquerel, pour jouer collectif ce matin sur France Inter. Merci beaucoup d'être venu le dire sur France Inter, député La France Insoumise de Sainte-Saint-Denis. Merci et bonne journée. Il est 9h moins 20 sur Inter.