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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 octobre 2022 17 min

Carburants, déplacements à Noël, chasse à l'alouette… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Christophe Béchu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Christophe Béchut. Bonjour. 15% des stations touchées par la pénurie, nous disait hier à votre place votre collègue Olivier Grégoire au gouvernement. 19% hier soir, on en sera où à la fin du week-end ?

0:11
Christophe Béchu

C'est évidemment toujours très compliqué de faire une perspective, mais la situation devrait continuer à s'améliorer puisqu'on a pris des autorisations.

0:17
Présentateur

Pour l'instant, elle se détériore.

0:18
Christophe Béchu

On a pris des autorisations pour que les camions citernes puissent circuler ce week-end. On a libéré du stock stratégique. Il y a un sujet, c'est de ne pas se retrouver avec un mouvement de panique qui fait que des automobilistes se disent que puisqu'il y aura une pénurie, ils se ruent dans les stations quand elles sont ouvertes. C'est pour ça qu'il y a à la fois un appel au calme que nous lançons, un appel à la responsabilité. Et là, ça s'adresse évidemment aux sociétés qui sont directement concernées par cette grève pour avoir ce dialogue avec leurs salariés, d'autant que leurs résultats sont exceptionnels.

Et donc, les moyens de satisfaire des revendications salariales dans ce contexte existent.

0:52
Présentateur

Christophe Béchut, vous répétez encore cet appel au calme, mais vous avez l'impression que les Français paniquent ou alors ils font juste comme ils peuvent, aller trouver de l'essence là où il y en a et donc attendre ?

0:59
Christophe Béchu

Je ne crois pas du tout que les Français paniquent. Je dis juste que dans les facteurs, pour que ça fonctionne, il faut faire en sorte de remettre du carburant dans les stations, ce qui veut dire libérer du stock, faire en sorte d'avoir des approvisionnements alternatifs, permettre que les camions roulent et que dans le même temps, on ne déstocke pas trop vite ce qu'on restocke.

1:16
Invité

Mais pour l'instant, pas de restrictions à la pompe, par exemple. Quand il y a des pénuries d'eau ou de la sécheresse, on sait faire des restrictions d'eau, mais pour l'instant, il n'y a pas de restrictions en termes de carburant.

1:24
Christophe Béchu

Nous n'en sommes pas là, à part les interdictions d'aller remplir des jéricanes ou des bidons, notamment dans le nord de la France, où on a la situation la plus tendue.

1:33
Invité

Est-ce qu'il y aura des stocks renforcés, d'ailleurs, à la fin du mois, puisque les ristournes de l'État et de Total Energy, notamment, sont amenées à baisser d'ici au 31 octobre ? Au 1er novembre, elle sera de 10 centimes. Cette ristourne, on peut imaginer un afflux à la pompe. Est-ce qu'il y aura des stocks renforcés à ce moment-là ?

1:49
Christophe Béchu

On avisera à ce moment-là par rapport à la situation. Ce qui est certain, c'est que la ristourne, on a vu qu'elle avait provoqué des ruptures d'approvisionnement plus marquées chez Total. Et le fait qu'on ait une situation qui soit plus marquée dans les Hauts-de-France, c'est aussi parce qu'on a des frontaliers qui sont venus de l'extérieur de la France profiter des prix à la pompe et des aides qui ont été notamment mises en place par le gouvernement, ce qui a accentué les tensions, ce qui accentue les tensions dans cette région.

2:13
Présentateur

Des aides, des ristournes qui vont globalement être divisées par deux à la fin du mois, c'est ce qui est prévu pour l'instant, disait à votre place Olivia Grégoire, la ministre des PME, qui n'excluait pas que le dispositif puisse être prolongé ?

2:27
Christophe Béchu

Je crois deux choses. Un, le gouvernement a pris ses responsabilités en termes de pouvoir d'achat. Deux, subventionner les énergies fossiles, c'est aller contre le sens de l'histoire tout court et c'est surtout aller contre les engagements que nous prenons en termes de lutte contre le réchauffement climatique. Donc, qui est pendant un temps donné, avec un consensus national dans lequel tous les partis politiques se sont mis d'accord au mois de juillet, quelle que soit leur sensibilité sur le fait d'accompagner les Français dans un contexte social compliqué. C'est une chose.

On prolonge des dispositifs qui consistent à soutenir des énergies fossiles alors qu'elles ont un rôle déterminant dans le réchauffement climatique et qu'elles participent d'un point de vue géopolitique à soutenir des régimes dont nous ne partageons pas les valeurs. Je pense qu'il faut savoir s'arrêter.

3:10
Invité

Sauf que c'est ce qu'on fait sur l'essence. C'est ce qu'on fait en ce moment sur le fioul. C'est ce qu'on va faire demain avec la réouverture de la centrale de Saint-Avold. Ça montre quand même une dépendance, une espèce de dépendance au carbone dont on n'arrive pas à sortir. Ça peut durer combien de temps ?

3:22
Christophe Béchu

Cette dépendance au carbone, elle ne date pas de ces derniers jours, de ces dernières semaines. C'est l'histoire de ces dernières décennies.

3:28
Invité

Mais l'impératif économique, actuellement, l'impératif économique, la fin du mois comme on dit, fait qu'on entend ce discours de dire qu'il faut arrêter de subventionner le carbone, mais pourtant c'est ce qu'on fait.

3:37
Christophe Béchu

Il y a un cap. Ce cap, c'est celui de la décarbonation. Et ensuite, sur le cap, il y a des récifs, dont un récif social. Ce récif social, c'est que si vous vous retrouvez dans une situation où la fin du mois, elle est la préoccupation principale des gens bien avant la fin du monde, ne pas en tenir compte, ce serait une faute. On ne peut pas être sourd, on ne peut pas être aveugle à une réalité d'inflation et de tension sur le pouvoir d'achat qui ont amené à la fois le gouvernement, mais tous les partis politiques, à se mettre d'accord pour des mesures temporaires. Chaque chose est importante et le mot temporaire l'est aussi.

Il faut accompagner les Français, les entreprises, les collectivités locales face aux tensions que nous sommes en train de connaître. En parallèle, il faut préparer la sortie de ces énergies fossiles

4:24
Présentateur

et il faut avoir des dispositifs qui s'estompent au fur et à mesure du temps. On va y venir dans un instant. Un mot rapide sur ce que nous disait Naïla sur la centrale de Saint-Avol. Donc on parle d'une centrale à charbon. Il était prévu qu'elle redémarre peut-être là ce week-end pour augmenter la production d'électricité. Ça a été reporté. Est-ce qu'elle va redémarrer et si oui, quand ?

4:40
Christophe Béchu

Ça dépend de la météo, ça dépend de l'attention et du besoin. Exactement. On ne la rouvre évidemment pas de gaieté de cœur. C'est lié à l'indisponibilité d'une partie de notre parc nucléaire. Et c'est aussi la raison pour laquelle relancer la construction centrale nucléaire pour dépendre de moins en moins de ce type d'énergie fossile avec le développement des énergies renouvelables et avec la sobriété. Ce sont les trois piliers sur lesquels la stratégie énergétique de notre pays repose.

5:05
Présentateur

Les jets privés reviennent sur le devant de la scène puisque les députés Renaissance, des députés de l'opposition le demandaient également, mais vont déposer un amendement pour que la taxation du kérosène qui sert notamment aux jets privés s'alignent sur la taxation du carburant. Par exemple, ce n'était pas le cas. Jusqu'à maintenant, est-ce qu'on revient sur ce qui était une aberration ?

5:24
Christophe Béchu

Bien sûr. Autant il y a eu un débat sur l'interdiction, etc., qui en posant les termes de cette manière servait à faire le buzz, autant que ce qui est polluant soit taxé et que plus votre pollution est importante, plus elle le soit, c'est un principe de bon sens. Et donc je me réjouis de cet amendement que le gouvernement soutient.

5:42
Présentateur

Et le gouvernement avait demandé avant de l'exemplarité aux propriétaires de jets privés pour en faire un usage responsable. On peut être exemplaire en volant en jets privés ?

5:54
Christophe Béchu

L'exemplarité, c'est évidemment d'abord d'éviter d'utiliser l'avion tout court et c'est ensuite de limiter ses déplacements, en particulier dans le contexte dans lequel nous sommes. Le fait qu'on mette un terme à cette aberration, c'est une très bonne chose. Il y aura d'autres mesures dans les prochains mois. Vous savez qu'on prépare une feuille de route de la planification écologique qui sera présentée par la Première Ministre en toute fin d'année. Les déplacements, c'est près d'un tiers de nos émissions de carbone. Et donc c'est un secteur dans lequel beaucoup de mesures seront prises et seront annoncées.

6:22
Invité

Vous dites, être responsable, c'est ne pas prendre l'avion quand on le peut. Peut-être que les Français sont déjà en train de réserver leurs vacances de Noël. Est-ce que vous leur demandez de privilégier des destinations métropolitaines, s'ils le peuvent, d'éviter d'aller à l'autre bout du monde pour les vacances de fin d'année ?

6:34
Christophe Béchu

Privilégier le train, c'est évidemment privilégier un mode beaucoup moins carboné. Et c'est le conseil que je donne, à la fois en tant que ministre de la Transition écologique et tout court en tant que responsable politique dans un contexte où nous avons une absolue nécessité d'accélérer dans la lutte contre le changement climatique. On n'est pas obligé d'aller au bout du monde ? Bien sûr qu'on n'est pas obligé d'aller au bout du monde.

6:55
Présentateur

Christophe Bécheu, ministre de la Transition écologique, on va continuer à parler sobriété dans un instant. On va parler de la chasse aussi, mais d'abord, puisqu'il est 8h40, c'est l'heure du Fil Info avec Diane Ferschit.

7:05
Invité

Il est le seul otage français connu dans le monde. Le journaliste indépendant Olivier Dubois, retenu depuis un an et demi au Mali, les tensions entre Paris et Bamako compliquent encore les discussions pour obtenir sa libération. Sur France Info, ce matin, sa sœur appelle le gouvernement à réagir. La vie d'Olivier est en jeu, dit-elle. Nous n'avons pas de nouvelles récentes de notre frère. Des accès prioritaires aux carburants mis en place dans la Somme, le Nord, l'Aisne et le Pas-de-Calais. Décision des préfectures pour les transports scolaires, les services de sécurité et de secours dans ces départements, ainsi que dans le Val d'Oise et les Vosges.

Il est interdit d'empire des géricanes face aux problèmes d'approvisionnement entraînés par la grève dans plusieurs raffineries. 100 millions d'euros pour commencer le fonds spécial de l'Union Européenne pour l'Ukraine, annoncé par Emmanuel Macron. Objectif que Kiev puisse acheter directement aux industriels les matériels dont le pays a besoin pour combattre les Russes. Le FMI, de son côté, débloque une nouvelle aide d'urgence pour l'Ukraine. 1,3 milliard de dollars. Les Bleus réussissent cette nuit leur entrée en liste dans le Mondial féminin de rugby à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Les Françaises l'emportent très largement face aux Sud-Africaines. Score final, 40 à 5. France Info.

8:17
Présentateur

Le 8.30 France Info. Mail à la trousse. Jules Dethys. Christophe Béchut, ministre chargé de la transition écologique et de la cohésion des territoires, est l'invité de France Info ce matin.

8:26
Invité

Le gouvernement a annoncé, Christophe Béchut, un fonds vert d'1,5 milliard d'euros pour les collectivités locales, pour les aider à lutter contre le changement climatique. Comment va fonctionner ce fonds ? Quel type de projet, par exemple, ils sont éligibles ?

8:38
Christophe Béchu

Alors, non seulement on a annoncé ce fonds, mais il sera de plus d'un milliard et demi. La première ministre, hier, à Bordeaux, a annoncé que ce fonds allait être porté à près de 2 milliards d'euros, précisément dans le contexte que nous connaissons, pour aider les collectivités à investir dans la rénovation des bâtiments, dans la rénovation de leur éclairage public, bref, dans tout ce qui est bon pour le climat.

8:58
Invité

Mais c'est un guichet. Et les collectivités viennent, par exemple, vous voir, vous, Christophe Béchut, en disant, voilà, j'ai besoin de rénover une école, est-ce que je peux disposer de tant de millions d'euros ou de milliers d'euros ?

9:08
Christophe Béchu

On va répartir cette enveloppe entre les départements, on va la confier au préfet, pour que ce soit souple, pour que ce soit extrêmement rapide, il n'y aura pas de cahier des charges, il n'y aura pas d'appel à projet, il y aura une possibilité d'aller tout de suite chercher ces crédits à une condition, c'est que votre projet soit bon pour le climat. Ça peut être de planter des arbres, ça peut être de désimperméabiliser une cour d'école, ça peut être de mettre des ampoules LED dans vos lampadaires, on a 10 millions de lampadaires, il n'y en a que 10 à 20% qui sont en LED, alors que ça représente près de la moitié des dépenses d'électricité de toutes les communes de France.

Et dans le contexte que nous connaissons, avec les enjeux de sobriété qui viennent d'être appelés, c'est un enjeu majeur, rénover les bâtiments, rénover sa flotte, protéger la biodiversité, faire en sorte de renaturer, dépolluer une friche, tous ces crédits-là seront éligibles, et cette enveloppe, elle a été portée hier à près de 2 milliards. Et c'est 2 milliards par an ? 2 milliards pour l'année 2023. Et pour la suite ? Et pour la suite, le montant sera précisé dans le cadre de la feuille de route de planification écologique qu'on présentera en fin d'année.

10:04
Présentateur

Vous avez eu cette phrase il y a quelques semaines qui a pu surprendre, on a l'habitude de compter en euros, maintenant il faut compter en carbone. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire quand on doit prendre une mesure, ou quand on doit faire un voyage, etc. à l'échelle d'un citoyen ?

10:22
Christophe Béchu

Il faut bien comprendre que le réchauffement climatique, ce n'est pas une abstraction. Et après l'été qu'on a vécu, je pense que tout le monde a compris qu'en plus c'était maintenant. Ce n'est pas dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, on parle de neutralité carbone en 2050, mais c'est tout de suite. Et on a pris des engagements de diminuer nos émissions de carbone. Où est-ce qu'on en est sur ces engagements ? On en est à 23% de baisse par rapport à 90, on a donc doublé le rythme de baisse de nos émissions au cours du dernier quinquennat, par rapport à celui d'avant, mais il faut qu'on double à nouveau.

Si on veut tenir cet objectif, il faut que quand on prend une décision, on se demande à quel point elle est bonne pour le climat. Et qu'entre deux décisions, on se dit qu'il faut qu'on prenne celle qui va permettre d'aller le plus vite dans de la décarbonation.

11:03
Présentateur

C'est ça le principe. Comment faire ? Parce que j'imagine qu'il n'est pas question d'une taxe carbone, comme ça a déjà pu être le cas, qui ferait prendre conscience à tout le monde, quand c'est plus cher, on taxe parce que ça pollue. C'est quoi ? C'est d'avoir un quota carbone, comme certaines entreprises l'ont, mais à l'échelle du citoyen ?

11:17
Christophe Béchu

D'abord, c'est à l'échelle de l'État que nous, dans nos décisions, quand on prend une décision, on indique ce que va être la conséquence carbone de cette décision. Et donc, que les ONG, les associations, les citoyens puissent vérifier que notre action climatique, elle est conforme aux engagements internationaux qu'on a pris.

Ensuite, si on est capable, nous, de manière exemplaire, de le faire à l'échelle de l'État, dans le cadre de la planification écologique, évidemment que multiplier les comparateurs qui permettent à des citoyens de mesurer les émissions carbone du déplacement qu'ils vont faire, du vêtement qu'ils achètent, c'est une façon d'embarquer tout le monde dans la lutte contre le réchauffement climatique, et c'est une nécessité.

11:53
Invité

Vous nous annoncez qu'il y aura peut-être une plateforme de ce type-là qui verra le jour ?

11:56
Christophe Béchu

Il y a déjà des outils, il y a déjà des éléments de comparaison qui existent. Ce que je dis à la minute où je vous parle, c'est ce que je souhaite, c'est que l'État, c'est que les services, c'est que les fonctionnaires prennent l'habitude. Il y a un devoir d'exemplarité de la part des responsables publics et de la part de l'État sur ce sujet. Et il faut que le plan qu'on va présenter avec la Première Ministre, il soit chiffré en euros parce qu'on a besoin d'argent pour mener ces transformations. Mais on a besoin de mesurer l'impact climatique des décisions que nous prenons.

12:25
Invité

Christophe Béchut, est-ce que vous pratiquez la chasse ?

12:27
Christophe Béchu

Non.

12:28
Invité

Vous n'êtes pas un chasseur ?

12:29
Christophe Béchu

Non.

12:30
Invité

La chasse traditionnelle à l'alouette, réautorisée par des arrêtés ministériels paru hier au journal officiel. Quatre départements du Sud-Ouest vont pouvoir à nouveau chasser l'alouette, mais de manière traditionnelle, sauf que le Conseil d'État avait jugé cette pratique illégale l'an dernier. Il devait d'ailleurs rendre un avis sur le fond cette année. Pourquoi n'avoir pas attendu l'avis du Conseil d'État ?

12:51
Christophe Béchu

Le sujet des chasses traditionnelles, il est très polarisé. C'est toujours un sujet de passion, en particulier dans le Sud-Ouest. Il y a plein de chasses traditionnelles. Et dans ces chasses traditionnelles, qui sont à l'heure actuelle examinées par le Conseil d'État, beaucoup d'entre elles n'ont pas fait l'objet d'arrêter. Et en particulier, celle qui a fait le plus couler d'encre reste interdite, c'est la chasse à la glu. On parle d'une chasse très spécifique à la pente et à la matole, là aussi, de façon très cadrée, à la fois géographiquement et dans le temps, parce que ces chasses, elles sont moins sélectives. C'est-à-dire que vous piégez, mais vous ne tuez pas.

Et donc, ça permet de s'assurer du respect des espèces protégées. La ligne du gouvernement, c'est la défense des espèces protégées. C'est ce qui m'a conduit à signer cet été l'interdiction de chasse de la tourterelle des bois, de la barge à queue noire, de certaines espèces limicoles. Et c'est ce qui nous conduit à maintenir des interdictions sur le collet, sur la glu.

13:43
Invité

Mais pas sur la chasse traditionnelle à la louette, qui est une chasse à la pente et à la matole, précisément. Et vous aviez dit devant l'Assemblée que vous attendiez l'avis du Conseil d'État. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ?

13:52
Christophe Béchu

Il s'est passé que nous avons pris ces arrêtés au début du mois de juillet, nous avons fait l'ensemble des consultations, nous avons attendu l'avis du Conseil d'État. Nous continuons à l'attendre pour une partie des chasses traditionnelles, mais pour celle-là, la décision que nous avons prise, compte tenu des éléments qui sont en notre possession, c'est de réautoriser ces chasses qui sont extrêmement limitées, je le redis.

14:11
Invité

La Ligue de protection des oiseaux annonce déposer un nouveau recours et il voit même en fait une décision qui vous aurait été imposée par l'Élysée. C'est votre décision ou c'est la décision du président de réautoriser ces chasses ?

14:20
Christophe Béchu

C'est une décision que j'ai signée.

14:23
Invité

Donc c'est votre décision ?

14:24
Christophe Béchu

J'assume la décision qui a été prise.

14:26
Invité

Et sur la Ligue de protection des oiseaux qui considère que vous prenez des arrêtés illégaux, est-ce que vous transgressez la loi ? Vous jugez que ces arrêtés illégaux ?

14:34
Christophe Béchu

Non, absolument pas, parce que l'arrêté qui a été pris s'appuie sur un cadre qui a été présenté encore une fois au mois de juillet dans le cadre de la concertation et sur des fondements juridiques qui n'ont pas encore été examinés par définition.

14:45
Présentateur

Christophe Béchut, la sécheresse, c'est important parce qu'il a pu pleuvoir ces derniers jours, ces dernières semaines, mais ce n'est pas pour autant que ce problème est réglé. Qu'en est-il aujourd'hui ? Y a-t-il des territoires particulièrement sous tension où il faut encore vraiment beaucoup surveiller sa consommation d'eau ?

14:58
Christophe Béchu

Je vous confirme qu'on n'est pas sorti de cette situation. On a encore des territoires qui suscitent aujourd'hui notre vigilance. On a vécu pas seulement un été très sec. Il faut bien comprendre que la sécheresse exceptionnelle de l'été dernier, c'est le résultat de 9 mois sur 12 où nous n'avons pas eu les plusométries habituelles. Et cette situation, elle m'a conduit la semaine dernière à Marseille à lancer le chantier de la gestion de l'eau. Parce que la sécheresse, vous ne vous en occupez pas le 1er août. C'est un sujet sur lequel il faut prendre des décisions d'anticipation. Et des décisions d'anticipation, on en a plein.

Il faut qu'on s'habitue à avoir vis-à-vis de l'eau beaucoup, beaucoup plus de précautions dans la manière dont on l'utilise. 20% de l'eau potable aujourd'hui, elle part dans des fuites de réseaux. Nous n'utilisons quasiment pas les eaux usées retraitées pour arroser une partie des espaces comme le font nos voisins italiens, espagnols ou d'autres pays. Et on a, à la fois dans l'agriculture, dans l'industrie, à faire évoluer les mentalités pour diminuer les prélèvements à l'étiage.

Et donc même l'hiver, c'est exactement le sens de ce qui a été lancé la semaine dernière, avec désormais la possibilité, c'est un décret que j'ai signé à la fin du mois de juillet, de surveiller le niveau des étiages l'hiver et donc de pouvoir prendre des mesures de restriction pendant l'hiver, si on se rend compte qu'il y a un risque de pénurie pendant l'été. Et ça, cette évolution des mentalités, c'est aussi la première brique de planification écologique dont je parlais parce qu'on pense beaucoup à l'énergie, mais c'est toutes les ressources naturelles vis-à-vis desquelles nous devons être beaucoup plus vigilants désormais.

16:34
Invité

Il y aura un plan de sobriété sur l'eau, en quelque sorte ?

16:38
Christophe Béchu

Je vous le confirme, c'est l'esprit de ce qui a été lancé sur ce grand chantier de l'eau. Prendre moins, gaspiller moins, consommer moins, c'est exactement la ligne qui est la nôtre.

16:49
Présentateur

Merci à vous, Christophe Béchut, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Merci à vous, Christophe Béchut.

16:54
Locuteur

Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut. Merci à vous, Christophe Béchut.