La France doit prendre la tête du camp de la paix - Manuel Bompard
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonjour à toutes et tous je sors de la rencontre organisée par le Président de la République aujourd'hui qui a invité les différents responsables de formation politique représenté au Parlement à échanger sur la situation internationale je suis arrivé à cette réunion avec de l'inquiétude notamment après les propos tenus par Emmanuel Macron ces derniers jours qui il y a une dizaine de jours de ça avait laissé la porte ouverte à une intervention de troupes françaises sur le front en Ukraine face à la Russie aussi et je souhaitais j'espérais porter un certain nombre de propositions ce matin devant le président de la République et lui dire surtout que plutôt que de multiplier les surenchè sécuritaires les déclarations va en guerre plutôt que en quelque sorte de vouloir incarner le leader du camp de la guerre la responsabilité de la France était plutôt de prendre la tête du camp de la paix et c'est le message que j'ai voulu porter devant lui ce matin or je ressors de cet échange avec encore encore plus d'inquiétude parce qu'en réalité le président de la République non seulement n'a pas corrigé les propos qu'il avait tenu la semaine dernière mais au contraire les a confirmé les a maintenu en disant que tout devait être fait pour aider l'Ukraine qu' n'y avait aucune ligne rouge aucune limite et que notre soutien vis-à-vis de l'Ukraine devait être un soutien quoi qu'il en coûte et en tenant ses propos le président de la République ne semble pas prendre la mesure à la fois d'à quel point ces déclarations ont isolé la parole de la France à quel point ils ont produit l'exacte inverse de ce qu'il prétendait vouloir faire il a redit tout à l'heure que de son point de vue il s'agissait en reprenant ces termes de créer une ambiguïé stratégique c'est-à-dire de donner l'impression qu'en créant du flou en laissant ouvert toutes les possibilités il allait renforcer le rapport de force face à l'agression inacceptable de la Russie vis-à-vis de de l'Ukraine or précisément ces déclarations elles ont conduit au résultat exactement inverse puisque plutôt que de créer une ambiguïté stratégique ces déclarations les ont levé une ambiguïé stratégique puisque après les déclarations d'Emmanuel Macron l'ensemble des pays de l'Union européenne les pays de l'OTAN les États-Unis ont tous pris la parole pour dire que pour eux il n'était pas question d'envoyer des troupes sur le le front d'envoyer des troupes en Ukraine pour faire face à la Russie et j'ai eu le sentiment qu'il ne prenait vraiment pas conscience du fait que ces propos l'avaient isolé que ces propos avaient plutôt été contre-productifs puisqu'ils avaient donné une image de la division au sein de l'Europe de la division de la France par rapport au position des autres pays dans le dans le monde et puis surtout qu'il ne prenaent pas la mesure de la menace du risque que faisait peser sur la paix mondiale sur le monde entier l'hypothèse d'une surenchère d'une escalade militaire face à une puissance la Russie qui est une puissance nucléaire qui dispose d'un arsenal nucléaire extrêmement extrêmement important et le président de la République reste enfermé dans cette voie la voie militaire qui tout le monde le sait tous les gens sérieux le savent est une impasse dans un dans dans le même temps il reconnaît euh la situation très difficile sur le front ukrainien il anticipe le fait que cette situation va se dégrader dans les prochaines semaines dans les prochains mois dans les prochaines années qu'un certain nombre de puissances qui aujourd'hui expriment ou apporte une forme de soutien à la population ukrainienne risque de s'en retirer c'est le cas par exemple des États-Unis qui ont de plus en plus de difficultés à faire adopter leur plan de soutien donc dans le même temps il reconnaît cette difficulté et en même temps il continue dans une forme d'entêement sur cette voie militaire alors que c'est une impasse et j'ai défendu plôt le fait qu'il fallait renoncer à cet entêtement et au contraire que la France devrait devrait prendre la tête du camp de la paix c'est-à-dire de ceux qui cherchent à ouvrir une autre voie une voie diplomatique une voie qui permet de ne pas prendre encore plus de risque dans une situation qui est déjà extrêmement dangereuse parce que tout le monde sait que engager des troupes françaises engager des troupes de l'OTAN face à l'agresseur russe c'est prendre le risque d'une escalade qui peut aller jusqu'à une guerre nucléaire c'est c'est prendre aussi le risque de catastrophe environnementale ces combats ont lieu dans une zone dans un pays l'Ukraine dans lequel il y a 15 réacteurs nucléire et vous savez bien que des combats qui se mènent autour d'un réacteur nucléaire ça peut amener à des catastrophes qui ne sont plus maîtrisables ensuite et donc oui la France doit prendre la tête d'un camp qui dit que désormais il faut tout faire tout mettre en œuvre pour que la guerre s'arrête le plus rapidement possible pour qu'il y ait pas encore plus de victimes côté ukrainien encore plus de victimes côté russe qu'il n'y ait pas le risque de ces catastrophes environnemental et pour cela il faut dans un premier temps déjà répondre à la demande qui a été formulée par le Parlement ukrainien de permettre la mise en place d'une force d'intervention d'une force d'interposition sous lesgit des Nations Unies pour protéger ces centrales nucléaires deuxièmement qu'il faut se mobiliser pour obtenir un cesser le feu le plus rapidement possible et ensuite créer les conditions d'un accord de paix ces conditions d'un accord de paix elles passent par le fait de mettre sur la table des garanties de sécurité mutuelle c'est-à-dire des garanties qui permettent à l'Ukraine de pouvoir être en sécurité qui permettent à la Russie de pouvoir être en sécurité à l'avenir et puis enfin ces conditions de paix elles nécessitent de réunir une conférence sur les frontières comme nous l'avions proposé déjà dans la dernière campagne présidentielle comme Jean-Luc Mélenchon notre candidat à l'époque l'avait proposé pour faire en sorte que les territoires qui font l'objet aujourd'hui de cette confrontation soit discuté soit mis sur la table d'un débat politique et d'une solution qui a une solution démocratique et pacifique et que c question là qui sont des questions de tension ne se règlent pas par la guerre et le président de la République d'ailleurs a reconnu lui-même que le président ukrainien même si ce n'était pas son discours officiel était prêt à discuter sur ce sujet et notamment à donner la parole pu quelle autre solution y a-t-il que donner la parole aux populations concernées pour régler la difficulté la tension le conflit sur ces territoires en demandant aux populations qui habit sous l'égide des organisations international tout simplement leur avis voilà comment la France devrait agir pour tourner le dos à cet entêtement pour tourner le dos à cette voie militaire qui fait courir sur la paix mondiale un risque majeur mais malheureusement ça me semble pas être la position que la France a l'intention de prendre donc je suis ressorti de cet échange en quelque sorte encore plus inquiet que la manière avec laquelle j'y étais rentrer puisque c'était un échange sur la situation internationale ça a été aussi l'occasion et l'opportunité de l'interroger sur la situation dramatique désastreuse catastrophique à Gaza je lui ai dit que nous avions noté ces derniers jours un changement de position en tout cas dans les parole dans les déclarations puisque il y a encore quelques jours à l'Assemblée nationale une ministre du gouvernement d'Emmanuel Macron madame zacaropouu disait condamné dans des termes extrêmement fermes les actions de l'armée israélienne à Gaza demander le respect du droit international s'exprimé en faveur d'un cesser le feu donc je lu dis que si nous avions bien noté le changement dans les paroles la question qui était posée était de savoir si la France avait l'intention de se doter des moyens qui permettaient de passer des paroles aux actes et donc de quelle quelle mesure il comptait prendre pour faire en sorte que le gouvernement israélien arrête immédiatement ses opérations militaires à l'égard des populations civiles de Gaza que le massacre s'arrête que le génocide en cours s'arrête de quelle mesure il avait l'intention de prendre sur ce sujet et je vais fait un certain nombre de propositions c'est l'embarago sur les armes c'est la reconnaissance officielle de l'État de Palestine c'est le fait de décider de sanction à l'égard du gouvernement israélien sur la question de l'embargo sur les armes il a tout simplement pas répondu sur la question des sanctions à l'égard du gouvernement israélien il les a a écarté en disant que il ne s'engagerait pas sur cette voie sans donner d'ailleurs beaucoup d'explications et sur la question de la reconnaissance de l'État de Palestine puisquil avait dit lui-même il y a quelques jours que ce sujet n'était pas un tabou je lui ai demandé quel était le calendrier de cette reconnaissance et il l'a reporté à d'autres conditions en posant la question d'un règlement global du conflit disant par la même que en quelque sorte la reconnaissance de l'État de Palestine ne pourrait être effective qu'à partir du moment où l'ensemble des autres sujets étaient réglés alors que décider aujourd'hui de reconnaître officiellement l'État de Palestine c'est précisément pesé dans le rapport de force pour contraindre le gouvernement israélien à arrêter ses interventions et ses opération militaire donc sur ce sujet aussi malheureusement la France la parole de la France qui a été très lourdement affaiblie ces derniers mois par des va et vient le changement de position en fonction de son interlocuteur l'expression dans un premier temps d'un soutien inconditionnel à l'État d'Israël et à sa politique puis dans un deuxème temps un changement de position mais en même temps sans prendre les actes qui permettent à cette position de devienne effectif que tout ça avait fortement affaibli la parole de la France et que la France devait se ressaisir qu'elle devait rétablir une parole qui était une parole claire sur ce sujet mais au vu des réponses qu'il a fait tout à l'heure manifestement il n'a pas choisi de s'engager sur cette voie non plus voilà en quelques mots en quelques en résumant rapidement le contenu de l'échange que nous avons eu tout à l'heure ce qui a noté c'est l'isolement de la parole présidentielle j'en ai parlé à l'échelle internationale puisque la parole de la France s'est retrouvé assez seul après les déclarations d'Emmanuel Macron mais l'isolement aussi sur la scène politique nationale puisque en quelque sorte l'ensemble des personnes qui est autour de la table l'ensemble des formations politiques de l'opposition ont dit à quel point ces propos d'Emmanuel Macron étaient contreproductif étai dangereux et les ont condamné c'était mon cas ou pour les plus diplomates d'entre eux les ont désapprouvé mais en tout cas que personne ne se retrouvait dans ses propos voilà ce que j'ai à vous dire donc oui il y a de l'inquiétude forcément mais pour autant il faut continuer bien sûr à défendre ses positions puisque petit à petit on sent qu'un que ça soit sur la situation en Ukraine que que ce soit sur la situation à Gaza après avoir très lourdement caricaturé nos positions après avoir voulu nous dénigrer nous caricaturer nous stigmatiser petit à petit c'est nos position qui s'impose dans le débat public donc il faut continuer à les à les défendre pour faire en sorte que la France soit à la hauteur de ce qu'on attend d'elle sur la scène internationale c'est-à-dire qu'elle porte cette parole forte cette parole de la paix cette parole du respect du droit intern nationale cette parole non alignée cette parole d'une puissance qui n'a pas de double standard en fonction des situations et qui dit toujours la même chose en fonction de principes voilà ce que nous défendons et que nous allons continuer à défendre
Manuel Bompard