S02E02 - Backseat avec Nicolas Mayer-Rossignol et Laurence Rossignol
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
incroyable, bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur le plateau de Backseat, très heureuse de vous retrouver cette semaine encore pour cette grande émission d'actualité politique et de la politique, on va en parler ce soir avec les meilleurs, on est avec Claire à nouveau, salut Claire ! Salut ! Claire, tu es militante écolo, tu es un des visages du mouvement climat en France, tu as été d'ailleurs candidate sous l'étiquette de la NUPES dans l'Essonne en juin dernier et tu es surtout chercheuse en théorie politique, tu étais là la semaine dernière pour ta première expérience en tant que chroniqueuse sur Backseat et tu as accepté de revenir ?
Oui, c'était plutôt bien, je ne sais pas s'il y en a qui étaient là la semaine dernière mais on s'amuse bien et puis du coup je me suis dit autant revenir !
J'ai eu plein de commentaires super positifs sur ta présence, donc très heureux que tu sois à nouveau avec nous ce soir Claire, on est aussi avec Usul, salut Usul ! Bonsoir ! Comment tu vas ? C'est ma première fois sur le nouveau vrai plateau là ! Et alors ça impressionne ou ? Ouais c'est pas mal, surtout il y a les gens, t'as vu ils sont beaux hein ! Voilà, ça va pousser à cabotiner un petit peu mais euh... Cabotiner ? Cabotiner ! C'est quoi ça veut dire ? C'est-à-dire faire un peu des petites blagues, machin, parce qu'en fait t'as du rire en face donc ça te pousse tu vois ? Du rire ou des bides, ça tu en verras ! Ou des bides mais moi ça m'étonnerait moi mais enfin bon !
Usul t'es chroniqueur pour Mediapart, pour Blast et pour Backseat ! Oui ! Et tu as sorti, la dernière vidéo que t'as sorti c'était pour Blast, c'était le portrait de l'abbé Pierre c'est ça ? Oui ! Tu nous l'avais tisé sur le plateau de Backseat ? Alors ça s'est passé comment ? Très très très bon retour, j'ai même eu un petit article de La Croix pour dire oh là là, parle de l'abbé Pierre, voilà ! Ils t'ont critiqué ou pas ? Oui ils ont dit que c'était peut-être un peu trop... Bah en fait on a pris surtout les bons traits, on n'est pas revenu sur certains mauvais traits etc. Donc oui c'était légitime, en même temps on a une demi-heure, bon.
Et là il y a un OLG qui sort méga en retard avec des super images de manif du 19, on est allé faire nos propres images dans les cortèges, évidemment, et puis ça devrait sortir vite, voilà ! Parce qu'on était à la bourse, ça a bousculé tout le process, enfin bon je te raconte pas. Non bah écoute, on a hâte de voir du coup la sortie de cet OLG avec nous aussi Léa, salut Léa !
Bonsoir !
Ça roule ?
Très bien et vous ?
Bah ouais écoute très bien, Léa toujours avec le podcast Popol qui est sortie de greffe du coup ?
Oui oui ça y est, Popol est sortie de greffe. C'est quand le prochain épisode ?
Dimanche soir. Dimanche soir, ça parlera de quoi ?
Du rapport du HCE sur le sexisme.
Ah je crois qu'on va en parler aussi aujourd'hui.
Épisode spécial.
Ok d'accord, on va en parler, tu bosses sur un nouveau bouquin aussi ? Tout à fait. Raconte. Ou alors tu peux pas ?
Non pas encore.
Allez !
Non non non je...
J'ai vu que t'étais en stream d'ailleurs ce matin ? Ouais, pendant 3 heures. 3 heures t'as vu ? C'est cool hein ?
Ça s'est super bien passé, c'était trop cool.
J'ai eu 30 subs. T'as eu 30 subs ? C'est un truc de ouf ! C'est incroyable ! Oui ! Merci ! J'étais super émue ! Mais c'est trop bien, du coup t'as parlé de l'actu, tout ça, tout ça ?
On a parlé du rapport du HCE, on se l'est fallé du début jusqu'à la fin, les 40 pages.
On va en parler du rapport du HCE évidemment. Dans cette émission Backseat ce soir les amis, on va parler de beaucoup de choses différentes. On va revenir sur le mouvement, sur la réforme des retraites, sur son travail parlementaire qui va commencer. On va parler du mouvement de contestation de la grève des retraites. On recevra ensuite Laurence Rossignol, sénatrice socialiste, membre de la délégation aux droits des femmes du Sénat et ancienne ministre chargée entre autres de l'égalité femmes-hommes pour échanger sur ce rapport du HCE, le Haut Conseil à l'égalité qui a été rendu hier et qui est sorti hier, si je ne dis pas de bêtises.
On va aussi recevoir en invité politique de la semaine, cette semaine, Nicolas Maillère-Rossignol, le maire de Rouen, qui est face à Olivier Faure. Voilà, on verra ce qu'il est exactement. Mais le congrès du Parti Socialiste commence demain à Marseille. Et Nicolas Maillère-Rossignol, ça fait une semaine qu'il se bagarre avec Olivier Faure et avec la direction du PS sur les scores issus de l'élection. Donc voilà, au programme ce soir, c'est dans l'autre sens, on va commencer par Nicolas Maillère-Rossignol et ensuite Laurence Rossignol, puis Rossignol, de toute façon, peu importe le sens.
Voilà, vous retrouverez également la chronique d'Adèle, la vie d'Adèle, vous retrouverez aussi la chronique de Vincent, le PowerPoint de Vincent, il y aura le quiz à la con aussi. Et puis voilà quoi, qu'est-ce qui manque d'autre ? Alors, j'en profite pour vous dire, chers amis, que Backseat existe grâce à vos dons, grâce à vous. Merci à toutes et à tous et à ce qu'on va passer les 100 000 euros ce soir de dons grâce à vous, ce sera absolument génial. J'en profite pour vous dire que vous pouvez vous aussi venir dans le public de Backseat.
On met, c'est en échange d'un don de 49 euros et 30 centimes, évidemment, pour financer l'émission, que vous êtes accueillis dans le public, que vous venez, qu'ensuite vous venez faire la teuf avec nous, parce qu'on boit des couilles, on mange après l'émission. Vous pouvez également vous doter de magnifiques merchs. On a sorti un sweat que je porte, on a sorti un t-shirt, on a sorti un mug. Et chaque fois que vous achetez l'un de ces items, surtout, vous participez au financement de l'émission Backseat. De mémoire, sur les sweats, Backseat récolte 30 euros pour sa production, sur les t-shirts, c'est 25 euros, et sur les mugs, c'est 10 euros. Voilà, donc n'hésitez pas à acheter.
D'ailleurs, je peux en témoigner. Le mug rend le café meilleur, ça s'est prisé scientifiquement. Et si vous le tenez à la main pendant que vous débattez politique, vous gagnez vos débats, vos collègues sont obligés de fermer leur gueule, parce que vous avez raison.
D'ailleurs, on pourrait mettre ta gueule en dessous, du coup, comme ça, quand les gens... Non, mais tu parlais de fermer leur gueule, c'est parfait. T'écris ta gueule en dessous. Ta gueule, j'ai raison. Je ne sais pas si on peut faire ça. Avec les invités politiques, ça passe très bien. Alors, que répondez-vous ? Non, c'est une idée.
Donc, voilà. Donc, n'hésitez pas à soutenir Backseat, soit en vendant le public, soit en achetant quelque chose qui vous rend plus beau et meilleur, soit en faisant un don. Merci à vous. Est-ce qu'il y a un autre truc à dire en intro, ou est-ce que c'est bon, mon intro, elle était bien ? Moi, j'ai vu Mélenchon tout à l'heure. Alors, comment il va ? J'étais au café, j'étais en train de travailler sur l'émission, et là, d'un coup, il y a Mélenchon qui débarque. Et qui commande les fraises. Il ne t'a pas calculé. Tu lui as dit bonjour. Ah ouais, ouais, je lui dis bonjour. Je fais bonjour. Il a des raisons de t'en vouloir ?
Peut-être que l'affaire Quatennens, moi, je me suis plutôt prononcé pour dire que ça n'avait pas été très bien géré, cette histoire. Et que, bon, là, en ce moment, c'est tendu à la FI un petit peu. Donc, bon, il ne m'a pas calculé. C'est tendu. On a l'occasion.
Il buvait bien les fraises ou pas ? Parce que c'est quand même...
Je ne sais pas, je suis parti, j'ai fait très bien. Il y a de mauvaises vibes ici. Une ambiance de merde. J'espère que tu te réconcilieras avec Jean-Luc un jour. Ou pas, finalement. Ou pas. Je s'en fous, en fait. Ouais, ouais. Bon, écoute, très triste que tu ne te fasses pas que des copains. Il ne m'aime plus. Bah, écoute, c'est ça, la gauche. C'est beau, on va en parler ce soir.
Oh, oui.
On va parler de beaucoup de choses. Chers amis, je vous propose qu'on enchaîne directement avec les sujets de la semaine. C'est parti pour les sujets de la semaine. Jingle.
Ah oui, tu as été cancel par Jean-Luc.
Pardon. Du coup, on n'a pas la musique, mais on a les réflexions de Léa. Ça fait plaisir.
C'est encore mieux.
Incroyable, incroyable.
Ce n'est pas moi, c'est le chat.
C'est le chat, c'est le chat. Évidemment qu'on embrasse. Évidemment le chat, je vous le rappelle. Vous êtes face à nous, on vous lit, vous êtes là. Vous êtes aussi le public, vous voit. Vous êtes les plus belles et les plus beaux. Merci à vous dans le chat. Soyez les bienvenus. On voulait revenir ensemble et je voulais vous entendre sur les suites de la mobilisation contre la réforme des retraites. L'émission de jeudi dernier, c'était le premier jour de la mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites. On en a parlé avec Philippe Martinez qui est venu sur notre plateau. Ça fait une semaine donc que la mobilisation a lieu.
Et le week-end dernier, du coup, samedi, a eu lieu une mobilisation à l'appel d'organisation de jeunesse. C'était à Paris et on a décompté, je crois, 150 000 manifestants. Petit score, 150 000 par rapport aux 1,2 à 2,5 millions du jeudi, Usul. Oui, ça confirme que les marches politiques, c'est bien, ça fait venir du monde. C'est pas ridicule, le cortège n'était pas ridicule. Mais bon, c'était une marche parisienne et que ça n'a rien à voir avec le pays entier qui se met en grève à l'appel des syndicats dont on a souvent dit qu'ils ne servent plus à rien, ils ne mobilisent pas. Bon, pas du tout, ça marche encore.
Et c'est un cadre offert, mine de rien, aux gens pour dire, voilà, là, c'est un... Voilà, en fait, c'est ça, c'est proposer des cadres. Une mobilisation, ça propose des cadres de mobilisation. Et celui du 19 a super bien marché. Et là, c'était un cadre plus restreint qui, de toute façon, était moins ambitieux. Le samedi, c'était une marche à l'appel des organisations de jeunesse dont il a été beaucoup dit qu'en fait, c'était les Insoumis. Oui, il y a eu tout un nombre au Lio sur qui appellent à manifester le 31, etc. Oui, c'est vrai. Pas le 31, pardon, mais le 26.
Et puis, il y en avait, on a vu, on a vu, par exemple, Marine Tondelier dire qu'elle n'irait pas à cette marche-là parce que c'était un petit peu organisé par Jean-Luc, etc. Donc, il y a eu, c'est ça aussi le fond du truc. Il y a des médias qui ont dit gentiment que c'était une marche à l'appel des organisations de jeunesse. Bon, on sait que c'était quand même pas mal à l'appel des Insoumis. Et bon, on peut le dire, on se dit les choses, les Français doivent savoir. Oui, oui, oui, on leur donne la vérité. Voilà. Mais donc, oui, non, non, non, mais t'as raison, tu parles d'orgas de jeunesse, on parle de syndicats lycéens, voies lycéennes, on parle de l'UNEF.
Claire, ça représente quoi aujourd'hui dans le paysage politico-syndical, ces orgas de jeunesse ?
Alors, je pense que déjà, la marche de samedi, le cortège, il était essentiellement composé de jeunes et que maintenant, la mobilisation, elle est conçue sur le mode de la complémentarité. C'est-à-dire que jeudi, il y a eu une immense mobilisation avec grève, etc. Et il y avait aussi l'ambition de garder des marches le week-end, donc pour aussi permettre à d'autres catégories de se mobiliser. Là, c'était spécifiquement une marche organisée par les jeunes. Enfin, l'appel était signé au moins sur le plan formel par les organisations de jeunesse. Donc, les orgas de jeunesse politique, les orgas syndicales, etc.
Et je dirais que numériquement, si on est très sincère, ça ne représente pas une masse incroyable. Néanmoins, quand on regarde, en fait, là, il y a eu des AG, hier, dans pas mal de facs. Donc, c'est un petit nombre, mais qui a un rôle structurant, en fait, et qui a un pouvoir d'influence qui n'est pas négligeable. Parce que la mobilisation de la jeunesse autour de cette question-là, et la conscience que cette réforme-là, elle les concerne, elle est là, elle est présente.
C'est vrai que les jeunes en parlent beaucoup, et on les a vus, on les a vus, effectivement, répondre. Par exemple, Léa, on a vu beaucoup à la télévision, et c'est classique dans les mobilisations de jeunes, des éditorialistes, expliquer que les jeunes n'ont pas à manifester contre la retraite, ça ne les concerne pas. Qu'est-ce qu'ils ont dit qu'ils retournent au lycée, qu'ils passent leur bac, et ils verront plus tard ? La question de ces jeunes intéressés par le sujet des retraites, est-ce que c'est surprenant ? Non, pas tant que ça, on les a vus souvent dans des mobilisations, les jeunes.
Vous savez, ils faisaient déjà le même coup à l'époque de la loi travail, ils disaient, le travail, ils ne sont même pas encore que machin, alors qu'ils allaient y rentrer dans deux, trois ans. Ils sont déjà là à nous faire chier. Donc les retraites, oui, trop faciles. Léa ?
Moi, ce qui m'a un peu marquée, là, sur cette dernière semaine, je trouve qu'il commence à y avoir des défections, notamment au niveau politique, qui ne sont pas inintéressantes, il y a eu quand même les voeux de Bérou hier, qui était... Et qu'il a dit, François Bérou ? Qu'il a dit, il a dit que, déjà, ce serait pas mal de passer par un référendum, que ce serait pas mal d'amender quand même la loi, mais qu'il est quand même, enfin, qu'il ne veut pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis du gouvernement.
Néanmoins, les députés avaient jusqu'à ce matin, je crois, ou hier soir, pour déposer les amendements pour l'examen du texte en commission qui commence dès demain, avec la commission Affaires économiques pour avis, et Affaires sociales saisies au fond à partir de lundi, et vraisemblablement, le modem, d'après ce que nous a dit en tout cas Jean-Paul Matéhi, devrait déposer un amendement avec une clause de revoyure, quand même, notamment sur l'âge de départ, donc avec la possibilité de revoir cet âge de départ à partir de 2027.
Donc là, ça commence à foutre un peu le sebol, sans compter qu'Olivier Marlex, qui est quand même le chef de file des LR à l'Assemblée nationale, a dit qu'il va y avoir une liberté de vote, finalement, pour les députés. Les députés LR, qui quand même, LR, on est d'accord que c'est de droite, voilà, juste, je replace un peu les choses dans leur contexte pour celles et ceux qui n'auraient pas totalement suivi, sont en train de dénoncer le projet de loi et la réforme en disant qu'elle est injuste. Donc, c'est quand même fou.
Je veux dire, là, on commence un peu à marcher sur la tête, au niveau législatif, sans compter que, j'ai fait des petites notes, il y a du 47.1, est-ce que vous avez entendu parler du 47.1 ? Parlons-en, j'en fais nous un petit...
Ah, tu me donnes la parole, c'est vachement bien fait !
Et après, je commenterai.
Non, non, non, l'article 47-1, on en parle beaucoup et notamment, on en fait un parallèle avec le 49.3. Il faut savoir que l'article 47.1 de la Constitution, c'est un article qui prévoit les modalités de discussion des lois budgétaires et notamment du budget de la Sécu. C'est une loi qu'on ne peut pas discuter de manière assez classique pour des raisons de... On ne peut pas couper les aides aux gens, les allocations, l'assurance maladie, l'assurance chômage, l'assurance vieillesse. Donc, il y a un délai contraint de discussion pour les lois budgétaires et donc, c'est maximum 50 jours.
Donc là, on va commencer à partir de demain en commission à l'Assemblée nationale, puis ensuite le Sénat, etc. Le 30 dans l'hémicycle. Dans un maximum, dans un paquet maximum de 50 jours. En échange de quoi, la loi budgétaire doit se contraindre à discuter du budget. Or, la réforme des retraites, il n'y a pas que des mesures budgétaires. Il y a des mesures budgétaires où on recule l'âge légal de départ à la retraite, etc. Il y a l'allongement, l'accélération de l'augmentation de la durée de cotisation, bref. Mais il y a aussi un paquet sur le travail des seniors, un milliard d'euros de prévention de la pénibilité.
Il y a deux, trois trucs comme ça qui sont dans la loi en plus de la réforme des retraites pour contrebalancer la réforme des retraites. Et ces trucs-là ne sont pas dans le projet de loi et c'est normal parce que ça ne relève pas du budget. Par quoi ça va passer ? Il commence à se dire dans les milieux autorisés que ça passerait par un deuxième paquet législatif, une deuxième loi qui serait votée plus tard. Et quand ? Ça dépend et ce serait peut-être l'été prochain à l'occasion d'une nouvelle session du Parlement, ce qui permettrait d'avoir un petit 49.3 gratos.
Notamment. Et ce qui est quand même assez intéressant, si je peux juste me permettre de compléter sur le 47.1, c'est qu'en matière de procédure législative, ça implique un certain nombre de choses. Notamment le fait que si le gouvernement décide de passer par le 49.3, les oppositions n'ont pas la possibilité de déposer les motions de censure. Ce qui n'est pas inintéressant.
Quand ça ? Quand ça ?
Quand on passe par le 47.1. Interdiction de déposer les motions de censure dans les cours d'opposition. C'est écrit dans l'article 47.1 ? Ah oui, oui. Notamment. Et ce qui est drôle, parce que Ciotti avait dit, si vous sortez le 49.3, on va déposer une motion. Donc vraisemblablement, ce serait exclu. Et il y a aussi un élément qui est quand même assez important, c'est qu'au bout, à l'issue de ces 50 jours de discussion, si jamais le Parlement n'a pas trouvé un accord et n'a pas adopté le texte, le gouvernement peut légiférer par voie d'ordonnance.
Oui, c'est automatique. Et ça, c'est quand même fou, quoi.
Et personne n'en parle.
Oui, mais l'ordonnance, à la fin, il y a de toute façon un vote de... Il y a une ratification, certes, mais ça n'a rien à voir avec un débat à l'Assemblée,
quoi. Léa, tu étais en plateau avec une députée LREM ce matin. Hier soir, oui. Hier soir, oui. Et ils n'ont pas du tout l'air à l'aise avec cette idée-là. Ils n'ont pas du tout travaillé, du moins, comment ils allaient expliquer ça. Parce que là, pour le moment, ils restent dans leur truc de « on va faire de la pédagogie ». Il n'y a pas longtemps, on a eu une petite session semi-YouTube, je ne sais pas, avec « posez-nous vos questions sur la réforme des retraites ». Ce qu'ils n'ont pas encore compris, c'est que l'opinion, elle est passée bien au-delà du stade des questions. Elle est dans une opposition qui, en plus, est en train de s'accroître. Pour une partie d'entre elles, en tout cas.
Voilà, sur la partie retraite. Et du coup, là, je pense qu'ils ne savent pas du tout comment aller au bout de leur explication sur la légitimation de cet usage du 471 qui pourrait déboucher sur des ordonnances.
Il ne peut pas ne pas y avoir d'usage de 471. C'est la différence entre le 49.3, c'est que le 471, ce n'est pas un truc qui se déclenche
à la bonne volonté du gouvernement. Laisse-moi vérifier pour cette histoire de motion.
Oui, vérifiez, parce que moi, ça me paraît très bizarre. Sur les ordonnances, je suis certaine. Sur les ordonnances, c'est certain, mais l'automne dernier, il y a bien eu un 49.3 qui a été utilisé sur le PLFSS. Donc, voilà. C'est passionnant, ces histoires de droits constites. Je pense qu'on est tous à fond dedans, là. Mais oui, monsieur. On est suspendus à vos lèvres. Mais je voudrais qu'on reparle un peu de politique. C'est l'enfoiré.
Mais c'est politique, c'est éminemment politique.
Et tout à l'heure, on a parlé de Bayrou. C'était intéressant de voir que Bayrou est en train de se positionner, parce que lui-même se verrait bien en 2027, éventuellement, pour prendre la succession d'un Macron qui pourrait plus se représenter. Et qui donc, en fait, qu'est-ce qu'il voit ? Il voit une réforme extrêmement impopulaire, qui est de plus en plus impopulaire. Les chiffres le montrent. Le dernier sondage, c'était plus de 70%. Et un truc qu'on ne voit pas souvent non plus. Non seulement les gens sont contre la réforme, mais en plus, ils soutiennent le mouvement contre la réforme, même avec les grèves, même avec les perturbations dans les transports.
Donc, Bayrou se dit, c'est peut-être pas le moment de m'aliéner les gens qui vont devoir voter pour moi plus tard. Je vais peut-être montrer que c'est pareil à LR, qui sont en train de... Vous avez vu la puissance des cortèges dans les petites villes, des villes de 10 000 habitants avec des cortèges de 1 000 manifestants. Vraiment des gros cortèges dans des villes moyennes, les villes de sous-préfectures, les machins. Et ça, qui c'est qui est maire là-dedans ? C'est la droite, c'est LR. C'est LR qui est maire de ces villes-là, et qui voient ces électeurs dans la rue, et qui font, bon, peut-être...
France Inter a du coup appelé un à un les députés LR pour dire qui va le voter, qui est sûr de voter le truc, il n'y en a que 14. Il paraît que Olivier Marlech, ça dit arrêtez de répondre à France Inter, arrêtez de répondre à France Inter. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire comment on fait reculer une réforme ? Le gouvernement joue son rôle en disant je ne reculerai pas, on est déterminé, Macron fait le show, on va aller jusqu'au bout, etc. Ils font tout le temps, tout le temps ça. Et ils reculent parfois quand même. Mais quand est-ce qu'ils reculent ?
Ils reculent quand ils perdent des alliés, quand ils perdent des soutiens, si LR ne vote pas, s'il y a des défections, si c'est tellement impopulaire qu'ils galèrent à trouver des soutiens, si les grèves prennent assez d'ampleur, c'est même le patronat lui-même qui va demander d'arrêter les frais. Souvenez-vous, Geoffroy Roux de Bézieux, l'été dernier, elle a disé... Ce n'est pas la priorité. On ne part pas tout de suite sur une réforme des retraites, on ne veut pas la France dans la rue tout de suite, on a besoin de reprises économiques, on a besoin de main-d'oeuvre. Si le bon moment prend de l'ampleur, c'est le patronat qui va lui-même prendre son téléphone, appeler Macron et faire...
Eh oh, c'est bon, moi, c'est pas, franchement, c'est pas sa prio, patronat de... L'équilibre en 2030. Ouais, le rééquilibre. Voilà, on est d'accord. Donc, en fait, il faut que les soutiens du gouvernement se désolidarisent au fur et à mesure et à ce moment-là, il y a un moment, le gouvernement est tout seul et il fait, bon, c'est plus possible. Voilà.
Surtout que la colère contre la réforme des retraites, elle commence à agréger d'autres colères qui étaient préexistantes, en fait. Les salaires. Donc, le risque, les salaires, les inégalités, en fait, il y a une conjonction de la semaine où on a eu le début, vraiment, du gros mouvement contre la réforme des retraites qui sort tous les ans Produits par Oxfam sur les inégalités. Là, on a eu sept semaines des chiffres sur l'explosion de l'usage des jets privés. Donc, en fait, tout ça, ça commence à créer une ambiance qui, je pense, ne satisfait même pas les plus riches qui, pour le coup, survoleraient normalement tout ça.
Donc, tout ça commence à créer un contexte où, je pense que du côté des bancs de la Macronie, ça doit...
On va voir comment ça va se passer dans l'hémicycle. Il y a des grandes puissances économiques qui sont en train de dire aux gouvernements qu'ils vont se dire « Nous les énervez pas trop ! » Non, mais vraiment, c'est ça. Non, mais t'as raison. Et d'ailleurs, je reviens sur, vous savez, on en a déjà parlé plein de fois, le gouvernement, Emmanuel Macron, a besoin des républicains pour voter cette loi pour avoir une majorité absolue. Ça avait été prédilé au cours de l'été, au cours de Noël, pardon, au cours des vacances, cette loi.
A priori, il y avait un deal à peu près accepté où Éric Ciotti s'était félicité au lendemain de l'annonce en disant « Nous avons été entendus, donc a priori, on va soutenir. » Sauf que tu as parlé effectivement de ces maires de petites communes, les Républicains, qui commencent à se rebeller un peu contre la direction. On peut aussi parler à l'Assemblée nationale des députés à l'air qui ne sont pas hyper tranquilles parce qu'ils sont toujours coincés entre deux blocs, le bloc de la Macronique et au pouvoir et qui mène des réformes qui vont dans leur sens et le bloc du Rassemblement national qui lui est opposé à la réforme des retraites.
Et là, il y a peut-être aussi des députés, les Républicains qui sont en train de se dire « Attends, on est en train de tout perdre là. On est en train de perdre nos électeurs, ils vont aller chez Marine Le Pen pour ceux qui sont plus à droite que nous et puis pour les autres, ils vont dire « Je ne vois pas quoi ça sert de voter à l'air si finalement la retraite à 64, c'est Macron qui le fait. » Donc effectivement, les Républicains, est-ce qu'ils vont faire volte-face ? Ce ne serait pas la première fois qu'on voit un parti ne plus réussir à maîtriser son truc et changer de point de vue.
Est-ce qu'ils vont planter un poignard dans le dos d'Emmanuel Macron pour provoquer une éventuelle dissolution ? Ils n'ont pas intérêt non plus. Les interventions dans les médias des Républicains, je serais très heureux de les recevoir sur le plateau de Baxit pour avoir cet échange avec eux sur la strate et le positionnement.
D'autant qu'Edouard Philippe, si mes sources sont bonnes cette fois-ci, a annoncé que vraisemblablement pour les sénatoriales, ce n'est pas plié. Il n'est pas évident qu'ils fassent alliance avec Renaissance. Donc ça, ça peut créer des vérités, notamment à droite puisque les sénatoriales, ça reste quand même une élection qui est ancrée dans les territoires. Notamment à droite ? Certainement à droite. Et j'en profite
pour rappeler qu'au Sénat, la majorité, elle est plurielle. C'est-à-dire qu'il y a LR et les centristes. Et le groupe Les Centristes au Sénat, ce n'est pas des macronistes parce qu'il y a un autre groupe au Sénat, mais c'est des gens qui, effectivement, vont être plus proches d'un Édouard Philippe qu'autre chose. Donc, ce sera intéressant. Enfin, c'est en train de rendre intéressant les sénatoriales. Vous vous rendez compte un peu ? C'est ce qu'on est en train de vivre ? C'est inédit, quoi. Droit d'optim, mais je pense qu'on va parler. Donc, voilà. Autre sujet qui monte dans la contestation que je trouve intéressant, la question des femmes. La question des femmes.
Cette réforme des retraites est-elle favorable ou défavorable aux femmes ? On sent que les opposants en font un point d'appui important. Et s'ils le font, c'est parce que ça a l'air de mettre en difficulté le gouvernement qui se retrouve un petit peu à patauger dans la semoule autour de ce sujet-là. Usul. Oui, Riester a fait une sortie très malaise, Camille Malalaise, un petit peu tout le monde, en reconnaissant sur le micro de Public Sénat, il me semble, que, oui, la réforme, bon, c'est sûr, pour les femmes qui ont des carrières plus... Enfin, pas ouf. On connaît tout ça. Moi, j'aimerais aussi porter mon attention aussi sur autre chose. Pour revenir à ce qu'on disait sur Bayrou.
Non, mais je fais un lien. Et Bardella. Vas-y, vas-y. Parce que je me disais, OK. Bayrou et Bardella sont en train de dire de faire monter une petite musique selon laquelle on a un problème de natalité. Ça aussi, c'est important pour les droits des femmes.
Parce qu'ils sont en train de dire
pour financer les retraites dans 10, 20 ans, il va falloir stimuler la natalité. Comment on stimule la natalité d'habitude ?
À l'occasion familiale. Tu crois que c'est le plan de Bardella ?
Tu crois que c'est le plan de Bayrou ? Non, Bardella, non. Bardella, on est clairement, il est en train de nous préparer un argumentaire qui va, à terme, fragiliser, y compris le droit à la contraception.
Oui, et à l'avortement.
Et qu'est-ce que va faire Bayrou comme politique familiale pareil ? Parce que jusque-là, en général, ça n'a pas été de stimuler les gens en les récompensant avec de l'argent. Ça a été plutôt faire des punitions, faire des règles, machin. Ça dépend. La politique familiale en France, portée par la droite et par la gauche, ça a beaucoup reposé sur les caisses d'allocations familiales. Très bien, mais ils vont couper dans quoi pour remonter un petit peu, je ne sais pas, les allocations familiales, etc. Et puis j'ai même envie de rajouter autre chose. En fait, je vais briser un tabou. S'il y a un problème de démographie, c'est l'immigration. En fait, oui, l'immigration, ça marche.
On a le choix entre l'immigration et peut-être un contrôle accru du ventre des femmes. C'est le choix qu'ont fait les Canadiens, etc. Oui, t'as raison. Ça aussi, c'est un truc qui est une musique qui est en train de monter par-dessus ces questions de retraite et de démographie.
Pour ajouter, ça implique aussi une certaine vision de la famille et de comment la famille s'organise. Et donc, ce qui est en train d'être préparé, c'est non seulement une attaque sur les droits contraceptifs des femmes, mais aussi un retour à une vision patriarcale de la famille où la femme reste à la maison s'occuper des nombreux petits-enfants français et blancs, bien sûr, dans la vision de l'extrême-droite. Et vraiment, en fait, c'est sous-jacent à tous leurs argumentaires sur les retraites, mais aussi sur d'autres sujets. Et moi, ce qui m'inquiète, c'est la manière dont c'est en train aussi de grignoter du terrain dans d'autres familles politiques que l'extrême-droite en tant que telle.
Ça, c'est narratif, on le retrouve. Oui, voilà. Et là, on en revient aux Républicains et à leur crise d'identité. Tout ça, c'est en train d'être importé chez ce qui était anciennement la droite républicaine, etc., et qui commence à avoir un retour sur ces idées-là de plus en plus fort.
Les mêmes qui nous disaient qu'on ne va pas mettre ça dans le droit à l'avortement dans la Constitution parce que vous voyez bien qu'il n'est pas menacé. On voit que dimanche dernier, il y a eu une manif anti-avortement. Et quand je pensais à des dispositifs pour stimuler machin, etc., moi, ce que je les vois bien faire, je réfléchissais pendant que tu parlais, c'est par exemple, ils vont nous faire des défiscalisations sur les nounous à domicile. Voilà, c'est ça qu'ils vont nous faire. l'aide à la personne. Ils vont nous couper des nouveaux impôts de je ne sais pas quoi. Si on revient sur le mouvement de contestation, il y a eu une intersyndicale qui s'est réunie cet après-midi.
Alors, je n'ai pas pu regarder ce qu'ils ont dit. C'était hier ? Qu'est-ce qu'ils ont dit ? Alors,
ils ont dit qu'ils appelaient effectivement à la grève pour le 31 de manière conjointe. Après, il a commencé à y avoir des interprétations de la grève et notamment de savoir si on se lance ou non dans une grève reconductible comme ce à quoi l'appellent la CGT. Laurent Berger a dit que c'était mort. Lui, il n'est pas du tout là-dedans. Du coup, il commence à y avoir quelques crispations et ça fait un peu chier. Je me permets juste de revenir sur le 47.1 parce que...
T'as fait ton propre fact-checking ?
J'ai fait mon propre fact-checking et en fait, ce qui se passe, c'est que le 47.1 ne peut pas faire l'objet d'une motion de censure et étant donné que le gouvernement invoque le 47.1 pour éviter d'invoquer le 49.3, il n'y aura vraisemblablement pas de possibilité de mettre de motion de censure. Ils ne vont pas faire 47.1 et 49.3.
Ce n'est pas l'idée. Même sur la ratification d'une ordonnance ? Peut-être que...
Tu peux mettre un 49.3 sur une ratification d'ordonnance ?
Je ne suis pas sûr. Je vérifie.
Donc voilà, c'était juste pour préciser les choses.
Ok, ok. D'accord, d'accord.
Super, merci. Super, les gens s'en foutent.
Mais bien...
Non, mais je fais ça pour toi, Usul, comme tu adores.
Merci, je n'ai rien écouté. Qu'est-ce que je voulais dire ? On se souvient de... Ça avait un petit peu gueulé la semaine dernière. On en avait parlé avec Philippe Martinez lorsque l'intersyndicale avait annoncé, ou en tout cas la CGT avait annoncé la manif le 31. Des gens disaient c'est trop loin de la première mobilisation le 19. Philippe Artizaine disait oui, enfin vous êtes gentil mais ça coûte cher aux gens de faire grève. Est-ce que dans l'entre-deux, à l'exception de cette mobilisation de jeunes, on voit des choses évoluer sur la question des retraites ? Est-ce qu'il y a des blocages ? Est-ce qu'il y a des grèves ? Est-ce que...
Claire ? En fait, l'action contre la réforme des retraites s'est jamais arrêtée. C'est-à-dire qu'il y a eu cette marche qui était essentiellement parisienne le samedi et depuis... Le pays est à côté quoi. Oui, mais il y a plein de petites actions en continu, il y a des débats dans plein d'endroits, y compris dans ces villes plus petites. Donc il y a un maillage des actions qui est assez dense et là, quand je suis arrivée là, il y avait une fin de manif. Je ne sais pas du tout.
Oui, il y a une retraite au flambeau là. Non, pas une retraite parce que là, c'est une marche au flambeau. J'en ai parlé avec quelques insoumis, je leur disais c'est un peu facho. Oui, c'est un peu facho flambeau. Et ils me disaient ouais, ouais, mais bon, c'est ça. J'ai débarqué là-dedans. D'accord. Il va jusqu'à République qui part de pas loin de la mairie du 20ème. C'est ça, oui.
Mais comme il y avait eu à Marseille la veille du 19. Alors que j'essaye de suivre pas mal ce truc-là. Donc en fait, ça émerge de partout. Il y a plein d'initiatives organisées par les collectifs. Il y a des collectifs locaux qui s'organisent. Dans le 91, il y a un collectif qui s'est constitué, qui allie des partis politiques, des assauts comme Attaque, etc. Un peu dans la lignée de Plus Jamais Ça, tout ça. Et ça se met en mouvement donc ça s'arrête pas. C'est un peu en fil continu. Et quelque part, c'était aussi la crainte par rapport à ce mouvement.
C'est que ça s'essouffle parce qu'il y a ce contexte de précarité économique sous-jacent et que ça empêche, ça freine le mouvement de grève en tant que tel. Mais vu qu'il y a un relais qui est pris, je ne suis pas sûre qu'on peut décrire ça comme un essoufflement. Même au contraire parce que justement, on voit que l'opposition à la réforme, elle est plus en augmentation.
Dans les sondages, oui, j'attends de voir la mobilisation du 31 pour voir si on est sur une progression au nombre de manifestants ce qui sera un indicateur intéressant, pas le seul à regarder mais un indicateur intéressant pour voir si le mouvement va de l'avant. Pour l'instant, je n'ai pas en tout cas l'impression qu'on soit dans une situation similaire à ce qu'on a connu par le passé avec des blocages, avec des grèves qui perturbent plus que ça. Ah si, on en prend le chemin ! J'attends de voir, moi je n'ai pas l'impression plus que ça. Moi j'ai l'impression
que plus le gouvernement parle, plus les représentants de la majorité parlent, plus les gens sont contre la réforme. Oui,
ça progresse effectivement dans l'opinion publique. Il faut croire qu'il y a des arguments qui font mouche. On parlait des femmes par exemple, la question des jeunes qui se mobilisent aussi. On sait que l'opinion publique est sensible aux mobilisations des jeunes. Il y a toujours un truc, si les gamins descendent dans la rue, c'est que ça doit être quand même vachement sérieux et c'est important. Oui, c'est assez intéressant. Le CPE, c'était aussi ça. Tu vois, manif de lycéen, les Français disaient non, non, mais attends les gamins, là c'est une mauvaise loi. Si les gosses, ça les précarise, c'est pas dingue. Donc il y a un truc intéressant là-dessus.
Pour revenir sur le débat parlementaire, qui va s'ouvrir à partir de demain, il y a aussi une question qui est intéressante, c'est de savoir est-ce que la NUPES ou est-ce que la France insoumise va aller dans une stratégie d'obstruction. La stratégie d'obstruction au Parlement la plus classique, c'est un bon gros didos avec plein d'amendements pour flouder au maximum le texte, empêcher le débat et ralentir.
Ce qui est intéressant, c'est que l'article 47.1, comme il limite en temps la durée des débats, en fait, cette stratégie-là de flouder les débats pour les ralentir, ça bénéficie qu'au gouvernement qui a juste à attendre les bras croisés, qui défend des amendements pendant des heures et au final, du coup, ça les arrange bien. Du coup, l'intergroupe de la NUPES mardi ou mercredi matin a décidé de ne pas prendre ces stratégies-là, de laisser tomber l'idée de faire ça. Ils vont essayer d'être plus smart et pas de faire l'obstruction, mais au contraire, de chercher à mettre en minorité le gouvernement sur des amendements bien ciblés, bien négociés, voire avec les LR, RN, etc.
Ça promet des débats incroyablement sportifs à l'Assemblée, de la suspension de séances pour faire entrer des députés, pour faire voter. Je vais essayer au maximum de streamer ça pour vous expliquer tout ça et on va suivre ça en direct. Mais ça va être rock'n'roll au Parlement et encore une fois, on l'a déjà dit sur ce plateau mais je le redis, il y a de l'enjeu au Parlement. Tout n'est pas écrit à l'avance. Mais même du côté
de la majorité en fait.
Mais même du côté de la majorité.
Hier, il y avait justement une réunion de groupe pour trier les amendements déposés par les députés de la majorité puisqu'il y en a énormément. Peut-être que l'obstruction va venir de là où on l'attend la moins. Ils ont vraiment fait une séance où ils ont trié les amendements pour dire bon bah ça c'est identique, ça c'est pas identique, on va pousser ça, on va pas pousser ça. Donc il y a quand même même au sein de la majorité beaucoup d'amendements qui sont déposés vraisemblablement. Je voulais aller voir d'ailleurs pour faire plaisir à Usul le nombre d'amendements qui sont déposés sur le dossier législatif.
Ça va être crucial, oui. Il y a quelqu'un dans le chat qui dit Jean qui vit sa meilleure vie, oui. Oui, oui, oui, carrément. J'en suis très heureux. Allez-y les députés, faites votre boulot de député. On verra bien. Et puis après, voilà, c'est pas parce qu'un amendement est déposé qu'il est défendu. Voilà, on verra bien. Est-ce qu'on a un dernier truc à dire sur ce sujet pour ne pas avoir de regrets ? Claire ?
Non, peut-être. Moi, j'insisterais sur en fait l'importance symbolique du fait que les jeunes s'engagent là-dedans et le fait que ça rend le gouvernement assez fébrile et globalement le pouvoir. Là, ils ont mis quand même 30 étudiants en garde-have pendant 22 heures du campus Condorcet où ils étaient juste en train de faire une réunion et ils se sont retrouvés en garde à vue. Et en fait, tout ce qu'on se disait là de 19h à 19h30 sur aussi ce que vivent les jeunes là et le monde dans lequel on leur demande de s'insérer dans le monde du travail. Juste, il y a un moment, il va y avoir un énorme non.
Et en fait, pour moi, ce non à la réforme des retraites venant de la jeunesse, c'est aussi un non à plein d'autres choses. Enfin bon, on verra que ça donne par la suite.
Je continue à dire que la météorologie des mouvements sociaux, ce n'est pas une science exacte. On nous avait déjà promis par le passé au moment des ordonnances travail en 2017 que ça allait être une rentrée rouge, etc. Bon, on verra. Je vais aller dans le sens du clair aussi et formuler une hypothèse. Il n'est pas exclu non plus qu'on soit aussi dans une queue de comète des Gilets jaunes avec des gens qui sont rentrés dans la politique et même dans la contestation alors qu'ils n'y étaient pas, qu'ils étaient assez éloignés de la contestation et qu'ils sont rentrés dedans à travers ce mouvement d'il y a quelques années et qu'aujourd'hui le retrouvent.
Moi, dans les cortèges, j'ai vu des Gilets jaunes. J'ai vu des gens avec des Gilets jaunes. J'ai discuté avec des Gilets jaunes et des gens qui pouvaient être un peu plus éloignés de la politique avant, qui s'y sont mis et qui réinvestissent aussi ce mouvement-là, leur façon et qui se sont un peu réveillés sur ce truc-là et leur point commun avec les jeunes, c'est le travail, c'est le rapport au monde du travail qui est d'une violence aujourd'hui, un travail qui est plus violent aujourd'hui qu'il ne l'était avant.
On a démantelé du droit du travail, on a assoupli, on a flexibilisé et les Gilets jaunes comme les jeunes se retrouvent sur un marché du travail dans lequel ils sont balottés, ils n'ont plus de protection. Enfin, voilà. Donc, je pense qu'il y a des points communs aussi. Quand tu parles de Côte-Comet, ça peut marcher dans les deux sens. Ça peut aussi être des gens fatigués qui disent après tout pourquoi se remobiliser ? On a bien vu que ça les jeunes sont là. Non, je suis d'accord. Je suis d'accord et je vois quelqu'un dans le chat qui fait référence au fait qu'Emmanuel Macron parle de plus en plus du SNU en disant qu'il va faire des annonces, etc.
On verra bien ce qu'il annonce mais il a moyen de mettre tous les jeunes de France dans la rue très rapidement s'il raconte n'importe quoi. Il fait ce qu'il veut mais voilà, entre l'uniforme à l'école avec Brigitte Macron et un truc SNU plus ou moins obligatoire, ça peut partir en couille très très vite. Vous connaissez l'image du tube de dentifrice qui était au moment de mai 68, je crois. On disait ça, on disait les jeunes c'est comme du dentifrice une fois qu'il est sorti du tube donc en gros qu'il va dans la rue c'est impossible de le faire re-rentrer. Titre, pardon. Oui, bien sûr. Une émission sérieuse. J'ai le droit à un titre, c'est tout. Oui, oui, oui. Donc voilà, SNU c'est quoi ?
C'est le service national universel qui a été expérimenté au cours du premier quinquennat et sur lequel Emmanuel Macron souhaite avoir une généralisation, je mets des guillemets parce qu'on ne sait pas encore quelle sera la nouvelle mouture de ce dispositif parce que ce sera une augmentation du nombre de places ouvertes. 30 000 par an un peu plus où est-ce qu'on est à un CSNU obligatoire comme c'était promis par le candidat Macron à la présidentielle. On verra. Je ne sais pas où tout ça nous mène. Chers amis, on va marquer une légère pause parce qu'on a besoin de faire un réglage technique et on se retrouve juste après la pause. Ça ne va pas couper le stream, rassurez-vous.
Moi, je vais rester parce que j'ai les amendements.
La vie d'Adèle. Allez, pause et on se retrouve tout de suite.
Et il y a 15 liasses de 500 amendements.
Voilà, de retour sur le plateau de Baxit.
On a réglé un tout petit problème technique.
Vous n'avez rien vu. C'est incroyable. Merci l'équipe technique. Merci beaucoup les amis pour cette très belle émission. Chers amis, on va continuer le programme de l'émission avec la chronique que vous attendez toutes et tous. La vie d'Adèle. C'est parti. Salut Adèle.
Salut.
Comment ça va ?
Ça va super. Et vous, ça va ? Ouais.
De quoi tu vas nous parler aujourd'hui ? Vas-y.
Des petits sujets. Des petits sujets de la semaine. Parce qu'après l'Allemagne la semaine dernière, aujourd'hui dans la série Ils ne sont pas mieux que nous, les Etats-Unis. Il y a beaucoup de sujets mais bon, on va en prendre un. Apparemment là-bas, le sexisme ne touche pas que les femmes mais il s'attaque également aux M&M's.
Ah oui.
Ouais. Alors je vous explique. Récemment, le service marketing de M&M's a fait évoluer ses mascottes avec la création d'un personnage violet aux couleurs de soutien aux luttes LGBT. Et un nouveau design des personnages qui chausse désormais la M&M's verte It's a she de basket à la place de bottines comme vous pouvez le voir et qui met des plus petits talons à la M&M's marron It's a she too. Bon, jusque-là, rien de bouleversant sauf que on est aux Etats-Unis et qu'aux Etats-Unis tout est toujours plus grand surtout les polémiques qui a la con parce que ces changements de look ont mis en rage les républicains ultra-conservateurs. Oh, ils sont colères!
À l'instar du très influent Tucker Carlson, trumpiste, animateur de Fox News qui fait cette déclaration.
OK.
Voilà, alors pour ceux qui parlent pas parfaitement anglais, on dit que les personnages sont parfaitement moches désormais et se rapprochent de l'androgynie parce que M&M's veut qu'on ait plus envie de prendre de verre avec eux parce qu'éteindre l'attirance sexuelle c'est réussir l'égalité.
Il a littéralement dit « Elles sont plus baisables les M&M's. »
Ouais.
C'est ça qu'il a dit. C'est le terme.
Est-ce que quelqu'un a déjà essayé ? Alors, c'est une bonne question. Non mais, parce que, le jour où tu n'as plus envie de baiser le cartoon d'un bonbon au chocolat qui a un petit corps rond, vert ou bleu, pas un poil sur le caillou et une voix toute pétée, Tucker, c'est gênant de parler publiquement de tes fantasmes. Est-ce que Jean, il nous raconte ses pensées coquines pour les Kinder Bueno ?
Non ?
Pas assez.
Ces commentaires ont fait un buzz de dingue aux Etats-Unis parce qu'un bonbon qui n'est plus sexy serait la démonstration de la dérive woke de notre société. Même Blanquer il est là « Wow ! Vous allez trop loin ! » Non mais genre, la prochaine fois, c'est quoi ? La prochaine étape, vous appelez woke une console qui fait des économies d'énergie ?
Et c'est le cas.
C'est le cas. Alors après, je comprends le principe, l'image des entreprises. C'est une vitrine de l'évolution de nos sociétés. Par exemple, le logo Haribo. Avant, c'était un ours ou un petit garçon. Et puis dans les nouveaux logos, on les a mis ensemble. Donc du coup, évidemment, je crois que ça montre clairement l'intérêt de la Gen Z pour la zoophilie.
Les furies. Les furies, on les embrasse.
Ou une façon de relancer la natalité. Je ne sais pas. Voilà. Bon. Autre sujet. Les amis, il faut qu'on en parle.
D'accord.
Je crois qu'il y a un gros, gros, gros éléphant au milieu de la pièce. On ne va pas pouvoir l'éviter. le nouveau premier secrétaire du Parti Socialiste. Mais lequel ? Mais c'est qui ? Attends, les chars sont littéralement aux portes de l'Europe. Les retraites mettent le pays à feu et à sang. Vous en avez parlé. Mais le sujet trending numéro un, c'est mais c'est qui qui va gagner l'élection ? Que dis-je ? La battle !
Piu, piu ! Piu, piu !
Pardon, je les imagine avec des petits pistolets comme ça. Mais pourquoi ? Pourquoi vouloir être à ce point le patron d'un truc qui est en train de couler ? Les mecs, ils se battent pour être le capitaine du Titanic alors que normalement ton instinct de survie t'emmène vers les canaux de sauvetage mais eux, ils sont sur la coque et ils sont là genre « Non, c'est moi le pilote ! » « Non, c'est moi ! »
T'avais déjà le nom de l'invité avant d'écrire ? Tu ne savais pas ?
Non, je ne peux pas faire de changement de dernière minute, t'imagines bien !
Moi, l'angle, c'est qu'il est derrière toi !
Moi, je ne le vois pas !
Moi, je le vois derrière toi avec son café.
Précisément, je ne sais pas de...
Il rit jaune ! Continue, Adèle, continue, ne te laisse pas... Non, non,
ça ne me gêne pas. Je continue parce qu'il y en a encore un petit peu.
Je vous le mets quand même.
Je l'ai vu. Bon, après, ce n'est pas nouveau. Il y a toujours eu des duels historiques et serrés à la tête du parti. Roca, Mitterrand, Fabius, Moroy et même Aubry Royal. Donc, tu vois, ce n'est pas anormal qu'il y ait un Olivier Faure et...
C'est qui ?
Nicolas Maillard-Rossignol.
Mais oui, bien sûr. Rossignol, bien sûr, fort, machin, c'est quasiment Hulk Wolverine, quoi. Piou, piou, piou. Pourtant, tout avait si bien commencé. Vraiment, le 6 janvier, sur le site du PS, on s'énorgueillit que 40 000 adhérents choisiront leur motion preuve pour le congrès de Marseille. Regardez, c'est écrit là. Et on est tellement fiers de ce chiffre qu'on incite le lecteur dans la suite de l'article à le comparer avec ce qui est surligné. les 26 000 votants non cotisants de renaissance. Est-ce que c'est pas un petit commentaire de rageux, ça ? Nous, d'abord, on a plus d'inscrits que le parti présidentiel.
Genre, ouais, deux fois plus d'inscrits, peut-être, mais aussi deux fois plus de chefs, du coup. Voilà. Et oui, parce que, patatras, après le vote serré du jeudi 19 janvier, guerre ouverte entre les deux finalistes, sur fond de c'est moi qui ai gagné. Non, c'est moi, il a triché. Lui, d'abord. Non, mais il a triché pire. Ah ouais, c'est illégal. Non, t'as qu'à porter plainte. Vas-y, j'appelle Maître Capello. Non, non, vraiment, les huissiers vont se pencher sur cette affaire. C'est tout à fait juste. Alors, si on connaît Olivier Faure un petit peu, quand même, actuel patron du PS, on connaît moins... Comment il s'appelle ? Attends, je le...
C'est chiant.
Mais oui...
On va mieux le connaître en regardant l'excité. Il va te casser la gueule.
Nicolas Bagnat-Rossignol, NMR, comme on dit tous, désormais. Alors, il était discret jusque-là, Nico, mais il est quand même maire de Rouen, donc c'est pas rien. Et il est soutenu par des poids lourds du parti. Anne Hidalgo, François Hollande, a.k.a. les winners. Sans oublier la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qui a affiché son soutien dans les médias dès lundi. Je pense qu'on va voir l'arc... Ah, non, c'est pas celui-là. Non. Mais après, Carole, elle soutient beaucoup de causes. Alors, Olive et Nico, ça va pas être facile de les départager parce que tout les sépare.
Par exemple, les speeches qu'ils ont tous les deux postés simultanément sur Twitter pour annoncer les victoires montrent clairement leurs différences. On va voir la vidéo d'Olivier Faure.
... ce soir, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance.
Claire, rassemblement, confiance. Bien sûr. Alors que, ben, Nico...
Nous avons besoin de nous rassembler en nous faisant confiance. Vous envoyez un message très clair. On a besoin de ce rassemblement et nous sommes, et je suis personnellement déterminé à l'incarner dès demain.
Ben, c'est pas du tout le message. Enfin, je veux dire, les mots-clés sont pas dans le même ordre. C'est évident.
C'est terrifiant, quelque part.
Alors, après... Pardon, mes petits avantages à Olive, qui va toujours un poiliche trop loin.
Le parti de Jaurès est au rendez-vous de son histoire.
Non. Jaurès, is not approving, dis ce message. Non, non, non. Donc, on va pas pouvoir reprendre toutes les déclarations parce que depuis une semaine, il y a un rebondissement toutes les heures. Tu vois, le PS, c'est 24 heures chrono sous en fête en ce moment. Et d'ailleurs, là, il y a eu un nouveau truc qui est sorti en fin d'après-midi. Vous l'avez vu ou pas ? La toute dernière déclaration. Vous vous souvenez du Macron-Poli, les vœux cringes d'Olivier Faure sous la forme d'une parodie de jeu de Monopoly contre Macron pour ceux qui ne les auraient pas vus. Voilà, ça fiche à l'écran. Eh ben, ils viennent d'en sortir un autre cet après-midi même. Vous ne l'avez pas vu ?
Non.
Eh ben, heureusement que je suis là, les mecs.
Non, c'est quoi ? Oh, yes ! Oh ! Ah oui !
Avec des professionnels.
Alors, tout est évidemment vrai, sauf ce qui ne l'est pas.
Ouais.
Et ce qui ne l'est pas, ça vient de Vinza. Vinza sur les réseaux sociaux.
Qui nous a fait ce montage.
Exactement. C'est super bien. Qui a fait ce montage. Non, non, il est vraiment brillant. Pour Baxit. Et retrouvez-le sur tous les réseaux. Voilà, je vous laisse parce que moi, je crois que vous avez un invité important qui arrive. Attends, mais c'est quoi ?
Nicolas Maillère-Rossignol. C'est chiante. Merci Adèle pour, avec l'aide de Vinza qui a réalisé ce montage exclusif pour Baxit. Merci à lui. C'était génial. Ça met l'ambiance. Ça met une ambiance de feu, notre invité. Ouais, on est à peine gênés là, c'est cool. Mesdames et messieurs, nous avons le plaisir d'accueillir cette année un invité pour venir parler du sujet. Alors, j'ai plusieurs intros possibles. Ça fait une semaine que je m'arrache les cheveux pour savoir comment je le présente. Déjà,
tu viens de dire cette année.
C'est l'information de l'année. Mesdames et messieurs, je vous demande d'accueillir sur le plateau de Baxit le maire de Rouen. Nicolas Maillère-Rossignol, merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxit. Merci à vous. Nicolas Maillère-Rossignol, est-ce que vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste ce soir ? Non, évidemment. Non, vous ne l'êtes pas ?
Non, puisque le résultat n'est malheureusement pas terminé. Ce n'est pas terminé. Olivier Faure a-t-il gagné alors ? Non plus, c'est bien le problème. De toute façon, toute la France l'a vu. Je ne vais pas vous raconter des blagues. Toute la France. On n'est pas capable d'organiser un scrutin avec 24 000 votants et on n'a pas de résultat. Vous savez, moi, j'ai déjà perdu des élections, ça arrive à tout le monde, en gagner, en perdre. J'ai même perdu une fois, c'était en Normandie pour la région en 2015, à 0,2 % des inscrits. Ça fait une voix par commune. Dans le quart d'heure, je félicitais le gagnant. Le problème, c'est que là, on a eu un scrutin qui était le bazar.
Alors, c'était quoi ce bazar ? Parce que quand vous dites qu'on n'est pas foutu d'organiser une élection à 25 000 votants, 24 000, oui. 24 000, c'est la direction sortante du Parti Socialiste que vous accusez Olivier Faure et les siens, non ?
Je n'accuse pas, ce n'est pas une accusation. Ça y ressemble. Non, je constate juste qu'au bout d'une semaine, on n'a pas un résultat qui est clair, ce qui est embêtant pour tout le monde. Normalement, quand vous avez un scrutin, normalement, personne n'est censé s'auto-proclamer. Normalement, vous avez soit une instance indépendante, genre le ministère de l'Intérieur, voilà le résultat, soit vous avez ce qu'on appelle nous une commission de récollement, c'est-à-dire toutes les parties, tous les candidats qui sont ensemble, qui regardent, bon, est-ce qu'il y a telle irrégularité, etc., et à la fin, ça donne un résultat qui est clair pour tout le monde.
D'ailleurs, on avait fait un vote le 12, parce que là, on parle du vote du 19, on a fait un vote le 12, le premier tour, et il y a eu la commission de récollement et tout s'est bien passé. Et là, en fait, tout le monde ne s'est pas mis d'accord et donc...
Parce que Olivier Faure s'est proclamé vainqueur, on l'a vu dès le soir avant la commission de récollement, vous aussi, vous êtes proclamé vainqueur avant la commission de récollement.
C'est le petit jeu des soirées où tout le monde est fatigué et fait des vidéos parce que l'autre en a fait une. Parce que vous regrettez d'avoir fait cette vidéo, du coup ? Je pense que ce n'est pas bien globalement. Le problème, c'est que quand vous êtes dans la soirée comme ça, effectivement, ce n'est pas une bonne chose. Mais de toute façon, de toute façon, à la fin, vous devez avoir une commission qui dit, voilà, le résultat, il est incontestable pour tout le monde. Et en fait, cette commission a commencé à bosser. Nous, on fonctionne par fédé, c'est-à-dire fédération par département. Il y en a une centaine. Bon, voilà, il y en avait de mémoire.
45 qui avaient été validés, une quinzaine qui étaient en cours et puis le reste n'avait pas encore été fait et puis à ce moment-là, ça a été arrêté.
Ça donne une très mauvaise image du Parti Socialiste, vous le savez, vous le dénoncez vous aussi. Votre concurrent Olivier Faure sur Public Sénat il y a deux jours a déclaré, je cite, il y a des professionnels de la déstabilisation autour de Nicolas Maillère au signal. Il vous accuse à demi-mot d'avoir provoqué cette crise. Écoutez, moi je ne veux pas rentrer
dans la polémique. Tout ce que je peux dire... Ah bah on y est là ! Ouais, ouais, d'accord ! Mais je ne vais pas l'alimenter, c'est absurde. Des professionnels de la déstabilisation, je ne pense pas que ce soit des mots qu'on devrait utiliser entre camarades. Voilà. Mais simplement par contre, ce qu'on peut dire, c'est que globalement, est-ce que le scrutin s'est déroulé dans de bonnes conditions ? Je veux dire, toute la France a vu que non.
Je rappelle que c'était 24 000 votants là, en 2018, c'est-à-dire au début du mandat d'Olivier Faure, et attention, je ne suis pas en train de l'attaquer, je lui donne juste les chiffres, ce n'est pas sa faute à lui spécifiquement, mais au début, on était à 38 000 votants. 38, 24. En 2015, 71 000 votants. 71 000, 38 000, 24 000. Là, vous ne faites qu' imager le fait que le Parti Socialiste est plutôt en recul quand on me sent, on l'avait marqué. Donc, ce n'est pas la gloire. Donc, l'idée, c'est d'essayer d'avoir des procédures qui soient à peu près exemplaires et ce qu'on a vu là, c'est que visiblement, ce n'était pas le cas.
Et je vais aller plus loin et je l'ai déjà dit, je le regrette, mais malheureusement, on a des situations depuis longtemps avec, j'essaie d'être précis, soit des irrégularités, c'est-à-dire que les gens ne pensent pas forcément à mal, mais n'ont pas forcément le bon matériel et ne sont pas tout à fait conformes au code électoral, mais ça ne veut pas forcément dire qu'il y a une mauvaise intention, c'est parce que vous avez des militants qui, bon voilà. Mais ça peut exister aussi, la mauvaise intention. Oui, soit des fraudes, effectivement.
Alors attention, dans la grande majorité, il faut être clair quand même, dans la très grande majorité et bien sûr, y compris pour plein de gens qui n'ont pas voté pour moi, heureusement, ça s'est passé de façon transparente, démocratique, etc. Le problème, c'est dans quelques cas qu'on connaît bien et j'en ai cité plusieurs, ils sont publics et d'ailleurs, vous avez des vidéos sur Internet. Vous parlez à des fédérations en particulier ? Oui, mais on en a parlé, j'ai cité Liévin par exemple, mais il y en a d'autres et tout est sur Internet, vous avez vu à la Courneuve ce qui s'est passé, voilà. Après, encore une fois, j'essaie d'être précis. Dans ces cas-là, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Soit vous revotez, mais si vous ne changez pas les conditions du vote, le risque, c'est que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Soit vous annulez des scrutins dans des fédérations. Soit vous avez une commission qui dit, là, ce n'est pas possible, ça a été irrégulier, on enlève, on enlève, on enlève. À ce moment-là, il faut que la commission, c'est le rôle de la commission d'écollement, elle aille au bout de son boulot, ce qui n'a pas été fait.
Soit, comme ce n'est pas franchement le moment de passer son temps à se regarder le nombril et à faire des votes sur des votes, vous essayez de sortir par le haut et c'est ce qu'on essaie de proposer maintenant et j'espère qu'on y arrivera à Marseille.
Vous ne proposez pas spécifiquement ?
En fait, ce qui se passe, c'est que là, on regarde un score où les gens s'écharpent, moi le premier, et vous avez raison, ça donne une très mauvaise image, mais on est à 49-51 ou 51-49 selon les camps. Mais si vous raisonnez juridiquement, il y a une différence, si vous raisonnez politiquement, ça veut dire que grosso modo, vous avez deux camps à part égale, à peu près. Donc de toute façon, si vous voulez vous en sortir, ça ne peut pas être l'imposition d'un côté ou d'un camp par rapport à l'autre puisque les deux sont à peu près au même niveau.
Et je vous dis ça, j'aurais gagné, la commission de récollement dirait la même chose, mon résultat serait incontestable, si j'étais à 51, je dirais exactement la même chose, c'est-à-dire qu'il faut rassembler les deux puisque de toute façon, vous êtes autour de 55. Donc c'est pour ça que j'ai eu l'idée d'une direction collégiale parce qu'on a besoin des deux. Sinon, le risque, c'est quoi ? C'est qu'il y a un côté, quel qu'il soit d'ailleurs, qui va dire, attendez, on a fait quasiment autant de voix que les autres et on est nulle part dans la direction, ça ne va pas. Donc l'idée, c'est d'avoir une direction collégiale.
Ou faire plouf plouf.
On peut tirer au sort aussi, on peut faire au pénalty.
On se dirige vers du coup un vote à nouveau là ? Et quelle garantie, il y aurait que ça se passe dans d'autres conditions ? Non, justement. Non, pas de vote à nouveau. Mais moi, j'ai halluciné, j'ai lu l'article là dans l'Express qui rentre un peu dans le détail. C'est-à-dire qu'on parle de, quand on parle d'irrégularité, les cas en liévin et d'autres, c'est des gens qui sont empêchés de rentrer dans le bureau de vote, c'est des intimidations de gens qui tournent autour, machin. C'est une dame dans un fauteuil à qui on dit si vous voulez voter, il faut vous lever de votre fauteuil parce qu'elle est en fauteuil. Des trucs vraiment hallucinants. C'est le signe de quoi ?
Pourquoi ces pratiques-là ? Et je pense aussi au fait de s'arranger après pour raconter les résultats qu'on veut. Là, on voit que si les deux se sont proclamés avant même d'avoir les résultats, c'est qu'en fait, ce n'est pas un vote, c'est un rapport de force aussi et une guerre de communication.
Une bataille de com, oui.
C'est des pratiques qui viennent de loin, c'est des pratiques dont Mélenchon avait beaucoup parlé, qui l'a gacé au PS de on se donne tel score, on s'arrange en haut, on va dire que toi t'as fait trois, etc.
Si je puis me permettre, c'est des pratiques de Mélenchon, en termes de démocratie. Oui, non, mais d'accord, mais ce soir,
c'est le signe de quoi ça ? Pourquoi ces pratiques, elles ont survécu parce qu'elles sont anciennes ? Alors, pas de doute,
elles sont folkloriques ? Oui. Non, enfin, je pense qu'il y a plusieurs choses dans ce que vous dites. D'abord, il y a des choses nouvelles. La guerre de com, ce n'était pas la même il y a 10 ans, il y a 20 ans, il y a 30 ans, il n'y avait pas Internet, ce n'était pas la même chose en termes de communication. Après, sur le vote, c'est ce que j'essayais de dire aussi, ce que vous avez dit, c'est que là, si on revotait dans les mêmes conditions, le risque, c'est que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Je veux quand même insister sur le fait que, encore une fois, pour la très grande majorité des cas, ça s'est très bien passé.
Mais évidemment, ce qui est visible dans l'espace médiatique, c'est ce qui s'est mal passé. Et c'est pour ça qu'on dit, bon, il y a deux solutions pour en sortir. Soit vous revotez, mais à ce moment-là, il faut des garanties nouvelles. Ça peut prendre du temps, vous n'êtes pas sûr que ça marche. Est-ce que c'est vraiment le moment ? Retraite, assurance chômage, contexte social, pouvoir d'achat ? Franchement, je ne suis pas sûr. En gros, est-ce que c'est le dernier clou sur le cercueil ou est-ce qu'on arrive à une sorte de renouveau et de rassemblement ? Marseille, ça peut être la pire des choses et ça peut être la meilleure des choses.
Et ça a été dit tout à l'heure dans la chronique humoristique, il y a déjà eu des situations. Ce n'est pas comparable parce que ce n'était pas le même nombre de militants, ce n'est pas la même personnalité, ce n'était pas la même époque. Mais il y a déjà eu des situations qui pouvaient paraître catastrophiques et derrière, peut-être paradoxalement, je ne sais pas, il y a eu une forme de rebond et une forme d'avancée. Parce qu'il y a aussi des nouvelles personnalités qui émergent et il y a aussi une nouvelle énergie qui émerge.
Avant de te donner la parole, Léa, Marseille, dont vous parlez, c'est le congrès physique du Parti Socialiste qui se réunit à partir de demain matin à Marseille. Dans quel état d'esprit vous y allez, vous ?
Je vous dis, on essaye d'être constructif. L'idée, là, c'est soit on continue à s'écharper, bon, c'est ce que j'appelais le dernier clou sur le cercueil, sans langue de bois, parce que je vous ai donné les chiffres. Et vous l'avez dit vous-même, mais je ne vais pas là non plus faire le truc. Ça fait des années, on le sait très bien que le PSI ne va pas bien. Et encore une fois, ce n'est pas attaquer M. X ou Mme Y, c'est juste une réalité collective. En même temps, vous avez plein de territoires, vous avez des élus qui sont bien appréciés. Je ne parle pas spécialement de moi, vous en avez cité tout à l'heure aussi, qui sont très appréciés.
Mais soit on essaye de profiter, entre guillées, de s'appuyer sur le moment de Marseille pour se dire, bon, allez, on se bouge. En fait, la vraie question derrière, c'est est-ce qu'on a envie de bosser ensemble ou pas ? Tout le reste, c'est la littérature. Tout le reste, c'est l'organisation, la logistique, le machin, le truc. La vérité, c'est est-ce qu'on a envie de bosser ensemble ou pas ? Moi, j'ai envie de bosser avec tous les socialistes. C'est ça, la vraie question. Léa, d'abord, éclaire ensuite.
Vous parliez de cercueil, donc du coup, je me permets quand même d'aborder la question. C'est vrai que le parti socialiste est clairement en perte de vitesse, on ne va pas se mentir. Il a perdu près de trois quarts de ses adhérents en un peu plus de dix ans. C'est quand même assez inquiétant. Moi, je me pose la question très sincère et la question que finalement Adèle posait de manière un peu plus légère et humoristique plutôt. À quoi bon se battre ? Quelles sont vos motivations aujourd'hui pour finalement être le commandant d'un navire un peu à la dérive quand même ?
Nicolas Maillard au signal. Je comprends complètement la question parce que très honnêtement et je vous réponds très sincèrement, on est plein de militants à se la poser tous les jours. À quoi bon ? Quand vous prenez des dérouillés, les présidentielles, quand vous prenez des tannés sur d'autres élections, vous dites, bon, tout ça pour ça.
C'est symbolique, il faut garder la vieille maison.
Bien sûr, il y a une question de symbole, mais ça va plus loin que ça. Et après, tout le monde n'a pas forcément l'analyse que je vais donner, mais c'est mon point de vue, ce sont mes convictions. Moi, je pense qu'il manque quelque chose à gauche aujourd'hui. Je pense qu'aujourd'hui, quand vous regardez l'espace politique, vous avez en gros trois blocs, l'extrême droite, le bloc autour d'Emmanuel Macron et le bloc de gauche. Le bloc de gauche aujourd'hui, il est comment ? Il est faible, 30% max, tout mouillé. Il est dominé par un parti, ce n'est pas une critique, c'est juste la réalité des urnes de 2022 qui s'appelle LFI, et dans LFI, plutôt Jean-Luc Mélenchon.
Est-ce que ce bloc est gagnant ? Notre conviction aujourd'hui, c'est qu'il y a plein de Français, de Françaises, de Français, qui attendent une offre politique vraiment à gauche et vraiment crédible. C'est-à-dire qu'ils disent un espoir, un souffle, une utopie, mais qui en même temps disent le chemin pour y arriver. C'est la crédibilité qui manque à Mélanie Macron ?
Soit vous êtes trop dans l'utopie et en fait vous finissez par raconter des trucs dont vous savez très bien que vous ne le ferez pas demain si vous étiez en responsabilité, soit vous êtes trop dans la gestion, ce qui est arrivé au PS par le passé, et finalement vous ne soulevez plus aucun espoir parce que vous n'êtes plus que dans l'accompagnement d'une société dont on voit bien qu'elle n'est pas soutenable.
À quel moment selon vous le PS a tenu cette ligne de crête entre transformer la société et conserver l'ordre existant ?
Ce n'est pas conserver l'ordre existant, c'est essayer de s'adapter aussi aux évolutions du monde. Regardez par exemple sur l'écologie, historiquement le PS n'est pas un parti, historiquement c'est d'abord un parti ouvrier, industrialiste, productiviste qui est d'abord sur les histoires d'égalité et de production. Et puis vient évidemment la crise écologique, c'est d'ailleurs plutôt les verts qui servent des guillons sur le plan politique sur ce sujet.
C'est quel moment pour vous où le PS correspond vraiment à ce que vous aimeriez faire aujourd'hui ? Vous feriez comme ça ?
Vous feriez comme Jospin ? Vous feriez comme Roca ?
Regardez,
je vais vous répondre par des exemples qui pour moi sont frappants. C'est quoi les grandes idées socialistes ? Vous feriez comme Hollande ? C'est quoi les grandes idées socialistes ? C'est quoi les vôtres ? Une dernière grande idée socialiste pour moi, je vais vous dire, moi j'étais plutôt, et je suis toujours, plutôt à l'aile gauche du parti, c'est Benoît Raymond et le revenu universel en 2017. On aime ou on n'aime pas, on est d'accord ou on n'est pas d'accord, mais je pense que tout le monde sera d'accord pour dire que c'était une idée qui avait, on va dire, percé le voile médiatico-politique, parce qu'elle était dans le débat. Depuis, quelle idée socialiste a percé le voile ?
Et j'attaque personne en disant ça. Est-ce qu'il y en a une qui a fait ça depuis ? Non. Avant, il y a eu la CMU, le revenu universel, je viens de le citer, il y avait la peine de mort, il y a eu le mariage pour tous peut-être, il y a eu la COP21 si on veut, évidemment, les grandes réformes, les congés payés, etc. Voilà. Et donc, vous voyez ce qui manque ? Alors, c'est quelle idée vous que vous voulez porter ? C'est quoi votre marqueur politique,
Nicolas Maillard-Vosignol ?
Moi, je pense que le sujet qui est clé aujourd'hui, c'est qu'on a une société qui n'est pas soutenable. Elle n'est pas soutenable sur le plan social, elle n'est pas soutenable sur le plan écologique. Et c'est pour ça que je pense qu'on aura toujours des socialistes. Alors, ça ne sera peut-être pas le parti socialiste comme aujourd'hui, mais si vous voulez, il y a tellement et de plus en plus d'injustices nationales, internationales, européennes, locales, que tant qu'il y aura ces injustices-là, vous aurez toujours des gens, alors peu importe la boîte, si vous voulez. Oui, Mélenchon, c'est un socialiste.
Il l'a été très longtemps, oui, il l'a même été plus longtemps, si je ne dis pas de bêtises, que dans LFI au jour.
Le tchat pose la question avec insistance, c'est quoi l'idée phare de Nicolas Maillère-Ossignol ? Benoît Hamon avait
le revenu universel. Oui, c'est vrai. Je ne pense pas qu'il n'y ait qu'une seule idée. Par contre, je pense qu'il y a une question de justice sociale-écologique. Moi, je ne suis pas là pour vous donner l'idée miracle, je ne pense pas qu'il y en ait. Mais par contre, je pense que l'idée d'arriver à concilier, comment on arrive à faire ? Il y a ça dans la NUPES.
Pardon ?
Il y a ça dans la NUPES, parce que moi, j'ai l'impression que votre marqueur, le marqueur que je retiens de l'extérieur à regarder, je me dis,
alors marqueur,
c'est surtout l'anti-mélenchonisme. Non, pas du tout. Vous savez, moi, j'ai voté non en 2005 au traité constitutionnel comme Jean-Luc Mélenchon. Non, pas du tout. Non, ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas une question de personne, même si je ne suis pas d'accord avec un certain nombre de points. Là où je ne suis fondamentalement pas d'accord avec LFI, c'est soit sur des thèmes spécifiques sur l'Europe, par exemple. Je pense que là, il y a des trucs où on est vraiment divergent. Et aussi, peut-être, oui, sur la façon de faire de la politique. C'est ce que je disais tout à l'heure. Mais c'est difficile d'incarner un idéal et de montrer le chemin pour y arriver.
Vous voyez, par exemple, sur les retraites, on voit bien, je suis allé au gymnase, j'appuie avec toute la NUPES. Vous étiez au premier rang. Dans l'opposition. Oui, j'aurais pu être au dernier. Pas très loin d'Olivier Ford. Non, non, mais je... Mais toute l'opposition ensemble, oui, parce qu'il faut s'opposer ensemble. Mais, mais, si vous voulez incarner un espoir, il faut montrer un chemin alternatif. Et vous voyez, on prend l'exemple là, fin du mois, fin du monde. Ben, sur les retraites, il y a un gros sujet sur la pénibilité. Des pénibilités invisibles. Les femmes, par exemple, beaucoup, statistiquement, sont dans des métiers du soin, de l'éducation, des choses comme ça.
Moi, à l'hôpital de Rouen, c'est les troisièmes urgences de France. Il y a une personne toutes les trois minutes. Toute la pénibilité de devoir assister des personnes dans les couloirs alors qu'il y a trop de monde, porter des corps, être en assistance psychologique à des personnes âgées, etc. Cette pénibilité-là, vous la trouvez nulle part. Rien du tout sur votre retraite. Vous voyez ? Bon, ben là, il y a un espoir à faire. Donc, en fait, comment vous dire ? C'est la sécurité sociale et écologique qui manque. Et ça, ça peut être un bel horizon. Claire ?
Certains vous répondront là-dessus que cette dimension de proposition et tout ce que vous avez souligné, notamment sur la pénibilité, c'est des choses qui sont aussi portées par d'autres parties au sein de la NUPES et où le dialogue est possible justement dans ce cadre-là. Ce sur quoi je voulais vous poser une question, c'est là, on a parlé en premier de toutes ces tensions qu'il y avait lors des scrutins, puis, en fait, de l'avenir de votre parti, l'EPS. Et moi, j'ai tendance à penser que si des militants et des militantes investissent autant de temps, etc., sur l'organisation d'un scrutin, c'est que vous croyez tous collectivement en quelque chose.
Néanmoins, quand un scrutin se passe mal, c'est peut-être le marqueur qu'il y a des divergences de fonds qui sont importantes. Oui, c'est vrai. Et donc, moi, ma question, c'est aussi, dans une configuration où la collégialité serait acceptée, est-ce que c'est gouvernable, en fait ? Est-ce que vous allez pouvoir tous aller dans la même direction quand il y a des lignes stratégiques et même des lignes de fonds qui sont vraisemblablement assez importantes pour générer ce degré de tension-là dans vos rangs ?
Donc, en fait, à quel moment la forme et le fonds ne se rejoignent pas et créent une situation où peut-être il y a des questions vraiment assez structurelles et fondamentales à se poser sur c'est quoi votre avenir ?
Oui, non, mais je...
Votre avenir en comment, je dirais.
Je partage... Je partage les doutes que vous exprimez parce qu'évidemment, personne... Moi, je ne suis pas là pour vous dire que c'est sûr que ça va fonctionner. Ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement, il y a des différences. Il y a quand même des convergences. Il ne faut pas non plus exagérer. Par exemple, sur le rassemblement de la gauche, on est tous d'accord pour le rassemblement de la gauche. Simplement, on n'est pas...
C'est la forme.
Non, ce n'est pas que la forme. C'est la question de... Je ne sais pas... Du centre de gravité, du baril centre, du point d'équilibre de ce rassemblement. Aujourd'hui, c'est ce que j'ai essayé d'exprimer tout à l'heure, il est dominé, mais ce n'est pas un mauvais mot, il est dominé par un autre parti politique qui s'appelle LFI au niveau national. Et nous, notre conviction, c'est que si on reste dans cet attelage comme ça, non pas qu'il faille mettre fin au rassemblement lui-même, mais si on reste dans ce rassemblement avec ce centre de gravité-là, le risque, c'est qu'à la fin, on ne convainque pas une majorité de Français. Parce que là, on est à 30 et pas à 50.
Donc là où vous avez raison, je crois, c'est qu'effectivement, il y a des différences, je ne dirais pas des divergences, mais des différences sur la façon de remettre le socialisme au cœur de cette gauche. Est-ce que le PS est au cœur de la gauche aujourd'hui ? Franchement, non.
Il est plutôt marginalisé. Il y a quelqu'un qui fait remarquer dans le chat LFI 22%, PS 1,7%. La domination de LFI, oui. Oui, c'est ce que j'ai dit sur les élections nationales. Ah oui, sur les élections nationales. Pour vous, ça a figé les rapports de force et ce n'est pas représentatif de la place que devrait avoir chacun en fait.
Ce que j'essaye de dire, c'est que ça correspond à un moment, c'est le moment de 2022. Mais est-ce que c'est la meilleure stratégie pour demain ? D'abord, je rappelle quand même qu'on a perdu. La gauche n'a pas gagné. Monsieur Mélenchon n'est pas Premier ministre. On peut dire qu'on a fait mieux que si c'était pire. Peut-être. Je ne vais pas rentrer dans le débat. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas une majorité de gauche à l'Assemblée et qu'il n'y a pas un Premier ministre de gauche à Matiné. Donc la question, c'est est-ce que cet attelage-là de hier, qui a été perdant, il peut être favorable, positif, gagnant, demain ?
Nous, notre conviction, c'est que pas tout seul, de toute façon, le PS n'a jamais été tout seul. On a besoin de plus de crédibilité et de plus de socialisme au cœur de l'État.
C'est plus de circonscription au PS ? C'est ça que vous dites ? Non. Renégocier la NUPES,
comme vous l'avez dit, ça veut dire quoi ? Ça veut dire rediscuter du fond ? Non, ce n'est pas renégocier un accord électoral, justement. C'est avoir un projet. Ben oui, bien sûr. C'est quoi le projet socialiste aujourd'hui ? Je vous repose la question, est-ce qu'il y a des idées socialistes fortes aujourd'hui ? Moi, j'ai essayé de vous donner un exemple tout à l'heure sur l'éco-socialisme. Sur la sécurité sociale. Sur la sécurité sociale écologique. Je vais vous donner des exemples concrets. Par exemple, au niveau européen social-écologique qui les remettraient au même niveau que les produits qu'on produit ici.
En même temps, Nicolas Maguero-Signol, quand je vous demande quelle est-vous, votre réforme structurante, vous avez du mal à être... Je viens de vous en donner une. Oui, mais ça, par exemple, ça ne fait pas lever les gens, ça ne fait pas rêver les gens. Non. Qu'est-ce que... Voilà. Vous voudriez, en fait, qu'à nouveau, le PS retrouve la tête de l'attelage de gauche comme avant, mais en effet, vous avez du mal à incarner. Vous dites, oh, l'utopie, bon, mais les gens, ils ont peut-être besoin d'une grosse diffurcation et ça explique aussi le succès de Mélenchon. Tout à fait,
mais sauf que le succès, on peut le voir de deux façons. On peut le voir comme 22 contre 1,7. On peut aussi le voir comme ça fait trois fois que je suis candidat à l'élection présidentielle et ça fait trois fois que je perds. C'est une autre façon de voir les choses, vous voyez. Donc, je pense qu'il faut faire un peu gaffe à ça. Moi, mon utopie, ce serait que ce qui est vraiment utile à notre société soit vraiment valorisé dans notre société. Voilà mon utopie.
C'est que les gens qui bossent à l'hôpital et qui ne veulent plus bosser à l'hôpital public parce que c'est l'exemple que je vous donnais tout à l'heure, parce que c'est trop dur, parce que c'est mal payé, parce que ce n'est pas valorisé dans notre société, on les voit autant à la télévision que d'autres. Donc, il y a un marqueur du PS, ça a pu être la retraite à 60 ans.
Ça, vous êtes d'accord ? Ça, ça mobilise les gens, ça, la retraite à 60 ans. Vous voyez,
c'est pas 60 ans à l'époque.
Ah, à l'époque.
Oui, à l'époque. C'était il y a 40 ans et que l'espérance de vie, elle a augmenté de 10 ans. C'est peut-être ça
que les électeurs de gauche n'ont plus envie d'entendre, c'est-à-dire ces discours-là
gestionnaires, de plus qu'il faut travailler plus longtemps, etc. Mais non, pas du tout. C'est pas du tout, je comprends ce que vous dites, mais c'est pas du tout un discours gestionnaire. Qu'est-ce qui est le plus juste ? Donc, pas de retraite à 60 ans. C'est 60 ans, 40 annuités. Il faut vraiment, parce que le débat, il est en fait sur les annuités. C'est 60 ans, 40 annuités. Qu'est-ce qui est le plus juste et qu'est-ce qui est le plus de gauche ?
De dire, on va mettre tout le monde au même niveau, 60, 40 annuités, quand vous savez très bien que tout le monde n'est pas dans le même état physique et mental à 60 ans selon votre carrière, selon que vous avez bossé sur les chantiers dans l'industrie à Rouen ou dans des bureaux à Paris et que vous avez bien gagné de votre vie, tant mieux pour vous. Que vous avez eu des problèmes de santé mentale parce que vous avez dû vous taper les problématiques par exemple à l'hôpital ou que vous avez travaillé dans des bonnes conditions. Tout le monde sait très bien qu'on n'arrive pas au même niveau à 60 ans.
Donc est-ce que c'est vraiment juste de faire la même chose pour tout le monde ou est-ce que ce n'est pas plus juste de se dire en fonction... Il y a des critères de pénibilité ? Oui, ils ont été supprimés par Macron. Qui a introduit les critères de pénibilité ? Madame Touraine en 2014. Dans la réforme Touraine, pour la première fois, vous avez des critères de pénibilité qui sont intégrés. Il y en a 10 supprimés par Macron. Premier mandat de Macron, vous en avez 4 qui sont enlevés. Par exemple, l'exposition aux agents chimiques dangereux. Vous connaissez l'ubrisole ? Oui, l'ubrisole. Moi, j'ai une usine qui a brûlé chez moi. J'étais juste avant d'être... Oui, il n'y a pas longtemps.
Il y a des badméistes, des Bolloré. Et là, récemment, Bolloré, je dis... Mais ce n'est pas la même chose. C'est du lithium. La dernière fois, c'était des hydrocarbures. Bon, le taux de cancer, pour les gars, c'est plutôt des hommes qui bossent dans ces usines-là, il est connu. Il est plus important que des gens qui, comme moi par exemple, bossent plutôt dans des bureaux. Bon, pourquoi est-ce que ça, ce n'est pas pris en compte ? Les expositions aux agents chimiques dangereux, ça fait partie des critères, les quatre, qui ont été enlevés par le gouvernement Macron dans le premier mandat. Donc, ce que j'essaye de vous dire là, c'est un, c'est bien de s'opposer, mais il faut proposer aussi.
Et deux, une réforme vraiment de gauche, vraiment juste. Est-ce que c'est tout le monde pareil au même niveau de 60 ans alors qu'on sait très bien qu'on n'a pas les mêmes carrières ? Ou est-ce que c'est permettre de partir plus tôt que 60 ans pour des gens qui ont des métiers vraiment pénibles et peut-être plus tard pour d'autres ?
On va avancer. Dernière question pour vous, Nicolas Maillère-Rossignol. On voit ce qui s'est passé donc au Parti Socialiste que vous déplorez vous aussi dans cette démocratie interne qui a du mal à se mettre en place. Quel conseil vous pourriez donner aux insoumis qui réfléchissent à la démocratie au sein de leur parti ? La mettre en place ? Mais avec ses défauts, parce que ce que vous décrivez,
ce qui se passe au PS... Non, mais c'est la phrase de Churchill. La démocratie, c'est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. D'accord. C'est vrai que les votes, il se passe bien quand il n'y en a pas. Franchement, moi, je préférerais toujours, et même si ça peut vous paraître bizarre, mais je vais le dire quand même, je préférerais toujours qu'on ait, même dans cette situation aujourd'hui qui est catastrophique, je suis bien d'accord, mais qu'on permette à nos militants de participer à un exercice démocratique plutôt que de dire c'est comme ça, c'est pas autrement.
Mais d'ailleurs, les militants, ils en ont marre. Vous leur répondez quoi à ceux qui disent ça suffit, vos guerres de chefs ? Nous, ce qu'on veut, c'est que vous avanciez sur les vrais dossiers, il faut se positionner sur les retraites, il faut qu'on s'organise. Ils en ont marre un peu.
Ben oui, je les comprends, mais d'une part, un, quand il y a des fraudes, je suis désolé, mais moi je ne vais pas me taire, et deux, il y a un moment politique et c'est pour ça qu'il faut profiter, c'est le mot que j'ai employé tout à l'heure, de Marseille, s'appuyer dessus pour sortir par le haut avec une direction collégiale parce que c'est une façon de répondre à cette exigence de rassemblement. L'autre option, ça serait de refaire du vote, mais là on revient sur le débat de tout à l'heure, on risque d'avoir les mêmes causes produisant les mêmes effets s'il n'y a pas des garanties supplémentaires.
Vous serez à Marseille demain, Nicolas Maillard-Rossignol, je vous recommande un pastis sur le Vieux-Port, il paraît que ça réchauffe les cœurs. Merci Nicolas Maillard-Rossignol d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxi. Mesdames et messieurs, on va marquer une pause, le temps d'accueillir notre invitée suivante et on se retrouve en plateau après la pause. Il s'agira de Laurence Rossignol, une autre, mais aucun lien de parenté. Aucun lien de parenté. Mais elle est super. Laurence Rossignol, sénatrice socialiste avec qui nous allons discuter du dernier rapport du Haut Conseil à l'égalité sur l'égalité femmes-hommes. Un rapport surprenant à bien des égards. A tout à l'heure.
Bonsoir le chat. De retour sur le plateau de Baxi. Très heureux de vous retrouver pour cette émission politique exceptionnelle. On continue ce soir avec, comme chaque jeudi, une invitée, une personnalité politique de premier plan qui vient répondre à nos questions. Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir une sénatrice. Elle est socialiste. Elle a été ministre, entre autres, de l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle est membre de la délégation aux droits des femmes du Sénat. Je vous demande d'accueillir Laurence Rossignol. Bonsoir, Laurence Rossignol. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxi.
Merci de m'avoir invitée.
Je suis très heureux.
C'est une soirée très socialiste, si je comprends bien. Ce soir, c'est un peu... C'est pas comme ça tous les jeudis.
C'est pas comme ça tous les jeudis, puisque vous le réclamez, on recevra aussi le gouvernement. Et puis on en profite. Il y a encore un PS, là, on l'invite. Ah bah, oui, oui, bien sûr. Laurence Rossignol, je le disais, donc vous avez été ministre. Vous êtes engagée sur les thématiques de l'égalité entre les femmes et les hommes. Vous êtes féministe. On va parler avec vous ce soir d'un rapport qui a été rendu il y a 48 heures, je crois, pas beaucoup plus, rendu par le Haut Conseil à l'égalité. Léa, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est que ce Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes ?
Mais volontiers. Donc effectivement, sous son petit nom de HCE, il s'agit d'un organe qui est rattaché à Matignon, qui a été créé par les socialistes en 2013 et dont les missions ont été tendues en 2016, si je ne m'abuse, et qui a pour mission effectivement de faire des rapports, de faire des études et de faire des préconisations, ça c'est la partie la plus importante, au gouvernement pour faire en sorte que l'égalité femmes soit une réalité dans le pays.
Et donc, un rapport, le cinquième, je crois, a été rendu hier, présenté au président de la République, Emmanuel Macron, un état des lieux du sexisme en France, fermé les guillemets, qui donnent des résultats surprenants. Laurence Rossignol, je me tourne vers vous. Surprenant, on va en parler, mais cinq ans après le mouvement MeToo, comment ont évolué les choses vis-à-vis de la considération des femmes dans la société ?
Elles évoluent de manière différenciée, je dirais. Et il y a incontestablement une compréhension nouvelle de ce que sont les violences sexuelles faites aux femmes. Je pense qu'avant MeToo, un certain nombre de gens ne s'étaient jamais interrogés sur qu'est-ce que les violences sexuelles. Le principal avantage, d'ailleurs, c'est ce que les femmes ont pu comprendre grâce à MeToo.
C'est-à-dire que l'élément le plus positif, dirais-je, de MeToo, c'est qu'on a visibilisé les violences sexuelles, on en a parlé, et des femmes qui avaient vécu des situations dans leur vie, des situations d'humiliation, de malaise, d'agression sexuelle, de contrainte ou de sexisme banal, pensaient le plus souvent que si elles avaient vécu ça, c'était de leur faute. C'est-à-dire que c'était elles qui n'avaient pas su bien se comporter dans une situation qui avait été ambiguë, qui avaient pu laisser entendre à un homme que peut-être, s'il essayait, il avait ses chances, et qui se sont retrouvées, en sortant de ces situations, terriblement culpabilisées.
En général, le plus souvent, elles ont gardé ça pour elles, et elles pensaient vraiment qu'elles étaient la cause de cet événement. Et MeToo a changé ça. MeToo a permis de montrer qu'en fait, c'était une affaire systémique, comme on dit dans le vocabulaire féministe, enfin dans le vocabulaire des sociologues. C'est-à-dire que ce que ces femmes ont vécu, elles ne l'ont pas vécu parce que c'était elles-mêmes qui s'étaient mises dans la situation, qui s'étaient exposées, elles l'ont vécu tout simplement parce qu'elles étaient des femmes et que toutes les autres femmes ont vécu des situations similaires.
Et ça, c'est essentiel pour permettre aux femmes d'abord d'affronter ces situations et puis ensuite de sortir de la situation et de ne pas intérioriser et culpabiliser sur ce qu'elles ont vécu.
On parle de 93% des personnes interrogées qui considèrent que les femmes ne sont pas traitées à égalité avec les hommes. Il y a un progrès dans la prise de conscience ?
Incontestablement parce que pour les hommes aussi, MeToo a été pour un certain nombre d'entre eux une découverte. Moi, je fais la distinction entre le patriarcat, ce qu'on appelle aussi la culture du viol, c'est-à-dire cette tolérance qu'il y a à l'égard des comportements d'agression sexuelle, d'humiliation sexuelle, cette banalisation de ces comportements et puis les hommes en tant que somme d'individus 1 plus 1 plus 1. Et il y a effectivement des hommes qui dans leur vie ne se sont jamais comportés en prédateurs sexuels et qui ne savent même pas ce que c'est que d'être une femme. Être une femme, c'est par exemple toujours calculer où est la sortie de secours.
Voilà, vous êtes convoqué dans le bureau du patron le soir à 20h, 20h15. Pourquoi maintenant à 20h15 ? Ah bah, il est très près. La secrétaire vous dit qu'il vienne à cette heure-là parce que vous croyez, elle a beaucoup de rendez-vous. 20h15, la première chose qu'on fait quand on rentre dans le bureau du patron, c'est qu'on regarde où est l'issue de secours parce qu'on est en danger. Les hommes ne connaissent pas ça. Le fait de, dans un parking, quand on est une femme, on n'a pas le même comportement que les hommes. Et je dis le parking, l'agression sexuelle ne se passe pas dans les parkings par des inconnus, mais se passe dans le cercle familial ou amical.
C'est là que les femmes vivent le plus de dangers, comme les enfants d'ailleurs, qui sont bien plus exposées aux violences sexuelles et dans leur famille que dans la rue.
Il y a quand même un chiffre qui retient l'attention dans ce rapport du HCE qui dit que 22% des jeunes hommes de 25 à 34 ans ne voient pas le problème quand un homme gifle sa conjointe ou encore un tiers de ces jeunes qui ne voient pas non plus le problème quand une femme fait à manger tous les jours pour le foyer. Ça retient quand même l'attention. L'idée selon laquelle les jeunes sont tous woke, ouverts aux inégalités, etc., ce genre de chiffre,
ça frappe. Ah bah oui, ces deux chiffres, alors ils ne sont pas tout à fait à mettre sur le même niveau parce que ce n'est pas tout à fait la même chose, mais effectivement, le chiffre sur la gifle est incroyable chez des jeunes gens. en effet, il y en a d'autres aussi, mais il s'accord au bord d'autres enquêtes qui avaient été faites qui donnaient des pourcentages très similaires sur est-ce que les femmes aiment être forcées, est-ce qu'on peut forcer une femme dans une relation sexuelle, je crois qu'on le retrouve aussi dans l'enquête du HCE. Il faut s'interroger sur qu'est-ce qui amène des jeunes gens à penser ça.
Surtout que souvent, en fait, la gifle, elle est liée à des situations sexualisées. La gifle, ça peut être pour la femme qui a trop regardé un homme, ça peut être pour la femme dont on soupçonne de l'adultère, et puis ça peut être aussi un élément de domination dans la sexualité. Alors quant à ceux qui pensent que, c'est normal que, le tiers qui pense que c'est normal que les femmes cuisinent chaque jour, je pense que déjà ils parlent de la leur, probablement, donc c'est ceux qui se mettent les pieds sous la table.
Ou de leur maman, là on parle de très jeunes. Ou de leur mère.
Ou de leur mère. Et en fait, tout ça nous dit deux choses. Sur les violences, il faut connecter, il se trouve que moi j'ai fait un rapport avec des collègues sénatrices sur l'industrie pornographique qu'on a rendue il y a quelques temps.
On en parlera, oui.
Et il faut connecter les représentations qui sont véhiculées sur la sexualité auprès des jeunes gens par une consommation précoce et parfois intense de porno. et qui sont, on l'a identifié très clairement, des situations dans lesquelles la violence est présente, l'humiliation, la domination. Et on voit, parce qu'on a interrogé, quand on a fait le rapport, on a interrogé des psychologues, il y a des psys maintenant qui sont spécialistes en addiction et qui sont spécialisés dans l'addiction au porno. Voilà, pour vous dire quand même où on en est.
on a discuté avec eux et les sociologues aussi et on voit des jeunes gens qui pensent que le standard de la relation sexuelle dans le porno est ce qu'il faut essayer de reproduire et pour l'homme et pour la femme. Ça, c'est la première remarque. La deuxième remarque sur les comportements sexistes qu'analyse le rapport, c'est qu'en fait, on voit qu'on commence à parler tous de sexisme mais ça vaudrait le coup qu'on discute un jour de ce que c'est quand même.
C'est-à-dire, il y a une mauvaise représentation de ce que c'est pour beaucoup ?
Je pense que c'est pas clair. C'est pas clair pour tout le monde ce qu'est le sexisme. C'est un peu comme je disais tout à l'heure, le viol, c'est pas dans le parking, le viol, c'est pas simplement le gars qui attache la fille au radiateur. Le viol, c'est toutes les situations dans lesquelles on va contraindre une femme qui n'a pas envie à avoir une relation sexuelle. Ça passe pas forcément par des violences physiques mais par des violences psychologiques. Et en fait, j'ai le même sentiment sur le sexisme. Quand c'est une grosse insulte à l'égard d'une femme bien sexiste, on l'identifie.
Mais le sexisme du quotidien, le sexisme banal, celui qu'on entend toute la journée, celui qui consiste à dire, à parler systématiquement de leur tenue vestimentaire aux femmes, à toujours les regarder en ayant en tête que ce sont des femmes et donc potentiellement des proies. Le sexisme qui consiste à ne pas écouter quand elles parlent. Moi, je connais le sexisme en politique par exemple. Sexisme en politique, bien sûr, il y a les violences sexuelles qu'on connaît. Vous m'interrompez comme vous voulez parce que moi, je suis... C'est la troisième fois
que je vous interviewer. C'est toujours aussi intéressant de vous écouter. On va quand même continuer sur ce sujet précisément de ces jeunes. La question de les jeunes ne sont pas tous, contrairement à ce qu'on pourrait penser ou l'image qu'on pourrait s'en faire un peu vite, des grands défenseurs des droits des femmes musulnes. Toi, tu l'analyses comment ? Moi, j'ai entendu aussi le fait que 20% de gens, par exemple, sur cette histoire de gifle, il aurait fallu poser la question peut-être il y a 50 ans. On aurait déjà mesuré une évolution et on peut se dire que finalement, même il y a 10 ans, les chiffres auraient été beaucoup plus affolants et qu'il ne faut pas non plus...
Les choses changent tout de même. Mais là, on a parlé un petit peu de représentation. Ils sont jeunes. On a parlé un petit peu de... Oui, mais ils sont jeunes, mais il y a... Bon, attendez, je reprends. On a parlé de représentation, mais là, on peut aussi... Ça revient à dire qu'il faut changer les gens, les représentations, la culture, etc. On est d'accord. Mais maintenant, en termes de politique publique, il y a eu un grenelle des violences faites aux femmes il y a quand même quelques temps, grande cause du quinquennat, etc.
Ce qu'on a constaté à la suite de ce grenelle, notamment lors de la passation de pouvoir entre Elisabeth Moreno et Marlène Schiappa, que les mesures les plus répressives avaient été les premières à être adoptées assez vite. Par contre, tout ce qui demandait du pognon, comment on héberge les femmes, comment on leur permet de sortir de ces situations dans lesquelles elles sont piégées, qui sont aussi des situations économiques. Là, ça coince tout le temps. Ça coince encore et il y a des dispositifs qui manquent. J'étais avec...
J'en parlais avec une amie qui est assistante sociale et qui me disait si j'ai un jeune, un gamin qui est menacé ou une situation de violence intrafamiliale, je peux lui prendre une chambre d'hôtel pour 10 jours. Pour une femme, je ne peux pas. Je n'ai pas de dispositif, je n'ai rien. Donc, parce que, voilà, ça coûte du pognon, etc. Il y a un grand plan à faire au-delà des représentations, des moyens très concrets, maintenant, aussi, de sortir les femmes de ces situations et c'est lié à des questions. Je vais m'arrêter un moment. Oui, à un moment, il y a une question dans ta question. Oui, à la fin, c'est voilà.
Est-ce qu'on a été assez ambitieux, et y compris sous François Hollande, quand vous étiez déjà plus proche du pouvoir, en termes de création de structures, etc. Est-ce qu'il n'y a pas encore 10 fois plus à faire aujourd'hui ?
Il y a beaucoup plus à faire, incontestablement. Il y a une question qui est centrale, c'est la question du logement des femmes victimes de violences, mais puisqu'on est positifs, je vais dire quand même ce que je vois évoluer aujourd'hui. Par exemple, moi je suis sénatrice, donc je suis en contact avec les maires. Aujourd'hui, dans des communautés de communes, il y a des gens qui cherchent des logements d'urgence pour extraire une femme de domicile où elle est victime de violences. Et donc, c'est une politique publique prise en charge par la communauté de communes.
à la réunion de l'Assemblée des maires de France, de la fameuse AMF, je suis interviewée dans un atelier qui était consacré à que peuvent faire les collectivités locales et les communes pour prévenir et accompagner les femmes victimes de violences. On voit qu'il y a une préoccupation qui est descendue, qui s'est propagée et qui est en train de s'installer. Mais est-ce que c'est
aux collectivités de faire l'effort ? Est-ce que c'est pas aussi à des budgets nationaux ?
Non, mais les collectivités, quand elles se mettent à dire, voilà, est-ce que j'ai pas le logement, l'ancien logement de l'instituteur qui maintenant est vide parce que l'école est devenue, il n'y a plus qu'une classe et j'ai plus d'institut qui habite ici, qu'est-ce que je peux faire de ce logement ? Au lieu peut-être d'y mettre les archives de la mairie, je ferais peut-être mieux de l'aménager pour recevoir une femme victime de violences avec ses enfants. Si, des collectivités peuvent faire ce genre de choses. Mais on a deux sujets, c'est qu'on n'a pas assez d'hébergement, il y a toujours un débat sur qui doit partir, est-ce que c'est la femme, est-ce que c'est le mari ?
C'est compliqué parce que dans des situations dans lesquelles les hommes sont tellement dangereux que les femmes ne veulent pas rester chez elles parce qu'elles se sentent totalement en danger s'ils restent chez elles parce qu'ils vont les retrouver, d'autres dans lesquelles il est normal que ce soit quand même le coupable qui s'en aille et pas la victime qui soit obligée de déménager.
Dans l'hébergement, on a un gros sujet sur les associations, c'est qu'il y a des lits, on a des pouvoirs publics ancrés, pas suffisamment, mais surtout ce qu'il faut avec les lits, c'est du personnel, des éducateurs, des accompagnateurs, il y a du travail social à faire à côté et là les budgets ils ont ratiboisé les ressources humaines qui sont indispensables. Or pour sortir une femme et ses enfants du trauma de la violence pour leur permettre de reprendre pied, il y a besoin aussi de l'aider à retrouver du boulot si elle n'en a pas, s'occuper de ses enfants, il y a plein de choses à faire comme ça et ça on manque vraiment de personnes humaines.
Et puis en fait il faut avoir un truc en tête et moi je le dis d'autant plus à l'aise que j'ai été ministre non pas de l'égalité mais des droits des femmes si on a deux minutes je dirais que c'est pas pareil.
Autant pour moi.
Non mais c'est pas... Pour moi c'est important et j'ai été ministre alors c'était avant MeToo j'ai pas bénéficié de la vague qu'a poussé MeToo qui a mis toutes les restants politiques devant elle et j'ai quand même une chose que j'ai observée c'est que l'État a délégué aux associations la prise en charge des violences faites aux femmes. Sans moyens. Avec insuffisamment de moyens incontestablement. Je dirais pas sans moyens c'est pas tout à fait vrai mais avec pas assez de moyens c'est sûr. Il y a un peu de moyens quand même heureusement. Mais sans assez de moyens incontestablement.
Et surtout c'est quand même un domaine particulier parce que dans tous les autres domaines vous avez les services extérieurs de l'État les services déconcentrés qui sont dans les préfectures et là il y a une déléguée aux droits des femmes par préfecture. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de services il n'y a pas de fonctionnaires qui sont au travail. Tout est sous-traité aux associations. Et là on a quelque chose qui ne va pas même si les associations ont maintenant acquis une compétence et un savoir-faire et une expertise qui est précieuse très précieuse.
Léa il n'y avait pas un président de la République qui avait fait la grande cause de son quinquennat ? Je ne sais plus qui c'est. Ça me rappelle ça ringable. Quel bilan est-ce qu'on peut faire de cet engagement très important d'Emmanuel Macron dès 2017 qu'il a décidé de répéter pour son deuxième quinquennat de la priorité la grande cause du quinquennat ?
Déjà c'est à nouveau la grande cause de ce deuxième quinquennat donc on est sur un constat d'échec.
Je coupe juste la parole parce qu'on vient de dépasser les 100 000 euros pour le financement participatif. Merci à tous. Au moment où tu parlais de constat d'échec c'est un plaisir incroyable. Merci pour vos dons. Si chaque personne qui regarde cette émission Backseat y compris sur Youtube donne 5 euros on a de quoi financer l'émission jusqu'à la fin de la saison.
Et pour les invités c'est combien ?
Vous pouvez faire le don que vous voulez Madame la Sénatrice. Léa je te redonne la parole excuse-moi.
Non non je t'en prie tu m'as interrompu pour une très très bonne raison donc bravo et merci on est content d'être là. Alors je disais donc c'est quand même un aveu d'échec de considérer qu'il faut renouveler cette grande cause à nouveau dans ce nouveau quinquennat. ce que l'on peut constater et là je me place du côté des assos féministes et des féministes qui oeuvrent dans ce domaine c'est qu'il manque fondamentalement une vision structurelle et globale transversale des violences du sexisme de l'égalité des droits des femmes c'est-à-dire qu'on va faire des petites mesures par-ci par-là sans réfléchir avec une véritable stratégie en fait. Ça manque de stratégie.
La question de l'égalité et la question des droits des femmes de manière générale manque de stratégie dans ce pays c'est-à-dire qu'on va se dire on va ouvrir quelques places d'hébergement supplémentaires on va filer 10 000 balles par-ci on va filer 10 000 balles par-là on va filer un peu de pognon à droite à gauche on va faire quelques mesures par-ci par-là des mesures qui par ailleurs en médecin de communication fonctionnent très très bien le harcèlement de rue pénaliser criminaliser pardon le harcèlement de rue et compagnie très bien que ça devienne un délit ça devienne un délit c'est pas cher effectivement résultat le harcèlement de rue vraisemblablement n'a pas reculé puis c'est confié au policier en plus bref ça m'est déjà arrivé de me faire harceler par un policier devant l'Assemblée nationale c'était charmant bon bref donc en plus la mesure était déjà passée fabuleux comme quoi c'est très efficace petite parenthèse donc ça manque fondamentalement on manque de vision structurelle on manque du coup de fait de pognon parce que c'est c'est le corollaire on voit quand même que le ministère nous on a l'habitude dans les milieux féministes de dire grande cause plus petit budget le ministère pardon le budget du ministère aux droits des femmes aujourd'hui est l'un des plus petits budgets de l'État je crois que même les anciens combattants sont un peu plus hauts donc bon je n'en ai rien contre les anciens combattants et je salue les anciens combattants ce soir mais quand même c'est dire pour une grande cause c'est quand même un peu ça bloque un peu
Laurence Rossinol vous êtes d'accord avec ce bilan acerbe de cette grande cause du quinquennat d'Emmanuel Macron
oui je suis plutôt d'accord enfin je pense que cette grande cause du quinquennat s'est échoué en fait sur des choses très symboliques et très significatives lorsque Emmanuel Macron était confronté aux infractions sexuelles dont étaient soupçonnées ses propres ministres et qu'il a fait le choix de les protéger et de remettre en cause tout le mantra parce que qu'est-ce qu'on disait à l'époque c'était après MeToo il faut croire les femmes il faut libérer la parole des femmes et quand il y a eu une affaire d'un ministre qui était ministre de l'écologie qui a été mise en cause dans une affaire de viol qu'est-ce qu'a répondu le président de la République il a toute ma confiance qui était une façon de dire en fait je ne crois pas la femme qui a parlé et à partir de là les choses sont parties en vrille si je le pardonne et moi et la crédibilité était terminée c'est-à-dire que c'est pas une vraie conviction
ancrée chez Emmanuel Macron
exactement c'est pas une vraie conviction sa crédibilité pour porter la lutte contre le sexisme et les violences sexuelles s'est échouée sur ses propres intérêts politiques et le reste a suivi alors je ne dis pas qu'il ne s'est rien passé dans ce quinquennat il y a eu des choses qui ont été faites il y a des choses qui sont en cours mais globalement je suis assez d'accord avec ce que vous venez de dire au dernier instant c'est que on manque d'une vision structurelle en fait notre société manque d'une compréhension collective de ce qu'est le sexisme de ses formes de ses racines de ses représentations de la manière dont il se développe de la manière dont il infiltre absolument tous les cerveaux toutes les institutions toutes les toutes les organisations humaines dans lesquelles nous évoluons et sans cela on ne peut pas réellement être utile puisqu'on était sur les violences je vais rester sur un exemple qui est intéressant c'est celui de la justice c'est une institution qui a été forgée formée sur la base sur une base patriarcale et en particulier qui n'a pas été qui n'a pas été créée pour lutter contre les violences sexuelles au contraire et progressivement mais la culture majoritaire chez les magistrats vous voulez dire la culture majoritaire de l'institution judiciaire n'est pas de croire les femmes elle est de toujours rechercher pourquoi cette femme dit cela et qu'est-ce qu'elle peut bien avoir comme arrière-pensée et comme but caché quand elle vient dénoncer les violences qui sont commises par son mari ça aboutit à quoi ça aboutit par exemple que dans les séparations dans les jugements de divorce en particulier quand une femme manifeste qu'elle a peur de l'homme dont elle divorce ça n'empêche pas le magistrat de dire bah oui mais quand même il faut qu'il voit ses enfants tous les week-ends et vous allez lui remettre les enfants tous les week-ends parce qu'il ne croit pas cette femme les femmes sont considérées dans la littérature dans l'histoire comme étant des menteuses et des manipulatrices c'est la représentation qui circule sur les femmes mais dans le monde judiciaire les femmes sont considérées aussi a priori comme des menteuses et des manipulatrices il y a une présomption de mensonge qui pèse sur leurs paroles
quand on préparait cette émission Claire tu me disais que selon toi l'un des parents pauvres des politiques de lutte contre le sexisme c'est l'école l'éducation ce qui peut peut-être expliquer aussi ces mauvais résultats du rapport HCE
ouais mais même en lisant le rapport HCE en fait ça m'a frappée dans l'introduction il y a une liste des grandes victoires etc il y a notamment on a une femme première ministre alors je suis d'accord que en termes symboliques c'est intéressant néanmoins on a aussi une dégradation de l'état des services publics et notamment des services publics éducatifs du service public de la justice la main gauche de l'état voilà et en fait il y a aussi dans ce rapport l'idée que en fait les citoyennes et citoyens font de moins en moins confiance à l'état pour prendre en charge ces questions-là et notamment à l'éducation nationale donc selon vous vous voyez quel rôle pour l'éducation nationale est-ce que c'est juste ajouter un module ou je ne sais pas trop quoi dans une situation où les instituteurs et institutrices n'ont même pas le temps ou les moyens de faire correctement leur boulot et comment comment on fait sans renouvellement cette reconstruction des services publics et de la confiance qu'on a dans les institutions
oui vous avez raison sur l'éducation nationale il y a plusieurs sujets le premier évidemment c'est celui de la formation des élèves collégiens lycéens mais dès le primaire voire même dès la maternelle probablement à ce qu'on appelle éducation à la vie affective et sexuelle alors peut-être qu'on enlèvera sexuelle pour la maternelle pour ne pas faire peur aux parents et on appellera cette éducation à la vie affective et relation à l'autre et relation à l'autre qui consiste à apprendre ce qu'est le consentement à un enfant comment on s'adresse comment on se parle entre soi comment on se protège des adultes toxiques voilà et prendre tir aux enfants par exemple qu'aucun adulte ne peut les frapper y compris leurs parents ça fait partie de l'écosystème de la violence familiale par exemple ça c'est le premier sujet donc ces fameuses heures d'éducation la vie affective et sexuelle on en a trois rapports là-dessus il y a moins de 40% des lycéens qui les ont eues elles sont faites par des associations on se pose la question de savoir comment est-ce possible que l'éducation nationale n'assure pas c'est dans la loi c'est donc un non-respect de la loi et moi je réfléchis je ne sais pas d'ailleurs c'est des associations qui font ça aujourd'hui donc c'est des gens formés le planning familial par exemple en fait beaucoup mais d'autres associations investies et elles ne peuvent pas tout couvrir il faut de l'argent là donc il faut dégager des moyens est-ce qu'il faut confier ça à des profs la prof de SVT ou le prof de SVT qui va faire le cours d'éducation affective s'il n'a pas été formé à ça il va faire un cours sur la reproduction des mammifères et puis chacun essaiera de comprendre ce qu'il faut qu'il en fasse voilà il a été formé à ça il ne faut pas lui reprocher non non c'est sûr je veux dire juste une chose ce que je voudrais dire c'est que par ailleurs il n'y a pas que ça comme problème à l'éducation nationale le problème c'est comment ça se fait que les filles qui sont aussi bonnes en maths que les garçons désertent les filières scientifiques après le bac comment ça se fait qu'on ne forme pas davantage de filles à devenir ingénieurs comment ça se fait que des petites filles de 6 ans 8 ans continuent de croire qu'elles sont plus littéraires meilleures en dessin et que les garçons sont meilleures en maths et meilleures en sport alors que rien de tout ça n'est vrai
puis on a vu que la réforme de Blanquer a aggravé
la réforme de Blanquer a aggravé l'éviction des filles des filières de mathématiques et donc la question de l'éducation c'est aussi comment l'éducation nationale assure l'égalité d'accès à l'ensemble des formations aux filles et des garçons et comment c'est qu'il n'y a pas plus de garçons qui à l'issue d'un parcours scolaire veulent faire entre parenthèses des métiers de filles on sait c'est parce qu'ils sont plus mal payés vous allez me dire
j'en profite pour rappeler que demain à 15h je fais une émission sur les femmes dans la tech et ça fait partie des sujets dont on va parler la formation et comment est-ce que les filières de tech peuvent atterrer c'est très bien de faire une émission
là-dessus c'est un énorme sujet
c'est en partenariat avec Orange voilà moment pub je me souviens d'une ministre de l'éducation nationale qui avait mis en place un programme pour lutter contre les discriminations et y compris les discriminations vis-à-vis du genre elle s'appelait Najat Valobel-Kacem ça s'appelait les ABCD de l'égalité et ça avait provoqué une réaction médiatique d'une violence inouïe autour d'un sujet qui jusqu'à présent bon en plus ça cassait pas trois patins à un canard non plus Usul on en avait parlé en préparant cette émission à ce sujet là oui parce que même ce rapport au Conseil et l'égalité certains y ont vu du Haut Conseil et l'égalité certains y ont vu les signes d'un backlash et il est vrai que depuis l'époque des ABC de l'égalité où en effet la réacosphère de la manif pour tous de tous ces gens là qui à l'époque pourfondaient la théorie du genre et comme quoi on voudrait apprendre le sexe à nos enfants etc les inciter à journée de retraite à la sodomie voilà les trucs Christine Boutin on voit très bien ceux qui passaient quand même même s'ils avaient un poids mais ils passaient quand même un petit peu pour des radicaux sur ces questions là aujourd'hui leur discours est beaucoup plus mainstream parce que porté par une vraie dynamique d'extrême droite d'extrême droitisation des discours et on a très bien vu que des gens comme Eric Zemmour ont comme fond de sauce ont comme manière de mobiliser aussi notamment des jeunes hommes des discours sexistes et réactionnaires très très très forts et aujourd'hui Eric Zemmour il y a quelque temps a mobilisé ses électeurs et ses militants en leur disant il faut que vous fassiez des comités dans chaque département pour lutter dès que vous avez un prof qui vous fait un peu trop de wokisme à votre enfant et bien là vous ferez pression etc parce qu'ils savent très bien s'organiser ces gens là voilà des petits trucs de parents d'élèves pour faire pression après sur les établissements sur les profs etc est-ce que de votre point de vue cette situation là a empiré par rapport à l'époque des abaissés de l'égalité ou c'est une vue de l'esprit
je ne crois pas qu'elle a empiré en fait je pense qu'en matière de l'évolution en matière de droit des femmes et d'égalité entre les femmes et les hommes il y a un certain nombre d'acquis sur lesquels on ne revient pas il y a des évolutions des évolutions du droit mais surtout des évolutions de la société il y a des générations dont la conscience collective n'est pas la même que la génération précédente et qui ne reviendront pas en arrière là-dessus en revanche il ne faut pas croire que le féminisme est un sujet totalement consensuel dans nos sociétés il ne faut pas croire que tous les hommes adorent le projet de société égalitaire féministe dans lequel il n'y a plus les femmes font plus la cuisine tous les soirs comme on dit dans le rapport et dans lesquels il faut faire attention au consentement
c'est-à-dire qu'on pêche par naïveté parfois ?
non je pense que la domination masculine on a hyper exactement j'allais y venir la domination masculine donne aux garçons qui veulent en user pas tous un avantage certain je vais te faire la liste un avantage financier puisque les hommes sont mieux payés que les femmes un avantage patrimonial puisqu'on sait que les hommes s'enrichissent quand les femmes s'appauvrissent dans toute une situation y compris dans les transmissions d'héritage et les divorces les femmes ne sont pas traitées à égalité le plus souvent un avantage sexuel non négligeable qui consiste simplement à se servir voilà sans avoir à demander bon c'est quand même pas désagréable de leur point de vue moi je trouve ça absolument désagréable mais je comprends l'intérêt qu'ils y trouvent un avantage matériel au fait justement mettre les pieds sous la table être nourri et trouver ses chemises repassées le lendemain matin et un avantage matériel à ne pas avoir en charge la charge mentale de l'éducation des enfants et de faire tourner la maison donc il y a une somme de ces avantages il y a des hommes qui résistent à ça et puis en plus il y a un conservatisme réactionnaire qui est toujours présent la semaine dernière je finis là pour repousser la semaine dernière on a vu des manifestations de toute la faune d'extrême droite s'est donné rendez-vous pour manifester contre quoi ?
contre la proposition de droit sur la constitutionnalisation de l'IVG donc le corps des femmes la liberté des femmes d'user de leur corps que ce soit en disant non à la grossesse dont elles ne veulent pas non à l'homme avec lequel elles ne veulent pas avoir de relations sexuelles non aux patrons qui essayent de les coincer dans le couloir ou non aux patrons qui essayent de moins les payer que leurs voisins le fait que les femmes disent non provoque de la résistance et donc on est dans ce moment où s'exprime la résistance tout notre but c'est de la laisser minoritaire Éric Zemmour c'est vrai que c'est le masculiniste le plus affirmé du monde politique il en fait un programme politique mais j'ai observé pour avoir bien suivi les sondages pendant l'élection présidentielle que celui-là ça lui a fait perdre des voix c'est-à-dire qu'il a il est passé un moment il a divisé par deux à l'arrivée son nombre de voix par rapport à ce qui a été prévu dans un certain nombre de sondages entre autres parce qu'on ne peut pas s'aliéner comme ça Ces équipes de com
lui ont même dit mezzo voce sur les trucs sexistes
Il y a une sanction à être franchement anti-féministe aujourd'hui
Et je précise que sur internet on n'est pas en dehors de la société on n'a pas beaucoup de leçons à donner au reste de la société sur Twitch dans le monde du jeu vidéo etc. Tous ces enjeux-là nous traversent aussi et c'est aussi bien d'en prendre conscience Léa pour la dernière question
Merci Wow Quelle pression On parlait justement de ce mouvement réactionnaire qui est en train de prendre place et de s'affirmer un peu en France Il y a autre chose qui moi me choque un peu dans le mouvement féministe actuellement c'est cette tendance réactionnaire à vouloir systématiquement opposer femmes cis et femmes trans Je sais qu'il y a notamment dans le mouvement abolo cette tendance à vouloir vraiment les opposer alors que finalement il y a plein des années en arrière une dizaine d'années en arrière ce n'est pas un sujet Est-ce que ça vous inquiète vous ?
C'est marrant que vous fassiez le lien entre la question femmes cis femmes trans et mouvements abolitionnistes parce que si moi je le fais si moi je le fais on pourrait m'accuser de faire un lien qui en fin de compte n'a pas de réalité
Quand on parle de mouvements abolitionnistes on parle de la prostitution c'est ça ?
Alors moi ce qui m'inquiète c'est autre chose c'est de voir que dans une société ou d'une jeunesse plutôt critique contestataire anticapitaliste considère que la marchandisation par exemple des biens communs de l'eau n'est pas acceptable en revanche considère en même temps que la marchandisation du corps des femmes est une donnée de nos civilisations et qui doit être organisée et réglementée moi je suis effectivement une abolitionniste au sens où je pense de la prostitution pardon vous avez raison de préciser c'est du vocabulaire entre nous de niche oui oui un boulot un boulot dans le jargon effectivement moi je pense et heureusement je ne suis pas la seule que toutes les activités humaines ne relèvent pas du marché oui j'entends bien mais du coup vous ne répondez pas tout à fait à ma question
oui mais c'est vous qui avez fait le lien entre les deux oui oui bien sûr mais c'est souvent très souvent on constate qu'il y a quand même les activistes disons transphobes ont davantage leur place dans le mouvement abolo que dans le mouvement de régulation en fait
alors moi je constate ça c'est un fait moi je constate qu'effectivement les transactivistes
si on doit vous dites transactivistes parce que c'est très marqué comme terme
c'est très marqué
c'est très marqué des sphères oui oui oui transactivistes c'est vraiment pour dire
les mouvements trans activistes il y a des personnes trans il y a des mouvements politiques trans donc les mouvements trans sont très engagés dans le combat réglementariste pour la légalisation de la prostitution et l'abolition de la loi de 2016 donc effectivement de part et d'autre vous pouvez faire le même constat exactement voilà donc il est là parce que le vrai sujet c'est celui de la position que nous devons avoir sur la question de la légalisation du système prostitutionnel alors pardonnez
mon inculture mais pour le coup je ne comprends pas le lien entre l'abolition et la question trans
ah mais c'est pas moi qui ai fait le RCDA
non non je disais juste que c'est souvent le cas en fait on remarque pour t'expliquer on remarque dans le milieu féministe que généralement les personnes qui sont globalement transphères sont souvent aussi à bolo mais comment tu l'expliques il y a assez souvent islamophobe aussi mais c'est quoi être transphobe
moi je suis toujours intéressée de ce débat pour moi typiquement être transphobe par exemple être abolitionniste c'est être transphobe ah non enfin non pas pour moi en revanche en revanche
faire le distinguo entre femme cis et femme trans pour moi c'est transphobe et c'était ma question initiale est-ce que vous ça vous choque qu'il y ait ce mouvement qui pour moi est réactionnaire et qui oppose femme cis et femme trans en considérant que le combat n'est pas le même
en fait je vois bien le débat si c'est dit de façon totalement abstraite et conceptuelle bien entendu il n'y a aucune raison d'opposer ce sont des femmes voilà ce sont des femmes moi je ne fais pas partie des gens qui disent que les femmes les personnes qui sont devenues femmes après une transition de genre ne peuvent pas se dire femmes après il y a un autre sujet c'est est-ce que le projet trans est un projet politique qui transforme le féminisme déjà dans ces cas là
vous distinguez les trans
décis et donc c'est une question que je vous pose c'est pas les personnes trans c'est est-ce que le féminisme doit aujourd'hui être revu réadapté modifié en fonction pour répondre aux revendications trans
et donc c'est une question que je vous pose alors moi
ma position est très claire je suis pour les droits des personnes trans je suis pour des droits propres des personnes trans je veux dire que je suis pour des droits propres des femmes parce que quand on parle d'IVG c'est pas une question d'égalité c'est une question de droits propres par exemple donc je suis pour les droits propres et quand on a supprimé les droits pour les transformer en égalité on a créé beaucoup de confusion on ne peut pas on ne peut pas tous les hommes n'auront pas d'IVG à ma connaissance voilà et quand je dis les hommes n'auront pas d'IVG j'aimerais qu'on me dise pas que c'est j'aimerais qu'on me dise pas que c'est transphobe
non mais vous voulez dire que par exemple très concrètement s'il n'y a pas de droits propres ça veut dire que les femmes trans devraient pas être dans les assauts féministes je comprends pas les femmes trans
peuvent tout à fait être dans les assauts féministes
mais pour avoir des droits à elles ça veut dire qu'il faut qu'elles soient dans leurs assauts à elles
non je n'ai pas c'est pas ce que j'ai compris non plus je parle des droits des personnes voilà et les droits des personnes c'est qu'il y a des problématiques
spécifiques aux personnes trans
il y a des problématiques spécifiques aux personnes trans après on est dans une situation où le qualificatif de transphobe est un qualificatif qui tombe moi je dis parfois boum un jour c'est là un jour ça tombe là et il y a toute une série de questions qui me fait de poser par exemple moi je suis un peu toujours étonnée quand je vois des documents dans lesquels pour être très très très inclusif parce qu'il faut être très très très inclusif il ne faudrait pas dire par exemple que les filles ont leurs règles parce que dire que les filles ont leurs règles ce n'est pas inclusif
c'est vraiment des cas très particuliers
non non non et comme j'aime beaucoup ceux qui font ça je ne vais pas les citer parce que je les aime beaucoup mais en même temps il n'y a rien de choquant
je vais le faire pour vous il y a des personnes
qui sont non binaires et qui sont réglées alors bien entendu il y a des personnes mais pour autant faut-il dire les personnes menstruées au lieu de dire les filles moi je vais vous dire bah oui je pense ah bah moi je ne crois pas je veux dire d'accord au point où nous en sommes avec là où on en est pour le sexisme on peut dire les filles et les personnes ça ne me gêne pas si on dit les filles et les personnes avec le bilan qu'on fait sur le sexisme le sexisme c'est la question de la définition c'est d'abord et avant tout l'invisibilisation des femmes des discriminations qu'elles subissent des violences qu'elles subissent de la part qu'elles prennent dans la création économique artistique scientifique c'est l'invisibilisation des femmes et nous en sommes à un point où les femmes ne sont pas encore sorties de l'invisibilité et donc je ne veux pas que les femmes disparaissent aujourd'hui de notre vocabulaire de nos représentations mentales au motif certes vrai qu'il y a parmi les femmes des femmes qui ont des utérus des femmes qui n'en ont pas etc.
mais globalement les femmes aujourd'hui les femmes aujourd'hui ont encore besoin d'affirmer leur identité collective de femmes parce qu'elles n'ont pas fini de conquérir ni leur droit ni l'égalité donc les femmes
fils et trans main dans la main
comment ? donc les femmes cis et trans main dans la main les femmes cis et trans main dans la main quand nous sommes d'accord quand nous sommes d'accord je n'ai aucune raison de m'aligner systématiquement il y a des femmes avec lesquelles je ne suis pas d'accord c'est les femmes je n'ai pas plus de raison d'être d'accord absolument et il y a des femmes cis ou trans avec lesquelles je ne suis pas d'accord mais ce n'est pas le critère principal c'est les revendications qui déterminent le fait qu'on soit d'accord ou pas d'accord
avant de passer à la séquence suivante de l'émission je le disais Laurence Rossinol vous êtes socialiste est-ce que vous serez à Marseille demain ?
ah oui c'est possible vous êtes pour qui ? et alors voilà
vous êtes pour qui ? vous êtes pour Olivier Faure ? alors moi
il faut choisir il est parti c'est bon il n'est plus là je fais partie de ceux qui n'ont pas choisi on n'est pas nombreux moi je n'ai pas choisi pour une raison très simple je préside d'une association féministe qui s'appelle l'Assemblée des femmes qui fait un gros travail qui travaille avec beaucoup d'autres associations féministes je suis une sénatrice féministe qui travaille avec les sénatrices d'autres formations politiques et dans mon association j'ai des femmes qui étaient très pro Nicolas Maillard Rossinol d'autres qui étaient très pro Hélène Geoffroy enfin bref qui se répartissaient dans les diverses affaires du PS et j'ai décidé que pour le combat que je mène moi il n'était pas du tout indispensable que j'aille me mêler de cette bataille là si ce n'est pour importer dans mon association et dans le mouvement féministe cette histoire d'accord très bien et par ailleurs j'ai des opinions sur le débat qui a lieu tout à l'heure avec Nicolas Maillard que j'entendais voilà et vous avez voté vous avez voté
on vous réinvitera pour en parler on va passer à la séquence suivante de l'émission on va justement parler de socialisme avec un quiz à la con spécial socialisme c'est parti oh génial le quiz à la con bah oui parce que c'est une émission un peu spécial PS ce soir on va voilà on assume on va jusqu'au bout c'est un quiz à la con spécial socialisme le quiz à la con c'est très simple je vous pose des questions vous me donnez selon vous la bonne réponse parmi les 4 que je vous propose et vous chez vous dans le chat vous votez vous me dites quelle est selon vous la bonne réponse en cliquant et en votant dans les sondages qui apparaissent dans le chat tout le monde est prêt première question de ce quiz à la con quel prénom parmi ces 4 a vraiment été donné à un enfant à Montpellier en 2020 réponse A François Hollande réponse B Laurent Fabius réponse C Lionel Jospin réponse D Martine Aubry parmi ces 4 propositions il y en a un qui a vraiment été donné à un enfant à Montpellier en 2020
on a le droit de dire pauvre enfant quand même parce que
je trouvais qu'on parlait pas de mon fils je trouvais que ce serait Lionel Jospin n'attaque pas la famille comme ça Lionel Jospin se porte très bien il a dit ses premiers mots il a fait ses premiers discours il marche bien
moi quand j'hésite quand je sais pas je choisis toujours la femme donc je vais dire Martine Aubry ça me sort des situations compliquées je suis la femme
c'est un peu facile mais on va l'accepter c'est la réponse de Laurence Fossignol c'est la réponse D exactement moi aussi toi aussi réponse D Martine Aubry ouais je trouve ça sonne bien Martine Aubry ouais je sais pas tu la vois la petite avec ses couettes comme ça qui court vers toi c'est Laurent Fabius que je trouve bizarre la petite avec ses couettes t'appellerais pas ton enfant Laurent Fabius Laurent Fabius non non non ça ne profite pas une image de jeunesse et de joie de l'enfance non non ça fait un légionnaire romain dans Astérix plus jeune premier ministre de la cinquième moi je trouve que
Lionel Jospin ça sonne vachement bien en fait
Lionel Jospin
je trouve que ça a de l'avenir
un petit bébé
c'est pas mal c'est pas mal
Léa
bon déjà c'est à un enfant donc ça exclut Martine Aubry
non non non je ah non
bon ok
non ça peut non non autant pour moi
moi j'ai envie de dire François Hollande
François Hollande le petit François attends j'imagine un bébé t'imagines quand tu l'engueules
François Hollande viens là
François Hollande ça suffit très bien le chat j'ai regardé vous avez voté majoritairement la réponse c'est Lionel Jospin et bien chers amis la bonne réponse c'était la réponse B Laurent Fabius le petit Laurent Fabius qui regarde très probablement cette émission et qu'on embrasse c'est très bizarre il faut être sage à l'école
Laurent Fabius né en 2020 il n'est pas encore devant les écrans pas avant 3 ans
qui a eu juste personne autour du plateau n'a dit Laurent Fabius ni même le chat oulala ça commence pas bien ce quiz à la con ce soir et bien on va essayer de voir pour se rattraper sur la deuxième question le socialisme le socialisme bon d'accord mais quel autre isme existe réellement ? parmi ces 4 propositions réponse A le facto mondialisme réponse B le consociationalisme le quoi ? consociationalisme d'accord réponse C le sapo rationalisme ou réponse D le sale rupture d'anévrisme moi je veux être pour la C réponse C le sapo rationalisme moi aussi toi aussi le sapo rationalisme ouais c'est pour ça
vous voulez dire quelque chose
oui il y en a qui ont fait latin ou grec là visiblement je suis jaloux le con social c'est écrit trop petit le con socialiste le con social
la B c'est trop difficile à dire il n'aurait jamais survécu c'est le consociationalisme tu n'as jamais entendu parler
du consociationalisme ? non tu n'as pas lu le manuel du parti consociationaliste ?
exactement pourquoi ce n'est pas la réponse B
facto mondialisme qu'est-ce que ça peut vouloir dire ? facto mondialisme et l'autre c'est quoi ? sapo rationalisme le sapo rationalisme qui a la préférence de Laurence Ossignol et de Léa de moi aussi de toi aussi
moi aussi j'ai voté ça
Claire aussi dans le chat ça se passe comment montrez-moi un peu ah ils sont d'accord avec vous dis donc la bande de suiveurs très bien donc tout le monde vote pour la réponse C et bien la bonne réponse c'était la réponse B ah bah voilà le consociationalisme ça existe alors c'est quoi ? qu'est-ce que c'est ? ça a été théorisé dans les années 60 et 70 c'est aussi appelé évidemment le consociativisme bah oui ou
évidemment bah voilà vous auriez dit comme ça on trouvait
ou démocratie de concordance c'est la forme que prennent les systèmes politiques démocratiques dans les sociétés profondément divisées lorsqu'un partage du pouvoir parvient à s'opérer entre leurs élites hors de toute logique majoritaire et au dépit des divers clivages dont ces élites assurent la représentation au gouvernement bah c'est le nom du socialisme bah c'est le PS bah c'est le nom du socialisme ça a été théorisé notamment par Arendt Lippart politologue qui a travaillé dans les années 70
bah c'est le PS aujourd'hui si vous cherchez très bien
j'arrive toujours pas à le prononcer le consacrionnel mais c'est pour ça que ça a pas marché l'idée est là adhère camarade rejoins le mouvement
c'est pas parce qu'il a placé dans les dîners
oui oui oui bon voilà mais ça existe vraiment troisième question de ce quiz à la con laquelle de ces infos sur la marseillaise est vraie ? réponse A elle s'appelait la parisienne à la base réponse B l'original dure plus de 12 minutes réponse C elle a inspiré un hymne de l'empire russe réponse D le texte original précise qu'il faut chanter avec l'accent du sud
oh non c'est bien possible j'ai inspiré
un hymne de l'empire russe bah alors vous savez que l'international a été composé pour être chanté sur l'ère de la marseillaise ouais voilà et ça marche bien fun fact ça marche bien tu nous feras une démo bien entendu mais du coup c'est peut-être une fausse piste ça moi je dirais l'original dure plus de 12 minutes déjà c'est super long
c'était un chant qui enfin il chantait en marchant en allant rejoindre Paris donc il fallait occuper tout ce temps de marche là de rando vers Paris pour faire la révolution donc 12 minutes c'est long à pied
ouais je pense aux socialistes qui vont faire Paris-Marseille à pied demain
en chantant les marseillaises en boucle
bah oui plus de 12 minutes
mais bon en même temps non moi j'ai envie de déconner j'ai envie de dire la dé
le texte original est précisé qu'il faut chanter avec l'accent du sud toi t'as décidé de ne pas marquer de points cette année non mais d'accord
c'est vrai que j'adoppe la même stratégie que l'année dernière qui était une mauvaise stratégie
tu te plains à la fin de l'année moi je veux
je répète mes erreurs
mais c'est comme tu veux bah oui je suis joueuse allez réponse D pour Léa toi Usul B réponse B et B aussi réponse B
je vais prendre la A
réponse A elle s'appelait la parisienne à la base
vous donnez des achances à chacune
c'est vrai et le tchat vote majoritairement A à 60% réponse B ils ont été voir dans la non non ils n'ont pas les réponses non ils ne peuvent pas aller chercher la réponse la bonne réponse chers amis c'était la réponse C personne n'a eu la bonne réponse on est vraiment nul c'était ma fausse piste c'était une bonne piste on a la musique d'ailleurs vous pouvez l'envoyer la régie oh non la version russe oh là là ça ressemble que fait la sasem voilà on embrasse les russes qui écoutent cette émission et puis ce chant être un appel à la république à la démocratie dans votre pays les amis on pense aussi à vous en ces temps terribles t'es bien retombé ouais je l'ai improvisé en plus donc effectivement la marseillaise des travailleurs est une variante de notre marseillaise avec une mélodie très proche ses paroles ont été révisitées et basées sur un poème de Piotr Lavrov c'est un hymne très populaire pendant la révolution russe de 1905 elle a été utilisée comme hymne officielle par le gouvernement provisoire de la révolution de 1917 jusqu'à son renversement par la révolution d'octobre qui a supprimé cet hymne trop français voilà je suis bien d'accord mais c'est vrai que mais ça a été conservé un petit moment par les soviétiques quand même en même temps que l'international à Saint-Péterbourg les révolutionnaires chantaient la marseillaise chantaient la marseillaise absolument jusqu'à ce que bah oui oui je pense jusqu'à ce que les soviets disent niettes c'est pas moi donc voilà la parisienne c'est un autre hymne il y a un autre hymne qui s'appelait la parisienne qui a été adoptée par Louis-Philippe pas ouf et la version longue de la marseillaise dure 6 minutes pas plus que ça même si effectivement ça dépend de la vitesse du pas je n'aurais pu vous accorder
je vais la chanter beaucoup de fois
quatrième question de ce quiz à la con qu'est-ce que Manuel Valls a accidentellement dit au président tunisien en 2016 lors d'un déplacement je précise que si vous connaissez la réponse vous ne la hurlez pas réponse A couille réponse B bite réponse C trou du cul réponse D si jamais ton premier ministre démissionne sache que je suis dispo à partir du 9 Manuel Valls ou alors couille bite ou trou du cul c'est les grandes gueules c'est RMC ah ouais j'avoue l'heure des pros accidentellement c'est-à-dire il a fourché
ah comme la la fellation
à la place l'augmentation du taux de fellation de Rachida Detti
d'accord à tout bite ça peut fonctionner à tout vite
non non il a fourché en prononçant le nom de famille de quelqu'un et dans un dialecte tunisien ça a donné quelque chose qui a beaucoup fait rire les tunisiens moins la personne en face beaucoup moins la personne en face c'est compliqué le mot le plus rigolo c'est couille moi je trouve
on est vraiment entre moi j'aime beaucoup trou du cul moi aussi j'adore j'adore ce mot
réponse C
je prends bon on va se passer c'est pas mal
c'est habile de ne pas le prononcer bravo madame la sénata la réponse C pour Laurence Rossignol Claire
bon on va se répartir pour au moins avoir une bonne réponse je vais dire B
c'est vraiment le parti socialiste ce soir non parce qu'on n'aurait pas encore les résultats ouais personne ne truque les votes comment c'est pas donc toi tu dis réponse B réponse B pour Claire Usul couille réponse A Léa
c'est
réponse C trop du cul le chat vous avez voté réponse C en majorité comme Laurence Rossignol et Léa Chamboncel la bonne réponse c'était la réponse B c'est Jules qui a la bonne réponse
non c'est moi
non c'est toi je crois c'est clair pardon pardon
tu n'as pas de bonne réponse donc celle que j'ai tu me laisses j'ai confondu
couille et bite m'en veut pas je suis fatigué
oula
fatigue cette émission merci Max tu sais on parlait des cours à l'éducation faites des dons faites des dons tout ça donnez 5 balles s'il vous plaît le président de la république de Tunisie s'appelle Béji Kaïd Essepsi Manuel Valls a écorché son nom il a prononcé Esibi visiblement veut dire bite en dialecte tunisien oui bah je pense
qu'il aurait pu biné lui-même voilà
et ça s'est passé en 2016 et ça a beaucoup fait rire les tunisiens à l'époque dernière question de ce quiz à la con les chimpanzés aussi font de la politique figurez-vous qu'utilisent-ils comme pot de vin pour fédiliser leurs autres congénères et ainsi se faire élire
je croyais que c'était un truc spécial PS
on est un peu dans le thème commence pas Léa
je vois pas le rapport
tu remues le couteau dans la plaie t'es pas sympa franchement réponse A une place au gouvernement comme chez nous réponse B des bananes c'est simple et efficace réponse C un toilettage pour être plus proche de son électorat ou réponse D la retraite à 23 ans
je vote je vote pour le toilettage je sais pas si c'est vrai mais c'est très bien
ça me plaît beaucoup ça paraît l'idée du toilettage il s'épouille c'est de la politique ouais c'est vrai la banane aussi non non mais vraiment moi j'ai vu plein de docu sur les chimpanzés toi aussi tu fais des insomnies ah j'adore ça non non moi c'est exprès même je vais prendre de mon temps en plein jour surtout sur les grands singes et c'est vrai qu'ils s'épouillent et que c'est c'est un langage c'est de la politique tu crois que c'est une technique pour se faire élire pour se faire apprécier pour garder son statut ils apportent un service bah ouais c'est les économies des services maintenant c'est que ça non non c'est uberisé on produit plus de bananes chez nous
il y a le uber du toilettage
il y a le uber du toilettage le chimpanzé bah écoutez je ne sais pas je demanderai au chimpanzé mais quelles sont vos réponses le chat si votre réponse c'est le toilettage
ouais pareil pour moi
Claire aussi Laurence Rossignol aussi Usul oui toilettage Léa
bah c'est ce qui est le plus probable effectivement mais bon c'est quand même nul si on donne tous la même réponse donc bah oui mais tu veux tu veux mettre un point ou pas non bah voilà je veux jouer je vais mettre une place au gouvernement
une place au gouvernement des chimpanzés le gouvernement des singes évidemment bien entendu le chat a voté à 84% pour la réponse et c'est effectivement le toilettage
qui existe vraiment et en même temps c'est des questions beaucoup trop fasteuses qu'est-ce que tu voulais
que ce soit d'autre c'est toi qui t'es planté
c'est pas un quiz à la con
c'est la fin de ce quiz à la con Laurence Rossignol merci beaucoup d'être venue sur le plateau de Backseat merci de votre invitation c'est quitté le plateau Laurence Rossignol merci beaucoup d'être venu avec nous ça va le public ça va toujours incroyable merci à vous merci pour vos dons je vois que ça continue à monter merci beaucoup pour vos dons et je rappelle encore une fois et c'est pas une blague que chez chaque personne qui regarde cette vidéo YouTube les replays je sais qu'en plus vous êtes aussi nombreuses et nombreux à écouter les podcasts si vous donnez chacun 5 ou 10 balles on peut financer l'émission jusqu'à la fin de l'année et c'est le but de ce financement participatif ça permet de rémunérer toute l'équipe qui bosse en coulis vous pouvez aussi si vous souhaitez soutenir acheter sur la boutique de la page U-Tip un sweat un t-shirt ou un mug un magnifique mug ça permet aussi de financer l'émission et voilà vous pouvez aussi venir dans le public ici à Paris dans le 20ème arrondissement pour le tournage des émissions Backseat et après on vous offre évidemment à bouffer et un coup à boire c'est quand même bien la moindre des choses pour vous remercier d'avoir soutenu Backseat chers amis on va terminer cette émission avec une séquence que vous attendiez toutes et tous également c'est parti pour le powerpoint de Vincent Vincent Manilève journaliste qui nous concocte chaque semaine sa chronique vous allez bien ?
bien et toi ?
je suis épuisé comme dirait Carito une vidéo sur deux mais ça va je suis content d'être là merci les horaires de mon passage ont un peu évolué durant l'émission désolé j'étais au taquet j'étais dans le starting block mais je suis là alors la semaine dernière j'ai un peu commis une erreur j'ai voulu faire des blagues ce qui a laissé penser que je pouvais être drôle ou ce genre de choses arrête non non non mais arrête pas de ça entre nous on sait je suis un mur en privé je suis un mur je suis quelqu'un d'ultra sérieux quand même donc cette semaine pour contrebalancer un peu et montrer un peu le vrai moi en fait parce que voilà on est sur internet il faut se livrer c'est les relations parasociales tout ça on est là dedans j'ai décidé de parler de législation et encadrement des pratiques du milieu de l'influence ah ouais t'es chiant comme Jean-Massier toi voilà et surtout d'essayer d'élargir un peu le débat au delà des influx voleurs comme on les appelle alors c'est un sujet sérieux qui exigeait une présentation sérieuse appliquée et rigoureuse donc voilà on va commencer encore je suis vraiment désolé c'est une slide de la semaine dernière c'était pas censé être là je voulais pas vous traumatiser deux semaines de suite bref je reprends pardon excusez-moi je reprends donc l'année 2022 vous l'avez vu elle a été un peu éprouvante pour pas mal d'influenceurs je pense notamment à Thibaut InShape qui semble vraiment perdu dans son parcours de reconversion professionnelle ils cherchent ils cherchent on sent que voilà mais je pense aussi je pense aussi et surtout aux influx voleurs donc c'est un terme qui a été lancé l'année dernière pour notamment via le très controversé Booba pour dénoncer certains influenceurs en majorité issus de la télé-réalité et de l'agence de Magali Berda à qui on reproche le relais d'arnaques de tout type je vais pas vous les refaire vous les connaissez c'est des pratiques que le gouvernement compte bien encadrer en 2023 sous l'impulsion de Bruno Le Maire et de lois déposées notamment par Arthur Delaporte et Stéphane Vogeta j'ai confirmé avec toi la prononciation de son famille j'ai bien fait parce qu'il y a plein de jeux de mots vas-y fais-le assume va jusqu'au bout internet les a déjà fait tous Végeta voilà on a appris par ailleurs en début de semaine qu'il y avait une plainte pour escroquerie en bande organisée qui a été déposée par une centaine de victimes d'influenceurs de télé-réalité et Bercy l'a dit c'est un sujet majeur il y a même une consultation publique qui est l'ancienne vous pouvez donner votre avis sur le sujet et franchement en préparant cette chronique je me suis dit j'étais heureux de voir que les choses bougent sur ce sujet comme ça a été le cas pour les enfants influenceurs il y a eu des discussions il y a une législation qui encadre ça et j'étais même très heureux de voir un député comme Arthur Delaporte se rendre dans l'émission du spécialiste de la télé-réalité Sam Zira pour faire de la pédagogie sur le sujet c'est assez improbable comme ça mais je trouve ça très bien bravo Arthur Delaporte et vraiment j'étais en mode super les parlementaires s'investissent ils vont encadrer le milieu il était temps parce que mine de rien ça fait des années que des internautes des médias ou même la répression des fraudes alertes sur le sujet ça fait bientôt 10 ans qu'il y a des premières alertes sur certains partenariats et en fait forcément moi ce soir j'aurais pu m'étendre sur Magali Berda et sa nouvelle posture soudainement déterminée pour réguler le milieu il y a une tribune dans le journal du dimanche où elle dit régulons le monde de l'influence si j'étais prof de philo au bac et que la question était qu'est-ce que l'audace et que Magali Berda présente cette tribune c'est 18 sur 20 il n'y a pas de doute là-dessus elle fait des tribunes dans le JDD oui oui j'aurais pu aussi rappeler les méthodes de Booba et d'une partie de sa communauté du harcèlement de masques que ça a entraîné notamment contre Magali Berda qui a dénoncé maladie maladie Berda je suis encore une fois je suis épuisé oui oui et Magali Berda qui avait dénoncé justement des attaques misogynes et antisémites à son encontre c'est quand même c'est quelque chose qu'il ne faut pas oublier sur le sujet parce qu'il y a beaucoup de gens qui se sont attaqués à elle mais très vite je me suis demandé pourquoi pas essayer de prendre le débat un peu sous un autre angle après tout au-delà de la télé-réalité qui a toujours été une cible idéale pour plein plein de sujets le milieu de l'influence au sens large c'est aussi le terrain de jeu de pouvoir politico-économique très important et pas toujours très lisible on va prendre un exemple assez connu les produits laitiers les produits laitiers sont nos amis pour la vie laitiens peut-être je ne sais pas en tout cas je ne sais pas si c'est mes amis pour la vie mais ils sont vraiment besties un peu avec pas mal d'influenceurs depuis pas mal d'années qui financent régulièrement leurs vidéos et si j'en parle c'est parce que derrière il s'agit sans surprise du lobby du lait les produits laitiers c'est une campagne qui est financée par le Centre National Interprofessionnel de l'économie laitière donc avec objectif à chaque fois de valoriser une industrie qui est à l'image régulièrement quand même écornée pour différentes raisons et là je me dis mais on ne devrait pas peut-être aussi questionner ces sujets-là il y a des discussions qui peuvent être ouvertes là-dessus et on se souvient également de nombreuses vidéos en partenariat avec l'Agence Nationale des Déchets Radioactifs il y avait eu aussi pas mal de polémiques là-dessus et en 2021 il y a une vidéaste j'avais fait un papier un peu sur ces sujets-là il y a une vidéaste qui m'avait expliqué qu'une agence de communication audiovisuelle ou une société de production donc client originel ne voulait pas être cité l'avait contacté pour créer un contenu évoquant la chasse de façon positive la créatrice m'avait dit c'est sûr c'est derrière c'est un organisme un groupe de défense des chasseurs qui était derrière ça mais il ne voulait pas être cité il ne fallait pas que ça apparaisse et toujours en 2021 il y a des influenceurs qui ont pris la parole à propos d'une agence mystérieuse qui les avait contactés pour dénigrer le vaccin Pfizer sans annoncer la mention du partenariat et sans citer le client originel et on ne sait pas qui c'est d'ailleurs on ne sait pas qui c'est et on ne sait pas encore tout à fait c'est pas précis beaucoup de faisceaux d'indices pointés vers la Russie notamment en remontant un peu les traces du siège de la société qui les avait contactés mais on ne peut pas l'affirmer non plus ok ok et je ne saurais trop vous recommander par ailleurs cette enquête vidéo de Stupid Economics à laquelle j'ai pu participer je précise ce n'est pas de l'auto-promo mais pour le on embrasse Stupéco évidemment Vincent MNV sur Twitter c'était une enquête sur Tianti Media c'était une structure assez opaque et qui a pourtant financé plusieurs vidéos de vulgarisateurs pour qu'ils parlent de la Chine et l'année dernière Usu je me souviens quand il y avait Nota Bene qui était venue sur le plateau tu l'avais interpellé je l'ai défoncé non c'est même pas vrai non c'est vrai sinon la discussion était intéressante non je ne l'ai pas défoncé je vous ai remis la vidéo allez voir et allez vous faire allez faites votre avis voilà je voulais j'ai mal formule et puisqu'on parle du travail du gouvernement pour encadrer le marché des influenceurs parlons-en justement du travail de fond mené par ce même gouvernement depuis plusieurs années pour diffuser son discours via les influenceurs il y a eu le ministère de la santé durant le Covid il y a eu le ministère de l'éducation lors de la réforme Parcoursup on remonte un petit peu mais c'était quand même déjà là et avec Thibaut InShape je reviens à lui c'est un peu le meilleur ami de l'armée et il avait aussi avec Sunday Joule fait la promotion du SNU en 2019 et à l'époque l'équipe de Check News avait contacté le secrétariat de Gabriel Attal qui était en charge de la promotion du SNU à l'époque et ce dernier était resté assez flou sur le nom des influenceurs impliqués et sur les éventuelles rémunérations alors des partenariats un peu flous dont on ne connaît pas les tenants aboutissants ça me rappelle quelque chose peut-être un débat actuel qui porte pour le coup sur les gens de télé-réalité début 2021 pardon Gabriel Attal s'invitait d'ailleurs sur les lives Instagram de plusieurs influenceurs pour conquérir la jeunesse oh oui
quel souvenir
et j'aimerais aussi citer le streamer Billy qui est aussi connu sous le nom de le pseudo de Robes d'Ether qui avait affirmé l'année dernière avoir refusé 50 000 euros pour faire la promotion des actions du gouvernement auprès des jeunes et très récemment l'année la situation a raconté chez Brut sans donner trop de détails qu'elle avait été contactée par tous les partis politiques possibles voilà donc pour conclure j'ai pas de blagues j'ai pas une miniature montage à faire mais j'aimerais juste dire qu'il y a beaucoup de boulot à faire oui le problème des influenceurs et notamment ceux issus de la télé-réalité est important il faut le prendre en charge il faut réaffirmer la loi la préciser pour que ça s'applique comme il devrait mais je pense que il y a un débat peut-être plus large une discussion plus vaste à avoir sur l'influence en ligne parce que c'est indispensable selon moi de discuter des enjeux politiques économiques et sociétaux
qui se jouent derrière cette industrie qui nous concerne tous à la fois en tant que consommateurs mais aussi en tant que citoyens tout simplement
merci Vincent pour cette super chronique merci beaucoup Vincent Vincent Manilève donc Vincent MNV sur Twitter à retrouver merci beaucoup pour cette chronique sujet extrêmement intéressant qui pose un milliard de questions alors la semaine dernière on s'est fait engueuler et c'est bien normal vous avez eu raison de nous faire merci d'ailleurs pour vos retours sur l'émission vous avez dit non la fin était trop abrief vous vous avez pas débriefé et c'est vrai que dans le Brexit il y a un débrief il y a un petit débrief où on se dit entre nous ce qu'on a pensé de cette émission et donc c'est le moment
je suis payé jusqu'à 22h donc faites des dons 22h et une à bas des eaux
elle était chouette cette émission alors c'est vrai que du coup invité très socialiste de fait mais comme on voulait parler de ce qui se passe au PS la veille de ce congrès avec Nicolas Maillère-Rossignol on recevra je le souhaite également Olivier Faure peut-être plus tard pour également parler de ça on a reçu aussi du coup la sénatrice Laurence Rossignol pour aborder le sujet du rapport du HCE c'était chouette qu'est-ce que vous en avez pensé ? super super
non non non
si moi je suis content là c'était ma première officielle t'as vu il est beau le plateau je trouve que c'est bien j'avais peur que les gens ils soient trop près ça va ils sont pas trop près on est confort on est bien non on est bien ouais claire
non très bien aussi moi c'est ma deuxième et c'était tout aussi bien que la semaine dernière le public est très chouette aussi sur le chat c'est chouette aussi de vous voir réagir à tout ça
mais ouais
j'avoue que je reste sur ma faim sur des vraies questions que j'avais par rapport aux enjeux du congrès PS où je trouve que des enjeux de fond sur lesquels je trouve que tu trouves qu'on a fait
trop de politique politicienne ?
bah en fait je en tant que sujet vu le sujet en fait c'est plus qu'il n'y a pas de réponse de fond d'accord et du coup je la cherchais tout en me disant que peut-être on n'allait pas la trouver parce qu'ils n'en ont pas et donc j'ai eu une petite frustration de ce point de vue là non mais je suis d'accord voilà après autre autre ressenti moi je ne suis pas une experte de toutes les questions dont on a parlé là et il y a avec Laurence Rossignol pardon la deuxième partie et du coup je cernais de quoi on parlait mais en fait ce serait peut-être bien d'avoir une autre édition on précise le cadre du débat parce que je voyais dans le chat aussi qu'il y avait des gens qui étaient un peu largués par les choses dont on parlait surtout le débat
surtout à Bolo ou pas à Bolo ça utilise beaucoup des gens très mobilisés sur ces sujets au demeurant passionnant mais c'est vrai que c'est très souvent dans le cercle des gens déjà convaincus et j'ai vu comme toi des questions de gens qui disent je ne comprends rien ce qu'ils sont en train de dire c'est un débat de passionnés alors que c'était un débat super intéressant mais je suis d'accord avec toi il faut faire gaffe parce que Baxit c'est le but aussi donc je suis d'accord avec toi mais après tu remarqueras qu'intervenir sur des sujets que tu connais mal c'est ça le boulot de politologue de plateau
non mais totalement
en tout cas le chat est vachement d'accord avec toi c'était pas un moment
c'est pour ça que je me permets de le relayer parce que je pense qu'il y aura peut-être on peut débriefer collectivement avec le chat
mais c'est le but aussi ça vous a plu le chat après c'est vrai
que la question quand même sur la question des personnes transgenres a été beaucoup posée dans le chat oui
très présente par ailleurs le mot cis et trans il y a des gens qui étaient largués en disant c'est quoi ce jargon je comprends pas et c'est vrai que ça peut parler beaucoup à des gens
vous avez internet non mais c'est un vrai sujet en l'occurrence on a une représentante du milieu féministe qui est très impliquée institutionnelle etc et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui se posent la question de savoir si aujourd'hui finalement ces militantes qui étaient très actives dans les années 70 et qui ne prenaient absolument pas en compte les femmes trans donc je vais expliquer en fait une femme cis genre c'est une femme qui dont le sexe correspond au genre en quelque sorte voilà et les personnes femmes trans ce sont des personnes qui sont des femmes qui ce genre enfin pardon je vais y arriver qui ont opéré une transition non qui ont opéré une transition pour devenir des femmes quoi des hommes qui ont opéré une transition pour devenir des femmes ou des femmes qui ont opéré une transition pour devenir des hommes donc une femme trans c'est une femme qui a opéré une transition qui était d'abord sur le papier un homme et qui est devenu une femme donc il y a un vrai sujet aujourd'hui puisqu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de femmes cis qui du coup n'ont pas opéré de transition à la base qui considèrent que finalement les femmes qui ont opéré une transition, qui sont des femmes transgenres n'ont rien à faire dans le milieu féministe et moi je ne suis pas d'accord avec ça, mais c'est un vrai sujet
c'est un vrai sujet ma question c'est à quel point est-ce que c'est un sujet que les gens saisissent comme étant un sujet d'importance ou est-ce que c'est pas un sujet qui c'est un sujet qui monte c'est un sujet qui monte parce que ça s'est vu particulièrement en Angleterre c'est terrible mais les conservateurs, l'extrême droite a trouvé assez facilement un point d'entrée en s'attaquant aux derniers droits accordés, les droits les plus fragiles notamment parce que la population générale n'est pas du tout au fait de ces trucs-là et en fait on peut attaquer, ils ont trouvé des angles pour dire regardez les enfants on fait des transitions aux enfants et ils trouvent des angles où chacun chez soi, si t'es pas formé sur la question avec ton bon sens, tu peux trouver ça bizarre c'est bizarre les questions tu me diras, ils avaient pas besoin du transactivisme il y avait déjà les ABCD de l'égalité dont on a parlé tout à l'heure c'était la théorie du genre à l'époque ben oui mais justement c'est qu'ils trouveront toujours un truc ben bien sûr mais là en l'occurrence c'est vraiment je pense que sur ces questions-là on pourrait tout à fait recevoir des militants formés sur ces questions pour nous expliquer ces trucs-là parce que en fait l'extrême droite est en train d'agiter beaucoup de choses ben exactement, c'est pour ça que c'est politique en réalité on voit aussi qu'il y a des militantes qui se sont spécialisées sur ces questions dont une qui a été invitée jusqu'à chez Ruquier non oui c'est ça, chez Ruquier pour en parler donc c'est en train de monter c'est en train de monter mais contre les droits des personnes trans actuellement sans doute, oui oui absolument et je suis d'accord pour qu'on en parle ce que je dis c'est que c'est aussi notre ambition éditoriale sur Backseat que de rendre ces discussions accessibles à des personnes qui en sont extérieures et j'ai peur que des personnes dans des moments où on a des débats comme ça entre nous ou en jargonne, parce que c'est un peu le reproche qui nous a été fait par une partie du chat ben on passe à côté de notre objectif et c'est vrai que c'est difficile parce que la politique c'est des postures, des institutions, des jargons, des partis des langages et des mots difficiles qui ne sont pas saisissables par tout le monde et notre ambition à nous c'est d'essayer de réussir à rendre ça accessible donc charge à nous de faire l'effort d'essayer de rendre ça le coup ouvert pour que vous saisissiez et je suis très content que vous l'ayez fait d'ailleurs tous les deux là j'espère que vous avez un peu mieux compris du coup avec ces sous-titres l'échange qu'il y a eu tout à l'heure entre Léa et Laurence Rossignol qui est au coeur de ce sujet là qui monte de plus en plus, donc tu as raison soyez armé quand vous entendez
et puis autre question c'est qu'en fait il faut que ce soit ces personnes trans qui puissent avoir la parole aussi souvent et dans le milieu politique les personnes trans sont invisibles en fait quasi inexistantes mais tu vois qu'il y en a plein il y en a plein dans le milieu politique mais on les entend jamais
et tu vois vachement bien à quel point parfois le public même de backseat peut être divisé entre les passionnés de politique qui connaissent bien le jargon et qui écrivent dans le chat TERF ou des mots comme ça et l'autre moitié qui est en mode mais vous parlez japonais les gars là je ne comprends pas c'est quoi ce délire et tout donc attention backseat reste une émission qui essaye de s'adresser aux gens qui ne savent pas ce que ça veut dire cis, trans, TERF etc charge à nous de nous rendre plus accessibles on a parlé du PS aujourd'hui parce que c'est un parti qui est en train de vivre un moment rock'n'roll à voir comment ça évolue en tout cas c'est quand même entre la semaine dernière où on plaisantait sur le fait est-ce qu'on aura un score ce soir et cette semaine où on a toujours clairement de scores putain la vache c'est clair il va y avoir une ambiance à Marseille j'arrête un truc enfin bon écoute c'est leur problème mais voilà ça reste un sujet intéressant beaucoup d'autres sujets qu'on abordera je l'espère la semaine prochaine en ce moment dans l'actu il n'y a pas que le PS voilà la réforme des retraites on en a parlé c'est important on continuera à faire le point la question de la guerre en Ukraine je pense qu'il faut faire revenir Martinez qui nous fasse un point régulier on lui donne une chronique Laurent Berger
il était bien qui viennent là de manière permanente
j'ai eu beaucoup de retours positifs de la part des internautes aussi enfin de la part des gens dans le chat qui disaient putain on n'a jamais vu Martinez comme ça et c'est ça aussi Vaxit non il faut qu'il fasse une chronique le rendre possible non non toujours pas très mauvais phoniqueur responsable syndical
chronique syndicale
mais dans deux mois il n'est plus à la tête de la CGT il va peut-être pouvoir il va chercher du boulot il va venir qui l'envoie un CV où est-ce qu'on vous retrouve ? les copains votre actu d'ici la semaine prochaine avant de vous retrouver je rappelle que les chroniqueurs sont tournants donc c'est pas sûr qu'on vous retrouve tous la semaine prochaine toi Usul c'est une semaine sur deux donc la semaine prochaine on sait que tu ne seras pas là tes prochaines sorties ? c'est énorme pendant l'émission est sorti le OLG voilà
vous pouvez aller voir
ouvrez les guillemets sur la manif du 19 et la grève du 19 avec un petit peu notre analyse de comment ça se passe à peu près à jour c'est sorti donc du coup sur le compte Youtube de Mediapart vous pouvez y aller ouvrir les guillemets voilà merci à toi Claire on te retrouve où ?
à la bibliothèque en train de travailler ma thèse je vous ai prévenu vous êtes invité à me foutre la paix
non sérieusement
il faut vraiment que je travaille puis j'ai repris et je donne cours aussi donc je prépare mes cours je donne cours et je vais aussi en manif le 31 pour regarder un petit peu ce qui s'y passe
on en profite pour rappeler que tu es enseignante et chercheuse en théorie politique voilà exactement sur quel sujet dans quelle matière ?
je travaille en théorie politique sur les questions écologiques et notamment sur la planification au regard des enjeux climatiques
et tu donnes des cours ou ça ? à Sciences Po
Sciences Po ouais ouais ouais voilà
et bah tes étudiants ont bien de la chance Léa on te retrouve où ?
oula bah sur Popol avec un épisode qui sera diffusé donc dimanche soir et puis la semaine prochaine dans des médias par ci par là France 24 mardi soir pour rappeler de l'évolution de notre rapport au travail dans la société française oui intéressant n'est-ce pas ? si t'as quelques bijoux je suis preneuse et puis sinon peut-être LCP peut-être France Info je sais pas encore pour le moment mais voilà et peut-être Baxit je ne sais toujours pas non plus
tu seras venu au courant bien entendu moi je vous retrouve demain en stream comme je vous le disais vendredi pour une émission à 15h sur les femmes dans la tech sponsorisée par Orange et on se retrouve jeudi prochain sur le plateau de Baxit merci à toutes et à tous sur le plateau de Baxit sur le plateau de Baxit sur le plateau de Baxit