L'invité de Bourdin Direct : Aurélien Pradié - 17/02
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, Aurélien Pradier, secrétaire général des Républicains, député de la première circonscription du Lot. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Nous allons parler Covid, nous allons parler pauvreté, les propositions des Républicains. Mais je voudrais commencer avec cette initiative du gouvernement. Le gouvernement qui veut instaurer le vote par anticipation pour la prochaine présidentielle. C'est quoi le vote par anticipation ?
C'est pas très compliqué, c'est-à-dire qu'on installe dans chaque chef-lieu de département une urne électronique et les électeurs qui sont en déplacement, par exemple, peuvent venir voter six jours avant le scrutin. Le dépouillement du vote sera fait le même jour que partout ailleurs en France. Vous y êtes opposé ou pas ?
Je n'y suis pas favorable. D'abord parce que personne n'a travaillé sur ce sujet. On a découvert cet amendement dans une nuit, il y a quelques heures. Je ne comprends pas très bien comment on peut tester une disposition nouvelle électorale sur une élection présidentielle. Je veux bien qu'on essaie des modalités nouvelles de vote par anticipation, mais on ne teste pas sur une élection présidentielle, qui est une élection trop importante pour cela. Donc je pense qu'un peu de temps, un peu de test sur d'autres élections intermédiaires, éviterait de se lancer dans le grand bain. On ne touche pas aux modalités électorales. Alors on essaie ça pour les régionales ?
Pourquoi pas, pourquoi pas l'essayer pour les régionales ? Mais je le redis, on ne teste pas sur une élection présidentielle. Et puis je vais vous dire, tout ce qui peut sortir du chapeau pour modifier des modalités électorales ne m'inspire jamais beaucoup de confiance.
Oui, Aurélien Pradié, mais ça marche aux Etats-Unis, ça a marché récemment au Portugal, vous l'avez vu. Il se trouve que nous ne sommes ni les Etats-Unis, ni le Portugal, nous sommes la France.
On ne change jamais rien en France ? Je n'ai pas d'hostilité a priori. Je dis simplement qu'on ne peut pas tester une opération aussi importante. On a des vrais sujets sur les machines de vote qui ne fonctionnent pas parfaitement. Si on doit le tester, testons-le sur d'autres élections, pas sur l'élection majeure qui est l'élection présidentielle.
Même si ça favorise la lutte contre l'abstention ?
Mais ce qui favorisera la lutte contre l'abstention, ce n'est pas le fait d'anticiper le vote d'une semaine. C'est le fait de revoir totalement notre vie démocratique et notre vie politique. Le mal, il est beaucoup plus profond que cela. Et puis je vais vous dire, au fond, moi je crois en c'est l'idée que le vote, c'est aussi une forme de discipline. Que nous ayons le même jour, dans notre pays, une opération de vote, qu'il faille sacrifier un dimanche pour aller voter, je considère que ça fait aussi partie de la discipline démocratique. Ce n'est pas rien d'aller voter.
Et donc l'idée selon laquelle on pourrait, plusieurs semaines avant, plusieurs jours avant, aller voter, selon son confort personnel, ça ne me plaît pas. Je pense que le vote, c'est un moment où on doit avoir une discipline et la fixation d'un jour contribue à cette discipline.
Encore quelques mots sur la présidentielle de 2022. Les Républicains n'ont toujours pas de candidat officiel pour cette présidentielle. Alors, est-ce que ce sont les sondages qui vont départager les candidats potentiels ?
Non, ce sont les Français qui départageront les candidats potentiels. Nous allons trouver les modalités. Vous savez, nous sommes dans une période qui n'a jamais... Mais chez vous, quand même ! Non, il n'y a pas le feu. Ah bon, d'accord.
Mais on calme.
D'abord, à chaque fois que la droite républicaine a emporté une élection présidentielle, elle l'a toujours fait avec un candidat qui n'a jamais été le candidat autoproclamé plus de non avant l'élection présidentielle. En 1995, Chirac n'était pas le candidat évident quelques mois avant la présidentielle. Et en 2007, pour Nicolas Sarkozy, sa campagne a été très courte aussi. Ce n'est pas le moment de commencer à pinailler sur nos modalités de sélection. Mais comment allez-vous faire pour sélectionner le candidat ou la candidate ? Moi, je crois en une méthode qui a toujours existé, qui s'appelle la responsabilité politique.
Lorsque plusieurs candidats de notre famille politique, considérons qu'ils ont tous un talent génial pour être candidats à la présidentielle, mais constaterons dans le même temps que certains ont beaucoup plus de chances de l'emporter que d'autres, je pense que les candidats qui ne feront pas la maille se rangeront derrière le ou la candidate qui fera la maille. C'est le principe de responsabilité. Moi, je ne crois pas aux primaires qui sont une forme d'intelligence artificielle de la politique. Je ne crois pas à ces machins-là.
Il faudra être membre du Parti Républicain d'une manière indispensable ? Ou est-ce que vous pourriez adouber, je ne sais pas moi, quelqu'un qui n'est pas membre du Parti Républicain ?
Les Républicains, c'est la famille gaulliste. C'est une grande famille du rassemblement de la droite et du centre. Et moi, je le crois. Et je ne suis pas, nous ne sommes pas, Christian Jacob n'est pas le chef d'une petite boutique. Nous sommes les responsables politiques d'une famille qui a vocation à rassembler les Français. Il faudra que notre candidat partage nos valeurs, nos convictions, que ceux qui se sont éloignés de nous fassent tous les efforts nécessaires pour revenir vers nous.
Et vous pourriez vous ranger derrière un candidat ou une candidate qui n'est pas membre du Parti Républicain ?
À la condition que son programme, que son projet, que son équipe soit celle des Républicains.
Valérie Pécresse, je pense à Valérie Pécresse, par exemple. Et Valérie Pécresse, comme Xavier Bertrand... Qui semble en grosse progression dans les sondages.
Oui, les sondages, vous savez, la progression dans les sondages, c'est formidable. Ça serait une bonne candidate, Valérie Pécresse ? Valérie Pécresse a de grandes qualités, elle sera une excellente candidate aux élections régionales. Xavier Bertrand a de grandes qualités, il sera un excellent candidat aux élections régionales. Et nous verrons ensuite qui est peut-être le meilleur candidat pour les présidentielles. Une chose après l'autre, soyez rassurés. Nous aurons un candidat et nous aurons un bon candidat pour rassembler les Français.
Bien. Une proposition de loi allongeant le délai d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines devait être examinée en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Demain, jeudi, après son adoption en commission, oui. Mais votre groupe a déposé 423 amendements. Obstruction parlementaire ? Je vais vous dire les choses comme je les pense. Comme vous les pensez.
Personnellement, je ne suis pas hostile à l'allongement de 12 à 14 semaines. Je regrette que par des procédures de dépôt de nombreux amendements, nous ayons pu avoir un blocage. C'est une erreur ? Oui, c'est une erreur. Je le dis comme je le pense. Moi, je n'ai pas déposé un seul amendement. Je le dis d'autant plus librement. Vous savez, cette phrase de Simone Veil, en 1975, lorsqu'elle porte la loi sur l'IVG, qui dit que l'avortement est toujours un drame et restera toujours un drame pour les femmes. Si cet allongement de deux semaines permet une solution à des femmes qui sont en détresse, tant mieux.
Auprès de 2000 femmes.
Oui, mais ça ne réglera pas le problème de ces 2000 femmes. En 20 ans, nous avons perdu la moitié des maternités dans notre pays. 80% des IVG sont pratiqués en milieu hospitalier. Nous avons aujourd'hui 25% des établissements scolaires qui pratiquent la prévention et les vraies actions de prévention sur ces sujets. Si on veut que ces 2000 femmes qui sont dans une détresse incroyable puissent trouver une solution, ce n'est pas seulement en allongeant de deux semaines qu'on le fera. C'est aussi en reconstruisant tout un parcours pour éviter, notamment avec la prévention l'IVG. Mais est-ce que vous demandez à votre parti de retirer ces amendements ? Ce sont des collègues qui ont déposé.
Chaque collègue est libre de le faire. Vous savez, il y a une forme d'hypocrisie aussi. Le Parti Socialiste qui a programmé ce texte-là l'a fait sur une journée qu'on appelle la niche parlementaire, qui est une journée limitée en temps parlementaire, qui savait de toute façon qu'on ne souhaitait pas...
Alors, ce texte sera repris apparemment par La République En Marche. Vous le voterez ?
Si ce texte est repris, je le voterai. Il faut qu'il y ait un débat. Je pense que sur ce sujet, il ne faut caricaturer personne, y compris les collègues qui n'ont pas le même avis que moi. J'ai fait du combat pour la protection des femmes, un de mes combats majeurs. Je vais voter une loi à l'Assemblée nationale sur la mise en place du bracelet en dérapprochement. C'est un de mes combats. Tout ce qui permet de protéger une femme, je le voterai et je le soutiendrai.
Bien Aurélien Pradié, parlons du Covid, le non-confinement. Plus de 15 jours après, les contaminations n'ont pas vraiment augmenté, même si nous sommes toujours sur ce qu'on appelle un plateau haut. Emmanuel Macron a-t-il eu raison de ne pas reconfiner ?
J'étais tout à fait hostile à un nouveau confinement. Donc, ce n'est pas parce que c'est Emmanuel Macron que je vais dire l'inverse. Je pense qu'il a bien fait de refuser. Oui, sur le refus d'un nouveau confinement. Ça n'enlève rien à toutes les erreurs qu'il a pu commettre par le passé et qu'il commettra sûrement à l'avenir encore. Mais attention à la mise en scène. Vous savez, cette espèce de mise en scène du président de la République, costaud, qui tient devant le comité scientifique, c'est tout à fait factice. Qui a créé le comité scientifique ? C'est Emmanuel Macron. Qui a nommé le professeur d'Elfraissy ? C'est Emmanuel Macron.
Donc, il y a un petit jeu entre lui et le comité scientifique. Un faux rapport de force qui s'est installé. Mais en tous les cas, les confinements ont des conséquences économiques, sociales, plus graves encore, je crois, que la propagation de virus.
Imaginons, parce que les experts le disent, attention, au mois de mars, ça va reprendre. L'épidémie va reprendre. Il faudra confiner. Tout ce qui peut être fait pour éviter le confinement, c'est une position personnelle.
Tout ce confinement. Oui, je le pense. Parce qu'aujourd'hui, nous mesurons les conséquences sociales et psychologiques du confinement. Et je ne voudrais pas que notre pays meure guéri. Des reconfinements locaux ? Non, on ne peut pas appliquer, à mon sens, des reconfinements locaux. Parce que certains pays font très bien.
La Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Vietnam et d'autres pays dans le monde.
Nous sommes déjà incapables, quasiment incapables, de limiter l'accès à nos frontières. Comment voulez-vous qu'à l'intérieur même de notre pays, nous limitions les points de circulation ? Ce qu'il faut, c'est que nous ayons des mesures qui aient du sens et qui soient supportables par les Français. Vous savez, cette question-là de est-ce que le confinement est supportable pour les Français, ce n'est pas une question à balayer du revers de la main. Moi, je vois aujourd'hui une situation sociale qui n'a jamais été aussi grave. Je vois une explosion de la précarité et de la pauvreté. 10 millions de nos concitoyens sont aujourd'hui en situation de pauvreté.
Est-ce que cela, ce n'est pas aussi grave que la question sanitaire ? Eh bien, je le crois.
Bien, je vais vous en parler, mais auparavant, la vaccination, est-ce que vous êtes... Je crois que vous êtes favorable à l'instauration d'un passeport vaccinal. Ce ne serait peut-être pas un passeport vaccinal, mais un certificat de vaccination, par exemple, numérisé, digitalisé ?
Non, je n'y suis pas particulièrement favorable. Ce que j'ai dit par le passé, c'est que j'étais favorable à l'idée selon laquelle, selon certains métiers, on puisse avoir une vaccination exigée. C'est ce qui existe déjà aujourd'hui. Des professionnels qui travaillent dans la petite enfance doivent avoir un certain nombre de vaccins obligatoires parce qu'ils sont exposés. Donc, je pense que pour ce qui est des métiers de la petite enfance, certains professionnels de santé, des métiers exposés, des métiers cibles, on doit pouvoir demander à crier la vaccination. Oui, c'est ce qui existe déjà dans notre pays, Jean-Jacques Bourdin.
Sur certains métiers, je ne souhaite pas la vaccination obligatoire généralisée. Ce serait une erreur. La liberté est nécessaire. Mais je dis que selon certains métiers, selon les voyages, aujourd'hui, quand vous vous déplacez dans certains pays, il y a la vaccination obligatoire. Que demain, ce soit la même chose pour ceux qui rentrent dans le pays, je n'ai pas de problème.
Mais les prochains pour voyager en Europe, il faudra probablement un certificat de vaccination ou un genre de passeport sanitaire. Eh bien, ça ne me pose aucun problème. Aucun problème. D'ailleurs, sur la Côte d'Azur, tout le monde, tous les professionnels du tourisme le demandent.
Ça ne me pose aucune difficulté. Dès lors que vous conservez une liberté, pas obligé de voyager, vous pouvez vous priver de voyager aussi. Si vous voulez voyager, vous vous vaccinez. Je le répète, c'est déjà ce qui existe aujourd'hui. Et puis, nous sommes le grand pays de Pasteur. Je ne suis pas un de ces responsables politiques qui contestera que notre pays, celui de Pasteur, puisse être hostile par définition au vaccin.
La dette, le remboursement de la dette. Là, les Républicains sont très divisés. Il y a certains responsables de votre parti, comme vous, qui vous dites une dette à échéance de 100 ans. Pourquoi pas ? C'est une sorte de dette... De 50 ans. De 50 ans. D'autres disent 100 ans. Une dette perpétuelle. Une sorte de dette perpétuelle. Et puis, il y a d'autres responsables républicains qui disent « Attendez, c'est tellement simple de dire à la population ne vous inquiétez pas, cet argent, on le dépense, mais on n'aura jamais à le rembourser. »
Vous n'aimez pas les caricatures et je n'aime pas les caricatures. Oui. Je vais donc essayer de m'expliquer.
Oui, allez-y.
Nous avons aujourd'hui une situation de dette qui est une dette historique, comme nous ne l'avons jamais connue. Je différencie la dette structurelle du pays qui nous faudra régler nos dépenses courantes de la dette liée au Covid. Cette dette-là, elle n'est pas comme les autres. D'abord parce qu'elle est hors normes, ensuite parce qu'elle est détenue au moins à 25% par la Banque Centrale Européenne, ce qui n'est pas le cas de notre dette structurelle. Et donc, cela veut dire que nous pouvons la traiter différemment. Le courage aujourd'hui, ce n'est pas de dire aux Français « Cette dette-là, on la réglera avec une augmentation de la fiscalité, une augmentation de la croissance.
» Tout ça, ça relève du beau bar.
Une dette, ça se rembourse, dit Damien Abad.
Bien sûr que ça se rembourse. Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas la rembourser. J'ai simplement dit que compte tenu du contexte, il nous fallait allonger la durée de remboursement de cette dette pour ne pas sacrifier une génération. Parce que la Banque Centrale Européenne détient 25% de cette dette, nous pouvons le faire. Vous savez, la vraie lâcheté politique aujourd'hui, c'est de dire aux Français que cette dette-là, on la réglera comme les dettes du passé. C'est faux. C'est un beau bar et les Français n'y croient pas.
Et je préfère prendre le parti, Jean-Jacques Bourdin, je préfère prendre le parti de chercher des solutions nouvelles, responsables, courageuses, plutôt que de raconter toujours les mêmes blagues aux Français.
Oui, la résorption de la dette ne passe pas par le travail.
Bien sûr que si.
Ah bon ? Elle passe par le travail. Vous distinguez bien ? Certains disent dans votre parti le travail, le travail, le travail. Et ils ont raison, je le dis aussi. C'est-à-dire, le travail, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on allonge le temps de travail et on allonge le départ à la retraite. Vous êtes comme moi... On retarde le départ à la retraite. Vous êtes comme moi, tout à fait lucide... Vous l'avez vu. Vous l'avez entendu.
Vous êtes comme moi, tout à fait lucide sur la situation dans laquelle nous sommes en sortie de crise. Oui. Est-ce qu'en sortie de crise, on va pouvoir exiger aux Français des efforts insupportables ? Je vais vous dire, tout cela...
Moi, je ne me fais le porte-parole de personne. Personne, je l'entends mieux.
Je vous dis ce qui se dit dans votre parti. Eh bien, je réponds à cela. Que nous ayons dans notre famille politique un débat, c'est sain. Ce que je dis, c'est que nous ne pouvons pas régler cette dette-là comme les autres. Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas la rembourser, que nous essayons de nous écouter les uns les autres. Je dis simplement, et c'est déjà ce qui se passe, que cette dette sera une dette perpétuelle. Gérard Larcher dit « On se met au régime ». Oui. Très bien. Mettons-nous tous au régime. Ce ne sera pas le moment, en sortie de crise, de mettre un grand coup de massue sur la tête des Français. On ne se met pas au régime en sortie de crise. Non.
À un moment de sortie de crise, il faut être audacieux. Ce qui nous coûtera au sortir de la crise, c'est d'être trouillard et d'être timide. Mais je veux faire une distinction entre les dépenses structurelles du pays.
Oui.
Les grandes agences de l'État, les agences régionales de santé, dont on a vu qu'elles étaient inopérantes durant cette crise et qui coûtent beaucoup d'argent aux contribuables, faisons le ménage dans ces structures-là qui coûtent de l'argent public pour pas grand-chose, pour ne pas dire pour rien, et faisons en sorte de pouvoir lancer des grands investissements pour rebâtir notre pays en sortie de crise. Sinon, nous resterons en l'état de mort cérébrale de nombreuses années.
Aurélien Pradier, 10 millions de Français, vous le disiez tout à l'heure, sous le seuil de pauvreté. Alors, le gouvernement va mettre en place un chèque alimentaire pour les plus précaires. On attend les précisions, mais apparemment, ce serait 30 à 50 euros par mois pour les jeunes et les familles les plus précaires. Nous verrons. On n'a pas encore... Nous ne savons pas... Le coût est élevé. 4 milliards d'euros, Bercy n'a pas dit oui. Il faut attendre encore les derniers arbitrages. Mais vous faites des propositions aux Républicains. Alors, vous proposez plusieurs aides. Une aide alimentaire de 150 euros, c'est bien cela ?
C'est ça. Pour qui ? Il faut qu'on cible le public. Moi, je pense que la question des jeunes boursiers bénéficiant de l'APL et le bon public, il faut qu'on priorise à mon sens. C'est 150 euros une fois ou 150 euros par mois ou 150 euros ? 150 euros par mois. C'est la disposition que nous avons proposée. Pendant combien de temps ? Pendant toute la période de la crise, les mesures que nous proposons sont des mesures d'urgence sur une année parce qu'aujourd'hui, la situation de crise alimentaire est grave. Vous parliez de 10 millions de nos concitoyens en situation de pauvreté. Un jeune sur un, une personne pauvre sur deux est un moins de 30 ans.
8 millions de nos concitoyens ont accès à l'aide alimentaire. Je ne me suis pas engagé en politique pour voir des files d'attente dans nos rues, dans nos quartiers, de jeunes étudiants qui n'ont plus rien à manger. Si on ne trouve pas des solutions, la crise sociale sera pire encore. Il faut le traiter. Et je n'ai aucun problème à ce que nous réinjections de l'investissement de l'argent public dans l'aide alimentaire, notamment pour favoriser les produits locaux parce que nous avons une situation d'urgence à gérer. Un autre chiffre qui est éloquent. Nous avons 700 000 jeunes qui vont rentrer sur un marché du travail qui est dégradé comme il ne l'a jamais été.
300 000 de ces jeunes ont perdu leur petit job. Je ne parle pas des feignants. Je parle de petits jobs qu'avaient ces étudiants qui cumulaient un bac plus 4 et un petit job dans un fast-food. Ces étudiants, ils ont perdu leur petit boulot. Il faut leur trouver une solution. Nous proposons de mettre en place 300 000 jobs pour la nation. De faire en sorte que ces étudiants qui ont perdu leur petit boulot puissent retrouver un petit job utile à la nation. Pendant combien de temps ? Nous le proposons pendant une année. Ces petits jobs seraient portés par l'État et par la collectivité. Ce seraient des jobs qui seraient utiles à la nation.
Ces jeunes pourront aller travailler dans des associations, notamment d'aide alimentaire. Et je préfère que nous donnions à ces jeunes-là un salaire lié à un engagement pour la nation que de les mettre au RSA. C'est la proposition que nous faisons. Vous savez, les Républicains, depuis le début de cette crise, nous avons un principe qui est le principe de responsabilité. Moi, je ne me suis pas engagé en politique pour laisser passer les trains, pour regarder les situations injustes et insupportables. La pauvreté, c'est un des grands combats que le politique doit mener. Et les Républicains, nous ne critiquons pas, nous proposons.
Bien, Aurélien Pradié, vous ne critiquez pas, vous critiquez, mais c'est normal, vous êtes dans l'opposition. Et nous proposons. Et vous proposez, Aurélien Pradié, création d'un ticket carburant aussi, un peu comme le ticket restaurant, si j'ai bien compris. Combien d'ailleurs équipera ?
C'est à l'État de prendre en charge une partie. On peut regarder comment certaines entreprises peuvent y contribuer aussi. Nous avons des entreprises aujourd'hui qui sont prêtes sur le modèle des tickets restaurant, apporter une cote part à ce ticket rouler les salariés. Vous avez aujourd'hui dans le lot beaucoup de salariés qui vont travailler avec leur voiture et qui n'ont pas d'autres solutions. Ça fait partie des dépenses impératives. Il ne faut pas regarder ça de haut, il faut le regarder de près et je sais que vous le regardez de près.
L'imitation des frais bancaires à 25 euros par mois pendant un an, c'est aussi l'une de vos propositions. Il y en a plusieurs, mais certains, même aux Républicains, disent de plus en plus d'aides sociales, d'accord, mais il y a de plus en plus de pauvres. Oui, c'est vrai, mais les aides sociales dont nous parlons... Donc les aides sociales,
je sais que ça fait grincer des dents chez vous dans votre parti, non ? Oui, écoutez, j'imagine que quand Jacques Chirac porte le SAMU social de Paris, on le traite de gauchiste. Lorsque nous portons le SNIC... Jacques Chirac
et la fracture sociale.
C'est pour ça qu'il a été élu. Sous Georges Pompidou, j'imagine aussi qu'on peut être traité de gauchiste. Bref, à chaque fois que la droite a réussi à convaincre les Français, c'est lorsqu'elle a traité la question sociale. J'appartiens à une famille politique qui est la grande famille de la justice sociale. C'est un message envoyé à votre famille sociale. Mais ce message, je l'envoie tous les jours. Vous savez, autour de Christian Jacob, nous débattons depuis quand la droite républicaine n'a pas porté des idées nouvelles. Ça faisait un petit bout de temps. Je pense que ça nous fait du bien.
Bien, et la loi dite séparatisme adoptée hier en première lecture à l'Assemblée nationale, le groupe a voté contre cette abstenue ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Le groupe a majoritairement voté contre. Vous avez voté contre ? Pour une raison très simple. Pourquoi ? C'est que ce texte est une comédie. Et nous ne sommes plus à l'heure de la comédie. Avons-nous traité les vraies questions ? Avons-nous traité la question des 4000 fichés S étrangers aujourd'hui que l'on ne s'est pas expulsé ? Non. Nous avions proposé une cour spéciale qui permette d'expulser celles et ceux qui aujourd'hui mettent en danger la nation. Ça a été refusé. Est-ce que nous avons traité la question du port du voile sur les mineurs ? Non. Aujourd'hui, nous n'avons pas pu faire voter nos dispositions pour interdire le port du voile sur une fillette.
Tous les sujets importants ont été mis sous le tapis. Moi, je ne participe pas à la comédie de Gérald Darmanin.
Mais neutralité du service public, lutte contre la haine en ligne, contrôle renforcé des associations, meilleure transparence des cultes et de leur financement, interdiction des certificats de virginité, renforcement de la lutte contre la polygamie et les mariages forcés.
Vous êtes contre ? Tout ça a existé déjà. Vous parliez de la neutralité des agents du service public. Ce n'est pas une nouveauté. Gérald Darmanin réinvente l'eau tiède, il montre ses muscles, il fait le matador. Il n'est pas sincère à vos yeux ? Je pense qu'il n'est pas sincère. C'est un cynique. C'est un cynique, Gérald Darmanin. Lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, capable de faire la danse du ventre avec Marine Le Pen, c'est qu'on est d'un cynisme consommé. C'est qu'on met même en danger le débat démocratique. Moi, je ne supporte pas cette confiscation du débat démocratique. Le match, Le Pen, Macron, je le refuse et je ferai tout pour le refuser.
Tout ça pour vous dire que dans la loi, c'est pas un ratisme. Vous les mettez sur le même plan ? Ils se sont mis eux-mêmes sur le même plan.
Vous les mettez sur le même plan ? Ils se sont mis eux-mêmes sur le même plan. C'est-à-dire que vous ne choisiriez pas en cas de second tour Marine Le Pen à Emmanuel Macron ? Je refuse d'avoir à faire ce choix. Je vous le dis comme je le pense.
Si vous avez à le faire,
soyons honnêtes.
Si vous avez à le faire... La démocratie, ce n'est pas cela. La démocratie, ce n'est pas circuler, il n'y a rien à voir. On plie le match avant même qu'il ait lieu. Gérald Darmanin, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont mariés pour le pire. Et ce mariage-là, je ne l'accepte pas. Pas pour la droite républicaine. Je ne l'accepte pas pour les Français qui n'en veulent pas. Voilà pourquoi, depuis des mois, nous travaillons à faire en sorte de pouvoir incarner une alternative et un espoir pour les Français.
Merci Aurélien Pradié d'être venu nous voir ce matin. RMC et BFM TV. Merci.
Aurélien Pradié