Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 15 avril 2024 65 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

3h28... Macron promulgue la loi ! #cdanslair Archives 2023

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Yves Tréard, c'est de la constance ou c'est de la provoque ?

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Astrid de Villene, Emmanuel Macron avait 15 jours pour promulguer cette loi. Quel message veut-il envoyer en se hâtant de cette manière ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Anne-Charlène Bézina, on va entrer dans le détail de la décision des sages dans quelques minutes, mais ils ont finalement rendu un avis qui est assez classique. Est-ce qu'on a trop attendu du Conseil constitutionnel ?

  • 5:26RelanceRéponse directe

    Jérôme Jaffray, est-ce que c'est vraiment le cas ?

  • 8:11OuverteRéponse directe

    Yves Tréard, il y a un mot qu'on entend beaucoup en ce moment, qui est le mot « enjamber ». Est-ce que le pouvoir peut enjamber la réforme et passer à autre chose sans se prendre les pieds dans le tapis ?

  • 15:28FerméeRéponse directe

    Anne-Charlène Bézina, un recours est possible contre la décision du Conseil constitutionnel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a promulgué la loi sur la réforme des retraites quelques heures après la validation de l'essentiel du texte par le Conseil constitutionnel. »
  • 2:28Yves TréardFait
    « Le Conseil constitutionnel lui a donné raison. »
  • 4:51PrésentateurFait
    « Notre constitution dit bien, le président promulgue la loi, donc il n'a pas le choix. »
  • 5:52Jérôme JaffrayFait
    « Il y a effectivement la validation de relèvement de l'âge légal de la retraite à 64 ans, l'article décisif de la loi. »
  • 6:06Jérôme JaffrayFait
    « L'autre décision, c'est d'invalider la demande de référendum d'initiative partagée déposée par la gauche devant le Conseil constitutionnel. »
  • 8:04PrésentateurChiffre
    « 69% d'opinion défavorable pour Emmanuel Macron selon le dernier baromètre Ipsos pour le point. »
  • 12:15PrésentateurFait
    « Les sages de la rue Cambon ont tranché. Il valide le passage de l'âge de départ légal à la retraite de 62 à 64 ans, rejette le RIP, l'index et le CDI senior. »
  • 12:31PrésentateurFait
    « Pour Elisabeth Borne, il est à présent temps de tourner la page. »
  • 12:44InvitéFait
    « Je crois, je suis même convaincu qu'il y a une volonté, un besoin d'apaisement dans le pays. »
  • 13:23InvitéFait
    « Nous appelons le président de la République à retrouver la sagesse, à faire preuve d'écoute et à comprendre ce qui se passe dans le pays. »
  • 14:16InvitéFait
    « Macron a voulu intimider toute la France dans la nuit. »
  • 35:56InvitéFait
    « fin de l'abondance, mais fin de l'abondance, on n'a jamais connu l'abondance. »
  • 36:01InvitéFait
    « Peut-être que chez les riches, oui, l'abondance, ils connaissent »
  • 36:07InvitéFait
    « moi je viens des petits, je viens des petits gens »
  • 36:29InvitéFait
    « quand vous voyez un président inactif comme Emmanuel Macron »
  • 37:40PrésentateurFait
    « Le premier RIP a échoué pour une raison qui est dans notre article 11 de la Constitution »
  • 39:23PrésentateurChiffre
    « Il faut 4,8 millions signatures de citoyens français. »
  • 43:57PrésentateurChiffre
    « un récent sondage de DOXA indiquait 18% dans la tête des Français sur un an comme taux moyen d'inflation là où l'INSEE nous dit 6%. »
  • 44:23PrésentateurFait
    « C'est les matières premières, c'est le jeu des distributeurs. »
  • 46:06PrésentateurFait
    « c'est le premier président sous la Ve République qui a réussi à ce que les impôts restent modérés, enfin les augmentations restent modérées sinon baissées d'ailleurs dans certains domaines »
  • 1:01:05PrésentateurFait
    « 1er septembre elle va être appliquée »
  • 1:01:08PrésentateurPromesse
    « c'est l'engagement qu'a pris le président de la République »

Temps de parole

  • Présentateur88 %
  • Invité3 %
  • ?2 %
  • Invité 22 %

≈ 14,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans C'est dans l'air. Il n'a même pas attendu la fin du week-end. Au cœur de la nuit, Emmanuel Macron a promulgué la loi sur la réforme des retraites quelques heures après la validation de l'essentiel du texte par le Conseil constitutionnel. L'exécutif veut vite passer à autre chose, oui, mais à quoi ? Le dialogue semble rompu avec les syndicats qui cherchent un nouveau souffle. Une chose est sûre, cette séquence laissera des traces politiques et dans l'opinion. Comment réparer les Français ? Qui pour s'en charger alors que la gauche est désunie et le Rassemblement national en embuscade ?

3h28, Macron promulgue la loi, c'est le titre de cette émission. Nous attendons vos questions et réactions par SMS, sur Internet et les réseaux sociaux pour alimenter nos discussions. Et avec nous ce soir Yves Tréard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. En une du Figaro ce matin, Macron obtient un feu vert pour la réforme des retraites et je cite votre dernier édito,

1:06
Locuteur

«

1:06
Présentateur

Réforme des retraites, qu'on en sorte ». Anne-Charlène Bézina, vous êtes constitutionnaliste, maître de conférences en droit public à l'université de Rouen. Astrid De Villene, vous êtes chef du service politique du Huffington Post. Je cite votre dernier article,

1:19
Locuteur

«

1:19
Présentateur

Le Conseil constitutionnel a surtout gardé le plus dur de la réforme des retraites

1:24
Locuteur

»

1:24
Présentateur

et votre livre, « Les 7 péchés capitaux de la gauche ». Enfin, Jérôme Jaffray, vous êtes politologue et chercheur associé au Cevipof. Bonsoir à tous

1:32
Locuteur

les quatre. Bonsoir.

1:33
Présentateur

Et merci de participer à CeC dans l'air en direct. Il avait fixé un délai de 48 heures, mais finalement, Emmanuel Macron, maître des horloges, a décidé de promulguer la loi sur la réforme des retraites au beau milieu de la nuit. En réalité, il a signé le texte hier soir. Yves Tréard, c'est de la constance ou c'est de la provoque

1:50
Locuteur

?

1:50
Présentateur

Un peu des deux. J'aime bien, quand on analyse le caractère et la psychologie d'Emmanuel Macron, on sait qu'il est volontiers provocateur. Alors évidemment, ça donne une image dans le pays de quelqu'un qui fait un monarque, qui incarne un monarque, qui est tout puissant, et qui dit « Vous pouvez faire ce que vous voulez, vous pouvez dire ce que vous voulez, moi je continue, moi je gouverne ».

Mais c'est aussi un moyen pour un signal donné à l'opinion en disant qu'il veut continuer, il ne se laissera pas intimider par les mouvements de rue, par les syndicats, par l'opinion, et qu'il estime avoir le droit avec lui, et juridiquement, il l'a, puisque le Conseil constitutionnel lui a donné raison. Après, c'est une autre affaire, puisque derrière, il y a évidemment, se pointe à l'horizon une crise sociale, une crise politique aussi, qui est assez violente. Et je me demande bien comment et avec quel outil il va quand même réussir à surmonter tout ça. Astrid de Villene, Emmanuel Macron avait 15 jours pour promulguer cette loi. Quel message veut-il envoyer en se hâtant de cette manière ?

C'est celui-ci, comme il l

2:59
Locuteur

'a

2:59
Présentateur

dit à Notre-Dame, « Moi je tiens bon ». Oui, exactement. Et puis surtout, moi j'ai l'image qui me vient, en fait, c

3:04
Locuteur

'est

3:04
Présentateur

celle d'un bras de fer. On l'utilise depuis le début, ou quasiment, de cette mobilisation contre la réforme de retraite. Mais là, c'est la fin du bras de fer. Donc c'est quand ça se tend, et que le muscle va peut-être exploser, et qui va lâcher ? Et c'est ça qui se passe. Donc, quand il faut aller très très fort à la toute fin, pour gagner le bras de fer, il faut accélérer et montrer que c'est nous qui sommes ou le plus brutal ou le plus fort. Donc c'est ça qui fait. C'est moi j'ai gagné, et j'y vais, et je n'attends rien du tout. Je n'attends même pas la fin des mobilisations de la nuit, le week-end comme ça avait été dit, les 15 jours, il y

3:32
Locuteur

avait

3:32
Présentateur

15 jours, rien du tout. Et face à lui, les syndicats font la même chose, puisqu'ils ont dit juste avant qu'ils promulguent le texte, nous n'irons pas mardi à votre invitation à l'Élysée, alors même qu'ils l'avaient demandé, cette invitation. Donc chacun joue sa partition, c'est pour ça que ça se tend. Et depuis le début, on le répète, mais maintenant, il va falloir savoir qui va gagner. Oui, et on va y revenir. Anne-Charlène Bézina, on va entrer dans le détail de la décision des sages dans quelques minutes, mais ils ont finalement rendu un avis qui est assez classique. Est-ce qu'on a trop attendu du Conseil constitutionnel ?

Assurément, bien sûr, c'est vrai qu'on voit bien que la tension populaire autour de la décision, ce Conseil barricadé dès le jeudi soir, nous prouve bien qu'au fond, on attend d'un juge de la constitutionnalité qu'il dénoue finalement ce problème de dialogue social. Donc là n'était évidemment pas le message, ça n'est pas en lisant la décision que certains vont adhérer ou non au projet de retraite à 62 ou 64 ans. Et encore une fois, c'est vrai qu'on est sur une décision qui signe la fin d'un processus législatif, la fin du processus juridique du texte, mais certainement pas son acceptabilité ou ce que les opposants aiment appeler la légitimité de ce texte aux yeux de la population.

Donc la promulgation rapide peut être aussi pour couper court à un des espoirs de l'opposition, qui est la deuxième alternative de l'article 10 de notre constitution. Parce que notre constitution dit bien, le président promulgue la loi, donc il n'a pas le choix. Il a 15 jours pour être obligé de promulguer, sinon il peut demander une deuxième délibération au Parlement. Alors on imaginait quand même mal Emmanuel Macron remettre le texte des retraites dans le chaudron des LFI, etc. Mais c'était un espoir. C'est vrai que c'était un espoir que les syndicats et l'opposition avaient dès hier démontré.

Et peut-être que cette promulgation très rapide est une manière de dire non, j'ai vraiment choisi la première option. « Il n'y a ni vainqueur, ni vaincu », disait hier Elisabeth Borne, juste après cette annonce de l'avis du Conseil constitutionnel. Jérôme Jaffray, est

5:26
Locuteur

-ce

5:26
Présentateur

que c'est vraiment le cas

5:27
Locuteur

? Non.

5:28
Présentateur

Mais le propos d'Elisabeth Borne vise à apaiser le pays. C'est son objectif. Donc on ne peut pas proclamer au niveau du pouvoir l'intense satisfaction qu'a dû provoquer la double décision du Conseil constitutionnel. Car il y a deux décisions du Conseil constitutionnel et les deux sont favorables au gouvernement. C'est ça qui est extrêmement important dans ce qui s'est passé hier. D'une part,

5:52
Locuteur

il

5:52
Présentateur

y a effectivement la validation de relèvement de l'âge légal de la retraite à 64 ans, l'article décisif de la loi. Ça, il y avait peu de doutes effectivement, je crois, parmi les plus éminents constitutionnalistes sur ce point. Mais l'autre décision, c'est d'invalider la demande de référendum d'initiative partagée déposée par la gauche devant le Conseil constitutionnel. C'est suivi d'une deuxième demande.

Mais vous voyez bien que si hier, il y avait eu d'une part validation de la loi et validation du référendum d'initiative partagée, nous aurions été dans un imbroglio absolu qui créait la crise politique maximale, puisque évidemment, à ce moment-là, la demande du TT n'appliquait pas une loi, puisqu'il va y avoir peut-être un référendum sur ce sujet. Donc c'est un immense ouf de soulagement qui se cache sans doute derrière ce ni vainqueur ni vainqueur. Il y a une validation d'une certaine façon d'un véhicule législatif aussi, qui n'est pas donc une loi ordinaire, mais une loi rectificative du budget de la Sécu.

Est-ce que ça veut dire que les prochaines grandes lois sociales pourraient se voter de cette manière-là et donc accélérer le travail au Parlement et d'une certaine manière, est-ce qu'amoter le travail du Parlement ? Alors oui et non. C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel rappelle finalement le dogme de la Constitution. La Constitution est un outil. Le législateur peut choisir le véhicule qu'il souhaite à partir du moment où il respecte les prescriptions constitutionnelles. Mais les prescriptions constitutionnelles en matière de loi de financement de la Sécurité sociale sont diaboliques de précision.

Et en effet, une loi de financement de la Sécurité sociale rectificative mérite d'intéresser l'équilibre du budget de la Sécurité sociale, les dépenses obligatoires, etc. Et toutes ces questions-là n'entrent pas forcément toujours dans un projet de loi de réforme des retraites ou sociale. Et notamment la censure de l'index senior et de tout ce qu'on a appelé les cavaliers sociaux, puisque c'est bien le cas, montrent bien qu'on est quand même dans quelque chose de parfois trop étroit pour avoir une véritable discussion. Donc ça laisse la porte ouverte tout en montrant quand même que le respect des domaines organiques peut être une épine dans le pied du législateur.

Alors s'il est conforté par la décision du Conseil constitutionnel, l'exécutif

8:01
Locuteur

est

8:02
Présentateur

sanctionné, on le voit dans les derniers sondages, 69% d'opinion défavorable pour Emmanuel Macron selon le dernier baromètre Ipsos pour le point.

8:09
Locuteur

C

8:09
Présentateur

'est 5 points de plus par rapport à février. Yves Tréard, il

8:11
Locuteur

y a

8:11
Présentateur

un mot qu'on entend beaucoup en ce moment, qui est le mot « enjamber ». Est-ce que le pouvoir peut enjamber la réforme et passer à autre chose sans se prendre les pieds dans le tapis ? Ça fait partie du nouveau vocabulaire. On enjambe, il y

8:24
Locuteur

a

8:24
Présentateur

le narratif aussi, vous n'avez pas remarqué, on essaye de faire... Bon, on n'enjambe rien du tout, et d'ailleurs le président de la République est là probablement en train de travailler pour savoir comment il va pouvoir surmonter, voilà le vrai mot, surmonter cette difficulté, cet obstacle qui est la crise qui est quand même, qui est dans notre pays, elle couvre même pas, elle existe.

Elle est là dans l'opinion, dans la rue, dans les sondages, et les sondages nous disent quand même que la désapprobation, elle est très très forte, et je dirais qu'elle va au-delà d'ailleurs de cette simple réforme, parce que c'est une simple réforme des retraites, elle n'est pas compliquée à comprendre, et elle est tout à fait classique, je dirais, dans ses termes. Mais pas vraiment enthousiasmante

9:11
Locuteur

pour les Français. – Ben

9:12
Présentateur

non, qui veut travailler plus longtemps, Jérôme ? Personne, peut-être vous et moi seulement.

9:17
Locuteur

–

9:17
Présentateur

À

9:17
Locuteur

mon avis, vous

9:18
Présentateur

êtes assez peu nombreux.

9:19
Locuteur

–

9:20
Présentateur

Alors, il y a, si vous voulez, une interprétation à faire qui doit aller au-delà de cette réforme, qui à mon avis est une interprétation qui peut aller dans trois directions. La première, c'est qu'il y a aussi chez les Français une grande insatisfaction, une grande crainte vis-à-vis du pouvoir d'achat, du coût de la vie, de la vie chère, comme disait Mitterrand. Peut-être aussi un peu la peur de cette guerre en Ukraine, on ne sait pas trop ce que ça va nous amener. Donc il y a vraiment une peur. La deuxième chose, c'est qu'il faut le dire, il y a dans ce pays une détestation du président de la République.

Il s'appelle Emmanuel Macron aujourd'hui, il s'appelait Hollande hier, il s'appelait Sarkozy avant-hier, je vous rappelle…

10:03
Locuteur

– C'est la

10:03
Présentateur

personne du président plus que celle d'Emmanuel

10:05
Locuteur

Macron, parce que

10:06
Présentateur

la presse internationale a relevé beaucoup aujourd

10:08
Locuteur

'hui. –

10:08
Présentateur

Exactement, on est un peuple régicide. Il faut qu'on coupe la tête de ceux-même qu'on a porté au pouvoir, qu'on a élu, qu'on a aimé. Je ne

10:15
Locuteur

sais

10:15
Présentateur

pas si vous vous souvenez des unes sur Sarkozy, c'était avec une barbe de quatre jours, wanted, quoi, c'était absolument hallucinant. Ça, c'est la deuxième chose. La troisième chose, qui est nourrie par une partie de la population seulement, et qui est alimentée notamment par la gauche, et surtout la gauche de la gauche, c'est ces institutions, précisément, qui fait et qui permet à un homme, en pleine nuit, au lieu de dormir, rassurez-vous, il dormait quand même, parce qu'il n

10:42
Locuteur

'y a

10:42
Présentateur

pas besoin d'être debout pour promulguer la loi, et ça, ça hérite beaucoup de Français. On a l'impression qu'on est dans une monarchie républicaine, avec un seul homme, ou une femme, mais ça ne s

10:54
Locuteur

'est

10:54
Présentateur

jamais produit, qui fait tout, et tous les autres pouvoirs étant négligés. Alors ça, je pense qu'il y a quand même une réflexion qui est portée par beaucoup là-dessus. Cela dit, moi, mon avis qui ne compte absolument pas, si aujourd'hui on n'avait pas ces institutions-là, je pense que ça serait très compliqué. L

11:12
Locuteur

'institution,

11:13
Présentateur

le Conseil constitutionnel, qui a donc rendu son avis après trois mois de crise politique et de crise sociale, il valide le recul de l'âge de départ à 64 ans, exite en revanche celles que l'on appelle les mesures sucrées, censées faire passer la pilule au réfractaire. Pour les opposants, la note, elle, est bien salée. Barbara Aztec et Michel Bouilly. Pas de temps à perdre. Le président va vite, très vite. Hier soir, à l'abri des regards, Emmanuel Macron promulgue la réforme des retraites à 3h28. Fini l'époque des premiers textes où la presse était invitée à immortaliser la signature du président, sa grande réforme du quinquennat n'aura pas ses honneurs.

Dehors à Paris, la colère se fait entendre.

12:00
Invité

Un rassemblement statique,

12:01
Locuteur

c

12:01
Invité

'est important, mais c'est aussi bien de bouger dans les rues, de récupérer des gens qui sont peut-être d'accord avec la mobilisation et de les amener aussi, de montrer que le mouvement n'est pas éteint.

12:08
Présentateur

À Rennes, un commissariat est incendié. Quelques heures plus tôt, à 18h exactement, les sages de la rue Cambon ont tranché. Il valide le passage de l'âge de départ légal à la retraite de 62 à 64 ans, rejette le RIP, l'index et le CDI senior.

12:27
Locuteur

Pour

12:27
Présentateur

Elisabeth Borne, il est à présent temps de tourner la page.

12:31
Locuteur

Le

12:31
Présentateur

texte arrive à la fin de son processus démocratique. Ce soir, il n

12:35
Locuteur

'y

12:35
Présentateur

a ni vainqueur ni vaincu.

12:38
Locuteur

Ce

12:39
Invité

midi, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, appelle les

12:42
Présentateur

syndicats à renouer le dialogue.

12:44
Invité

Je crois, je suis même convaincu qu'il

12:46
Locuteur

y a

12:46
Invité

une volonté, un besoin d'apaisement dans le pays. Et cette volonté d'apaiser, nous le partageons. Et c'est pourquoi d'ailleurs, la loi a été promulguée après sa validation par le Conseil constitutionnel et que le président de la République tend immédiatement la main aux syndicats pour leur proposer de les rencontrer.

13:01
Locuteur

Hors

13:01
Présentateur

de question pour les représentants syndicaux d'accepter l'invitation d'Emmanuel Macron. Ils n'iront donc pas à l'Elysée mardi. Jusqu'au bout, hier, ils ont demandé au président de ne pas promulguer cette réforme. Nous, nous avons un message, l'ensemble des organisations syndicales, nous appelons le président de la République à retrouver la sagesse, à faire preuve d'écoute et à comprendre ce qui se passe dans le pays et à ne pas promulguer cette loi. Il doit tirer les leçons de la censure du Conseil constitutionnel et renvoyer la loi devant l'Assemblée nationale pour que les députés puissent

13:34
Invité

délibérer sur ce projet de loi et puissent entendre la volonté populaire.

13:38
Présentateur

L'intersyndicale sonné, mais loin d'être démobilisé, ne

13:42
Locuteur

s'avoue pas vaincu,

13:43
Présentateur

la lutte continue.

13:45
Locuteur

Nous,

13:45
Invité

notre arme pacifique, c'est la grève. Donc on va mobiliser pour la grève et

13:50
Locuteur

on

13:51
Invité

fera du 1er mai, un 1er mai historique, y compris en nombre de travailleurs mobilisés.

13:59
Présentateur

Même le patron du MEDEF appelle le président à se remettre en question.

14:04
Locuteur

Il

14:04
Invité

va devoir changer de méthode et je pense qu'il doit s'appuyer davantage sur la démocratie sociale s'il veut réussir à réformer.

14:13
Locuteur

L

14:13
Présentateur

'opposition, elle, n'est autre que vent debout.

14:16
Invité

Macron a voulu

14:17
Locuteur

intimider

14:18
Invité

toute la France dans la nuit. Voleur de vie, absurde affichage d'arrogance, la lutte pour le retrait de la loi engage à présent une certaine idée de la dignité.

14:28
Locuteur

Cette

14:28
Présentateur

décision du Conseil constitutionnel et ce qui se passe maintenant, cette promulgation de la loi, acte, je veux dire, la rupture définitive du peuple français avec Emmanuel Macron. Tout a été brutalité dans cette histoire. Vous le savez bien, le véhicule législatif. Nous étions contraints à la fois dans le temps, à la fois dans la forme. Le Conseil constitutionnel n'en a pas fini. Il doit à présent statuer le 3 mai sur la nouvelle demande de référendum d'initiative partagée déposée par la gauche.

14:55
Locuteur

J

14:56
Invité

'espère que cette fois-ci, il entendra et qu'il permettra un référendum parce que pour l'impasse dans laquelle nous sommes, la seule façon de parvenir à en sortir, c'est de retourner vers le peuple.

15:07
Locuteur

Le

15:08
Présentateur

feuilleton des retraites continue. Emmanuel Macron donne rendez-vous aux Français lundi à 20h. Une allocution dans l'espoir de pouvoir rétablir la communication.

15:19
Locuteur

On

15:20
Présentateur

a aperçu Frédéric Souillot, le leader de Fort-Soup-Brivière, dans le reportage. Il disait aussi, ce matin, nous appuierons sur tous les boutons pour ne pas appliquer cette loi. Est-ce que, Anne-Charlène Bézina, un recours est possible contre la décision du Conseil constitutionnel ? Non, il ne reste plus beaucoup de boutons sur lesquels appellent. En effet, puisque la décision du Conseil constitutionnel est à l'autorité absolue de la chose jugée,

15:40
Locuteur

c

15:40
Présentateur

'est-à-dire que tous les pouvoirs publics sont obligés de l'appliquer. Et puis, maintenant, la loi est promulguée. C'est-à-dire que, notamment, pour les futurs référendums d'initiatives partagées, on ne pourrait plus en avoir. Par contre,

15:49
Locuteur

c

15:49
Présentateur

'était juste avant la date de promulgation. Sinon, ça sera invalide. Mais ils

15:54
Locuteur

ne pourraient pas l'appliquer.

15:56
Présentateur

Le seul exemple qu'on a en tête, c'est celui du CPE, le contrat premier embauche, où le président Jacques Chirac, dans la foulée de la promulgation, suspend ce qui fait dire au constitutionnaliste Guy Carcassonne qu'il sussmulgue, puisqu'il promulgue en suspendant le même jour. Des circonstances politiques quand même très différentes, puisque, notamment, un président qui n

16:13
Locuteur

'est

16:13
Présentateur

pas complètement en accord avec son Premier ministre, et puis, alors, des lois non appliquées, il y en a eu d'autres, depuis lors.

16:18
Locuteur

On

16:18
Présentateur

peut penser ne serait-ce qu'aux lois sur les allocations chômage de cette rentrée, où on nous a dit la conjoncture économique ne le permet pas, donc on va attendre un petit peu. De même pour la privatisation d'Aéroports de Paris, qui était contenue dans la loi Pacte, et bien c'est une partie de la loi qui n'est encore pas entrée vraiment en application, étant donné que le contexte sanitaire n'avait pas permis au départ cette privatisation. Donc, on ne peut pas dire que la volonté politique interdise complètement à tout chef de l'État ou chef de gouvernement de ne pas appliquer sa loi. Là, on entre plus dans une querelle politique, dans une querelle de volonté.

On a le sentiment que, si Emmanuel Macron nous dit encore hier que ce jusqu'au boutisme et sa marque de fabrique, ce n'est certainement pas pour promulguer, pour suspendre ensuite. Les syndicats, malgré tout, continuent à espérer que cette loi ne sera pas appliquée. Ils ne répondront pas à l'invitation d'Emmanuel Macron mardi. Jérôme Jaffray, si personne ne cède,

17:07
Locuteur

ça

17:07
Présentateur

peut durer longtemps, cette histoire. Est-ce qu'il faut un délai de décence, comme dit Laurent Berger de la CFDT, avant de se reparler ? Écoutez, c'est évident que les syndicats, maintenant, ce n

17:16
Locuteur

'est

17:16
Présentateur

pas facile pour eux. Il faut bien le comprendre. C'est-à-dire, d'abord, j'étais surpris que Laurent Berger hier réintervienne à la télévision sur TF1 pour demander

17:26
Invité

au président de ne pas promulguer la loi, alors qu'à l'évidence, cette loi allait être promulguée et que c'était même le devoir du président. Il eût été plus juste de demander une seconde délibération plutôt que de demander de ne

17:36
Présentateur

pas promulguer. Mais enfin, passons, Laurent Berger n'est pas juriste. En revanche, les syndicats ont décidé de ne pas aller voir Emmanuel Macron mardi. Et je ne

17:46
Locuteur

suis

17:46
Présentateur

pas sûr que ce soit une très bonne décision, si vous voulez.

17:49
Locuteur

Et

17:49
Présentateur

en d'autres termes, d'abord, c'est le président de la République, donc il

17:53
Locuteur

y a

17:53
Présentateur

le respect des institutions qui doit exister. Deuxièmement, c'était une occasion excellente pour l'intersyndical d'aller dire un certain nombre de vérités à Emmanuel Macron sur la signification du mouvement, pourquoi les Français rejetaient à ce point la réforme qui venait d'avoir lieu et l'absolue nécessité de faire des réformes importantes sur le plan social dans les mois à venir, comme l'expliquait tout à l'heure Yves Tréard. Donc, c'est un peu une occasion manquée. Et par ailleurs, renvoyer au 1er mai pour une journée formidable de manifestations risque de tourner au barou de donneurs.

Même si vous avez beaucoup de monde dans la rue, le 1er mai, ça n'est pas pour autant que le mouvement peut continuer indéfiniment. D'ailleurs, Laurent Berger a dit « La CFDT ne va pas manifester pendant six mois ». Donc, lui-même a souligné. Et donc, il faut renouer les liens. Emmanuel Macron a cette tâche difficile parce qu'effectivement, il vient de loin sur le sujet. Mais les syndicats, l'intersyndicale et l'unité syndicale ne pourront pas fonctionner éternellement. Et il faudra bien un moment que les syndicats réformistes disent au président et à la première ministre « Vous nous avez imposé cette réforme sur les retraites.

Nous vous demandons maintenant, et en échange de cette brutalisation que vous avez imposée aux salariés et aux travailleurs, un certain nombre de progrès sociaux.

19:11
Locuteur

Il

19:11
Présentateur

faut les faire. Discutons-en très rapidement. » Voilà ce qui me paraissait être la logique. – Sainte Devillet, vous auriez dû dire oui, les syndicats, pour aller à l'Élysée ? – Je ne

19:18
Locuteur

sais

19:18
Présentateur

pas, parce que j'ai l'impression que depuis le début de ces 13, maintenant, journées de mobilisation, on entend toujours la même chose depuis le 7 mars, c'est-à-dire que

19:24
Locuteur

c

19:24
Présentateur

'est un barou de donneurs. Et il se trouve que quand même, ça continue. Donc, moi, je comprends qu'ils aient envie de encore jouer la pression. Ce qui est vrai, c'est qu

19:30
Locuteur

'il

19:30
Présentateur

y

19:30
Locuteur

a

19:30
Présentateur

une forme d'hypocrisie de part et d'autre, en disant « La porte est ouverte, la porte est fermée, je viens, je veux venir, je ne

19:35
Locuteur

veux

19:35
Présentateur

plus venir. » Moi, ça me fait penser sur le même sujet à l'Assemblée, quand LFI et Renaissance n'avaient pas du tout envie d'aller voter l'article 7 et disaient « C

19:43
Locuteur

'est

19:43
Présentateur

à cause de vous qu'on ne

19:44
Locuteur

va

19:44
Présentateur

pas aller voter l'âge légal de départ à 64 ans. »

19:47
Locuteur

Donc,

19:47
Présentateur

chacun est dans sa posture. Et moi, je trouve ça assez logique, parce qu'il faut bien se rendre compte que le pays, il est très tendu. Ce bras de fer dont on parlait tout à

19:54
Locuteur

l

19:54
Présentateur

'heure, je crois qu'on ne

19:55
Locuteur

va

19:55
Présentateur

pas en sortir indemne. On ne

19:57
Locuteur

va

19:57
Présentateur

pas en sortir comme ça, en un claquement de doigts. Et je peux comprendre aussi que l'intersyndical n'aille pas à l'Élysée pour dire « Oui, alors très bien, parlons d'autres sujets qu'ils ont déjà mis sur la table. »

20:04
Locuteur

C

20:04
Présentateur

'est leur grand argument à l'automne quand il y avait ces négociations.

20:08
Locuteur

Et même

20:08
Présentateur

le MEDEF, on l

20:09
Locuteur

'a

20:09
Présentateur

vu dans le sujet, appelle Emmanuel Macron lui aussi à changer de méthode. C'est ce qu'on a vu dans le... Oui, parce que tout le monde voit bien qu'on est dans une situation qui n'est pas normale. Ce n'est pas normal de voir des mobilisations aussi nombreuses. Je parle aussi des spontanées, de la violence quand même dans toutes les rues de France quasiment tous les jours depuis un mois. Enfin, on n'est pas dans... Le monde entier nous regarde.

20:29
Locuteur

Il

20:29
Présentateur

y

20:29
Locuteur

a

20:29
Présentateur

des articles, des éditos dans la presse internationale ahurissants sur « Macron a-t-il perdu la tête ? » « Que se passe-t-il en France ? » Ces images de flammes qui ne sont quand même pas rien. Nous, on est habitués parce qu'on a ça un peu dans le sang. On est assez révolutionnaire. Donc, on boit des cafés en terrasse avec des flammes derrière. Mais pour le monde entier, c'est complètement fou. Donc, je pense qu'on ne peut pas faire comme si tout était normal, comme si on était en 1992 et qu

20:53
Locuteur

'on

20:53
Présentateur

va aller à la table de... Non. Là, il y

20:55
Locuteur

a

20:55
Présentateur

un moment particulier. Je me demande d'ailleurs si l'Élysée et Matignon ont bien conscience de ça. Moi, parfois, j'ai un peu la sensation d'être dans deux salles,

21:02
Locuteur

deux

21:02
Présentateur

ambiances.

21:03
Locuteur

Vous

21:03
Présentateur

voyez ?

21:03
Locuteur

C

21:03
Présentateur

'est-à-dire le pays dont on vient de parler et un pouvoir qui est quand même assez isolé, déconnecté. Mais ça, ce n

21:09
Locuteur

'est

21:09
Présentateur

pas nouveau. Et je ne suis pas sûre qu'ils se rendent compte, en fait, du niveau de tension des gens qui vont, pour la plupart, en plus, pas bien parce qu'ils font grève. Et il y a ces histoires de pouvoir d'achat. Et on sort du Covid. Et il y a une guerre en Ukraine qui stresse tout le monde. Et une guerre, peut-être, à Taïwan. Enfin, ça fait beaucoup de problèmes, en fait, pour un seul peuple. Et donc, le niveau de crispation, je trouve, mérite quand même un peu de... Je ne

21:31
Locuteur

sais

21:31
Présentateur

pas si c

21:32
Locuteur

'est

21:32
Présentateur

de délai de décence, mais en tout cas, une mise à plat. L'exécutif ne prend pas la mesure de la situation ? Moi, il

21:37
Locuteur

y a

21:37
Présentateur

quelque chose qui me fait me dire, en tout cas, qu'on se trompe parfois un petit peu de temporalité et de victoire. Parce qu'on entend depuis hier que, certes, les deux décisions, et vous l'avez dit, il y en a deux,

21:46
Locuteur

il

21:46
Présentateur

y

21:46
Locuteur

en

21:46
Présentateur

a peut-être même une troisième, sont une victoire pour l'exécutif et notamment pour le rôle que cela donne au président de la République qui, certes, a pu plus ou moins malmener son Parlement sans qu'il y ait de sanctions juridiques. Néanmoins,

21:57
Locuteur

il

21:57
Présentateur

ne

21:57
Locuteur

faut

21:57
Présentateur

pas oublier qu'il y a la sanction juridique et la régularité juridique et puis ensuite, l'adhésion populaire qui font quand même les deux corps pour donner du sens à la démocratie. L'un des autres exemples qu'on avait eus où la Constitution était descendue dans la rue, était dans tous les journaux, c'est l'exemple de 1962 où le général de Gaulle décrète à la suite de l'attentat du petit Clamart où il est mis personnellement en danger qu'il faudra pour ses successeurs une élection du président au suffrage universel direct. Ça remet complètement en cause tout le dogme de la Constitution. Tout le monde est vent debout, président du Sénat,

22:24
Locuteur

de

22:24
Présentateur

l'Assemblée, Premier ministre, Conseil d'État, Conseil constitutionnel et pour autant, le général de Gaulle, donc, étant plus ou moins une belle violation de la Constitution, mais obtient l'assentiment populaire et il arrive à gouverner avec cette nouvelle méthode. Et ce qu'il faut dire ici, c'est qu'en fait, c'est l'exact inverse qui se passe ici, c'est-à-dire que la victoire juridique est complète mais la victoire populaire est encore complètement à remporter et donc on ne peut pas complètement rester dans cet état de latence sans refaire quelque chose, au moins de l'ordre du politique et du dialogue.

22:55
Locuteur

Alors,

22:55
Présentateur

l'équation est très très compliquée parce qu'il y a plusieurs acteurs dans cette histoire et il y a une crainte quand même que le président de la République ne peut pas écarter, c'est que ce pays, finalement, que le blocage dans le dialogue, qui est un dialogue de sourds actuellement, se double d'un blocage réel du pays avec des appels à la grève.

23:15
Locuteur

Il

23:15
Présentateur

y

23:15
Locuteur

en

23:15
Présentateur

a déjà, je crois, de

23:16
Locuteur

plusieurs

23:17
Présentateur

cheminaux qui veulent arrêter le travail alors qu'ils ont eu satisfaction sur le plan syndical, d'ailleurs. Vous pouvez avoir la raffinerie,

23:26
Locuteur

ça

23:26
Présentateur

peut reprendre. L'inflation qui est quand même une menace énorme sur le pays actuellement. Donc tout ça, ça fait quand même un paysage qui est compliqué. Alors, vous avez des acteurs qui sont... Il y a le président de la République,

23:41
Locuteur

il

23:41
Présentateur

y

23:41
Locuteur

a

23:41
Présentateur

l'opinion des Français, parce que les Français peuvent dire aussi aux syndicats, il y en a assez de ce désordre-là. Vous avez les syndicats, vous avez les oppositions politiques, on a un peu oublié, mais dans cette histoire, ce que doit redouter en premier chef aujourd'hui Macron, ce sont aussi les oppositions politiques à l'Assemblée, avec un parti de droite qui s'appelle les Républicains qui ne sait plus où il habite, avec une surenchère qui va probablement arriver de la part de la France insoumise. On va en parler, oui. Voilà. Et avec quelqu'un qui ramasse les marrons du feu, qui est Mme Le Pen. Et puis vous avez l'exécutif aussi, parce qu'il est là. Qu'est-ce qui va nous avancer lundi ?

Est-ce que...

24:23
Locuteur

Alors,

24:23
Présentateur

c'est la question justement de

24:24
Locuteur

Ré,

24:24
Présentateur

qui nous dit, le président Macron aura-t-il assez d'arguments lundi à 20h pour convaincre tous les Français qui refusent

24:30
Locuteur

la réforme

24:30
Présentateur

des retraites ? On peut prendre plusieurs trucs. Bon, le référendum, non.

24:34
Locuteur

La

24:34
Présentateur

dissolution, non. Donc il peut nous annoncer un remaniement ministériel. Il déteste

24:40
Locuteur

plus

24:41
Présentateur

que tout agir sous la contrainte et sous la pression. Donc changer Mme Borne, puis ça changera. Ça va alimenter la gazette pendant trois jours, et puis après ça sera

24:51
Locuteur

terminé. Ça ne changera rien ?

24:52
Présentateur

Ça ne changera rien du tout. Donc c'est compliqué. Donc il faut qu'il trouve un discours, il faut d'abord qu'il se montre empathique, qu'il se montre compréhensif, ce qui ne sera peut-être pas le cas, parce que pareil, c'est un mauvais garçon. Donc par provocation un peu. Mais il faut qu'il trouve aussi des éléments, des choses à offrir. Voilà, aux Français.

25:17
Locuteur

Ça, c'est pas évident. Ça voudrait dire

25:18
Présentateur

quoi ? Des

25:19
Locuteur

mesures

25:20
Présentateur

sur le pouvoir d

25:20
Locuteur

'achat ? On

25:21
Présentateur

parle d'abord d'aménager le travail. Ça, c'est la grande marotte, mais je ne sais pas par quel bout on prend ça. Voilà, c'est assez compliqué. Ça peut être de la participation dans les entreprises, mais ça n'a jamais marché dans notre pays, ou très peu. Et puis les entreprises,

25:39
Locuteur

il faut

25:39
Présentateur

qu

25:39
Locuteur

'elles

25:39
Présentateur

fassent des bénéfices pour que ça marche. Enfin bon, vous voyez, ça peut être quelque chose comme ça, ça peut être effectivement le pouvoir d'achat.

25:44
Locuteur

Mais

25:44
Présentateur

c'est ça qui est incroyable dans notre pays, c'est que notre État est impécunieux, mais il dépense comme ce n

25:51
Locuteur

'est

25:51
Présentateur

pas possible. Donc on le met à toutes les sauces, il a déjà beaucoup dépensé. Reprendre la main, renouer avec les Français, est-ce que ça passe aussi par un retour sur le terrain ? Les gens ont envie de vous avoir à portée de baffes, dit aujourd'hui le secrétaire d'État à la mer, à Vémerville, dans Le Monde. En termes d'images, est-ce que ce n

26:06
Locuteur

'est

26:06
Présentateur

pas contre-productif de retourner maintenant sur le terrain ? C'est surtout qu'ils n'ont pas eu le droit de s'exprimer dans les médias d'abord parce qu'il fallait que ce soit ceux, les snipers du gouvernement, qui s'occupent vraiment du sujet des retraites pendant plusieurs semaines. Et puis ensuite, les policiers et gendarmes sont tellement mobilisés qu'ils ne peuvent plus s'occuper des déplacements ministériels. Et qu'on a demandé, il y

26:24
Locuteur

a

26:24
Présentateur

encore quelques jours, quelques semaines, Elisabeth Borne a demandé à ses ministres de ne pas faire de déplacements sur le terrain parce qu'on n'a plus assez de monde pour les aider, enfin, les accompagner.

26:33
Locuteur

D'abord, hier,

26:34
Présentateur

son déplacement dans un supermarché, le déplacement d'Emmanuel Macron au

26:36
Locuteur

Pays-Bas. Oui, non, mais pour les autres ministres. Donc,

26:38
Présentateur

c'est vous dire quand même le niveau dans lequel on est. Ensuite, moi, je veux bien qu'ils fassent du terrain.

26:42
Locuteur

Je

26:42
Présentateur

pense que

26:42
Locuteur

c

26:42
Présentateur

'est très bien, c'est très important. Mais si c'est pour qu'il se passe exactement ce qui se passe pour Emmanuel Macron jusqu'aux Pays-Bas, c'est-à-dire qu'il y

26:49
Locuteur

ait

26:49
Présentateur

toujours quelqu'un qui vient de chanter une chanson de gilet jaune ou lui dire « ta retraite, on n'en veut pas », ça va devenir très, très compliqué. On peut voir ce que ça va donner. Mais si ce qui se passe pour Emmanuel Macron au Pays-Bas ou Elisabeth Borne, quand elle est allée dans ce supermarché où il y a eu encore une chanson pour dire « on n'en veut pas du 49-3 », l'effet peut être contre-productif. Moi, je crois surtout que sur cette allocution, il faut qu'il dise quelque chose parce qu'Emmanuel Macron, c'est quand même un peu le spécialiste des allocutions pour dire rien du tout. Là, je ne

27:15
Locuteur

suis

27:15
Présentateur

pas sûre qu'en 48 heures, il trouve la martingale qu'il cherche depuis des semaines. J'ajoute que la dernière intervention télévisée d'Emmanuel Macron, ce fameux 13 heures, je ne

27:23
Locuteur

suis

27:23
Présentateur

pas sûre qu'il ait apporté beaucoup de réponses. Il avait donné une feuille de route à Elisabeth Borne en disant « élargissez la majorité », c'est sa feuille de route depuis les dernières législatives. Donc, elle n

27:32
Locuteur

'a

27:32
Présentateur

pas pu, en quelques semaines elle-même, elle a dit « je ne

27:33
Locuteur

vais

27:33
Présentateur

pas rendre de copie au président de la République ». D'ailleurs, je n

27:36
Locuteur

'ai

27:36
Présentateur

rien à dire, je continue. Donc, là, attention, parce qu'en plus, utiliser l'allocution qui est quand même très verticale, sans question, les... qui renvoient aussi à des heures, voilà, les heures du Covid, dans un moment où, justement, on lui reproche d'être seul, isolé dans son palais et pas à l'écoute, je ne sais pas si c'est la bonne formule de communication. Thierry Jaffray. Oui, Macron fera du Macron, que personne ne s'y trompe ici. Et on peut rêver que Macron soit autrement qu'il n'est, mais c'est une réalité.

Alors, d'abord, la Hollande, ce qui a frappé chacun, c'est que c'est un pays démocratique dans lequel les manifestants peuvent approcher un gouvernant et qu'on ne voit pas ce genre de spectacle en

28:18
Invité

France, aujourd'hui. Quand Macron va quelque part,

28:21
Présentateur

les services de sécurité éloignent tout ce qui peut être manifestant. Et donc, la Hollande a été un peu un choc pour les Français. On a vu comment, dans un pays normal, démocratique normal, on pouvait parler aux gouvernants. Macron fait du Macron. Je veux dire par là que ce que je pense qu'il va faire d'abord dans cette allocution, c'est d'empocher la victoire qu'il considère que c'est une victoire, ce qu'il vient de remporter. Et il va d'abord empocher cette victoire en ce sens qu'il va développer, je suppose, évidemment, je ne suis pas dans le secret des dieux, à la différence d'Yves Tréa, je pense, je ne suis pas dans le secret des dieux.

Et donc, en la matière, il va souligner que ce qui est important, c'est que toutes les règles de fonctionnement de la démocratie française ont été respectées pour l'adoption de cette loi

29:07
Locuteur

et

29:08
Présentateur

que, quels que soient les résultats des sondages d'opinion ou le nombre des manifestants, ça n'a pas la même force qu'un texte qui est adopté dans les règles de la démocratie française. Et ça, évidemment,

29:19
Locuteur

il

29:19
Présentateur

ne convaincra pas les manifestants en disant cela. Il ne convaincra pas les adversaires farouches de la réforme des retraites. Mais son problème, c'est d'abord de regagner la base politique qui est la sienne avec le centre, le centre droit qui ne comprenait pas très bien ce qu'il faisait depuis trois mois, qui se disait mais il gouverne comme des manches et ils nous font une réforme. Pourquoi font-ils tout ça ? En disant, mais écoutez, si un pouvoir ne résiste pas à des manifestants et à des sondages d'opinion, ce n'est plus un pouvoir. Et à ce moment-là, plus personne ne peut gouverner en France. Ce sera, à mon sens, le premier thème qu'il développera pour marquer sa base et son soutien.

Et deuxièmement, il devrait normalement montrer, alors ça, on rêve peut-être un peu, une compréhension de ce qui s'est passé dans le pays et de la souffrance du pays. C'est le second point sur lequel on attend le président. Comment se fait-il qu

30:07
Locuteur

'il

30:07
Présentateur

y

30:07
Locuteur

a

30:07
Présentateur

une telle souffrance au travail ? Alors,

30:09
Locuteur

vous

30:09
Présentateur

avez tout à l'heure dans le reportage souligné par exemple que M. Geoffroy Roud-Bézieux du MEDEF disait qu

30:15
Locuteur

'il

30:15
Présentateur

faut développer la démocratie sociale en France. Ah bon ? Ah bon ? Très intéressant. Mais on n'a pas du tout entendu le patronat dans ces trois derniers mois venir nous parler de l'emploi des seniors, des fins de carrière, des choses qui, normalement, on voudrait que les chefs d'entreprise fassent des choses là-dessus. Je ne serais pas surpris qu'Emmanuel Macron renvoie un peu la balle vers le patronat qui a été le grand absent de la dernière période. Oui,

30:35
Locuteur

ce

30:35
Présentateur

qui est vrai, ce qui est vrai,

30:36
Locuteur

c

30:36
Présentateur

'est que, je rejoins Jérôme, c'est que les alliés sur ce texte-là et sur ce terrain-là social du gouvernement qui étaient les Républicains et le MEDEF

30:46
Locuteur

ont

30:47
Présentateur

été, mais complètement à côté de la plaque. Enfin, les Républicains, au contraire, ça les a fait exploser, ça les a divisés, on se demandait si... Alors, il y a maintenant...

30:57
Locuteur

Est-ce qu'ils sont

30:57
Présentateur

un peu, pardon l'expression, mais les dandons de la farce dans cette histoire, les Républicains ? Je ne

31:01
Locuteur

sais

31:01
Présentateur

pas s'ils sont les dandons de la farce, mais on a découvert qu'il y avait une droite CGT en France. Maintenant, c'est une chose qui est acquise. Au moins, c'est ça. Ça les a... Oui, c'est un peu les dandons de la farce.

31:11
Locuteur

C

31:11
Présentateur

'est-à-dire qu'en plus, ils vont payer les pots cassés de cette histoire. S'il y en a qui vont payer les pots cassés, ce sont eux. Et puis, c'est vrai que le MEDEF a été complètement absent. Alors, je sais bien qu'il y

31:22
Locuteur

a

31:22
Présentateur

une passation de pouvoir là-bas puisque M. Roude-Bézieux abandonne la tête de la...

31:28
Locuteur

Enfin,

31:28
Présentateur

il abandonne son mandat, il va à terme. Et ils ont peut-être d'autres choses à faire. Mais la CGT, qui était dans la même situation, a continué le combat d'une certaine façon. Donc, c'est assez étonnant de voir que... Eh

31:40
Locuteur

bien,

31:40
Présentateur

ils ont baissé les bras face à un sujet...

31:43
Locuteur

Oui, enfin,

31:44
Présentateur

ça n'a rien d'étonnant, je m'excuse, Yves. Oui, non,

31:45
Locuteur

non.

31:46
Présentateur

C'est-à-dire, parlons clair, pour les chefs d'entreprise, garder les salariés âgés dont ils trouvent qui leur coûtent trop

31:51
Locuteur

cher

31:52
Présentateur

et dont ils n

31:53
Locuteur

'ont

31:53
Présentateur

qu'une envie, c'est de les envoyer au chômage ou de les mettre dans une retraite précoce, c'est ça le fond du problème dont vous ne parlez pas par délicatesse, je suppose. Exactement. Mais, en plus, ça va leur coûter, c'est vrai, plus cher parce que plus vous reculez l'âge de la retraite et contrairement à ce que tout le monde dit et ce qui est faux, plus vous reculez l'âge de la retraite, plus les gens travaillent tard parce que, justement, les entreprises ne veulent pas payer trop tôt la pré-retraite, si vous voulez, parce que ça coûte une fortune.

32:20
Locuteur

Et

32:21
Présentateur

maintenant, la question se pose pour Emmanuel Macron, elle se pose aussi pour les opposants à la réforme. La prochaine manifestation aura lieu le 1er mai, autant dire une éternité et que faire d'ici là ? Continuer les grèves ? Ça coûte cher aux participants, mener des actions plus radicales, le risque existe car le ressentiment grandit chez bon nombre de Français. Laura Radeau, Léa Demir-Dian et Maxime Liogier.

32:48
Locuteur

Sur

32:48
Présentateur

la très chic avenue Montaigne, le siège de LVMH envahi. Slogan anticapitaliste et fumigène dans ce symbole du luxe à la française.

33:06
Locuteur

Les

33:11
Présentateur

manifestants, Olivier Vandenabel, militant de la CGT, convaincu qu'il faut désormais recourir à ce genre de coup d'éclat pour marquer les esprits.

33:21
Locuteur

Les

33:22
Invité

manifestations ne suffisent pas, donc on appelle au blocage et on appelle en même temps à faire des actions pour avoir une visibilité. Pour pas justement ce que le gouvernement se force à faire,

33:31
Locuteur

ça

33:31
Invité

veut dire à tourner la page. Nous,

33:33
Locuteur

on

33:33
Invité

ne tourne pas la page, on montre qu

33:34
Locuteur

'on

33:34
Invité

est là.

33:35
Présentateur

Après trois semaines de mobilisation et trois semaines de grève, ce conducteur de métro n'est pas prêt à renoncer. Il se prépare même à une lutte de longue haleine.

33:44
Invité

On sait ce que derrière prévoit le gouvernement. Derrière, c'est des lois qui vont à chaque fois casser la classe ouvrière. donc on sait que pendant quatre ans on va avoir le droit à toutes ces réformes derrière. Donc on sait pertinemment qu'on ne s'arrêtera pas seulement après cette victoire, qu'on en aura d'autres à voir après.

34:10
Présentateur

Défiler chaque semaine, protester et perdre une grosse partie de son petit salaire. Béatrice Rosy l'a fait elle aussi. Mais aujourd'hui, l'institutrice se dit lassée de manifester face à un pouvoir sourd aux revendications. On est quand même un petit peu dépités quand même de voir que ça n'avance pas, qu'on ne tient pas compte malgré les gens dans la rue, malgré les contestations. J'ai vraiment le sentiment qu'on est incompris, qu'il y

34:42
Locuteur

a

34:42
Présentateur

de plus en plus d'écarts, de différences entre ceux qui pensent avoir de bonnes idées pour diriger un petit peu l'économie française et ceux qui triment, qui sont les premiers de, alors pas de cordée, les premiers de corvée.

34:58
Locuteur

Un

34:58
Présentateur

rejet de la politique d'Emmanuel Macron qui va bien au-delà de la réforme des retraites. Le manque d'investissement dans les services publics la pousse même à envisager de changer de métier. C'est un sentiment un petit peu même d'abandon. On a le sentiment que, est-ce que c'est une manière de dire que nous ne sommes pas rentables ? Je ne sais pas. mais on a l'impression qu'on ne valorise pas les métiers de service. De service public ? De service public. Et que donc on les laisse un petit peu dépérir.

35:36
Locuteur

Pour

35:36
Présentateur

marquer son ras-le-bol, elle devrait voter blanc lors des prochaines élections. Une défiance que partage John Chalbazian depuis plusieurs années.

35:46
Locuteur

La

35:46
Présentateur

crise économique n'a rien arrangé pour ce livreur de 38 ans. Malgré la colère, faire grève est devenu beaucoup trop cher.

35:54
Locuteur

Quand

35:55
Invité

le président nous a sorti cette phrase fin de l'abondance, mais fin de l'abondance,

35:59
Locuteur

on

36:00
Invité

n'a jamais connu l'abondance. Peut-être que chez les riches, oui, l'abondance, ils connaissent,

36:05
Locuteur

mais

36:05
Invité

nous, sincèrement, moi je viens des petits, je viens des petits gens,

36:09
Locuteur

et

36:10
Invité

sincèrement, je veux dire, il n

36:12
Locuteur

'y a

36:12
Invité

pas d'abondance.

36:13
Locuteur

L

36:14
Présentateur

'ancien gilet jaune a voté pour Emmanuel Macron en 2022.

36:17
Locuteur

pour

36:18
Présentateur

faire barrage au Rassemblement National.

36:20
Locuteur

Un

36:20
Présentateur

an plus tard, il s'interroge.

36:23
Locuteur

On

36:24
Invité

ne

36:24
Locuteur

veut

36:24
Invité

pas que Marine Le Pen passe, ça a toujours été, bien sûr. Mais aujourd'hui, quand vous voyez

36:30
Locuteur

un

36:30
Invité

président inactif comme Emmanuel Macron, franchement,

36:34
Locuteur

on

36:35
Invité

se pose des questions. Si on a les prochaines élections, peut-être changer, changer, changer tout ça, changer, faire des choses qu'on n'a jamais faites. Voilà, pourquoi pas essayer, on a tellement tout essayé que ça n

36:47
Locuteur

'a

36:47
Invité

pas marché.

36:50
Présentateur

Faute d'horizon politique, la tentation de la radicalité.

36:54
Locuteur

La

36:55
Présentateur

bataille des retraites n'a pas encore trouvé son épilogue. Et déjà, le malaise démocratique s'installe.

37:02
Locuteur

Anne

37:02
Présentateur

-Charlène Bézina, à la claque de la validation du texte par le Conseil constitutionnel, s'est ajoutée pour les opposants celle du refus d'un recours au RIP, le référendum d'initiative partagée qui visait à bloquer l'âge de départ à 62 ans. Le deuxième RIP a-t-il davantage de chances d'aboutir que le premier ? C'est une question SMS qu'on a. Alors, c'est toujours très difficile, comme on nous l'a demandé depuis des semaines en tant que constitutionnaliste, de savoir ce qui va sortir de la rue de mon pensier. Néanmoins, c'est vrai qu'il faut reprendre... Non

37:29
Locuteur

mais

37:29
Présentateur

tout

37:29
Locuteur

à l'heure,

37:29
Présentateur

vous aviez l'air de nous dire que c'était plié et que ça allait échouer. Alors, il faut reprendre un petit peu ce pourquoi le premier RIP a échoué. Et déjà, parler aussi de pourquoi ce deuxième RIP est possible. Le premier RIP a échoué pour une raison qui est dans notre article 11 de la Constitution, le domaine des référendums, qui nous dit que le référendum est possible pour toute réforme de la politique sociale, économique, etc. de la nation. Mais donc, il faut bien une réforme. Et là, le Conseil constitutionnel nous dit mais en fixant l'âge à 62 ans alors qu'il est à 62 ans à l'heure actuelle, il n'y a pas de véritable modification de l'état du droit.

38:01
Locuteur

Qui était la

38:01
Présentateur

demande du RIP. Qui était exactement la demande du premier RIP. Ce deuxième RIP vient changer quelque chose puisque ce deuxième RIP, alors déjà, il est recevable puisqu'il a été juste avant la promulgation de la loi. On sait qu'elle a été promulguée dans la nuit et publiée aussi. Et le RIP est arrivé 24 heures avant. Donc celui-ci pourra être recevable sur le fond. Néanmoins, on a encore cette mesure. Toute mesure de retraite ne peut pas aller au-delà de 62 ans. Donc là, ça reprend le premier RIP. Mais il y a quelque chose qui vient d'être ajouté.

38:30
Locuteur

C

38:30
Présentateur

'est une mesure de financement de cette réforme. Histoire de montrer que c'est une véritable réforme des retraites. Néanmoins, est-ce que le Conseil constitutionnel va quand même camper sur sa position des 62 ans ? Est-ce que cette mesure de financement entre vraiment dans la réforme sociale que l'article 11 entend imposer pour que le référendum soit vraiment conforme à la Constitution ? C'est quand même pas garanti. Il y a encore véritablement un examen au fond qui doit être fait par le Conseil. Et donc, on ne peut pas estimer que toutes les malfaçons ont vraiment été corrigées par cette deuxième mouture. Et même si le Conseil la valide, ça ouvre un processus qui

39:05
Locuteur

fera

39:05
Présentateur

extrêmement long. En effet, première étape, le Conseil constitutionnel vérifie la régularité. Deuxième étape, si le feu vert est donné, on recueille les signatures pendant neuf mois. Alors là, c'est un travail de longue haleine.

39:17
Locuteur

C

39:17
Présentateur

'est le ministre de l'Intérieur, le Conseil constitutionnel qui démocratise un petit peu le processus en permettant des votes, notamment dématérialisés, etc. Mais il faut 4,8

39:25
Locuteur

millions

39:25
Présentateur

signatures de citoyens français. Et si ces neuf mois passent, encore une troisième phase de six mois où le Parlement ne doit pas se saisir et ne serait-ce que discuter de cette proposition de loi. Donc, on imagine bien qu'un gouvernement ou un président un peu moins diligent pourrait tout à fait inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour discuter cette proposition de loi. Il suffit de discuter,

39:48
Locuteur

il n'y a pas besoin de voter. Il suffit de

39:49
Présentateur

discuter, il n'y a pas même besoin de voter. Une discussion au sein des deux assemblées pourrait suffire et le président ne serait même plus tenu au référendum. Donc, on voit bien que c'est une procédure très corsetée, plus ou moins pensée pour ne pas être utilisée sous la Ve République. Donc, peut-être la prochaine réforme des institutions nous apportera une mouture un peu plus souple. Oui, ce n'est pas de l'huile sur le feu que jette le gouvernement, c'est un jerrycan d'essence, disait hier soir Fabien Roussel pour Parti Communiste. La contestation peut-elle encore se durcir à Street de Vilain ?

Est-ce qu'on peut voir apparaître des foyers de tension comme on l'a vu dans les manifestations ces dernières semaines ? Même s'accentuer. Moi, j'ai du mal à prédire l'avenir sur ce mouvement social parce qu'il nous offre beaucoup de surprises. Je n'aurais pas pu prédire par exemple la grève des éboueurs.

40:31
Locuteur

Je

40:31
Présentateur

n'aurais pas pu prédire

40:32
Locuteur

qui reprend.

40:33
Présentateur

Oui, la dernière fois en 2019-2020, la dernière réforme de retraite d'Edouard Philippe, celle-ci, le balai des petits rats de l'opéra qui a fait capoter pour eux la réforme de leur régime des retraites parce qu'ils ont fait cette magnifique chorégraphie. Donc, je crois qu'on ne peut pas savoir comment ça peut évoluer. En revanche, ce qui est sûr et ça même au sein du gouvernement, ils en ont conscience, c'est qu'ils disent beaucoup le mot séquelle.

40:55
Locuteur

C

40:55
Présentateur

'est-à-dire que quoi qu'il arrive,

40:56
Locuteur

c

40:56
Présentateur

'est-à-dire que ça s'essouffle ou que ça se corse ou que les deux ou qu'on passe à autre chose finalement, on ne

41:02
Locuteur

va

41:02
Présentateur

pas rester indemne collectivement de ce qui s'est passé. Ensuite, moi, je trouve qu'il faut aussi se souvenir qu'on a eu les Gilets jaunes il n

41:08
Locuteur

'y a

41:08
Présentateur

pas si longtemps, il y a 4 ans et demi. Je trouve que c'est très comparable dans justement le fait de ne pas pouvoir prévoir, on ne savait pas chaque samedi ce qui allait se passer, dans l'aspect violent aussi, dans les observations que nous font le Conseil de l'Europe, l'ONU sur les difficultés pour les gens de venir manifester, les violences qu'il peut y avoir aussi, les coups de matraque qu'on voit, les vidéos, etc., les interpellations qui, comme au moment des Gilets jaunes, souvent n'aboutissent pas.

Donc ça, c'est vrai que je trouve ça très comparable et en plus sur le fond, ce sont deux mouvements qui parlent et de réformes fiscales ou de pouvoir d'achat, économique et social, mais aussi de démocratie et d'institutions. On se souvient que les Gilets jaunes, leur grande revendication, c'était le RIC, d'ailleurs. C'est intéressant parce qu'aujourd'hui, on parle du RIP, mais c'est un peu pareil. Le RIC, c'est un référendum d'initiative citoyenne. Non, c'est bien plus

41:58
Locuteur

sauf. Oui, mais je veux dire, c'est cette envie de faire un référendum. cette

42:01
Présentateur

ambition de démocratie

42:02
Locuteur

populaire. Voilà,

42:02
Présentateur

juste, je voulais dire, parce que eux, ils abaissaient le nombre de signatures.

42:06
Locuteur

Ils

42:06
Présentateur

disaient 700 000, peu importe, mais beaucoup moins. Donc,

42:08
Locuteur

c

42:08
Présentateur

'est très intéressant les résonances, je trouve. Et en plus, alors, je ne

42:13
Locuteur

veux

42:13
Présentateur

pas me projeter parce qu'on va voir, mais en tout cas, dans le cas des Gilets jaunes, mais comme aussi au moment des bonnets rouges, sous François Hollande 2013, c'était toujours cette éco-taxe ou taxe carbone. Et les deux pouvoirs en place ont reculé sur ces deux mesures. Édouard Philippe d'un côté, François Hollande de l'autre. Donc, on verra, mais je ne peux pas dire ce qui va se passer demain. Les syndicats de cheminots appellent à une action jeudi prochain de colère cheminote veille des départs en vacances en région parisienne. Ça préambule à la manifestation du 1er mai. L'intersyndicale la souhaite historique. Est-ce qu'elle peut l'être, Jérôme Jaffray ?

Ah, les 1er mai dans notre histoire,

42:47
Invité

c'est quelque chose d'une référence absolue. Ça a commencé à la fin du 19e siècle et mon grand-père, ça remonte à quelques années, vous pouvez

42:55
Présentateur

imaginer, mon grand-père que je chérissais me racontait que les bourgeois se barricadaient les jours de 1er mai car ils avaient la terreur du déferlement du monde ouvrier dans les premières années du 20e siècle.

43:09
Locuteur

C

43:09
Présentateur

'est vous dire ce que c'était. Alors les colères, c'est vrai qu'elles sont profondes et évidemment, rien ne les fait diminuer dans notre pays. Ça,

43:17
Locuteur

c

43:17
Présentateur

'est quelque chose de frappant. Alors cette colère sur les retraites fait qu'il va rester quelque chose entre le pouvoir et les Français. L'idée que le pouvoir est passé de façon brutale, que le pouvoir n'a pas écouté, que le pouvoir n'a pas cherché de compromis et de dialogue, qu'il n'a pas su bâtir une réforme qui soit suffisamment discutée et comprise, c'est un lourd échec et donc il restera quelque chose. Il y a le pouvoir d'achat. Mais je dirais que le pouvoir d'achat,

43:45
Invité

c'est un problème majeur. L'inflation pour les gens, c'est pas le chiffre de l'INSEE dans leur tête. C'est les carburants et l'alimentation. C'est l'évaluation d

43:56
Présentateur

'un récent sondage de DOXA indiquait 18% dans la tête des Français sur un an comme taux moyen d'inflation là où l'INSEE nous dit 6%. Tout simplement parce que c'est carburant, alimentation et que c'est ça leur référent dans la vie quotidienne.

44:10
Locuteur

C

44:10
Présentateur

'est très lourd. L'avantage pour le pouvoir, c'est que l'inflation, c'est pas la faute du gouvernement. Pas directement la faute du gouvernement. Quand vous allez faire vos courses, vous vous dites que c'est pas M. Macron qui fait que le prix des fruits et légumes augmente. C'est les matières premières, c'est le jeu des distributeurs. Donc ça les met un peu plus en dehors du jeu. Mais c'est une souffrance pour les Français tout simplement. Et puis, il y a l'état de la société qui reste une colère. C'est-à-dire à la fois Marine Le Pen, elle épouse la vie des Français. Elle ne propose pas beaucoup de solutions mais elle épouse la vie des Français.

44:42
Locuteur

Elle

44:42
Présentateur

a dit récemment l'état du pays est catastrophique. C'est une phrase assez simple et que beaucoup de gens trouvent qu'effectivement comment se fait-il que l'état de la France soit si mauvais ? L'éducation, la santé, comment se fait-il que tout ça ne marche pas

44:55
Locuteur

?

44:55
Présentateur

Alors, personne ne peut penser qu'avec Marine Le Pen ça marcherait beaucoup mieux mais le jeu de Marine Le Pen c'est d'être porteuse de la colère des Français sur ces sujets. Et puis, il y a le sentiment des inégalités et que les inégalités sont fortes et que le pouvoir s'en accommode, que le pouvoir ne fait rien par rapport aux inégalités et que cela... Et c'est une des choses qu'on peut se demander si Emmanuel Macron ne va pas devoir réviser un peu son logiciel là-dessus qui consistait à ne pas bouger d'un sous les impôts y compris pour les plus aisés. Là, la question peut peut-être être posée bientôt. Jérôme a mis le doigt sur le mot qui en France est absolument capital.

45:35
Locuteur

Ce

45:35
Présentateur

n

45:35
Locuteur

'est

45:35
Présentateur

pas les inégalités c'est l'égalité. Et c'est terrible. Et les images que vous avez montrées tout à l'heure avec une grande marque qui a été investie comme on dit aujourd'hui dans ses locaux ça prouve quoi ?

C'est une marque qui rayonne à l'international c'est du luxe et évidemment là c'est pour eux un objet d'inégalité d'injustice et c'est sûr que le président de la République qui depuis 2017 a tenu sur le front fiscal on peut même dire que c'est le premier président sous la Ve République qui a réussi à ce que les impôts restent modérés enfin les augmentations restent modérées sinon baissées d'ailleurs dans certains domaines et là est-ce qu'il va peut-être obligé de lâcher du lest effectivement parce que le problème du pays aujourd'hui c'est

46:27
Locuteur

et

46:27
Présentateur

il veut en parler mais comment il va en parler ? C'est vrai que les Français je pense ce qu'ils veulent c'est des services publics qui marchent or les services publics ne marchent

46:37
Locuteur

pas que

46:37
Présentateur

ce soit l'éducation alors il y a deux services publics qui sont à son programme c'est l'éducation nationale et l'hôpital la médecine la santé

46:48
Locuteur

et

46:48
Présentateur

puis un troisième un troisième pilier de ce qu'ils voudraient faire c'est l'écologie et l'écologie Dieu sait s'il a pour le coup alors là l'inégalité c'est un je dirais que

47:01
Locuteur

c

47:01
Présentateur

'est un creuset d'inégalité l'écologie si on veut travailler sur ce sujet là puisque l'écologie elle peut être respectée par les plus plus fortunés pas par les plus modestes donc il va c'est là là dessus effectivement qu'il faut qu

47:13
Locuteur

'ils

47:13
Présentateur

travaillent mais ça va être compliqué les colères s'additionnent et la gauche aurait pu en profiter or ce n'est pas le cas elle apparaît aujourd'hui désunie avec une gauche anti-nupes qui se sont poussées des ailes malgré des sondages encore modestes elle tente de s'organiser pour défendre une gauche de gouvernement galvanisée par une récente élection locale au retentissement national Laszlo Gelaber Diane Cacciarella et Erwan Ilion

47:40
Locuteur

comme

47:41
Présentateur

une éclaircie dans cette permanence du parti socialiste

47:44
Locuteur

en

47:45
Présentateur

quelques semaines la première secrétaire fédérale de la Sarthe a accueilli une dizaine de nouveaux militants

47:50
Locuteur

et

47:51
Présentateur

ce n'était pas arrivé depuis longtemps

47:53
Locuteur

ça

47:54
Invité

a été une vraie surprise parce qu'on pouvait s'attendre aussi qu'il soit très attaché à cette vision de la nupes parce que c'est comme ça au sein du parti socialiste qu'on nous a présenté les choses en nous disant que les nouvelles adhésions c'était lié à cet élan cette dynamique liée à la nupes et en fait il s'avère que nous ici les adhésions que nous avons en fait elles ne sont pas du tout ils ne s'ancrent pas du tout dans la nupes

48:14
Locuteur

de

48:14
Invité

nouveaux adhérents farouchement opposés à la nupes comme les militants de cette fédération eux n'ont jamais cautionné cette union encore moins avec la France assoumise à leurs yeux radicalement différents d'eux aussi bien sur le fond que sur la forme

48:27
Locuteur

on

48:28
Invité

est un parti européen internationaliste parce que sur les questions internationales on le dit que ce soit sur les Ouïghours sur l'Ukraine il sera intéressant aussi de connaître leur positionnement futur sur la Chine sur la question économique on est totalement totalement différent

48:40
Locuteur

autrefois

48:41
Invité

quand on désignait un président une position présidentielle ou après législative on avait des textes d'orientation on votait les militants on votait sur les textes d'orientation après on amendait les textes d'orientation on en faisait des motions ça remontait au national et on espérait quand même que nos idées de la base voilà seraient quelque part reprises

49:01
Locuteur

mais

49:01
Invité

un récent événement a redonné un peu de couleur à leur rose

49:04
Locuteur

l

49:08
Invité

'écrasante victoire de Martine Froger aux législatives partielles d'Ariège symbole de cette guerre des gauches avec plus de 60% des voix cette candidate dissidente

49:17
Locuteur

du

49:18
Invité

parti bat Bénédicte Torine députée sortant députée

49:22
Locuteur

les

49:22
Invité

filles soutenue par la NUPES

49:25
Locuteur

c

49:25
Invité

'est une fierté oui bien sûr évidemment parce que moi députée c'est un mandat national mais j'aime les terres d'Ariège et je veux travailler avec ma circonscription venue la féliciter ce jour-là Carole Delga patronne de la région Occitanie en rupture avec les instances nationales du PS visiblement touchée par

49:44
Présentateur

ce succès oui je suis émue pour eux parce que ils ont travaillé vraiment d'arrache-pied

49:50
Locuteur

en

49:51
Présentateur

ayant la direction du parti contre nous je sais les efforts qu'ils ont fait

49:57
Locuteur

comme

49:58
Invité

Carole Delga certains poids lourds manœuvrent pour relancer le parti sans alliance avec LFI en mars dernier le JDD révèle un dîner secret entre notamment François Hollande Jean-Christophe Cambadélis Stéphane Le Foll et Bernard Cazeneuve

50:11
Locuteur

l

50:12
Invité

'ancien premier ministre lance même un mouvement la convention et part en croisade contre les méthodes de la France insoumise c'est la NUP qui en permanence et notamment la LFI en convoquant toutes les injures et toutes les insultes qui administre des ordonnances à tout le monde en donnant des leçons de gauche à tout le monde alors qu'elle n'est en aucun cas légitime à le faire à gauche en dehors du parti socialiste une autre voix s'élève contre la NUPES celle de Fabien Roussel

50:39
Locuteur

la

50:40
Invité

NUPES elle est dépassée il faut rassembler bien au-delà

50:44
Locuteur

l

50:45
Invité

'ancien candidat à la présidentielle est d'autant plus conforté dans son choix qu'il apparaît premier à gauche dans le top 10 des personnalités politiques préférées des français à Marseille à

50:54
Locuteur

Marseille où

50:54
Invité

il a été triomphalement réélu à la tête du PCF

50:58
Locuteur

il

50:58
Invité

prône la création d'un

50:59
Locuteur

nouveau

51:00
Invité

front populaire et ose lancer une pique à Jean-Luc Mélenchon nous appelons à aller plus loin

51:07
Locuteur

que

51:07
Invité

l'union construite au lendemain de la présidentielle

51:10
Locuteur

et

51:10
Invité

bien sûr

51:12
Locuteur

je

51:12
Invité

vais reprendre l'expression

51:14
Locuteur

il

51:14
Invité

ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain

51:17
Locuteur

mais

51:18
Invité

quand même il faut quand même bien changer l'eau de temps en temps Combien de temps peut encore tenir la NUPES

51:24
Locuteur

à

51:25
Invité

un an des élections européennes de 2024 la gauche semble partir en ordre dispersé

51:32
Locuteur

Et

51:32
Présentateur

c'est aussi la question que se pose Robin va-t-on assister à une scission de la NUPES à court terme

51:37
Locuteur

?

51:39
Présentateur

Moi je pense qu'il faut faire attention déjà avec le mot NUPES c'est à dire qu'on en fait beaucoup on a l'impression que c

51:44
Locuteur

'est

51:44
Présentateur

la grande union de la gauche que quasiment elle était au pouvoir alors que c'est pour moi juste un accord électoral pour remporter les législatives de 2022 ce qui ne s'est pas passé mais enfin c'est tout à fait correct 151 députés le groupe socialiste qui conserve ses meubles un groupe LFI très important 75 membres etc Va-t-on assister à une scission ?

Moi je ne crois pas à court terme parce qu'ils ont intérêt regardez là dans la bataille des retraites ils sont unis ils envoient des lettres tous les 4 groupes de la NUPES ce qu'on appelle l'intergroupe ils envoient des lettres ensemble à Emmanuel Macron le RIP au Conseil Constitucional donc pour l'instant à court terme je ne le vois pas même l'affaire Quatennance qui est quand même très embarrassante pour Jean-Luc Mélenchon depuis le mois de septembre n'a pas abouti pour l'instant à une scission alors même que chacun a pu faire entendre sa voix

52:27
Locuteur

en

52:27
Présentateur

revanche pour rebondir sur ce qu'on a vu dans le reportage ce qui est vrai c'est qu'on assiste en fait ils assistent la gauche assiste à ce que Emmanuel Valls qui lui a quitté vraiment la gauche pour rejoindre Emmanuel Macron a théorisé en disant les deux gauches irréconciliables donc on a un Bernard Cazeneuve une Carole Delgat etc qui veulent faire sans la NUPES on se demande bien comment puisque la dernière fois qu'il

52:49
Locuteur

y a

52:49
Présentateur

eu une élection présidentielle à Nidalgo a eu 1,75% ils sont les représentants de ce parti socialiste là et à l'inverse on a une NUPES ou en tout cas une LFI qui elle veut faire sans Bernard Cazeneuve et sans sa candidate qu'on a vu dans l'Ariège

53:05
Locuteur

c

53:06
Présentateur

'est complètement bizarre à mon avis pour le peuple socialiste de voir exclu quelqu'un qui a toute sa vie milité au parti socialiste et qu'on lui dit non la porte elle est fermée donc c'est un peu des bisbis très internes très politiciennes d'ailleurs moi je crois que vu la situation dans laquelle est la gauche elle ferait mieux de se concentrer sur un programme parce que c'est très facile d'être dans la rue dire non non non la réforme mais un programme un candidat une stratégie puisque c'est comme ça qu'on remporte une présidentielle il reste 4 ans mais 4 ans ça peut passer très vite Yves tout est un peu sans dessus dessous

53:39
Locuteur

en ce moment

53:39
Présentateur

oui alors bien sûr mais le sujet c'est moins la NUPES que Jean-Luc Mélenchon je vais vous dire parce que la NUPES il n'y

53:47
Locuteur

aurait

53:47
Présentateur

pas de NUPES sans Jean-Luc Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon c'est ça le paradoxe incroyable mais on est dans le pays du paradoxe c'est qu'il n'est plus élu il n'est rien aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon il n'est même pas d'ailleurs à la tête de son mouvement puisqu'il a passé la main à Emmanuel Montpard mais c'est lui qui tire c'est le marionnettiste si vous voulez et c'est ça qui est extraordinaire et il est en plus dans un discours alors là éruptif

54:14
Locuteur

de

54:15
Présentateur

haine on est là avec lui certains m'ont dit il

54:22
Locuteur

y a

54:22
Présentateur

la gauche du travail et la gauche des allocs et bien lui on est en plein dans la gauche des allocs dans cette gauche des minorités on est ça

54:33
Locuteur

et quand

54:35
Présentateur

vous regardez les sondages et les élections il y a lui et quand lui n'est pas là les autres ne font rien du tout c'est à dire que monsieur Roussel qui est populaire mais dans les élections ça reste à 3% les écologistes c'est pareil et d'ailleurs les européennes ne nous donneront pas une indication à ce niveau là parce que les européennes sont faites pour les écologistes en gros donc ça voilà et le parti socialiste n'existe plus d'une certaine façon non plus et les dissidents du parti socialiste n'ont rien à dire tout ça c

55:09
Locuteur

'est

55:09
Présentateur

des histoires de personnes donc c'est assez compliqué moi je pense que la gauche en France a évidemment encore un électorat elle existe mais elle a un problème d'incarnation qui est évident

55:24
Locuteur

comme

55:24
Présentateur

la droite

55:25
Locuteur

et

55:26
Présentateur

qu'elle ne leur a pas résolu quand Jean-Luc Mélenchon si un jour il quitte la scène quittera cette scène elle cherche une incarnation la

55:33
Locuteur

gauche

55:33
Présentateur

il y a deux choses qui se marquent pour la gauche je pense d'abord la découverte assez douloureuse que c'est Marine Le Pen qui tire tout le profit du mouvement des retraites en termes politiques là la NUPES puisqu'on peut quand même parler de la NUPES n'en tire apparemment pas de bénéfices particuliers alors qu'elle considérait que le mouvement social par nature devait la servir mais il a été porté par les syndicats premièrement et deuxièmement le problème Mélenchon est devenu aussi le problème des insoumis c'est-à-dire que l'obstruction parlementaire des insoumis à l'Assemblée nationale a joué très fortement en termes d'image contre eux

56:09
Locuteur

c

56:10
Présentateur

'est-à-dire au fond une certaine incompréhension d'une attitude si vous voulez si à l'Assemblée nationale on avait voté sur l'article 7 le mois sur les retraites c'est-à-dire 62 à 64 ans que l'obstruction des insoumis n'a pas permis si le gouvernement avait été battu sur cet article décisif c'était un événement politique majeur et après aller faire adopter le projet de loi global après une défaite sur cet article majeur là il y a eu une

56:36
Locuteur

erreur

56:36
Présentateur

tactique probablement très importante donc découverte brutale que c'est Marine Le Pen qui tire les marrons du feu et donc quel avenir pour la NUPES comment ça se fait que ça ne marche pas il y

56:46
Locuteur

a

56:46
Présentateur

un problème deuxième chose qui se joue c'est que vous avez les macronistes en crise aiguë deuxième chose c'est-à

56:54
Locuteur

-dire

56:54
Présentateur

qu'électoralement il n'y

56:55
Locuteur

a

56:55
Présentateur

plus de soutien tellement c'est-à-dire que pour énormément de leaders politiques qui regardent le paysage l'espace du centre-gauche est à conquérir électoralement il y

57:05
Locuteur

a

57:05
Présentateur

un puissant espace politique si Mélenchon et les Insoumis sont en partie bloqués à leur score et ne peuvent pas s'étendre que les macronistes baissent et qu'il

57:15
Locuteur

y a

57:15
Présentateur

l'inquiétude de la victoire de Marine Le Pen est-ce qu

57:17
Locuteur

'il

57:17
Présentateur

ne faut pas faire surgir une offre politique mais et Astrid a tout à fait raison sur ce point le scrutin majoritaire à deux tours en gros c'est ce qu'il y avait dans votre propos le scrutin majoritaire à deux tours fait que vous n'existez pas si vous n'êtes pas une force assez puissante pour gagner aller que l'équipe Cazeneuve et compagnie fasse 7 ou 8% au plan national ne leur permettra pas de jouer un rôle majeur mais en termes de recomposition politique il y a là quelque chose qui se passe potentiellement au centre-gauche à suivre on va passer à vos questions

57:53
Locuteur

Henri

57:53
Présentateur

vous demande en promulguant la réforme des retraites à 3h28 du matin Macron a-t-il cherché à provoquer ah oui bien sûr moi je suis sûr qu'il

58:03
Locuteur

y a

58:03
Présentateur

une partie de provocation pour lui en disant c'est lui qui a de toute manière qui tient les rênes voilà mais alors ce qu'il faudrait c'est regarder dans les archives s'il y a beaucoup de promulgations la nuit justement alors des promulgations la nuit c'est les journaux officiels en fait qui sont publiés très très tôt le matin donc entre 4 et 5 heures mais rajoutez quand même que les promulgations ont très souvent lieu le jour même de la décision du conseil ou le lendemain ou le surlendemain et ce sur toute la 5ème république c'est même la pratique macroniste dira-t-on d'être assez rapide c'est juste le contexte qui fait qu'on a le sentiment que ici il y aurait pu avoir

58:38
Locuteur

et qu'il avait annoncé qu'il le ferait sous 48 heures et qu'il avait

58:40
Présentateur

annoncé qu'il le ferait sous 48 heures donc il

58:42
Locuteur

y

58:42
Présentateur

a un côté couper l'herbe sous le pied qui existe il y avait une chose qu'aimait beaucoup Macron qui faisait ça à

58:47
Locuteur

l

58:47
Présentateur

'américaine c'est

58:48
Locuteur

-à

58:48
Présentateur

-dire qu'il convoquait les télévisions et

58:49
Locuteur

il signait devant les caméras devant les

58:51
Présentateur

caméras il

58:52
Locuteur

n'est

58:52
Présentateur

pas allé jusque là c

58:53
Locuteur

'était

58:53
Présentateur

pour

58:53
Locuteur

la

58:53
Présentateur

loi sur la moralisation

58:54
Locuteur

de la mémoire c'était

58:55
Présentateur

un spectacle assez grotesque gros de bien dire parce

58:58
Locuteur

qu'en général il y avait le

58:59
Présentateur

Premier ministre et deux ministres qui étaient à côté comme des pantons et qui regardaient Macron signé ça n'a pas continué c

59:05
Locuteur

'est ce

59:06
Présentateur

que vous disiez il ne

59:06
Locuteur

l

59:06
Présentateur

'a fait qu'une seule fois il ne l'a fait qu'une seule fois de filmer et c'était arrivé plusieurs fois sur la 5ème pour des très grandes lois je crois que c'est arrivé pour la loi Badinter sur l'abolition de la peine de Mahor

59:14
Locuteur

mais

59:14
Invité

à part

59:15
Présentateur

cela filmer les promulgations ça reste quand même très très vite question de Dominique et point

59:24
Locuteur

ben

59:25
Présentateur

oui mais ça c'est une chose mais le problème c'est que vous avez la loi et vous avez le droit et vous avez la rue et vous avez l'opinion et l'opinion n'est pas en accord c'est tout le débat légitimité légalité qui surgit régulièrement d

59:42
Locuteur

'ailleurs

59:42
Présentateur

Astrid je pense qu'Emmanuel Macron pardon lundi va essayer de parler à tous les Dominiques de France c'est à dire ça suffit maintenant passons à autre chose moi j'ai eu les conseillers de l'Elyse aujourd'hui au téléphone ils n'avaient pas du tout l'air inquiets sur la suite ils ont l

59:54
Locuteur

'air

59:54
Présentateur

de dire on avance on déroule comme on dit aussi en football justement peut-être sur ce discours aussi rajouté on l'a dit il y aura toute une partie sur cette légalité je pense que le président campera un petit peu sur cette position notamment en renouant un petit peu le dogme de la démocratie parce qu'on entend qu'on n'est plus dans une démocratie et c'est vrai que c'est important de le dire la légalité a été respectée on est encore dans une démocratie mais ça ne suffira pas il faut une allocation une allocation une allocution

1:00:19
Locuteur

excusez-moi on va y arriver

1:00:20
Présentateur

du 20h peut

1:00:22
Locuteur

-être

1:00:22
Présentateur

que des allocations pourraient aider évidemment on a déjà parlé des chèques en bois tout à l'heure mais les allocutions sont le lieu de renouer avec l'espoir parce qu'on a parlé des colères tout à l'heure mais peut-être que le mot exact c'est le mot peur aussi on a l

1:00:36
Locuteur

'inflation

1:00:36
Présentateur

on a la crise en Ukraine on a l'idée de travailler jusqu'à très tard et donc les français sont dans un moment de très grande incertitude et s'il y a bien une autre chose qui est sûre avec le président à part qu'on aime lui couper la tête c'est qu'on a vraiment besoin de sa parole quand on a envie d'être rassuré il suffit de se rappeler des allocutions justement du 20h en période de Covid donc voilà l'espoir pourra peut-être apporter un petit sparadrap à toutes les peurs qui se cristallisent en ce moment Sandrine aimerait savoir la loi vient d'être promulguée à partir de quand va-t-elle s'appliquer ?

1er septembre elle va être appliquée au 1er septembre c'est l'engagement qu'a pris le président de la République qui va sans doute rappeler d'ailleurs lundi

1:01:11
Locuteur

sans

1:01:12
Présentateur

doute

1:01:12
Locuteur

il

1:01:13
Présentateur

faut des décrets d'application qui pour le coup seront sûrement très complexes à mettre en place dans un laps de temps aussi court mais c'est vrai qu'en tout cas l'ambition du gouvernement c'est qu'au 1er septembre

1:01:21
Locuteur

les premières mesures et

1:01:22
Présentateur

c'est ce qui est dur pour beaucoup de gens qui pensaient partir à la retraite au 1er septembre et à qui on n'explique pas du tout qui avaient peut-être organisé leur déménagement préparé etc et qui ont dit non non pas du tout vous faites 6 mois de plus

1:01:35
Locuteur

là c

1:01:35
Présentateur

'est

1:01:35
Locuteur

quelque chose et c

1:01:36
Présentateur

'est la première fois que les réformes des retraites s'appliquent aussi vite après sa promulgation et quand dans l'opposition on annonce peut-être un recours devant le conseil d'état sur les décrets d'application est-ce que ça peut avoir un impact ? ça peut avoir un impact mais c'est vrai que ça aura un impact sur les décrets eux-mêmes qui peuvent tout à fait là aussi être corrigés dans leur légalité donc ça aura un impact temporel très limité et même pardon si le RIP le deuxième état est validé par le conseil constitutionnel le 3 mai le président peut quand même mettre en

1:02:05
Locuteur

application aucun

1:02:06
Présentateur

effet suspensif c'est vrai que c'est important de le rappeler question de Nathalie n'est-il pas dommage que les syndicats refusent de rencontrer Emmanuel Macron

1:02:14
Locuteur

? c

1:02:15
Présentateur

'est ce que vous nous disiez et la remarque est juste c'est effectivement un problème alors les syndicats sont dans l'unité de l'intersyndical il faut bien comprendre qu'il y

1:02:25
Locuteur

a

1:02:25
Présentateur

dû avoir un débat dans l'intersyndical est-ce qu'on va chez Macron est-ce qu

1:02:28
Locuteur

'on

1:02:28
Présentateur

ne

1:02:28
Locuteur

va

1:02:28
Présentateur

pas chez Macron et le problème c'est que si l'intersyndical se divise tout de suite c'est une victoire supplémentaire pour Macron donc c'est la position la plus dure qui l'a emporté c'est bon on reste tous ensemble jusqu'au 1er mai pour cette grande manifestation et on évite la situation où Sophie Binet de la CGT dirait moi je ne

1:02:47
Locuteur

veux

1:02:47
Présentateur

surtout pas être vu sur le perron de l'Elysée parce qu'on ne m'a pas élu à la tête de la CGT pour ça et Laurent Berger dire moi je vais défendre les travailleurs chaque fois que j

1:02:55
Locuteur

'ai

1:02:55
Présentateur

l'occasion je vais à l'Elysée c'est normal c'est donc renvoyé à après le 1er mai pour prolonger l'unité syndicale et éviter une rupture qui ajouterait une victoire supplémentaire au pouvoir là on comprend la position des syndicats de ce point de vue et c'est ce que va jouer d'ailleurs le président de la République c'est à dire qu'il va jouer la division syndicale et il va jouer la division de toutes les oppositions parce qu'il a une chance le président de

1:03:18
Locuteur

la

1:03:18
Présentateur

République c'est aussi un autre paradoxe il a une grande chance c'est qu'il n

1:03:20
Locuteur

'a

1:03:20
Présentateur

pas une opposition unie face à lui il a une opposition complètement éclatée mais c'est peut-être pas une chance pour le pays justement parce qu'il n

1:03:29
Locuteur

'y

1:03:29
Présentateur

a pas d'alternance et on se dit demain si jamais il y avait une dissolution on serait dans un pays complètement en chantier

1:03:37
Locuteur

merci

1:03:37
Présentateur

beaucoup à tous les quatre restez avec nous sur France 5 vous avez rendez-vous dans quelques minutes avec Ali Badou pour Célèbdo bonsoir Ali quel est le programme ce soir ?

1:03:48
Invité

le programme ce soir dans la tête d'Emmanuel Macron le décryptage du journaliste de l'opinion Ludovic Vigogne qui

1:03:53
Présentateur

signe un livre passionnant sur le président de la République décryptage aussi de Jean-Michel Apathy on vous présentera aussi un documentaire exceptionnel et édifiant sur des guet-tapens homophobes la nouvelle saga de Saïdric Klappich et puis après 20h on

1:04:09
Invité

recevra la meilleure cascadeuse au monde les françaises Aurélia Agel avant le débat de l'hebdo autour du cas Katénens c'est l'hebdo c'est en direct et c'est tout de suite bonsoir

1:04:19
Locuteur

merci

1:04:19
Présentateur

beaucoup Ali à tout de suite merci à toute l'équipe pour l'accueil merci à Caroline et à Axel Caroline Roux que vous retrouvez lundi très bonne soirée et bon week-end et bravo à Maïa merci