Premier ministre du NFP, retrait de Biden... L'interview de Sandrine Rousseau en intégralité
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Bonjour Sandrine Rousseau, vous êtes donc députée écologiste de Paris. Je vais vous interroger évidemment sur la gauche qui cherche encore un nom pour Matignon, mais aussi sur ce tollé suscité par les insoumis concernant les athlètes israéliens. Mais avant tout, ce retrait, le retrait de Joe Biden dans cette course à la Maison Blanche. Hier soir, en l'apprenant, est-ce que vous avez poussé un ouf de soulagement ?
En tout cas, je me suis dit que ça réouvrait la possibilité de gagner pour les démocrates parce que Joe Biden, déjà je voudrais dire que je lui souhaite le meilleur pour sa santé, parce que manifestement, sa santé est fragile. Et donc voilà, qu'il se repose, qu'il prenne soin de lui, qu'il finisse le mandat et qu'il le fasse dans les meilleures conditions. Ensuite, tout le monde était très inquiet du fait que Joe Biden face à Trump, ça donnait quand même un boulevard à ce président Trump qui peut mettre le monde à feu et à sang. Enfin, sa politique étrangère, son irrationnalité. Donc voilà, je suis contente que ça réouvre la présidentielle américaine.
Après, moi, je voudrais qu'il y ait vraiment quelque chose qui se passe où on assume les valeurs démocrates, progressistes. Et c'est pour ça que je trouve que la candidature de Kamala Harris est incroyable.
Justement, elle fait figure de favorite. Mais vous, vous donniez un autre nom début juillet sur X. Vous disiez « go » en parlant de Michelle Obama. On a retrouvé ce tweet-là. Est-ce que vous dites qu'elle ferait une meilleure candidate que Kamala Harris ?
Non, non, je ne me permettrais pas de… Non, non, mais je trouvais que pour aller contre le conservatisme américain et contre la politique de Trump, qui est quand même une politique d'extrême droite, raciste, stigmatisante, etc., je trouvais qu'avoir des femmes racisées qui portent ça, eh bien, quelque part, c'était y aller franchement et s'opposait de manière frontale à ce qui était en train de se passer d'un retour vraiment nauséabond aux États-Unis. Donc, en fait, il y a quelque chose de l'ordre de ces femmes de combat qui font relever la tête à tout le camp démocrate.
Alors, une femme, je reprends votre terme, racisée, présidente des États-Unis, dans ce pays ultra-conservateur, est-ce que ce n'est pas un risque électoral ?
Moi, je pense que là, les démocrates, mais ça vaut aussi d'ailleurs en France, on doit relever la tête et affirmer très haut et fort nos valeurs. On n'a pas à avoir peur ou à se ranger derrière l'espèce de panique morale permanente qu'entretient le camp conservateur dans la politique. Donc, on doit y aller, on doit affirmer ce que l'on est. Oui, nous sommes antiracistes profondément. Oui, nous voulons que les femmes accèdent au pouvoir parce que nous sommes contre la misogynie profondément. Oui, nous voulons de la protection sociale. Oui, nous voulons regarder le réchauffement climatique en face. Eh bien, allons-y ! Mais allons-y, n'ayons pas peur.
Un homme âgé, plus âgé, qui se retire pour une femme plus jeune, ça arriverait en France, ça ? Ou on a un retard par rapport aux États-Unis, finalement ?
Je vous rappelle qu'il n'y a jamais eu de femme présidente aux États-Unis. Donc là, ce serait quand même incroyable qu'il y ait une femme présidente. De même qu'en France, on a…
On a du mal encore à ça, non ?
On a absolument du mal. Et puis à chaque fois, c'est les mêmes arguments contre les femmes politiques. Nous sommes idiotes, nous sommes folles, nous sommes… Et tout cela, c'est de la misogynie, c'est du sexisme. Et en fait, ça suffit. Ça suffit, ce temps-là. Vous n'aurez pas, par votre violence verbale, physique, vous n'aurez pas la bataille culturelle. Vous ne la gagnerez pas. Et en fait, nous y allons. Et nous y allons fortement, fièrement. Et oui, nous portons haut et fort nos valeurs. Et nom d'un chien, c'est ce qui nous fait gagner quand même à la fin. Donc allons-y.
Alors, il n'y a pas que la gauche américaine qui cherche un nom en ce moment, vous, Sandrine Rousseau, vous, le nouveau Front populaire. Et cela fait, j'ai compté 15 jours, 15 jours qu'on attend un nom d'un Premier ministre de gauche. Vous vous disiez récemment, je vous cite, Sandrine Rousseau, si le consensus n'est pas possible, nous irons au vote. Ça suffit maintenant. Allons au vote, non ?
Ah mais, enfin, là, moi, je m'impatiente. C'est-à-dire, je trouve que nous prenons trop de temps pour désigner ce Premier ministre. Moi, j'ai posé une solution qui était de faire le ticket. Parce qu'en fait, là, il y a Laurence Tubiana et Huguette Bélo. Chaque partie de ce nouveau Front populaire dit, ce sera ma candidate et pas l'autre, etc.
Je rappelle, pour ceux qui nous écoutent et nous regardent, Laurence Tubiana est un nom qui est refusé par les Insoumis. Huguette Bélo est un nom refusé par les Socialistes. Voilà.
Et moi, je lui dis, en fait, il faut un ticket. Parce que sinon, on n'y arrivera pas. Voilà, c'est la position que je porte dans le débat. Donc Bélo, Premier ministre, vous dites ? Oui, parce que je pense que là, il y a quand même quelque chose de l'ordre de… On a vu une parole raciste se déployer pendant la campagne. Il y a quelque chose d'intéressant à mettre une femme des territoires ultramarins, qui a une solide expérience. Mais si c'est dans l'autre sens, ça me va aussi. C'est-à-dire qu'à un moment, un ticket, c'est dans un sens ou dans un autre. Mais moi, je trouve que ce ticket permettrait de nous sortir de l'ornière. Donc maintenant, il nous faut une solution.
Parce que là, le temps joue contre nous.
Un vote sur le ticket ?
Un vote sur le ticket. Et moi, je serai d'accord et je soutiendrai cette solution.
Olivier Faure a dit qu'il y aura un nom et un vote d'ici à demain. C'est possible, ça ?
Je ne vois pas tellement comment. Mais écoutez, s'il l'a dit, sans doute a-t-il pensé les solutions.
Pourquoi vous dites « je ne vois pas comment » ? Ça vous semble impossible.
Les députés sont sortis un peu du jeu, puisque la session parlementaire s'est terminée. Et moi, il y a un truc, c'est que je... C'est un peu une inquiétude d'ailleurs, c'est que les votes vont se faire probablement à l'intérieur des partis politiques. Mais sauf que les députés qui avons été élus, nous qui avons été élus avec l'étiquette Nouveau Front Populaire, notre légitimité, notre loyauté doit aller plus au-delà de nos partis. Donc vous dites « au vote de qui ? » Moi, je pense qu'il faut que ce soit les députés qui votent, puisque c'est nous qui avons été élus sous l'étiquette Nouveau Front Populaire et que nous le fassions.
Alors il y a des voix électroniques qui nous permettraient de le faire là, dans les jours prochains, mais ce serait bien.
Alors ce matin, Récoquerel, dans Libération, dit « nous, les Insoumis, on ne veut pas du vote. » Donc encore une fois, on est dans l'impasse, c'est un gros saut.
Oui, c'est pour ça que là, je ne vois pas comment on y arrive et que je commence à être impatientée de cette situation.
C'est la gauche la plus bête du monde, pour reprendre l'expression ?
Non, ce n'est pas la gauche la plus bête du monde, parce que nous avons réussi à tout faire, à nous unir en un temps record. Nous avons réussi à faire ce désistement républicain. Nous avons été au rendez-vous de la lutte contre l'extrême droite. Donc non, nous ne sommes pas les plus bêtes du monde. Par contre, nous n'avons pas réglé des tensions qu'il y avait entre nous, issues de la campagne des Européennes, où nous étions partis séparés, et où nous avons fait des campagnes qui nous ont séparés encore plus. Donc voilà, il y a ça à régler. Mais maintenant, il faut le régler.
François Ruffin dit, aujourd'hui, ce qu'on constate, c'est la nullité de la gauche.
Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Vous n'êtes pas d'accord ? Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Moi aussi, je suis impatiente. Moi aussi, je veux ce Premier ministre. Mais non, nous n'avons pas été nuls dans les dernières semaines. Au contraire, nous avons réussi à faire reculer le Rassemblement national. Nous avons réussi à gagner beaucoup de postes à l'Assemblée nationale, de sorte que Yael Brun Pivet est présidente de l'Assemblée nationale, mais elle n'a pas la majorité dans son bureau. Donc non, nous ne sommes pas nuls. Maintenant, il nous faut nous coordonner et sortir. Je suis d'accord avec ça.
On va y revenir justement. Vous dites, je ne vois pas comment on peut y arriver d'ici à demain. Alors, je vous propose un petit peu de politique fiction. Imaginons, vous ne trouvez pas de nom durant l'été. L'été passe, la coalition bas de l'aile. Est-ce que vous rejetez, même en septembre, et vous rejeterez toute idée de coalition ou de pacte avec la Macronie ?
Moi, je m'en suis exprimée plusieurs fois. Il y a pour moi quelque chose d'absolument fondamental, mais vraiment, je ne peux pas le dire autrement, fondamental, qui est de respecter le mandat que nous ont donné les électeurs. Les électeurs et électrices ont été des électeurs et électrices de tout le nouveau Front populaire. Si on commence à trahir dès maintenant, qu'est-ce qu'on trahit après ? Et en fait, là, pour moi, la première étape, c'est de respecter ça. Après, si le gouvernement tombe parce qu'il y a une motion de censure, eh bien, on passe à une deuxième étape. Mais vous dites, première étape, c'est le gouvernement de gauche.
Oui, la première étape, c'est le gouvernement de gauche, parce que c'est le mandat que nous avons. Et pour moi, il est absolument fondamental de ne pas trahir la loyauté des électeurs et électrices qui nous ont élus. Je sais que ça paraît désuet, je sais. Mais pour moi, il n'y a que comme ça que nous aurons la confiance et que nous regagnerons la confiance.
Pourquoi je vous dis cela ? Parce que Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur des missionnaires, a dit OK pour l'une de vos propositions, c'est-à-dire le SMIC à 1 600 euros. Vous lui accordez l'asile politique, à Gérald Darmanin ?
Non, parce qu'il avait tout le pouvoir de le faire avant, quand même. C'est trop facile. C'est la communication ? Oui, mais ça m'insupporte ça. C'est-à-dire qu'ils avaient tout le loisir de protéger les plus vulnérables. Ils ont tapé dessus, tapé dessus, tapé dessus, tapé dessus, non-stop. Ils ont fait la réforme chômage, la réforme des retraites, ça suffit en fait. La réforme sur les logements, ça suffit. Ils ont refusé l'encadrement des loyers, ça suffit en fait. Ça suffit, vraiment.
Même si demain, imaginons, là encore pour la texte fiction, il y a une sorte de pacte législatif entre la Macronie et la droite et qu'ils proposent une hausse du SMIC, même sur cette mesure-là, vous direz non ?
Non, mais si c'est proposé dans l'Assemblée nationale, moi je voterai la hausse du SMIC. Il n'y a pas de problème. Mais simplement, ce n'est pas à eux de récupérer ça, alors qu'ils ont fait exactement l'inverse pendant deux ans, au mépris des mouvements sociaux qu'il y avait dans la rue, au mépris du mouvement des retraites, au mépris des alertes des syndicats, des personnes les plus pauvres. Ça suffit en fait.
Il est 8h46 sur RMC et BFM TV. Revenons au Nouveau Front Popula, Sandrine Rousseau. Vous le disiez, en effet, votre alliance est désormais majoritaire au sein du bureau de l'Assemblée. Alors pour expliquer aux téléspectateurs et aux auditeurs, c'est notamment ce bureau-là qui se décide de sanctions contre les députés. Il y a eu beaucoup depuis deux ans. Imaginons qu'un député de gauche brandisse à nouveau un drapeau palestinien dans l'hémicycle. Est-ce que cette fois-ci, avec vous, majoritaire dans le bureau, il n'y aura pas de sanctions ?
Déjà, là, c'est de la politique fiction et on verra les sanctions qui sont prises. Moi, je me suis toujours exprimée sur cette sanction en disant que 15 jours d'exclusion de l'Assemblée nationale, qui est la sanction la plus lourde qui a été trop importante par rapport aux faits qui se sont déroulés dans l'hémicycle, je n'ai jamais apprécié la manière dont Yael Brun-Pivet sanctionnait les députés. Nous sommes la mandature où il y a eu le plus de sanctions. Et en fait, il y a aussi quelque chose de constitutionnel qui est la liberté de parole des parlementaires. C'est absolument important parce que ça nous protège, ça protège la démocratie. Et donc, il y a sans doute un équilibre à trouver.
Mais je fais confiance à ce nouveau bureau pour le trouver.
La gauche majoritaire dans ce bureau, il y aura moins de sanctions sur les députés. On va plus laisser de liberté de parole, notamment au drapeau palestinien. Ça ne me choque pas, vous dites.
Je n'ai pas dit ça. Je vous ai dit qu'il y aura un travail de ce bureau. Mais par contre, oui, il y a eu trop de sanctions des députés dans les deux dernières années. Nous ne sommes pas une classe, une cour d'école. Nous sommes des députés dans l'Assemblée nationale. Ces députés ont le droit de parler, même de parler haut et fort. Ça fait partie de l'exercice politique. Je sais que c'est peu compris ou mal compris. Et j'entends aussi les critiques qu'il y a là-dessus. Mais il faut aussi comprendre que dans des moments de tension politique, c'est la vie des gens que l'on joue.
Quand il s'est agi de préserver les personnes, de partir à la retraite à 64 ans, quand la bataille a été menée là-dessus, on avait tous et toutes en tête les corps des personnes qui étaient douloureux, qui avaient extrêmement mal. Je veux dire, oui, on élève la voix pour les protéger. Eh bien, voilà, ça fait partie du mandat que nous avons.
Dernière question sur l'Assemblée. Ce week-end, il y a eu beaucoup de votes, vendredi et samedi. Et pour la première fois dans l'histoire de l'Assemblée, il y a eu un bourrage dur. C'est-à-dire des députés qui ont mis deux bulletins à la place d'un. Il y a eu en tout dix bulletins de trop. Sincèrement, vraiment, sans langue de bois, sans des gros sauts, est-ce que vous soupçonnez un groupe d'avoir fait ça ?
Alors non, je ne soupçonne personne, mais par contre, c'est absolument inadmissible. Et là, pour le coup, s'il y a, si on arrive à identifier les auteurs ou autrices de ce bourrage d'urne, là, pour moi, ça mérite une sanction exemplaire. Ça peut être quelqu'un de la gauche ? Je ne sais pas qui c'est. Je ne sais pas qui c'est. Donc je ne peux pas exclure.
Mais vous demandez des sanctions sur cette personne. Venons-en à...
Ou ces personnes, parce qu'en effet, il y en a dix de trop.
Thomas Porte, c'est un allié. C'est un insoumis. Lors d'un rassemblement ce week-end en soutien à la Palestine, il a dit ceci, je vous le cite, « Les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus ». Est-ce que vous êtes d'accord ?
Moi, je pense que là, on a besoin sur Israël-Palestine d'avoir une position internationale forte et que ce n'est pas les sportifs israéliens qui doivent la porter, la supporter et même la subir. Ça vous choque, ces propos ? En tous les cas, je pense que là, maintenant, il faut qu'on ait une position internationale parce que ça manque une position internationale. On n'en parle plus. C'est comme si un sujet d'actualité en chassant l'autre, ça y est, ça n'existe plus. Il y a encore un conflit. À Gaza, il y a encore des otages israéliens, mais il y a aussi des civils palestiniens qui meurent sous les bombes. Ça n'est pas possible. C'est quoi le rapport avec les JO ?
C'est ce que je suis en train de vous dire. Il nous faut une position internationale et ça n'est pas aux sportifs israéliens de subir cela, même si dans l'histoire des JO, il y a toujours eu une dimension géopolitique.
Il n'est pas le seul. Emery Caron, aussi député LFI, il a tweeté ceci hier, « Le drapeau israélien entaché du sang des innocents de Gaza ne devrait pas flotter à Paris cet été. » Cette phrase-là, selon vous, est-ce qu'elle est antisémite ?
Là, je n'avais pas vu cette phrase-là et franchement, je pense qu'on doit regarder ce qui se passe à Gaza objectivement. Alors la Cour pénale internationale a commencé à le faire, mais là, nous devons regarder ce qui se passe et les nombres de morts qu'il y a.
Mais vous ne dites pas que c'est antisémite ?
Non, mais on ne doit pas continuer à laisser le peuple palestinien comme ça, en vulnérabilité, sous les bombes. Ça n'est pas possible, en fait. Et là, maintenant, il faut aussi qu'on ait une réaction. Et j'en reviens presque à regretter la position historique de la France qui a été notamment portée par des Jacques Chirac qui protégeait le peuple palestinien dans une solution à deux États. Donc nous devons libérer les otages. Et je le redis haut et fort, les otages doivent être libérés. Maintenant, on ne peut pas accepter ce qui se passe aujourd'hui sur la bande de Gaza.
Thomas Porte, Emery Caron, Rima Hassan, Daniel Obono. Franchement, c'est une rousseau. Est-ce que vous dites, les Insoumis, arrêtez de parler d'Israël ? Arrêtez. Est-ce que vous nous faites du tort ?
Mais je ne dirais pas que vous nous faites du tort. Par contre, je dis, maintenant, il nous faut une position internationale. Ça, on a entendu. Et que la position internationale... Mais c'est un problème. Oui, mais je vous le dis, elle ne sortira pas si on défend uniquement un camp, en fait. Voilà, moi, c'est ça le sujet. C'est que tant qu'on est uniquement derrière un camp contre un autre, on n'y arrivera jamais. Donc, en fait, là, notre responsabilité, et notre responsabilité de parlementaires français, c'est de poser les conditions d'une paix durable.
Quand vous les croisez, à l'Assemblée, en coulisses, Thomas Porte ou d'autres, Emery Caron, vous ne leur dites pas. Franchement, les gars, arrêtez, là. On en a ras-le-bol de répondre sur l'antisémitisme de tel propos, tel propos.
Mais je m'en suis expliquée de nombreuses fois. Je n'ai pas envie de revenir là-dessus. Moi, je vous dis, il faut une solution internationale, parce que là, objectivement, nous sommes dans une difficulté, et dans une population civile qui est exposée à des morts qui ne sont pas acceptables.
Pourquoi les insoumis tapent beaucoup sur ça, les athlètes israéliens, et non pas sur l'Azerbaïdjan ? Vous savez que dans ce conflit avec l'Arménie, aucun insoumis, personne de la gauche, ne dise que les athlètes d'Azerbaïdjan ne doivent pas venir en France. Ça, personne ne le dit. Pourquoi ?
C'est à eux qu'il faut leur poser la question. Moi, je ne suis pas insoumise, mais là, ce n'est pas à moi de répondre à cette question. Par contre, moi, ce que je dis, c'est qu'il y a un droit international, et que ma position est toujours la même, c'est d'être absolument derrière le droit international. Et d'ailleurs, je voudrais poser le fait que là, nous avons eu Paul Watson, qui est le chef de Sea Shepherd, qui est une ONG internationale de défense des baleines. Alors, je sais que ça n'a pas grand-chose à voir, mais en l'occurrence, il défend le sanctuaire des baleines. Il a été arrêté, et le Japon souhaite le mettre en prison jusqu'à la fin de sa vie.
Je voudrais juste lui accorder un soutien, parce que le droit international, c'est aussi qu'on a le droit
de protéger les sanctuaires. Vous êtes députée de Paris, et vendredi soir aura lieu la cérémonie d'ouverture des JO à Paris. Donc, vous irez ?
Alors, j'ai des places debout au bout d'un... Oui, je vais y aller, je vais voir, mais dans le public normalement.
Pas de boycott de votre part. Il nous reste peu de temps pour parler des mégabassines. Ce week-end a lieu un grand rassemblement contre les mégabassines. Ce sont ces immenses retenues d'eau destinées à l'irrigation agricole. Vous n'y étiez pas ?
Non, je n'y étais pas, mais parce qu'il y avait des votes encore à l'Assemblée, sinon je pense que j'y serais.
Il y a eu un bilan. Neuf blessés légers, sept interpellations, 1615 objets dangereux saisis. Certains black blocs se sont introduits dans un EHPAD. Pourquoi c'est toujours violent ?
Déjà, je condamne encore une fois toutes les violences, mais à un moment, les soulèvements de la terre ont un combat essentiel qui est celui de l'eau, qui est une ressource commune, qui va être très perturbée par le réchauffement climatique. Si on commence à s'accaparer, ce qui est essentiel à la vie, nous ne nous en sortirons pas. Donc les soulèvements de la terre ont un combat qui est juste et essentiel. Maintenant, je rappelle qu'il y a aussi eu des violences au moment des manifestations des agriculteurs. Il y a eu des bâtiments. Par exemple, il y a eu un bâtiment de l'Adréal qui a été brûlé.
Donc en fait, à quel moment on estime que d'un côté, il y a de la violence légitime et de l'autre côté, pas ? Moi, je dis que toutes les violences sont condamnables des deux côtés. Et là, en l'occurrence, je salue le combat des soulèvements de la terre qui est un combat constant, qui est un combat militant, joyeux, festif. Et vraiment, il y a eu des centaines, des milliers de personnes qui l'ont suivi ce week-end. Et évidemment, on va retenir les personnes qui font quelques violences. Mais je rappelle que les bassines, c'est d'aller chercher dans les nappes phréatiques de l'eau, qui est de l'eau utilisable par tout le monde pour faire de l'agriculture intensive.
Ça ne concerne que 5% des agriculteurs. Ce n'est pas possible.
Et malgré ça, est-ce que vous appelez une nouvelle mobilisation ?
Oui, bien sûr, j'appelle une nouvelle mobilisation. Bien sûr, il faut continuer sur le terrain. Et je ferai partie des opposantes aux méga-bassines jusqu'à ce que nous obtenions leur interdiction.
Merci Sandrine Rousseau d'avoir été notre invité les 8h55 sur RMC et BFM TV.
Sandrine Rousseau