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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 11 octobre 2024 9 minContradictoireFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesRetraites

Impôts : ce sera plus que prévu ! - Reportage #cdanslair 10.10.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 35 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Locuteur 10Fait
    « La réalité c'est que ce gouvernement a fait un choix de faire payer d'abord les retraités. »
  • 0:36Locuteur 10Chiffre
    « Il va augmenter la taxe sur l'électricité et qui va rapporter 4 milliards. »
  • 1:53Locuteur 2Fait
    « Les dépenses des collectivités locales ont beaucoup augmenté depuis quelques années. »
  • 3:12Locuteur 5Fait
    « La crainte que nous avons déjà exprimée, c'est que le budget qui semble se dessiner »
  • 2:31Locuteur 10Fait
    « On ne peut pas attendre de la justice sans lui reconnaître les moyens nécessaires. »

Temps de parole

  • Locuteur 428 %
  • Locuteur 119 %
  • Locuteur 316 %
  • Locuteur 814 %
  • Locuteur 107 %
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  • Locuteur 24 %
  • Locuteur 93 %
  • Locuteur 72 %
  • Locuteur 52 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Une fois n'est pas coutume, le Conseil des ministres va se réunir dans quelques minutes à l'Elysée. Un jeudi soir au tour de Michel Barnier pour la présentation du budget. 60 milliards d'économies en vue pour réduire le déficit public à 5% du PIB, l'équation est compliquée. Et déjà une évidence dénoncée par l'opposition. Les plus aisés ne seront pas les seuls à payer.

0:25
Gabriel Attal

La réalité c'est que ce gouvernement a fait un choix de faire payer d'abord les retraités. Il veut faire maintenant faire payer les malades, faire en sorte que le reste à charge sur les consultations médicales soit de 4 euros. Il va augmenter la taxe sur l'électricité et qui va rapporter 4 milliards. Donc vous voyez bien qu'on est sur une trajectoire qui n'est pas du tout une trajectoire pour les plus riches, qui est une trajectoire pour tous les autres et pour eux ce ne sera pas temporaire.

0:50
Présentateur

Un choc fiscal où les entreprises seront elles aussi mises à contribution. Face à la baisse annoncée des allègements de charges, le président du MEDEF proteste.

1:01
Locuteur 7

Baisser les allègements de charges au niveau du SMIC va affecter notre compétitivité et considérablement amputer les capacités des entreprises à revaloriser les salaires nets. In fine, cela détruira plusieurs centaines de milliers de postes.

1:13
Présentateur

Ces petits sismes affichés aussi du côté de la grande distribution.

1:20
Locuteur 6

Là où je suis assez soufflé, c'est l'espèce de dramaturgie pour un budget de court terme et qui sert juste à passer la première étape pour le gouvernement de l'acceptation par l'Assemblée nationale. Aller payer des impôts pour boucher des trous, aller faire un chèque en blanc à une équipe qui nous dit « ça a été mal géré avant », c'est pas génial.

1:41
Présentateur

Des efforts à faire, mais aussi des coûts budgétaires à trouver, avec 40 milliards à la clé. 5 milliards d'économies devraient être demandées aux collectivités locales. Michel Barnier assume au Sénat.

1:53
Locuteur 2

Les dépenses des collectivités locales ont beaucoup augmenté depuis quelques années. Beaucoup de ces dépenses sont également des dépenses subies ou contraintes pour les collectivités. Mais ces dépenses, elles sont là et elles contribuent par les besoins de financement qu'elles expriment, qui sont très importants, à ce qu'on appelle le déficit de la France, dont nous sommes comptables.

2:14
Présentateur

Un gouvernement qui prévoit aussi de balayer devant sa porte, en réduisant l'enveloppe de certains ministères. 487 millions prévus en moins pour le budget de la justice. Sale temps pour le garde des Sceaux, Didier Migaud.

2:28
Gabriel Attal

Le Premier ministre, je lui en ai parlé, je crois qu'il est tout à fait conscient de cette situation. On ne peut pas attendre de la justice sans lui reconnaître les moyens nécessaires.

2:38
Présentateur

Des récriminations à l'appel qui feraient presque sortir de ses gonds le gouverneur de la Banque de France.

2:43
Locuteur 9

Chacun a tendance à avoir des idées d'économie chez les autres et à les refuser chez lui. Et là, il faut que nous arrêtions et que chacun arrête de jouer au chamboule-tout, si vous me permettez l'expression, avec toutes les pistes d'économie qui sont sur la table.

2:57
Présentateur

Mais une fois ces pistes enterrinées, qui restera-t-il pour voter le budget ? Le Rassemblement national, qui s'oppose en arbitre du gouvernement Barnier, annonce déjà qu'il n'en sera pas. Même le camp présidentiel émet quelques réserves.

3:12
Locuteur 5

La crainte que nous avons déjà exprimée, c'est que le budget qui semble se dessiner n'intègre pas assez de réformes et trop d'impôts, avec le risque de déstabiliser nos industries et la classe moyenne qui travaille.

3:23
Présentateur

Au bout du chemin, pas beaucoup de suspense. Michel Barnier a déjà annoncé qu'il n'excluait pas de dégainer le 49-3 pour faire voter le budget. Vous disiez, ça c'est sûr, les uns et les autres sur le budget. Il y a beaucoup de questions qui sont posées par ce premier reportage sur lesquelles on va revenir, je vous promets. Juste avec vous, Nathalie Saint-Cricq, sur ce que dit le gouverneur de la Banque de France, qui est un peu exaspérée, en disant à chaque fois qu'on propose une piste d'économie, tout le monde monte au créneau et on voit que Gabriel Attal, les uns et les autres, chacun joue son propre agenda.

3:55
Invité

Ah oui, totalement, c'est-à-dire que chacun est dans l'opposition, même quand on est sans scène dans la majorité. C'est-à-dire qu'effectivement, Gabriel Attal dit, c'est pas bien d'augmenter les impôts, il faut plus de réformes. OK, on est fondé à lui demander pourquoi il ne l'a pas fait. Quand il parle de l'assurance chômage, en disant que ça pouvait économiser bien de l'argent, il oublie de dire que lui-même l'a gelé. Enfin, le coup de pelle final a été donné par Michel Barnier, mais ça a été largement commencé. Tout le monde défend les retraités, bien sûr, parce que de toute façon, les retraités, donc tout le monde est hostile au fait de repousser l'indexation. Il parle de l'électricité.

L'électricité, effectivement, mais ce qui est frappant, c'est l'absence. On a vu Olivier Faure critiquer en disant, on s'en prend malade, on s'en prend retraité, on s'en prend... Mais il n'y a eu, jusqu'à nouvel ordre, en dehors de phrases un peu creuses, aucune proposition concrète qui serait de dire, il faut faire ci, il faut faire ça. Donc c'est effectivement exaspérant. Mais ce qui est étonnant, c'est de voir que Michel Barnier ou M. Villerois de Gallo sont comme si c'était rationnel. Or, c'est pas rationnel, ils font de la politique. Et ils font de la politique, pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus d'autorité, même au sein de ce gouvernement, qui pense qu'il est temporaire.

Quand Didier Migaud, c'est parce qu'il s'était engagé à maintenir son budget, Didier Migaud pense à lui-même, enfin lui-même, et à son ministère. Donc si vous voulez, chacun pense à sa carrière, c'est pas du tout une critique. Ça vient aussi des institutions. Avec Michel Barnier qui dit, dans deux ans et demi, bon, tout le monde sait que ça passera, ça sera pas deux ans et demi. Donc chacun marque des points. Et ça donne l'impression quand même d'une série d'enfantillages et des responsabilités généralisées chez les politiques.

5:31
Présentateur

Cette question qui nous est posée ce soir, les classes moyennes seront-elles touchées par des hausses d'impôts ?

5:36
Invité

Oui, fatalement. À partir du moment où on dit que de toute façon, les deux tiers d'une baisse de déficit de 60... Euh, un tiers, pardonnez-moi, c'est un lapsus. De 60 milliards de baisse de déficit seront assurés par des hausses d'impôts. Forcément, ça veut dire que tout le monde est touché. Mais on le sait déjà, puisqu'il y a des choses qui ont déjà été annoncées. La hausse de la taxe sur l'électricité, par exemple, par définition, elle touche tout le monde. Alors, elle arrive plutôt dans une bonne période parce qu'il se trouve que les prix de gros de l'électricité sur les marchés, si vous voulez, baissent. Donc, on verra... Enfin, les prix de l'électricité ne vont pas augmenter.

Ils vont baisser moins vite que s'il n'y avait pas eu de hausse de taxe. Je ne sais pas si je suis clair. Oui, oui. Voilà, donc... Mais bien entendu... Tout le monde va faire les façons. Et de la même façon que la diminution d'un certain nombre d'allègements de charges pour les entreprises, ça peut sembler un peu technique, mais in fine, ça veut dire sans doute qu'il y aura un peu moins d'emplois, ça veut dire qu'il y aura un peu moins de salaire net. De toute façon, réduire les déficits publics, c'est prendre de l'argent. C'est prendre de l'argent. C'est pour ça que c'est compliqué politiquement.

Augmenter les déficits, les économistes râlent en disant « Ouh là là, on augmente les déficits », mais c'est donner de l'argent. Donc, c'est facile politiquement. Là, on fait quelque chose qui, dans des circonstances politiques normales, serait difficile. Oui, oui. Vous voyez ? Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'on le fait très peu en France et que depuis 50 ans, on n'est quasiment jamais fait. Oui, Anne-Sophie Alcide. Alors, un des grands problèmes, c'est qu'en effet, la majorité de la dépense publique, ce sont des aides qui sont données aux ménages. Donc, c'est du revenu aux ménages. C'est pour ça qu'on a un des systèmes, des pays de l'OCDE, les plus redistributifs.

Après impôts, on a des inégalités qui sont avant de 1 à 15 et qui passent de 1 à 6. Donc, ce système est très inégalitaire et redistributif. Et la première contribution pour la France à la croissance, c'est la consommation des ménages. Donc, c'est vrai que si vous commencez à toucher, et c'est toujours ça le jeu d'équilibre, on a toujours 57% de dépenses publiques. Mais c'est vrai que cette consommation, ça nous permet, notamment quand il y a eu le Covid, de ne pas être en récession. On a eu la récession dans les autres pays. Nous, on a toujours ce 0,5, 0,6 de consommation qui nous maintient et qui nous permet de ne pas être en récession.

7:28
Présentateur

Et c'est ça qui inquiète les entreprises ? Parce que quand même, le MEDEF, il faut le rappeler tout à l'heure, Caroline Michel-Laguirre, qui commençait par dire « Bon, s'il faut contribuer temporairement, nous le ferons. » On s'est dit « Tiens, les patrons sont prêts à payer davantage d'impôts. » Et là, voyant les projets de budget avec des annonces successives jour après jour, on a le MEDEF qui dit « Attention, ce sont des centaines de milliers d'emplois qui sont menacés. » C'est à ça qu'il faut référence ?

7:52
Invité

Alors, il faut référence à ça. Et aussi en disant « Si on augmente beaucoup la charge fiscale, notamment sur la classe moyenne, on aura aussi un impact sur nos demandes, sur, on va dire, vraiment nos carnets, est-ce qu'on va pouvoir se projeter ? » Dans un contexte, et il faut le rappeler, c'est ça qui est toujours difficile à expliquer en France, on a eu ce « Quoi qu'il en coûte ? » parce qu'on était en crise. Donc, on a subventionné l'énergie, l'inflation, mais là, quand on regarde les indicateurs macroéconomiques, ils s'améliorent un peu plus de croissance l'année prochaine. L'inflation qui ralentit, qui sera en dessous de 2% l'année prochaine.

Les prix de l'énergie qui se sont effondrés, également du pétrole. Donc, forcément, quand tous ces indicateurs s'améliorent, c'est normal que les aides que vous avez eues disparaissent aussi, puisque la situation va mieux. Et c'est ça qui est toujours compliqué, c'est-à-dire qu'on met en place des mécanismes, et quand ça va mieux, on a du mal à les couper.