Programme de la Nupes, Mélenchon Premier ministre et polémique autour du burkini... Le 8h30 franceinfo de Julien Bayou
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Bonjour Julien Bayou. Bonjour. Le futur gouvernement sera annoncé cet après-midi. Êtes-vous sûr et certain qu'il n'y aura pas d'écologistes à l'intérieur ? Oui, oui, bien sûr.
Et de toute manière, n'importe quel ministre de l'écologie serait condamné à la figuration, en fait. Parce que ce gouvernement, c'est uniquement la continuité d'une action climatique. Il n'y a pas à juger sur pièce ou à laisser sa chance aux produits. On a déjà payé pour voir 5 ans d'inaction d'Emmanuel Macron, président qui a été condamné deux fois pour une action climatique. Pour un bilan qui était celui de son prédécesseur en grande partie ? Non, non, non. Sur les émissions de gaz à effet de serre, on n'est pas du tout au niveau. Ça s'arrêtait à l'année 2018. Le quinquennat d'Emmanuel Macron a commencé en 2017.
Le Conseil au climat a estimé qu'on n'était pas du tout sur la voie des accords de Paris. Elisabeth Borne, quand elle a été ministre de l'écologie ou de la transition écologique, a supprimé 1700 postes au ministère. Enfin bref, ils n'ont rien fait. Ils avaient promis d'avancer sur les pesticides. Rien n'a été fait. La France est bonne et d'âne. Dernière du classement en matière de développement des énergies renouvelables. Le seul pays en Europe, le seul, à ne pas respecter ses engagements. Bref, il n'y a rien à attendre de ce gouvernement.
La seule manière d'avoir des avancées pour l'accord de Paris sur le climat ou sur la justice sociale, c'est d'envoyer une majorité NUP ou NUPES à l'Assemblée. On va en parler, oui.
On va en parler, oui. Mais vous savez si, par exemple, Yannick Jadot a été appelé pour intégrer le gouvernement ?
Je ne crois pas. Vous savez, samedi, il était... Alors je crois qu'on ne doit pas mentionner de circonscription en particulier. Non, il était en soutien à une candidate parisienne de la coalition NUPES. Et donc il s'inscrit dans cette coalition. Vous savez, on n'a pas le temps d'attendre. Non, on ne peut pas imaginer qu'on va encore passer 5 ans à attendre que le président de l'agir. Il y a 15 départements en stress. C'est la sécheresse, peut-être trois quarts cet été. Un modèle prédateur à l'égard de l'eau. C'est aujourd'hui qu'il faut agir.
On sait ce qui se passe. Mais alors, juste sur la constitution du gouvernement, on vous pose la question parce que depuis presque un mois, il est totalement absent, en fait, Yannick Jadot. Il ne s'exprime pas sur les plateaux pour soutenir, justement, cette union de la gauche. Il était samedi. Non, c'en médias. La dernière fois qu'il a pris la parole, c'était pour critiquer la formule de Jean-Luc Mélenchon et Lisez-moi à Matignon. Il a dit que c'était un détournement des institutions. Il était samedi en soutien à la coalition. Mais vous avez constaté comme lui qu'il ne prend plus la parole publiquement dans les médias depuis un mois. Est-ce que ça veut dire qu'il est gêné par cet accord ?
Non, ça veut dire qu'il termine une phase extrêmement dense qui s'appelle la présidentielle. Et c'est normal qu'il prenne le temps qu'il souhaite pour lui. Et samedi, il est en soutien à une coalition. Nous verrons ce qu'il y a dans ce gouvernement. Mais je le redis, avec un président qui n'est pas écologique, voire qui est anti-écolo, tout ministre de l'écologie et de l'environnement est condamné à la figuration. Et c'est pour ça qu'il faut par contre une majorité à l'Assemblée qui puisse changer la vie des gens et agir pour le climat. Et ça, c'est uniquement la coalition NUP, Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, qui peut y parvenir.
Je vais vous poser la question parce que tout le monde se la pose, en tout cas ceux qui aiment la politique en ce moment. Vous avez présenté hier le programme de la NUP, NUPES, NUPES. Est-ce qu'au moins vous vous êtes mis d'accord sur une prononciation de ce mot ? Oui, on dit plutôt NUPES, oui. Jean-Luc Mélenchon ne dit pas NUPES, il dit NUPES, ce qui enlève du coup le E de écologie. Non, on ne s'est pas mis d'accord là-dessus. Donc on dit comment ? Comme on veut. Ah ben ça va être pratique ça. Pourquoi ? Vous vous dites, parce que vous avez dit une fois, vous vous dites comment ? Les deux, moi je dis NUPES, NUPES. Une fois sur deux.
Et nous, du coup, on doit dire quoi ? Comme vous voulez. Bon, coalition de gauche. Coalition, union de la gauche et des écologistes, bannière commune. Il n'y a que le ministre de l'Intérieur qui ne comprend pas que nous voulons une bannière commune.
650 mesures en commun, la retraite à 60 ans, le SMIC à 1500 euros net, le retour de la police de proximité, la réduction de 65% des gaz à effet de serre d'ici 2030, tout à fait. C'est ce que j'allais dire, d'ici 2030, sur la réduction des gaz à effet de serre, est-ce que pour y arriver, c'est-à-dire dans 8 ans maintenant, il faudra un peu de décroissance ? Il faut un investissement massif dans le développement de la vision. Ce n'est pas ma question.
Non mais parce qu'en fait la décroissance ça ne veut rien dire. Ni la croissance ni la décroissance ça ne veut dire. Si vous me dites la croissance des émissions de gaz à effet de serre, moi ce n'est pas du tout mon objectif.
Moi je parle de la croissance et de la décroissance de l'économie. La croissance on la mesure avec le PIB, est-ce qu'il faudra pour parvenir à cet objectif qui est particulièrement ambitieux ?
Je comprends que votre question soit polémique mais elle n'a aucun intérêt, je suis désolé. Parce que moi ce qui m'importe c'est par exemple le développement massif, massif des énergies renouvelables. Et ça traduit par le prisme étroit du PIB, c'est de la croissance. Et par contre la rénovation thermique et donc la réduction massive du fait que dans les passoires énergétiques, les gens cessent de chauffer les pigeons. C'est ça les passoires énergétiques, c'est qu'en fait toute l'énergie que vous mettez à chauffer, elle est perdue, elle se déperre en gaspillage. Et là dans ce cas-là c'est de la décroissance de l'énergie gaspillée.
Pardon mais la question de Marc avait un sens, elle n'était pas du tout polémique. Merci Xavier. Oui parce que la question c'est de savoir est-ce qu'il va falloir produire moins ou consommer moins dans certains secteurs ?
Oui.
Produire moins par exemple.
Et plus dans d'autres, par exemple beaucoup moins d'Amazon. Oui effectivement moins d'Amazon, moins d'entrepôts d'Amazon parce qu'on sait que ça se fait sur des terres agricoles bien souvent. Ça contribue à l'artificialisation des sols, ça contribue aussi pour chaque emploi précaire qui est créé chez Amazon. Ça en détruit 4 ou 5 dans le petit commerce de proximité. Donc oui, 1000 fois oui, moins d'Amazon. Et oui, 1000 fois oui, plus de libraires. Vous voyez ? Qui sont directement impactés par le développement du chiffre d'affaires d'Amazon. Donc l'idée d'un truc monolithique, enfin le PIB, c'est déjà Kennedy qui le disait, mesure tout sauf ce qui vaut la peine d'être vécu.
Donc c'est un très mauvais indicateur. Eva Sasse par exemple, quand elle était députée, avait travaillé sur d'autres indicateurs de richesse. Et loi Laurent propose qu'on prenne en compte la pleine santé comme mesure des politiques publiques. Je ne peux pas répondre sur croissance ou décroissance.
Vous ne fixerez plus d'objectif, pardon de revenir à cet objectif qui est celui que calcule l'INSEE chaque année, celui du PIB. C'est-à-dire la somme de la croissance, de la richesse produite en France. Ce ne sera plus un objectif très clairement si la gauche arrive au pouvoir le mois prochain. Nous avons d'autres objectifs à mettre en concurrence. Le gouvernement n'enverra plus de projection de croissance à Bruxelles en disant que ça n'a pas de sens.
Le PIB ne peut pas mesurer tout ce qui vaut la peine d'être vécu. Par exemple, si ça se traduit, la croissance du nombre de voitures se traduit par de la pollution en plus et des maladies cardiovasculaires. Vous voyez bien qu'on a un problème. Si on dit croissance du bien-être par exemple ou amélioration du bien-être, amélioration de l'indice de développement humain qui est par ailleurs calculé sur l'espérance de vie, l'espérance de vie en bonne santé, le taux d'alphabétisation. Bref, de nouveaux indicateurs de richesse et de bien-être sont utiles à prendre en compte.
Julien Bayou, est-ce qu'on peut atteindre les objectifs que vous affichez sur les réductions de gaz à effet de serre ? Quand sur le nucléaire, au sein même de cette union, vous n'êtes pas d'accord. Le parti communiste veut construire de nouveaux EPR, le parti socialiste veut prolonger la durée de vie des centrales et vous, vous voulez tout simplement les arrêter. Est-ce que du coup, les électeurs qui vont devoir se décider dans moins d'un mois, ils vont voter pour quelle vision le mois prochain ?
Réduction massive des émissions de gaz à effet de serre, objectif 100% renouvelable et donc sortie du nucléaire. Ça c'est l'accord sur lequel nous avons topé, comme on dit, nous sommes d'accord. Et effectivement, le parti communiste, lui, se met de côté, en réserve et dira qu'il ne votera pas pour ça à l'Assemblée. Donc vous avez la trois quarts des forces politiques, insoumis, socialistes, écologistes, qui sont pour la sortie du nucléaire. Et nous reconnaissons que le parti communiste, nous ne lui demandons pas de changer d'avis. Et tout député a droit de voter en son âme et conscience. Ce sera donc tranché par un vote à l'Assemblée nationale.
Bien sûr, c'est important. Une fois pour toutes, au début du quinquennat, si vous gagnez, ou tous les six mois, on pourra voter ?
Vraiment, vous me permettez de... Le truc, c'est qu'avec les communistes, nous ne sommes pas d'accord à l'horizon 30 ans. Nous voulons sortir du nucléaire à l'horizon 30 ans, 35 ans. Yannick Jadot l'avait développé pendant la campagne. Et eux, non. Par contre, là où nous sommes d'accord, c'est à l'horizon 5 ans. Développement massif des énergies renouvelables, et ils sont d'accord. Développement massif de la rénovation thermique. Mais ils veulent des EPR, les EPR de demain, on les lance aujourd'hui. Qui permet de beaucoup moins consommer. Je repose ma question, si vous vous permettez, de réduire la facture des ménages et d'améliorer l'indépendance énergétique.
Puis je vous repose ma question.
Et là-dessus, nous sommes d'accord.
Est-ce que ce sera tranché une fois pour toutes par un vote à l'Assemblée nationale ? Ou est-ce que, après tout, si vous gagnez et que les communistes, tous les 6 mois, remettent le nucléaire sur le tapis, est-ce qu'on votera tous les 6 mois sur cette question ?
Mais il y aura un débat. Nous sommes dans un régime où le président, aujourd'hui, décide de tout et pour tout le monde. Et ça ne nous convient pas. Nous, nous sommes parlementaristes. Comme dans la plupart des démocraties modernes en Europe, c'est l'Assemblée qui a le dernier mot. Et le débat se tient à l'Assemblée. Et c'est bien, en fait. C'est normal. D'accord.
Donc, par exemple, si les élus communistes décident, au bout de 2 ans du quinquennat, et que vous gouvernez, de remettre la question du nucléaire, et qu'ils obtiennent la majorité avec, tiens, les voix des députés macronistes ou celles des députés de Marine Le Pen, ça pourra passer. Eh bien, nous verrons à ce moment-là. Vous plirez à la majorité, même si ce n'est pas la vente.
Que l'Assemblée puisse avoir un poids dans ce pays, c'est une bonne nouvelle, en fait. Moi, j'en suis fier. Je suis fier que nous construisions une coalition avec, donc, ça a été dit, plus de 500 mesures et une trentaine, donc 5% de nuances ou de divergences. Mais que l'Assemblée redevienne le lieu du débat dans ce pays, plutôt qu'elle soit parfaitement aux ordres, servile, godillotte à l'égard du président, c'est une bonne nouvelle, en fait. Donc, le Premier ministre conduit les affaires de la nation. Il est responsable devant l'Assemblée. Et l'Assemblée est le lieu du débat. Et là où on invente la loi. C'est une belle nouvelle.
Le fil Info 8h42, Solène Cresson, vous retrouve dans un instant. Julien Bayou.
17 départements en vigilance orange aux orages de l'Île-de-France, aux Hauts-de-France, jusqu'en Normandie. Météo France prévient qu'ils peuvent être violents dès la fin de matinée avec de la grêle et de gros cumuls de pluie. Le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne annonçait cet après-midi premier conseil des ministres prévu lundi, fin d'un suspense, 4 semaines après l'élection d'Emmanuel Macron. Parmi les ministres, aucun écologiste assure Julien Bayou d'Europe Écologie Les Verts. Et tous les républicains qui rentreraient dans ce gouvernement cet après-midi seraient exclus du parti, dit sur France Info le député LR Julien Aubert. Les républicains qui perdent une nouvelle figure.
Damien Abad quitte son parti et la présidence du groupe à l'Assemblée Nationale sans se rallier officiellement à Emmanuel Macron. Un coup dur pour la politique, en général pour le député Julien Aubert. Il a composé les bandes originales des chariots de feu Blade Runners ou 1492. Le compositeur grec Vangelis est mort hier, oscarisé, pionnier de la musique électronique. Il avait 79 ans. France Info Le 830 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Je suis toujours avec Julien Bayou, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts. Sur l'Europe, le programme dit que vous êtes prêts à ne pas respecter des règles européennes, désobéir pour les uns, déroger transitoirement pour les autres. En fait, c'est juste une histoire de sémantique pour dire que vous n'allez pas les respecter ces traités ?
C'est un moment important. On se met d'accord pour dire que nous ne voulons certainement pas quitter l'Europe. La France est un des pays fondateurs. Certainement pas quitter l'euro ou même contribuer à sa désagrégation de l'Europe. Mais la réorienter. Et ça, c'est extrêmement important parce que depuis des années, le camp de la gauche du progrès des écologistes se fracturait sur l'héritage du référendum de 2005. Je ne veux pas rentrer dans le détail, mais c'était vraiment ça. Ceux qui étaient accusés d'être euro-BA, de dire oui à tout en Europe, y compris les politiques les plus brutales, austéritaires, privatisation des services publics.
Et ceux qui étaient accusés à tort de vouloir à tout prix la quitter. Eh bien, nous disons, nous ne voulons pas quitter l'Europe. Par contre, oui, nous voulons la réorienter. Et l'Espagne...
Il n'y a pas un changement de ton ? Parce que jusqu'à présent, pendant la présidentielle... Moi, j'ai écrit un livre là-dessus, en fait. Avec votre candidat Yannick Jadot, c'était plus de la négociation. Vous étiez pro-européen. C'était de la négociation de l'intérieur. Ce n'était pas, on va tordre le bras à l'Europe.
Mais je suis parfaitement pro-européen. Je suis même fédéraliste. Je pense que l'Europe doit aller beaucoup plus loin. Je pense que la réponse européenne face à l'agression russe en Ukraine nous donne une idée d'à quel point une Europe plus fédérale, plus forte, plus au service finalement de la population, de la paix et de la prospérité, ce qui est le projet fondateur initial, pourrait être utile. La France sera plus forte dans une Europe plus forte. Voilà, nous sommes pour la construction d'une défense européenne. Donc ça, ça ne fait aucun doute. Ça ne fait aucun doute et personne ne veut quitter l'Europe.
Là où nous disons que le sentiment anti-européen progresse, c'est quand l'Europe est abandonnée au lobby. Quand l'Europe est abandonnée à la Commission européenne qui fait du respect des 3%, vous savez, les critères de Maastricht, la règle, la DOXA. Un peu moins ces dernières années quand même. Et forcément. Et forcément. Parce que cette règle est idiote. Elle a même été suspendue depuis deux ans. Nous disons qu'il faut pouvoir y déroger. L'Espagne et le Portugal, par exemple, ont dérogé. Vous savez qu'il y a un règlement qui a interdit le contrôle des prix. Au nom de la concurrence. L'Espagne et le Portugal ont bloqué les prix de l'électricité.
On a obtenu l'autorisation de bloquer les prix. Non, non, non. On a bloqué les prix de l'électricité. Et la Commission a dit, ah, ok, on ne va pas vous sanctionner. Bon, ben voilà. Voilà le type de mesures que nous voulons faire pour pouvoir appliquer le projet sans évidemment engager en quoi que ce soit une sortie de l'Europe ou même attenter à l'État de droit. Nous voulons au contraire respecter les arrêts de la CEDH que la France ne fait pas sur bien des points. Par exemple, l'enfermement des mineurs. Par exemple, le respect des normes de santé en matière de qualité de l'air. Vous voyez, donc, il y a des points d'appui en Europe.
Mais qu'est-ce qui interdira à d'autres pays, Julien Bayou, si la France désobéit, de le faire eux aussi pour d'autres points ? Mais nous, nous disons... Vous savez très bien que c'est l'un des arguments en Pologne aujourd'hui sur l'État de droit. Si la France désobéit à des règles, pourquoi d'autres pays ne le ferait pas sur d'autres règles ?
Nous disons... Et c'est principalement budgétaire et financier. C'est la question des privatisations de services publics. Par exemple, ce que fait déjà la France. Aujourd'hui, la France, vous le savez, déroge, désobéit, appelons ça comme vous voulez, à la préconisation, à la demande, à la règle européenne qui dit qu'il faudrait mettre en concurrence les barrages. Et la France dit non. Et je pense que l'ensemble de la classe politique est pour dire non, d'ailleurs. Parce que les barrages, c'est une question d'indépendance énergétique. C'est aussi une question de biodiversité.
Bref, la France ne respecte pas les préconisations de la Commission européenne sur bien des points et malheureusement ne respecte pas l'état de droit sur d'autres. Je le redis, la France a été condamnée huit fois par la Cour européenne des droits de l'homme sur l'enfermement des mineurs parce qu'il y a une loi Asile et Immigration qui permet de les enfermer pendant 90 jours. Donc nous disons que l'Europe est une langue vivante, finalement. Elle n'est pas figée. Et la France, demain, peut agir avec une majorité pour la réorienter, réorienter les politiques européennes au service de la paix, de la prospérité, d'un SMIC européen. C'est un beau projet.
Nous portons, par exemple, nous les écologistes, un traité environnemental. Le fait qu'un traité se superpose aux autres pour que le respect du vivant prime sur la recherche du profit. Une idée portée notamment par l'eurodéputé Marie Toussaint et puis bien sûr par Réanie Jadot. Demain, une majorité qui arrive au pouvoir en France plutôt que d'être paresseuse sur l'Europe comme l'est Emmanuel Macron peut aller chercher des alliés en Allemagne, évidemment, en Irlande, en Finlande, au Benelux. L'Europe est une langue vivante, réappropriée à nous pour en faire un outil de paix et de prospérité.
Si vous gagnez des élections, si vous arrivez au pouvoir, Julien Bayou, est-ce que la France continuera à livrer des armes à l'Ukraine ? Oui.
Oui, et je pense qu'il faut d'ailleurs... Jean-Luc Mélenchon a changé d'avis sur ce point. Oui, vous l'avez peut-être entendu. Il condamne de la manière la plus ferme les atrocités, les crimes de guerre décidés par Vladimir Poutine. Et j'ai entendu Emmanuel Bompard, bien sûr, défendre, y compris la livraison de ses canons César. Il y a la NUP, il y a NUP, il y a César.
Et sur l'embargo, sur le pétrole russe.
Attendez, et donc sur les questions de soutien à la résistance ou en tout cas à l'armée ukrainienne face aux russes... C'est dans l'accord, ce point ?
Ce qu'on ne l'a pas trouvé.
Oui, c'est dans l'accord, c'est-à-dire soutenir... Les livraisons d'armes ? Soutenir les livraisons d'armes, je sais, est-ce que c'est dans l'accord ? Tout l'accord est sur NUPES-2022.fr. C'est plus dans les points de désaccord. Non, non, justement. J'avais cru comprendre que c'était un point de désaccord.
C'est pas pour dire... Dans les 33 points...
Alors, NUPES-2022.fr, c'est vraiment pour dire ça, parce que justement, c'est une affaire publique. Je précise, à nouveau, j'en suis fier. J'aimerais que, par exemple, LREM puisse nous présenter, même pas 500, évidemment, mais même 50 mesures qu'il pourrait porter. Là, nous avons une Première Ministre qui ne dit rien de son projet. Nous avons LREM qui appelle à voter pour des députés, qui ne disent rien de pourquoi on devrait voter pour eux. Et dans l'accord, il est très clair qu'il s'agit de protéger, notamment les frontières ukrainiennes.
On marque une toute petite pause. Le fil Info, 8h50, Solène Cressan. On vous retrouve juste après Julien Bayou.
Et on connaîtra cet après-midi la composition du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, quatre semaines après l'élection d'Emmanuel Macron. Le premier Conseil des ministres est prévu lundi, quand commencera la période de réserve pour les élections législatives. Et à quelques heures de la clôture des candidatures pour être élu député, Thierry Solaire ne sera pas candidat dans les Hauts-de-Seine. Le proche conseiller d'Emmanuel Macron est mis en examen pour 13 chefs d'accusation, emploi fictif, fraude fiscale notamment. Cette semaine, un autre candidat de la majorité a renoncé en Dordogne, Jérôme Perra, après une condamnation pour violences conjugales.
Ils étaient en train de pêcher, dit la préfecture maritime, trois membres d'une même famille emportés par une vague à Plogoff dans le Finistère. Les parents et un adolescent sont morts, trois autres enfants n'ont pas été emportés, ils sont sains et saufs. Le congrès américain débloque l'aide massive prévue pour l'Ukraine, une enveloppe de 40 milliards de dollars pour soutenir l'effort de guerre. Dans le Donbass, à l'est du pays, Volodymyr Zelensky, le président, parle d'enfer. Et puis Kylian Mbappé doit dire, d'ici dimanche, s'il reste au Paris Saint-Germain, ou s'il part au Real Madrid. Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts.
Si vous obtenez la majorité le mois prochain, Jean-Luc Mélenchon sera Premier ministre. Vous l'avez accepté, c'est non négociable avec les Insoumis ?
Oui, on l'a accepté. Et Jean-Luc Mélenchon ferait ou fera un excellent Premier ministre, respectueux du Parlement. C'est assez intéressant.
Je vous pose la question, parce que est-ce que tout le monde est vraiment d'accord là-dessus dans l'Union ? Parce qu'hier, le patron des communistes, Fabien Roussel, était absent lors de la conférence de presse.
Et excusé, et représenté.
Et excusé, officiellement retenu en circonscription.
En soutien à une mobilisation syndicale dans le Nord.
Tout à fait. Mais officieusement, on sait qu'il y a de la friture sur la ligne entre Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, notamment à cause de la présidentielle. Les Insoumis accusent Fabien Roussel de l'avoir savonné la planche pour le second tour. Il y a aussi des accords, par exemple, il y a eu l'histoire de l'investiture de Taha Bouhaf. Hier encore, Fabien Roussel disait qu'il n'était pas marié à Jean-Luc Mélenchon. Je vous le confirme. Est-ce que vous êtes sûr que le mois prochain, tout le monde sera d'accord pour envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon ?
Oui, non seulement c'est l'accord, mais ce n'est certainement pas ça l'enjeu. C'est que nous, l'enjeu, c'est une majorité à l'Assemblée. C'est ne pas subir 5 ans de plus d'inaction climatique, on n'a pas le temps, ou de casse sociale. Cette retraite à 65 ans, personne n'en veut. Personne ne la justifie d'ailleurs, parce qu'elle n'est pas chiffrée. Personne ne démontre qu'elle est nécessaire. Par contre, on sait bien qu'elle est rigoureusement injuste. Pour s'y opposer, il nous faut du monde à l'Assemblée. Ne pas être aussi peu nombreux que la gauche et les écologistes étaient peu nombreux dans le quinquennat précédent. Nous pouvons atteindre une majorité.
Je ne dis pas que c'est évident, je ne dis pas que c'est le plus probable, mais c'est possible. C'est en vue.
Si vous êtes majoritaire, le gouvernement est prêt ?
Oui. Il est déjà composé le gouvernement ?
Non, non, non. Vous avez une idée déjà ? Est-ce que ça fait partie des...
Excusez-moi, ma langue a fourché. Nous sommes prêts et prêts à gouverner parce que nous avons un programme.
Est-ce que c'est un point que vous avez déjà abordé ? Pardon, Julien Mailloux. Est-ce que c'est un point que vous avez déjà abordé dans la répartition ? Non. On sait qu'il y a eu des répartitions pour les circonscriptions législatives. Est-ce que c'est le cas aussi pour un futur gouvernement pour dire qu'il doit y avoir tant de ministres écologiques, tant de ministres écologistes, pardon ?
Non, nous n'avons pas abordé ces questions. Est-ce que vos candidats... Nous sommes prêts à gouverner contrairement à Elisabeth Borne. C'est-à-dire que vous ne vous mettrez pas un mois pour faire le gouvernement, c'est ça ? Rendez-vous compte, nous avons fait un accord exigeant, 550, 600 mesures, en deux semaines. C'est moins de temps pour faire cet accord qu'il en a fallu au président pour trouver une première ministre qui accepte la charge. Donc nous prenons les choses avec sérieux, avec méthode, et ça commence par le projet. Le projet, il est sur la table, nupes-2022.fr. On appelle le plus grand monde à s'en saisir. C'est des mesures enthousiasmantes qui peuvent changer la vie.
On est en ce moment dans les affres de Parcoursup. Nous voulons en finir et créer les places nécessaires à l'université pour que chacun puisse choisir son orientation. Vous voyez, c'est ce type de mesures qui peuvent changer la vie, évidemment sur les retraites, évidemment sur le climat, sur la rénovation thermique, la sortie des pesticides, les cantines bio. Voilà le type de mesures. Nous sommes prêts et prêtes à gouverner. C'est ça l'enjeu.
Dans quelques jours, les femmes de Grenoble pourront se baigner en Burkini, dans les piscines de la ville, suite à une décision prise par le maire écologiste Éric Piolle. Décision qui agace la droite assez fortement, mais aussi à gauche, je voudrais vous faire entendre ce que dit la vice-présidente socialiste du Sénat, Laurence Rossignol.
Mais quel crétin ! Vous allez comme ça ? Ah mais bien sûr ! Sur le timing, je suis sidéré. Ça pollue la campagne incontestablement. Et puis sur le fond, il a tort. Ce n'est pas une décision féministe. D'abord parce que c'est une revendication qui n'est pas portée par un grand courant chez les femmes musulmanes. C'est pas vrai. C'est des associations politiques qui portent ça. Et le but est de faire reculer un petit peu nos règles collectives. Donc il est tombé dans un piège avec visiblement un grand bonheur.
Éric Piolle est tombé dans un piège. Écoutez, il fallait réouvrir cette piscine. Il fallait modifier le règlement intérieur de la piscine de Grenoble. J'ai l'impression qu'on en parle beaucoup. On en parle beaucoup plus en tout cas que le règlement intérieur de la piscine de Rennes, où depuis 4 ans, c'est la même règle. Et on n'en parle pas. Bon, voilà. Donc là, pas d'injonction sur le corps des femmes, ni à se vêtir, ni à se dévêtir. J'ai beaucoup entendu parler du fait que ça serait une question de laïcité.
Non, et ça a été dit sur ce plateau. La laïcité n'entre pas dans les piscines puisque les usagers des services publics ne sont pas concernés par la loi de 1905. Est-ce que vous considérez que le burkini est un vêtement ordinaire, un vêtement comme un autre ? Oui, je considère que c'est un maillot couvrant. Je pense que si... Oui, ça c'est la définition.
Mais si ça ne plaît pas burkini, je pense que ça susciterait moins de débats, forcément. J'ai cru comprendre, sans pouvoir parler pour elle, que bon nombre de femmes, y compris des non-musulmanes, ne sont pas forcément à l'aise avec le fait des monokinis ou les maillots habituels. Vous voulez dire que des femmes qui ne sont pas musulmanes pourraient aller à la piscine ? Pas en burkini, mais en tout cas avec des maillots plus couvrants. Des maillots qui peuvent couvrir les cuisses ou quoi. Ça n'est pas à moi de réglementer la longueur du maillot. À partir du moment où les questions d'hygiène et de sécurité sont respectées, ce qui est, d'après le défenseur des droits, la règle en la matière.
En gros, l'enjeu, c'est l'hygiène et la sécurité. Désolé de faire non, mais puisque c'est un sujet majeur, hygiène et sécurité, ce qui fait que du coup, vous ne pouvez pas y aller avec des chers.
C'est un sujet important, malgré votre ironie.
C'est pour ça que je développe longuement et de manière précise. Parce que la droite s'est comparée, parce que dans votre camp aussi, c'est de l'hygiène et sécurité. Excusez-moi, hygiène et sécurité, c'est pour ça que, par exemple, je n'ai pas le loisir de pouvoir aller en Bermuda. Il y a une question... Attendez, je réponds. Non, non, non, non. Si, si, c'est important, je réponds. Vous vous moquez de nous, c'est notre histoire. Non, mais sur la sécurité, ça c'est l'hygiène.
Est-ce qu'Éric Peol verse dans le communautarisme quand il autorise le burkini dans une piscine ?
Pitié, non. Par contre... Mais non, bien sûr que non. Pitié, non. Donc, je peux te développer sur le Bermuda, si vous voulez. Bon, sinon, le sujet majeur, moi, ce qui m'inquiète beaucoup, c'est Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez qui, en gros, pour régler des comptes politiques, se met à couper des subventions à tout va, comme s'il avait le loisir d'appuyer sur un bouton et pouvoir censurer un coup les élèves boursiers à Grenoble, qui ont été victimes, finalement, collatérales de son règlement de compte. Là, les établissements culturels à Lyon, qui sont à nouveau victimes de ces choix parfaitement arbitraires.
Enfin, on a un Laurent Wauquiez qui est indigne des fonctions qu'il occupe et qui, en gros, règle des comptes et se prétend celui qui décide de tout en matière d'argent public, alors que son budget a été retoqué par deux fois par le tribunal administratif il y a quelques années. Ça, oui, c'est un problème. Imaginez un seul instant qu'un président de métropole, qu'un président d'un exécutif écolo, ait décidé de couper les subventions d'une collectivité adverse de droite, par exemple, parce qu'elle aurait pris une décision légale, mais qui lui déplait. Tout le monde serait en toupie. Tout le monde serait scandalisé. Là, on a exactement ça.
Laurent Wauquiez qui fait le choix du prince, le choix arbitraire de couper des subventions à l'IEP de Grenoble, à la ville de Grenoble ou aux établissements culturels de Lyon, dans le plus pur mépris de l'État de droit, dans le plus pur mépris de la libre administration des collectivités territoriales, fondement constitutionnel, et personne n'en parle.
Alors, vous avez raté à votre place hier, c'était Christian Jacob, le patron des Républicains. Et figurez-vous, on lui a posé la question plusieurs fois. Il a dit qu'il soutenait la démarche de Laurent Wauquiez. Alors, vous pouvez en penser ce que vous voulez de Laurent Wauquiez, mais le fait qu'il y ait un silence médiatique là-dessus, pardon, mais ce n'est pas exact.
Non, mais bien sûr, mais que le président de droite, le président du parti de droite, soutienne la démarche, qu'un président d'exécutif comme ça puisse marcher sur les collectivités, au mépris de la libre administration des collectivités territoriales, puisse en gros se venger d'une collectivité qui a pris une décision légale, qui lui déplait, c'est parfaitement scandaleux. Merci beaucoup, merci beaucoup Julien Bayou.
Merci à vous. Et bonne journée à vous.
Jean-Luc Mélenchon