Nicolas Dupont-Aignan invité de "Tirs Croisés" sur Itélé.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:19FerméeRéponse directe
Vous avez voté contre. Pourquoi ?
- 1:33OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'il y avait un autre accord possible qui aurait permis à la Grèce de rester dans la zone euro ?
- 2:54RelanceRéponse directe
Et c'est la faute de la Grèce si l'Europe ne marche plus ?
- 3:12RelanceRéponse directe
Sauf que l'Europe l'a acceptée à l'époque. Mais
- 3:49RelanceRéponse directe
Vous parlez de démocratie, mais les Grecs n'ont pas envie de sortir de la zone euro. Vous voulez les sortir de force.
- 4:53OuverteRéponse directe
L'Allemagne est très critiquée depuis lundi, depuis cet accord. Berlin est accusé d'avoir imposé cette ligne, cet accord très dur à Athènes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« J'ai voté contre tout simplement parce que cet accord va coûter cher aux Français et surtout va faire souffrir les Grecs en toute inutilité. »
- 0:40Invité politiqueFait
« il y avait un accord possible qui permette vraiment à la Grèce de s'en sortir et de nous rembourser une partie de ce qu'elle nous doit, je dirais banco »
- 0:56Invité politiqueFait
« ce qui est absolument surréaliste, c'est que des dirigeants européens, des gens soi-disant très savants, reproduisent une troisième fois la même erreur. »
- 1:22Invité politiqueFait
« la Grèce, même si elle le veut, ne pourra pas s'en sortir parce que cet accord va casser l'économie de ce pays un peu plus, matraquer déjà d'impôts, la hausse de TVA va casser complètement la croissance »
- 1:52Invité politiqueFait
« Cet accord, les Allemands n'en voulaient à aucun prix. »
- 2:03Invité politiqueFait
« Valéry Giscard d'Estaing aussi, c'est surprenant parce qu'on s'est souvent opposé sur l'Europe, proposait, c'était un Grexit, une sortie en douceur, accompagnée. »
- 2:45Invité politiqueFait
« Que les Allemands détestent les Grecs, les Grecs détestent les Allemands. L'Europe ne marche plus. »
- 3:53Invité politiquePromesse
« Je veux accompagner les Grecs à sortir de la zone euro. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« Il y a un jeune sur deux de Grèce qui est au chômage. Il y a 40% des enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté. »
- 8:35Invité politiqueFait
« C'est la faiblesse française. Et M. Hollande s'est comporté avec son gouvernement de manière très lâche à vouloir écraser la Grèce et pire, à reprendre l'argent du contribuable français pour un puissant fond. »
Temps de parole
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- Présentateur14 %
- ?5 %
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L
'invité politique de Tiers Croisés ce soir, Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir. Bonsoir, madame. Vous êtes député de l'Essonne, président de Debout, la France. Les députés viennent de voter ce soir pour l'accord conclu avec la Grèce. Vous, vous avez voté contre. Pourquoi
? D
'abord, je suis content qu'il y en ait davantage que prévu, puisque près de 70 ont voté contre et 40 abstentions. J'ai voté contre tout simplement parce que cet accord va coûter cher aux Français
et
surtout va faire souffrir les Grecs en toute inutilité. Vous savez, moi,
s
'il y avait un accord possible qui permette vraiment à la Grèce de s'en sortir et de nous rembourser une partie de ce qu'elle nous doit, je dirais banco, mais cet accord est la copie conforme des deux premiers plans qui ont lamentablement échoué. Et ce qui est absolument surréaliste, c'est que des dirigeants européens, des gens soi-disant très savants, reproduisent une troisième fois la même erreur. Je ne
suis
pas le seul à le dire. Il
y
a des prix Nobel d'économie, beaucoup d'économistes, beaucoup d'hommes politiques disent « mais c'est de la folie ». C'est de la folie parce qu'en vérité,
ce
n
'est
pas une question de jugement personnel, c'est que la Grèce, même si elle le veut, ne pourra pas s'en sortir parce que cet accord va casser l'économie de ce pays un peu plus, matraquer déjà d'impôts, la hausse de TVA va casser complètement la croissance, ils ne pourront pas nous rembourser.
Mais est-ce qu'il y avait un autre accord possible qui aurait permis à la Grèce de rester dans la zone euro ?
Il y avait deux solutions possibles, chacune leur cohérence. Il y avait la solution qui était de faire cet accord et de faire un vrai échelonnement de dette, c'est-à-dire un peu comme une commission de surendettement d'un ménage, on dit « on annule une partie de la dette, ça vous permet de retravailler, de vous en sortir ». Cet accord, les Allemands n'en voulaient à aucun prix.
Et
puis il y avait un autre accord possible que je demande, que Valéry Giscard d'Estaing aussi, c'est surprenant parce qu'on s'est souvent opposé sur l'Europe, proposait, c'était un Grexit, une sortie en douceur, accompagnée. C'est-à-dire qu'on accepte de rééchelonner la dette,
c
'est-à-dire de faire le deuil d'une partie de la dette, mais on est sûr qu'en sortant de l'euro, la Grèce va retrouver sa monnaie qui sera moins chère et va pouvoir créer de la richesse. C'est la seule solution. Mais ça, ça ne rentre pas dans le dogme. Vous voyez,
il y a
un dogme. Manuel Valls a commencé son discours, c'était intéressant tout à l'heure. Il a dit à l'Assemblée «
la
Grèce ne doit pas sortir de la zone euro ». Donc ça, c'est le principe absolu. Et après ça, on fait ce qu'on peut. Le drame dans cette affaire, c'est que cette monnaie qui ne correspond pas à la productivité de la Grèce est en train de déchirer les Européens. Que les Allemands détestent les Grecs, les Grecs détestent les Allemands. L'Europe ne marche plus. Et pire,
on
met en cause la démocratie.
Et c'est la faute de la Grèce si l'Europe ne marche plus ?
Non, c'est un tort partagé parce que cette monnaie, je l'explique depuis des années,
ne
peut pas convenir à la fois à Hambourg ou Munich et sa productivité et à la Crète ou Athènes. Ce
n
'est pas les mêmes pays.
Sauf que l'Europe l'a acceptée à l'époque. Mais
vous pouvez accepter une belle idée, un rêve. Et le rêve peut se fracasser sur des réalités. Et dans la vie, quand vous êtes face à un mur, dans une impasse en voiture, vous êtes face au mur, parfois il faut savoir reculer.
Ça
ne
veut
pas dire revenir en arrière. Ça veut dire reprendre une autre direction. Et on ne peut pas condamner un peuple à la misère. On ne peut pas... Il faut lire l'accord. On ne peut pas accepter
qu
'un pays soit mis sous protectorat. On ne
peut
pas accepter qu'un Parlement se voit retirer ses droits démocratiques. Vous savez, on ne construira pas l'Europe
contre
un peuple. Ce n
'est
pas possible de
fonctionner comme ça. Vous
parlez de démocratie, mais les Grecs n'ont pas envie de sortir de la zone euro. Vous voulez les sortir de force.
Je veux accompagner les Grecs à sortir de la zone euro. Mais ils ne le veulent pas. Non, mais attendez. Les Grecs, ils ont voté contre l'austérité. Là, on leur remet une louche. Mais les Grecs, certains sont incohérents aussi, ils voudraient garder l'euro... Pas que les Grecs. ...et garder, j'allais dire, une perfusion permanente de fonds financiers venant d'Allemagne et de France. Ça, ce n
'est
pas possible. Moi, je suis pour un juste milieu. Je dis, le peuple grec a trop souffert pour continuer une politique qui ne marche pas. Il faut l'aider à sortir de l'euro pour qu'il retrouve sa responsabilité et son économie, qu'il puisse produire dans sa monnaie, comme je le remarque, parce qu'on n'en parle jamais. M. Valls n'en parle jamais. Il y a 9 pays, 9 Pologne, Danemark, Suède, Angleterre et quantité d'autres qui, dans l'Union Européenne, n'ont pas l'euro. Donc pourquoi dramatiser une sortie inévitable de l'euro ? Pourquoi engager les contribuables français à payer toujours plus alors que dans 6 mois ou dans un an, la Grèce sera sortie de l'euro ? C'est une obligation pour elle.
L
'Allemagne est très critiquée depuis lundi, depuis cet accord. Berlin est accusé d'avoir imposé cette ligne, cet accord très dur à Athènes. Des critiques qui ont parfois dérapé dans un tweet que vous avez publié lundi. Vous parlez de l'avènement d'un quatrième Reich. Une allusion assez claire au passé nazi de l'Allemagne.
Franchement, c'était nécessaire. Non, excusez-moi.
Non, parce qu'il n
'y
a plus de culture historique dans notre pays. Mais le troisième Reich a été abominable. Mais il y a eu un deuxième Reich, il y
a
eu un premier Reich. En allemand... Vous
connaissez bien la
connotation
de ce terme.
Oui,
mais en allemand, un Reich, c'est quoi ? C'est un empire. Et je pèse mes mots.
On
ne construira pas l'Europe sur un rapport de domination de l'Allemagne sur les autres. L'Europe, la belle idée européenne, l'idéal européen, c'est la réconciliation franco-allemande, c'est la réconciliation des peuples. On ne peut pas accepter de voir un pays
tordre
le bras d'un autre et le condamner à la misère. Il y a un jeune sur deux de Grèce qui est au chômage. Il y a 40% des enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et on croit qu'on va pouvoir réformer la Grèce d'Allemagne. On croit qu'on va pouvoir imposer à Berlin la politique de la Grèce. C'est une folie pour l'Europe. Et je pèse mes mots. Cette tentation hégémonique de l'Allemagne est dangereuse pour les Allemands eux-mêmes. Et il y a beaucoup de critiques en Allemagne des dirigeants allemands. Donc je dis qu'il faut sortir de l'euro pour éviter de nous fâcher avec les Allemands.
Il faut que chaque pays retrouve sa monnaie et puisse travailler ensemble sur des beaux projets comme Airbus, des beaux projets européens positifs. Si l'Europe est assimilée à la dictature en Grèce, si l'Europe est assimilée à la misère, je crois vraiment qu'on aura de gros soucis à l'avenir.
Vous avez reconnu ce matin que vous aviez utilisé ce terme pour provoquer.
Oui.
Qu'est-ce que vous voulez
provoquer en faisant
allusion au passé nazi de l'Allemagne ? Ce que je viens de vous dire, pas
passé nazi, la volonté hégémonique, économique et monétaire de l'Allemagne qui succède à d'autres hégémonies. Je dis et je maintiens
que
c'est dramatique pour l'Europe parce que demain...
Donc
vous faites un lien quand même. Vous faites un
lien avec le passé nazi de l'Allemagne et les événements actuels.
Il y a eu trois périodes passées allemandes qui s'appellent Reich, ça veut dire empire en allemand. Et je dis qu'on ne peut pas créer l'Europe du 21e siècle sur un empire allemand économique et monétaire qui impose à la France, à l'Italie, à la Grèce, à l'Espagne et au Portugal la misère pour sa jeunesse et l'absence de démocratie. Si vous croyez que ça sert l'Allemagne... J'ai beaucoup d'amis allemands, je connais bien l'Allemagne.
Vous
savez, c'est le devoir de la France de dire à un moment stop.
Si
on continue à construire l'Europe comme cela, c'est l'idée européenne qui va être détruite dans le cœur de la jeunesse. Et moi je veux une Europe des nations libres, des démocraties, des projets. C'est la seule possible. C'est l'Europe que voulait le général de Gaulle et il avait bien raison. Parce que c'était une Europe où personne ne renonçait à ce qu'il est. Mais on construisait ensemble quelque chose. Ce n
'est
pas du tout la même chose que d'envoyer des représentants comme dans un pays colonial qui vont dicter des réformes insoutenables pour le peuple grec.
Donc vous ne voulez pas du gouvernement économique européen et du budget de la zone euro
proposé hier ? C'est le budget de Mme
Merkel et de M. Chaubleu. Mais moi je vais vous dire, vous savez, j'ai été stupéfait récemment encore dans la rue, des gens sont venus me voir en me disant vous avez eu raison de le dire monsieur. Parce qu'on ne peut pas continuer comme ça. De dire quoi pardon ? De dire qu'il fallait cesser avec cette domination allemande. L'Allemagne est un grand pays respectable, qui est respectable et qui ne doit pas abuser de sa force. Et le problème de l'Allemagne, ce n
'est
pas l'Allemagne en soi. C'est la faiblesse française. Et M. Hollande s'est comporté avec son gouvernement de manière très lâche à vouloir écraser la Grèce et pire, à reprendre l'argent du contribuable français pour un puissant fond. Ce n'est pas possible de continuer comme ça. Donc moi j'appelle à une vraie prise de conscience qu'on ne peut pas gouverner l'Europe comme ça. Ce n'est pas possible.
Vous avez un certain nombre de points communs aujourd'hui avec Marine Le Pen, notamment sur ces questions européennes. pour qu'on comprenne bien, qu'est-ce qui vous différencie de la précédente ?
Je ne vais pas
répéter toujours la même chose. J'ai des points communs avec M. Mélenchon, avec M. Chevènement, avec Henri Guénaud, qui était à cette place, qui a dit exactement la même chose que moi. Les Républicains. Vous ne pouvez pas me dire quelle est la différence avec les Républicains. La différence c'est que je suis gaulliste. Je veux une Europe des nations.
On a
du mal à comprendre la position
des Républicains. C'est parce que vous ne connaissez pas l'histoire de France. Non, non, la position des Républicains sur le
sujet de la Grèce. Ça vous avez raison. Totalement raison. Je suis gaulliste, je crois à l'Europe des nations. Vous savez, moi je...
Vous voulez que la France reste dans la zone euro ?
Non, je veux que la
France... Donc
c'est quand même... Vous êtes quand même deux responsables politiques en France à
être sur cette position-là. C
'est Marine Le Pen et c'est
vous. Et
Jean-Pierre Chevènement, vous oubliez, trois. Et une partie de la gauche. Et je vais vous dire, je crois qu'on ne peut pas construire l'Europe sur la misère, sur le chômage des jeunes. Je crois qu'on peut avoir un système équilibré en gardant un euro monnaie commune. Ma différence peut-être avec le Front National, c'est que je veux des projets communs. Airbus, on aurait dû le faire pour la voiture propre, pour les nanotechnologies, pour la lutte contre le cancer. J'ai proposé ça 100 fois. Je ne suis pas contre l'Europe. Je suis contre cette Europe disciplinaire, malsaine. Très malsaine. Et je vous assure que si on veut réconcilier les pays d'Europe, il faut absolument changer de modèle.
Sinon, on aura de graves problèmes. Et ça va commencer en Grèce. Parce que si Tsipras échoue, qui n
'est
pas de mon bord politique, moi, on risque d'avoir des vrais néonazis. C'est-à-dire Aube Dorée, qui sera la seule alternative dans ce pays. Et je ne
veux
pas de ça pour la Grèce.
C'est ce que dit notamment Yanis Varoufakis, l'ancien
ministre des Finances des Misionnaires. Et vous ne demandez pas quelle est
ma différence avec la gauche athénienne ?
Je vous poserai la question la prochaine fois. On
n
'a plus le temps là. Merci Nicolas Dubont-Aignan d'avoir été mon invité ce soir. Vous restez avec nous. Tire croisé se poursuit dans un instant. Et on ira justement en Grèce pour suivre l'évolution du débat au Parlement avant le vote ce soir. A tout de
suite. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan