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interviewfranceinfo· 29 août 2023 25 min

"Les Français ont compris que les industriels n'étaient pas à leurs côtés"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour alexandre Bompard bonjour vous êtes à la tête du groupe Carrefour 12000 magasins répartis dans plus de 30 pays deuxième distributeur en France derrière votre concurrent Leclerc vous représentez aujourd'hui une grande partie du secteur de la distribution puisque vous avez été désigné à la tête de la FCD la Fédération du commerce et de la distribution on est à moins d'une semaine de la rentrée scolaire qu'avez-vous à dire aux parents qui se préparent à faire leurs courses à acheter les fournitures scolaires justement d'abord on a on a des familles inquiètes on a des familles qui souffrent depuis 18 mois duo s'interrompue des prix l'inflation il faut bien comprendre l'inflation alimentaire elle est sur deux ans à 20% et les Français savent très bien tous ceux qui font leurs courses aujourd'hui que sur la rentrée scolaire les prix sont autour de 10 11 12% chez nous on est arrivé à les limiter à 9 et demi pour cent donc ce sont des Français inquiets ce sont des Français qui ont changé leur comportement de consommation et donc on va essayer nous chez Carrefour puisque vous me parlez de la rentrée scolaire on est le premier distributeur au moment de la rentrée scolaire on essaye de les accompagner au mieux on a bloqué 50 produits sur les prix de 2022 sur les 50 produits essentiels on a développé notre marque propre simpl pour leur faire des offres très basses de manière à pouvoir les accompagner dans un moment qui ne sera pas un moment de plaisir mais à un moment d'inquiétude parce que cette rentrée elle coûte particulièrement cher les prix ont explosé c'est ce que vous venez de dire l'instant pour la rentrée scolaire ça ne va ça va durer ça va pas revenir en arrière de toute façon c'est un acquis si on revient au prix grande consommation et notamment dans le domaine alimentaire les économistes disent ils ont raison de le dire le pic est derrière on était à 17,5 on est à 12 et ça veut dire que la hausse des prix ralentit mais que les prix continuent d'augmenter on est à une inflation alimentaire sur un an de 12 et demi pour cent c'est un chiffre extravagant 12 et demi pour cent bien sûr qu'on est plus à 17 et demi mais on est à 12 et demi et sur deux ans c'est ça que vive les Français l'augmentation elle est de 20%, qu'est-ce que ça qu'est-ce que ça induit quand on a une de 20% les comportements des consommateurs ont radicalement changé leurs conditions de vie ont changé les Français aujourd'hui ce qu'on a nous dans nos magasins on reçoit des millions de clients chaque jour qu'est-ce qu'ils font les portions alimentaires pour 50% d'entre eux se réduisent vous savez qu'il y a 40 % de Français aujourd'hui qui sautent régulièrement des repas pour des raisons et économiques et ces comportements de privation ils se développent sur d'autres types de produits les produits de soins les produits d'hygiène bien sûr les protections féminines les couches le dentifrice ce sont des baisses à deux chiffres donc on est en présence d'un phénomène massif de privation de déconsommation comme si l'essentiel n'était plus accessible c'est ça la réalité de ce qu'on a dans nos magasins c'est-à-dire qu'on sait plus seulement les petits plaisirs dont on se prive ici ou là on se prive vraiment de l'essentiel on se prive de l'essentiel on se prive de l'alimentaire il y a des chiffres extrêmement forts de baisse sur les produits de qualité sur les sur les fruits et légumes sur le nous passons sur la viande qui sont compensés par des protéines végétales et encore une fois les produits de soins les produits d'hygiène baissent aussi c'est l'essentiel qui est touché là ce ne sont pas les produits de plaisir c'est pas le petit plus c'est vraiment le la base de ce qui constitue la consommation des classes moyennes une fois qu'on a fait ce constat on a envie de vous savoir en a envie de savoir pourquoi pourquoi ça reste aussi cher dans vos rayons la faute à qui c'est d'abord il y a une faute multiple enfin il y a des causes multiples qui sont les crises qu'on a connu mais aujourd'hui qu'est-ce qui se passe c'est vraiment très simple de temps en temps on dit on comprend pas ou est le sujet entre les industriels et les distributeurs mais c'est très simple les cours en moyenne ont baissé de 20-25 30 35% que ce soit les cours matières premières que ce soit les cours énergétiques etc la réalité c'est que les industriels en dépit de la baisse de ses cours en dépit de la pression mis par les pouvoirs publics ont décidé de ne pas renégocier ils n'ont pas un peu Inno par négocié ils veulent du temps on était avec Jean-Philippe André tout à l'heure qui représente l'industrie alimentaire elles ont commencé maintenant pour certaines comme vous le savez il y a neuf mois les matières premières c'est pas hier la baisse des matières premières c'est il y a 9 mois 1 an ils ont décidé c'est leur choix de ne pas être percuter les baisses il y a deux traductions à ça vous dites en gros c'est de la mauvaise foi de la part des industriels non mais il y a vraiment deux façons de le voir d'abord il y a eu plein de rapports qui ont été faits franchement on est rarement privilégié la grande distribution quand il y a des rapports indépendants les rapports que ce soit celui de l'Inspection des finances de l'Insee j'ai vu que la DGCCRF aller encore se pencher sur la question on dit tous la même chose les industriels mondiaux les grandes multinationales mondiales elles sont pas installés en France elles sont à cincinnetti elles sont à l'autre bout du monde elles ont augmenté leur marge elles ont pas protégé d'ailleurs elles ont pas reconstitué elles les ont augmenté et la traduction de ça c'est ce qui se passe tous les jours dans les magasins ce sont les Français qui votent qu'est-ce qui votent les Français yvotent marque distributeur versus marque national song si vous me laissez juste prolonger que l'écart chez nous cet été on a beaucoup misé sur les marques distributeurs entre les marques distributeurs et marques nationales c'est de 12 point ça veut dire que les marques nationales baisse de 5 points 7 points pardon quand nos marques augmentent de 5 points sur un panier de 100 produits ça veut dire vous avez enlevé 7 produits de marque nationale vous avez augmenté 5 points 5 produits de marque distributeurs les Français ont choisi les Français ont compris que les industriels et les marques nationales n'étaient pas alors que ça a l'air beaucoup plus compliqué que ça si on écoute les industriels certains disent que que certaines baisses de tarifs qu'ils ont proposé jusqu'ici n'ont pas été répercutés dans vos rayons et donc vous distributeurs vous faites des marges des marges sur sur les bêtes qu'ils ont concédé c'est malheureusement il y a plusieurs exemples Le Sueur les huiles Danone qui met le véritable prix maintenant sur les yaourts totalement faux c'est totalement faux parce qu'on est dans un univers vous le savez de la grande distribution on est ultra concurrentiel il y a 8 10 enseignes vous avez cité Leclerc et Intermarché il y a les discounters il y a plein d'acteurs on a une politique très agressive de prix c'est notre métier notre vérifier c'est d'avoir une politique volontariste de prix pour acquérir le plus grand nombre de clients quand le prix baisse je peux vous dire que moi mes petits camarades on baisse immédiatement parce que c'est notre intérêt à nous aussi donc ceux qui se passe c'est que les industriels ont choisi c'est un choix j'allais dire économique de ne pas accompagner les baisses de cours de matière première en se disant au fond la renégociation elle aura lieu comme elle devait avoir lieu en mars prochain on va gagner un peu de temps on va aller aux réunions organisées par le ministre et puis on se retrouvera en mars prochain pour les renégociations vous allez voir Bruno Le Maire demain à Bercy il va venir vous ensuite il verra les industriels après demain qu'est-ce que vous avez le vidéo ministre de l'Économie d'abord je vais lui dire ça je vais dire que c'est un tsunami de consommation pour pour les Français les consommations et que quand on est dans un quand l'essentiel n'est plus accessible quand on se prive de produits essentiels il faut agir vite première chose deuxième chose je vais lui faire une proposition parce que le reste est dans sa main ce sont les mesures fiscales ça c'est dans sa main je vais lui demander un moratoire d'un an sur l'application de la loi des crosailles la loi des croisades c'est une loi qui a été votée cette année qui nous conduit à devoir limiter les promotions que nous faisons dans la droguerie pour les produits d'hygiène pour les produits de soins à 34% aujourd'hui je peux vendre une lessive à 50 60 % de promotion dès le l'application la loi de groseille je serai obligé de me limiter à 34% or il faut comprendre que un français ou deux Français sur dix aujourd'hui se prive de ces produits de soins et d'hygiène et en fait cette loi-là elle ne bénéficie qu'à trois grandes multinationales mondiales parce qu'en fait cette industrie là c'est on peut les citer d'ailleurs c'est Procter un Gamble c'est heinekel c'est Unilever donc eux vont augmenter leur marge et les Français socialement sont dans une situation qui est une situation de privation donc je vais lui demander à tout le moins un moratoire d'un an sur l'application de cette loi et je vais écrire au président de groupe en leur disant écoutez vous avez pris cette loi dans un contexte qui a beaucoup changé la privation de consommation elle est là je je vous demande un moratoire d'un an pour l'application de cette loi afin que on donne un tout petit peu d'air aux Français sur leur consommation ça veut dire des promotions plus importantes et plus fréquentes si vous obtenez satisfaction ça veut dire ce qu'on fait aujourd'hui c'est à dire la liberté des promotions sur ces produits d'hygiène de soins et les deux drogues alexandrement parle PDG de Carrefour et l'invité de France Info vous restez avec nous nous êtes avec nous dans une minute juste après le fil info avec Maurice feignard la France insoumise va saisir le Conseil d'État sur la Baya c'est ce que va proposer le coordinateur de la France insoumise manuel Bompard à son groupe parlementaire après la déclaration du ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal veut interdire dans les établissements scolaires cette longue robe portée par certaines femmes et jeunes filles musulmane pour Bruxelles la décision d'expulser l'ambassadeur français au Niger est une nouvelle provocation de la part des puccistes lieu exprime son plein soutien à celui qui reste en poste pari dessine de ne pas obéir à présente au pouvoir et ne reconnaît pas son autorité après un mois du coup d'État une convocation au ministère des Sports les dirigeants de l'athlétisme français ont rendez-vous aujourd'hui avec Amélie ou des accastera après un Mondial au bilan catastrophique une seule médaille d'argent pour les bleus sur France Info la ministre promet une réunion constructive franche et utile à un an des Jeux Olympiques la terre qui tremble au sud-est de Bagnères-de-Luchon à Haute-Garonne un séisme de 4,6 enregistrés hier soir les pompiers précisent qu'il n'y a pas il n'a pas fait de dégâts ou de victimes France Info 8 30 France Info Jérôme Chapuis salut abrakia du groupe Carrefour vous allez voir donc Bruno Le Maire demain à Bercy réunit tous les distributeurs jeudi ce sera le tour des industriels vous ne dites en gros les négociations annuelles qui ont lieu de décembre à mars c'est insuffisant il faut pouvoir se reparler est-ce qu'il faut changer ce système des négociations une fois par an vous le disiez en introduction nous on est présent dans 30 pays dans les 29 autres pays je négocie toute l'année mon métier c'est de négocier les prix toute l'année donc je m'adapte aux évolutions de cours et à différents éléments en France on a sanctuarisé ce moment de la négociation annuelle ça se traduit parce qu'il se passe cette année le premier mars on a fixé les prix et en réalité on ne renégociera pas parce que les industriels n'y sont pas obligés jusqu'au 1er mars prochain mais il faut que ce soit clair parce que l'inflation elle est partout dans le monde dans d'autres pays est-ce que c'est cette exception française qui qui rajoute qui rajoute à ce phénomène d'inflation parce que c'est un élément additionnel parce qu'elle a elle a elle a figé les prix sur une situation qui est celle des négociations autour de décembre janvier dans les autres pays en l'espace à cette négociation on commence à voir des baisses cette fois-ci beaucoup plus significative parce qu'on discute en permanence avec les industriels et par ailleurs ça c'est le propre d'une négociation permanente la relation est beaucoup plus apaisée il y a pas cette espèce de moments un tout petit peu tendu paroxystique des négociations annuelles où tout le monde se met derrière ces bureaux en se disant oh là là c'est la négociation annuelle on négocie toute la journée et en fait ça se passe beaucoup mieux le seul endroit au monde où nous avons des difficultés avec les industriels c'est la France et ce système là y contribue ce système de la négociation annuelle et contribue mais alors à Bruno Le Maire demain vous allez lui dire aussi il faut changer ce système oui mais moi je pense qu'il faut régler l'urgence l'urgence là c'est d'éviter que entre septembre et mars on se disent bon bah au fond l'inflation va un petit peu baisser on est à 12,5 mais on sera toujours à 20% sur deux ans il faut traiter d'urgence et c'est pour ça que l'urgence c'est faisons vite un moratoire sur cette mauvaise loi en ce moment qui conduirait à limiter des promotions sur lequel les Français sur des produits sur lesquels les Français se privent déjà alors faut que ce soit clair là encore si jamais on faisait un moratoire sur sur cette loi à quel moment vous serez capable de faire payer de faire baisser les prix c'est une question de jours non si si on a un moratoire sur sur la loi on continuera à faire ce qu'on fait en ce moment on continuera à faire des promotions progressive sur le dentifrice sur les lessives sur les couches sur les protections féminines à partir de début de l'année si la loi s'applique là on s'arrêtera on s'arrêtera de faire des promotions on les limitera 34%. on a parlé des marques distributeurs le phénomène faudrait qu'on s'arrête quelques instants là-dessus parce que c'est le phénomène de ce début d'année les grandes marques chutent de 7,3% depuis un an vos marques de distributeur augmente énormément vous y gagnez vous y gagner énormément pas d’abord nous on a beaucoup investi là-dedans c'était un des éléments clés de mon projet à l'arrivée chez Carrefour reprendre la main sur nos marques distributeurs redevenir le leader sur les marques au distributeurs et j'avais fixé un objectif ambitieux à l'époque ça représentait 20% de chiffre d'affaires et j'avais dit à 2026 il faut qu'on soit 40% de chiffre d'affaires mais c'est du chiffre d'affaires pour vous mais est-ce que vous rendez du pouvoir d'achat aux Français à travers des marques de cette maison comme particularité c'est Marc distributeur d'abord ce sont des produits les prix sont bien moins cher l'écart de prix entre une marque distributeur et une marque nationale c'est pour ça que ça marche aussi bien elle est il est de 30% ce sont ce sont des produits qui en général en moyenne quelquefois c'est supérieur à ça 130% moins cher quelquefois c'est supérieur à ça avant de venir je discutais avec un de mes vendeurs et je regardais sur la lessive Ken par exemple le chat qu'on connaît tous le prix aujourd'hui dunkel est à 6 et demi le litre chez nous il est à 3 euros le litre sur la même lessive vous voyez l'écart peut être à 55%. donc d'abord c'est moins cher des produits équivalents produits exactement équivalents ensuite nous on a beaucoup investi sur la qualité de ces marques ces marques distributeurs c'est des produits de qualité sur lequel on y a engagé notre raison d'être qui est la transition alimentaire pour tous donc on a supprimé des tonnes de sucs des tonnes de sel des substances controversées ça c'est de la mission de Carrefour on a envie de vous demander pourquoi vous vous plaignez ce matin puisque en fait vous y gagnez cette inflation des grandes marques des prix des grandes marques en fait elle vous favorise elle favorise vos marques distributeurs je ne me plains pas je me désespère pour les Français parce que les français eux ils aiment les marques distributeurs de plus en plus mais ils aiment aussi leur marque nationale moi je suis pas l'ennemi des marques nationales ce sont mes partenaires et les Français ils les aiment les marques nationales ils ne rejette pas toutes les marques nationales ce sont les marques auxquelles ils sont habitués et quand ils voient ses prix avec un écart de 340 % par rapport aux marques distributeurs les Français ne peuvent pas les acheter donc je ne me plains pas je ne me désespère pour mes clients et j'espère que les distribuer les industriels vont se rendre compte très vite que la baisse des volumes qu'ils connaissent et que nous ne connaissons pas sur les marques distributeurs c'est un problème majeur pour eux mais c'est surtout un problème majeur pour les Français il faut qu'ils jouent un tout petit peu le jeu des consommateurs finaux plus de 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2023 pour Carrefour c'est une progression de plus de 8% sur un an on a l'impression que l'inflation finalement ça aussi du bon pour vous en termes de en termes de résultats comme au premier semestre dans le domaine alimentaire qui est autour de 16-17% ça c'est une bonne nouvelle pour personne évidemment les revenus augmentent le chiffre d'affaires augmente mais mais les coûts explosent tous mes coups explosent moi aussi j'ai des coups j'ai découvertes de magasins j'ai des coûts de distribution j'ai des coups de personnes j'ai tous mes coups explosent mais aussi se portent bien parce qu'on a fait un extraordinaire travail je crois qu'il nous est un peu reconnu de transformation de l'entreprise on fait chaque année des plans d'économie aussi d'un milliard d'euros et on gagne des clients on a gagné 400 000 clients au premier semestre donc on est dans une dynamique de gain de clients quand vous avez une dynamique de quinte client et quand vous faites des plans d'économie d'un milliard et ben vos marges qui restent beaucoup plus faibles que celle des industriels ça c'est évidemment connu de tous et ben vos marches progressent un petit peu ça c'est la bonne tenue de l'entreprise mais vous savez l'inflation dans notre secteur c'est une mauvaise nouvelle d'ailleurs il y a des acteurs qui se portent très mal parce que quand vous avez une inflation pareille c'est très difficile à gérer vos coûts explosent comme pour les industriels d'ailleurs alexandre Bompard total a confirmé hier sa volonté de bloquer les prix de son carburant à 1 euro 99 par litre dans ces stations services en France et ce jusqu'à la fin de l'année 2023 vous quel geste vous êtes prêts à faire nous on fait pas Carrefour en fait on vend quasiment l'essence toujours parce que là aussi c'est concurrentiel avec nos camarades Leclerc avec Total aussi on vend quasiment à prix coûtant ou à un centime de marge donc les grandes annonces je me mets à 99 etc on les fait pas mais depuis le début nos clients le savent d'ailleurs on gagne des parts de marché là dessus on a un problème de communication alors parce que quand on entend Leclerc par exemple qui a annonce cet été tous les week-ends pas le choix commercial d'annonce qu'on a fait nous on se concentre sur l'alimentaire et on reste très bas sur l'essence parce que c'est un produit d'appel important pour nos clients Alexandre m'en parle le PDG de Carrefour est l'invité de France Info vous restez avec nous on revient dans un instant juste après le fil info Maurice fignard un suspect mise en examen pour homicide volontaire anime et placé en détention provisoire un jeune homme de 20 ans soupçonné d'avoir tué un autre homme de 18 ans mercredi dernier la police soupçonne qu'il s'agit d'un règlement de compte sur fond de trafic de drogue les industriels en dépit de la baisse des cours ont décidé de ne pas renégocier l'accusation sur France Info du PDG de Carrefour l'inflation ralentit mais reste importante surtout pour l'alimentaire les industriels et les distributeurs ont rendez-vous avec le ministre de l'Économie cette semaine après plusieurs années d'expérimentation la RATP généralise la mesure en région parisienne dès vendredi il sera possible après 22h de demander au conducteur de bus de s'arrêter où l'on veut sur la ligne une mesure qui est prévue notamment pour les femmes pour limiter les trajets à pied dans la rue la nuit la Fédération espagnole de football demande la démission immédiate de Luis roubiales le président du foot espagnol a embrassé de force une joueuse de l'équipe nationale plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier à Madrid pour dénoncer une agression France Info le 8 30 France Info Jérôme Chapuis Salia brachia du groupe Carrefour alexandre Bompard alors en attendant que les industriels acceptent de baisser les prix puisque vous dites qu'ils ne répondent pas à vos demandes qu'avez-vous prévu de faire vous dans les dans les mois les semaines les semaines les mois à venir pour pouvoir faciliter l'accès à vos produits aux Français d'abord on a fait beaucoup nous et d'ailleurs et nos concurrents on a on a multiplié les dispositifs anti-inflation depuis un an et demi aujourd'hui j'annonce ce matin qu'on baisse le prix de 500 nouveaux produits à la fois des produits de marque nationale avec quelques industriels qui ont joué le jeu et pour les autres ont compris mais encore plus nos marges et des marques distributeurs donc 500 produits vont voir leur prix baisser en moyenne 10% on en avait déjà baissé 600 le prix de 600 produits en mai-juin donc on continue cette politique de baisse régulière massive de de prix autour de 10% pour être le plus proche possible des attentes des consommateurs et donc 500 nouveaux produits qui s'ajoutent aux 600 que nous en mai-juin dernier c'est un nouvel exemple et je sais que mes concurrents aussi développent d'autres d'autres de manière à être le plus proche à être le plus le plus efficace possible pour répondre aux attentes et à la crainte et aux inquiétudes des consommateurs le combat des syndicats en cette rentrée c'est bien sûr le pouvoir d'achat qui il réclame des nouvelles hausses de salaire ils vont d'ailleurs se mobiliser le 13 octobre prochain qu'est-ce que vous faites vous chez Carrefour est-ce que vous êtes prêt à encore augmenter les salaires en cette rentrée on a un dialogue social qui a très bien fonctionné je crois depuis le début de l'inflation on a eu des hausse régulière cette année on est à 5,75% de loyer aller plus loin on est à 575% de hausse sur l'année ce qui s'ajoute à parce qu'on va mieux une augmentation très forte de la des participations qui a atteint 1000 euros pour la première fois depuis 20 ans chez Carrefour et puis à des primes qu'on a pu verser à différents moments donc on a un dialogue social qui fonctionne bien on a des augmentations régulières elles étaient de 7 et demi pour cent l'année dernière elles sont 5,75 cette année et on continuer à faire ça pour accompagner nous aussi on a 80000 collaborateurs dans nos magasins on a 150000 personnes qui travaillent sous-enseigne au carrefour en France pour accompagner le plus possible le pouvoir d'achat de nos de nos salariés Alexandre on parle lors de la dernière assemblée générale en juin c'est votre salaire qui a été dénoncé par les syndicats et par une grosse partie des actionnaires ce qui est assez rare pour un groupe comme Carrefour plus de 9 millions d'euros pour l'année dernière selon la CGT est-ce que vous considérez que vous les méritez non c'est pas le bon chiffre mais moi je considère toujours que les discussions sur ma rémunération sont légitimes c'est pas c'est pas un tabou comme vous le savez c'est une rémunération qui est fixée par le conseil d'administration 80% est liée à l'atteinte d'objectifs quantitatif financier quantitatif aussi sur la RSE qui est un axe très fort de développement et donc il y a ensuite une rémunération globale parce que vous avez une politique sociale qui est très très dure c'est la position de la CGT mais encore une fois c'est un débat avec laquelle moi je suis à l'aise je comprends qu'on en parle je comprends ce qu'on en débatte elle est fixée sur par le des administration sur la base de critères qui sont des critères très précis et d'atteintes d'objectifs quelquefois je les atteins quelquefois je le mets ça il s'est passé beaucoup de choses cet été dans le secteur de la grande distribution notamment les très gros soucis du groupe Casino avec le rachat par derrière les crétinski est-ce que le secteur des hypermarchés reste un secteur d'avenir bah d'abord qu'est-ce que ça dit c'est ce qui s'est passé ces difficultés ça dit à la fois l'intensité de la concurrence dans notre secteur ça dit la pression sur les marches est un secteur à petite marge la grande distribution ça dit les transformations gigantesques qu'il faut faire mais dans 10 ans je continuerai à aller faire mes courses dans un hypermarché ce que vous ferez dans 10 ans c'est que vous serez de plus en plus et c'est ça que nous faisons chez Carrefour depuis 5 ans dans un modèle très omnicanal pardon où vous combinez la distribution physique des hypermarchés mais aussi chez nous vous le savez des Carrefour Market des petits magasins de proximité City contact etc et puis du e-commerce et donc nous on est en train de faire une transformation massive pour construire un modèle dans lequel on combine de la distribution physique et de la disposition digitale où on investit massivement et c'est ça qui nous permet de gagner des nouveaux clients d'augmenter nos parts de marché de trouver de la dynamique et de faire des opérations d'acquisition c'est comme ça que nous avons fait l'acquisition de notre confrère Cora au début de l'été c'est la plus grande opération faite en France par Carrefour depuis 20 ans ce qui nous permet de nous renforcer de revenir sur Leclerc et de continuer notre développement mais il y a quelques années on a lancé la mort de ses prêtres et grandes surfaces à la périphérie des villes pour vous c'est pas du tout terminé moi je n'y ai jamais cru les hypermarchés ne sont pas morts d'ailleurs on le voit bien à travers cette crise ils sont une réponse extrêmement forte extrêmement adapté aux attentes des clients la variété de l'offre les prix les plus bas mais en revanche ils ont besoin et ils avaient besoin de se transformer massivement c'est ce qu'on fait on a réduit leur taille on a introduit une nouvelle catégorie de produits on les a rendus beaucoup plus centré sur des produits locaux on les a modifiés on les a reliés au e-commerce c'est à la fois des centres de retrait de produits et des centres qui permettent la livraison aussi à difficile bref c'est pas l'hypermarché d'hier l'hypermarché dire lui il est mort mais l'hypermarché de demain il a un formidable à venir Alexandre mon parc pendant les émeutes il y a deux mois plusieurs commerces ont été pillés dans plusieurs de vos magasins à combien vous avez estimé vos pertes vous savez on est le premier employeur dans les quartiers on a une sur-représentation de nos magasins dans les quartiers d'ailleurs on a des centaines de magasins qui sont dans les quartiers de la politique de la ville et ça a été un choc évidemment pour le pays mais ça a été un choc terrible pour les équipes de Carrefour quand vous travaillez tous les jours dans les quartiers depuis 30 ans et que vous avez vos magasins saccagé et pillés il y a eu un petit moment de de désespoir mais ça vous détourne pas justement de d'investir dans dans ces quartiers et ben pas du tout parce que je crois que notre mission notre vocation c'est de continuer à investir et investir ça veut dire ouvrir des magasins ça veut dire recruter des jeunes issus des quartiers moi j'ai pris un engagement en 2021 de recruter 10000 jeunes issus des quartiers chaque année et je le réitérerai avec encore plus d'énergie l'année prochaine parce que parce qu'il faut qu'on le fasse il faut aussi et ça c'est la magie de notre secteur et chez Carrefour en particulier que l'ascenseur social fonctionne il faut à la fois qu'on recrute déjà et qu'on leur donne envie de nos métiers on a 300 métiers chez Carrefour et qu'ensuite on dise à ces jeunes vous avez pas besoin de partir du quartier dans le quartier il y a plein et dans nos magasins dans nos entrepôts il y a plein de métiers que vous pouvez faire et donc il faut que cette ascenseur social il fonctionne donc moi je m'inscris en faux surtout ceux qui disent bon bah c'est l'échec de la politique de la ville c'est l'échec du rôle des associations c'est l'échec des entreprises qui investissent dans les quartiers investissons encore plus dans les quartiers il y a une réponse régalienne ça c'est pas ma responsabilité mais ma responsabilité moi chef d'entreprise c'est d'investir et je peux vous dire que les équipes qui travaillent dans les magasins sont contentes que je retienne ce discours là parce qu'on est attaché à nos quartiers c'est là que nous sommes le plus représenté alexandre Bompard PDG de Carrefour merci d'avoir été l'invité du 30 France Info ce matin

"Les Français ont compris que les industriels n'étaient pas à leurs côtés" — Manuel Bompard · Pourquijevote