Francophones : ne nous tournons pas le dos ! - Conférence de Mélenchon à Ouagadougou
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames, Messieurs, je suis très honoré par votre présence nombreuse à l'occasion de cette rencontre. L'adage dit que chaque génération est un peuple nouveau. C'est un honneur, un privilège pour moi de rencontrer le nouveau peuple burkinabé. Sans doute ce sera une vertu de votre génération d'entrer plus facilement dans les débats que je soulève, dans la mesure où souvent ils sont en rupture avec l'ancien monde, les anciennes formules, les anciennes préoccupations. Je vous parlerai aussi franchement que je peux le faire.
Mais vous êtes tous conscients de la difficulté particulière de la situation d'un homme qui aime son pays, comme vous-même, et qui, se trouvant à l'extérieur de ses frontières, doit mesurer les termes dans lesquels il formule les critiques justifiées qui affectent les thèmes qui nous concernent en commun. Je suis venu au Burkina Faso, et nulle part ailleurs parce que je l'ai décidé, avec la délégation des Insoumis qui avait commencé, dès le début de son mandat parlementaire, à proposer à l'Assemblée nationale française une résolution pour que soit réouvert le dossier de l'assassinat de Thomas Sankara.
Tant et si bien qu'à quelques mois de la clôture de ce mandat parlementaire, il était normal qu'on vienne ici dire ce que l'on a à dire sur le sujet qui nous occupe en commun de ce moment particulier de la civilisation humaine dont nous sommes tous co-responsables. Je voudrais remercier les autorités universitaires qui nous accueillent aujourd'hui avec efficacité et cette courtoisie spontanée qui est celle des universitaires et des gens de recherche et de culture. Les associations étudiantes qui ont pris la responsabilité d'organiser, avec la maestria que l'on peut observer, cette rencontre.
Et puis tous ceux qui nous ont fait l'amitié, dans cette période si raccourcie de notre présence, de nous recevoir. D'abord les médias burkinabés que je veux saluer dans la mesure où ils ont accordé un intérêt auquel je ne m'attendais pas forcément à ma présence et à mes propos. J'y ai été sensible. Mais également les organisations qui ont permis qu'on se rencontre. D'abord le mémorial Thomas Sankara et puis le ballet citoyen qui m'a reçu dans ses locaux et avec qui nous avons eu un échange d'autant plus éclairé que nous avons dû faire le constat, pas si étrange que ça au fond, de la similitude de nos préoccupations, de nos méthodes et de nos pensées en général sur la société.
Même remerciement encore à l'association Yélemani dont la coordinatrice Blandine Sankara a fait des efforts admirables pour nous recevoir en temps, pour que nous voyions ce qu'il y avait à voir et surtout ce qu'il y avait à apprendre. Je ne manquerai pas de saluer, en leur exprimant ma reconnaissance, M. le ministre de l'Eau qui a reçu notre délégation, le président de l'Assemblée nationale, M. Sacandé, et le président de la République du Faseau, M. Caboret. C'est au total beaucoup d'honneurs et d'écoutes qui m'ont été faits et je veux vous dire que le français que je suis vous en est reconnaissant.
Je présente mes excuses aux médias et aux personnalités qui avaient souhaité des rencontres et avec qui je n'ai pu les avoir puisque, comme vous le savez, je suis dans un délai raccourci de présence au Burkina car le président de mon pays ayant convoqué, ce qui n'est pas dans ses attributions constitutionnelles pourtant, un débat parlementaire sur le pass sanitaire et les répliques à la crise du Covid et des variants. Nous sommes donc convoqués pour un débat, mais je ne pouvais pas, naturellement, je n'aurais jamais imaginé de vous faire l'offense de ne pas venir ou d'annuler l'engagement que j'avais pris avec les autorités universitaires.
Si bien que je suis là, une partie de ma délégation est là, ceux qui ramassent les images, qui font les liens, et je veux les remercier avec les autorités ici. Mathilde Panot, vice-présidente de notre groupe, est rentrée et a pris la parole il y a quelques instants à l'Assemblée nationale française. Bastien Lachaud, député insoumis de Saint-Saint-Denis et spécialiste des questions militaires chez les insoumis, conclut sa présence avec moi ici à cet instant. Mon séjour a été raccourci et, croyez bien, que je le regrette. Dès que je suis arrivé, on m'a posé la question de savoir ce que je faisais là.
Eh bien, j'ai été bien content de cette question, même si elle avait un petit côté impertinent qui ne m'échappait pas. Oui, qu'est-ce que je peux bien faire là ? Dans sa crudité, la question m'évite les circonvolutions rhétoriques. Je suis là parce qu'il y a urgence à y être. Je suis là parce que j'ai entendu l'appel de mes amis en Afrique et en Europe qui m'ont dit qu'il se développe partout sur le continent africain et dans la francophonie une montée d'un sentiment anti-français lié aux événements militaires du Sahel.
Dans le même temps, ce qui aurait suffi à dissuader, en attendant des jours meilleurs, d'engager ce dialogue, dans le même temps, j'observe dans mon pays une certaine indifférence à l'égard des questions de l'Afrique, des nations africaines, des peuples africains, et le renforcement de sentiments xénophobes insupportables qui poussent les opinions à ne plus voir dans l'Afrique que le réservoir d'une immigration dont ils craignent tout contre toute raison.
C'est parce que ce moment est si tendu que c'est le devoir de l'homme, de la femme de conscience, du citoyen engagé, que de s'avancer, de prendre position pour tâcher de modifier une situation qui ne finira bien ni pour les uns, ni pour les autres, à mon avis, si nous nous tournons le dos. Pour moi, c'est un crève-cœur que le sentiment anti-français. Pour moi, c'est une erreur totale de se tourner le dos, parce que ce qui se joue dans l'entente entre le peuple français et les peuples des nations africaines, c'est une bonne partie des enjeux du XXIe siècle.
Sauf si, bien sûr, par un confort de situation que nous accepterions tous, nous, Français, nous diluant mollement dans les bains tièdes de la construction européenne, nous satisfaisant d'être partie prenante de la production de 25% de la richesse du monde, sans se soucier de savoir comment cette richesse est accumulée et comment elle est partagée. Et puis vous, vous pourriez décider que, puisque tout ce qui est français est détestable, alors pourquoi ne pas aller du côté qui semble être si avenant, qui est celui de l'anglophonie ?
Au demeurant, vous êtes, vous autres, Burkinabés, structurés, verticalisés par une tradition de souveraineté populaire qui vous protège des tentations de mollesse et d'abandon. Mais on comprendrait qu'étant à la porte du géant africain de l'anglophonie, qu'est le Nigeria, vous ayez un temps dans lequel vous réfléchissez, et c'est normal. Je veux plaider pour la francophonie, mais je veux le faire dans des termes nouveaux. Mais avant de le faire, je voudrais vous dire que je n'ai pas l'intention d'être devant vous autre chose que ce à quoi j'aimerais que vous pensiez souvent. Il y a bien sûr la France que vous connaissez, c'est ma patrie.
Elle est comme la vôtre, diverse, multiple, partagée par des intérêts, des sentiments différents, comme vous-même. Celle que vous voyez, c'est celle qui décide et qui a le pouvoir. Mais je voudrais que vous pensiez à l'autre France, celle qu'à cet instant, je voudrais incarner devant vous. La France qui n'a jamais accepté l'impérialisme et qui, de génération en génération, a été solidaire de toutes les luttes de libération nationale. Qui n'accepte pas le colonialisme et qui n'éprouve aucune complaisance pour le paternalisme, qui est le miel dans lequel on enrobe les paroles amères et les brutalités la plupart du temps.
Mais pour autant, je n'ai pas l'intention de revenir ici devant vous, diluer les grumeaux des vieux catéchismes dans la bouillie du présent. Il ne suffit pas de dire que l'on n'aime pas l'impérialisme, que l'on ne veut pas du colonialisme et du paternalisme. Il ne suffit pas de rendre la France coupable de toutes sortes de difficultés, dont elle est parfois en effet coupable. Il faut penser que ce que nous combattons, et en tout cas dont je porte devant vous le combat, porte un nom à une politique, à une langue, c'est le néolibéralisme.
Le néolibéralisme, cette forme inouïe, née à la fin du XXe siècle, dans les années 70 au départ, et puis ensuite amplifiée par la chute de l'URSS et de ce que l'on appelait le camp socialiste, et qui déferle comme un productivisme halluciné, qui veut tout transformer en marchandise, jusqu'au vivant, jusqu'à ce qu'il y a de plus intime, jusqu'à la pensée, tout, absolument tout, au prix d'une destruction et d'un épuisement de l'être humain et de la nature. Le néolibéralisme conduit la civilisation humaine à l'impat. C'est lui qui détruit la planète. C'est lui qui a servi les peuples.
C'est lui qui, sous prétexte d'ouvrir les marchés, fracture toutes les sociétés, insulte le déroulement et le développement endogène que les gens pouvaient imaginer pour eux-mêmes. Détruit les capacités de production des pays. Appel une réplique décidée. Et cette réplique, c'est le protectionnisme solidaire, c'est-à-dire le retour de la souveraineté des nations sur tous les marchés qui concernent leur existence. Et la négociation qui permet de savoir ce que l'on échange, ce que l'on n'échangera pas, ce que l'on sait faire soi-même, ce que l'on demande aux autres, parce qu'on a aussi besoin des autres.
Au fond, ce qui était contenu dans la pensée si neuve, si fraîche, si novatrice, si l'on tient compte de la période à laquelle elle fut formulée par Thomas Sankara, c'est-à-dire à la fin des années 80, alors qu'il existait à l'époque une vulgate dominante dans la gauche à laquelle il appartenait intellectuellement, qui ne tenait aucun compte de ce que lui, Thomas Sankara, mettait dans le débat et sur la scène.
Des questions comme la souveraineté alimentaire, des questions comme le patriarcat, des questions comme la reconstruction écologique de la destruction de la nature, dont il désignait les responsables, rompant ainsi avec tous ceux qui considéraient que c'était en quelque sorte des fatalités qui résultaient des caprices de la nature elle-même. Non, il disait, ceux qui mettent le feu à nos forêts, c'est ceci, c'est cela, c'est telle puissance d'argent, c'est eux qui ont détruit la nature et qui nous ont mis dans cette situation.
Thomas Sankara, même si bien sûr c'était un autre contexte, bien sûr c'était une autre situation, c'était un autre moment, bien sûr ça n'a duré que 4 ans, mais il fait partie de ces moments inspirés de la civilisation humaine où parfois quelques hommes, quelques femmes, à eux tous seuls, ouvrent un chemin parce que soudain, ils ont eu la préscience, ils ont eu la compréhension, ils ont eu la capacité de créativité et d'invention qui leur montraient de quel côté roulait la civilisation humaine. Nous aussi, Français, notre histoire démarre d'un big bang qui n'a duré que 4 ans. ce sont les 4 années qui commencent avec le 5 mai 1789 et qui s'achèvent avec l'assassinat de Maximilien Robespierre.
Et ensuite, le reste de notre histoire est inscrit dans cette dynamique. Puisse-t-il en être autant pour vous et pour nous dans la rencontre entre ce que vous êtes et ce que nous cherchons à être, les Insoumis et tous ceux qui partagent cette idée que la puissance, la puissance, ce n'est pas seulement, bien sûr, c'est aussi le niveau d'un PIB. La puissance, ce n'est pas seulement, bien sûr, c'est aussi une capacité militaire pour protéger son indépendance. La puissance est toute entière dans le cœur des êtres humains. La puissance, la vraie puissance, est dans les sciences, dans les arts, dans la littérature, dans la capacité à augmenter la part d'humanité qui est en nous.
Car le processus d'humanisation de la planète n'est pas achevé. Les êtres humains se sont toujours déplacés. Les êtres humains ont toujours migré. Et la migration a toujours été un facteur de progrès pour les sociétés humaines parce que, si douloureuse qu'elle soit, elle signalait aux êtres humains qu'ils ne dépendaient d'aucun biotope en particulier, mais qu'au contraire, il lui fallait s'adapter. et en s'adaptant, développer une expérience, une science, une culture, des symboles, de la musique, de la poésie, des contes qui les rendaient plus humains. La véritable puissance, pour moi, est là. Et elle entretient un rapport intime avec le pouvoir et la souveraineté populaire.
La puissance, c'est pouvoir décider pour soi-même, comme on le fait comme individu, le faire collectivement. et que lorsque l'on a décidé, ceux que l'on a décidé s'appliquent, non seulement parce que ceux qui sont chargés d'appliquer le font, mais parce que la nation dispose des moyens matériels, techniques, humains, spirituels qui lui permettent de réaliser les décisions qui ont été prises. Rien n'est plus creux qu'un pouvoir qui fait des grandes phrases et qui ensuite est absolument incapable de trouver qui que ce soit pour faire le travail qui est nécessaire. Et c'est à quoi l'auto-organisation populaire à laquelle Sankara a appelé les Burkinabés.
C'est le son, y compris pour nous qui sommes confrontés aux problèmes auxquels vous avez affaire. J'en dirai un mot dans un instant, mais j'admets qu'à cette heure, c'est évidemment les problèmes sécuritaires qui dominent toutes les conversations et toutes les relations. Croyez que je le déplore, mais je le comprends. J'en dirai quelques mots et je vous répondrai tout à l'heure si vous me posez des questions à ce sujet. Je veux vous dire que la coopération militaire fait partie des actes de souveraineté des États. Il est donc possible à des États et à des nations de passer entre elles des accords et ensuite de demander qu'ils soient appliqués.
La France est membre de coalitions militaires que je déplore, mais elle l'est. Dès lors, ce qui m'occupe dans le moment est de vous dire ceci. Il n'existe aucune solution militaire à un problème politique. Nulle part, il ne s'est trouvé vérifié qu'on puisse régler un problème de cette manière. Les premiers qui l'ont dit, ce sont les militaires de mon pays qui, lorsque, obéissant, comme c'est leur devoir, et servant, comme c'est leur métier, ils ont participé au début de l'opération qui est conduite au mail. Et les militaires les premiers nous ont dit qu'il n'y a pas de solution militaire sans projet politique. Quel est le projet politique ? Eh bien, la réponse c'est que nous ne savons pas.
Et je n'hésite pas à le dire devant vous, quoique je sois patriote, français, et précisément parce que je le suis, je ne supporte pas que nous soyons depuis 8 ans en guerre en en ayant discuté une seule fois à l'Assemblée nationale du pays, que cela nous ait coûté 5 milliards, 2 millions par jour qui auraient été employés à mon avis bien plus utilement à essayer de juguler les causes qui alimentent le bocal d'où sortent les terroristes, qu'à essayer une guerre asymétrique qui ne peut pas être victorieuse. Ça coûte de le dire parce que des hommes, des femmes sont en train de mourir dans cette guerre. Et certains le font par obéissance, ce sont les uns des militaires, les autres des civils.
Elles ne mènent nulle part et si vous vous en voulez la démonstration, regardez le bilan de 20 ans de présence militaire en Afghanistan où ont été déversés des centaines de milliers d'hommes, des milliards de dollars, jetés les bombes par milliers, dont la plus grosse bombe conventionnelle de l'histoire de l'humanité par les Nord-américains et qui, 20 ans après, s'achèvent par une débandade où l'on négocie avec cela même qu'on prétendait combattre l'aliénation et l'abrutissement de la société afghane. Alors nous, on doit apprendre. Je le regrette. J'en suis désespéré. Mais que faire sinon apprendre ?
Réagir, inventer, ouvrir de nouveaux chemins, intervenir à temps, c'est-à-dire avant que les choses se dégradent jusqu'à un point où plus personne ne contrôle rien. parce que si la victoire militaire est impossible, la défaite militaire serait une catastrophe au moins aussi grande, tant et si bien que nous naviguons entre des inconvénients. Je veux vous dire que pour ma part, je crois à la guerre idéologique. On vint un adversaire quand on vint ses causes. Je crois à la guerre sociale. Si nous rectifions les problèmes sociaux qui sont à l'origine de l'embrigadement des populations, nous pouvons espérer voir un autre avenir, un autre futur se dessiner.
Je crois à la guerre du financement et je repose devant vous la question que j'ai posée à la tribune de l'Assemblée nationale française. Qui paye pour qu'on sache une bonne foi ? À qui on doit vraiment aller demander des comptes ? Et ensuite, qui encaisse ? Je veux dire par là que j'ai les plus vifs doutes sur les motivations et les finalités religieuses de tout cela. D'abord, parce que tous les docteurs de la foi en islam condamnent ce type de méthode. Ensuite, parce que les premières victimes sont les musulmans et en plus grand nombre.
Dès lors, j'observe avec assez d'attention et sans avoir besoin d'être extra-lucide, les trafics de toutes sortes qui, sous prétexte de religion, réorganisent d'anciens passages, d'anciennes méthodes, d'anciens trafics, d'anciens commerces, mais à l'échelle à laquelle dorénavant il est possible de les conduire puisque nous sommes dans le néolibéralisme. Là où l'on trafiquait des cigarettes, on continue à le faire, mais on trafique la drogue qui est autrement plus juteux et rentable. Où va cet argent ? Parce qu'il faut bien qu'il aille quelque part. Et ainsi de suite, où va l'argent de la traite des êtres humains ?
Par conséquent, la racine de la lutte et de la guerre qu'il faut mener, elle est dans les comptes en banque. Elle est dans l'organisation internationale des mafias. Elle est dans les possédants des trafics d'armes, des trafics d'êtres humains, des trafics de drogue. Voilà, mesdames et messieurs, à quelle stratégie je crois. Je répondrai pour le reste aux questions que vous voudrez me poser à ce sujet. Mais je voulais dire toutes ces choses ici parce que je sais que cela sera entendu dans mon pays autant que dans le vôtre à qui je n'ai rien à apprendre.
Mais qui sera que si je l'ai dit devant vous, c'est que donc c'est une parole qui peut être entendue par nos meilleurs amis, par ceux avec qui nous avons à traiter de notre futur comme impossible. Les Françaises et les Français qui m'écoutent à cet instant même parce que nous sommes reliés par la diffusion de mon discours, doivent maintenant comprendre pourquoi la francophonie peut être entre nous quelque chose de plus que ce qu'elle a été. Je sais que c'est quel soupçon pèse sur la francophonie. Ah ! C'est l'instrument de l'impérialisme français. Ce n'est pas faux. Je ne vais pas vous dire non, ce n'est pas vrai. Nous n'avons eu que des intentions pures dans le passé. Bien sûr que non.
Mais je demande qu'on y réfléchisse un instant. Dans les choses qui nous contrarient parfois, il y a un peu à prendre et des fois beaucoup. Mesdames et Messieurs, ne sous-estimons pas la force comme un bien commun de pouvoir disposer d'une langue en usage commun. Je ne l'appellerai d'ailleurs que comme ça au cours de mon exposé. La langue en usage commun. Cette langue en usage commun est la cinquième qui se parle dans le monde. Elle est la quatrième qui se parle sur l'Internet.
Elle est non seulement le vecteur entre ceux qui la parlent, mais également le moyen pour ceux qui parlent d'autres langues d'assumer la diversité linguistique tout en disposant d'une langue qui leur permet de s'entendre. C'est une réalité que j'ai bien connue. Je suis né à Tangier. Eh bien, on y parlait arabe. Et puis d'autres parlaient espagnol, d'autres portugais, certains français, que sais-je encore. Eh bien, entre nous, nous parlions espagnol. Et cette langue nous permettait, chacun pour notre compte, de parler notre propre langue sans jamais y renoncer.
Cette fonction spéciale de la langue, je la mets en avant pour vous dire, à vous autres, romanciers, poètes, universitaires, que la langue française ouvre la possibilité d'une langue commune avec 300 millions de personnes. 700 millions d'ici la fin du siècle. Ce n'est pas rien pour vous, non plus, Burkinabé. Je ne dis pas que ce ne soit pas très important pour nous, Français, mais pour vous parler bien franchement, j'ai observé une pente à l'anglophonie dans les élites néolibérales françaises qui expliquent mieux que leur stupidité les raisons pour lesquelles ils sont si souvent prontes à favoriser une anglophonie que je juge irresponsable.
par exemple, quel peut bien être le sens d'avoir désigné comme secrétaire général de la francophonie une personne qui parle anglais, qui est ministre des affaires étrangères de son pays, qui a décidé dans ce pays que le français n'était plus la langue d'usage. Eh bien, cette francophonie-là, nous la connaissons et c'est d'elle dont on doit se débarrasser.
C'est celle des combines géopoliticiennes où vous tous vous apprenez en voyant quelqu'un qui va en surgir sur le parvis de l'Elysée et qui vous apprend qu'un tel est élu secrétaire général de la francophonie sans aucun respect pour les chefs de vos gouvernements, pour vos universitaires, pour la capacité créative gigantesque de l'espace de la langue commune francophone. Cette langue commune, elle est destinée à périr dans le dégoût et l'indifférence.
L'indifférence, regardez-la, regardez sa vilaine figure, regardez comment le congrès des maires de francophones qui vient de se dérouler à Kigali du 14 au 20 juillet, des villes francophones, n'a intéressé strictement personne et le seul article qui en rend compte est en anglais. voilà comment cette francophonie des officialités conjuguées s'effondre sur elle-même et puis sinon c'est une francophonie des prébandes. Le président de mon pays a inventé une université pour l'Afrique et la Méditerranée, tout ça dans un même pot, et a décrété qu'il était installé en Tunisie. Le résultat, c'est que certes, on a augmenté le salaire de celui qui s'en occupait, mais pour finir, nous avons 52 inscrits.
C'est un début, vous me direz, mais enfin, au tarif où est le frais d'inscription, tout le monde avait cru que c'était une université publique, non, c'est une université privée, parce que les libéraux sont comme ça, même poil, même bête, quelle que soit la nationalité. Celle-là de francophonie est condamnée parce que vous la sentez arriver à un kilomètre comme une combine offensante pour l'esprit. C'est donc autre chose qu'il faut créer avec la langue commune.
D'abord, il faut assumer que ce soit un bien commun et il faut donc se battre pour qu'elle le soit, qu'elle ne soit pas confisquée et que l'on comprenne, surtout dans mon pays, ça, ce n'est pas pour vous, que comme 80% de l'essor de l'humanité va se faire sur le continent africain, l'endroit où la langue commune va être la langue du plus grand nombre, c'est ici. Et alors, ça nous intéresse d'une manière que je veux formuler devant vous parce qu'elle me paraît être en rupture absolue avec ce qui a été dit jusqu'à présent.
Mesdames et Messieurs, telle qu'est la vie, tels que sont les enseignements de l'anthropologie, chacun d'entre nous est singulier et cette singularité contribue à la fécondité du groupe, à ses capacités d'invention. Chaque nation est singulière et cette singularité contribue au goutte à goutte qui est nécessaire pour connaître la situation des peuples. Mais en même temps que ces singularités additionnées permettent la vie commune, il faut qu'il y ait des principes communs universels. Ces principes sont contenus dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Je rappelle toujours qu'il y a et du citoyen parce que qu'est-ce qu'un droit sans ceux qui ont le pouvoir de le faire respecter ? Rien, tout simplement. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen est imprescriptible, non négociable et elle définit l'universel. Mais entre le singulier et l'universel, il y a un vide dans lequel il a été possible d'utiliser l'universalisme comme une manière de juguler les différences et de faire se tenir tranquilles ceux qui n'avaient pas l'intention de le faire. Bref, l'universel a été une fois et l'autre l'argument d'une oppression. Et nous devons lever cette difficulté.
Un poète français, Édouard Glissant, martiniquais, a proposé une formule que pour ma part je crois géniale. Notez que c'est un poète, un philosophe qu'il a trouvé. Il dit « Il y a dans la vie quelque chose de plus fort que tout. » C'est un principe qui anime les sociétés. C'est un principe de créolisation. Le mot fait horreur aux puristes, xénophobes et racistes qui entendent dans le mélange quelque chose d'affreux que les psychiatres savent parfaitement distinguer et nommer. Je ne dirai pas ici, mais pour eux c'est l'abomination. Mais la créolisation n'est pas un projet politique. La créolisation est un fait.
Il consiste dans une synthèse qui s'opère au fur et à mesure de l'existence entre les cultures. Personne ne domine personne et à la fin on a un mélange qui peut consterner. Les racistes de mon pays et les xénophobes sont les premiers surpris quand je leur dis que le plat préféré des Français c'est le couscous, que les plus gros consommateurs de pizza de toute l'Europe ce sont les Français. Bref, c'est la créolisation sympathique par la cuisine. Mais vous comprenez la portée bien plus large du concept. Si bien que voici ce que j'ai à dire.
La francophonie que nous libérerions de ces usages politiciens que nous libérerions de ces pratiques prébandières la francophonie langue commune que nous ramènerions à son statut de langue commune serait en quelque sorte l'espace par lequel se réaliserait la créolisation entre les cultures populaires du continent africain des nations et des peuples avec le reste du monde. Aussi bien puisque c'est une réalité elle sera ce terrain. Dès lors il faut renoncer selon moi à une vision officialiste de la langue commune et de la francophonie. La francophonie et la langue commune ne peuvent pas avoir d'existence en dehors de ce à quoi elle sert.
La langue n'a pas de sens en dehors des messages qu'elle porte. La langue commune d'eux-mêmes elle se viderait instantanément de toute performance si elle devait être autre chose qu'une langue d'opinion et de projet commun. J'en appelle donc à une langue commune francophone qui soit une langue d'opinion et de projet. Tant et si bien qu'à cet instant c'est mon tour de vous interpeller avant que vous le fassiez vous-même pour vous dire la citoyenneté n'a de sens qu'active. Si elle est inactive elle n'est pas seulement inactive elle est inutile. La citoyenneté ne vit que dans l'engagement et alors la langue doit nous permettre cet engagement.
les batailles communes que nous avons à mener les voici ne sommes-nous pas dans la crise sanitaire ? Le principal problème qui nous est posé n'est-il pas une fois de plus l'accaparement par les grandes puissances des moyens de santé comme les vaccins pour essayer d'atténuer la violence du choc que reçoivent nos sociétés ? Alors il y a une bataille universelle dorénavant tous les pays du continent africain ont appelé à la liberté de circulation de la licence sur les vaccins. J'ai été dans mon pays le premier responsable politique à y appeler aussitôt après que l'Afrique du Sud et quelques autres pays aient demandé qu'on prenne cette décision.
Et puis nous avons été avec l'ex-président Lula du Brésil les premiers à mettre en circulation une pétition. Nous avons besoin d'une mobilisation francophone pour la liberté d'accès aux vaccins. Et je veux dire pour que les choses soient bien entendues à quel point je déplore la position changeante mais finalement assez constante quant à ces résultats de mon pays.
Après avoir dit que cette liberté n'était pas le sujet dès lors que le nouveau président des Etats-Unis a dit que ce serait bien le mien a aussitôt enchaîné pour dire que ce serait parfait avant de faire exactement l'inverse c'est-à-dire de revenir à la position antérieure et dire de toute façon dorénavant c'est comme auparavant on ne fera rien.
Et voilà comment la France s'est retrouvée agglutinée avec les pays radins égoïstes qui sont là au service des grandes multinationales et du Big Pharma pour dire non pas de licence libre à l'Organisation Mondiale du Commerce Mesdames et Messieurs les vaccins sont maintenant redevables de l'Organisation Mondiale du Commerce Nous avons connu nous autres français une période où jusqu'en 1959 il était interdit de déposer des brevets sur les vaccins parce qu'on considérait que tout ce qui relevait de la sauvegarde de l'humanité était un bien commun et que l'intelligence que déployaient ceux qui avaient été capables de faire ces découvertes appartenait à l'humanité toute entière parce que c'est la leçon numéro 1 des scientifiques et de l'esprit des Lumières les scientifiques ils partagent tout dans leurs revues dans leurs échanges personne ne cache ce qu'il fait tout le monde le soumet à l'appréciation des autres il n'y a donc pas un résultat scientifique dans le monde qui ne soit le résultat de cette pensée collective de cette action collective des milieux scientifiques et des institutions publiques qui les financent car qu'il s'agisse de ces vaccins comme du reste pour l'essentiel au point de départ on trouve des sommes fantastiques accumulées par le Big Pharma sur le dos des citoyens j'ai donné cet exemple mais nous pourrions aussi avoir tous et vous spécialement des initiatives mondiales dans notre langue commune pour demander que cesse les élevages ultra intensifs qui défigurent le rapport de l'homme à la biodiversité qui défigurent nos sociétés mais qui surtout amplifient après avoir détruit les agricultures des pays où on ne le pratique pas représente un risque majeur parce que la transmission des maladies qui viennent des animaux et la plupart en viennent se fait par zoonose et comme résultat des élevages intensifs nous aurions donc une raison sanitaire une raison sociale et une raison philosophique de nous opposer aux mauvais traitements qui sont infligés à des millions d'animaux dans le monde pour la satisfaction d'une petite poignée de gens que ça ne dérange pas d'assassiner socialement tous les autres en mettant sur la marché mondial des quantités de marchandises que les gens pourraient aussi bien produire chez eux comme vous les burkinabés vous le savez mieux que personne et pouvez nous l'enseigner autre cause commune autre fait d'opinion commun nous sommes entrés dans le changement climatique il ne sert à rien de tourner autour du pot le changement climatique est commencé et il est irréversible et comme il est irréversible naturellement bien des domaines sont engagés mais dans la politique ce qui est engagé c'est la décision que faut-il faire comment allons-nous agir alors bien sûr la plupart d'entre nous qui sommes des gens raisonnables se dit qu'on va agir pour le mieux mais d'autres disent c'est pas notre sujet pour le mieux nous allons agir conformément à nos intérêts et si leurs intérêts font qu'ils y trouvent un intérêt et bien ils ne feront rien ou plus exactement ils tireront du profit des dévastations qui se produisent je vous rappelle d'avoir constaté d'une manière effarée de voir un type qui disait c'est formidable sur l'Atlantique flotte des glaçons qui viennent de l'océan profond et figurez-vous que ces glaçons sont pleins de méthane nous pourrions les ramasser et tirer du méthane c'était sidérant la présence de ces glaçons signifiait que le méthane du fond de la mer qui serait en état de subjuguer toute l'atmosphère terrestre est en train de se libérer à la surface des mers la première idée c'est pas de se demander comment on va justement pouvoir sortir ce méthane des glaces pour pouvoir l'utiliser je prends cet exemple mais tous les autres vous les connaissez et ça m'amène pour ne pas entrer trop dans les détails mais je suis prêt à le faire à vous proposer et je le fais ici pour la première fois avant de le faire dans mon pays et le moment venu si les destins le permettent de le faire au nom du pays c'est que compte tenu de la violence des accidents qui résultent du changement climatique ou de l'imprévoyance absolue des puissants de la terre qui sont responsables de ce changement il est peu probable que chacun puisse en sortir tout seul parce qu'au fond de nouveau va se poser à l'échelle locale nationale régionale mondiale la grande question est-ce que nous en sortons chacun pour soi ou tous ensemble c'est la question philosophique du 21ème siècle face au changement climatique tous ensemble ou chacun pour soi dès lors mesdames et messieurs voyez comment quand prend feu un forage qui a été fait en plein golfe du Mexique comme si ça ne suffisait pas une première fois que c'est dégénéré répandant pendant des mois du pétrole sur toutes les côtes voici que l'un d'entre eux vient de prendre feu qu'est-ce qu'on fait voici qu'au Canada un village entier prend feu voici qu'en Sibérie des étendues immenses prennent feu voici qu'ici tout d'un coup s'abattent des quantités d'eau incroyables au point que dans une des provinces chinoises on dit qu'un barrage qui a maintenant une faille de 20 mètres pourrait s'écrouler et déverser toute l'eau qu'il contient sur les populations qui sont en dessous voilà le genre d'accident auquel nous allons être continuellement confrontés que faisons-nous ?
nous regardons les chinois et nous leur envoyons des messages de sympathie nous regardons les mexicains et nous leur disons combien nous sommes sensibles à leur malheur ou bien est-ce qu'au contraire il n'est pas venu le moment comme on l'a fait dans le passé sous l'autorité de l'organisation des Nations Unies qui dispose comme vous le savez de forces d'interposition militaire le moment n'est-il pas venu que l'on crée une force de sécurité et d'intervention écologique pour faire face en commun nous autres le peuple humain chaque fois qu'on nous appelle à la rescousse devant un accident je sais que c'est une idée neuve il lui faudra du temps pour faire son chemin comme d'habitude elle soulèvera d'abord des ricanements de ceux qui savent toujours tout mieux que les autres mais qui souvent d'ailleurs font la preuve qu'ils ne savent en réalité rien si l'on tient compte du fait que ils sont absolument incapables de faire avancer quoi que ce soit à part de nous dire qu'il ne faut pas le faire que c'est compliqué il faut en discuter si possible à perte de vue avec des gens que l'on paierait pour ça mais nous nous savons que nous allons être dans l'urgence et je vais dire au peuple de l'Afrique méditerranéenne ceux du Maghreb je suis né parmi eux et puis tous les autres autour dites moi ce que vous comptez faire quand les chypriotes à qui on a dit vous avez des dettes pour les payer forer on commençait à forer et qu'arrivent les Turcs qui disent ici c'est chez nous superposant ainsi la possibilité d'une crise écologique qui résulterait d'enforages mal fait avec une crise politique de gens qui se battent pour savoir à qui est le trou que ferons-nous ?
nous enverrons des messages gémus ?
non parce que la mer méditerranée n'est pas le pédiluve de l'Europe c'est quasiment un lac elle n'a que 13 km d'ouverture sur l'océan mondial ne croyez pas que cette question soit loin de vous vous autres dans le Sahel vous avez payé cher le changement de circulation du tapis roulant qu'il y a dans l'Atlantique les sécheresses des années 80-90 viennent de l'Atlantique Nord pas d'ailleurs dès lors si la mer méditerranée aussi se détraque et elle est en train de se détraquer parce qu'elle réchauffe plus vite que toutes les autres étendues de mer du monde provoquant une évaporation qui est de plus en plus active puisque pour un degré de plus nous avons 7% d'évaporation supplémentaire déclenchant ce qu'on appelle là-bas des épisodes méditerranéens en réalité le climat français pour ne parler que de lui est en train de se tropicaliser attendez-vous mesdames et messieurs les universitaires à recevoir dans vos universités les inscriptions de nombreux étudiants français qui viendront apprendre ici en quoi consiste le travail dans une zone tropicale parce qu'ils ne le savent pas et quand on leur dit qu'ils vont avoir un problème avec le cycle de l'eau ils vous regardent de travers en disant ah quel prophète de mauvaise augure si bien que vous pouvez avoir des régions dans l'est de la France qui sont vertes d'habitude et qui sont toutes sèches il n'y a plus d'eau 18 départements français en sécheresse vous connaissez ça vous vous avez dû traiter l'affaire dans tous les sens ben eux ils découvrent et ils n'ont pas encore admis une réalité qui les contrarie je donne cet exemple des cycles de l'eau mais sur le cycle de l'eau là aussi nous autres de la langue commune nous avons à dire et nous pourrions prendre en charge combien de pays sommes-nous 39, 40 dont c'est la langue officielle on ne peut pas nous prendre en charge d'aider les boliviens pourquoi c'est un trop petit pays d'aider les boliviens à faire avancer le droit mondial qu'ils veulent faire avancer sur les questions de l'eau pour que dans tous les pays pour vous c'est banal les Burkinabés vous avez réglé cette histoire depuis longtemps mais nous on découvre vous vous avez mis dans la constitution le droit à l'eau vous vous avez un ministère de l'eau depuis 30 ans nous ne savons rien faire de tout ça nous avons toutes sortes de gens qui sauront si on leur demande mais on gagnerait peut-être du temps non vous demandez comment on fait si bien que tout à l'heure je vous ai parlé de la francophonie comme un moyen de la créolisation humaine et donc de l'humanisation du monde à présent le moment est venu de dire que la langue commune est une capacité de mise en partage de savoirs indispensables qui ont cessé de ne nous concerner que vous Burkinabés mais qui nous concernent nous aussi c'est pourquoi j'ai cité la France parce que je sais très bien que c'est une grande puissance scientifique matérielle morale financière tout ce que vous voulez mais justement parce que nous sommes tout ça la comparaison nous intéresse elle est féconde elle est créatrice et elle nous fait regarder d'une autre manière en quoi consiste la puissance la puissance et pas de mourir de soif à côté d'une rivière desséchée parce qu'on ne sait pas comment faire c'est de savoir faire et de se mettre ensemble je ne dis pas que ça suffit à régler les problèmes mais souvent si n'êtes-vous pas arrivé à des résultats tout à fait extraordinaires dans un passé récent je parle ici de la souveraineté alimentaire autre question que la langue commune devrait nous permettre de porter dans le monde car la constitution de marchés alimentaires globaux ne sert à personne à aucune société bien sûr des fois pour fournir des biens dont on aurait besoin mais dites-moi voir quel est l'intérêt pour la France par exemple je ne me mêle pas de vos affaires je vous propose de vous mêler des miennes quel est l'intérêt pour la France de produire ces quantités de maïs pour aller alimenter des élevages géants je ne sais où et que nous ayons perdu la souveraineté alimentaire la France importe 80% des fruits des légumes qu'elle consomme qu'est-ce que c'est que cette société qui ne sait même plus faire ça ce que pendant des millénaires elle a su faire et qui doit attendre sur le port qu'arrivent les bateaux qui lui amènent à manger et bien la méthode que vous avez employée qui vous a permis en 4 ans de redevenir souverain aujourd'hui vous avez d'autres problèmes je les connais c'est les mêmes que nous chez vous ça s'appelle les partenariats économiques c'est une invention de l'Union Européenne qui est une puissance impérialiste néolibérale extrêmement agressive qui non seulement impose à tous ceux qui composent l'Union des pratiques aberrantes dont nous venons avec la crise sanitaire de découvrir toute l'étendue mais en plus a écrit dans ses propres traités qu'il fallait imposer au reste du monde le libre-échange si bien qu'aux anciens accords de l'OMÉ se sont substitués les APE alors le Burkina a refusé de les signer il a bien fait mais comme il est membre d'une association d'État dans laquelle deux autres l'ont fait c'est là toute la ruse de l'Organisation Mondiale du Commerce c'est là toute la ruse des libéraux et bien les deux consignés servent de hub pour tous les autres tant est si bien que le résultat à la fin est le même aggravé des profits qui ont été faits en route par les intermédiaires tout ça n'a aucun sens du point de vue de l'activité humaine du point de vue d'une certaine rationalité commerciale pourquoi pas mais du point de vue de ce qu'un peuple peut tirer de son propre savoir on voit bien que ça n'a pas de sens la souveraineté alimentaire est donc en quelque sorte la pierre d'attache de toute une série qui concerne la santé qui concerne le droit des gens à vivre là où ils sont et qui n'ont pas envie de s'en aller contrairement à ce que croient les racistes et les xénophobes de mon pays il n'y a pas d'assemblée de village pour comparer le droit social et les avantages sociaux des différents pays d'Europe avant de décider de migrer non les gens s'en vont parce qu'ils n'ont pas le choix parce que c'est le seul moyen dont ils disposent parfois pour assurer la survie des gens qu'ils aiment et des familles auxquelles ils se dévouent et comme cette perspective est oubliée on en oublie la cause essentielle ici nous sommes dans un pays dont 80% de la population vit de l'agriculture c'est donc un pays où on comprend plus vite et mieux que n'importe où ailleurs à quel point l'ouverture sur le marché mondial signifie la destruction de toute l'agriculture locale et bien je voudrais qu'on entende la parole burkinabé jusqu'en France pour qu'ils comprennent ce qui leur pend en est et qu'ils ont vu pendant la période de la crise sanitaire mesdames messieurs que se passait-il on avait planté des asperges il fallait que quelqu'un les ramasse c'était en Allemagne c'était pas les allemands qui ramassent les asperges on a donc amené 100 000 roumains alors que le pays était en confinement qui a tout désorganisé et qu'on a mis à cueillir les asperges jusqu'au moment où on s'est aperçu qu'ensuite il fallait des camions pour les transporter et que dans ces camions il fallait qu'on ait des pots en verre pour mettre les asperges et que sur les pots en verre il fallait mettre des étiquettes c'est-à-dire que la chaîne d'interdépendance pour amener jusque sur la table de quelqu'un une pauvre boîte d'asperges était tellement longue qu'à la fin personne ne mange d'asperges parce que soit il manque le verre soit il manque l'étiquette soit il manque le gars pour ramasser soit il manque le camion soit il manque l'essence bref plus les chaînes d'interdépendance s'allongent plus ont fragilisé nos sociétés 90% du commerce mondial passe par la mer un bateau dans le canal de Suez bloque tout il n'y a plus rien pour personne etc.
Tant et si bien que souveraineté alimentaire et relocalisation fonctionnent comme les deux faces de la même médaille et que ce doit être notre grande cause commune que de défendre la relocalisation des activités fondamentales de la communauté humaine telle que se nourrir et accéder à l'eau sans quoi il n'y a aucune société humaine possible voilà ce que j'appelle la langue commune d'opinion à présent celle de projet accrochez-vous bien non je ne vais pas vous parler pour la millième fois de la nécessité d'avoir des réseaux d'enseignement parce que vous le savez tous et je n'ai pas besoin de moi pour le savoir non je ne vais pas vous dire ce qui est pourtant vrai qu'il nous faut produire beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup d'instituteurs de professeurs les payer correctement et dignement parce que eux et eux seuls sont le véritable ferment du développement de toutes nos nations et du processus d'humanisation des sociétés parce que plus on est intelligent plus on est cultivé plus on sait de choses et plus c'est formidable on en sait encore plus après le savoir est la seule richesse qui augmente plus on la partage cela vous le savez comme moi je le mets de côté parce qu'après tout nous en sommes tous bien d'accord je veux vous parler de l'horizon commun oui mon pays pourrait se contenter de se diluer comme je l'ai dit tout à l'heure et voyant le monde en train de changer de se dire bah nous sommes dans le meilleur wagon alors pourquoi en changer pourquoi se poser des questions tout va bien et puis vous aussi vous pourriez dire bah on s'en sort quelques-uns s'en sort pas exagéré monsieur Mélenchon pardon si je parle un peu rudement à cet instant les nations et les peuples d'Afrique se sont fait voler le 17ème et le 18ème siècle sur le continent où l'histoire humaine a commencé et a connu ses premiers développements civilisationnels qui ont ensuite formaté le reste de la civilisation méditerranéenne je pense à l'Égypte antique vous vous êtes fait voler le 16ème le 17ème siècle et une partie du 18ème par l'esclavage puis le 20ème par la colonisation je ne donne pas de leçon je fais juste la remarque voici qu'arrive le 21ème siècle qu'est-il en train de se passer pendant que nous discutons parce qu'il faut bien en parler de la guerre contre les trafiquants de cigarettes et bien mesdames et messieurs l'humanité continuant sa pente anthropologique classique permanente continue à occuper tous les espaces qui sont occupables et la voici au nombre de 7 milliards ce qui est en fait sans précédent jamais vu dans l'histoire humaine il a fallu 200 000 ans pour avoir 1 milliard d'êtres humains mais il n'a fallu qu'un siècle pour arriver au 2ème et il n'a fallu que 14 ans pour arriver au 3ème et dorénavant c'est tous les 13 ans nous sommes 1 milliard de plus aucune société humaine n'a connu une expansion de cette nature tant et si bien que où sont tous ces gens devinez tous au même endroit dans des villes et tous au même endroit pour la plupart d'entre eux au bord de la mer bien sûr le regard sur la société burkinabée qui privilégie encore à cette heure la population paysanne peut faire qu'on ne se rende pas compte du poids des villes dans l'histoire des peuples mais si vous observez d'un petit peu près ce qu'a été la révolution citoyenne de 2015 vous voyez bien la part qui ont pris les villes tant et si bien que nous sommes à l'ère du peuple et des révolutions citoyennes dont le contenu est la reprise de contrôle de l'accès au réseau collectif pardon de la rapidité de ma formule mais que font ces gens une fois arrivés au bord de la mer je vais vous le dire ce qu'ils font ils entrent dans la mer ils se l'approprient et les territoires qui sont là peut-être que vous ne le savez pas mon pays a vu la surface de son territoire augmenter au point que nous voici maintenant le deuxième territoire du monde nous autres français si nous comptons ce qu'il y a au dessus de la mer et ce qu'il y a dessous et d'autres pays s'approprient les plateaux continentaux et ceux qui n'en avaient pas et bien en auront encore moins après et puis il y a les océans très profonds que se passe-t-il dans les océans très profonds qui sont les endroits que tout le monde vient prospecter il y a un petit comité à l'ONU qui s'occupe de donner des autorisations de ramassage et de forage et bien il s'approprie premier arrivé pense qu'il y a où est le droit international où est le contrôle des peuples qui n'ont pas une côte mais qui pourtant sont concernés par la mer par ses ressources par son exploration par son continu inouï la planète c'est 70% d'eau nous sommes très peu de choses la partie immergée et c'est 81 sans doute 5% des espèces vivantes qui s'y trouvent dont nous ne savons rien nous savons moins sur le fond de la mer que sur la surface de la lune justement j'y viens mais la mer est un enjeu commun la bataille en commun pour faire en sorte que le droit international ouvre l'accès à tous les peuples y compris ceux qui n'ont pas de frontières maritimes sur la gestion des grands fonds et du destin de ce qu'on fera de ces grands fonds et de la manière de traiter le bien commun qu'est la mer elle-même les océans où bientôt il y aura plus de plastique que de poissons comme ce sera le cas dès 2050 en mer méditerranée si on ne cesse pas d'y jeter le plastique qu'on produit sans cesse il faut arrêter cette production voilà encore une bataille d'opinion qu'on peut mener ensemble j'ai dit le fond de la mer mais la mer elle-même dépend d'une observation les premières fois que j'ai parlé de ça mes propres amis qui sont pour moi d'une bienveillance totale et qui me regardent des fois en se disant bon ben c'est comme ça quoi je me suis mis à parler d'espace mesdames messieurs qu'est-ce que l'espace peut bien avoir à faire avec votre politique et bien je vais vous dire cette année il y a eu huit expéditions qui sont sur mars vous croyez que c'est pourquoi qu'ils vont sur mars pour faire du tourisme pour permettre à trois ou quatre imbéciles d'aller faire onze minutes dans l'espace qui est un mépris incroyable pour le reste de l'humanité et pour le dérèglement climatique non non ils y vont pour prendre tout ce qu'il y a voilà le 21ème siècle ce qu'ils ne prendront pas ici ils le prendront ailleurs ne croyez pas que je sois en train d'exagérer une situation les Etats-Unis d'Amérique ont changé le droit international puisque comme vous le savez quand les Etats-Unis d'Amérique décident quelque chose pour eux tous les autres sont obligés de s'y soumettre les Etats-Unis d'Amérique ont décrété que premier arrivé premier servi est propriétaire alors que le droit international c'était que l'espace n'appartenait à personne et que ce qui se trouve dans l'espace appartient à tout le monde et bien ça mesdames et messieurs sans qu'on vous en ait jamais parlé ça a été changé et c'est tellement important c'est tellement vrai que depuis l'espace se règlent les questions terrestres que les Nord-Américains ont aussi décidé que le traité qui démilitarisait l'espace n'avait plus de valeur et que eux le militariseront et à peine l'avait-il décidé mon propre pays sans qu'on n'en ait jamais discuté nulle part a décidé de créer un Etat-major de l'espace je ne dis pas que je sois contre j'aurais apprécié qu'on en parle et qu'on décide qu'est-ce qu'on fait comment on s'y prend et pourquoi vous n'y seriez pas et j'en viens à mes propositions je suis partisan du fait qu'on fasse une université de la langue commune de l'espace pour former les techniciens mais aussi tout ce qui va avec la technique les sociologues bien sûr mais tout ce qui va avec la production des objets qui ont à voir avec l'espace ceux qui n'en auront pas la maîtrise au 21ème siècle prendront la file pour avoir les résultats 11 nations sur 54 sur le continent africain ont actuellement un satellite dans l'espace une seule dit qu'elle est capable d'en produire le Nigeria anglophone vous représentez vous autres les peuples du continent africain 2% du total des satellites qui sont en circulation depuis un satellite on fait tout on arrive à savoir où il y aura les épidémies de paludisme parce qu'on est capable de mesurer l'humidité depuis le satellite on sait qui va où et jusqu'à une résolution de moins de 20 cm c'est à dire au moins la plaque d'immatriculation si jamais il y en a une et sinon le numéro de la kalachnikov de celui qui est monté dessus depuis l'espace on sait tout on voit tout on peut tout faire je voudrais que la France soit dans l'espace de la langue commune la nation qui appelle et pourquoi appellerait-elle parce que dans ce nouvel âge de l'humanité dans cette nouvelle étape de la civilisation humaine il ne faut pas se recroqueviller c'est l'inverse il faut faire appel à l'immense réserve d'intelligence de créativité de volonté de bien faire que vous portez en vous davantage que nous dans nos nations qui sont si souvent blasées gavées et disons-le comme c'est vieillissantes tandis que l'impétueux jeunesse ce peuple nouveau lui bien sûr regarde tout cela avec l'œil neuf de ceux qui se disent pourquoi pas faisons nous allons essayer et bien c'est cette puissance-là que je voudrais convoquer dans la langue commune c'est cela nos causes communes nous pouvons être nous autres les 300 millions de locuteurs de la langue commune cet incroyable vecteur de partage et d'intelligence commune que les libéraux et leur langue ne porteront jamais parce que ce qu'ils font de la conquête de l'espace vous l'avez sous les yeux c'est le terrain de jeu des milliardaires et le terrain d'appropriation des militaires nous autres de la langue commune nous pourrions en faire toute autre chose et moins on s'y attend mieux ce sera j'ai pris ces deux exemples j'achève avec un dernier le numérique les êtres humains ont créé un monde entier totalement neuf le monde de l'espace numérique avec toutes ses déclinaisons dans les applications dans le jeu vidéo dans la créativité des films en 3D qui aujourd'hui mobilisent notamment dans le jeu vidéo des budgets supérieurs à ceux du cinéma la réalité augmentée ouvre toutes sortes de perspectives les pires comme d'habitude comme pour toute technique mais aussi les meilleurs pourquoi ne voir que le pire regardons ce qui pourrait être le meilleur c'est extraordinaire je sais pas si vous avez eu l'occasion une seule fois de vous coller un casque sur la figure pour voir une réalité augmentée moi j'ai fait un meeting en réalité augmentée avant ça ils m'ont envoyé me balader dans une montagne j'étais au bord des gouffres comme j'ai du vertige j'étais vraiment très mal et on m'a dit c'est pas rien ça va te guérir à d'autres on passe des araignées ou je ne sais quoi bref je plaisante mais c'est quelque chose de formidable c'est un événement grandiose de l'intelligence humaine et bien que se passe-t-il sur le continent africain et que se passe-t-il pour nous les français ici sur le continent Facebook et les GAFA et tout le reste sont en train d'installer leur propre réseau avec leur propre fibre avec leur propre réservoir formant leur propre personnel qui ne connaît que leurs techniques que leurs instruments et qui vous propose en violation complète de la neutralité du net qui vous propose d'accéder à un ou deux services gratuitement et à devoir payer tout le reste dans des conditions telles qu'ici utiliser cet instrument peut coûter jusqu'à 20% du salaire moyen quand il ne coûte que 1 à 2% dans mon pays et dans les autres pays européens pourquoi ?
Pourquoi ? Pourquoi accepter ça ?
Le monde se joue aussi sur ce terrain et nous autres nous autres français nous avons un intérêt à ce que la langue commune maintienne un espace suffisamment ample étant la quatrième langue de l'internet un espace suffisamment ample pour que tout ce qu'on a investirait les uns et les autres finisse par trouver le débouché positif mais ça ça n'est possible qu'à la condition de la langue commune sinon vous devrez accepter les conditions de la langue du néolibéralisme et la langue du néolibéralisme elle ne connaît que la marchandisation voilà mesdames et messieurs trois causes dont on ne parle jamais il est étrange que ce soit un homme de mon âge qui vienne parler de choses aussi contemporaines mais peut-être que c'est une des vertus de l'accumulation de l'expérience que d'être en état de discerner à temps par où vont se jouer les rapports de puissance vous disposez d'éléments fantastiques avec notre langue d'usage commun avec le dynamisme de vos sociétés de vos familles la langue commune scientifique et technique doit exister il n'est pas normal que tous nos scientifiques c'est-à-dire tous les scientifiques de la langue commune soient pour être appréciés publiés en anglais nous n'avons pas de revue scientifique internationale dans la langue commune alors que nous disposons amplement des moyens de le faire et d'y abonner gratuitement tous nos intellectuels tous nos professeurs tous nos chercheurs parce que ce sont des sommes dérisoires comparées à celles qu'on met en jeu pour les actions militaires et combien d'autres de même nature ce sont des sommes dérisoires on peut le faire la langue commune scientifique et technique nous permettra de maintenir tous je dis bien tous comme un bien commun un avantage une profondeur stratégique qui nous appartiendra en commun vous en ferez bien ce que vous voulez et nous aussi d'ailleurs mais à la fin au moins pourront-on avoir cet espace qui nous appartient à tous voilà l'enthousiasme que je voudrais vous transmettre c'est celui d'un groupe humain les insoumis l'insoumission voyez-vous je parle en présence de professeurs qui normalement vous l'enseignent savoir c'est refuser de se soumettre à ce que l'on croit c'est y réfléchir c'est y mettre de la distance critique la petite personne humaine d'abord est très conventionnelle il faut qu'elle apprenne tous les codes mais aussitôt elle commence à dire non et en disant non bah elle dit je je et non vont souvent ensemble moins il y a de non moins il y a de je on a observé ça et donc c'est un humanisme je sais bien qu'on est au début d'un nouveau siècle je sais tous les procès qui ont été faits à l'idée de progrès à l'idée de la science et l'usage qui en a été fait mérite ces critiques que l'atome ait débouché sur la bombe atomique n'est pas un résultat qui ne doit pas nous faire réfléchir et penser aux usages que l'on fait de la science mais pour autant il ne faut pas que l'élan des lumières s'éteigne en nous il ne faut pas que nous renoncions à cette idée que l'être humain qu'il définisse sa responsabilité devant le reste de la communauté humaine devant Dieu ou devant tel principe moral auquel il entend se soumettre de toute façon de toute façon l'être humain est l'auteur de sa propre histoire et pour être auteur de sa propre histoire il doit se débarrasser de toutes les dominations qui accablent son existence aussi bien celles qui viennent de la société aussi bien celles qui viennent de la culture aussi bien celles qui viennent des relations sociales c'est tout un que l'émancipation de la personne de la société et de l'esprit je voulais vous dire tout cela et le dire ici je vous remercie de la faveur que vous me faites par votre bienveillante patience à m'écouter pendant l'heure qu'a duré mon exposé j'espère avoir transmis quelque chose n'acceptez pas qu'un bien commun soit avilé par ceux qui se le sont appropriés la langue commune dont nous pouvons nous réclamer et celle qui nous met immédiatement en rapport les uns avec les autres c'est un bien immense ne le méprisons pas utilisons-le retournons-le contre les maîtres au fond j'appelle à cette définition que donnait de la langue commune Thomas Sankara lorsque lui lui révolutionnaire anti-impérialiste anti-colonialiste avec une forte pincée de méfiance pour la France et même plus et bien lui disait la francophonie il parlait de la francophonie peut-être un instrument de notre libération puisque c'est à travers la langue commune que nous accédons à tel ou tel domaine de la culture et surtout que nous appelons les autres nous autres nous autres français nous autres insoumis nous sommes devenus Sankaristes parce que nous avons compris ce que nous disait Sankara il nous l'a dit dans notre langue et alors de ce fait nous l'avons convoqué en quelque sorte pour qu'il vienne participer à la mémoire collective qui va fonder notre culture et comme vous le savez il a dit il faut oser inventer le futur bon c'est une parole qui comme ça paraît banale elle ne l'est pas beaucoup de gens croient que le futur c'est une entité qui va finir par arriver mais nous autres les universitaires et en particulier ceux qui ont lu Gaston Bachelard et ceux d'entre nous qui appartenons à l'école du matérialisme historique nous savons une chose le futur ce n'est pas ce que le condor observe depuis la haute altitude et qui finira par arriver ni ce dont est privé le guépard qui va bondissant et utilisant les occasions du présent immédiat ni la pauvre bête le serpent qui rampe je cite là les figures fondamentales de la cosmogonie indienne non le futur ce n'est rien de tout ça le futur dit Gaston Bachelard le futur c'est ce que nous allons faire nous allons faire et en faisant nous inventerons ce futur en ne faisant pas nous nous soumettrons à qui veut nous dominer
on l'applaudit très fort pour cette brillante intervention et je pense que ça doit être vraiment certifié pas plus d'applaudissements il faut l'applaudir très fort il faut l'applaudir très fort parce que la communication qu'il vient de donner vraiment elle est détail il est très important de rappeler aussi que Mélenchon avait compris que toutes ses idées devaient être mises en pratique par des citoyens dignes du nom et c'est ainsi qu'il s'est doublement présenté aux différentes élections en France la dernière s'est soldée par un score de au moins 19,5% dont plus de 7 millions de français merci bien merci merci d'être en terre Burkina Bé et donc c'est bon le micro donne maintenant merci bien merci merci infiniment vous avez pris une heure de temps pour écouter le député Mélenchon le débat était très enrichissant les étudiants sont restés attentifs ils ont écouté votre discours phase maintenant aux questions nous allons prendre les questions il y a une seule personne qui a le micro c'est Bationo qui est de ce côté ok on va prendre d'abord 5 questions s'il vous plaît s'il vous plaît je suis le policier le policier du micro le temps pour poser la question est de 30 secondes pas de commentaires des questions directes parce que là nous sommes à l'université de Ouagadougou l'université Joseph Kizerbo et les étudiants vont poser des questions 30 secondes plus que ça j'arrache le micro et il n'y a pas d'intervention c'est bon il faut rappeler qu'il n'y a pas je rappelle celui qui prend plus de 30 secondes on arrache le micro on a 30 secondes pour une question il n'y a pas de contribution pas de contribution pas de commentaires déjà par là ok c'est qui ici ici ici d'abord oui s'il n'y a personne on va derrière 30 secondes je dis on donne le nom prénom si il y a l'association on donne la question tout ça fait 30 secondes merci ok ok alors je vais aller droite au but moi c'est Dao Moussa Sej je suis président du mouvement du mouvement face aux causes mouvement pour la cause du façois je suis honoré d'être là et de rencontrer Mélenchon que je suis depuis 10 ans permettez-moi de le dire je suis très heureux en le disant et je suis doublement honoré parce que je suis le premier à prendre la parole je vais aller pour mes questions avec juste des mots et que je vais le laisser réagir réagir il a parlé de créolisation en matière de francophonie il a parlé aussi il a parlé il reste 20 secondes d'accord je disais qu'il a parlé de créolisation et moi je veux ajouter un mot et le laisser commenter je parle du mot république dont il est beaucoup imbibé l'histoire de la république parce que nos pays nos pays sont en train d'expérimenter la république et nous avons fait un petit bout de chemin nous pensons que le moment est venu de tirer un bilan et de voir vraiment ce que nous devons être et voilà et troisièmement oui la république troisième mot c'est justement la francophonie l'avenir en commun que nous pouvons avoir ensemble moi je voulais que monsieur Mélenchon fasse le lien avec la communauté française que le général de Gaulle nous avait proposé voilà merci merci merci s'il vous plaît 30 secondes cette fois-ci c'est la première personne la seconde personne je ne vais pas vraiment badiner on va prendre une dernière personne derrière oui derrière ok s'il vous plaît enlevez le masque pour poser la question celui qui est arrêté oui
voilà merci beaucoup sans plus tarder nous pensons que la francophonie est avant tout une vitrine pour l'expansion de la culture française dont la langue est le principal véhicule sachant qu'il n'y a pas de culture ni même de valeur universelle monsieur le conférencier comment pensez-vous promouvoir une francophonie universelle en Afrique sans que cela ne détruise la richesse ou la riche diversité culturelle africaine à vous Mélenchon
merci
le nom s'il vous plaît le nom c'est Kimah Perwende à l'état civil Madi merci
allez-y si on peut merci c'est bon troisième personne qui est là je remets le micro à celui qui est en masque derrière non d'accord c'est le chef des lieux merci la troisième personne s'il vous plaît oui non prénom question levez-vous s'il vous plaît
Daniel ma question concerne la sécurité au Sahel quand on veut évaluer les rapports des opérations au Sahel en ce qui concerne la force Barkhane et nos FDS ils sont moins équipés par rapport aux forces Barkhane mais ils engracent des résultats satisfaisants plus que la force française au Sahel la question est la suivante est-ce que les français sont sont-ils là pour sauver réellement nous les Sahéliens les Sahéliens merci
merci oui celui qui est en foulard
ok merci chers conférenciers moi je réponds en nom des badauds nebon maintenant j'aimerais faire savoir au monde entier que nous sommes réellement au pays de Thomas Sankara l'impérialisme
le néocolonialisme l'armée française on va vous arracher le micro s'il vous plaît
ok
merci
ma question est la suivante tous les pays colonisés réclament le départ de l'armée française en Afrique et elle persiste dit restée merci
nous sommes à la quatrième question la quatrième question nous prenons la cinquième à présent la cinquième on va aller carrément derrière derrière oui carrément derrière bonjour bonjour
moi je me nomme Rodrigo Ambiano alors moi j'ai deux questions le néolisme que le monsieur a employé Mélenchon a employé créonisation je ne sais pas comment voilà alors dans cette histoire de francophonie je comprends bien ça s'oppose à l'anglais si j'ai bien compris si on doit aller dans une démarche commune et que c'est comment on appelle le français qui doit dominer alors pourquoi est-ce que la France dans une dynamique ne va pas quitter l'euro et ensemble avec les pays francophones africains on va créer une monnaie commune puisque le franc c'est fort puisque le franc c'est fort puisque le franc c'est fort mondialement n'est pas reconnu comme une monnaie donc dans votre nouvelle démarche de francophonie de nouvelle vision de francophonie je pense que cette dimension économique la doit être prise en compte alors le second volet de ma question c'est s'il vous plaît
une question on va y venir merci s'il vous plaît il va répondre aux cinq questions on va revenir avec la deuxième phase merci il y a cinq questions je vous remercie
pour le ton direct non mais c'est comme ça qu'il faut parler en effet alors je ne suis pas sûr d'avoir bien compris toutes les questions je vais essayer de répondre à ce que j'ai compris sur le thème de je vais peut-être commencer par la fin après tout vous dites si j'ai bien compris la langue commune s'oppose à l'anglais non je crains que vous m'ayez mal compris parce que je ne m'oppose à aucune langue l'anglais est là il est la langue des affaires il est la langue du peuple que nous aimons respectons que sont nos voisins nos amis donc ça n'agit pas de s'opposer à leur langue pas plus qu'à n'importe quelle autre il s'agit de savoir si celle que nous avons en usage commun peut nous servir à quelque chose si on décide que non bah non voilà tout c'est fini c'est pas mon avis mais je comprends qu'on ait cet avis je demande que ceux qui l'ont ou qui pensent que la langue commune est seulement une ruse j'ai entendu le mot tout à l'heure ils donnent ça en fait des rusés parce que des écrivains du continent africain qui écrivent des merveilles dans la langue commune et qui mettent au défi d'ailleurs les dominants pas comment vous avez lu M'Pateba mais moi je l'ai lu plutôt comme comme du travail anticolonialiste c'était pas un compliment qui était fait à la colonisation française qui raconte donc je trouve que c'est pas juste de dire c'est seulement une ruse parce que bon qui est le rusé qui a inventé ça que c'était la langue du dominant c'est tout à fait évident que c'était le véhicule et une forme de contrainte c'est vrai aussi on va pas dire le contraire la question qui nous est posée c'est au moment où on est qu'est-ce qu'on fait mais j'admets qu'on puisse dire bah on s'en fout c'est pas notre affaire ici nous parlons cinq langues nous n'avons pas besoin du français nous laissons tomber et puis pour faire nos affaires nous parlerons en anglais avec nos voisins d'autant qu'il y aura pas trop le choix ils vont être 400 millions en 2050 et vraisemblablement un milliard à la fin du siècle s'il y a une fin au siècle comprenez bien que je n'y ai aucun intérêt personnel à cette affaire à l'instant où je vous parle je ne représente pas une puissance dominante qui essaye de vous faire avaler je ne sais quelle pastille je dis juste voici notre génération la vôtre pas la mienne votre génération a une question qui lui est posée elle peut décider que c'est pas son intérêt que la langue commune est plutôt un handicap que ça sert à rien bon ce sera votre décision et vous ferez bien comme vous voulez personne n'est en état de vous empêcher de faire ce que vous voulez je plaide devant vous pour que vous vous appropriez ce bien commun parce que mon peuple y trouve son compte et votre peuple peut y trouver son compte c'est donc dans une idée de relation nouvelle de la période de début du 21ème siècle la France du début du 21ème siècle n'est pas la puissance qu'elle était au début du 20ème ou à la fin du 19ème mais nous le savons tous je n'ai pas de gêne à le reconnaître c'est moi qui serais un illuminé si je faisais comme si nous étions cette superpuissance qui que quoi c'est pas vrai mais nous avons des instruments de puissance et ces instruments de puissance il s'agit de les conforter ensemble puisqu'ils nous sont communs par la langue j'ai dit la science la technique etc etc si vous pensez que vous pouvez parvenir à être souverains autonomes et indépendants d'une autre manière et bien parlons-en moi je n'y ai pas d'inconvénients je plaide pour une langue commune d'opinion et de projet commun j'ai essayé de montrer comment on pouvait faire et de quoi on parlerait la créolisation n'est pas la guerre contre une langue la créolisation telle que l'a présenté Édouard Glissant il dit les gens vivent ensemble et dans cette vie commune ils se mettent à partager des manières d'être j'ai pris des exemples un peu drôles sur la cuisine mais ça va beaucoup plus loin c'est dans les mœurs dans les manières de vivre dans les mots qu'on utilise et qui petit à petit fabrique une culture commune qui est le résultat de la vie et c'est ce petit miracle dont parle le poète Édouard Glissant qui m'intéresse parce que justement il nous permet de cesser de faire de l'universel une valeur qui s'oppose aux singuliers et aux particuliers parce que les philosophes il y en a dans cette salle les sociologues les anthropologues il y en a dans cette salle savent que telles sont les sociétés humaines et que soit vous êtes dans un rapport de domination des uns sur les autres domination sociale domination culturelle ou dans un rapport de symbiose que je ne confonds pas avec le métissage parce que le métissage est d'un ordre plus intime en quelque sorte il a sa place mais il n'est pas la condition de la créolisation la créolisation c'est vous êtes comme vous êtes et puis vous finissez par être quelqu'un d'autre parce que vous vivez autrement avec les autres je n'ai rien voulu dire d'autre que ça on a parlé de à l'instant de monnaie commune alors bon j'ai apprécié le trait d'humour et bien figurez-vous je suis pour une monnaie commune mondiale mais là aussi pas d'enfantillage ça sert à rien il y a une donnée mondiale qui est à la disposition d'un empire l'empire nord-américain qui peut décider tous les plans de relance qu'il veut parce qu'il est la seule nation du monde qui échappe à la règle que toutes les autres doivent respecter parce que sinon nous péririons dans l'hyperinflation c'est que les Etats-Unis d'Amérique peuvent émettre autant de dollars qu'ils veulent sans qu'il y ait une contrepartie immatérielle dans la production aux Etats-Unis d'Amérique comme le monde entier utilise le dollar et notamment pour échanger la matière première fondamentale de notre époque qui est le pétrole mais c'est vrai pour les autres marchandises qui se traitent en dollars donc les Etats-Unis d'Amérique peuvent émettre des dollars tant qu'ils veulent ces dollars circulent et vous les prenez pour argent comptant que vaut un dollar ce que vous croyez que ça vaut parce qu'en réalité si on rapportait la masse des dollars à la production des Nord-Américains le dollar que vous avez entre les mains ne vaudrait même pas le papier et l'encre qui sert à l'imprimer donc la planète financière est continuellement sous la menace d'un effondrement de cette masse monétaire dont les Etats-Unis d'Amérique ne publient jamais alors on le sait quand même parce que bon on le sait combien il y en a et combien d'un dans le monde alors certaines puissances ont parfaitement compris ce qu'il fallait faire alors pendant des années ils ont acheté des titres de dette des Etats-Unis d'Amérique c'est la Chine qui a fait ça puis c'est la Russie aussi enfin tous ceux qui arrivaient sur le marché pour se faire bien voir faisaient comme ça mais évidemment au bout d'un moment si vous mettez toute la production du monde en Chine et le résultat est simple c'est que ça devient le premier vendeur et le premier acheteur le premier vendeur vous avez besoin d'eux moi je me rappelle des propos délirants que j'ai entendus et que je combattais à l'époque ceux qui disaient oui oui il n'y a qu'à se partager le travail alors les Chinois feront des ombrelles et nous des ordinateurs et bien maintenant nous ne faisons même plus des masques en tissu c'est eux qui les font en même temps que tous nos ordinateurs par conséquent si la première masse productive la première acheteur est là sa monnaie est en état de prendre progressivement le contrôle des circuits financiers et les Chinois qui avaient empilé des montagnes de titres de trésors et de dollars des Etats-Unis d'Amérique chaque mois en vendent un petit peu en achètent un petit peu en vendent un petit peu un peu plus et etc et progressivement sont en train d'essayer de se débarrasser pas trop de la masse de dollars qu'ils possèdent la Russie l'a fait avant il n'y en a plus et puis quand il y a eu la coalition des BRIC Brésil Inde Russie Afrique du Sud j'en ai oublié l'Inde bon et bien évidemment les nord-américains ont sauté au plafond parce que les autres ont dit bon on va commercer entre nous dans nos monnaies nationales si vous commercez entre vous dans vos monnaies nationales vous n'utilisez pas de dollars ça ça commence à sentir le soufre pour les Etats-Unis d'Amérique donc les chinois ont fait une proposition que pour ma part j'approuve qui est de former une monnaie commune mondiale qui servirait de référence à toutes les autres et qui permettrait d'établir des taux de change sincère c'est à dire représentatif de valeurs matérielles produites je pense que dans la salle il y a quelques théoriciens matérialistes de la monnaie qui peut-être acceptent l'explication que je donne ou ce n'est pas non le marché à lui tout seul qui détermine la valeur d'une monnaie parce qu'une monnaie n'est pas une chose comme une autre elle est forcément l'intermédiaire entre deux valeurs réelle et matérielle alors on me dit monsieur Mélenchon les services c'est réel et matériel oui bien sûr les services c'est réel et matériel mais à la fin des fins il faut qu'il y ait une production il faut qu'il y ait quelque chose qui soit fait en échange de la monnaie par conséquent c'est ça la situation mondiale quand l'euro s'est créé les nord-américains n'ont pas vu ça du tout d'un bon oeil je le dis alors que j'ai émis toutes sortes de critiques sur l'euro la critique que je formule sur l'euro c'est un comble c'est la même que vous sur le CFA c'est la même vous vous protestez contre le CFA en disant mais c'est pas nous qui décidons du taux de change et par conséquent nous ne pouvons pas décider de la masse de CFA que nous mettons en circulation et avec laquelle nous pourrions investir et qu'est-ce que c'est une dette c'est une production à venir si vous faites une dette pour payer du fonctionnement ou si vous faites une dette pour payer je sais pas quoi moi les menus plaisir des puissants évidemment à la sortie vous avez rien mais si vous faites une dette pour construire une voie ferrée si vous faites une dette pour construire un hôpital à la sortie vous avez un hôpital vous avez une voie ferrée vous pouvez mettre des trains dessus et donc vous pouvez avoir des gens qui circulent qui payent un passage enfin bref une économie réelle qui fonctionne la critique que vous faites sur le CFA moi je la comprends je la partage d'autant plus que je fais la même à propos de l'euro je dis je ne comprends pas pourquoi nous avons inventé nous les européens une banque centrale indépendante qui n'a qu'une seule mission la stabilité de la monnaie par conséquent pour être bien sûr que c'est stable ils visent tant qu'ils peuvent ça nous empêche pas d'avoir des dettes partout et ils nous obligent partout à l'équilibre enfin on est en train d'appliquer en Europe et pratiquement dans toutes nos économies tout ce qu'on a d'abord essayé en Afrique suppression des services publics désarmement de l'Etat etc.
maintenant c'est notre tour alors à notre tour de supprimer des lits d'hôpitaux de fermer des écoles de couper des voies de chemin de fer etc. etc. etc.
avec les conséquences que tout le monde connaît et eux vivent dans une illusion qui vaut largement celle que j'ai pu connaître dans ma jeunesse à propos du socialisme réel enfin eux pensent que le marché va venir remplacer toutes les prestations que jusqu'à présent l'Etat faisait à vil prix et ils prétendent que ça va coûter moins cher ce qui est naturellement faux puisque le résultat principal de la concurrence c'est que chacun essaye d'attirer le client vers lui et que donc toute prestation est grévée du coût de sa publicité avant même d'avoir commencé je pourrais donner dix exemples qui pour moi font du libéralisme une idéologie absurde où on suppose que les acteurs économiques sont tous omnisachants et prennent les bonnes décisions par exemple j'ai avec mon panier je vais dans une première boutique j'achète des sardines parce que là elles valent ce qui me convient et puis ensuite avec le même panier je m'en vais à l'autre bout de la ville acheter des poireaux parce qu'on m'a dit que ça n'existe pas ça mais ils le savent bien c'est eux qui ont inventé les supermarchés pour qu'on ait tout au même endroit et au prix qu'ils ont décidé je prends ces exemples pour revenir à la monnaie commune je suis donc partisan d'une monnaie commune je suis donc partisan du fait qu'il y ait une souveraineté sur la monnaie et que l'objectif des banques centrales ne soit pas vissé à dire seulement la stabilité de la monnaie pour avoir la stabilité des prix c'est tellement intenable c'est tellement ingérable qu'après 2008 massivement toutes les banques centrales y compris la nôtre la banque centrale européenne à qui paraît-il on ne peut même pas regarder dans les yeux parce que ce serait une forme d'intimidation on ne doit pas lui parler on ne doit rien lui dire il venait dans les réunions communes nous il y avait d'ailleurs des américains on se demandait ce qu'ils foutaient là ça ne choque personne quand c'est la crise quand c'est l'argent qui est en cause alors là c'est fini au revoir les règlements on a accumulé des montagnes de dettes et puis là on a recommencé avec le Covid la dette est un sujet qui était jusqu'à présent un sujet africain mais c'est pas vraiment un sujet bien sûr le service de la dette vous saigne mais le total de la dette sur le continent africain c'est même pas la dette de la France toute seule donc c'est un problème éminemment et facilement réglable pour nous en Europe il se trouve que par un règlement complètement absurde la banque centrale n'a pas le droit d'aider nos économies mais elle a le droit d'aller dans les banques privées dire écoutez on vous rachète les types de dettes des états c'est fou cette histoire donc ils ne peuvent pas donner aux états ils ont acheté dans les banques privées tant et si bien que nous avons aujourd'hui des montagnes de dettes des états qui sont dans les cordes de la banque centrale à qui nous payons des intérêts quand il fait quand il fait les amis quand ça a mal tourné quand on a failli plonger en récession ben ils ont fait ce qu'il fallait faire hop ils ont ouvert tous les robinets en avant des sous de tous les côtés le banquier central il était formidable parce que c'était un italien assez azimuté le reste du temps alors lui il a vite compris qu'on était en danger de mort si jamais on continuait à serrer comme ça les écrous et il a dit à un moment donné une thèse de Keynes qui était un peu presque une plaisanterie Keynes dit ben si vous voulez être sûr de relancer l'économie et que ça marche pas parce que les les intermédiaires qui sont chargés de le faire ne le font pas bien vous savez les banques ils ont dit oh vous donne des sous alors vous allez les prêter aux gens que les banques vous savez c'est plus intelligent que vous et moi donc ils savent exactement goutte à goutte celui-là oui je lui donne son prêt celui-là non non celui-là oui etc bref donc comme c'est un agent vachement efficace on lui donne tous les pouvoirs sauf que les banques sont comme les autres quand ça va mal ils ont peur ils font rien donc la banque centrale européenne a acheté des milliers de titres de dettes sans que ça donne rien du tout dans l'économie réelle tant et si bien écoutez bien que Mario Draghi a dit à un moment donné s'il faut offre à l'argent hélicoptère si vous savez pas ce qu'est l'argent hélicoptère je vous l'explique Keynes dit quand tout est bloqué vous montez en un hélicoptère avec un sac de dollars et vous le jetez sur les gens parce que tous ceux qui vont les ramasser voire qu'une hâte c'est vite se dépêcher de les dépenser pour qu'on ne le reprenne pas en disant quoi des dollars qui sont tombés du ciel c'est une thèse un peu fantastique personne n'a jamais fait d'argent hélicoptère on a connu des gens en fuyant de l'hélicoptère avec des sacs de billet mais on n'en a pas connu qui les jetaient depuis l'hélicoptère sur les gens à qui ils les avaient volés donc nos banques centrales quoi ouais ouais bah oui mais on explique j'ai été prof moi mes collègues me reconnaissent bon je vais arrêter vous inquiétez pas donc d'accord avec vous pour dire il y a nécessité d'une monnaie commune mondiale qui soit une référence solide deuxièmement vous ne m'avez pas posé la question mais j'y réponds quand même pour ce qui concerne la transformation du franc CFA en écho et les conditions dans lesquelles ça se fait je n'ai qu'une réponse à vous faire débrouillez-vous-en parce que moi je suis d'accord avec le résultat sauf avec une chose je ne suis pas d'accord pour que la France soit au bout de la chaîne le garant d'une conversion illimitée donc si on ne doit pas avoir le franc CFA j'ai lu toutes sortes de choses sur le sujet je comprends parfaitement ce qui est en cause notamment la souveraineté monétaire je comprends ça je ne discute pas ce point là mais une chose va avec l'autre que les impérialistes français se disent nous on a intérêt quelle que soit la monnaie à laquelle se payent les africains entre eux qu'il y ait une garantie nous aurons quand même nos sous parce que même s'ils font ce qu'ils veulent de toute façon à la fin on viendra avec nos francs et la France garantira la transformation en euros mais pardon mais j'ai de l'expérience dans ce domaine j'ai connu l'Argentine un peso, un dollar résultat le premier qui avait un peso courait acheter un dollar au bout d'un moment il n'y avait plus de dollars et donc ceux qui avaient des pesos n'avaient plus rien non je ne ferai pas ça puisque comme on vous l'a dit je suis candidat à une élection si je la gagne je ne ferai pas ça si on ne doit pas faire une monnaie commune pour le continent ce que je comprends parfaitement ce que je suis prêt à admettre immédiatement parce que je ne vois pas au nom de quoi nous déciderions à votre place de ce qu'il faut faire mais je ne suis pas d'accord pour être le cambiste ultime et je ne sais pas pourquoi la France court après un tel avantage j'ai demandé aux économistes de ma famille de m'expliquer ça les explications ne valaient pas un clou donc je ne vous les sors pas je finis la force Barkhane non mais acceptons nos contradictions moi j'ai dit en France dans mon pays que j'étais contre ce qu'on était en train de faire pas contre nos militaires aucun homme politique ne peut parler dans son pays contre les militaires de son pays vous ne dites pas à des gens allez là-bas faites ceci faites cela mourrez on en a perdu 50 bien plus de morts dans la population que parmi les soldats français mais il n'est pas possible de manquer de respect à ses propres forces armées vous ne le feriez pas vous-même bon donc ne me demandez pas de le faire je ne le ferai pas cependant depuis le début je dis je ne suis pas d'accord si vous n'avez pas d'objectif politique connu alors qu'est-ce que nous faisons là c'est exactement la question que vous avez posée vous dites est-ce qu'ils sont là pour sauver ben je pense que eux pensent que oui il vaut mieux qu'on leur dise parce qu'il faut bien que l'action humaine ait un sens mais nous moi je vous ai dit ce que j'en pensais je pense que ce n'est pas comme ça qu'on va y arriver il faut prendre le problème par un tout autre bout et je le prends avec réalisme mon intention n'est pas de dire je m'en fous ils ont le gouvernement qu'ils veulent et puis bon on s'impose par la force qu'ils veulent je ne dis pas ça mais je dis que c'est ni par la violence militaire ni en se frottant les mains qu'on va régler le problème parce que si tout tourne mal ça tournera mal pour vous ça tournera mal pour moi ça tournera mal pour tout le monde parce que je ne pense pas qu'il y ait dans cette salle des gens qui sont partisans du type de société qu'on voit se dessiner là mais s'il y en a c'est aussi leur droit et après tout ça se règle dans les élections tant que ça se règle dans les élections le départ de l'armée française mais évidemment mais quand vous voulez parce que la présence de l'armée française ce n'est pas une décision des généraux français c'est le pouvoir politique en France qui a décidé le président de la république était monsieur Hollande et nous dit-on peut-être que ce n'est pas vrai à la demande des autorités de ce pays vous pouvez dire elles n'étaient pas légitimes mais c'est votre affaire ce n'est pas la nôtre comment on fait nous on va dire celui-là il est légitime l'autre il n'est pas légitime alors résultat ils ont tout légitimé et voilà pourquoi on se retrouve à soutenir Idriss Déby son fils que sais-je encore Paul Kagame pendant qu'on y est comme si ce n'était pas un dictateur et combien d'autres je ne suis pas pour ça mais comment fait-on je vous pose la question presque à vous comment fait-on pour régler ce problème moi je ne veux pas le régler si j'étais le président de la république française ce n'est pas moi qui désigne les présidents de la république en Afrique les africains se choisissent alors après je sais une chose c'est ce que m'a dit mon camarade pardon Frundi c'était un social-démocrate du Cameroun eux ils ont des raisons de se faire des cheveux et il me dit vous autres les européens vous êtes incroyables vous arrivez vous nous dites les poissons qu'on a le droit de pêcher la taille des mailles du filet ça vous êtes imbattable mais quand on vous dit qu'est-ce que c'est une élection honnête vous regardez au plafond vous n'êtes pas capable d'organiser avec nous un état civil qui tienne la route Frundi c'est un Camerounais vous n'êtes pas capable de nous aider à organiser un état civil raisonnable et respectable vous n'êtes pas capable de nous aider à organiser des vrais bureaux de vote avec du vrai matériel pour un vote vraiment secret un pluralisme respectueux de la diversité des opinions voilà ce qui retiendrait mon attention comment on peut aider à ça mais le reste non ça ne sert à rien alors il paraît que nous avons des intérêts français je l'admets mais quels sont-ils je veux le savoir en quoi sont-ils français il y a des intérêts de monsieur machin monsieur truc de telle entreprise je comprends ça et puis des fois il faut considérer ça avec bienveillance mais pas au point d'assujettir la nation et le peuple français à la défense par les méthodes qu'on connaît de tels intérêts et je n'hésite pas à le dire ici alors que je ne suis pas chez moi donc quand vous me dites les armées l'armée française hors d'Afrique vous ne rencontrerez pas avec moi quelqu'un qui s'y oppose je demande seulement si je peux me permettre qu'on réfléchisse à toute la conséquence ce qui signifie que donc nous devons annuler tous les accords de défense avec les états africains j'y suis prêt tous les accords de défense vous voyez vous êtes des jeunes gens cultivés vous êtes des jeunes gens qui êtes à l'université vous avez pour vous l'immense avantage du recul de la documentation du savoir alors il ne faut pas fuir la complexité il faut au contraire entrer de plein pied dedans c'est pourquoi je vous ai dit moi je ne viens pas diluer les vieux grumeaux des catéchismes antérieurs dans la bouillie du présent c'est ça qu'on a affronté c'est ça que je voulais vous dire de toute la force d'un insoumis d'un français qui a partagé la cause de la plupart d'entre vous nous sommes dans un moment très compliqué et nous avons besoin de trouver une solution qui soit raisonnable si vous voulez que l'armée française s'en aille elle s'en ira j'en suis certain et si ça ne se fait pas de toute façon vous aurez le dernier mot vous le savez aussi bien que moi tout ça est une perte de temps gâchis invraisemblable c'est contre cela que je me prononce c'est pour ça que je viens vous le dire ici je pourrais le faire en France mais vous me direz ça ne les intéresse pas les questions internationales c'est loin et puis ils ne préfèrent pas savoir des fois mais vous le savez les êtres humains sont comme ça et vous en connaissez des français vous savez bien comment ils fonctionnent c'est mes compatriotes alors bon je me suis dit tiens je vais aller au Burkina parce que là-bas ils vont m'attendre au coin du bois ils ne me feront pas de cadeau c'est ce qui se passe et ça me va et comme ça je peux faire des réponses bien carrées comme ça tout le monde les entend pas ici au fond vous ne votez pas vous pour moi ni contre moi mais là-bas il faut qu'ils comprennent que j'ai l'intention de le faire que je suis contre les expéditions militaires sans perspective et sans accord avec personne dans un pays où on fait deux poutres chaque personne n'a rien à dire et mon pays se trouve enchaîné à une série de décisions prises par des gens dont on se demande qui les a mandatés pour les prendre c'est une question pour nous nous avons 5000 militaires là-bas nous avons perdu 50 militaires déjà combien avons-nous cassé autour de nous je le sais très bien je sais ce qu'est une guerre ça n'existe pas les guerres propres ça n'existe pas il faut que tout ça s'arrête et pour que ça s'arrête il faut qu'on en trouve le moyen comme je l'ai dit tout à l'heure alors peut-être que vous n'avez pas pris de note mais bon voilà j'ai cité un certain nombre de points de passage j'ai fini est-ce que la force Barkhane est là pour se réjeter je vous garantis que les militaires le croient moi je pense que ça ne va pas le faire voilà la langue universelle alors oui attendez pardon
il y a une deuxième phase de question il y aura une deuxième phase si le député peut le permettre
c'est l'universel mais je crois que j'ai déjà répondu je ne vais pas non plus abuser
d'accord merci infiniment cette fois-ci je cherche des féminins une fille là-bas oui elle oui non prénom question 30 secondes Congo Ariane je me présente l'une des remarques qui vient lorsque l'entrée de la francophonie c'est la difficulté de cette organisation à créer un attachement de la société civile quelles sont les solutions j'ai une autre question s'il vous plaît la question l'une des remarques qui revient lorsque l'entrée de la francophonie c'est la difficulté de cette organisation à créer un attachement de la société civile quelles sont les solutions la francophonie semble être parfois décriée comme un héritage du monde colonial dispose-t-elle d'un futur ?
merci la femme a crié donc il faut donner le micro à madame le pouvoir aux femmes elle est derrière bonsoir mon nom c'est Thionbiano Madeleine ma question est de savoir d'abord il faut dire qu'il a raison nous avons une lutte commune parce qu'en tant que colonie française je disais qu'en tant qu'ex-colonie française nous savons tous que nous ne comprenons que les français et sur le marché de l'emploi souvent c'est un comprendre que le français n'a pas de chance mais pour cela il faudrait que la France nous montre sa bonne foi parce que depuis lors elle n'a toujours été que de mauvaise foi avec nous donc j'aimerais savoir monsieur à vous j'aimerais savoir quand vous aurez l'occasion si le destin vous permet d'être au pouvoir en plus même du moment où vous êtes à l'assemblée est-ce que vous comptez ou bien nous avons des chances que vous annulez les traités que nos parents ont signés en état de nécessité parce qu'après des années d'exploitation et de souffrance ils étaient prêts à tous les accords quitte à avoir une nuit tranquille et une matinée claire et ils ont signé des accords qui aujourd'hui signé des accords qui aujourd'hui c'est vrai que théoriquement nous sommes indépendants mais dans la pratique vous savez très bien que nous ne sommes pas indépendants et quand vous vous serez au pouvoir est-ce que vous allez annuler ces accords ?
après ça nous sommes prêts à lutter avec vous jusqu'au fond de l'océan je vais prendre encore une troisième femme s'il y a une femme ici ici il y a une femme non et là une femme ici oui donnez le micro lutter aux femmes pour la deuxième phase ok je réponds au nom de Sawadego Pégedwende ma question est la suivante nous savons tous que François Compaoré et Guillaume Soro sont des individus qui sont sous un mandat d'arrêt ou une condamnation par la justice de leur pays mais ce dernier continue à se pavaner dans les rues de Paris quelle est cette loi que vous avez proposé en tant que député à l'Assemblée française pour éviter que la France protège ses délinquants sur son sol merci je suis ici je suis ici à votre gauche à votre gauche venez finalement à droite par le je suis venez à droite s'il vous plaît oui oui on remet le micro à celui qui est derrière voilà orange blanc oui
député je réponds au nom de Daouda Ilboudou ma question est la suivante est-ce que votre exposé politique sur la francophonie peut convaincre les peuples colonisés si bien que depuis la colonisation esclavagiste en passant par la parodie d'indépendance dégolienne il n'y a pas eu un véritable changement au sein de la société si ce n'est que des horaires de ça je vous remercie
dernière question on va carrément derrière pour permettre à ceux qui sont au fond aussi d'avoir la parole
bonsoir monsieur Mélenchon
s'il vous plaît oui bonsoir monsieur Mélenchon Philippe Arnold alias Tibarayan Sommet je vis depuis 13 ans au Burkina et je suis un promoteur du Moringa dont j'espère que Blandine Sankara vous a vanté toutes les vertus dans son jardin Yélimani ma question est très simple dans les 300 millions de francophones que vous évoquez et qui sont régulièrement évoqués il y a 22 millions de Burkinabés est-ce que ça correspond à une réalité ?
pour ceux qui vivent et travaillent ici c'est loin d'être le cas et c'est juste une question on se gausse et aujourd'hui c'est une secrétaire générale anglophone d'un pays où 7 millions de personnes sont considérées comme francophones aussi parce qu'ils font partie il y a une réalité qui est toute différente le nombre de Burkinabés qui parlent le français n'est pas aussi nombreux que celui qu'on trouve dans cette salle donc est-ce que ce programme s'adresse à toute la nation de Burkinabés ou à une partie une élite et on pourrait le comprendre pourquoi pas à une élite qui est universitaire d'étudiants de gens lettrés qui sont largement largement minoritaires donc les 300 millions je ne voudrais juste pas que ça soit illusoire et je partage évidemment largement les objectifs que vous avez brillamment développés ce soir mais cette réalité je trouve qu'on n'en parle pas assez le nombre réel de francophones dans les pays dits francophones avec entre griffes comme on dit ici merci
écoutez c'est pas mieux qu'il épluche cette liste pendant que vous essayez de voir oui c'est bon nous allons il épluche la liste il finit d'abord merci
je donne des opinions personnelles je préférerais être le président de la république française mais je ne le suis pas et donc je réponds sur je me sens comme en quelque sorte de plein pied avec vous j'ai pas de je n'ai pas de conflictualité si j'étais le président de la république française il faudrait que j'assume la totalité de la politique de mon pays et je le ferais j'essaierais de corriger d'entendre de dire on ne fait plus si ça on a eu tort enfin bref comme on le fait quand on respecte ses interlocuteurs alors je t'ai quand même à mettre cette chose là au point parce que sinon on ne se comprend plus à la fin je ne vais pas venant ici payer pour tous les autres surtout que chez moi je les combats alors à la fin si c'est pour me retrouver ici à m'entendre reprocher ce que font ceux que je combats c'est un peu douloureux vous comprenez mais ça fait partie du ça fait partie de ce que j'ai à faire et donc je vous réponds je vous réponds à chacun pour autant que je comprenne bien ce qu'on me demande vous avez tout à fait raison quand vous dites sur la langue commune il faut qu'il y ait des causes d'attachement de la société on dit civil pour dire tous ceux qui ne sont pas des officiels je comprends comme ça le message de la société à cette langue vous avez un million de fois raison une langue qui n'existerait que comme un code et c'est la dernière question qui a été posée fonctionne elle est condamnée à mort il n'est même pas la peine d'en discuter au bout d'un moment elle disparaît je peux vous donner un exemple de ça une fois bon alors après je vous ai dit j'aime bien mon pays donc je suis comme tout le monde quand on en dit du bien je suis content je me trouvais à Addis Abeba et on me dit viens on va visiter la gare SNCF pourquoi pas après on m'explique que la gare et le directeur de la gare a une place particulière dans la hiérarchie de l'époque c'était un peu après la fin disons 4-5 ans après la fin d'Aile et Mariam Mengistou et donc il y avait le nouveau pouvoir en place alors je rentre dans cette gare d'abord elle avait un air terriblement familier parce que c'est des français qui l'avaient construit et les français vous savez comment ça enfin à l'époque donc il y avait un prix du concours administratif de la construction d'une gare et celui qui gagnait on faisait la même gare partout donc il y avait là la gare à Addis Abeba qui se trouvait la gare de Lonce-le-Saunier dans le Jura que je connais puisque j'y ai habité j'étais assez surpris et puis au bout d'un moment on me dit mais vous savez monsieur Mélenchon ici nous parlons tous français comme j'étais fier tout le monde parlait français alors ceux qui réparaient les machines ceux qui ça faisait partie du concours de recrutement et je suis ressorti extrêmement satisfait en me disant bah c'est bien on a une langue en commun et un de mes bons camarades m'a dit t'as rien compris t'as rien compris tu comprends pas quel est l'enjeu social c'est que pour pouvoir être employé à la SNCF faut parler français et donc pour parler français faut que déjà dans ta famille on ait parlé français parce que les gens du commun ils parlent pas français donc c'était la langue était devenue en quelque sorte le moyen d'un privilège on va dire parce que c'est pas des prébandiers c'est des gens qui faisaient un travail concret et réels donc vous avez tout à fait raison de signaler qu'on ne peut pas parler d'une langue sans son usage social et qu'il n'y a pas d'expansion de cette langue si elle ne correspond pas à un intérêt général dans la société donc je suis complètement d'accord avec ce que vous dites et vous avez raison de dire que le chiffre que l'on donne de 300 millions comme celui de 700 millions ils sont pas garantis ces deux chiffres bon pourquoi ?
parce qu'il y a d'autres évaluations moindres et certains en donnent plus mais je crois que c'est plutôt les moindres qui ont raison parce que progressivement l'usage de la langue commune se perd pour la raison il y a plusieurs raisons la première c'est la destruction des systèmes d'éducation y compris là où l'on enseignait en français où c'est la langue officielle il y a 39 états comme ça donc comme dans tous ces pays on a appliqué les politiques néolibérales il y a moins d'enseignement donc moins de connaissances de la langue commune etc sans que ce soit pour autant un grand progrès de la langue locale que cette amputation mais en tout cas c'est comme ça première raison et non des moindres il y en a d'autres qui interviennent mais qui ont toute une origine sociale les français ne font pas grand chose enfin font ce qu'ils peuvent mais les budgets vont réduisant les instituts français sont d'accès de plus en plus difficiles et puis deuxième raison parce que vous me dites est-ce que c'est une langue qui est réservée à une élite ben comprenez la singularité de ma position c'est que les tarifs universitaires que pratique mon pays et les méthodes d'attribution du visa condamnent la langue commune à l'étiolement parce que si vous rendez le principal avantage d'une langue commune c'est la mobilité qu'elle contient non seulement dans les oeuvres d'art les choses qu'on consulte mais aussi le fait de pouvoir aller soi-même on a pris une décision lamentable et insultante pour les ressortissants francophones des peuples et des nations africaines parce que avoir augmenté les frais d'inscription comme on l'a fait doublé d'une politique de restriction des visas aussi absurde que celle qui est faite ben le résultat voilà nous l'avons sous les yeux moins de gens formés dans notre langue et j'ajoute que ça correspond du coup à une déqualification des élites qui la parlent parce que moins il y a de gens qui parlent la langue commune moins ceux qui la parlent ils ont un intérêt et ils voient attacher des possibilités qu'ils avaient jusque là c'est pourquoi je parle par exemple de la revue scientifique il y a plein de gens qui me disent qu'est-ce que tu viens de nous chercher avec ça ben je viens juste de vous chercher que si vous ne pouvez figurer que dans des revues anglophones ben à quoi bon parler français à quoi bon parler la langue commune je veux dire moi aussi je veux bien apprendre à parler une autre langue je parle l'espagnol couramment quand j'étais gamin on m'a fait apprendre le latin ça sert à rien parce qu'on dit que c'est une langue morte enfin bon le cuiris latiné à qui je peux dire ça à personne donc les conditions sociales de la propagation de la langue commune reculent question pourquoi c'est pourquoi je vous disais tout à l'heure si on le prend simplement en se disant la langue commune c'est une arnaque des français pour dominer les autres bon ben n'en parlons plus longue vie à la langue de l'impérialisme anglais parce que remplacer un impérialisme par un autre ça nous mène nulle part nulle part moi j'entends des gens dire ah si c'est comme ça faire venir les chinois mais faites faites il n'y a pas de problème mais en quoi tout ça me concerne moi je suis contre le néolibéralisme quelle que soit sa nationalité je suis contre l'accumulation et l'exploitation quelle que soit sa nationalité y compris qu'il y a les françaises je vous le livre comme un des éléments de réflexion mais après je suis un grand garçon je ferai avec ce qu'il y a si personne n'en veut et bien personne n'en veut on fera autrement ce serait dommage c'est ça que je veux vous dire alors après vous dites des choses je comprends parce que l'identification à l'histoire c'est pas moi qui vais vous la reprocher je m'identifie tellement à l'histoire de la grande révolution de 1789 que je comprends que dans d'autres pays on en fasse autant avec les épisodes de l'histoire locale dans lesquels on se reconnaît et qui permet de faire peuple et nation nous autres français nous pouvons être français non pas parce que ce que raconte monsieur Zemmour et ses sottises mais tout simplement parce que nous avons un pacte politique qui bien sûr fonctionne mal qui n'est jamais respecté enfin il est là liberté, égalité, fraternité on peut mettre ça en partage avec la terre entière c'est pourquoi la république chez nous est un horizon qui ne sera jamais atteint parce que nous opposerons toujours les principes républicains à la réalité la colonisation n'a rien à voir avec l'idéal républicain vous connaissez cette histoire comme moi vous savez comment elle s'est décidée personne n'a jamais voté la colonisation au parlement français personne la question est arrivée par surprise aux alentours des années 1890 parce qu'il s'agissait d'augmenter le budget pour payer des troupes coloniales de plus pour aller en Indochine alors pour la première fois on a discuté de ce qu'on foutait là-bas et il y a eu une discussion terrible si vous voulez la lire elle est incroyable parce que c'est là que vous voyez que l'esprit d'un peuple il chemine par mille canaux c'est Jules Ferry monument de l'école républicaine laïque et tout qui dit qu'on vient apporter les lumières aux peuples inférieurs stupeur dans la salle et c'est un royaliste qui lui dit mais vous savez où vous êtes vous on est en France ici pour nous il n'y a pas de peuple supérieur et de peuple inférieur donc vous voyez ça n'aurait pas dû se passer comme ça mais ça s'est passé 1895 c'est Bismarck qui convoque tout le monde pour se partager l'Afrique ça s'est passé comme ça bon alors je comprends que naturellement vous soyez dans la lutte dans la lutte de décolonisation et que vous y sentiez un ressort qui est intact à mon avis parce que vous n'avez pas tort si la colonisation c'est un process de domination culturelle et économique bah à la suite aussi longtemps que vous n'êtes pas liberté, égalité, fraternité à 100% bah la lutte continue la lutte pour l'émancipation donc il n'y a pas pour moi quoi que ce soit de choquant même si évidemment c'est mon pays qui colonisait mais un bon pays pas moi non mais il faudrait s'en rappeler il y a quand même eu un mouvement ouvrier en France qui pendant des décennies s'est battu contre la colonisation il ne faut jamais l'oublier c'est pas juste sinon c'est pas juste nous avons donné ces luttes jusqu'au bout et encore maintenant on m'a posé la question à propos des assassins de Thomas Sankara nous avons déposé nous venions d'arriver en octobre 2017 une proposition de résolution pour ouvrir toutes les archives sur les assassins de Sankara si je suis élu on vous les livrera nous n'avons aucun intérêt à couvrir des crimes quel est l'intérêt pour la France quel est l'intérêt pour le peuple français qu'est-ce que ça lui donne qu'est-ce que ça lui rapporte d'encourager d'autres voyous à dire de façon les français vous tireront toujours d'affaires je ne veux pas qu'ils le croient je veux que tout le monde se le tienne pour dit ces méthodes là appartiennent à un passé non seulement détestable mais grossier inutile qui ne nous mène nulle part bon voilà c'est dit alors voilà voilà ma réponse sur ce sujet les assassins doivent être poursuivis et toutes les archives qui sont nécessaires à la justice burkinabée doivent lui être données c'est la position des insoumis elle n'est pas de circonstance aujourd'hui elle est depuis le premier jour où nous avons siégé à l'Assemblée nationale et voilà ce que nous avons fait après je trouve pas juste de dire mais ça vous regarde vous dites bien ce que vous voulez la parodie d'indépendance pardon mais vos aînés se sont battus pour l'indépendance certains en sont morts leur mort n'était pas une parodie c'était une lutte réelle Thomas Sankara a continué la lutte et la dernière conférence internationale à laquelle il va il dit s'il n'y a que le Burkina qui refuse de payer la dette vous ne meurverez pas l'année prochaine il avait raison il s'est battu ce n'était pas une parodie sa lutte la lutte est longue nous nous nous dépressions pas souvent vous savez j'ai été dans ma folle jeunesse je ne sais pas pourquoi on dit folle j'étais un militant de ce qu'on appelle l'extrême gauche et bien il y avait une manière de toujours tout décrier qui était destructrice qui ne nous menait nulle part alors on dit ah François Mitterrand il n'a pas fait ci il n'a pas fait ça il a juste nationalisé le tiers de l'industrie toutes les banques supprimer la peine de mort etc etc mais ça ne compte pas alors ici aussi pareil on va dire ça ne compte pas la lutte d'indépendance s'il n'y avait pas eu la lutte d'indépendance et l'indépendance et bien les colons seraient toujours là ils ne seraient pas partis en se disant tiens on a changé d'habit c'est plus confortable pour nous de nous en aller ils seraient toujours là les possédants ne vous lâchent jamais on a continué à faire payer à Haïti le prix des esclaves libérés jusqu'en 1982 c'est le gouvernement d'union de la gauche qui a annulé cette dette ils auraient pu y penser avant en disant bon ce qu'on ne fait depuis le temps non non ils prenaient et ils prendront encore maintenant donc la lutte pour la décolonisation en effet n'est pas terminée mais ayons l'intelligence de comprendre que dans le moment dans lequel nous sommes les rapports coloniaux ne sont pas ceux du 19ème et du 20ème siècle que voulez-vous la domination elle est rentrée dans nos esprits à tous dans nos mœurs dans notre intimité dans nos goûts la colonisation elle commence quand on forme un goût universel nous autres français on fait du vin alors autrefois c'était interdit de mettre du vin dans des cuves en aluminium et bien l'union européenne a dit si on peut ah oui mais ça n'aura pas le même goût a-t-on dit ah bah très bien mettez des copeaux et du sucre il y a 40 ans on coupait les mains des gens qui faisaient ça et bien maintenant non c'est légal pourquoi ?
parce qu'il y a un goût universel et pareil pour toutes les nourritures je fais partie des gens qui ont le privilège de circuler d'un pays à l'autre et donc de prendre des avions tous les mêmes et de descendre dans des hôtels tous les mêmes où nous mangeons tous la même chose tout le temps à tous les repas quelle que soit la latitude quelle que soit le pays quelle que soit l'heure et ainsi le nouvel impérialisme il est entré en nous on ne sait pas manger autre chose et dès qu'on nous amène autre chose nos propres gosses regardent ça de travers qu'est-ce que c'est c'est pas bon etc etc vous connaissez ça vous aussi et donc si vous amenez les produits traditionnels il faut discuter pendant deux heures parce que le gama il préfère la vache thyrique et bon très bon mais enfin bon voilà quoi ou le cube hein plein de sel qui va vous faire crever si vous en prenez tout le temps bon il faut que je me fasse des problèmes avec les multinationales mais c'est pour dire tout ça voilà comment dorénavant la domination se fait sur nous donc notre lutte c'est pas seulement une lutte contre ceux qui exercent la domination mais aussi contre les moyens par lesquels cette domination s'exerce et que nous sommes partie prenante de cette domination c'est pour ça quand on parle de souveraineté alimentaire en général tout le monde m'applaudit bravo formidable quelle bonne idée et bien très bien faites-le j'ai vu avec franchement je repars d'ici je suis glacé j'ai vu avec notre ami Blandine de Sankara et son assos ils me remontraient comment une terre complètement délavée ils ont réussi à en faire quelque chose de fertile c'est très instructif et moi je suis reparti et je me suis dit mais comment on va faire nous parce qu'ici vous avez 80% de la population qui vit à la terre qui connaît le truc on peut parler mais nous on a moins de paysans que d'étudiants il reste 200 000 paysans en France ils ne sont pas un tous les jours de misère de détresse parce qu'on a installé le modèle agro-industriel qu'on vous propose comme un modèle de réussite d'ailleurs après on va me dire mais monsieur Mélenchon qu'est-ce que vous racontez regardez ils sont entrés sur le marché mondial cette année ils ont tant de dollars qui viennent de l'agriculture formidable loura encore mais il y a l'autre colonne qu'on ne voit pas c'est tout ce que vous produirez plus que vous ne payez pas en dollars entre vous avant tout ça disparaît tout ça est détruit donc combattre veut dire réhabiliter aussi ces produits ces goûts etc c'est pourquoi je vous disais tout à l'heure c'est un processus d'humanisation le néolibéralisme est un processus qui déshumanise parce qu'il réduit l'humanité à quelques goûts sommaires à quelques comportements à quelques règles absurdes la concurrence libre et non faussée etc etc c'est pourquoi simplement j'ai bien compris je vais laisser la question ouverte quelqu'un m'a dit est-ce que la francophonie a un avenir j'en sais rien je laisse la question ouverte j'ai fait de la philo dans mes études il y avait une bonne blague qu'on racontait nous autres les matérialistes il y avait au 5ème siècle avant l'ère commune un groupe de philosophes qui discutait de la réalité de la réalité nous en philo c'est comme ça donc le sujet était est-ce que la réalité est vraiment la réalité ou est-ce que c'est seulement un rêve ou une illusion comme dit le poète alors chacun avait son argument tatati tatata et arrive Diogène le philosophe qui ne respectait rien avec sa toge et on lui dit et toi avec un peu de mépris parce que c'est un sauvage quel est ton argument alors il ouvre sa toge il sort un bâton il tape tout le monde tout le monde a donc eu une conscience aiguë de la réalité de la réalité il avait en quelque sorte un argument frappant donc la francophonie elle a un avenir si elle sert à quelque chose de commun si elle sert à rien elle servira à rien et vous l'aurez perdu comprenez-vous ça ne cessera pas d'être la langue d'un certain nombre d'entre nous mais vous l'aurez perdu alors que nous pouvons être avec la langue commune à condition de décider mais ça ne tombera pas du ciel il faut qu'on ait une activité commune regarder la puissance des hispanophones il doit bien y avoir quand même des gens de gauche dans cette salle qui pensent comme moi bon et bien toutes les idées de la gauche latino-américaine qui est la seule endroit du monde où la chaîne de l'impérialisme a été rompue pas en blabla en réalité dans des pires difficultés possibles là où elle continue avec courage et héroïsme comme c'est le cas aujourd'hui à Cuba et bien comment ils ont fait ?
ils ont partagé pourquoi ? parce qu'ils parlent la même langue parce qu'ils ont les documents qui circulent entre eux parce qu'ils ont pu généraliser analyser comprendre les limites d'une expérience passée à l'autre ça on ne le fait pas c'est de la bêtise ça on le fait on arrive à comprendre comment affronter l'impérialisme pas l'impérialisme mythique le vrai celui avec lequel vous avez 3500 km de frontières communes quand vous êtes le président de gauche du Mexique et qu'on vous amène des hordes de gens qui tout d'un coup sont partis de deux ou trois pays et où les nord-américains s'en servent comme d'une provoque heureusement toute l'amérique latine s'y est mis pourquoi ?
parce que tous parlent espagnol et partout dans tous les pays on a organisé des noyaux de résistance de propagande pour bloquer l'initiative que l'empire était en train de prendre je vous en parle avec flamme parce que pour moi c'est ça l'avenir de cette langue commune peut-être que j'ai tort peut-être que ça ne se produira pas peut-être que les comptes à régler entre nous sont trop importants c'est plus l'affaire de ma génération en quelque sorte mais je suis sûr que c'est en joyau que nous avons dans les mains que cette langue commune et elle vous appartient bon sang de bois elle appartient pas aux populations de l'Europe du nord vieillissante qui ne savent qu'en faire elle appartient au continent de la dynamique c'est à vous cette histoire là et par conséquent même si nous sommes moins nombreux à être de la langue commune comme l'a dit tout à l'heure deux personnes l'ont dit avec justesse nous sommes quand même dans des proportions incroyablement plus nombreux que nos seuls pays voilà ce que je voulais dire qu'est-ce que j'ai oublié là la société j'ai dit bon toc le procès s'est fait l'indépendance est-ce que nous serons indépendants ben ça dépend de quoi dites ce que vous voulez vous voulez vous voulez vous voulez
Jean-Luc Mélenchon