MACRON : peut-il encore peser sur la POLITIQUE FRANÇAISE ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse directe
Comment comprenez-vous le moment choisi par le président pour cet entretien dans une séquence internationale liée à l'ONU ?
- 2:09OuverteRéponse directe
La menace russe s'aggrave-t-elle vraiment dans les semaines à venir ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Comment apparaît ce choix de parler hier soir de la part du président de la République ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Quel est le message principal sur la menace russe ?
- 6:32OuverteRéponse directe
Les alertes de la CIA sur une attaque russe en France sont-elles crédibles ?
- 9:25OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron se drape-t-il dans le costume de chef de guerre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 15:08Fait
« la France reste un pays leader dans la diplomatie malgré ses problèmes économiques et malgré son instabilité politique »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Hier soir, Emmanuel Macron a pris la parole interviewée par Caroline Rou et Gilles Boulot dans les journaux de TF1 et de France 2. 40 minutes durant lesquelles le président s'est attaché à démontrer le soin qu'il prend des Français à travers son activité diplomatique et réciproquement a démontré que les difficultés quotidiennes et surtout la hausse pharamineuse du prix de l'essence relèvent de la géopolitique. étant chef d'état actif, déterminé, volontariste qu'il s'est campé avec un mot qui revient dans sa bouche comme un light motif, la responsabilité et déjà se dessine creux le procès de ses possibles successeurs. Bonjour Rémy Le Fèvre. Bonjour. Vous êtes politiste, professeur à l'université de Lille à Science Paul Lille. Vous publiez en cette rentrée faire partie autrement insoumis des
marcheurs 2016-2026 aux éditions raison d'agir. À vos côtés, Isabelle Lasser. Bonjour. Bonjour. Journaliste au Figaro, spécialiste des questions internationales. Vous avez publié Macron Poutine les liaisons dangereuses au seuil en 2023 et plus récemment aux édition de l'Observatoire les fantômes Dominiques. Merci beaucoup à tous les deux d'être venus ce matin. Un mot pour commencer du moment choisi par le président pour cet entretien. Comment le comprenez-vous dans une séquence internationale liée à l'ONU ? Peut-être Isabelle Laasser, une séquence internationale liée à l'ONU, mais surtout une séquence internationale dans laquelle la menace russe concrétise et s'aggrave. Et dans cette dans ce contexte, la France est sans doute un des pays qui sont euh une des cibles principales de la Russie
parce qu'il y a des élections présidentielles dans quelques mois et euh on sait que les attaques hybrides de la Russie visent plusieurs objectifs à essayer de couper l'aide européenne à destination de l'Ukraine et aussi à essayer de de booster et de propulser les partis qui sont davantage favorables à Vladimir Poutine au pouvoir. Donc c'est pour ces raisons que les la menace russe va s'aggraver dans les semaines et dans les mois qui viennent pour essayer de démobiliser, de déstabiliser la population, de provoquer une inquiétude. Voilà, parce que en en fin de à à la
fin, si le si la France lâche l'Ukraine et si la France perd un peu les pédales, enfin en tout cas son ses objectifs diplomatiques, c'est toute l'Europe qui risque de s'affaiblir parce que la France reste un pays leader dans la diplomatie malgré ses problèmes économiques et malgré son instabilité politique. C'est dans ce contexte-là que s'exprime le président de la République Rémy Le Fèvre. Il y a cette interprétation sur la menace russe aujourd'hui et maintenant ce moment particulier. On va y revenir d'un point de vue de politique intérieure. C'est comment vous apparaît ce ce choix de de parler ce hier soir de la part du président de la République ? On a beaucoup glosé sur le fait qu'il donne des Philippe. Oui. Alors moi [raclement de gorge] évidemment ma lecture elle est beaucoup
plus celle du du de l'analyse de la vie politique fait et ce qui est frappant c'est l'interdépendance aujourd'hui entre la géopolitique et la politique nationale. Bon cette interaction se faisant évidemment à travers la la crise énergétique mais aussi la menace d'un nouveau mouvement social et puis effectivement aussi la fin du mandat d'Emmanuel Macron de son deuxème mandat. l'idée qui aussi ne peut pas se représenter euh et la campagne électorale qui monte en intensité. Donc c'est une volonté certes du président de d'alerter l'opinion sur la gravité de la situation géopolitique, mais c'est une manière aussi de se remettre dans le jeu, de travailler aussi son bilan et
surtout de désarticuler la question énergétique de la politique nationale et gouvernementale. Il n'a cessé de dire que au fond la situation aujourd'hui la la le problème de de du prix de l'essence était lié à la situation géopolitique principalement. Donc il a sans arrêt ramené en fait euh ramené cette question à la géopolitique. Il a il a même dit au fond et en évoquant la résurgence des gilets jaunes que euh euh il ça n'avait aucun sens de manifester dans la rue alors que euh alors que finalement euh le problème était géopolitique. Donc si c'est une manifestation pour le D3 d'Ormous et sa son ouverture, j'irai la faire moi aussi. Voilà. Donc ce qui est ce qui est pas totalement évidemment incohérent intellectuellement, mais ce qui est une
manière aussi de se replacer dans le jeu et de travailler. Moi je dirais que c'est un ce qui a été au cœur de de de hier de son intervention, c'est la question de l'imputation en fait de du phénomène énergétique. Et donc il essaie de de redonner une intelligibilité de la situation en en accentuant sur la la question internationale, ce qui est bon, je le répète, assez cohérent intellectuellement, mais ce qui est une manière aussi de peser de peser sur le jeu de de de alors même que très clairement sa démonétisation tant sur le plan international que sur le plan intérieur est déjà bien engagé. Alors, deux grands sujets ont rythmé l'interview du président. On a commencé
à les esquisser. La menace russe et le prix des carburants, l'international et la politique intérieure et le tout évidemment solidement lié. Commençons par le premier. Le message numéro 1 est simple. L'Europe et la France peuvent désormais se trouver directement attaqués par la Russie comme ça a été le cas en Allemagne début août à Life qu'est-ce que vous en pensez Isabelle la nous avez dit qu'en effet le moment est spécialement dangereux. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s'est passé en Allemagne ? en Allemagne euh c'est c'est un moment qui a failli faire basculer le concept de de de guerre hybride à une guerre ouverte parce que euh un un deux drones d'ailleurs devaient euh exploser à côté de d'un avion rempli d'armes qui devaiit aller en direction de de l'Ukraine. C'était à
l'aéroport de Laipsig. Et si cet attentat raté euh avait réussi, il y aurait sans doute eu de nombreux morts sur l'aéroport de la IPSI. Donc là, on a vraiment une intention d'attaque directe de la Russie puisque cet attentat raté a été imputé à la Russie dans un pays de l'Union européenne en pleine campagne électorale parce que c'était bien entendu quelques jours avant les élections avant des élections cruciales en Allemagne qui ont été remporté par l'AFD, le parti d'extrême droite. Donc vous voyez comment ça se comment ça s'imbrique. La France est menacée bien évidemment de la même chose. La la CIA a a apparemment prévenu
plusieurs pays européens de l'iminence de d'une attaque contre plusieurs pays, notamment l'Italie, l'Espagne et la France. Donc les pays qui sont en campagne qui auront des élections en 2027. Ça c'est pas très clair Isabelle Lasser parce que il y a beaucoup de d'avertissements qui sont donnés. Les journalistes hier ont commencé par dire les pays du sud de l'Europe et notamment la la même façade méditerranéenne de la France va être attaquée. La CIA le dit, Emmanuel Macron a démenti, mais par contre, c'est sûr qu'il y a à l'heure actuelle des alertes des services de renseignement américains notamment polonais, danois. Dites-nous. Oui. Alors, il faut il faut rappeler deux choses. Il faut prendre au sévieux ces avertissements parce que la dernière fois que la CIA a lancé un avertissement
de cette taille, c'était 15 jours avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie et c'est exactement ce qu'il s'est passé. par ailleurs dans la tête de de Vladimir Poutine et les gens qui l'entourent au Kremelin, la la menace vaut enfin la la menace verbale vaut attaque. Je m'explique que qu'un attentat ait lieu sur le seul français de type celui qui a failli avoir lieu en Allemagne ou pas, de toute façon la menace provoque déjà une déstabilisation, une inquiétude, une mobilisation politique et c'est déjà la moitié 50 % de l'effet recherché par Vladimir Poutine qui est de faire s'interroger les Français sur le niveau
de sécurité que leur offre ou non le gouvernement sur leur choix politique sur on entend par exemple qu' une petite musique qui monte depuis depuis que cette menace russe c'est c'est se manifeste de plus en plus ouvertement. C'est certains français qui disent "Bon ben finalement alors on a plus d'argent euh on sait plus on sait pas comment on va ce qui va se passer économiquement dans dans un an et on donne tout notre argent à l'Ukraine. Voilà ce qu'on entend ou même plus loin, on l'entend à l'extrême droite en Allemagne notamment. On n pas enf ils ont un peu plus d'argent que nous mais on n pas beaucoup d'argent on paye une fortune le gaz alors que si on se fa la p avec la re c'est pas seulement à l'extrême droite. Or ce ce c'est c'est faux. C'est un
raccourci. D'abord, c'est l'Union européenne qui soutient l'Ukraine. C'est un tout petit pourcentage du budget français. Donc c'est pas comme ça que ça marche et surtout le le fond de l'histoire et c'est ça quand même qu'il faut réexpliquer aux gens, c'est que si on si la Russie gagne en Ukraine, la guerre ne s'arrêtera pas, elle se poursuivra et là le coût militaire, économique, politique des pays de l'Union européenne qui devront se défendre contre d'autres déstabilisations de la Russie sera beaucoup plus important que le coût qui est payé aujourd'hui. parce que en fait l'Ukraine est un petit peu le le le front de l'Union européenne à la marge. Mais vous voyez bien, c'est tout ça que
essaie d'ébranler le Kremelin quand il lance une menace. que un attentat est tout à fait possible, mais même sans attentat, la menace verbale euh en fait a le même effet presque. On dit aussi que la l'approche des élections américaines est encore plus enfin crée encore plus de vulnérabilité parce que Donald Trump aurait les mains liées avant les midtermes. Il y a deux vulnérabilités. une vulnérabilité euh liée à la question iranienne. C'est-à-dire que Donald Trump a fait euh euh étalage des limites de la méthode militaire vis-à-vis de l'Iran, des limites aussi de la capacité américaine en terme d'armement parce
qu'on voit que ce n'est pas les les les le le matériel n'est pas n'est pas infini. Ça c'est la première vulnérabilité. Et la deuxième c'est que à l'approche traditionnellement à l'approche d'élection que ce soit les myth termes ou les présidentiels, la politique étrangère américaine se met en quelque sorte entre parenthèses. alors il y a deux moments très fragiles au niveau international, c'est avant les élections américaines et après toute la période qui suit soit l'installation de la nouvelle chambre ou des nouvelles chambres, soit l'installation à la Maison Blanche du nouveau président cette période de vacances où les prédateurs ou les puissances autoritaires et tous ceux qui luttent contre l'Occident en profitent pour déstabiliser parce que c'est vrai que
Donald Trump ne peut pas prendre des décisions normalement parce qu'après avec Donald Trump rien ne fonctionne de manière traditionnelle mais c'est vrai que il est obligé de de d'apaiser un petit peu pour bah ne pas perdre complètement ses primaires sur le la forme dans le ton Emmanuel Macron en alertant la population sur cette menace c'est lui-même présenté draper des du costume de chef de guerre. Il a d'ailleurs emprunté aux militaires une partie de leur vocabulaire un peu jargonneux, nous expliquant que la Russie considérait l'Europe comme la profondeur stratégique de l'Ukraine ou encore qu'on avait monté la posture. Donc il y a malgré la gravité du sujet, il y a une forme de mise en scène Rémy Le Fèvre, une manière pour le président
de de se draper de comment dire de de grands de grands atours d'atours de chef de guerre et de grands hommes d'état. Bah oui, effectivement. Alors là, il est dans son domaine réservé, mais ce qui est très frappant dans dans la rhtorique du et la posture du président hier, c'est que on a l'impression qu'il est un peu sur tous les fronts et que au fond la il a pas arrêté de parler de l' l' l'approvisionnement en énergie, qu'il était le de de de l'hiver qui allait arriver, de de sa mobilisation constante et comme si c'était c'était lui qui parce que ça se jouait à l'international était finalement euh le le le garant de la de de la vie quotidienne des
Français. Donc il y a il y a il y avait sans arrêt ce ce jeu entre l'international et en même temps dire l'interpénétration entre ces enjeux internationaux et la vie quotidienne, les problèmes quotidiens, la situation sociale. Et donc du coup ce qui quand même lui permet, on a l'impression que c'est irrépressible chez lui, de montrer qu'il est qu'il est là et que au fond sa posture de de de président très actif sur la scène internationale était une manière aussi de de veiller et de encore sur sur les Français. Donc ça c'est quand même quelque chose qu'il a qu'il a beaucoup évoqué, ce qui lui a permis aussi, je sais pas si on va en parler après aussi d'évoquer [raclement de gorge]
le fait que sa politique n'était pas n'était pas en cause que que par exemple sur la sur question énergétique c'était aussi que que les finances publiques n'étaient pas que si lui les finances publiques ne pouvaient pas aujourd'hui permettre de de de baisser le prix de l'énergie mais parce que il a révoqué la réforme des retraites que au fond il avait pas réussi à convaincre les Français que il fallait alors ça c'est très important que c'est l'absence de réforme sociale en France parce qu'il n'avait pas convaincu qui expliquait la situation des finances publiques réforme sociale qui avait été faite en Allemagne ou dans de pays européens et qui leur permet aujourd'hui d'être dans une meilleure situation financière. Donc euh c'est quand même un exercice auquel il
s'est livré hier de re reconfiguration un petit peu euh de tout tous les enjeux euh passer au tami euh de la situation internationale euh euh ce qu'il arrange parce que il peut démontrer effectivement euh euh ce volontarisme, ce euh cet activisme qui n'a cessé en fait de mettre en scène hier. Et dans la série de l'importation de la géopolitique en politique intérieure, il est revenu sur cette réunion vendredi dernier où il a convoqué à l'Élysée les différents chefs de parti pour un brief sur les menaces en présence des services de renseignement et de sécurité. Ça semblait être mon devoir, a dit Emmanuel Macron hier soir. C'est c'est une démarche assez inédite, non ? Rémy Lefèvre ? Oui, il me semble que en plus convoquer les chefs de parti. Alors, certains ne
se sont pas prêtés l'exercice hein. Il y avait il y avait puisquil il avait demandé aussi au candidat de venir, pas simplement au chef de parti. Donc, il n'y avait ni euh Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon, mais euh ces deux parties étaient représentées par leur euh dirigeants euh respectifs. Bon, en plus avec une mise en scène qui est ils ont été reçus dans la cellule de de crise de de défense de l'Élysée. Bon, voilà, tout ça est quand même très euh très calculé. La séquence est quand même assez millimétrée. Il y a eu l'intervention à l'assemblée de l'ONU, il y a eu cette réunion de crise, il y a l'intervention télévisée. Enfin, ce qui est quand même très très frappant, c'est on est quand même quasiment à la fin du mandat présidentiel. On sait très très bien,
c'est le c'est ce que les Américains appellent le syndrome du canard boîteux, que en gros un président qui ne se représente pas n'a plus vraiment de pouvoir et démonétisé. Et là en fait, on a l'impression à toute force qui cherche à garder la main. Alors c'est vrai dans un contexte international qui est tout à fait inquiétant et qui mérite sa présence mais avec une très très forte personnalisation des enjeux du discours, de la communication. Le mot démonétisé revient. Vous dites que l'action du président enfin disons que sa capacité d'action est assez faible en France. En ce qui concerne la politique internationale, lui il dit "La France a une grosse diplomatie diplomatie, on pèse, c'est des mots qu'il a employé hier soir Isabelle Laasser. Est-ce que l'action du
président est démonétisée à à l'ONU ou dans les ancêines internationales du fait de la fin de son second mandat et qui ne peut pas se représenter ou est-ce que réellement on pèse encore ? Je crois que ce c'est c'est les deux choses à la fois. Euh il est démonétisé au niveau international euh pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il s'en va et que la question que posent tous les responsables européens et tous les étrangers quand on les rencontre, c'est qu'est-ce qui se passe fin avril ? Est-ce que la France va changer d'alliance ? Euh donc il y a il y a une telle incertitude que on peut plus miser sur sur la France. sa politique est démonétisée parce que bah il a il a complètement perdu la main mais même c'était c'est avant avant c c ces derniers mois
il est il ne pèse plus au au Moyen-Orient et en même temps moi hier je parlais encore à des responsables ukrainiens c'est encore la France qui compte sur ce dossier pourquoi parce que la France même démonétisée même avec un président qui est en train de s'en aller et cette incertitude politique et ben c'est le c'est un des pays leaders sur l'Ukraine et si la France si la France lâche, il risque d'y avoir un effet domino avec tous les autres pays européens. Son son initiative dans la dissuasion nucléaire de dissuasion nucléaire avancée, c'est-à-dire de de de d d' détendre le principe enfin pas le parapluie mais le le principe de la dissuasion
nucléaire aux autres pays européens. Euh c'est quelque chose qui est extrêmement important et qui continue à raller des pays. C'est-à-dire qu'il y a des pays qui continuent à raller à raller ce concept. Donc la France est une puissance nucléaire. Elle comptera jusqu'au dernier moment sur la question ukrainienne. Merci beaucoup à tous les deux. Isabelle Lasser, Rémy Lefèv. Merci pour ces éclaircissements. On se retrouve dans une vingtaine de minutes pour évoquer la situation intérieure telle qu'Emmanuel Macron l'a dépe hier soir mais il est 8h. Sculture Marguerite Gaton. On retrouve nos deux invités, Isabelle Lasser et Rémy Lefèvre pour continuer l'exégèse du discours présidentiel d'hier soir. Isabelle Lasser, vous êtes spécialiste des questions internationales au Figaro
et vous, Rémy Lefèvre, vous êtes professeur de sciences politiques à l'université de Lille. Alors, on a évoqué avant le journal l'action diplomatique du président sa mise en garde énergique sur l'état de la menace russe. J'aimerais qu'on en vienne maintenant aux questions intérieures avec un point crucial. Alors que le gazol dépasse les 2 € le litre, l'essence y arrive aussi, le gouvernement a décidé de s'attaquer au prix et pas aux taxes. Et ça c'est un choix politique. Réy Lefèvre. Oui. Alors, il a été très clairement affirmé hier puisque le président a écarté non seulement a écarté cette cette hypothèse hein en se en se portant garant c'estd qu'en gros il essaie de de d'agir sur sur les marchés sans envisager
effectivement une politique qui serait une politique de dépenses publiques. Donc du coup la question du quoi qu'il en coûte, la question des finances publiques finalement a débarqué un petit peu a fait éruption dans dans dans ces échange d'hier, c'est très frappant de voir à quel point plein de sujets ont été abordés. Finalement au départ, on pouvit on pouvait considérer que c'était un un entretien focalisé sur la sit situation internationale et comme il y a effectivement plein d'interdépendance aujourd'hui entre bah la vie quotidienne des Français et la situation nationale, il y a plein de choses qui ont été abordées et effectivement aussi cette option qui a été écartée de la part du du président de de plaf de de de taxer de de de subventionner un peu plus les
enfin de donner plus d'aide. Et donc la question de Total par exemple a été abordée et on a eu un président qui a défendu Total en en en argumentant, en disant voilà il a Total plafonne aujourd'hui plafonne aujourd'hui les prix les prix de l'essence. Donc sans mentionner d'ailleurs qu'au passage Total gagne le monopole de la distribution d'essence en France. Voilà. Tout tout à fait. Et donc alors le président pour être juste, j'ai j'ai sais pas si vous avez observé mais il a il a pas totalement exclu que dans le débat budgétaire l'option en fait d'une mise à contribution de Dotal soit soit mise mise en discussion. La manière de d'écarter l'idée de soulever les taxes, enfin de détaxer en fait le carburant au en privilégiant plutôt les négociations internationales,
c'est une façon de renvoyer la gauche et le RN dos à dos et les renvoyer du côté de Démagogue. Oui. Alors, il a pas arrêté de parler de ça. lui lui il est dans la complexité du réel, il l'a dit plusieurs fois, il est là pour éclairer les enjeux et finalement aussi critiquer les options les options fantaisistes ou ou populistes. Et et ce qui est très très frappant aussi, c'est que évidemment la question aujourd'hui des marges budgétaires dont dispose la France pour faire face à cette situation a été posé et c'est là qu'il a qu'il a défendu il a défendu au fond l'idée que al qui est quand même assez force de café d'un certain point de vue que que qu'au fond la dégradation des des finances publiques en France
qu'il a reconnu était lié à son incapacité à à faire des réformes sociales que d'autres pays avaient fait euh et notamment il a évoqué à deux à deux reprises la réforme des retraites hein comme si au fond euh cette questionlà était au cœur aujourd'hui euh du débat politique, ce qui est quand même euh je je trouve la preuve aussi que que l'enjeu tout de de tout de tout cette redéfinition du débat public autour de l'international, c'est de défendre son de défendre son bilan, he c'est bien ça le le cœur du aussi du du problème et de et de de sa stratégie et ça c'est quand même frappant. il anticipe que dans la campagne euh non seulement personne ne va défendre son bilan, que personne ne défend le macronisme parce que ça c'est
quand même très frappant. On a un président qui est en en fin de en fin de course mais personne ne défend son bilan et même les deux candidats issus de son camp qui sont ces deux anciens premier ministres Édouard Philippe et Gabriel Atal ne cessent de de critiquer son bilan. il a perdu, il faut quand même le rappeler, la main sur son parti politique. Il avait créé un parti la République en marche que que j'étudie précisément dans mon livre qui l'a qui est devenu Renaissance qui euh est est coup complètement euh euh n'a plus de lien avec le président de la République. C'est quand même un phénomène inédit. C'est qu'on a c'est le parti de Gabriel Atal aujourd'hui. C'est le parti de Gabriel Atal. C'est devenu un une machine personnelle de Gabriel Atal. Donc il est dans une
situation où personne ne défend son bilan et lui-même finalement est amené à la faveur de ce contexte international et parce que il a les armes de ce domaine réservé de aussi la possibilité finalement de convoquer les journalistes et de prendre la parole publiquement, il il défend son bilan. Voilà. Donc donc il y a bien il y a bien hier il y avait bien une relecture de son mandat à l'ône de la situation internationale et énergétique actuelle. Jean les Marie vous êtes resté après votre billet politique, vous voulez intervenir ? vous écoute. Un président qui prépare sa défense, effectivement, c'est ce qu'on pouvait entendre hier, euh qui explique que si ça ne va pas mieux et si ça va mal même, c'est évidemment à cause de la situation internationale. Vous en avez déjà
beaucoup parlé, à cause des forces politiques, les partis politiques en particulier. Émiley Le Fèvre mentionnait les partis. Il y a d'un côté le président à la hauteur des événements internationaux, de l'autre les partis qui eux visiblement ne le sont pas et puis les Français également. Les Français qu'il a évoqué très explicitement à propos de la dissolution qui ont fait ce choix. En 2024, lorsqu'ils ont eu la parole de cette assemblée-là, de cette assemblée fragmentée, divisée, les Français l'ont voulu, il l'a dit, il l'a répété. La balle est dans leur camp où la responsabilité de la situation pour le président de la République est de leur côté. Oui. Donc c'est intéressant. On a toujours cette structuration de du discours de madame Macron et de sa position entre d'un côté les
responsables et puis de l'autre bah les irresponsables, ce sont les démagogues, les partis, les Français quand ils votent mal. À l'échelle internationale aussi, Isabelle Lacer, on voit cette partition. Il y a les responsables, ceux qui vont poursuivre en fait sa politique notamment vis-à-vis de l'Ukraine et les irresponsables, encore une fois, ce sont des extrêmes RN, LFI. Oui. Alors, au niveau international les les les bilans des présidents quand ils s'en vont euh sont toujours extrêmement critiqués. Puis après, il y a une réévaluation, par exemple, il y a eu une révaluation du bilan international de François Hollande qui à la lecture de l'actualité était quand même assez bon et sans doute l'un des meilleurs de depuis ces ces ces 20 dernières années. Ne pas être dupe sur la Russie
principalement. Oui, notamment. le la question de de la Russie, elle est extrêmement importante parce que ce qui se joue fin avril ou début mai, c'est la possibilité mais mais carrément d'un changement d'alliance de la France, c'est-à-dire d'une autre d'une autre vision de de la France projetée internationale. Ce qui se joue au printemps, c'est est-ce que la France va choisir de d'arrêter concrètement l'aide à l'Ukraine, d'être beaucoup plus favorable à la Russie de Vladimir Poutine et de de de casser ce consensus
européen qu'on a mis des années des années à bâtir, à construire. Est-ce qu'aujourd'hui, pardon dans leur Isabelle S, excusez-moi de nous interrompre, mais est-ce qu'aujourd'hui des partis politiques et précisément est-ce qu'aujourd'hui le Rassemblement national et la France insoumise disent explicitement que si leur candidat arrivent à remporter l'élection présidentielle, ils cesseront de délkraine Alors, ils sont plus subtils que ça parce que ce discours serait trop caricatural aujourd'hui. Mais ils le disent à mot couvert. C'est-à-dire que dans le communiqué du Rassemblement national après la réunion avec les partis politiques de d'Emmanuel Macron, effectivement, il y a une manifestation d'inquiétude, une désignation de la Russie comme l'agresseur de l'Ukraine.
Et quand on voit au milieu du communiqué, on voit très vite que le Rassemblement national considère que l'aide à l'Ukraine doit être réévaluée, c'est-à-dire qu'il doit y avoir une une nouvelle discussion et que finalement c'est la paix qui doit l'emporter. C'est ces deux concepts euh font penser la la balance du côté de Vanille Petine. Évidemment, tout le monde veut la paix, évidemment tout le monde veut que la guerre s'arrête, mais évidemment tout le monde veut la reprise des relations diplomatiques. Mais les pays européens et notamment Emmanuel Macron, on lui a d'ailleurs suffisamment reproché au début de son mandat, n'ontu de cesse que d'essayer de relancer ses négociations diplomatiques et de faire revenir la
paix. Le problème c'est que Vladimir Poutine se dit prêt à la paix à condition qu'il y ait une capitulation de l'Ukraine, ce qui est absolument inacceptable à la fois pour l'Ukraine et à la fois pour les pays européens qui ont décidé de défendre l'Ukraine et les les valeurs européennes. Voilà. Et Vlad, ça c'est le RN et la France et Jean-Luc Mélenchon le dit d'une autre manière en disant il faut arrêter toutes les guerres, il faut que la paix revienne et que la paix revienne sur le dossier russo-rainien. Ceux qui défendent le retour de la paix en Russie, encore une fois, ce sont les pacifistes et ce sont ceux qui militent pour la capitulation de l'Ukraine.
L'Ukraine veut la paix. Si l'Ukraine s'arrête de arrête la guerre aujourd'hui, l'Ukraine disparaît. Mais si la Russie arrête la guerre aujourd'hui, et bien la guerre euh s'arrête. Il n'y a plus de guerre. La clé, la réponse est au Kremelin et c'est le Kremelin qui est engagé dans une guerre perpétuelle et qui pour l'instant n'a pas voulu de la paix. Donc vous voyez bien que euh défendre la paix, c'est défendre la position de Vladimir Poutine. Donc Emmanuel Macron trace en réalité, non seulement il définit sa politique étrangère en alertant sur la menace russe, mais il trace aussi le chemin dans lequel les candidats à sa succession doivent s'engager. C'est le cas en politique internationale, vous nous le dites, Isabelle la et [grognement] en politique intérieure
aussi. On a commencé à en parler, il a fait son bilan. En effet, les journalistes le poussent et lui disent "Mais est-ce que l'action gouvernementale sur les carburants n'est pas entravée par la dérive des comptes publics ? Il éraine son bilan. Non, je ne regrette pas le quoi qu'il en coûte. Non, je ne crois pas avoir dépensé à mauvais esscient. Ce que nous avons fait collectivement pour l'armée, la recherche, l'hôpital, c'était bien et on en arrive. Le problème, c'est que la réforme des retraites n'est pas passée. Ce que je trouve assez intéressant dans cette manière de de synthétiser son action, c'est que c'est à la fois un discours personnel et en même temps, c'est aussi une véritable doxa internationale qu'on retrouve dans certaines organisations économiques.
L'OCDE notamment pousse pour une réforme de retraite comme clé euh d'une capacité d'action publique. Qu'est-ce que vous en pensez, Rémy Le Fèvre ? Bah euh de toute façon euh cette obsession sur la la question de la des réformes des retraites hein, faut faut le rappeler qui avait été euh euh il avait martelé ça pendant la campagne de 2022, c'était au cœur de de sa campagne. Il a euh jusqu'au bouti sur cette réforme. Bon, c'est assez classique. C'est en fait envoyer un signal au marché. euh l'idée que euh la la France est capable de de produire ses réformes structurelles. Bon, il a toujours été dans cette espèce de mantra euh de mantra euh euh et euh il il s'est beaucoup attaché à ce mantra et là, ce qui est très frappant, c'est que il continue à à le à le ressasser, à
à à le à le défendre. Euh d'ailleurs, c'est c'est impressionnant. Moi, j'ai trouvé qu'il y avait chez lui une forme d'intransigence dans dans son discours parce que il est même revenu sur la dissolution. En justifiant la dissolution, on a l'impression en fait qu'il est euh qui défend tout en fait hein. Euh et il ne lâche sur rien des grands choix qui étant qui ont été ce ceux de son 2e quinquenin très entravé depuis 2022. Et sur la réforme de retraite, c'est quand même aussi une manière de dire voilà ce qu'il reste à faire. il l'écrit déjà le programme de de la suite de de l'action politique française et c'est donc une forme de créance en héritage pour celui qui voudra bien la récupérer. Oui. Alors, il a effectivement alors je sais pas s'il aura une capacité
d'imprimer la campagne, mais il a aussi dit que il a aussi dit qu'il ne s'impliquerait pas dans la campagne tout en n'excluant pas qu'il allait se prononcer au final pour que que si la situation l'exige, il prendra il prendra position. Donc il il a cette espèce de posture à la fois de garant l'élection. C'estd que on voit dans son discours, c'est de dire la situation internationale est devenue incontournable, j'ai mon domaine réservé, je ne suis pas le commentateur de la campagne mais il est de mon devoir et de mon rôle et de ma fonction de de faire peser de d'introduire la géopolitique dans le débat. Mais en même temps, c'est
l'occasion pour lui de défendre euh euh son bilan euh et euh et euh ça veut dire qu'il va pas il va il va aussi peser. C'est que ça veut dire que il ne veut pas être invisibilisé dans dans cette campagne et qu'il va il essaie de trouver les angles euh les angles pour à la fois défendre son bilan et puis euh euh et puis peser. Bon, il y a quand même aussi la situation budgétaire qui qui a été qui a été évoquée. Il a aussi dit, on en a pas encore parlé, il a exclu assez longuement l'hypothèse d'une seconde dissolution. C'était un engagement, ça serait totalement irresponsable d'ajouter la confusion institutionnelle, de renforcer la confusion institutionnelle qui est déjà dans situation de confusion de crise économique. Ça c'est quand même un élément aussi important de de de de cet
échange hein. Le futur président d'une majorité. Il il l'a dit aussi he il faut rappeler que un président enfin une dissolution c'est une fois c'est c'est un an derrière on a on a plus le droit de dissoudre. Ça ça veut dire qu' il libère quand même aussi parce qu'il il y avait cette possibilité de peser dans la campagne en en je en en balançant une dernière bombe he je reprends l'expression que Macron avait utilisé pour sa propre dissolution en en en 2024. Donc euh ça veut dire aussi qu'il il n'utilisera pas cette arme-là et donc il faut qu'il en utilise d'autres pour peser dans le dans le débat présidentiel. Et pourquoi est-ce qu'il ne veut pas prendre position dans la compétition présidentielle notamment entre ces deux anciens premier ministres, entre Gabriel
et Édard Philippe ? Pourquoi ne pas apporter son soutien à l'un ou l'autre ? Ça serait pas du tout choquant. Bah ça je alors je sais pas, je pense que je pense que si si prise de parole il y a ça sera plutôt par rapport à l'extrême droite. Je je doute beaucoup qu'il prenne qu'il le prennent part à la primaire par les sondages qui est engagé entre Gabriel Atal et Devoir Philippe. Je suis pas sûr que ça puisse vraiment être justifié. Ça c'est pas par contre soutenir le candidat une fois que cette primaire sera produite, ça paraît plus légitime. Je je doute, je vois mal comment au nom de quoi il pourrai s'autoriser à faire ça ou alors au nom de la menace au nom de la menace de l'extrême droite, au nom du fait que aujourd'hui il y a il y aurait parce que pour l'instant c'est
pas quand même très très net un meilleur candidat pour pour battre l'extrême droite. Faut quand même rappeler que ce qui est ce qui est c'est la promesse de son mandat, c'était quand même de son premier quinquena, c'était l'idée de faire reculer l'extrême droite et donc il va quand même être jugé là-dessus et si aujourd'hui si l'extrême droite gagne évidemment ça va lui être imputé ce ce leg ce bilan. Donc il la question de l'extrême droite et de Macron pendant cette campagne présentielle va être absolument essentielle. C'est indiscutable. Jean les Marie vous voyez faire des jeux de Non, d'un mot d'un mot plus en effectivement sur la question précisément de d'un soutien explicite à à Gabriel Atal ou à Édouard Philippe, n'oublions pas euh c'est la réalité
humaine, les relations exécrables qu'il entretient avec ses deux anciens premier ministres. Mais sur le principe, ça vous choquerait que j'ai l'impression d'être la seule à vraiment pas et je vais dans le sens de Réy Lef. Je pense que au moment et au regard aussi de l'histoire et de l'histoire politique, la question ce sera celle de la présence ou de l'absence euh d'une présidente du Rassemblement national à l'Élysée au mois de mai. Donc la question, elle se posera là et je pense que ça conditionnera cette possibilité, cette hypothèse, l'intervention ou non du chef de l'État en fin de campagne. Donc il reste en effet en dehors de la politique politicienne, il l'a dit en ce terme, dans une position de surplom. C'est intéressant de noter la distance très précisément calculée, m'a-t-il
semblé, qu'il a gardé vis-à-vis de l'action gouvernementale en cours. Ce n'est pas son gouvernement, c'est le gouvernement. Il n'y a jamais eu de nous dans ce discours. Le jeu d'un côté, le président et le gouvernement de l'autre. Pas d'assimilation et ça c'était important pour lui. Rémy Le Fèvre. Bah oui, c'est aussi une manière de se de de se de se défausser hein, de de finalement de de considérer que euh sa responsabilité n'est pas engagée dans les choix qui sont faits par le gouvernement. C'est une manière aussi euh de de reconnaître, hein, faut quand même rappeler qu'il avait dit euh souvenez-vous dans cet été tumultueux 2024 que son camp avait perdu les élections mais personne n'avait gagné. Euh et euh et euh malgré tout, moi je suis quand même frappé quand même euh si
on prend un petit peu de champ. Souvenez-vous qu' ce qu'on disait fin 2004, on dit beaucoup de gens disaient il ne terminera pas son son quinquena, il va il va il va être entravé, il est complètement démonétisé. On voit quand même, si on prend un petit, si on dézoome un petit peu que il a quand même réussi à à à à surnager, plus que surnager, à exister institutionnellement. Et on voit à quel point aussi la situation internationale aujourd'hui extrêmement euh anxiogène euh compliquée lui lui permet de de nouveau d' d'avoir cette position de surplomb de celui qui euh fait l'analyse, donne des leçons. Enfin, c'est quand même il on on peut il a quand même réussi ça Emmanuel Macron réussi à à à ne pas perdre totalement la main et aujourd'hui être en en un peu
l'arbitre, le garant un peu au-dessus de la mêlée et pas être il va être démonétisé, il est encore mais la il aurait pu être bien plus déclassé que que que cela et on avait le scénario du de la démonétisation totale ne s'est pas produit. Donc il est clair Isabelle Lasser que la situation internationale sert le président et et cela sans cynisme. La question c'est est-ce qu'il en joue ou est-ce qu'il est et je pense que c'est votre position honnête dans son appréciation de menace. Oui, mais je vais quand même juste dire quelque chose, c'est que si la l'influence de la France a décliné à l'international, c'est quand même aussi parce que elle est ruinée. Et si elle est ruinée, c'est aussi parce qu'elle
n'a pas fait ces réformes que tous les pays européens, la plupart des pays européens ont fait dont la réforme des retraites. Donc c'est c'est c'est aussi ça la réalité. C'est pas que un débat franco-français. La réalité c'est que tous les pays européens travaillent davantage que euh que que la France en terme de de départ de départ à la retraite. Oui. Non mais de dépense sur la situation sur la sur l'appréciation de la de la situation internationale, je pense que oui, il a une il a une perception qui me paraît très réaliste de la menace internationale. Le le problème, il est dans la dans le passage à l'acte. C'est-à-dire que
Emmanuel Macron fait de grands discours, il organise de de grandes conférences, il a des idées brillantes, beaucoup d'instincts. Par exemple, la coalition des volontaires, c'est une excellente idée. Le problème c'est qu'elle n'est pas elle n'est pas on ne peut pas la mettre en pratique parce que la coalition des volontaires donc cette coalition de pays des alliés de de l'Ukraine pas seulement européens est censé aider l'Ukraine jusqu'à la fin et après après la guerre. C'est qu'elle se met en place à partir du moment où il y a un cessé le feu et à partir du moment où il y a une paix que pour l'instant on ne voit pas venir. Donc elle est en espèce en espèce de lévitation. Donc en fait, on peut dire qu'elle ne sert à rien, mais elle sert
quand même à quelque chose parce qu'elle peut être ça peut [grognement] être les prémisses euh d'une future euh Europe stratégique et parce que elle sert de elle donne un élan aide à l'Ukraine. Elle entraîne tous les pays européens dans cette aide à l'Ukraine. Donc vous voyez, c'est il y a quand même encore il y a quand même encore cet élan sur le sur Hormouse. C'est pareil. C'est-à-dire que il est à la fois en retrait parce que quand Donald Trump lui demande de il y a plusieurs mois de d'aider à débloquer Hormous, Emmanuel Macron dit non. Bon, on peut pas vraiment lui reprocher. Donald Trump a déclaré sa guerre sans prévenir Emmanuel Macron et sans prévenir. Mais maintenant, il accepte d'envoyer
des soldats que c'est la question la question des prix de l'énergie qui augmente concerne absolument tout le monde et risque d'étrangler tous les pays européens dont la France. donc de desserrer euh desserrer les les les verrous énergétiques notamment en Arabie Saoudite. C'est une très bonne idée. Ça ne ça ne euh par contre il y a il y a il y a encore un danger de nouvelle escalade dans cette régionlà de l'élan et des nouveaux dangers. En conclusion Rémy Lefèvre, rapidement, si on prend un peu de distance, à quoi a-t-on assisté hier soir ? la mise en scène de la fonction présidentielle, une position surplombante qui détient le savoir, la connaissance des menaces secrètes et de la complexité du réel,
celui qui peut seul agir en connaissance de cause. Est-ce que c'était ça ? Oui, c'était ça. C'était en gros bah effectivement Emmanuel Mracon se replie sur sa fonction, sur les ressources institutionnelles qui lui restent, sur le domaine réservé qui lui est accordé sur la situation internationale qui le représidentialise et puis effectivement il a joué le le rôle de celui je je le répète qui éclaire la complexité du réel il l'a dit à plusieurs reprises. Voilà et qui est qui du coup c'est la position qui l'avantage parce que je le répète il va avoir un son bilan ne va pas être défendu dans dans les mois qui viennent et c'est la seule chose qui lui reste. Merci. Merci à tous les deux. Isabelle Laer journaliste au Figaro autrice des fantômes de Munique aux éditions de
l'observatoire. Merci à vous Rémy Lefèvre professeur de sciences politiques à l'université de Lille. Vous venez de faire paraître faire partie autrement insoumis démarcheurs 2016-2026. C'est aux éditions raison d'agir.