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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 24 septembre 2022 32 min

L'école : lieu de mixité contre le déterminisme social ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

le collège d'à côté très beau documentaire que nous sommes les premiers à vous diffuser il est donc signé marcadorgal et il n'a rien mis sous le tapis vous l'avez vu les a priori des uns sur les autres les difficultés d'adaptation les questionnements légitimes sur le niveau scolaire tout cela est posé devant nous ça semble avoir fonctionné cette année-là mais est-ce que ça pourrait marcher partout et puis est-ce que c'est la mission de l'école voilà des questions très intéressantes que nous allons aborder avec nos invités bienvenue à vous à vous trois Laurent Lafon bienvenue vous êtes sénateur centriste du Val-de-Marne président de la commission de la culture de l'éducation et de la communication Yanis roder bienvenue à vous également vous êtes professeur agrégé d'histoire vous enseigner dans un collège de Seine-Saint-Denis depuis plus de 20 ans vous êtes aussi directeur de l'observatoire de l'éducation à la Fondation Jean Jaurès et je cite votre dernier ouvrage le voici la jeunesse française l'école et la République aux éditions de l'Observatoire Laurent zamezkowski bienvenue à vous également vous êtes vice-président et porte-parole de la PEP la PEP c'est la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public merci tous les trois dès le début du film le principal du collège affirme que la question centrale est de lutter contre le déterminisme social rend la fin est-ce qu'un collège est le lieu pour un tel combat est-ce que vous êtes d'accord avec cela c'est un des lieux c'est pas le seul c'est souvent le défaut que nous avons dans le débat public c'est de tout concentrer les problèmes et du coup les solutions au niveau de l'école est un des lieux de la République ce n'est pas le seul lieu de la République et surtout tous les mots que nous connaissons ne doivent pas ne doit pas porter uniquement sur l'école pour résoudre toutes les mots de la société donc bien sûr le le principal a raison quand il fait son mode introduction devant les dans les élèves mais il faut pas parce que c'est une des missions du collège je pensais que le reste de la société les restes des corps constituants la société est exempt de tout travail à destination de de notre jeunesse par rapport à cette nécessité de mixité sociale comme vous pensez de ce documentaire de cette initiative faire du collège un lieu où on essaye de lutter contre les déterminismes sociales c'est aussi compliqué pour les professeurs qui ne sont pas forcément formés pour cela vous savez je crois moi beaucoup je suis d'accord avec Monsieur sénateur évidemment mais je crois quand même que l'école a un rôle particulier à jouer dans notre société et ce rôle doit être aussi de mais de casser un petit peu cette archipel français dont parle Jérôme Fourquet dans son livre c'est à dire dans cette société qui est en train de se fragmenter et finalement avec ce pour reprendre un terme qui est aujourd'hui employé se séparatisme qui est aussi un séparatisme social et donc cette initiative moi je les saluais dès que dès qu'elle j'en ai pris connaissance il y a maintenant quelques années je trouve très important que des enfants issus de quartier différents de classe sociale différente mais aussi j'imagine qu'on en parlera parfois de culture différente vivent au quotidien des expériences communes au sein de l'école républicaine et je crois que le mot du principal qui est formidable dans ce dans ce documentaire ce principal je salue d'ailleurs son engagement républicain et ces mots qui sont très touchants l'éducation nationale fonctionne aussi grâce à ces personnels et il faut le rappeler donc je crois que ce que dit ce principal de collège est extrêmement important l'école est aussi là pour essayer justement de sortir les élèves de ce qu'il est détermine en premier lieu et notamment de se déterminisme de ces déterminismes sociaux mais alors qu'en pensent les parents leur ont les voit pas beaucoup dans ce documentaire mais on les entend un peu à travers la parole de leur de leurs enfants et on entend qu'il y a eu des réticences en amont de l'initiative on peut comprendre ces réticences forcément il y a des préjugés en fait tout simplement je veux dire parce que les parents sont chacun dans leurs environnements et et il s'inquiète des interactions qui peuvent qui peuvent avoir entre les enfants je crois que c'est surtout enfin c'est un problème de sociétal de manière généralisée et on le retrouve effectivement à l'école parce que l'école finalement c'est on trouve les mêmes problèmes donc faut pas dire qu'à l'école malheureusement les choses sont complètement déconnectées même si comme disait Jean Zay on aimerait que l'école soit un sanctuaire ou la folie des hommes ne serait pas et effectivement c'est l'occasion de pouvoir aider les enfants qui sont des fois dans des contextes pas simples et là ils vont un espace dans lequel on peut les aider dans lesquelles on peut les les instruire et les permettre de progresser donc de lutter contre ces termes sociales il y a des préjugés parce que vous en avez parlé tous les trois et c'est vrai que on en entend beaucoup dans ce documentaire il y en a qui vous ont marqué plus que d'autres qui vous ont un peu choqué moi je pense à cette jeune fille qui dit bah moi je pensais que les Blancs n'étaient pas l'ambiance il y avait que les noirs et les Arabes qui mettaient l'ambiance dans ce monde ça m'a fait beaucoup rire et en même temps c'est un préjugé incroyable ou ce jeune qui dit au prof de sport mais il y a pas besoin d'être intelligent pour être prof de sport il y en a qui vous ont marqué comme ça ou qui vous ont même fait peur ou pas je ne sais pas marqué nécessairement en est interpellé quand une jeune fille dit je pensais pas que les Blancs d'abord elle dit moi j'étais un peu inquiète parce qu'il y avait il y a beaucoup de blanc beaucoup de blanc ce qui signifie aussi que le milieu dans lequel elle vit et notamment à l'école dans laquelle elle allait le collège dans lequel dans lequel elle allait était peuplée de de noir ou d'arabe comme pour reprendre leurs mots et c'est intéressant parce que on part dans ce film de effectivement c'est la structure du film on parle de on parle de préjugés des deux côtés d'ailleurs cette jeune fille qui dit voilà les blancs il y a trop il y a beaucoup de blanc ils mettent pas l'ambiance et puis d'autres jeunes filles qui disent moi j'ai été inquiète parce que pour le niveau scolaire bon il y a beaucoup de préjugés et finalement on chemine dans ce film en tout cas c'est le parti pris du réalisateur pour nous montrer que les préjugés tombent les uns après les autres et que finalement on arrive à non pas à une situation rêvée parce que voilà on nous présente les choses d'une certaine manière il y a sûrement des choses qui sont un peu plus compliquées que ça mais néanmoins à une situation qui est apaisée qui est acceptée par tous et qui finalement casse aussi ghetto dont nous parlions et c'est ça qui moi je pense est très important et sur lequel il nous faut absolument réfléchir on comprend dans certains parents vont jusqu'à contourner le système de la carte scolaire pour éviter que leurs enfants ne se mélangent à des mondes qui leur sont étrangers je rappelle juste pour les gens qui nous regardent le fonctionnement de cette carte scolaire je suis allé revoir la définition de la carte scolaire sur le site de l'éducation nationale et j'ai lu ceci la carte scolaire permet l'affectation d'un élève dans un collège ou un lycée général ou technologique correspondant à son lieu de résidence toutefois chaque famille a la possibilité de formuler une demande de dérogation afin que son enfant soit scolarisé dans un établissement de son choix le résultat c'est que dans la réalité ce qui le peuvent contournent cette règle et c'est rappelé par le principal justement écouter la particularité du collège Hector Berlioz ça a été progressivement l'évitement d'une partie de des familles environ une famille sur trois au profit d'autres établissements par dérogation ou bien des établissements privés [Musique] il faut être aussi très logique les parents leur première réflexe et d'essayer de trouver le meilleur pour leurs enfants je veux dire c'est pourquoi le meilleur c'est forcément dans des collèges dit favorisés avec des gens bourgeois ou des préjugés toujours pareil je veux dire il y a des il y a des lycées ou des collèges enfin en l'occurrence des collèges qui bénéficie d'une bonne réputation entre guillemets et d'autres d'une mauvaise réputation au niveau des profs au niveau de l'enfant sont meilleurs dans les profs sont les mêmes partout c'est l'épreuve de l'éducation nationale ce qui fait la différence ce sont les élèves c'est la population d'élèves effectivement et donc étant certain cas il y a des environnements qui sont plus complexes c'est pour ça que des parents veulent éviter mais on crée nous-mêmes en fait le problème parce qu'à force de vouloir éviter on crée et on renforce donc on crée un espèce de cercle vicieux des ghettos d'enfants favorisés issus de milieux favorisés favorisés tout d'un coup je pensais pas pourquoi tout d'un coup il y a un établissement qui est mal vu et donc tous les parents font tout ce qu'ils peuvent pour l'éviter et en fait ils ne font qu'accélérer ce processus parce qu'en plus le collège est obligé d'accepter au-delà de sa carte scolaire et donc on engendre un effet de ghetto et donc on met en crèche nous-mêmes cette situation malgré nous justement parce qu'on a peur ce qui est tout à fait légitime versait une logique que vous ayez contre la peur on peut aussi lutter contre les préjugés qu'on a mais bien sûr quand on est adulte on est là pour ça je crois déjà aujourd'hui mais c'est le principe mais vous pouvez on peut pas condamner un parent de se dire je vais essayer de trouver de faire ce qu'on peut pour avoir le meilleur pour mon enfant je veux dire nous on doit leur expliquer que justement et ça c'est une preuve c'est ce que raconte le principal et c'est très intéressant c'est pour ça qu'il faut le porter au maximum dire voilà ce moment il n'y a pas ce prédé à ternisme uniquement mais plus largement que le président signe social mais simplement sur le vivre ensemble un établissement où ça fonctionne bien entre les équipes pédagogiques la direction les parents déjà pour les enfants c'est vachement plus simple ça crée une bonne ambiance ça devient un établissement qui est attractif pour les enseignants attractif pour les parents et on inverse cette tendance d'un cercle vicieux un cercle virtueux on l'a vu dans certains établissements il y a eu des décisions heureusement et c'est incarné par souvent des des principaux de collège qui vont prendre le truc à bras le corps et qui va ils vont y aller il y a une envie j'espère qu'il y aura de plus en plus de principaux comme Monsieur mais Laurent lafonce ça pose question quand même sur cette carte scolaire est-ce qu'il faut la changer est-ce qu'il faut la rendre plus contraignante ou est-ce qu'il faut au contraire laisser cette souplesse et puis laisser potentiellement d'autres ghettos se former vous avez raison de dire que c'est il y a aussi la liberté de choix qui est donnée aux parents et qu'un père une mère souhaite le meilleur pour son enfant c'est légitime de meilleur qu'est-ce qui est meilleur le niveau le meilleur pour la société voudrait rajouter aussi derrière cette question de la carte scolaire il y a aussi un élément qui est l'animément de la proximité parce que c'est un des éléments et plus l'enfant est en bas âge plus c'est important faire traverser toute une ville pour aller à l'école c'est pas forcément très très favorable donc les solutions il y a des possibilités mixité mais il y a aussi des contraintes géographiques des contraintes de proximité qui rentre en ligne de compte la question c'est effectivement qu'est-ce que c'est qu'un bon établissement est-ce que c'est celui qui assure 100% de réussite au bac au bac général est-ce que c'est celui qui permet à un enfant quel que soit ses capacités d'arriver à son objectif on a des visions c'est pour ça que moi j'ai bien aimé [Musique] aussi important me semble-t-il que les résultats mais on peut pas reprocher à des parents de s'attacher aussi aux résultats de l'établissement où il faut les contraindre ses parents non je ne crois pas qu'il faille contre la liberté quelque chose d'absolument essentiel néanmoins vous savez moi je suis un éternel optimiste c'est pour ça que je travaille pour la Fondation Jean Jaurès d'ailleurs c'est parce que je suis optimiste et j'ai toujours l'heure de croire que nous avons tous une responsabilité là où nous sommes et ma responsabilité de parents c'est aussi devrait à cette mixité sociale à cette mixité culturelle au fait que mes enfants vont évoluer avec d'autres enfants issus d'autres milieux intellectuels culturels sociaux etc parce que c'est cela qui nous permet de faire société si effectivement je réfléchis à l'échelle de ma famille et de l'individu que je suis bien sûr que je veux le meilleur pour mes enfants mais comme vous le dites Rebecca je crois que le d'ailleurs il n'est pas nécessairement dans ses lycées qui forment l'élite de la France parce que le meilleur c'est pas seulement le meilleur en termes scolaire c'est aussi le meilleur en termes de relation en termes d'acceptation de l'autre en termes de construction citoyenne qui permet de construire la société de demain donc moi je pense que les parents ont une responsabilité individuelle ils peuvent la prendre ou pas mais l'évitement scolaire il faut le savoir sur Paris l'évitement scolaire aggrave de 10% la ghettoïsation systématiquement parce que il y a cet évitement du fait de l'adresse on change d'établissement et par le biais de l'enseignement privé qui doit aussi prendre sa part de la question sociale peut-être faudrait-il revoir aussi mais ça c'est n'est que mon avis revoir aussi avec l'enseignement privé le le quota de d'enfants issus de milieux sociaux plutôt défavorisés mais certains vont vous rétorquer Yanis roder que l'école est faite pour instruire qu'elle n'est pas forcément là pour faire avancer la activité sociale attention au nivellement par le bas dit certains alors quid des résultats scolaires de nos enfants ces questions sont un tout petit peu abordées dans le film pas beaucoup il faut bien le dire notamment et vous en avez parlé tout à l'heure par cette jeune fille qui fait quand même part de ses inquiétudes au moins au début du film je voudrais qu'on la réécoute et on en parle juste après les profs sont moins sévères ou les contrôles sont moins compliqués qu'à quoi ils votent et du coup je trouve que c'est pas ouf parce que du vu que l'année prochaine on va au lycée s'il y a une différence de niveau entre par exemple nous et des gens qui viennent d'un collège où le niveau est élevé direct pour se lancer dans le bain ça va être plus compliqué que d'autres personnes alors elle le dit du bout des lèvres elle est presque gênée de dire cela mais finalement c'est une question centrale est-ce que oui du coup le niveau baisse parce qu'il y a de la mixité sociale est-ce que les profs sont moins sévères est-ce que les notes sont moins sévères Laurent zemashkowski votre avis c'est une réalité je viens de l'enseignant va adapter sa pédagogie à son audience donc l'idée c'est quand même de pouvoir embarquer tout le monde et quand vous avez une classe de 28 30 35 élèves il faut bien trouver le moyen d'être de l'instruction parvienne à tous en tout cas le plus largement possible donc forcément ils adaptent juste sur ce point vous êtes d'accord les profs adaptent et donc baisse le niveau baisse les notes c'est une réalité alors pas nécessairement ça peut arriver mais pas nécessairement parce que vous avez aussi la possibilité d'adapter à alors évidemment on peut pas le faire à chaque cours mais d'adapter les cours et votre discours est-ce que vous proposez au niveau aussi des des élèves soit par des groupes de niveau soit par une progressivité dans votre pédagogie et ça ça existe et beaucoup de d'enseignants le font ça demande beaucoup de travail mais néanmoins c'est très utile et très intéressant vous pouvez aussi confier à ces bons élèves ses meilleurs élèves aussi un rôle dans la classe de médiation de Dead aux autres c'est aussi des facultés qui le développent et puis vous savez moi j'ai toujours envie de raconter un peu des histoires de des histoires de prof moi je suis à Saint-Denis dans un collège qui est classé sensible depuis 22 ans j'ai discuté l'autre jour avec un élève que un ancien élève que j'ai rencontré il s'appelle Mehdi que j'ai rencontré par hasard dans une gare parisienne 25 ans Mehdi ça fait 10 ans que je l'avais je dis qu'est-ce que tu deviens Mehdi Ben je suis ingénieur j'ai fait j'ai fait des classes prépa je suis rentré dans une école d'ingénieur et je suis maintenant ingénieur informatique voilà bon il y a Mehdi mais j'en ai tellement d'autres qui sont passés par Sciences Po j'ai même une élève qui est normaleienne ce que je n'ai pas réussi à faire donc c'est pas parce qu'on grandit à Saint-Denis dans un collège sensible de Saint-Denis que voilà on est condamné au niveau scolaire pas du tout mais la question du niveau scolaire aussi des bons des très bons est-ce que eux baissent au passage est-ce qu'il faut accepter de sacrifier le niveau des très bons Laurent zamajkowski déjà j'ai parlé d'adaptation j'ai pas dit que c'est qu'on baissait le niveau en revanche effectivement quand il y a la crainte en tout cas des parents elle est que pour un élève par exemple qui qui a géré des enfin j'ai pas des exigences mais en gros en tout cas il est par rapport peut-être à la somme de travail etc plus sollicité que dans un établissement où il sera moins sollicité certains élèves peuvent adopter une position un peu de facilité et donc se laisser aller en fait la difficulté c'est d'alimenter les élèves et pour pouvoir les stimuler et c'est justement ça toute la difficulté c'est ce que c'est de faire les enseignants effectivement quand vous avez un public qui est très hétéroclite c'est très complexe c'est beaucoup plus simple quand votre public est beaucoup plus homogène c'est malheureusement c'est comme ça que ça fonctionne je vais dire et donc c'est principal dans le film il est très objectif et je trouve que enfin c'est vraiment appréciable honnêteté qu'on a dans ce documentaire via les enfants parlent ouvertement des choses y compris des préjugés la CPE le principal c'est ça qui est intéressant c'est la communication jugés parce qu'il communique librement et c'est ce que disait monsieur Lafon je veux dire le fait de faire accepter les choses c'est ça le truc important c'est de le faire accepter de le faire comprendre de l'amener et c'est ce qui fait toute la différence si vous imposez vous forcez vous faites peur et vous mettez les gens dans des situations de xénophobie alors que si vous leur donnez envie mais pour ça effectivement il faut qu'il y ait quelqu'un qui porte comme il le fait ce message cette envie qui on le voit dans des films je sais pas si vous avez peut-être vu des esprits dangereux ou graines de violence c'est c'est pas nouveau c'est des films qui existaient déjà il y a 70 ans donc ce sujet il est pas nouveau il a toujours été là mais j'insiste la question du niveau est importante Laurent Lafont elle les d'autant plus que vous avez peut-être lu cette interview de papel DIY qu'il a donné quelques jours dans Midi Libre ou le ministre de l'Éducation nous dit on doit maintenant s'attaquer au collège car c'est l'homme malade du système le niveau en sortie de 3e est faible en particulier en maths et en langue vivante d'où ma question faut-il travailler sur la mixité sociale ou les faire travailler plutôt les maths et le français 2 les deux la génération qu'on voit à l'écran là c'est la génération qui n'a pas bénéficié de l'effort qui est fait depuis quelques années sur la l'école le maternelle élémentaire donc malheureusement il faut qu'on attende un peu pour voir si du point de vue de l'apprentissage des maths et des Français notamment ce qui est ce qui fait dès le plus jeune âge a vraiment je l'espère et je le souhaite bien sûr j'y crois un effet sur sur le niveau quand on entre en collège et quand on en sort évidemment après moi ce qui me frappe aussi dans ce témoignage c'est que cette jeune fille je ne sais pas quel âge là une pression on le voit sur son visage vient d'une certaine forme de tristesse elle a une pression forte sur le sur ce résultat sur son niveau il y a un autre passage moi que j'aime bien dans le film c'est que je crois que c'est la CPE qui dit les très bons ils sont sortis exceptionnel que vous disiez ça nous avons préparé verbatif je vais la cité précisément mais juste une rejet là-dessus quand même parce qu'effectivement dans le film la CPE nous dit les très bons élèves peu importe l'endroit où tu les mets ils seront toujours de très bons élèves les élèves très très en difficulté ils le seront toujours un petit peu et puis le gros de la classe on s'aperçoit que lorsque l'ambiance est plus sereine ceux qui ont tendance à être moyen et avoir des problèmes de comportement vont être plus apaisés et plus concentré sur leur travail donc ce n'est que bénéfique pour eux Laurent Lafont mais je crois que c'est tout à fait exact c'est ce que vous disiez à l'instant effectivement les très bons s'en sortiront les très mauvaises vont être en difficulté parce que c'est la conclusion de cette CPE mais on en est sûr oui si vous regardez les enquêtes PISA les bons élèves le niveau des bons élèves de baisse pas en fait en France on dit le niveau des élèves baisse mais c'est pas le niveau des bons élèves c'est le niveau des élèves en difficulté qui s'effondre en réalité et les élèves en difficulté davantage évidemment dans les classes sociales défavorisées c'est là où le niveau des élèves s'effondre les élèves issus des classes favorisées bons élèves ne s'écroulent pas du tout donc c'est c'est ça qui nous montre cela et moi je pense que ces jeunes filles ont intégré des discours sûrement familiaux mais qui ne correspondent pas en fait à la réalité ce qu'elle va vous disiez tout à l'heure qu'effectivement les profs pouvaient un petit peu baisser les notes enfin aide moi c'est vers sur les notes parfois bien sûr mais ça ne changera pas leur niveau à elle elles vont rester de très bonnes élèves et si les profs font bien leur boulot et la plupart du temps ils font bien leur travail ils vont proposer des lectures supplémentaires ils vont proposer des choses supplémentaires et elles feront et je n'en doute pas elles feront de brillantes études celles qu'attendent en tout cas semble attendre leurs parents alors pourquoi cette inquiétude des parents ça relève de mon point de vue la relève aussi beaucoup de construction ce que j'appelle dans mon livre une double insécurité insécurité scolaire et intellectuelle ça la peur de baisse de niveau qui en fait ne se vérifie pas nécessairement loin de là et puis ce que le principal de ce collège appelle le climat scolaire c'est-à-dire la violence voilà et c'est ça cette double insécurité qui fait peur à des parents et qui est c'est vrai être entretenu aussi bon par la presse mais parce que la presse rapporte ce qui se passe tout simplement mais ce qui se passe tous les jours et qui se passe super bien c'est vrai que la presse n'en parle pas beaucoup il faudrait peut-être en parler davantage complètement j'ai même carrément prendre un exemple concret Neuilly-sur-Seine il y a un collège qui s'appelle André Mauroy l'adulte ou l'autorité et l'enfant dans la contestation de donc forcément on est dans un établissement scolaire et il y a une affrontement le terme est peut-être un peu fort une confrontation qui se traduit aussi dans une dans une forme de de violence et qui peut dégénérer c'est ça on voit on sait bien que ça peut ça peut dégénérer c'est mais c'est aussi toute la difficulté de du métier d'enseignant et de de CPE de de on voit bien à travers ces images comme quoi ça tient beaucoup aux personnes c'est là où je trouve que moi ça a toujours été un sujet d'interrogations extraordinaire parce que en France on parle d'un système éducatif alors que ça repose sur quelques personnes heureusement ils sont nombreux mais la vocation de et la compétence de personnes et vous avez raison de dire un établissement le même établissement parfois avec la même équipe d'enseignants vous changez le proviseur le principal le directeur et vous avez pas du tout les mêmes résultats le film montre aussi avec beaucoup de délicatesse comment les deux mondes vont finir par se rejoindre et se mélanger même on s'en est honnête une petite histoire d'amour que j'ai trouvé à titre personnel très touchante et c'est sur le terrain de l'art qu'ils vont se rencontrer la musique la danse le chant le théâtre c'est un peu un fil rouge dans le documentaire et ça donne des séquences assez émouvantes regardez [Applaudissements] franchement heureusement qu'on l'a fait parce que ça nous a rapproché à la fin de la pièce quand tout le monde avait un projet on était tous partis derrière les nages pour crier vraiment c'était tous fait un câlin de groupe genre on est extrêmement ouais c'est vraiment un moment émouvant Yanis Ruder ça veut dire que l'art est un point de connexion incontestable tout à fait mais vous savez dans ce que disent ces enfants ou sur la scène ils disent nous sommes la France nous sommes la France de demain c'est très beau c'est très vrai c'est très beau et si c'est ça la France de demain moi je la prends tout de suite la France de demain parce qu'ils sont formidables ces élèves et on sent on sent que au-delà de la question de l'art en fait l'art porte bien sûr c'est la pédagogie de projet qui porte en réalité une collectif cette pédagogie de projet qui permet sur un temps donné en général une année scolaire parce qu'on les voit construire leur pièce de évidemment un objet un objet final mais de travailler ensemble et de travailler autrement d'avoir d'autres relations les uns avec les autres mais aussi de casser la verticalité qui peut exister et qui doit exister aussi entre l'enseignant les enseignants et les élèves on construit d'autres relations sociales on apprend à se connaître on apprend aussi autrement et c'est cela qui crée cette émulation ça peut être dans le sport ça peut être dans les médias moi j'ai monté un projet qui s'appelle interclass avec France Inter tous les ans on construit une heure d'émission de radio pour la grille d'été de France Inter vous n'imaginez pas comme les enfants les élèves devraient-je dire changent entre le mois de septembre on leur fait découvrir ce projet sur le web et puis la fin de l'année où ils sont dedans ils ont travaillé avec des journalistes ils vont à la Maison de la Radio ils sont devenus journalistes c'est assez formidable mais au-delà au-delà de des matières enseignées si vous voulez c'est bien plus que cela mais est-ce que ça veut dire Laurent Laffont qui font donc revoir réaménager les programmes la pédagogie dans les collèges et donner plus de moyens parce qu'on n'a pas le coup d'un tel projet comme celui du film on sait pas combien ça coûte mais j'imagine que ça coûte beaucoup d'argent et que c'est peut-être pas duplicable à l'infini d'abord je me garderai bien de dire ce qu'il faut faire dans les établissements c'est au chef d'établissement de définir notamment la nature des projets la part entre la conduite du projet et puis les enseignements arrêtons de penser que tout doit être décidé de la rue Grenelle de nom d'initiatives et des moyens oui enfin peut-être mais dans une initiatives et des moyens chez d'établissement et on voit bien qu'ils font des des un travail extraordinaire donc je moi je pense que effectivement moi ce qui m'a frappé aussi c'est les visages des élèves des élèves au début de l'année quand ils passent devant leur principale qui disent pas bonjour comme ça et à la fin de l'année avec il y a pas que le projet il y a une année de camaraderie d'enseignement voilà mais les visages ont complètement changé donc il y a il y a évidemment un changement des des élèves qui est dû aussi parce que ce type de projet leur ouvre des perspectives travailler avec d'autres travailler sur un texte peut-être au début tout ça leur paraissait très rébarbatif et très éloigné de leur quotidien c'est aussi ça la vocation de l'école c'est de leur offrir des perspectives et de suggérer proposer de leur donner envie de choses qui n'ont pas forcément eu à l'esprit ou ils ont à l'esprit en dehors de quand ils ne sont pas encore une fois d'autres pourraient vous répondre et notamment les parents peut-être oui mais ils sont là aussi pour apprendre et surtout d'ailleurs les maths le français quelle place pour tout ça comment on peut pas faire des semaines de 40 heures nos enfants au collège voyez alors comment on choisit alors c'est pas incompatible on le voit dans d'autres systèmes éducatifs et aussi peut-être il faut s'inspirer de d'autres choses dans d'autres systèmes le sport notamment l'après-midi est consacrée des activités je pense que déjà ce qu'on retient du documentaire c'est que les la diversité est une richesse et quand elle est exploitée on peut faire de très belles choses c'est au travers de l'art du sport tout ce qui va réunir autour d'un projet commun c'est l'accomplissement en fait et là au final ils sont fiers d'eux donc ça leur donne confiance ça leur donne envie c'est cette dynamique et on le voit de toute façon les entreprises les team building les choses comme ça donc c'est pas quelque chose de nouveau donc ça c'est hyper important les projets et on vient toujours il faut aussi des gens qui portent ces projets qui donnent envie et donc forcément les enfants et même aussi les parents sur l'autorité l'autorité si elle est juste et qu'elle est comprise elle est acceptée tout simplement un enfant qui ne supporte pas c'est l'injustice et c'est là où il va glisser faire des choses si on est à l'écoute qu'en étant voilà dans il faut il y a des règles faut pas faire n'importe quoi mais de l'autre côté il faut être juste si nous sommes juste en leur donnant vie d'être juste aussi et c'est ça change toutes ces dynamiques et on le voit bien là on a ça s'incarne auprès de principal et ça rayonne et après ça fait boule de neige entre eux et quelque part c'est peut-être un peu idyllique sur lui dire mais il y a de l'amour à la fin oui pas seulement entre le petit couple mais tous parce qu'ils sont contents d'avoir fait quelque chose ensemble et ça les a réunis ça fait tomber les barrières les préjugés on apprend à se connaître on est plus dans la défiance on apprend à se connaître pour conclure peut-être Yanis Roda vous dites que les parents attendent de l'école qu'elle apprenne qu'elle leur apprennent les maths et le français ils ont tout à fait raison mais je me permettrai de rappeler les mots d'un grand républicain qui s'appelait Ferdinand Buisson qui disait que le rôle de la République c'est de faire des républicains or c'est à l'école qu'on fait des républicains je crois que l'école elle a ce double rôle à la fois de l'apprentissage des connaissances absolument fondamentales mais aussi de fabriquer les citoyens de demain qui reconnaîtront dans la République le meilleur des systèmes et bien on s'arrêtera sur cette idée merci merci beaucoup à tous les trois d'avoir participé à cette émission à ce débat merci à de l'avoir suivi comme chaque semaine vous le savez peut-être maintenant mais l'émission ainsi que le documentaire vous pouvez retrouver tout cela juste après l'émission en replay sur notre site internet public sena.fr ou sur notre page Youtube la page Youtube de Public Sénat à très vite à bientôt [Musique]

L'école : lieu de mixité contre le déterminisme social ? — Laurent Lafon · Pourquijevote