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Podcast / conversationTMC / Quotidien (sur YouTube)· 28 octobre 2026 12 minComplaisantDivertissementSantéEnvironnement & énergie

La prochaine pandémie est déjà parmi nous ? L'analyse de Xavier Lescure, infectiologue

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:58non_speechFait
    « Depuis la fin du 19e siècle, il y a eu quatre épidémies majeures, la grippe russe, le SRAS, le MERS et le Covid. »
  • 3:37non_speechChiffre
    « Les trois dernières hein, c'était lors des dernières 25 les lors des 25 dernières années pardon. »
  • 5:46non_speechFait
    « On a un inconscient collectif sur les pandémies, c'est c'est un truc qui fragilise les civilisations, j'essaie de le raconter avec la peste justinienne. »
  • 7:08non_speechFait
    « Les champignons c'est c'est des ce qu'on appelle les telluriques, ils vivent dans l'environnement, ils vivent pas chez les animaux. »
  • 9:13non_speechFait
    « Aujourd'hui, on est on a le nez rivé sur le PIB. »
  • 9:57non_speechFait
    « L'ONU est en train de pousser un indicateur de développement humain qui compte qui contient et le niveau de vie économique mais aussi l'accès à l'éducation et l'espérance de vie. »
  • 10:36non_speechFait
    « Le retour du Covid. Faites gaffe faites gaffe c'est enregistré hein. C'est un petit problème. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Locuteur

Bonsoir professeur, bienvenue sur le plateau de CNews aussi une partie de l'équipe et le public. Vous êtes infectiologue à l'hôpital Bichat, chercheur à l'Inserm, spécialiste des infections actuelles et émergentes et de la résistance aux antibiotiques et auteur de ce livre qui vient de sortir qui s'appelle Epidemia, c'est chez Robert Laffont. Votre message, il est clair. Il va y avoir donc de plus en plus d'épidémies, nous ne sommes pas prêts et le Covid n'était qu'un avertissement. Est-ce que j'ai correctement résumé le ? Oui. Je pense. Merci beaucoup, au revoir. Avec plaisir, c'est très sympa. [rires] Très sympa. Donc c'est ça.

Bah oui, en gros, j'ai j'ai construit ce livre comme comme une consultation, ce que je sais faire, c'est mon premier bouquin. J'ai observé les symptômes. J'ai essayé de analyser la la mécanistique. J'ai fait des des hypothèses diagnostiques et des pistes thérapeutiques et c'est ce que je propose dans ce livre autour des épidémies. Et il y a la dernière partie, c'est une ordonnance. Alors, c'est pas une prescription autoritaire. C'est des solutions, des suggestions de solutions, des pistes. J'ai pas la solution, j'ai des idées que j'essaie de partager et ces idées sont construites sur 30 ans d'expérience de maladies infectieuses et sur 10 ans de gestion de crise épidémique.

Il faudrait pas qu'elle le soit ? Je ne pense pas. D'accord. Avant d'arriver aux solutions, on va en parler mais vous décrivez pas la fin du monde, vous décrivez la fin d'un monde. Expliquez-nous. Oui et je pense qu'il y a une grosse différence. Et je pense que ça passe par le fait qu'il faut prendre conscience qu'on vit dans un monde fini, qui a des limites. Hmm. Et que aujourd'hui, on voit bien que on est dans une fuite en avant. On est dans un dans une société de consommation qui tape dans les limites planétaires. Des spécialistes ont montré qu'il y avait à peu près neuf dimensions planétaires, on a atteint on a dépassé sept de ces neuf limites. Donc on vit un peu à crédit.

On vit en lévitation autour de la planète. Et on est dans une phase de bascule. Donc il faut vraiment aujourd'hui prendre le que c'est quoi du ? C'est la conséquence c'est ? C'est plus de plus de pandémie, plus de une accélération de ces ? Oui mais les les pandémies c'est un révélateur parmi d'autres. Il y a quoi comme autre ? Le la pénurie énergétique. Euh la tension géopolitique. ça est lié. Tout ça est complètement lié.

Et en fait ce que j'essaie d'expliquer et ce que ce qui m'a sauté à la figure pendant le Covid, c'est que euh et c'est là où j'arrive au concept d'une seule santé, c'est qu'en fait on vit dans un système complètement interdépendant et que nous les humains euh nous avons nous sommes complètement liés entre guillemets pieds et mains. Aujourd'hui c'est un peu une contrainte mais à la base c'est un plaisir. On est liés euh aux autres animaux. Et la nature, aux arbres, on en parlait hier avec On est complètement inter on est dépendant de du monde végétal, du monde minéral, du monde animal. Et on ne s'en rend pas compte, on s'est déconnecté.

On a plein d'outils de déconnexion hein, la finance, le digital et cetera. on s'est fragilisé. Et en se déconnectant, on s'est fragilisé. On est on est passé dans un système incohérent avec la nature. On intoxique notre environnement et donc on se rend malade nous-mêmes. Oui, vous parlez de corps fatigués, d'esprits saturés, d'écosystèmes [raclement de gorge] essorés. Depuis la fin du 19e siècle, il y a eu quatre épidémies majeures, la grippe russe, le SRAS, le MERS et le Covid. Les trois dernières hein, c'était lors des dernières 25 les lors des 25 dernières années pardon. Oui. Donc il y a il y a une accélération.

Oui, il y a une accélération qui est en fait l'illustration de la bascule systémique dont on a parlé. Et donc cette équation en gros, c'est trois grandes trois grands paramètres. L'émergence et donc il y a de plus en plus d'émergence de pathogènes qui est poussée par la déforestation, par le déclin de la biodiversité, par le réchauffement climatique. En fait, les agents pathogènes, ils sont stressés. Et on est de plus en plus souvent en contact de euh ces agents pathogènes parce que baisse de la biodiversité. Donc ça, c'est l'émergence. La deuxième partie de l'équation, c'est la propagation.

C'est la globalisation, le le transport trop facile des des des humains, des animaux, des marchandises. Et puis euh la méga-urbanisation qui qui qui concentre la population. Ça, c'est le mégot de cigarette dans une forêt en période de sécheresse. L'incendie prend. Et puis après, la troisième partie, c'est la fragilité de notre écosystème d'aujourd'hui. C'est les inégalités sociales, c'est les les comorbidités, c'est euh le complotisme, c'est la post-vérité. Euh et puis c'est aussi euh la fragilité d'un système de soins qui est quand même mis en tension assez régulièrement.

Et pour et pour résumer, vous dites dans le livre, les épidémies prospèrent sur des corps fatigués, des esprits saturés, des écosystèmes essorés, des algorithmes biaisés et de socié- des sociétés désorientées. C'était pour résumer. Ça fait beaucoup. Ce que vous avez dit, oui, ça fait beaucoup, mais on le comprend et ça fait sens. Ça donne le vertige. Oui oui là, on va pas y arriver hein. Mais oui, mais mais on comprend que c'est je trouve ça on ça met des mots sur ce qu'on ressent, je trouve. Je vous dis hein, j'ai écrit ce livre comme un clinicien. J'ai observé le monde.

Et euh moi j'aime beaucoup la physiopathologie, j'aime beaucoup regarder Physiopathologie, c'est comprendre comment fonctionne une maladie, comment s'installe une maladie. Comment elle évolue, comment elle Comment elle se déclenche et comment elle évolue. Quelle est le quelle quelle est la mécanistique ? Et euh aujourd'hui, il faut bien admettre que euh si vous regardez par exemple l'impact du l'impact du Covid sur notre sur notre société, on est Regardez l'impact d'un taivirus euh au printemps. C'est un petit événement épidémique. Ça a mis le les médias en en C'est un petit ? Bah, c'est c'était un c'est un petit événement épidémique ouais, c'était une petite épidémie dans un bateau.

Ça a rappelé dans l'inconscient collectif les bateaux des siècles derniers dans les ports à Marseille avec la peste et cetera. Donc on a un inconscient collectif sur les pandémies, c'est c'est un truc qui fragilise les civilisations, j'essaie de le raconter avec la peste justinienne. Mais on voit bien qu'on s'est pas remis avec cet épisode d'hantavirus qui a déployé sur le plan politique, il y a eu une petite sur-réaction malgré tout, j'ai en partie participé au début parce que il fallait prendre les choses sérieusement et puis après on a été incapable de se détendre.

parce que sur-réaction politique, médiatique, principe d'ultra-précaution on n'est plus dans une dans une phase rationnelle de gestion de crise, on est dans une sur-réaction parce que mon interprétation c'est de considérer qu'on est en phase de sidération post-pandémique et qu'on aujourd'hui on a une peur panique pandémique. On va regarder des images. C'est la série de The Last of Us. Et vous dites que c'est pas très éloigné de ce qui pourrait nous arriver. Est-ce que vous pouvez nous ? Ouais. En fait le le c'est un dystopique hein, c'est c'est en gros c'est des des champignons qui de qui deviennent hyper pathogènes et ça ça crée des zombies infectés par des champignons mutants.

Oui, qui étaient inoffensifs au départ. initialement inoffensifs. Donc dans le bouquin, je je prends au-delà du diagnostic, je fais la liste des principaux risques qui qui qui risquent de nous tomber dessus et l'idée c'est que les champignons c'est c'est des ce qu'on appelle les telluriques, ils vivent dans l'environnement, ils vivent pas chez les animaux, ils vivent dans l'environnement. Euh et en fait on est assez protégés des champignons parce que l'environnement les la terre est quand même beaucoup plus froide que notre organisme dans lequel ils peuvent pourraient éventuellement se multiplier.

Mais quand le réchauffement climatique augmente la température de la terre, les champignons s'acclimatent à la température et le réchauffement climatique pourrait pousser certains champignons à être à muter à muter parce qu'en fait la chaleur ça vous agace. C'est stressant, ça stresse votre organisme. Vous êtes fatigué, vous êtes agacé, vous êtes irritable. Bah, les champignons, les les les c'est pareil. Donc, ils sont stressés et donc ils vont muter, ils vont évoluer, ils vont s'énerver. Et la compo- la et ils vont s'adapter à leur milieu parce que c'est l'instinct de survie.

Et donc, si l'environnement euh terrien, si les sols chauffent, ils se rapprochent de la température humaine et donc, ils vont s'acclimater à pouvoir se développer à notre température. C'est l'hypothèse euh que je développe là et ça peut conduire à ce que des champignons totalement inoffensifs qu'on connaît même pas encore comme pathogènes puissent toucher l'homme. Aujourd'hui, on a des champignons qui touchent beaucoup les sujets immunodéprimés, ça reste assez peu fréquent. Ça s'appelle des maladies négligées, mais je pense qu'il serait temps qu'on rejette un petit œil.

Alors, maintenant, le ben l'ordonnance pour ne pas qu'on devienne des des [raclement de gorge][grognement] des gens sensibles avec des des zombies, comment on ? Alors, on arrête de manger des champignons, mais est-ce que vous pouvez nous dire la première chose qu'un nouveau président de la République ou une nouvelle présidente de la République euh devrait ? Je pense qu'il faut qu'il commence à se poser les bonnes questions. Les vraies questions. Hmm. Je Ce que je propose, c'est euh d'avoir des objectifs de vie qui ne soient plus focalisés autour d'un niveau de vie compétitif et d'une société de consommation.

Euh et je pense qu'il faut voir les choses de façon globale, c'est-à-dire internationale, sociétale et individuelle. Faut toujours commencer par par balayer devant sa porte. [grognement] Euh à l'échelle globale, je pense que vous c'est développé dans le bouquin, mais si je devais retenir un truc à l'échelle globale, ce serait un indicateur. Les politiques adorent les indicateurs. Aujourd'hui, on est on a le nez rivé sur le PIB. Hmm. Pour moi, il y a une certaine brutalité dans le PIB, si je puis dire.

Je pense qu'il faut des indicateurs et l'O- l'ONU est en train de pousser un indicateur de développement humain qui compte qui contient et le niveau de vie économique mais aussi l'accès à l'éducation et l'espérance de vie. Je pense qu'il faut aller encore au-delà avec un indicateur de santé globale qui intègre et notre indicateur de santé humaine mais aussi des indicateurs de santé animale sur lesquels on est complètement interdépendants et aussi des indicateurs de santé environnementale. Parce que on peut être complètement pas. Aujourd'hui ça n'existe pas.

de santé humaine de de la population de santé humaine ça existe mais un indicateur de santé environnementale humaine enfin humaine animale et environnementale ça n'existe pas. C'est le principe du One Health. C'est ce qu'on voit ouais c'est ce qu'on voit là. C'est ça. Et je pense que ça c'est un concept qui qui est très à la mode entre guillemets qui commence à être à la mode. Moi ce que j'essaie de montrer c'est comment on les prouve au quotidien. Ouais. Euh et je pense qu'il faut qu'on on le pousse au niveau politique parce que euh c'est important d'avoir aujourd'hui une réflexion globale dans les trois secteurs pour commencer à aborder les vrais problèmes.

Ce que vous dites on dit pas les vrais problèmes. Le titre de votre livre La prochaine pandémie est là. On parle beaucoup du retour de Covid. Le retour du Covid on s'inquiète on s'inquiète ? Pour moi c'est un faux problème. C'est un faux problème. C'est un petit problème. C'est un petit problème. Le retour du Covid. Faites gaffe faites gaffe c'est enregistré hein. C'est un petit problème parce que et et ça c'est c'est comme un tas de virus. C'est-à-dire que pour moi il y a un biais cognitif. C'est-à-dire qu'on et c'est c'est tout ce que je disais tout à l'heure. On se pose pas les bonnes questions. Le Covid bon OK ça monte un peu. Ben ça va redescendre.

La grippe tous les hivers il y a de la grippe et et c'est on prépare pas ou très mal les le système de soins euh au au au risque saisonnier alors qu'on on sait que ça va arriver et on se dit tous les tous les hivers ah ben mince il y a la grippe. Ah ben merde. Ben non le Covid le Covid il remonte mais c'est des c'est plus on est plus dans une phase pandémie. Il y a il y a maintenant ça fait six ou sept ans. Le risque de de mutant massif qui va régénérer enfin qui va provoquer une nouvelle pandémie catastrophique. Non. Merci euh Xavier Lescure. Merci professeur. Bonne journée à nos téléspectateurs Epidemia, c'est votre livre de lanceur d'alerte et c'est passionnant.

On était tous passionnés, vraiment.

11:45
Non speech

[applaudissements]

11:45
Locuteur

C'est aux éditions Robert Laffont. Zazie est de retour et sera dans le quotidien.