Cécile Cukierman : « Ce budget n’est pas un budget de gauche »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Bonjour Cécile Guicraman. Bonjour. Merci d'être notre invitée. Vous êtes sénatrice de l'alors présidente du groupe communiste. Ici au Sénat, on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.
Bonjour Auriane. Bonjour Madame.
Bonjour. On va commencer en parlant du budget de retour en séance au Sénat. Aujourd'hui, un retour qui va être très bref. Le Sénat ne réexaminera pas ce budget. Le renvoie directement à l'Assemblée. Vous le comprenez ?
Non, je ne le comprends pas. Et d'ailleurs, nous allons le dénoncer par l'intermédiaire de la voix de mon collègue Pascal Savoldelli dès ce matin. Tout d'abord, ce budget a été fortement travaillé ici au Sénat par la droite sénatoriale. Il n'a pas été rejeté par la droite à l'Assemblée nationale. Donc, je crois qu'il faut maintenant assumer ce budget de rigueur. Ce n'est pas le choix qui est fait. Et nous déposerons une motion tout d'abord d'irrecevabilité parce que nous pensons qu'il ne répond pas aux principes de la République. Et donc, il est anticonstitutionnel. Il ne garantit pas l'égalité sur les territoires. Il ne garantit pas l'égalité entre les différents milieux sociaux.
Il n'incarne pas les principaux droits essentiels et fondamentaux auxquels ont droit les Français. Et une fois que la discussion aura eu lieu, nous ne prendrons pas part à cette motion de rejet qui, pour nous, est finalement une mascarade plus qu'une volonté d'une affirmation politique.
– Madame Kivjerman, est-ce qu'il n'est pas temps de passer à autre chose ? Je vous dis ça parce qu'on se projette bientôt sur les municipales. On s'est enlisé dans le débat budgétaire depuis des mois. A priori, si on continue dans cet enlisement, on risque de pénaliser encore plus la France. Est-ce qu'il n'est pas temps de passer à autre chose ?
– Vous avez totalement raison. D'ailleurs, depuis un an et demi, nous avons dit que cela ne marcherait pas. Donc, je n'ai aucune difficulté à dire qu'il faut passer à autre chose. Mais passer à autre chose, ce n'est pas mettre la poussière sous le tapis. Et tant que nous fonctionnerons ainsi, au mépris des résultats des élections législatives, au mépris de ce qu'attendent les Français. Il y avait une dernière enquête d'opinion. Bien évidemment, cela vaut ce que cela vaut. Seulement 8% des Français disent se reconnaître dans ce budget. Donc, on peut passer à autre chose. On peut continuer de générer de la colère et de la frustration dans l'ensemble de nos territoires.
On peut accélérer cette volonté de passer outre ce à quoi attendent les Françaises et les Français. Mais ne venons pas pleurer quand les résultats devant les urnes ne seront pas ceux que l'ensemble de ceux qui ont encore un esprit républicain dans ce pays attendent.
– Mais c'était quoi la solution alternative, compte tenu des divisions à l'Assemblée ?
– Des nouvelles législatives ?
– Attendez, d'abord, les divisions à l'Assemblée, elles ne sont pas nouvelles. Je le redis, ce que j'ai toujours dit, d'ailleurs ici même, quand on appelle celui qui a perdu pour essayer de chercher un compromis et gouverner, ça ne fonctionne pas. Ça n'a pas fonctionné. Donc, soit effectivement…
– Ça marchait pour l'EFSS, pour le projet de loi de finances et la sécurité sociale.
– Qui n'est pas un engagement tel que le projet de loi de finances. Ça marche sur plein de lois. Dans ce cas-là, on peut les énumérer. – Là, le compromis avec les socialistes, il a l'air d'avoir fonctionné. – Mais donc, attendez, ça… Très bien, mais après, chacun assumera les compromis qu'il fait et l'incidence que cela a dans la vie des Français. Donc ça, j'ai aucune difficulté. – Et donc, l'alternative ? – Moi, vous me demandez mon avis. Donc, je ne vais pas commenter ce que font les autres. Je vais vous expliquer pourquoi, nous, nous avons cette position. – Mais juste, pardon, les socialistes, ils n'ont pas donné une inflexion de gauche à ce budget, selon vous ?
– Vous demandez aux socialistes en quoi ce budget est une inflexion de gauche et moi, je vais vous répondre pourquoi, pour nous, il n'est pas un budget de gauche. Je ne vais pas commenter, ce n'est…
– Donc, il n'est pas de gauche.
– Mais ce n'est pas un budget de gauche. Il n'y a pas suffisamment de recettes nouvelles pour satisfaire les dépenses.
– Et les inflexions de… Voilà, l'oreillette et les partis, excusez-moi. Mais les inflexions, en tout cas, engagées par le Parti socialiste, pour vous, n'ont clairement pas été suffisantes.
– Non, d'abord, je pense qu'elles sont loin d'être suffisantes. Deuxièmement, elles ne répondent pas, je le redis, aux besoins de l'ensemble des Français, dans la diversité, d'ailleurs, de ce que sont les services publics, à commencer par ce qui va se passer en éducation nationale et la suppression de milliers de postes. Donc, je veux dire, chacun fera ses choix, ses votes, et je n'ai pas à juger, d'ailleurs, les choix des uns et des autres.
En tout cas, à nos yeux, au regard de ce que nous entendons, ce n'est pas à nos yeux, à quelques-uns dans une salle, au regard de ce que nous expriment les Françaises et les Français, de ce qu'ils expriment, y compris dans vos colonnes, y compris sur les différentes chaînes télévisées, on ne peut pas dire que la France soit satisfaite. Donc, si la question, c'est d'aller vite et de tourner la page et de ne pas leur permettre de comprendre, continue ainsi, je ne pense pas, et tant mieux si je me trompe, mais je ne pense pas que la démocratie sortira grandie de toute cette période d'un an et demi qui vient de s'écouler. Et donc, qu'a voulu Emmanuel Macron. – On va parler de la fin de vie.
Le Sénat qui a rejeté hier les textes sur la fin de vie, après avoir détricoté notamment la principale partie du texte sur l'aide à mourir, la création de l'aide à mourir. Qu'est-ce que vous pensez de la tournure qu'a pris l'examen de ce texte ici au Sénat ?
– D'abord, je crois qu'il n'est pas une surprise. Donc là encore, ne rajoutons pas de la complexité auprès de nos concitoyens et n'hystérisons pas des situations qui étaient en fait écrites à l'avance. Il y avait au Sénat une majorité de sénateurs qui ne souhaitaient pas du texte sur la fin de vie. J'ai envie de vous dire.
– Mais un compromis avait été trouvé en commission. Vous attendiez à ce que ça tourne comme ça ?
– On est sur une chaîne parlementaire. On ne va pas, je crois, mentir à celles et ceux qui nous écoutent. Donc, en commission, il y a un texte dans lequel on essaye effectivement d'avancer pour que quelque chose puisse être présenté en séance. Et ensuite, c'est la séance qui vote. Et nous avons déjà vu sur ce texte, comme sur de nombreux autres, parfois, souvent, régulièrement, y compris des amendements de rapporteurs qui peuvent être rejetés. Donc, je veux dire, ce n'est pas un phénomène nouveau et si exceptionnel que cela.
– Ce n'est pas nouveau, mais c'est un dossier extrêmement important sur lequel, justement, la voix du Sénat pouvait être une plus-value. Et là, vous perdez la main. Vous avez manqué complètement une occasion de peser sur ce texte. Il repart à l'Assemblée sans que vous ayez pu le faire évoluer.
– Tout d'abord, je ne pense pas que quand on s'exprime et quand on dit ce que l'on pense, on perde la main. Moi, je ne fais pas de la politique. Je ne suis pas parlementaire pour faire des coups. Nous sommes là pour poser et exprimer des idées. – Non, mais là, il n'y a pas de texte.
– Il n'y a aucune idée. – Non, non, mais je... – On essaie de comprendre sincèrement ce qui s'est passé hier. Le Sénat, en exprimant son rejet et en vidant de sa substance le texte, a perdu la main. Est-ce que vous ne ressentez pas, quand même, une difficulté et presque une occasion manquée ?
– D'abord, je le redis, je pense qu'être parlementaire, c'est dire ce que l'on pense. Donc, je pense que la première des occasions, sur un texte quel qu'il soit, quand on n'est pas d'accord, on n'est pas d'accord et donc on vote contre. Parce que les gens qui ne sont pas d'accord et qui votent pour, vous voyez, à un moment donné, ça nous renvoie à la question précédente. Ça devient compliqué pour les Françaises et les Français. Deuxièmement, moi, je ne suis pas le Sénat, je ne suis qu'un parmi d'autres, et y compris, vous aurez remarqué que mon groupe ne dirige pas le Sénat. Donc, je ne me sens pas héritière, non, de ce que fait ou pas la majorité scintale.
Troisièmement, vous m'autoriserez quand même à préciser, pour celles et ceux qui nous écoutent, que personnellement, pour ma part, j'ai voté le texte tel qu'issu des travaux du Sénat, justement parce qu'il revenait, avec lequel je n'étais pas d'accord, qui était l'inscription de la fin de vie. Donc, voilà, ce débat est compliqué, je le redis, ne l'hystérisons pas sous des questions de procédure et ne découvrons pas ce matin qu'une majorité de sénateurs, le débat a commencé déjà la semaine dernière, n'était pas favorable à ce texte sur l'aide à mourir.
– Est-ce que vous êtes satisfaite ? Est-ce que vous êtes l'une des rares voix de gauche à être dissonante face à une majorité chez vous en faveur, justement, d'une évolution du droit ? Vous, vous y êtes opposée. – Est-ce que ça ne vous satisfait pas, finalement, cette décision ?
– Non, mais la question n'est pas d'être satisfait ou pas. La question est quand on a une proposition de loi, un projet de loi, et de pouvoir exprimer et de débattre. Donc, par exemple, moi, je peux dire, je pense que nous n'avons pas été au bout des débats. Voilà, je ne suis pas satisfaite. Je pense que beaucoup se sont cachés. Je ne suis pas satisfaite de ces débats parce que, finalement, très rapidement, et ce, dès la semaine dernière, une grande partie de mes collègues sénateurs de gauche comme de droite sont rentrés, finalement, dans des postures sans aller à l'argumentaire. Et nous l'avons retrouvé, d'ailleurs, hier, en séance sur les explications de vote.
Donc, de cela, je ne peux pas en être satisfaite. Je crois que cette organisation du débat aurait mérité mieux que ça. Mais pour qu'un débat soit sain, il faut que l'ensemble des participants l'acceptent. Donc, voilà.
– Et ce n'était pas le cas.
– Non, mais vous voyez, parce que votre première question sur ce sujet, je pense que quand on prend ce débat-là uniquement sur un débat entre une gauche et une droite, je pense que, déjà, on biaise ce débat-là et qu'on ne peut pas le rendre sain.
– Je n'ai pas dit ça.
– Je pense que c'est un débat beaucoup plus profond. Donc, la question n'est pas tant de savoir si ma voix fut dissonante ou pas à gauche. Factuellement, elle l'a été. Je pense que, dans la population et dans l'électorat de gauche, la diversité des ressentis sur cette proposition de loi est finalement très diverse. Je crois que toutes les positions doivent être entendues.
– Vous avez parlé d'acharnement législatif par rapport à ce dossier. Alors, au-delà de l'expression qui est un peu particulière parce que c'est vrai qu'on parle souvent plutôt d'acharnement thérapeutique, pourquoi vous dites qu'il y a un acharnement législatif ?
– Parce qu'on sent bien d'abord qu'il y a une volonté de sainter les deux textes. Il y a une volonté d'Emmanuel Macron de l'imposer. Il en avait fait, d'ailleurs, une des priorités de son premier quinquennat. – C'est plutôt une décision
de François Bayrou, il me semble, d'avoir scindé le texte.
– Le texte a été scindé et de plus, c'était une volonté du président de la République dans son premier quinquennat d'atteindre cet objectif-là. Donc oui, il y a aujourd'hui une volonté de continuer et je note, je le constate, là encore, que soudainement, il y a beaucoup de temps pour examiner des textes puisque très rapidement, il reviendra à l'Assemblée nationale et très rapidement, il doit revenir au Sénat. Je constate simplement que sur un certain nombre de propositions de loi, puisque je rappelle que le gouvernement n'a pas été jusqu'à faire un projet de loi, ce qui est quand même regrettable sur ces sujets-là, d'ailleurs, on s'est allé très vite.
– On va parler justement d'une proposition de loi, de plusieurs d'ailleurs, celle que vous examinerez le 25 février. Vous allez vous emparer de la proposition de loi qui vise à nationaliser ArcelorMittal. ArcelorMittal, c'est une solution qui divise, là aussi, y compris d'ailleurs chez les syndicats. Qu'est-ce que vous en dites, les syndicats dont une partie dit que ça priverait les usines de leurs commandes ?
– Non, mais moi, j'entends le débat syndical et je n'ai pas vocation à le trancher. Nous allons redire le 25 février ce que nous avions dit fin octobre dans notre niche. Il y a un enjeu de souveraineté industrielle dans notre pays. Quand vous fermez un four, il ne réouvre pas. Donc nous avons besoin de tout faire. Il y a besoin aujourd'hui, moi j'ai entendu, je crois comme tous les Français, l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2022 nous parler du besoin de réindustrialiser et de préserver la souveraineté industrielle.
Nous avons là une difficulté si demain, c'est site ferme parce que nous ne pousserons plus en capacité à l'échelle française et y compris européenne d'avoir une véritable souveraineté quand on maîtrise l'acier, on maîtrise tout un certain nombre d'industries qui en découlent. Donc je pense que c'est un élément important et fondamental et c'est en ce sens-là que nous voulons qu'il y ait aujourd'hui une reprise en main par l'État de ce secteur quitte à le relancer, quitte à travailler avec les salariés. Je ne dis pas qu'il faut refaire des nationalisations à l'ancienne qui n'ont pas d'ailleurs toujours fonctionné et qui d'ailleurs n'ont pas apporté des droits nouveaux aux salariés.
Je pense que ce sont des choses qu'il faut réinventer, il faut aussi bouleverser le monde de l'entreprise pour à la fois permettre le maintien des commandes, permettre les emplois, permettre les savoir-faire et permettre à la France de continuer de produire de l'acier. Julien, on parle des réseaux sociaux ?
Oui, puisque les dépistés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Le texte doit atterrir au Sénat dans quelques semaines. Est-ce que vous le soutiendrez ?
Écoutez, je ne vais pas cacher que je vais rentrer d'abord dans le sujet. Je pense que c'est un texte d'affichage plus qu'un texte de réalité. Je crois qu'on a un vrai problème. Pourquoi ? J'y viens. Je pense qu'on a un vrai problème d'abord sur les réseaux avec effectivement une jeunesse qui aujourd'hui y est fortement en prise. Je crois qu'on a une difficulté tout simplement c'est à l'interdiction. Donc je ne sais pas s'il faut déclarer une interdiction que nous ne savons pas tenir. On le sait d'ailleurs, la prohibition n'est pas toujours la meilleure des manières d'amener chacun.
Je crois qu'en revanche, nous avons une vraie réflexion à avoir sur l'utilisation des écrans, sur l'utilisation des téléphones, sur l'accès effectivement au réseau, beaucoup plus de pédagogie. Et vous savez, la première des pédagogies, alors c'est peut-être très anecdotique, mais j'ai trois enfants qui maintenant sont sortis du cadre scolaire. Je suis assez impressionnée quand même. Aujourd'hui, il n'y a plus d'agenda, il n'y a plus de cahier de texte, tout est sur Internet. Donc de toutes les manières, les enfants sont invités par tout leur environnement de la société à devoir à un moment donné y aller. Donc je pense que... Internet,
là on parle des réseaux sociaux. C'est différent. On ne va pas interdire Pronote.
Je ne sais pas pourquoi. Parce que ce n'est pas un réseau social. Je pense que ça ferait d'ailleurs beaucoup de bien sur les relations entre les enfants, les parents et les enseignants. Mais je ferme la parenthèse, ça mériterait un autre débat mais bien plus profond. Mais à un moment donné, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui on multiplie ? Pourquoi est-ce que nos jeunes sont de plus en plus sur les réseaux sociaux ? Parce qu'ils sont aussi de plus en plus devant les écrans. Et donc l'interdiction des réseaux sociaux aujourd'hui, comment est-ce qu'on la contrôle ? Comment est-ce qu'on l'applique avec la plupart de ces réseaux qui passent de toute manière par d'autres pays que les nôtres ?
Donc oui, c'est un problème. Oui, c'est un fléau. Mais moi, je veux le dire et très tranquillement ici, mettre un téléphone portable dans les mains d'un enfant de 8 ans et demi pour qu'il nous rassure, pour nous faire un message quand il rentre de l'école, c'est aussi le début du fléau.
On parle des municipales, tuyens.
Oui. Et la question principale que je voulais vous poser, c'est quels sont les objectifs du Parti communiste sur cette élection ? Puisque, est-ce que c'est de faire tomber Édouard Philippe au Havre ? Mais c'est aussi, j'imagine, de pouvoir garder vos grandes villes, Montreuil, il y a Vitry-sur-Seine également. Est-ce que vous pouvez nous dire ?
Écoutez, je crois que l'objectif est clair. Tout d'abord, je crois, et alors sans surprise, tout d'abord bien évidemment, de conserver les villes où nous sommes en gestion. Et pour l'instant...
Vous vous sentez menacée dans ces deux villes ?
Pas plus dans celles-ci que dans d'autres. Il y a la concurrence des insoumis. Vous prenez deux villes, je pourrais vous en citer bien d'autres qui peuvent être mises en difficulté. À l'heure où nous nous parlons, je ne pense pas. Je pense que d'abord, les bilans municipaux sont bons. Je pense que les listes qui vont être présentées ou qui ont déjà été présentées rassemblent très largement et avec des forts adhésions de la population des communes concernées. Et après, bien évidemment, l'objectif sera de partir en conquête sur un certain nombre de villes. Vous avez cité le Havre, mais je pense également à Nîmes, Arles. Et donc, nous avons effectivement un certain nombre d'objectifs.
Nous sommes présents, nous conduirons des listes dans un peu plus de 15% de villes préfectures de ce pays. Nous serons présents, nous serons à l'offensive dans les plus grandes villes comme dans les plus petites communes de notre pays.
Est-ce que parmi les villes où vous pourriez être en difficulté, il y a Saint-Amand-les-Eaux, la ville où se présente Fabien Roussel, le patron de votre parti ?
Écoutez, je pense que, d'abord, il a pris largement ses marques aujourd'hui en tant que maire. Et je crois que c'est très bien. Il a eu bonne participation à sa cérémonie de vœux. Il a eu de très bons retours. Je crois que la campagne, maintenant, est faite. Oui, il y a une volonté du Rassemblement national d'être à l'offensive. D'abord, de s'attaquer, bien évidemment, à ce qui fait du commun. Et donc, à ce qui, dans une commune, permet de combattre leurs idées, permet de combattre l'isolement et le dégoût que peuvent ressentir un certain nombre de concitoyens. Nous sommes donc visés très fortement par le Rassemblement national dans un certain nombre des communes.
Je note aussi, et donc je ne veux pas... Je crois que ça, bien évidemment, ça reste notre ennemi et notre adversaire politique. En revanche, je note que même à Toulon, qu'on nous annonçait gagner d'avance, le sondage d'hier invite à relativiser et à se rendre compte que ce Rassemblement national qui, soi-disant, a déjà tout gagné quand parfois on écoute, on allume certaines antennes ou on regarde certains réseaux sociaux, est loin d'avoir franchi le mur du second tour.
Parce que Laure Lavalette est donné largement en tête du premier tour, mais dans ce sondage, perd donc au second. Juste un mot sur Fabien Roussel. Est-ce qu'il pourrait rester à la tête du parti s'il perd les municipales après avoir déjà perdu les législatives ?
La question d'abord ne se pose pas. L'objectif pour l'instant est de préparer les municipales et je pense qu'il gagnera les municipales et donc cette question n'a même pas lieu d'être. Mais s'il ne les gagne pas ? Mais écoutez, vous savez, moi je...
Il peut rester à la tête du parti communiste en ayant perdu deux élections successives. Et si demain,
il y a une guerre qui se déclare, on verra comment ils se feront. Il les a perdues, ça s'est déjà acté. Est-ce que s'il perd les municipales, il est encore crédit qui n'est pas lié à garder ou non un mandat ? Donc je le redis, cette question-là se posera le moment venu. Je pense que l'on ne peut pas simplement rabattre... Non, elle se posera le moment venu si elle doit se poser. Et deuxièmement, je pense que ce qui s'est passé lors de l'élection législative est d'une violence terrible, oui. Et d'ailleurs, le Rassemblement national a prospéré sur le choix d'Emmanuel Macron et de la dissolution.
Et personnellement, moi je ne m'en félicite pas, mais je ne juge pas ceux qui sont battus par le Rassemblement national comme les responsables de leur défaite. Est-ce que vous souhaitez que Fabien Roussel soit candidat à la présidentielle ? Là encore, je pense qu'on va d'abord laisser passer les élections municipales. Nous aurons un congrès au mois de juillet et finalement, même si parfois, je sais, ça surprend, je le redis, nous sommes un parti assez démocratique et donc nous allons d'abord débattre, discuter, échanger et décider. Est-ce qu'il n'arrive
pas trop tard, ce congrès ? Si je vous pose la question, c'est parce que vous avez vu, comme moi, qu'on a enfin une date pour la primaire de la gauche avec quatre candidats déjà déclarés et cette primaire, elle aura lieu le 11 octobre. Est-ce que ce n'est pas dommage ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression de laisser filer le train pour peut-être prendre une décision au mois de juillet ? Ce n'est pas trop tardif ?
D'abord, je ne sais pas si c'est la primaire de la gauche mais c'est la primaire d'une gauche à cette heure-ci.
Pas la vôtre ?
Pas celle de beaucoup de monde quand même. J'ai cru comprendre qu'un certain nombre n'en était pas. Deuxièmement, nous sommes dans un pays où nous avons des élections à deux tours, non pas des élections à un seul tour comme dans d'autres pays. Donc, je veux bien qu'on fasse un premier premier tour qui serait effectivement une primaire. Je n'y suis pas favorable, pas plus aujourd'hui qu'hier et je ne pense pas plus que demain. La vraie question, c'est cette primaire puisque vous l'évoquez, à quoi sert-elle et à qui sert-elle ?
Est-ce qu'elle sert à toutes celles et tous ceux qui savent, à l'heure où nous nous parlons, qu'ils n'auront pas les 500 parrainages et qui donc vont exister jusqu'au 11 octobre ou est-ce qu'elle sert effectivement à redonner de l'envie, de l'appétence pour que la gauche gagne les élections présidentielles et surtout les élections législatives qui sont celles quand même qui font la politique dans notre pays ? Je pose la question à l'heure actuelle. Je n'ai pas eu la réponse en tout cas dans ce que j'entends des uns et des autres et rien n'est jamais trop tard comme c'est décidé collectivement. Donc à l'heure actuelle, la question ne se pose pas.
La question de savoir si Fabien Roussel sera candidat à l'élection présidentielle viendra en son temps et surtout, je crois, pour rassurer les Françaises et les Français, à l'heure actuelle, l'heure n'est pas à préparer l'élection présidentielle, elle est plutôt à réussir les élections municipales parce que la vie de leur quotidien se joue aussi et avant tout dans les communes.
Julien, vous avez une dernière question.
Oui, une petite question qui a trait à la situation internationale. Une question toute simple. Vous avez évidemment suivi l'actualité américaine et les accusations de brutalité à l'encontre de Donald Trump. Le député LFI Eric Coquerel a appelé hier au boycott de la Coupe du Monde 2026. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée ?
Écoutez, vous savez, c'est qu'on avait eu la question sur le Qatar, on avait eu la question sur tous les événements, on a la question y compris sur les JO qui arrivent à Turin. Je ne suis pas certaine que ce soit le boycott d'un événement sportif qui règle la diplomatie internationale, malheureusement, et j'oserais dire, y compris sur votre antenne, qui règle la dinguerie d'un président des États-Unis.
Je crois qu'au contraire, nous avons besoin d'une parole de la France beaucoup plus forte que ce qu'elle n'est, d'une diplomatie beaucoup plus offensive, mais ce ne sont pas de quelques initiatives personnelles qui régleront malheureusement le danger que représente aujourd'hui Donald Trump pour les Américains eux-mêmes, nous l'avons vu ces derniers jours, pour l'ensemble de la planète et des peuples qui vivent.
Merci beaucoup, merci Cécile Kermann d'avoir été notre invité ce matin. Julien, la une de la Voix du Nord, c'est l'eau du robinet polluée dans 26 communes. On va en parler, on va détailler.
C'est un fongicide, on est fait issu de l'agriculture.
Et on va détailler tout ça tout de suite dans notre revue de presse régionale. Merci à tous les deux.
Cécile Cukierman