Interview de Marion Maréchal à TLM pour le lancement de l'ISSEP
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Bonjour Marion Maréchal, je suis Le Pen. Comment vous vous appelez d'ailleurs ? Je ne sais plus.
Marion Maréchal, puisque j'ai fait la démarche officielle de reprendre ce nom. Je coupe court tout de suite aux spéculations, ce n'est pas un reniement, j'ai toujours été fière de mon nom, je l'ai toujours assumé. Mais il y a une histoire derrière son nom. Moi je m'appelle Marion Maréchal, c'est mon nom légal on va dire. Et quand je suis partie en 2012, tout le monde se souvient je pense de l'histoire, j'avais repris le nom de ma mère parce qu'il s'agissait à Carpentras de laver l'honneur du nom de la famille qui avait été souillée par l'ignoble affaire de Carpentras 20 ans plus tôt.
Je pense que j'ai accompli cette mission par mon élection, donc maintenant que je retourne à la vie civile j'acte mon retour à la vie civile en reprenant ce nom qui n'est plus le nom politique qui était le mien.
Et vous estimez donc que l'histoire, la partie de l'histoire Le Pen est derrière vous, c'est terminé ?
Je suis et resterai toujours un membre de la famille Le Pen, mais en tout cas ce qui est sûr c'est que c'était un nom très politique et aujourd'hui je sors de la vie politique, je suis sortie de la vie politique et j'ai envie de mener à bien cette nouvelle carrière dans le privé même si elle reste à certains égards peut-être politique, mais c'est la politique, pas le politique politicien puisque lorsqu'on a l'ambition de former une nouvelle élite cultivée, apte au discernement, au service si vous voulez de la cité ça reste un projet intrinsèquement politique.
Justement, vous revenez donc en directrice d'école, c'est parce que vous avez compris que votre courant de pensée ne pourra jamais être majoritaire dans les urnes tant que vous n'aurez pas gagné la bataille culturelle ?
Alors mon courant de pensée, en tout cas un certain nombre de valeurs qui vont bien au-delà je crois des partis et même des personnes j'ai toujours dit, défendu l'idée que je crois qu'il était important de mener des combats culturels le combat culturel, le combat électoral finalement n'étant qu'une finalité et une partie de cela et je crois que, je l'ai dit d'ailleurs, mais défendre nos valeurs, notre civilisation, la transmission, l'excellence et bien ça passe pas seulement par le combat politique, mais ça passe électoral mais ça passe aussi par le combat métapolitique, le combat culturel et la question éducative, c'est une question fondamentale et donc c'est dans cette logique-là que je m'inscris de la même manière que j'ai toujours été attirée par le monde entrepreneurial et donc le fait d'être associée avec mon équipe dans cette aventure entrepreneuriale c'est aussi une façon d'accomplir personnellement ce que je souhaitais faire.
Mais vous estimez que le combat politique dans les urnes est vain tant que vous n'avez pas fait ce travail sociétal, culturel ?
Non mais je pense que tout est complémentaire en fait et je pense que l'un ne va pas sans l'autre et qu'il y a plein de façons... Mais qu'il manquait ça jusqu'à présent.
Voilà, et qu'il y a plein de façons en fait de mener des combats d'une certaine manière politiques et métapolitiques pour la défense aussi de l'excellence européenne, française et que cela en fait partie, c'est vrai que moi j'ai fait un constat je pense que beaucoup de gens s'accordent sur celui-ci c'est qu'aujourd'hui on a une élite qui est formée par certaines bizarres schools certaines grandes écoles qui ont des formations très uniformes pour ne pas dire conformistes, qui ont totalement abandonné une grande partie des enseignements classiques autour de la philo, de l'histoire, des questions de rhétorique de la littérature française et moi je pense que cette culture générale est essentielle au discernement et à l'esprit critique et donc je vois aujourd'hui des élites qui pour moi sont des élites déboussolées des élites qui manquent de vision, des gens qui sont des technos et des gestionnaires et donc finalement j'aimerais offrir une alternative en termes d'offres éducatives et bien pour former une autre élite
Qu'est-ce que vous ne pouviez pas faire en tant que députée ? Qu'est-ce qui vous restreignait ? Vous avez vu vos limites ?
C'est pas ça, c'est que j'étais dans un exercice différent j'étais dans le combat électoral donc quand on est dans le combat électoral il est évident qu'on est dans un parti politique donc on est dans un parti qui a une doctrine, une hiérarchie ce qui est tout à fait normal et légitime quand on est...
Vous vous enfermez en quelque sorte du coup ?
M'enfermer oui, non, j'ai fait le choix à dessein d'intégrer ce mouvement donc j'en partageais quand même l'essentiel
Vous étiez née dedans quand même ?
Toute personnalité, ça me paraît évident qu'on a tous des sensibilités parfois différentes et je pense qu'on en avait largement fait état à l'époque donc tout va bien là-dessus Dans une école, on est dans une logique tout à fait différente Moi je ne fais pas une école pour mes idées on n'est pas là pour remplacer un sectarisme par un autre ou un intégrisme par un autre, bien au contraire L'idée c'est d'être une bouffée d'air intellectuelle dans le monde universitaire sans tabou et bien au-delà du sectarisme pratiqué aujourd'hui
Justement ces idées, votre école justement quand on regarde l'organigramme Patrick Louis, ancien numéro 2 du mouvement pour la France de Philippe de Villiers, Jacques de Guibon, catholique traditionnaliste revendiqué l'ex-président aussi du parti Alliance Royale, Yves-Marie Adeline C'est l'école de l'extrême droite en fait ?
Oui, de toute façon j'avais anticipé un petit peu ce type d'attaque et je me suis amusée parce que j'aimerais bien que tous les journalistes qui ont utilisé ce terme viennent prendre des cours de sciences politiques à l'ICEP ça leur permettra peut-être de savoir exactement à quoi correspond l'extrême droite Ce qui est en tout cas une réalité aujourd'hui c'est que moi j'ai un président d'école qui est issu de la société civile Patrick Librecht qui est un homme qui a été directeur général dans des grandes sociétés alimentaires françaises à Materne, à Cronenbourg qui incarne cet esprit entrepreneurial il y a évidemment moi mais il y a ce conseil scientifique et je vous le ferai constater aucun des membres de ce conseil scientifique n'est issu du Front National on a des profits comme Guillaume Drago, directeur des masters
C'est voulu, vous ne vouliez personne du Front National dans ce conseil scientifique ?
Non mais l'idée c'était pas d'avoir des gens qui pour la majorité d'entre eux avaient fait de la politique c'est une minorité
Non mais vous précisez qu'il n'y en a aucun
Oui mais c'est pour vous faire la démonstration qu'il n'y a pas d'amalgame à faire pour un terme souvent employé je vous parlais de Guillaume Drago Guillaume Drago c'est un homme qui est directeur des masters droits publics à Assas c'est un grand publiciste français vous parlez de Patrick Louis mais c'est un universitaire à Lyon 3
Mais quand vous avez annoncé le lancement de cette école vous disiez que ça devait être le carrefour de la droite des droites force est de constater quand même aujourd'hui qu'il manque certaines pièces du puzzle vous les cherchez encore ? C'est pas fini ?
Je ne suis pas d'accord avec ça je veux dire que ce soit le conseil pédagogique pour ceux qui ont eu un engagement électoral on a même des gens qui ont aussi pour travailler pour François Fillon à l'époque je veux dire c'est pas l'objectif de forcément politiser l'idée c'est d'avoir des gens qui sont compétents
Mais de rassembler les droites quand même ça c'était votre objectif
Des gens qui sont compétents qui sont en phase si vous voulez avec le projet pédagogique l'objectif de ce projet pédagogique avec le contenu pédagogique et qui à partir de là s'associe à nous le but c'est pas de repolitiser nécessairement le projet et si cette école permet ce qui n'est pas possible dans le milieu électoral en effet d'associer des gens qui n'auraient jamais pu s'associer dans le cadre d'un parti parce qu'ils ont des sensibilités, des parcours très différents parfois des objectifs différents et bien j'en serais très heureuse Voilà j'en serais très heureuse
Vous avez suivi beaucoup de refus on parle, j'ai entendu notamment parler d'Éric Zemmour, Charles Bellbédé
Oui alors Éric Zemmour je ne sais pas d'où il sorte ça parce qu'en l'occurrence je ne l'avais pas sollicité comme enseignant Charles Bellbédé je n'ai pas eu de refus de sa part enfin je pense que tout le monde sait que je suis en contact avec Charles Bellbédé mais je ne lui ai pas proposé quelque chose donc je ne vois pas en quoi il aurait pu refuser voilà il y a en effet deux trois noms qui sont sortis mais ce que je peux vous dire aujourd'hui c'est que moi j'ai un corps professoral qui est prêt j'ai un conseil pédagogique qui est prêt qui va d'ailleurs encore s'étoffer d'ici le 22 juin voilà j'ai un contenu pédagogique qui est prêt j'ai des locaux enfin finalement
Justement les locaux, le choix de Lyon, pourquoi ?
Alors oui dans le quartier de Lyon Confluence en effet alors pour plusieurs raisons la première c'est que c'est une métropole donc c'est un pôle universitaire économique qui est très intéressant avec un réseau d'entreprises assez varié notamment industriel et on y reviendra peut-être mais c'est intéressant c'est à la confluence de l'Italie et de la Suisse donc il y a aussi pour nous des projets de développement peut-être d'échanges qui pourront aboutir c'est une partie de l'équipe évidemment est lyonnaise donc c'était aussi cohérent par rapport à cela et puis ça nous permettait aussi de sortir du prisme pariso-parisien qui est souvent celui aujourd'hui des grandes écoles je trouvais ça intéressant sur le plan symbolique et puis de sortir un peu aussi de l'entre-soi sociologique qui est celui des élites françaises
Sur le plan symbolique justement Lyon c'est aussi là où le FN n'a jamais fait de bon score alors même qu'il existe un vivier important quand même de catholiques, traditionalistes
d'identitaires
avec lesquels vous n'avez jamais caché votre proximité
Oui d'accord mais enfin je veux dire là en l'occurrence moi j'ai pas fait une carte de France avec les scores du FN
Non mais vous aviez peut-être des réseaux déjà
C'est pas rentré en compte j'ai la chance d'avoir des réseaux un peu partout en France mais c'est à vers que c'est plutôt les données que je vous ai avancées qui ont été décisives de ce point de vue là et je tiens à le préciser que finalement c'est l'opportunité et le hasard qui a fait que je suis dans ce quartier de l'enconfluence ça n'était pas un clin d'oeil à Laurent Wauquiez parce que je ne construis pas ce projet en fonction de Laurent Wauquiez
Comment vous financez très concrètement cette école ? Est-ce qu'il y a des grands donateurs ? Est-ce que vous avez l'intention de publier leur liste en toute transparence ?
Alors on a deux types, deux moyens de financement on a la scolarité évidemment des étudiants et on a des dons Je tiens à le préciser, je n'accepte pas les dons étrangers donc ça évitera évidemment d'autres types de spéculations ou de reproches Aucun dons étrangers ?
Non, ce sont des entreprises ou des particuliers français Alors nous sommes une entreprise privée donc je n'ai aucune raison de publier ces donateurs mais voilà, là-dessus c'est assez clair on est une association donc on peut avoir des dons défiscalisés pour les entreprises, les particuliers et puis c'est ça qui va nous permettre dans un premier temps de couvrir nos frais de fonctionnement on n'est pas dans une logique de rentabilité donc le but c'est vraiment simplement de couvrir nos frais et d'offrir des scolarités d'excellence mais qui soient abordables pour nos étudiants
On vous avait vu intervenir aux Etats-Unis à ce moment-là on a dit aussi que vous cherchiez des fonds mais vous dites que vous n'avez aucun fonds étranger
Non, moi je suis allée chercher aux Etats-Unis des relations c'est-à-dire que j'ai pu ainsi obtenir avoir un universitaire de Pennsylvanie de l'université de Pennsylvanie, Paul Gottfried qui est un conservateur américain dans notre conseil pédagogique voilà, créer des liens pour obtenir je l'espère à terme un partenariat avec une école américaine j'y travaille ardemment donc aussi amorcer cette dimension internationale parce qu'il faut savoir une chose la mondialisation n'est pas une option personne aujourd'hui ne le nie donc il faut évidemment qu'on ait des gens qui aient cette conscience internationale qui soient aptes à pouvoir éventuellement construire des carrières étrangers qui parlent anglais mais c'est pas pour autant qu'il faille évacuer le cadre national et c'est ça moi que je reproche à beaucoup d'écoles aujourd'hui qui forment les élites c'est d'avoir totalement évacué ce cadre je pense qu'on peut être quelqu'un à même de réussir une carrière professionnelle dans le cadre de cette mondialisation tout en étant quelqu'un d'enraciné, fort sur ses valeurs et qui tient compte de sa communauté nationale
justement vous parliez de l'étranger est-ce que vous avez vocation à faire briller votre école à l'international notamment en accueillant des étudiants étrangers en procédant à des échanges ?
et bien ça fait partie en effet des choses à laquelle nous travaillons et qui j'espère seront abouties assez rapidement en Europe mais aussi dans un cadre extra-européen accueillir des étudiants, accueillir des universitaires étrangers alors soit comme prof soit dans des conférences nous-mêmes pouvoir peut-être permettre à nos étudiants de suivre des modules dans des écoles étrangères bien sûr je trouve que c'est très enrichissant sur le plan pédagogique et une fois de plus cette dimension internationale elle existe mais je crois qu'il y a une complémentarité entre cet enracinement, ce cadre national et ce niveau international et moi je souhaite apporter cet équilibre qui malheureusement n'existe plus dans ces grandes écoles françaises qui souvent d'ailleurs ont comme partenaire privilégié une économie plutôt financière donc nécessairement acquise à tous les poncifs de la globalisation, de la fin des frontières et moi je cherche des partenaires économiques, entreprises pour prendre nos élèves en stage qui soient plutôt cette économie enracinée même si elle peut avoir des activités à l'étranger mais une économie enracinée qui soit aussi une économie productive et qui crée de l'emploi en fait en France
Ils vont faire quoi très concrètement vos étudiants une fois diplômés de votre école ? Est-ce que vous craignez pas quand même que ça soit très étiqueté ? Marion Maréchal, le peine pour le coup ?
Le but évidemment c'est de prouver et de faire la démonstration que la qualité à la fois de notre enseignement et l'équipe qui la compose permet de dépasser ce que je suis et ce que j'interne Ça risque de prendre du temps pour le coup ?
Je n'ai pas de cours, je ne gère pas la partie pédagogique en tant que telle moi je suis la directrice donc je suis plutôt dans l'opérationnel, l'exécutif on va dire ce qui va faire, et vous avez raison de le dire, la valeur évidemment de cette école c'est l'employabilité des étudiants c'est pour ça qu'on a un club de chaînes entreprises qui garantissent des stages de qualité à nos étudiants et nous formons en fait des gens qui sont amenés à aller soit dans les affaires publiques donc là pour le coup on est plutôt dans les exécutifs locaux on est plutôt sur des directeurs chefs de cabinet d'élus, des assistants parlementaires ou des fonctionnaires dans des instances supranationales mais on forme aussi des entrepreneurs c'est pour ça qu'il y a une alliance un peu originale dans le contenu pédagogique des entrepreneurs qui vont être à l'initiative de projet et qui j'espère intégreront dans ce projet le bien commun, l'intérêt général
Est-ce qu'une représentante d'étudiants pourrait porter le voile dans votre établissement ? Je fais évidemment référence à cette polémique autour d'une responsable de l'UNEF
Ça me paraît peu probable, je vous le dis très sincèrement ça me paraît peu probable pour la simple et bonne raison que moi je suis attachée au principe de laïcité même s'il ne s'applique pas de la même manière légalement bien sûr dans le supérieur et encore moins dans le supérieur privé mais en tout cas il est certain que je ferais respecter ce principe de ce point de vue là
Mais ça voudrait dire qu'il sera spécifié dans votre règlement intérieur qu'il est interdit de porter le voile dans votre établissement ?
Oui enfin il sera spécifié en effet qu'il y a un principe de laïcité à respecter voilà tout simplement de la même manière qu'il s'applique aujourd'hui dans les écoles publiques françaises donc à partir de là je ne vois pas Pas à l'université ? Surtout quand je suis un peu gênée alors là on retombe un peu dans la politique mais moi je considère aujourd'hui qu'il y a souvent malheureusement derrière cette démarche parfois une démarche politique et on le voit trop souvent voilà c'est devenu parfois à certains égards un drapeau et c'est cette démarche là qui me pose une difficulté
Mais vous dites qu'il faut être attaché à ses racines en accueillant par exemple des étudiants étrangers qui viennent de pays où les femmes portent le voile généralement est-ce que ça vous poserait un problème qu'elles le portent si elles venaient de ce pays dans votre école par exemple ? Evidemment c'est un cas hypothétique
Oui je vous le dis clairement ça me poserait un problème pour toutes les raisons que je viens de vous exposer c'est-à-dire que si vous faites la démarche de venir en France pour bénéficier d'une formation je pense que vous pouvez faire l'effort de courtoisie finalement de vous adapter aux mœurs du pays qui vous accueille ça me paraît être la moindre des choses
Quand on regarde l'organigramme, votre conseil scientifique il n'y a que des hommes c'est un peu à rebours de la parole féministe qu'on entend beaucoup ces derniers temps ?
Oui alors moi je reprends à dessein ce terme mais je ne souhaite pas discriminer volontairement le mâle blanc de plus de 50 ans Evidemment mais avoir un conseil scientifique avec zéro femme Je vais vous dire il y a aussi une question d'opportunité pour l'instant ce qui concerne le conseil scientifique mais pas évidemment d'a priori étant moi-même une femme puisque l'école est dirigée par une femme vous m'accorderez quand même cela néanmoins je suis toujours un peu gênée par ce type de considération moi j'étais opposée aux lois sur la parité je pense qu'on n'est pas des petits animaux fragiles à protéger donc je pense que les femmes peuvent avancer et réussir par leur simple talent, leur charisme donc je n'aime pas les idées de quotas et je n'aime pas me faire imposer par la pensée dominante le fait qu'il doit y avoir tant de femmes, tant de minorités je trouve cette façon de raisonner absolument insupportable moi je vois la qualité et le mérite des gens ça s'arrête là
Mais vous en conviendrez quand même qu'être une femme en politique c'est moins facile que d'être un homme vous l'avez vécu, expérimenté quand même ?
Bah non, moi je n'ai pas vécu ça je suis navrée je sais qu'à l'Assemblée j'ai entendu dire que voilà les femmes étaient discriminées j'ai vu des témoignages, je ne les remets pas en cause
il y a des témoignages de beaucoup de députés qui parlaient surtout de vous pour votre physique
moi ça ne m'est jamais arrivé alors peut-être que j'ai un seuil de tolérance plus élevé mais ces espèces de dictatures féministes qui voudraient qu'on raisonne par quotas je trouve cette vision absolument insupportable
dans votre tribune à Valeurs Actuelles vous annonciez d'autres activités professionnelles en parallèle de cette école c'est toujours d'actualité ou bien c'est trop compliqué quand on vient de la politique ?
Non, en fait en réalité c'est transparent, je suis prestataire moi dans cette école donc j'ai une entreprise qui est la mienne et je souhaite avoir d'autres activités à côté mais pour l'instant, pour des raisons qui vont vous paraître évidentes je suis à temps plein sur le lancement de ce projet et voilà dans les mois, les années à venir on verra quelles sont nos marges de manœuvre et à partir de là je ne m'interdis pas de faire autre chose
Vous n'avez pas cherché, vous n'avez pas rencontré de difficultés à cause de votre parcours dans le privé ? Bien sûr que ça peut arriver
je veux dire certains journaux en ont fait état ça paraît logique bon écoutez voilà, je ne vais pas vous dire que je regrette moi j'ai des engagements, je les ai assumés je les paye parfois dans ma vie privée bon c'est comme ça c'est pour ça d'ailleurs que moi je ne critique pas outre mesure la politique électorale bien qu'on puisse tous avoir des constats et des reproches légitimes à l'égard de certains hommes politiques mais le combat politique il est noble et c'est aussi là où parfois il y a des belles démonstrations de courage, d'abnégation donc il faut mettre ça en valeur aussi auprès de nos futurs étudiants
il y a un an quand vous annonciez votre retrait de la vie politique vous déclariez dans Valeurs Actuelles encore un profil comme Laurent Wauquiez change la donne on aurait des choses à se dire et à faire ensemble on a vu Laurent Wauquiez donner une conférence dans une école lyonnaise également, l'EM dernièrement, est-ce qu'il serait le bienvenu dans votre école pour y donner un cours ou une conférence ? aucun problème
aucun problème de la même manière que je ne m'interdis pas de recevoir des gens qui ont pu avoir des engagements divers et variés
mais vous pensez qu'il serait intéressant pour vos étudiants
de recevoir Laurent Wauquiez ? je vois bien la question un peu politicienne qu'il y a derrière ça c'est pas mon niveau de raisonnement aujourd'hui je vous le dis franchement on ne s'interdira pas de recevoir des politiques quels qu'ils soient si cela nous apparaît pertinent sur un sujet pertinent parce que c'est ça quand même l'objet c'est pas juste de faire du buzz de la question, non ça ne me poserait pas de problème ça ne me poserait pas de problème de la même manière ça ne me poserait pas de problème de recevoir d'anciens députés LR voilà bon s'ils ont des choses intéressantes à dire
ils représentent quand même le plus grand parti de la droite aujourd'hui
c'est pour ça que je vous dis qu'on n'aurait pas de problème de principe
est-ce qu'il y aura j'ai vu qu'il y avait pas mal de cours notamment d'oenologie comment il y a des cours pour gagner une élection est-ce qu'il y aura aussi des cours pour apprendre à débattre ?
oui alors en fait il y a deux types de formation dans cette école il y a une formation magistère donc quatrième, cinquième année pour les étudiants en L3 où on fait des sciences politiques, économiques, sociales du management général, la direction de projet et il y a une formation continue pour des gens qui ont déjà une activité professionnelle ou étudiante et qui souhaitent se former de façon complémentaire et donc là on a des enseignements un peu plus pratiques en effet qui touchent parfois aussi aux campagnes électorales et où on fait en effet du média training, la levée de fonds pour ce qui est des cours d'oenologie en fait c'est une formation complémentaire c'est-à-dire que moi je trouve ça intéressant pas uniquement des enseignements académiques mais de former aussi à d'autres choses
mais l'intitulé est intéressant comment gagner une élection je vous pose aussi que s'il y aura une question comment apprendre à débattre parce que vous l'avez vécu
à ce niveau-là ? Non mais je ne raisonne pas par rapport à ça je dis juste que si vous formez des gens qui sont amenés à mener des combats électoraux ou être dans les affaires publiques il apparaît évident qu'aujourd'hui dans ce monde de communication il faut savoir faire du média il faut savoir communiquer il faut savoir en effet mener des débats donc c'est pas une question de par rapport à ce que j'ai vécu ou ce que j'ai pas vécu
parce que vous avez quand même tiré des conclusions de vos expériences et si vous lancez aussi cette école c'est ce que vous estimez que ça manque aujourd'hui dans le débat public
Je ne suis pas sûre que c'est mon expérience qui amène à cette conclusion je veux dire quiconque aujourd'hui fait de la politique a bien constaté qu'on faisait des débats on faisait des médias on faisait voilà donc à partir de là ça me paraît logique qu'on puisse former des personnages là ce qui est important en revanche c'est qu'aujourd'hui on a souvent c'est vrai des politiques qui savent faire des campagnes électorales ils savent un petit peu moins gouverner la plupart du temps donc la logique aussi c'est de pas uniquement être enfermé dans ce logiciel de politique communiquant mais de politique dirigeant
Vous dites que cette école n'est pas au service d'aucun parti est-ce qu'elle vous encombre l'étiquette FN est-ce que vous voulez voir plus large ?
Mais non elle ne m'encombre pas enfin moi je suis très à l'aise avec mon engagement enfin je pense que j'ai toujours été loyale là-dessus simplement aujourd'hui l'idée c'est que ça me dépasse voilà et c'est vrai on est... moi j'ai... pour le coup j'ai segmenté avec le FN enfin pas segmenté mais j'ai mis une barrière de fait puisque en effet ça n'est pas une activité électorale c'est important de le rappeler c'est une école voilà une école diplômante donc à partir de là eh bien il faut faire la part des choses et puis surtout essayer de dépasser cela parce que ce serait ce serait dommage que ce soit enfermé là-dedans c'est pas l'esprit
Mais vous restez quand même dans un contexte politique vous apprenez notamment en fait de la métapolitique la métapolitique il y a de la politique beaucoup à droite de la droite vous regrettent vous le savez vous voyez sûrement vous recevez sûrement des messages comment vous percevez ces appels notamment de personnalité est-ce que vous sentez d'une certaine façon une responsabilité sur vos épaules quand vous voyez toutes ces personnes qui vous voient comme un recours
Mais je me suis toujours sentie une responsabilité sur mes épaules quand je suis partie à 22 ans aux élections c'est parce que j'avais déjà une conscience aiguë je pense voilà de l'urgence de la situation j'étais malheureuse de la situation de mes compatriotes j'étais malheureuse du fait qu'on ait perdu l'indépendance de notre pays donc cette responsabilité je l'ai toujours sentie alors elle a pu croître avec le temps en regard aussi de l'exposition qui a été la mienne ce qui est sûr c'est que moi je n'ai pas peur de l'échec dans ce projet j'ai peur de la passivité je veux pouvoir me regarder dans le miroir en me disant que j'ai essayé de faire des choses voilà après tout n'est jamais acquis mais j'ai essayé de faire des choses qui pour moi et dans le bon sens répondent à un besoin permettent précisément de défendre un certain nombre de valeurs de transmettre des choses qui permettent à des étudiants de grandir sur le plan personnel humain, intellectuel voilà donc après je pense que je suis à ma place aujourd'hui dans ce que je fais et j'essaye de le faire bien et je ne pense pas sincèrement me défausser en me lançant dans cette aventure on est quand même
dans un paysage politique qui a été bouleversé ces derniers mois beaucoup d'électeurs déboussolés ils voient en vous un espoir peut-être
oui mais je suis honorée par leur confiance mais à un moment donné je pense que et je l'ai dit dans ma tribune j'ai été là-dessus je pense très honnête je dis moi j'avais besoin de retrouver du temps pour ma petite fille j'avais besoin sur le plan personnel de prouver aussi des choses je crois sur le pour un engagement dans le privé j'avais besoin aussi de souffler un peu y compris sur le plan de l'enrichissement intellectuel donc voilà je sincèrement moi je suis dans cette logique-là aujourd'hui et j'espère que ces gens qui me font confiance verront que ce projet n'a pas été inutile loin de là et que c'était important aussi de s'atteler à ce type de projet
vous ne reviendrez jamais en politique vous ne souhaitez plus jamais vous faire élire
c'est pas ce que j'ai dit une fois plus dans la tribune je le répète j'ai dit je n'en sais rien voilà j'ai dit je pars j'ai des choses à faire j'ai des choses à prouver si un jour j'ai le sentiment que je peux être vraiment utile que j'ai que j'ai la légitimité pour partir bon pourquoi pas je referai peut-être des choses mais je vous le dis très clairement puisque c'est la question sous-jacente et omniprésente moi je considère que les gens qui estiment que d'ici 2, 3, 4, 10 ans ce sera telle ou telle personne qui sera légitime pour porter les idées de tel ou tel camp c'est des raisonnements un peu hasardeux enfin je veux dire quand on voit que en quelques années à peine l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée devenu président de la république voilà les choses vont très vite donc je pense que se projeter excessivement sur telle ou telle personne c'est un peu hasardeux voilà moi je construis des choses une fois de plus je suis incapable de rester indifférente à l'état de mon pays mais encore faut-il que pour moi le combat m'apparaisse le plus adéquat et le plus juste au regard de ce que je peux amener tout simplement
juste une question sur l'actualité est-ce que la situation politique en Italie vous inspire l'alliance de la Ligue du Nord avec le mouvement populiste 5 étoiles
je vais vous répondre très sincèrement je me refuse à faire de l'actualité politique non pas que je n'ai pas un avis sur le sujet vous en notez bien mais ça n'est plus le niveau auquel je me situe aujourd'hui donc très simplement pour précisément ne pas politiser le projet qui est le mien parce que ce n'est pas l'objet je ne souhaite pas faire de commentaires sur l'actualité politique
d'accord juste pour être sûr on a parlé de vous parfois aux européennes c'est sûr on ne vous verra pas c'est trop tôt
ça pour le coup c'est sûr
je vais vous citer un de vos proches qui s'appelle Arnaud Stéphan il faut attendre que tout se délite pour que commence une nouvelle génération il a dit ça dans le parisien il y a quelques jours sur votre école
vous partagez son point de vue j'ai pas trop compris en fait ni le sens de cette phrase ni vers quoi elle tendait donc je vais vous dire très sincèrement alors j'ai travaillé avec Arnaud Stéphan et j'étais très heureuse de travailler avec lui je ne travaille plus avec lui aujourd'hui mais je n'ai pas trop compris le sens de cette phrase donc je ne peux pas vous dire je pense que lui est en train d'expliquer peut-être si j'interprète qu'aujourd'hui on est encore en phase de décomposition et pas encore en phase de recomposition
ça vous avez la même
oui c'est certainement un constat qu'on peut partager je veux dire à partir du moment où rien n'émerge il est évident ni personne ni projet particulier on est encore en état de décomposition maintenant et c'est tout l'objet aussi de ce projet la recomposition elle va passer par des engagements concrets et elle passe probablement et certainement par la question électorale elle passe aussi par autre chose et c'est finalement oeuvrer à cette recomposition aussi intellectuelle cette reconstruction même peut-être que l'on fait avec notre équipe à licep
vous participez vous estimez vous Marion Maréchal que vous participez à la recomposition politique actuellement à droite notamment
en tout cas on participe à la reconstruction d'un pays quand on remet en cause le magistère si vous voulez dominant idéologiquement qui aujourd'hui à mon avis sclérose un peu le milieu universitaire en tout cas supérieur français on participe oui à la recomposition nécessairement on redistribue les cartes on ouvre le débat donc c'est une façon de participer à la composition
vous recevez des soutiens de la part du Front National aujourd'hui dans votre projet d'école ?
je suis un peu malheureuse que vous me ramenez en permanence à ces questions politiques parce que je ne vois pas trop ce que ça apporte je reçois des soutiens de partout j'ai reçu énormément de demandes de partenariats d'entreprises évidemment j'ai suffisamment de liens au Front National pour que des gens continuent de m'y apprécier et j'en suis heureuse et donc me soutiennent humainement ça me paraît logique mais aujourd'hui ce qui est intéressant c'est que voilà on a reçu des dizaines encore de propositions d'enseignants des partenariats d'entreprises des premières demandes d'inscription d'étudiants c'est ce soutien là surtout qui est important mais je remercie mes anciens amis du Front National d'être aussi là
merci beaucoup Marion Maréchal de nous avoir accordé cette interview je vous en prie très bonne semaine à vous sur TLM
Marion Maréchal