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InterviewC à vous (sur YouTube)· 19 juin 2018 18 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

Virée par Wauquiez, Virginie Calmels contre-attaque - C à Vous - 19/06/2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Bonsoir Virginie Calmels, ex numéro 2 des Républicains, mais votre titre c'était première vice-présidente déléguée.

  • 0:49OuverteRéponse partielle

    Pourquoi par exemple ne pas imaginer enfin en France la hausse du SMIC ?

  • 1:16OuverteRéponse directe

    Une hausse du salaire minimum jusqu'à 20%, c'est une bonne idée Virginie Calderon ?

  • 1:39RelanceRéponse partielle

    Il n'y a pas eu des trucs comme ça tous les jours quand même ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Pourtant, il y a un noyau de militants. Et d'ailleurs, ils ont voté à 75% pour Laurent Wauquiez, qui reste fidèle à ses idées.

  • 4:23OuverteÉludée

    Il y a des habitudes terribles de lâcheté, de division, des habitudes d'erreur, et petit à petit de fragmentation qui ont fait tant de mal à notre famille politique.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:41Invité politiqueFait
    « les cadeaux riches, la rhétorique qui est pour moi une rhétorique quasi mélanchoniste »
  • 1:55Invité politiqueChiffre
    « une augmentation du SMIC conduirait à une baisse des emplois »
  • 3:06Invité politiqueFait
    « Pro-business ? Pro-business, libéral économiquement, c'est mon ADN. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « je veux plus de police, plus de sécurité, plus de justice, que l'État se concentre sur ces missions-là, qu'on lutte contre l'immigration, qu'on lutte contre le communautarisme. »
  • 4:00PrésentateurChiffre
    « il y a un noyau de militants. Et d'ailleurs, ils ont voté à 75% pour Laurent Wauquiez »
  • 6:10Invité politiqueFait
    « j'ai vu beaucoup de militants, et qui continuent aujourd'hui, je croule sous les messages, qui m'ont dit, vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « Quand Laurent Wauquiez dit « l'État doit rester actionnaire d'Air France » »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « il faut vraiment avoir des propositions très fortes pour notre pays, en luttant contre le laxisme, notamment réguler nos flux migratoires et le communautarisme. »
  • 10:03Invité politiqueFait
    « Moi, je suis mère de famille, j'ai deux enfants, j'ai dirigé des grands groupes pendant 25 ans, je n'ai rien fait de mal à qui que ce soit, mérité ce type d'attaque. »
  • 10:20Invité politiqueFait
    « Les Républicains sont-ils en train de devenir un parti populiste et identitaire ? »
  • 14:15Invité politiqueFait
    « Xavier Bertrand et Valérie Pécresse sont encore dans la famille. »
  • 14:24Invité politiqueFait
    « Valérie Pécresse qui crée son mouvement, qui s'appelle Libre. »
  • 15:32InvitéChiffre
    « Nicolas Sarkozy, encore très apprécié à droite. 31% d'opinion favorable le mois dernier. »
  • 15:38InvitéChiffre
    « Laurent Wauquiez, 17% seulement d'opinion favorable. »
  • 17:27Invité politiqueFait
    « des jupéistes qui ne sont pas allés vers Emmanuel Macron. »

Temps de parole

  • Anne Calmels68 %
  • Présentateur15 %
  • Invité5 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %

5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A titre personnel, je suis soulagée. Voilà comment Virginie Calmels a réagi après avoir été limogée dimanche soir de ses fonctions au sein des Républicains pour avoir critiqué le président du parti, Laurent Wauquiez. Elle est ce soir notre invitée. Bonsoir Virginie Calmels, ex numéro 2 des Républicains, mais votre titre c'était première vice-présidente déléguée. Et juste derrière vous, il y avait un deuxième, le deuxième vice-président que Laurent Wauquiez vous avait imposé, un numéro 3, donc Guillaume Pelletier qui était l'invité de cet avou hier soir, ici même. On va parler de la querelle au sein des Républicains.

Mais d'abord, Pelletier, quelques heures plus tard, sur Inter, a fait bouger tous les vumettes politiques, quelques repères en tout cas, en proposant ceci.

0:49
Invité

Pourquoi par exemple ne pas imaginer enfin en France la hausse du SMIC ? Moi je suis député de la Nation, député du Loir-et-Cher, j'entends tous les jours nos travailleurs souffrir. Ils travaillent pour une rémunération dérisoire. Vous croyez qu'on peut vivre aujourd'hui en France décemment avec 1 100 ou 1 200 euros net ? Vous voulez augmenter le SMIC de combien ? Je pense qu'il nous faudrait un électrochoc de 10, 15 ou 20%, avec en échange, parce qu'il ne faut pas que ça pèse sur les entreprises, une baisse des charges drastique.

1:16
Présentateur

Une hausse du salaire minimum jusqu'à 20%, c'est une bonne idée Virginie Calderon ?

1:20
Anne Calmels

Merci de me poser cette question, alors que j'ai récupéré ma liberté de parole, et donc je vais pouvoir... Vous allez en profiter immédiatement. Vous voyez, c'est ça l'avantage de ne plus être lié à une équipe. En fait, pendant des mois, je me suis retenue sur certaines choses que certains de mes collègues pouvaient dire à la télévision ou à la radio.

1:39
Présentateur

Il n'y a pas eu des trucs comme ça tous les jours quand même ?

1:41
Anne Calmels

Il y a eu pas mal de choses, vous savez, les cadeaux riches, la rhétorique qui est pour moi une rhétorique quasi mélanchoniste, un peu étonnante dans la bouche de personnes qui se revendiquent, les Républicains. Donc effectivement, pour moi, ce n'est pas une bonne idée. Pourquoi ? Parce que nombre d'études montrent qu'au fond, une augmentation du SMIC conduirait à une baisse des emplois. Et moi, je suis engagée pour l'emploi. J'essaye de le faire dans mon périmètre de responsabilité à Bordeaux. Je l'ai fait pendant 25 ans dans l'entreprise privée. Et donc je crois que ça, c'est du populisme, c'est de la démagogie.

Et qu'on sait que malheureusement, aujourd'hui, de mon point de vue, ça fait partie de mes différents récents avec les Républicains, c'est que je crois qu'on est un parti de gouvernement et que ça nous oblige, qu'on doit être sérieux, que des propositions comme ça ne peuvent pas jaillir sans même concertation. Parce que là, je pense qu'il n'y a pas eu de concertation.

2:36
Présentateur

Oui, d'ailleurs, Guillaume Larivet, qui est un autre vice-président, a dit que c'était une proposition néo-communiste. Et vous-même, dimanche, après avoir vidé votre sac dans le Parisien, vous avez aimé un tweet de l'économiste Nicolas Bouzou qui comparait le discours de Vauquiez à un succès d'année de bouillis mélanchonneux le péniste. C'est une bonne formule, vous l'aviez ?

2:53
Anne Calmels

C'est un peu ce que j'ai essayé de dire en tirant la sonnette d'alarme. C'est que moi, je suis pour une droite moderne qui reste sur ses fondamentaux, qui ne tutoie pas les extrêmes. Pro-business ? Pro-business, libéral économiquement, c'est mon ADN. Et parce que aussi, je viens de l'entreprise et que je pense qu'on peut gérer la dépense publique différemment, fort d'une autre expérience et d'une autre expertise. C'est vraiment un de mes domaines de prédilection. Et puis de l'autre côté, un régalien fort.

Je suis pour un régalien fort, c'est-à-dire je veux plus de police, plus de sécurité, plus de justice, que l'État se concentre sur ces missions-là, qu'on lutte contre l'immigration, qu'on lutte contre le communautarisme. Mais pour moi, on ne doit pas devenir populiste et reprendre la rhétorique, effectivement, sur le régalien de Marine Le Pen et sur l'économique, parfois, de Mélenchon. Et je pense que là, tout le monde est perdu. Et les électeurs et les Français sont perdus. Moi, j'ai envie de garder un cap de conviction, de valeur et de vision pour porter un vrai projet de redressement pour la France.

3:56
Présentateur

Pourtant, il y a un noyau de militants. Et d'ailleurs, ils ont voté à 75% pour Laurent Wauquiez, qui reste fidèle à ses idées, qui se retrouve dans son discours. Certains étaient d'ailleurs à Lyon hier soir dans cette petite réunion de sens commun. Laurent Wauquiez, qui vous a congédié dimanche, n'a pas prononcé votre nom, ni dans le communiqué annonçant la nomination de votre successeur, Jean-Léonetti, ni dans son discours d'hier soir à Lyon, donc, devant sens commun. Mais je suis sûr qu'il pensait très fort à vous.

4:23
Invité

Il y a des habitudes terribles de lâcheté, de division, des habitudes d'erreur, et petit à petit de fragmentation qui ont fait tant de mal à notre famille politique. Pourquoi est-ce qu'au fond, il y a eu ces itinéraires de trahisons successives, de mercenaires, de gens qui sont capables de passer de l'un à l'autre ? Parce qu'il n'y a plus cette colonne vertébrale.

4:46
Présentateur

Lâcheté, division, trahison, comportement de mercenaires.

4:51
Anne Calmels

Je ne me sens pas du tout visée, Patrick Cohen.

4:53
Présentateur

Et les proches de Wauquiez, vous allez répondre, les proches de Wauquiez ajoutent ambition, égo, perso. On va écouter ce petit florilège de ces dernières.

5:00
Anne Calmels

C'est fou, hein ?

5:02
Invité

Vous êtes une équipe autour de cette table. Ce n'est pas sur le plateau que vous allez mettre sur la table vos différents...

5:08
Anne Calmels

Est-ce que vous, vous entendez tout le monde sur la station Europe 1 ? Non, mais vous travaillez dans la même station. Non. Et vous essayez de faire progresser cette station. Ce dont souffre notre famille politique, c'est un excès d'égo. Moi, je pense que c'est plutôt une querelle d'égo.

5:21
Invité

Je pense que c'est un conflit de personnes. C'est juste une querelle d'égo. Une querelle d'égo.

5:25
Anne Calmels

Ça, ça s'appelle des éléments de langage tout préparés. Et d'ailleurs, vous voyez, c'est Nadine Morano, Rachida Dati, Kiel Porte ou Guillaume Pelletier.

5:33
Présentateur

Et alors ?

5:34
Anne Calmels

Vous voyez bien qu'on est finalement sur deux planètes différentes. Moi, je viens de l'entreprise. Je me suis engagée en politique avec une autre vision. Je ne cherche pas un poste. C'est Laurent Wauquiez qui est venu me chercher. Avec tous les défauts que j'ai, on peut presque se demander pourquoi il a voulu que je fasse tant d'âme avec lui. Et qu'effectivement, ce n'est pas lui tout seul qui a été élu à 75%. C'est une famille politique qui, à un moment donné, a désigné une équipe. Et ils étaient bien contents de me... Sans vous, il n'aurait pas fait ce score-là ? Probablement, il aurait gagné. Ça, c'est certain. Après, est-ce qu'il aurait fait le même score ?

Vous savez, moi, j'ai vu beaucoup de militants, et qui continuent aujourd'hui, je croule sous les messages, qui m'ont dit, vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Ce fameux tract qui nous a divisé. Pourquoi il nous a divisé ? Parce que moi, en tant que numéro 2 des Républicains, ce qui m'importe, parce que c'est mon ADN, c'est que ça marche, c'est qu'on ait des résultats, c'est que ça fonctionne. Quand je vois 50% des fédérations qui ne l'ont pas tracté, tout l'Ouest de la France n'a pas tracté ce tract. Les métropoles ne l'ont pas tracté. À Paris, en Ile-de-France, ils ont même élaboré un autre tract. Donc, ça veut bien dire...

6:36
Présentateur

Vous avez des idées de Laurent Wauquiez, que vous n'avez pas découvert le mois dernier.

6:40
Anne Calmels

Oui, mais Patrick Cohen, je rappelle que quand il vient me chercher, il vient me chercher au nom du rassemblement. Que moi, j'explique d'ailleurs que je n'ai pas la même ligne que Laurent Wauquiez. Pas exactement. C'est la même famille politique pour moi de la droite, mais comme elle a toujours accueilli des libéraux, des conservateurs, des gaullistes sociaux. Moi, j'appartiens plutôt à l'idéologie libérale et je travaille avec Alain Juppé à Bordeaux.

7:02
Présentateur

Donc, il aurait fallu que Wauquiez adoucisse son discours et même des éléments qui aillent dans le monde.

7:07
Anne Calmels

Pour moi, il doit faire une synthèse. Pour moi, c'est d'ailleurs ce qu'il disait lui-même. Il l'a prétendu lui-même. Pour moi, il a rompu le pacte, et notamment dans cette réunion de mardi dernier, où en gros, ils m'ont dit « c'est ma ligne et c'est comme ça ». Mais ça veut dire que donc, qu'est-ce qu'on dit aux gaullistes sociaux ? Vous voyez, hier, c'était le 18 juin. Les gaullistes sociaux faisaient un grand événement auquel j'étais d'ailleurs conviée. Laurent Wauquiez l'a choisi. Il était avec sens commun. Ça dit quelque chose de sa ligne à lui, qui est sa ligne peut-être personnelle, mais qui l'impose à l'ensemble de la famille de la droite.

Moi, je ne m'y reconnais pas en tant que libérale, pro-européenne et pour un régalien fort, pour vraiment qu'on lutte contre l'immigration qu'on est. On a ces sujets en commun. Mais je ne me reconnais pas sur tout. Je ne me reconnais pas sur les sujets économiques. Quand Laurent Wauquiez dit « l'État doit rester actionnaire d'Air France », moi, je pense que l'État est un très mauvais actionnaire et doit en sortir. Parfois, on a des différences.

7:58
Présentateur

C'est lui le président, ce n'est pas vous.

7:59
Anne Calmels

Oui, mais attendez, président, ça ne veut pas dire que vous parlez au nom de toute la sensibilité de la droite.

8:04
Présentateur

Vous êtes solidaire du président.

8:06
Anne Calmels

Mais je l'ai été pendant six mois. Moi, je me suis beaucoup tue, j'ai beaucoup dit les choses en tête à tête. J'ai vu que rien ne bougeait. J'ai répondu au crime de l'aise-majesté, à la question qui m'était posée par Nicolas Demorand sur France Inter. Avez-vous validé ce tract ? J'ai répondu non. Pourquoi ? Parce que je suis sincère, honnête et que je dis la vérité. Et l'autre point, c'est que je ne peux pas, un numéro deux, comme vous le dites, il doit adhérer à la ligne. Ou alors il devient une caution ou un alibi. Je ne peux pas être une caution et un alibi de choses qui me heurtent. Je suis de droite. Je ne suis pas d'extrême droite.

Je crois qu'il faut vraiment avoir des propositions très fortes pour notre pays, en luttant contre le laxisme, notamment réguler nos flux migratoires et le communautarisme. Je le crois, mais je ne pense pas qu'il faille adopter la rhétorique de Jean-Marie Le Pen. Et surtout, tout ça est très daté, tout ça est vieux, tout ça fait un peu ringard. Et moi, j'avais envie, tout simplement, que cette famille politique... Vous savez, il n'y a pas de nouveaux adhérents aujourd'hui, aux Républicains. Il y a des adhérents qui s'en vont. Combien d'adhérents ne renouvellent pas ?

9:09
Présentateur

Donc ça veut dire que ça ne marche pas. Je me demandais si vous aviez lu la presse ce matin, et notamment l'édito signé Laurent Joffrin dans Libération, qui trouve logique d'ailleurs votre éviction, l'égard aux mains-coups d'escarpin lâchés dans les tibias de Laurent Wauquiez. Il va plus loin, expliquant que, venant du privé, vous avez appliqué la loi du marché. Elle renvoie le produit Wauquiez chez le fabricant comme un presse-puré, dont on a mal lu l'étiquette. Opportuniste, sans âme, Calmel, c'est une sorte de Judas Express, un Yago Minute. Ça va au-delà des questions d'égo, des péchés d'orgueil, ou des comportements mercenaires évoqués par Achille Haddad.

9:39
Anne Calmels

Je vais vous dire, toutes ces attaques personnelles montrent à quel point ce monde politique ne donne pas envie. Et si on continue comme ça, qui on va avoir en politique ? On le voit d'ailleurs, malheureusement, on n'a plus des grands hommes d'État. Tous ceux-là ont été un peu mis à la retraite prématurée par Emmanuel Macron. Et vous savez, ces attaques personnelles, cette volonté de nuire, de faire du mal aux gens. Moi, je suis mère de famille, j'ai deux enfants, j'ai dirigé des grands groupes pendant 25 ans, je n'ai rien fait de mal à qui que ce soit, mérité ce type d'attaque. Vous savez, en fait, au fond, ça veut dire qu'on veut détourner le problème qui est un problème politique.

Les Républicains sont-ils en train de devenir un parti populiste et identitaire ? Voilà la question. Moi, j'espère pas.

10:29
Présentateur

Un petit élément personnel quand même. Vous avez dit, je ne recherchais aucun poste.

10:32
Anne Calmels

Oui, bien sûr.

10:33
Présentateur

Ce que Wauquiez et ses proches disent, ne disent pas publiquement, c'est que vous n'étiez pas désintéressée par l'idée de conduire la liste LR aux prochaines européennes. J'ai toujours dit le contraire. Vous en avez parlé directement avec Laurent Wauquiez lors d'un tête-à-tête fin février.

10:47
Anne Calmels

C'est lui qui m'en a parlé et qui m'a dit, alors que je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas. Moi, je suis engagée à Bordeaux. Je suis première adjointe au maire de Bordeaux.

10:54
Présentateur

Vous n'étiez absolument pas intéressée à l'idée de conduire la liste aux européennes.

10:57
Anne Calmels

Je veux bien que vous... Vous savez, moi, je trouve que dans la vie, on devrait vérifier les faits. Qu'est-ce que j'ai dit par exemple ? Mais tout à fait. Je vous le redis. Non, je n'étais pas intéressée par être tête de liste aux européennes. Je l'ai dit et répété. En revanche, beaucoup d'élus sont venus vers moi pour me demander d'être tête de liste aux européennes. Beaucoup d'élus. Des sénateurs, des députés, notamment la jeune génération, qui trouvaient qu'une femme issue de la société civile, chef d'entreprise, nouvelle en politique, ça pourrait avoir de la gueule. Mais je n'ai jamais dit oui, oui, oui, je veux le faire. Et aujourd'hui, on voit bien. Vous savez...

11:31
Présentateur

Alors, un petit flashback en images, parce que la campagne s'était bien passée avec Laurent Wauquiez. En tandem, on revoit quelques images.

11:38
Invité

Je voudrais enfin surtout remercier Virginie Calmes. Sa présence à mes côtés est un symbole fort. Je sais qu'elle sera critiquée, parfois même par ceux d'ailleurs, qui ont été les plus opportunistes et les plus traîtres de notre famille politique.

11:52
Anne Calmels

L'objectif, c'est de rassembler une famille politique. Bon courage. Voilà pourquoi j'ai préféré participer à ce rassemblement, en acceptant la main tendue de Laurent Wauquiez.

12:01
Invité

Virginie, si tu parles, t'es morte. Il n'y a aucune chose d'y arriver en parlant.

12:06
Anne Calmels

La force de cette famille politique, c'est une grande cathédrale qui, justement, doit récupérer toutes les petites chapelles ou les tentations de chapelles des uns et des autres. Et Virginie, t'enlève ? Non, non, non, non, non, non, non, non, non. Alors Laurent, il amène son énergie, sa détermination, sa volonté, sa compétence. Et puis, il a voulu s'entourer d'une équipe. Une équipe qui est fière de porter derrière Laurent cette reconstruction de la droite.

12:34
Présentateur

Allez, impeccable. Merci à tous. Impeccable. Et je disais ici même hier que pendant six mois, il n'y a pas eu un mot de travers. Pas faute de vous avoir interviewé. J'en ai pris ma part.

12:43
Anne Calmels

Merci Patrick Cohen de reconnaître que j'ai eu mes dissensions. J'en ai eu beaucoup. Mais elles ont été en tête à tête. J'ai eu l'affaire d'Armanin. Je n'étais pas d'accord avec le fait de ne pas revendiquer la présomption de Lyon.

12:56
Présentateur

Et puis, il y a eu Lyon. L'affaire, les propos enregistrés de l'OM Lyon. On regarde.

12:59
Anne Calmels

Vous avez raison. C'est là le...

13:00
Invité

Alain J.P. est une personnalité éminemment respectable. Il a totalement cramé la caisse. Il a fait des miracles. Bordeaux est génial. C'est très bien géré. Mais il a fait exploser les impôts. Et il a fait exploser la dépense publique. Et il a fait exploser l'endettement.

13:18
Présentateur

Ce n'est pas très gentil pour Alain J.P. Mais pas non plus pour vous qui êtes premier adjoint à Bordeaux.

13:21
Anne Calmels

Je n'ai pas eu envie de donner mon avis. Parce que ce que j'ai à dire, je le dis aux personnes concernées. Je crois que tout le monde se serait passé de cette séquence. Lui le premier.

13:31
Présentateur

C'est là-dessus que ça s'est détraqué Virginie Calmel ?

13:33
Anne Calmels

Écoutez, il y a eu une succession. Une fois encore, vous voyez bien, peut-être que j'ai été instrumentalisée. Moi, j'ai cru de bonne foi au rassemblement de la famille. Oui, parce que vous voyez bien qu'on m'a brandie quand même à un moment donné. Vous étiez bien sur la photo. Bien sûr, bien sûr. Et parce qu'au nom du rassemblement. Moi, j'ai entendu ça et j'y ai cru. Parce que je l'ai même théorisé dans mon livre. Sinon, c'est l'explosion de la droite. Je ne voulais pas être celle qui faisait exploser la droite. Laurent Wauquiez vient me chercher. Alors, je ne suis pas sur sa sensibilité pour qu'on reconstruise la droite. Oui, j'ai fait un pari.

J'ai pris un risque en tant que chef d'entreprise. Je passais ma vie à faire ça. J'ai pris un risque en me disant, et si ça marchait, essayons. Je rappelle que quand il vient me chercher, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse sont encore dans la famille. Donc, pour moi, on jouait collectif. Ensuite, il y a eu le départ de Xavier Bertrand. Premier petit problème sur le rassemblement. Ensuite, il y a Valérie Pécresse qui crée son mouvement, qui s'appelle Libre. Et ensuite, je découvre une personnalité que je ne connaissais pas, Laurent Wauquiez, qui est très seul, qui travaille très seul et qui ne fait pas ni débat, ni validation de ses propositions en amont. L'affaire Darmanin.

Moi, pour moi, la présomption d'innocence, elle s'applique à tous, même quand on n'est plus dans la même famille politique. Laurent Wauquiez a demandé à ses porte-parole de condamner Darmanin. Je me suis désolidarisé. Le M Lyon, oui, Patrick Cohen. Ça a été un moment très fort. J'ai pris sur moi. Pour ne pas que cette famille politique explose, j'ai dit le silence est d'argent. Ça a disparu pendant dix jours. Non, j'ai essayé. Pas dix jours, j'ai pris quatre jours. Ça vous a paru très long. Mais il y avait le conseil municipal de Bordeaux le lundi. Et je me suis exprimée dans le conseil municipal de Bordeaux en rappelant toute ma solidarité à l'égard d'Alain Juppé.

Ensuite, il y a eu plein d'épisodes. Le tract a été pour moi un peu la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

15:19
Invité

À chaque crise à droite, dans ce grand parti de gouvernement que sont les Républicains, avance là l'UMP. Quand il y a une crise, et Dieu sait qu'il y en a eu ces dernières années, il y a un homme vers qui on se tourne, à qui on pense. C'est Nicolas Sarkozy, encore très apprécié à droite. 31% d'opinion favorable le mois dernier. Deuxième des personnalités de droite, derrière Alain Juppé. Et très loin devant Laurent Wauquiez, 17% seulement d'opinion favorable. Résultat du baromètre Ipsos pour le point. Nicolas Sarkozy, donc, qui se désole de voir cette crise. Du coup, il a réagi, et c'était hier, lors d'un déplacement dans l'Aude. Courte réaction, mais suffisante pour sentir son exaspération.

J'aimerais que tout le monde comprenne cette idée simple, que sans le rassemblement, rien n'est possible. Et qu'il faut se rassembler. Il manque aux Républicains Nicolas Sarkozy, en ce moment.

16:04
Anne Calmels

Vous savez, il a été un grand président de ce parti. Moi, j'ai été très choquée à l'EM Lyon, quand Laurent Wauquiez a diffamé et Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Et je passe la CPME, le MEDEF, Valérie Pécresse. Tout le monde prenait pour son garde. Parce qu'on doit être respectueux. Alain Juppé a fondé l'UMP. Nicolas Sarkozy a repris ce parti qui était très abîmé. Et il a redynamisé, il a créé les Républicains. Mais vous a appelé Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy m'a toujours assuré de son soutien et de son amitié. Et il avait d'ailleurs vu, Laurent Wauquiez, comme vous le savez, mercredi dernier, pour lui dire rassemblement.

En fait, le problème, moi, ce que j'ai l'impression que nous voyons, c'est qu'au fond, il est de plus en plus sur une ligne excluante. Il a envie d'ailleurs d'épurer au maximum le parti.

16:54
Invité

Vous allez rester aux Républicains, vous, d'ailleurs ?

16:55
Anne Calmels

Oui, parce que pour moi, justement, j'ai le sentiment qu'il ne faut pas confondre les Républicains avec Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, il représente Laurent Wauquiez et sa ligne. Mais les Républicains, ce sont des libéraux, ce sont des gaullistes sociaux, ce sont des conservateurs. Alain Juppé est toujours membre des Républicains. Pas question de vous rapprocher d'Emmanuel Macron, par exemple ? Mais non, mais...

17:15
Présentateur

C'est un peu tôt, quand même.

17:16
Anne Calmels

Mais non, mais là encore, j'étais à droite hier, je suis à droite aujourd'hui, j'ai toujours été très claire dans mes convictions. Je fais même partie des rares qui ont été fidèles à leur famille politique, des jupéistes qui ne sont pas allés vers Emmanuel Macron. Moi, je crois à ces convictions, je crois qu'il existe une droite qui doit être équidistante du Front National et d'Emmanuel Macron. Et je ne veux pas qu'on tende ni vers l'un, ni vers l'autre. Merci beaucoup.

Et aujourd'hui, vous voyez bien qu'au fond, je suis plus heureuse, libre, et avec ma liberté de parole, que contrainte dans ce qu'on appelle une loyauté, mais qui en fait est à un moment donné une ligne unique, imposée à tous. Et je peux vous assurer que beaucoup d'élus et beaucoup de militants partagent mon point de vue et sont un peu désolés de ce rétrécissement de la famille politique.

18:02
Présentateur

Merci beaucoup Virginie Calmel, si vous restez avec nous.