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interviewLe Média — Podcasts· 13 mars 2023 21 min

Missak Manouchian : un héros communiste au Panthéon ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

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0:15
Invité

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0:32
Pierre Ouzoulias

L'année prochaine, en février 2024, on va commémorer le 80e anniversaire de l'exécution au Mont-Valérien, en 1944, de Misak Manouchian et de 21 autres des francs-tireurs partisans MOI qui avaient été arrêtés quelques mois plus tôt, à l'automne 1943. Misak Manouchian, c'est une figure absolument emblématique, notamment parce que les Allemands et les collaborateurs ont profité de cette arrestation, de l'arrestation de ce réseau parisien en 1943 pour faire de la propagande et présenter sous la forme de la célèbre affiche rouge ces ouvriers immigrés, pas français donc, qu'ils présentaient comme l'armée du crime.

Et puis à partir des années 50, la mémoire s'est maintenue de l'engagement de Manouchian et des siens, notamment grâce au Parti communiste français. Il y a un an à peu près, une tribune est parue pour demander l'entrée au Panthéon de Misak Manouchian et parmi les signataires, il y avait Pierre Ouzulia. Merci. Bonjour Pierre Ouzulia. Bonjour à vous. Jean, merci beaucoup d'être venu au Média. Vous avez signé cette tribune, vous êtes sénateur communiste. Vous êtes donc bien placé, étant donné que Manouchian était un cadre du Parti communiste. Par ailleurs, je me suis un petit peu renseigné, vos grands-parents ont été des FTP. Je crois aussi que votre arrière-grand-père a été fusillé en 1942.

Je le disais, en tant que sénateur communiste, vous êtes particulièrement bien placé pour soutenir cette initiative, notamment avec un numéro de l'Humanité, avec Manouchian en couverture. Est-ce qu'on peut peut-être d'abord revenir sur l'itinéraire de Manouchian, sur ce qu'il représente aujourd'hui encore ?

2:37
Invité

Son itinéraire et ce qu'il représente aujourd'hui, son itinéraire, malheureusement, c'est l'itinéraire d'un Arménien qui fuit le génocide de 1915. Ses parents sont tués. Lui, il est recueilli à Beyrouth dans un orphelinat avec beaucoup d'enfants abandonnés qui ont perdu leurs parents. Il arrive à Marseille, comme beaucoup d'Arméniens, puis après, il monte par Lyon jusqu'à la capitale. Là, il fait des petits boulots, il est ouvrier, etc.

3:10
Pierre Ouzoulias

Il était menuisier au départ.

3:10
Invité

Tout à fait, menuisier. Mais c'est aussi un sportif, un poète. C'est quelqu'un qui a des facettes extrêmement variées et tout à fait incroyables. Il s'engage au sein du Parti communiste. Ensuite, alors qu'il l'apatride, puisque quand il fuit la Turquie, la Turquie lui enlève sa nationalité et lui interdit le droit de revenir en Turquie. Donc, il arrive en France, il l'apatride. Et malgré ça, il décide de s'engager dans l'armée française en 1939. Puis, après, au moment de sa démobilisation, peu de temps après, il s'engage dans la résistance. Donc, au sein des FTP de la main d'oeuvre, vous voyez émigrer. C'est ce que veut dire l'acronyme MOI.

Et puis, c'est un des dirigeants importants de la MOI. Tout son réseau est fliqué, le mot est juste, par la police parisienne, par la préfecture de police, dont Epstein, son supérieur hiérarchique, qui est quelqu'un qui est tout à fait essentiel dans l'organisation militaire de l'insurrection parisienne, de la résistance parisienne. Et ensuite, il est fusillé avec ses compagnons d'armes. Il y a beaucoup de résistants qui ont été un peu oubliés à la suite, pour plein de raisons. Mais il est très intéressant de voir que la figure de Manouchian s'est toujours imposée. Il y a le poème d'Aragon, en 1955, mis en musique par Léo Ferré.

Et ensuite, c'est quelqu'un qui rentre dans le panthéon de la résistance française, plutôt communiste, très, très tôt, et qui ne l'a jamais quitté jusqu'à aujourd'hui. Donc, il y a quelque chose de logique, d'un point de vue historique, qui fait que Manouchian rentre au panthéon. Politiquement, je dirais que c'est une réparation. Puisque, comme vous le savez, il n'y a pas de résistants communistes rentrés au panthéon. Il y a Jean Moulin, Jean Zé et d'autres. Donc là, il y a une forme de réparation. Que ce soit Emmanuel Macron qui le fasse, il y a quelque chose parfois de surprenant dans l'histoire.

Mais ce qui compte, c'est qu'aujourd'hui, grâce à son transfert au panthéon, le symbole fort, c'est un étranger mort pour la France. Et dans toute cette phrase, il y a énormément de choses sur ce qu'est la France, ce qu'elle pourrait être, ce que sont les étrangers en France. Et je trouve que là, c'est un symbole admirable.

5:43
Pierre Ouzoulias

La fiche rouge qui avait été conçue par les vichistes, par les pétennistes et par l'occupant comme infamante en mettant en avant le fait que c'était des immigrés. Finalement, une valeur qui s'est complètement retournée avec le temps. Et elle est emblématique, justement, de l'injustice du racisme, de l'injustice dédoublée du racisme au vu de l'engagement qu'ont pu avoir des immigrés, justement, pour leur patrie d'adoption. Si on revient un petit peu à la figure de Manouchian, peut-être qu'il y a une chose qui fascine aussi chez lui, c'est l'impression que j'ai, c'est que c'était à la fois un homme du peuple et un ouvrier et un intellectuel. Tout à fait.

D'ailleurs, il s'était inscrit, malgré son travail par ailleurs, il suivait des cours à la Sorbonne, je crois, à la fin des années 20. C'est aussi typique de la culture communiste, qui consistait à former les gens et à exiger, finalement, des militants pour qu'ils soient efficaces, qu'ils se cultivent, qu'ils apprennent la théorie, qu'ils mettent en forme leur pensée.

6:45
Invité

Qu'ils soient les militants de leur propre émancipation par la culture, ce qui est très fort. Et Manouchian a traduit des poètes français en arménien. Donc, il a eu une œuvre littéraire arménienne et aussi française. Et bien évidemment, on ne peut pas oublier que, d'ailleurs, Manouchian, il y a tout le destin du peuple arménien, notamment après le génocide.

7:10
Pierre Ouzoulias

Son père est mort les armes à la main en combattant les génocidaires turcs.

7:14
Invité

Oui, tout à fait, tout à fait. En se défendant contre les policiers turcs qui allaient le déporter. Et sa mère est morte très peu de temps après.

7:24
Pierre Ouzoulias

Je crois que c'est des descendants de Manouchian ou des membres de sa famille, ou des parrains qui sont à l'initiative de la demande de panthéonisation,

7:35
Invité

comme on dit récemment. Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas la première fois qu'une demande de transfert des cendres de Manouchian est faite. Le député Germain, qui est connu comme le mari de Madame Hidalgo, avait aussi tenté de faire quelque chose. Et là, cette fois-ci, je pense que ça va réussir, pour des raisons politiques qui ne sont pas toujours explicables. Et dans le petit comité qui s'occupe de soutenir ce transfert de Manouchian, il y a sa petite nièce, puisque Méliné n'a pas eu d'enfant. Son épouse de Manouchian. Contrairement à ce que lui demande Missac dans la dernière lettre, je te demande d'être heureuse et d'avoir des enfants, elle n'a pas eu d'enfant.

Donc la petite nièce de Manouchian. Et puis après, quelqu'un qui s'appelle Jean-Pierre Sakoun et qui est responsable d'une association qui s'appelle Unité Laïque et qui est une association qui essaye de promouvoir les valeurs de la laïcité de la République. Et je trouve qu'ils ont pris comme symbole de Manouchian un symbole de ce qu'est le projet politique de la France. C'est-à-dire un projet qui est porté par des idées et pas seulement par le fait d'être liées à un territoire par le sang et par sa filiation familiale. Et je trouve que le mythe Manouchian permet justement de porter des idées républicaines et laïques qui sont très très fortes.

9:05
Pierre Ouzoulias

Et ça vient, vous y avez fait allusion, finalement, avec cette question depuis très longtemps, d'avoir un ou une résistante communiste au Panthéon, c'est-à-dire de reconnaître la contribution des communistes, ce qui n'a pas été mince, dans la résistance. Il y a un enjeu idéologique quand même général derrière. Ça fait quand même penser à une certaine tendance depuis quelques décennies à minimiser la part communiste dans la résistance, me semble-t-il.

9:38
Invité

Oui, alors, ce qui est curieux et part, c'est-à-dire que pendant l'occupation, la participation des communistes à la résistance, elle ne peut pas être niée, parce qu'elle est absolument essentielle. C'est évident. Et elle se fait de façon très unitaire. Mon grand-père est le fondateur du Front National de la Résistance, le vrai.

10:00
Pierre Ouzoulias

Le premier Front National, il était communiste.

10:02
Invité

Le vrai, qui rassemble tout le monde. des gaullistes, des chrétiens, des francs-maçons, des socialistes, etc. Et ça, c'est l'esprit de la résistance. Et c'est un esprit que les communistes ont porté longtemps, longtemps après la libération. Mon grand-père, jusqu'à sa mort en 1995, il participait systématiquement aux cérémonies de la cascade du Bois-le-Boulogne, parce que là, il avait été fusillé, en août 1944, quasiment au moment de la libération, des communistes, des jeunes de la Joc, des socialistes, etc. Et pour lui, c'était l'esprit de la résistance. Ensuite, on a basculé dans la guerre froide.

Et bien évidemment, il était beaucoup plus difficile politiquement de reconnaître l'importance du Parti communiste dans la résistance. Aujourd'hui, je pense qu'une page d'histoire est tournée. Et l'histoire de la France a, quelque part, est en train de comprendre quelle a pu être l'importance de sa culture communiste. parce que c'est paniquement la résistance. Donc, il y a une forme de co-redition de l'histoire qui arrive très, très bien avec la pontanéisation de Manouchien.

11:14
Pierre Ouzoulias

Et vous y faisiez allusion, il y a ces facilités, disons, ce qu'il peut y avoir de difficile, ce qui peut coincer à cause du communisme, à cause du rapport au communisme, se trouve facilité par le fait qu'il y a toute une dimension républicaine. La République qui accueille les étrangers, vous disiez, c'est le président d'unité laïque qui est une association qui est tournée vers ses questions, qui met l'accent sur ses questions. Manouchien, le mythe Manouchien, finalement, a plusieurs facettes. Tout à fait.

11:45
Invité

Et ce qui est vraiment passionnant de voir, c'est que Manouchien, comme tous ses camarades... Pardon, c'est Manouchien, c'est Manouchien. Non, mais il faut le dire, parce qu'en fait, ce n'est pas évident. Je fais l'erreur, j'en suis désolé. Manouchien, comme tous ses camarades, alors, ils arrivent de partout. Il y a beaucoup de juifs communistes, la plupart, qui fuient les pogroms de Bessarabie, de Bulgarie, de Russie, partout. Il y a des républicains espagnols, il y a des antifichistes italiens. Ils sont fondamentalement pris par la cause internationale du Parti communiste, mais ils sont aussi fondamentalement français.

Et ils défendent une certaine idée de la France, qui n'était pas celle de la France de Pétain. Donc, une idée de la République, une République fondée sur la citoyenneté et indépendante de l'origine des individus. Et pour eux, c'est une République qui porte aussi, quelque part, une utopie universelle, celle d'une grande République universelle qui s'adresserait à tous les peuples. Et on trouve, dans leur action, ce mélange des deux choses. Et c'est vraiment un moment particulier de l'histoire où on sent bien que l'internationalisme et le patriotisme, parce qu'ils sont patriotes, fusionnent dans un même mélange. Je trouve que c'est ça qui est admirable aujourd'hui.

12:58
Pierre Ouzoulias

Ils ont un patriotisme qui est l'héritier du patriotisme de la Révolution française.

13:01
Invité

Bien sûr, les détachements des FTP MOI s'appellent Valmy, Carmaniole, etc. Ce qui est quand même tout à fait étonnant. On a oublié que Villeurbanne a connu deux jours d'insurrection, donc quasiment à la fin de l'occupation. C'était l'union des Juifs dans la Résistance et la FTP MOI, Carmaniole. Et là, c'était quasiment que des étrangers. Mais ils défendaient cette grande histoire des révolutionnaires de l'an 2, des soldats de l'an 2. C'était ça, l'idée.

13:37
Pierre Ouzoulias

La Révolution française émancipatrice.

13:39
Invité

C'est ça.

13:39
Pierre Ouzoulias

Si on vient précisément aux questions qui fâchent et auxquelles vous avez pu faire l'union, enfin qui fâchent, je ne sais pas, mais en tout cas, là où il y a vraiment une problématique et des enjeux politiques brûlants, le fait que cette panthéonisation soit, semble-t-il, considérée très sérieusement par Emmanuel Macron et son entourage, je crois, dès le printemps dernier, l'entourage du président, l'Élysée, a commencé à dire que ça allait bien sans doute pouvoir se faire. On voit aussi que dans la tribune que vous avez signée il y a un an, il y a des signataires qui ne sont pas spécialement connus pour être de gauche. C'est le moins qu'on puisse dire.

14:18
Invité

Dont son père était membre des FTP.

14:21
Pierre Ouzoulias

Certes, mais bon, Alain Mink, c'est quelqu'un qui aujourd'hui est très engagé, par exemple, pour la prétendue réforme des retraites et en gros pour le combat néolibéral. Voilà, le combat néolibéral d'accentuation des inégalités qui est celui d'Emmanuel Macron et qui est tout à fait antithétique, tout à fait opposé à la pensée de Manouchian telle qu'on la connaisse. Et la mienne. Ben oui, j'imagine bien. Et si on va plus loin, on ne peut pas s'empêcher aussi de se poser la question de l'utilisation nécessairement, comment dire, en termes de communication. C'est quand même l'essentiel de ce que font les gens autour d'Emmanuel Macron et son créneau politique.

On fait de la com, on cherche ce qui va créer du consensus et finalement, le contenu idéologique importe peu, en tout cas. Voilà, il y a cette dimension. On voit bien que ce personnage pourrait être récupéré d'une certaine façon. Et même si on va plus loin, là je vais vraiment aller sur les questions qui fâchent, Manouchian, c'est quelqu'un qui était un immigré clandestin au départ. Il est rentré en 1925 à Marseille avec son frère clandestinement. Il est rentré illégalement. Quand on voit aujourd'hui comment se comporte la police de M.

Macron avec les immigrés dans la jungle de Calais, quand on sait qu'il y a régulièrement des tentes qui sont sur ordre des hiérarchies policières déchirées, les migrants sont harcelés, on les laisse aussi mourir en Méditerranée. L'héritage de Manouchian, c'est aussi ça. Et il y a un paradoxe là quand même.

15:50
Invité

Il y a une difficulté. C'est cette France de la diversité. C'est cette France composée de personnes qui arrivent de tous les horizons et qui sont portées par un projet collectif que je résume en deux mots. La citoyenneté, l'égalité des droits. Ça, c'est fondamental. Ensuite, l'État civil, ça vient après. C'est ce moment-là. Cette France-là, c'est un idéal. C'était l'idéal de Manouchian

16:13
Pierre Ouzoulias

mais ce n'est pas celle qu'il a trouvée en arrivant.

16:15
Invité

Non. Et ce n'est pas celle d'aujourd'hui non plus. Non plus. C'est pour ça que je pense que c'est intéressant justement d'être derrière Manouchian pour dire que nous avons encore un horizon d'attente pour la République française. Et c'est toujours les mêmes valeurs que lui a défendues pendant la France de l'occupation où on faisait la chasse aux étrangers quand même et aux Juifs principalement parce qu'ils étaient Juifs.

16:38
Pierre Ouzoulias

Ils étaient très nombreux parmi les hommes de Manouchian. Bien sûr.

16:42
Invité

C'est presque 50% des effectifs des Juifs qui fuient les pogroms de partout. Donc c'est très important aujourd'hui justement de revenir là-dessus. Alors pourquoi le président de la République le fait ? Vous êtes historien. Je pense, c'est une hypothèse personnelle, qu'aujourd'hui le dernier grand discours idéologique c'est le récit national. Les autres se sont effondrés. le récit politique, le récit religieux, le grand dernier récit c'est le récit national. Il y en a plusieurs versions possibles du récit national. Bien sûr.

17:17
Pierre Ouzoulias

C'est la révolution française et universaliste et émancipatrice. Il y en a une autre

17:20
Invité

c'est une Manouchian. On le voit très bien. Juste avant l'invasion de l'Ukraine, enfin quelques temps avant, Poutine a repris en main tout le travail des historiens et a installé une commission présidentielle dont le travail était de dire ce qu'il était possible d'exprimer en tant qu'historien sur l'histoire de la Russie et de l'Union soviétique. Il y a eu un préalable idéologique fort à l'invasion de l'Ukraine. On voit la même chose en Hongrie, en Pologne, en Italie aujourd'hui. En Italie, c'est juste à côté.

Donc on voit très très bien qu'il y a une volonté d'investissement idéologique très forte sur le récit national à laquelle je ne vais pas comparer Macron et Poutine mais à laquelle Macron participe d'une certaine façon et Manouchian suit Joséphine Becker. J'ai trouvé que la pantonisation de Joséphine Becker était quelque chose de très intéressant. Femme qui a défendu ses droits civiques en tant que noire aux Etats-Unis. On voit très bien ce que ça représente et le symbole était fort. La cérémonie, j'y ai participé, elle était très belle, elle était juste. J'espère que celle de Manouchian sera la même.

18:33
Pierre Ouzoulias

On voit bien dans le cas de Joséphine Becker que ce choix était quand même un peu facile au sens où l'oppression contre laquelle Joséphine Becker a lutté, elle n'était pas française et la France a eu le beau rôle dans cette histoire-là puisque elle l'a accueillie.

18:47
Invité

Là, c'est différent. Là, c'est différent. Manouchian a été victime de l'Etat français vichiste, pétainiste. Il faut le redire et il faut le redire fort. Il a été fusillé par les Allemands mais il a été livré par la police française, par la deuxième brigade de la préfecture de police parisienne aux Allemands, laquelle brigade avait commencé une traque contre les communistes dès la fin du Front Populaire, dès 1937. Les fichiers étaient prêts. Donc, ils n'ont eu qu'à puiser dans tout le travail de renseignements généraux qu'ils avaient fait au moment de la période qui va du Front Populaire à la déclaration de guerre. Et ça, il faudra le répéter de façon très très forte.

il a été victime d'une pensée nationaliste et fasciste française. Ça, c'est important de le répéter aujourd'hui à un moment donné où on entend une volonté de réhabilitation de pétain, notamment pendant la campagne présidentielle française. Je ne citerai pas le personnage mais tout le monde a son nom en tête. Donc, d'ailleurs, Manouchon, il y a ça aussi. Je pense que c'est très important de repenser notre histoire. Et moi, j'en parle beaucoup aux jeunes. Alors, moi, je suis issu d'une famille pour laquelle la résistance était la valeur suprême. Je suis dedans, ça ne me pose pas de problème.

Pour les jeunes, c'est beaucoup plus compliqué parce qu'il n'y a plus de survivants de cette période-là. La relation à l'occupation, elle se fait par les livres, par l'école, par l'enseignement. Et je suis très surpris de voir que les jeunes sont très sensibles à ce qu'a été le parcours de Manouchon. parce que beaucoup sont en quête de sens. Et voir que tout ce personnage, finalement, a conduit sa vie avec un objectif fort, qu'un objectif généreux, politique, littéraire aussi, ça, ça impressionne les jeunes. Et je trouve que c'est aussi un exemple pour la jeunesse Manouchon.

Voir que, au-delà de préoccupations matérielles qui sont tout à fait légitimes, on peut porter des idéaux, on peut porter aussi un projet collectif. Et ça, c'est un exemple pour notre temps. Merci beaucoup. Je vous en prie. Pierre Ouzulia,

21:01
Pierre Ouzoulias

l'enjeu, ça va être quand même de tirer cette commémoration d'un côté plutôt que de l'autre. Elle peut avoir plusieurs dimensions.

21:09
Invité

Et pour ça, il faut en faire un grand événement populaire. Voilà, c'est-à-dire qu'il ne faut pas laisser le président tout seul s'occuper de Manouchon, mais c'est à nous tous de nous en occuper en exprimant ce qu'il porte pour nous. Je pense que c'est très important de le faire.

21:21
Pierre Ouzoulias

Rendez-vous en février prochain.

21:22
Invité

Rendez-vous en février. Merci beaucoup. Au revoir.