L'intégrale de l'interview de Manuel Bompard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Tout juste, 8h37 sur RMC et BFM TV. Mon invité ce matin, c'est le député de Marseille et coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard. Bonjour, Manuel Bompard. La situation à Nîmes, d'abord, où un jeune enfant de 10 ans a, je cite, eu pour seul malheur de passer au mauvais endroit, au mauvais moment, ce sont les mots de la procureure de Nîmes. Il a été tué dans une fusillade, dans un contexte de règlement de compte lié au trafic de drogue. Pour que ce genre de drame n'arrive plus, est-ce qu'il suffit, comme le répète la gauche, de légaliser le cannabis ?
Non, ce n'est pas la seule solution, mais je pense que ça participe effectivement des mesures qui seraient utiles. Avant de répondre précisément à votre question, je voudrais quand même avoir un mot de pensée, de condoléances, de compassion avec la famille de ce jeune homme, ses proches, ce quartier, la ville de Nîmes, qui sont endeuillées. Je voudrais dire qu'on parle malheureusement de plus en plus de ces situations, mais on oublie parfois de dire qu'il y a un entourage qui est frappé, et que la première mesure à mettre en place, c'est des mesures d'accompagnement qui bien souvent manquent.
Moi, je suis député de Marseille, je suis en lien avec des collectifs de familles de victimes, de personnes qui sont mortes suite à des meurtres ou à des assassinats. C'est vrai que les familles ne sont pas suffisamment aidées ? C'est ce qu'elles disent souvent. Vous savez, quand vous venez de perdre un enfant, vous avez besoin d'un accompagnement psychologique, et souvent il y a un moment d'émotion médiatique, politique, et puis une fois que ce moment est passé, elles sont un peu laissées en elles-mêmes. Donc ça, c'est pour des mesures d'urgence.
Et donc sur les solutions, est-ce que vraiment c'est aussi simple que de considérer que légaliser le cannabis permettrait d'éviter ce type de règlement ?
Non, je vous pose la question. Oui, je vais vous répondre très clairement. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut lutter contre les trafics. Trafic de drogue, trafic d'armes, trafic d'êtres humains. Ce qui est fait. Il faut le faire en concentrant les moyens sur les effectifs de police qui sont en charge du travail d'enquête, de recherche, d'investigation. Quand vous voulez démanteler un réseau, ça nécessite du travail d'information, ça nécessite d'infiltrer, ça nécessite du personnel humain. Qui est fait par les services de police. Mais je ne dis pas qu'ils ne le font pas. Je dis que bien souvent, ils sont confrontés à des manques de moyens, ils sont confrontés à des manques de matériel.
Par exemple, les effectifs de douane ont été très largement réduits ces dernières années. Est-ce que vous savez qu'il y a un conteneur sur 1000 qui est contrôlé dans le port de Marseille ou dans le port du Havre ? Mais quand Gérald Darmanin, par exemple, décide d'envoyer la CRS 8 à l'îme, c'est utile ou c'est, Sandrine Rousseau disait hier à votre place, c'est un coup de force ? Non, ce n'est pas un coup de force. Mais précisément, je crains que ça s'apparente pour partie à un coup de communication. C'est-à-dire, il s'est passé quelque chose, donc on va envoyer une unité de CRS 8.
Pour les habitants de ce quartier, ce n'est pas un coup de communication de savoir qu'ils ont une unité spécialisée dans les interventions.
Mais Benjamin Duhamel, pardonnez-moi, mais pour avoir discuté avec un certain nombre d'habitants des quartiers de Marseille qui sont frappés par ces difficultés-là, qu'est-ce qu'ils vous disent ? Ils vous disent, pourquoi pas ? Mais cette unité de CRS, elle va venir sur le point de deal. Le point de deal, il va temporairement, pendant que l'unité de CRS est là, se déplacer ailleurs. Mais comme vous, vous n'allez pas mettre une unité de CRS sur chaque point de deal, il y a un autre endroit où il va y avoir un point de deal qui va se monter. Donc, il faut légaliser. Non, donc, il faut d'abord lutter contre les trafics, les réseaux, s'attaquer aux gros bonnets.
La drogue, elle ne rentre pas tout seul. Les kalachnikovs, elles n'arrivent pas tout seules sur le territoire national. Il y a des gens qui, derrière, s'en mettent plein les poches. Il y a des grosses fortunes. Vous pensez qu'il y a une forme d'inaction de la part du gouvernement là-dessus ? Non, je ne pense pas.
Ces objectifs-là, ils sont quand même communément partagés.
Ce n'est pas la même chose de faire ça, de dire on va concentrer les moyens sur ça, que de dire qu'on va envoyer des unités de CRS. Ce n'est pas la même chose. Vous voyez ? Donc, je dis qu'il faut faire ça. Et après, par ailleurs, oui, j'assume de dire que dans ce pays, il faut ouvrir le débat sur la question de la légalisation du cannabis. Je ne vous dis pas que c'est ça qui va résoudre l'ensemble des problèmes. Non, parce que dans les pays où c'est arrivé, ça n'empêche pas le marché noir et le trafic. Sans doute que ça ne l'empêche pas totalement. Mais par contre, ce qu'on peut observer, c'est qu'on a en France une législation parmi les plus répressives d'Europe.
Et une traite en consommation. Et qu'on ait le record d'Europe de consommation. Et que les pays où la légalisation a été mise en place, ça permet d'avoir des meilleures politiques de santé publique. Il ne s'agit pas de dire on légalise pour que tout le monde, ou pour favoriser la consommation de la drogue. Ça permet d'avoir des meilleures politiques de santé publique. Et ça permet de tarir une partie des ressources financières, des trafics. Donc, je pense effectivement que c'est un débat qu'il faut ouvrir. C'est le cas en Allemagne, par exemple, ces derniers jours. Ouvrons au moins le débat et discutons-en.
Autre sujet, Manuel, on parle à Canicule. Aujourd'hui, c'est 19 départements qui sont classés Vigilantes Rouges par Météo France. Une de vos propositions, la France Insoumise, c'est l'idée qu'au-delà d'un certain niveau de chaleur, il y aurait des arrêts de travail automatiques avec maintien du salaire. Le ministre du Travail, Olivier Dussophe, vous a répondu hier. Il dit « fausse bonne idée parce que trop de cas particuliers ». Donc, c'est une fausse bonne idée, dit le gouvernement.
D'abord, je vais vous dire que ce n'est pas la seule proposition qu'on fait. Non, non, c'est une des propositions. On publie ce matin, juste pour vous dire ça, on publie ce matin un plan Canicule avec une quinzaine de propositions sur de notre point de vue ce qu'il faut faire. Et effectivement, une partie, c'est de modifier le code du travail pour faire en sorte que ces gens qui sont au travail, notamment dehors, à l'extérieur, sur des chantiers, dans des rues, soient protégés par le droit du travail.
Olivier Dussophe dit qu'il y a trop de différences entre les métiers et les secteurs.
Olivier Dussophe dira peut-être ça, par exemple, au pouvoir de Chypre, dans lequel, pays dans lequel, au-delà d'une certaine température, on peut arrêter le travail avec un maintien de la rémunération. Ce que nous proposons, c'est de dire qu'au-delà d'une certaine température, on puisse faire des arrêts de travail, qu'entre deux températures qui sont déjà préoccupantes, on puisse limiter, réduire la durée du travail, qu'on puisse modifier les horaires.
J'ai regardé votre proposition de loi, elle dit interdiction de travailler si vigilance rouge sauf dérogation. Donc là, par exemple, ça veut dire qu'aujourd'hui, dans 19 départements, personne ne travaille sauf dérogation. Eh bien, pourquoi pas ? Et donc, ça veut dire que vous mettez l'économie à l'arrêt. Vous pouvez dire aux chefs d'entreprise... Mais les dérogations, ça vous dit quelque chose. Mais donc, c'est quoi les dérogations ?
Les dérogations, j'imagine que c'est, par exemple, si quelqu'un travaille dans un bureau dans lequel il y a une climatisation, on ne va pas lui demander d'arrêter son travail. Donc en fait, ça ne concernerait que, par exemple, ceux qui travaillent à l'intérieur ? C'est pas rien, c'est pas marginal. Mais pour l'instant, ils ne sont pas protégés du tout. Donc moi, je veux bien que notre proposition, elle soit incomplète, imparfaite, si vous voulez. Non, mais c'est, par exemple, l'économie du tourisme.
On est, voilà, encore certains sont encore en vacances. Ceux qui sont serveurs, qui travaillent dehors, ça veut dire que tout ça, en plein été, ça s'arrête.
Et encore une fois, il peut y avoir des dérogations. Encore une fois, on parle de vigilance rouge. Je rappelle que, pour l'instant, la vigilance rouge en France, elle est concentrée sur 3 ou 4 départements. 19, j'ai vu. 19, donc c'est monté en puissance. Mais les autres étaient en vigilance orange. Et notre proposition de loi, elle dit, par exemple, que dans le cas de vigilance orange, on peut réduire la durée du travail dans la journée. On peut moduler les horaires. Encore une fois, moi, je ne vous dis pas, cette proposition, elle est parfaite, elle est idéale. Mais discutons de ces sujets.
Pour l'instant, vous avez des travailleurs sur des chantiers, des travailleurs dans la rue qui travaillent sous 40, 42 degrés. C'est dangereux. Donc, il faut quand même les protéger. Et ça existe dans d'autres pays d'Europe. J'ai parlé de Chypre. Je peux parler de l'Allemagne, dans lequel, par exemple, il y a un fonds qui permet d'indemniser les arrêts de chantier. Bon, voilà, faisons en sorte de faire avancer le sujet sur cette question.
Manuel, par la polémique, Medine continue de perturber la rentrée à gauche. Le rappeur accusé d'antisémitisme qui se justifie dans plusieurs médias ce matin, dont Le Parisien, où il dit que l'antisémitisme est, je cite, un poison qu'il combat depuis longtemps. Répète que son tweet sur les séistes Rachel Kahn était maladroit. Pas plus. Et sur la quenelle, ce geste antisémite qu'il a pratiqué, voilà ce qu'il dit. J'aurais dû être beaucoup plus ferme dans la dénonciation de la quenelle et du discours de Dieudonné. Alors, rappelons que vous l'avez toujours soutenu. Il se rendra à vos universités de rentrée. Pour vous, ces excuses suffisent. Ça efface tout.
La quenelle, ce geste antisémite, les références à Dieudonné, Tariq Ramadan, tout est oublié.
Moi, je n'avais pas besoin de l'interview de Médine dans Le Parisien pour savoir, parce qu'avant de l'inviter, parce qu'on fait les choses sérieusement à la France insoumise, on s'est intéressé à son parcours. Je n'avais pas besoin de cette interview pour savoir que Médine n'était pas antisémite. Et je considère que… Mais ce n'est pas des justifications, c'est des précisions. Et ces précisions, elles sont d'une clarté totale. Médine combat l'antisémitisme depuis des années et des années. Il n'a pas attendu l'interview du Parisien ce matin pour dire que l'antisémitisme est un cancer.
Il le chantait déjà dans une chanson en 2008. Il combat l'antisémitisme en faisant des quenelles devant des objectifs ?
Eh bien, il a dit précisément que la question de la quenelle, quand il l'a fait, effectivement, il ne savait pas qu'elle avait une charge antisémite. Et que quand il s'est rendu compte qu'elle avait une charge antisémite… Alors que Dieu donnait depuis plusieurs années, il était déjà antisémite. Vous avez monté Robert Corisson, le négationniste sur scène. Très bien, ce n'est pas moi qui l'ai fait. Je vous donne l'explication de Médine. Maintenant, je vais vous dire les choses. Si vous voulez attaquer toutes les personnes qui ont fait une quenelle, on va avoir un problème. Il y a un journaliste qui présente une émission.
Monsieur Yann Barthès, il a été pris en photo en train de faire une quenelle. Vous n'êtes pas en train de dire que c'est antisémite, moi non plus. Parce que je pense qu'il a reconnu qu'il avait fait une erreur. Le basketteur Tony Parker a fait une quenelle.
Comparé Médine qui a eu toute une série de déclarations sur Tariq Ramadan, sur Dieu donné avec Yann Barthès. Donc votre problème, c'est la quenelle ou Tariq Ramadan ? C'est tout ça. La quenelle, c'est le fait de faire la première partie de Kémy Séba. C'est le fait de dire que je cite, je suis un mélange de Georges Brassens, c'est de vie plenelle et Tariq Ramadan. C'est tout ça. Je ne crois pas que Yann Barthès ait tenu ce type de propos.
Vous étiez en train de m'interroger sur la quenelle. Je vous répondais sur ce sujet. Pour le reste, je vais vous dire, je considère que le procédé qui est utilisé à l'égard de Médine est un procédé odieux, mensonger et infamant. Voilà, infamant pour quelqu'un qui lutte contre l'antisémitisme, qui a sans doute fait des erreurs. Il le reconnaît lui-même.
C'est seulement des erreurs, ça ne le disqualifie pas. Quand vous envoyez ce message en l'invitant, en disant que Clémence Guettet disait hier, on est honoré qu'il se rende aux universités de rentrée. Honoré, c'est le mot quand on voit ce type d'éléments. Même si, encore une fois, il a le droit de s'excuser, il le fait dans les colonnes de plusieurs médias.
Et alors quoi ? Ça veut dire que ça va durer combien de temps ? Il a fait des erreurs, il les a reconnus, c'est bon. Je pense que ces mots sont d'une clarté qui est d'une clarté totale. Je voulais qu'on fasse la liste des personnes qui ont fait des erreurs, y compris dans le monde politique, et qu'ils ne les reconnaissent pas toujours. Bon, écoutez, franchement, maintenant ce qu'on reproche à Medine, la vérité, parce que cette campagne a été instrumentalisée. Le mot est léger, par qui ?
Cette campagne, ça fait des années et des années que l'extrême droite est à la manœuvre pour essayer de faire taire Medine, parce qu'il ne supporte pas qu'un rappeur engagé prenne des positions fortes, comme il l'a fait contre la réforme des retraites, comme il le fait contre le racisme, comme il le fait contre les violences policières.
Vous considérez que c'est une victime Medine ? Il dit ce matin dans Le Parisien qu'il regrette qu'on veuille le disqualifier comme on veut disqualifier d'autres minorités, les homosexuels, les juifs, les roms. Vraiment, on peut mettre tout ça sur le même plan ?
C'est à lui que vous poserez la question. Moi, je ne suis pas son avocat. Vous me posez la question de savoir si c'est une victime. Je vous dis qu'il fait effectivement l'objet d'une cabale que je considère comme étant une cabale insupportable. Voilà. Maintenant, le tweet qu'il a fait, il le dit lui-même. Il ignorait le contexte et notamment une partie de l'histoire familiale de Rachel Kahn. Je vais vous dire les choses. Franchement, que Rachel Kahn elle-même ait pu être choquée, ait pu être blessée, émue. Je peux le comprendre parce qu'elle a compris que ça faisait référence à son... Elle a pensé que ça faisait référence à son histoire familiale. Donc je comprends aussi son émotion.
Donc elle est aussi victime, bien évidemment.
Elle a invité Rachel Kahn aux universités de rentrée pour précisément essayer de créer ce moment-là.
Je ne sais pas si Rachel Kahn a des sujets avec lesquels on a envie de discuter. Je n'ai pas envie de m'attaquer à Rachel Kahn. Je pense que ce n'est pas le sujet. Mais je pense que j'ai un certain nombre de désaccords politiques très forts avec elle. Mais vous avez raison, il y a des gens qui viennent aux amphithéâtres de la France Assoumise avec lesquels on a des désaccords politiques.
Juste, vous parlez d'une cabale. Pardon, mais parmi vos partenaires, il y a aussi beaucoup de gens qui ont exprimé plus que des doutes, des critiques. Donc quand Sandrine Rousseau reconnaît que le tweet était antisémite, quand la maire de Strasbourg, le maire de Bordeaux décide de ne pas aller aux universités de rentrée des écologistes où Médine se rendra, c'est quoi ? Ce n'est pas une cabale de l'extrême droite, là ? Ce sont des gens qui sont des partenaires. Donc c'est quoi ? Ils cèdent au système, aux pressions du politiquement correct ?
Je pense que, moi je n'utilise pas le terme politiquement correct, mais je pense qu'ils cèdent effectivement à une campagne orchestrée par l'extrême droite, reprise par la Macronique et une campagne de disqualification. Et moi, ils font ce qu'ils veulent, ils règlent leurs problèmes entre eux, mais je me permets de dire que de mon point de vue, c'est des comme ils le font, c'est une faute, c'est une erreur. Une faute ? C'est une erreur, oui, parce qu'à la fin, vous gagnerez jamais, parce qu'on n'est pas sur un débat sur le terrain.
Et la faute, ce n'est pas plutôt de ne pas reconnaître que le tweet était antisémite ?
Non, le tweet n'était pas antisémite, mais bien sûr, comme Médine, comme d'autres. Et vous savez, je vais vous dire les choses très simples, l'antisémitisme, ce n'est pas une blague, on ne joue pas avec, on ne rigole pas avec ça, c'est quelque chose de très sérieux.
Le fait de défendre quelqu'un qui a fait une connaissance, ça peut donner l'impression qu'il y a une forme d'aveuglement.
J'ai compris, mais moi, je ne suis pas aveuglé contre l'antisémitisme, je le combats fermement, et un antisémite n'a pas sa place à la France insoumise. Et donc, si Médine était antisémite, il n'aurait pas été invité à la France insoumise. Mais l'antisémitisme, c'est un délit, c'est puni par la loi. Donc, si des gens considèrent que le tweet de Médine est antisémite, qu'ils aillent porter plainte, parce que c'est un délit, c'est grave l'antisémitisme, ce n'est pas un jeu, on ne rigole pas avec ça. Et donc, je voudrais que ça ne serve pas non plus à chercher à monter des polémiques politiciennes pour discréditer la parole d'un tel ou d'un tel.
Manuel Bompard, vous parliez de la faute, l'erreur des écologistes. Rien ne va plus au sein de la NUPES. Vous avez dénoncé un double langage de vos alliés, avec un discours unitaire et des actes qui ne le sont pas. Sandrine Rousseau disait hier à ce micro que les chefs de parti de la NUPES, dont vous êtes, jetaient de l'huile sur le feu.
Non, je ne crois pas du tout. Je pense que je dis les choses précisément. Et les choses précisément, c'est que la NUPES, c'est le plus court chemin pour essayer de prendre le pouvoir dans ce pays, pour essayer de construire une alternative à Emmanuel Macron et à sa politique. Et que pour y parvenir, il ne faut pas stopper la NUPES. Il ne faut pas interrompre la NUPES. Qui veut interrompre la NUPES ? Toutes celles et ceux qui refusent l'ensemble des propositions que nous faisons pour faire en sorte que la NUPES puisse franchir une nouvelle étape. On refuse d'envisager que la NUPES puisse avoir une liste commune aux élections européennes.
Nous exclut et empêche à la NUPES de présenter des listes communes aux élections sénatoriales. Et ça, ce n'est pas tous les chefs de parti.
On utilise sur les européennes, on a des différences idéologiques, ça ne nous empêchera pas de nous retrouver ensuite. Mais eux critiquent la façon de faire. Jean-Luc Mélenchon qui invective Olivier Faure sur Twitter. Olivier Faure a aussi une responsabilité. Mais ce n'est pas des invectives. Il ne faut pas à peine se parler. Les mots que vous utilisez, il n'y a pas une stratégie de tension du côté de la France insoumise ?
Écoutez, Benjamin Duhamel, il faut dire les choses franchement. Les discussions qui ont lieu aujourd'hui dans la NUPES, ce n'est pas des problèmes de personnes, ce n'est pas des problèmes d'invectives. C'est un débat stratégique et il faut le respecter tel qu'il est. Mais ils ne sont pas d'accord sur les européennes. Hier soir, nous avons publié un sondage. Et ce sondage dit les choses de manière très claire. 82% des électeurs de la NUPES sont favorables à une liste commune de la NUPES. Et une liste commune de la NUPES est en mesure de gagner les élections européennes, de battre la liste macroniste, de battre la liste d'extrême droite. Et si on veut être une alternative...
Les sondages disent que si vous partez séparés, vous avez plus de sièges à la fin. D'accord. Et qu'est-ce que valent un ou deux sièges de plus par rapport à la possibilité... On en est des combats au Parlement européen, c'est ce que répondent vos partenaires. Oui, mais je ne suis pas d'accord avec ça. Et je pense que vous ne convaincrez personne à faire croire que pour être mieux unis demain, il faut être désunis aujourd'hui, qui est parfois la position que j'entends chez certains de nos partenaires. Donc s'ils refusent, c'est la fin de la NUPES. Soyons clairs. Mais soyons très clairs, mais moi les choses, je les dis toujours franchement.
Mais moi j'ai l'habitude de penser que quand je mène une campagne de conviction, c'est pour la gagner. Donc mon sujet aujourd'hui, ce n'est pas de savoir qu'est-ce qui va se passer s'ils refusent, c'est de savoir comment on fait pour convaincre. Et je pense que les électrices et les électeurs de la NUPES, qui sont attachés à cette perspective, doivent s'emparer de ce débat et dire aux directions des partis politiques, comme disait Sandrine Rousseau, qu'effectivement, il faut avoir une liste commune de la NUPES aux prochaines élections européennes.
Une toute dernière question très très rapidement. Le gouvernement fait sa rentrée aujourd'hui. On attend les contours de l'initiative politique que doit lancer Emmanuel Macron, qui selon l'Elysée devrait exclure ou devait exclure l'arc républicain, comprenez la France Insoumise et le Rassemblement National. Est-ce que si le chef de l'État reçoit les partis, est-ce que vous demandez à être reçu ?
Je m'en fiche. Les initiatives politiques d'Emmanuel Macron, ça fait bien longtemps que tout le monde a compris que ça ne servait à rien. On a eu le grand débat après les Gilets jaunes, ça n'a débouché sur strictement rien. Donc vous ne demandez pas à être reçu par Emmanuel Macron ? Mais en fait, Emmanuel Macron a décidé de définir un pseudo-arc républicain qui est un arc réactionnaire, qui n'a rien d'un arc républicain, dans lequel vous allez retrouver des personnes issues du parti Les Républicains, comme M. Retailleau, qui considère que des gens sont, je cite, en régression vers leurs origines ethniques. Si ça, c'est un arc républicain, franchement, je n'ai pas envie d'être à l'intérieur.
Vous voyez, je le dis franchement. Donc la question, ce n'est pas les initiatives de communication d'Emmanuel Macron. La question, et je m'arrête là, c'est qu'est-ce qu'on fait dans cette rentrée avec des gens qui sont sous l'eau, qui sont écrasés par l'explosion des prix, l'inflation, les fournitures scolaires qui augmentent de 11%. Voilà, qu'est-ce qu'on fait sur ce sujet ? Bon, la proposition que nous faisons, et je m'arrête là, c'est une école gratuite, 100% pour tous. Ça, c'est une mesure d'urgence nécessaire.
Merci Emmanuel Bonpart, 8h53 sur RMC et BFM TV.
Manuel Bompard