Vers un groupe RN au Sénat ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
– Sous-titrage Société Radio – Et les sénatoriales auront lieu le 27 septembre prochain. Le Rassemblement national a lancé hier sa campagne avec un objectif disposé pour la première fois d'un groupe au Sénat, fort de ses résultats aux municipales, plus de 70 maires des élus municipaux dans 84 départements. Le parti s'est-il ancré dans nos territoires les sénatoriales ?
Vont-elles leur donner un élan pour la présidentielle pour en parler et nous sommes avec Jefferson Desport. Bonjour, Jefferson. Bonjour, Yann.
Merci beaucoup d'être avec nous. Éditorialiste politique à Sud-Ouest, Arnaud Benedetti. Bonjour, Elisabeth.
Bonjour, Arnaud. Ah non, Elisabeth est en face. Ça va aller.
Directeur de la nouvelle revue plus politique. Bientôt la fin de la semaine. Et bonjour, Elisabeth ! ...
Elisabeth, les sénatoriales qui t'annoncent...
C'est plus prudent. Non mais je vais y arriver. Les sénatoriales, On l'a vu, les sénatoriels, pour qu'on explique bien, c'est une élection qui découle beaucoup des municipales. 95 % des électeurs, des sénateurs sont des maires ou des conseillers municipaux, étant donné le résultat du RN au municipal, est-ce que ce sénatorial s'annonce comme un scrutin historique pour le RN ?
Oui, si on regarde les résultats, le RN pourrait obtenir un groupe, ce qui est une marche supplémentaire vers la normalisation du parti, parce que c'est vrai que les municipales ont donné l'occasion au Rassemblement national de consolider ces positions. Ça n'est pas exactement le Un résultat aussi éclatant qu'au premier tour des législatives, par exemple. Mais incontestablement, le Rassemblement national a progressé, en particulier là où il était déjà fort, de façon spectaculaires, là où il avait déjà des élus, par exemple à Perpignan, c'est très spectaculaire.
Donc oui, il y a une progression du Rassemblement national, les grands électeurs, il pourrait y Il va y avoir un dégel aussi par rapport à certaines hésitations antérieures. Dans le sud-est, c'est évident, dans les Bouches du Rhône, dans les Alpes-Maritimes, il y a déjà suffisamment d'élus pour assurer, puisque vous avez Je vais rappeler le rapport entre municipal et sénatorial des sénateurs. Et par ailleurs, comme je vous le disais, s'il y a un dégel de grands électeurs dans d'autres régions, où évidemment il y a un renouvellement.
Oui, l'ambition d'avoir un groupe est atteignable. C'est une étape de plus dans la normalisation du RN qu'on soit en train de se dire. L'enjeu de ces sénatorial pour le RN, c'est d'avoir un groupe.
Un groupe, c'est 10 sénateurs ici au Sénat. Ils en ont 3 actuellement, plus Stéphane Ravier qui est sénateur des Bouches-de-Rhône, ancien RN, qui est apparenté non inscrit, mais qui est proche du rassemblement national enfin ilisabeth a tout dit mais en fait en l'occurrence le processus de notabilisation fait partie du processus de normalisation et s'il ya une élection qui est bien une élection de notable c'est l'élection sénatoriale parce qu'elle dépend elle-même des notables que sont les maires et les élus locaux donc de ce point de vue là c'est une étape supplémentaire que l'on avait déjà vu poindre alors qu'ils n'avaient pas du tout le même étiage d'élu lors des dernières sénatoriales. On avait constaté que notamment dans les départements ruraux, leurs candidats faisaient des scores qui étaient supérieurs à leur potentiel électoral.
Ça veut dire qu'ils avaient un certain nombre déjà d élus ruraux qui, sans être Rassemblement national, portaient leur suffrage sur un certain nombre de candidats du Rassemblement national. Il y avait eu déjà ce premier signal qui avait été envoyé lors des dernières sénatoriales et là, Et ça s'est vu, pardon Arnaud je vous coupe pour expliquer, en Seine-et-Marne par exemple, l'un des dernières sénatoriales. L'exemple même du département de Seine-et-Marne.
Le RN a eu un siège en Seine-et-Marne, ils n'ont pas de mairie là-bas. Et ce qui n'était pas attendu du tout en l'occurrence. Donc en effet clairement mécaniquement au regard des résultats des dernières élections municipales, le RN peut espérer constituer un groupe parlementaire.
D'autant plus qu'un certain nombre de responsables du RN annonce que peut-être il y aurait même des transfuges venant de LR ou du centre. Donc tout ça reste bien évidemment à regarder avec, je crois, une très grande prudence, mais disons l'hypothèse d'un groupe est accessible à ce stade. Et avant de vous entendre, Jefferson, on va écouter justement Ludovic Pajot, c'est le directeur de campagne du RN pour ses sénatoriales.
Il fixe un objectif très clair. L'idée, c'est de réunir nos forces, donc à la fois évidemment avec le RN et l'UDR qui a aussi une implantation locale afin que nous ayons un groupe au sein du Sénat. Donc, nous travaillons main dans la main avec UDR, avec Eric Ciotti pour faire le meilleur score possible dans l'ensemble des départements métropolitains et de décrocher le maximum de sièges de sénateurs. – Voilà, le maillage territorial qui confère au RN cet objectif de 10 sénateurs, Jefferson, ce maillage territorial, il est désormais réel au Rassemblement national.
Les municipales ont montré une véritable implantation locale ? Oui, le RN a crevé le plafond de verre de l'enracinement à l'échelon local. Dans le sud-ouest, ils sortent avec 156 élus municipaux.
Le résultat a été multiplié par 7. Simplement, le sport national ou municipal, c'est quand même les maires sans étiquette. Et le contingent d'élus municipaux ne va pas nécessairement suffire pour envoyer des sénateurs dans tous les départements.
En revanche, ce qu'il va falloir regarder, ce sont ces fameux maires sans étiquette dans les petites et plus petites communes. Parce que là, il y a un vivier qui ne dit pas son nom et c'est précisément ce que ce sont en train de regarder, les cadres du RN parce que là ils ont peut-être un vivier qui n'apparaît pas qui va se révéler et qui va leur permettre de faire ce contingent là donc il y a des élus on sait on a l'équation de départ à les donner puisqu'on sait combien il y a des municipaux en gros il faut 300 à 400 signatures, 400 voix pour être selon les départements et les ratios pour être élus sénateurs maintenant je vous dis qu'il va falloir regarder aussi tous ceux qui vont se démasquer à la faveur de cette élection Le rapprochement au sein de la droite, c'est-à-dire ce qu'on a vu aux municipales, d'une partie de l'électorat LR qui peut voter Et RN, UDR évidemment qui s'associe avec le Rassemblement national. Tout ça aussi donne de la force supplémentaire à l'extrême droite entre guillemets.
Est-ce qu'on ne parle plus de l'extrême droite ? On parle du Rassemblement national, mais en tout cas au parti de Jordan Barnella dans le cadre de ses sénatoriales. Mais est-ce qu'on parle de l'ancrage territoriel du RN ?
On l'a vu lors des municipales, le RN a conforté Sébastien. Sur 22 mairies, ils en ont gardé 20. Est-ce que finalement, le RN a levé le doute sur sa capacité à gérer des collectivités C'est-à-dire que l'approche qu'ils ont, en tout cas qu'ils avaient avec les maires qui avaient été élus lors des élections précédentes, c'était une approche extrêmement locale et très peu idéologique.
En l'occurrence, celle du rassemblement national et des maires du rassemblement national, regardez la façon dont par exemple Louis Alliot agit à Perpignan. C'est très intéressant de voir la façon dont il mène sa politique municipale. Il a finalement un ils ont gagné pas mal de communes dans les Pyrénées-Orientales.
Il a pris la présidence de la communauté d'agglomération. Ça aussi c'est un phénomène nouveau. On a beaucoup, enfin un certain nombre d'élus du rassemblement national qui ont pu conquérir des communautés de communes ou des communautés d'agglomération, ce qui là aussi participe à ce processus de notabilisation à travers l'intercommunalité.
En tout cas le fait qu'ils aient été confirmés, alors dans des bastions où ils sont très forts quand même, il faut le signalé aussi, montre que, en tout cas, lorsqu'ils sont en responsabilité, ils font finalement une politique qui est assez similaire à celle d'Outre-mer. Je crois que ça, c'est le Le point essentiel, en l'occurrence. C'est très différent de ce qu'on a connu.
Par exemple, on a eu des maires élus. On a eu des maires élus, souvenez-vous, dans les Bouches du Ronde, dans les années 90, en 95, avec Vitrolles. Ça ne s'est pas bien passé au Toulon, même, en l'occurrence.
Ils avaient une approche qui était beaucoup plus idéologique du temps de Jean-Marie Le Pen que celle qu'ils adoptent aujourd'hui avec, disons, sous Marine Le Pen. Mais qu'est-ce que ça veut dire que ça préfigure de ce que sera le RN au pouvoir ou finalement, une fois au pouvoir, ils rentrent dans le système, eux qui sont anti-système. – Il ne faut pas tirer de conclusion à titre de ce qui se passe. – Mais il y a un apprentissage, vous savez, on a connu ça avec le Parti communiste.
Le Parti communiste aussi, on parlait du communisme municipal en l'occurrence, qui avait une pratique du pouvoir local qui était finalement assez proche de celle d'autres élus. On a un phénomène qui, d'ailleurs, est en en sociologie électorale et en sciences politiques est assez observable. Dès qu'un parti, finalement, s'institutionnalise, localement en tout cas, il a des pratiques qui sont assez proches de celles des autres élus.
Donc ils rentrent dans le système une fois qu'ils sont manettes C'est ce qu'on observe au municipal, c'est impressionnant de voir au premier tour tous les maires qui sont réélus parce qu'il y a une prime au sortant plus forte encore que dans n'importe quel scrutin. Donc c'est effectivement un maire fut-il RL puisque c'est un peu le sous-entendu de votre question, et bien s'il se représente et qu'il a eu un mandat tranquille, Jean-Marie Le Chevalier, vous parliez de Toulon, il y avait eu des affaires, en plus il avait rompu avec le rassemblement, avec que le FN. Il avait été une mère de Toulon en 1995.
Voilà, donc effectivement, il est perdu. Et d'ailleurs, Mme Lavalette n'a pas réussi à reprendre le bastion. C'est intéressant.
Et si vous me permettez juste une petite...
On parle d'implantation locale, confirmée par effectivement les municipales, il y a des exceptions que sont les grandes villes et les agglomérations. Et là, le RN a encore des éléments de faiblesse. Il faut quand même le signaler.
Et ça s'est vu notamment à Bordeaux. Oui, à Bordeaux, il y avait l l'eurodéputée Julie Rochagneux qui était candidate et qui n'a pas été qualifiée pour le second tour. Ça fait partie des déceptions du RN dans la région, mais ils ont gagné des élus municipaux dans beaucoup de départements en entrant dans les conseils municipaux de ces villes-là, notamment à notamment sur la périphérie bordelaise ou ailleurs.
Simplement, je parlais d'apprentissage tout à l'heure pour ces élus, ceux qui ne sont pas en responsabilité mais qui rentrent dans les conseils municipaux vont découvrir les rouages de la vie municipale. C'est assez compliqué. Il y a quand même des règles à respecter, des codes de marché public, Ce n'est pas aussi simple que ça.
Pour eux, il y a quand même ce travail qui va être fait. N'oublions pas une chose, on l'a vu sur les législatives, il y a quand même un problème aussi de candidature, de qualité de candidature. Rappelez-vous les brebis galeuses aux législatives, ils ont toujours quand même ce problèmes d'offres à mettre sur la table.
Là, pour le coup, on verra comment ils se sortent de ce mandat-là. Maintenant, sur les sénatoriales, pour revenir sur notre sujet, 10 sénateurs, franchement, vu ce qui s'est passé au municipal, c'est pas inatteignable. Je rappelle qu'à l'Assemblée nationale, il faut être 15 pour faire un groupe.
Donc là, le champ est encore plus restreint. Il faudra observer aussi les transfuges dont parlait Arnaud parce qu'il va y avoir une petite offensive là-dessus. Il va falloir des prises de guerre.
Plus que des résultats dans les territoires, il va falloir des prises de guerre chez les LR. On sait qu'ils sont déjà perméables à la cause. Chez les centristes, on verra comment ça peut atterrir.
Mais ils ont besoin de faire ce travail de déstabilisation. Juste pardon Jefferson parce que vous dites 10 sénateurs, c'est pas inatteignable. On rappelle juste qu'au Sénat, c'est pas l'Assemblée dans son entièreté qui est renouvelée.
Il y a seulement la moitié des sénateurs qui sont renouvelés. Il y a grosso modo une grande partie du sud-est qui est renouvelée. Mais par exemple… – Les Girondes aussi. – Les Girondes aussi.
La Gironde, on va y venir, mais par exemple le Nord-Pas-de-Calais n'est pas renouvelable. Est-ce que du coup ça peut aussi bloquer un peu le seuil de 10 sénateurs ? – Oui en effet, vous avez raison de le dire parce que ça dépend des départements en effet qui sont renouvelables.
Enfin là vous avez cité par exemple des départements, le VAR, ça m'étonnerait que le Rassemblement National ne dispose pas d'un voire de deux sénateurs dans le VAR compte tenu de ce qui s'est passé dans ce département et surtout de la porosité qui existe entre la droite dite de le gouvernement et le Rassemblement National. Les Alpes-Maritimes ? Les Alpes-Maritimes on peut imaginer qu'ils auront des élus notamment grâce à Nice, Nice, Menton, Cagnes-sur-Mer enfin bon tout ça je veux dire l'esprit – Cannes, c'est David Dissnard, oui, Cannes-sur-Mer. – Non, Cannes-sur-Mer, qui a été gagné par l'UDR, je crois, pas par le Rassemblement national.
Bon, tout ça les aide. Après, là où je suis d'accord avec ce que vous dites, ça va dépendre beaucoup, parce que c'est une élection notable, l'élection sénatoriale. C'est le profil des candidats qui sera extrêmement important.
Et là, on va voir comment ils vont travailler. Regardez la façon dont ils ont travaillé dans leur implantation municipale. Ils ont souvent envoyé des des députés, des députés qui ont d'ailleurs, pour certains d'entre eux, gagné des mairies.
Là, c'est la même chose. Je vois que, par exemple, dans le Var, ils vont envoyer un député du Rassemblement national, monsieur Gilletti, je crois, qui va mener la liste dans le VAR. Donc ils vont essayer de chercher des profils plus notabilisés pour tout simplement rassurer les grands électeurs.
Parce que les grands électeurs, c'est quand même pas l'électorat qui vote pour eux. C'est un électorat quand même très différent en l'occurrence. Donc il faut être encore plus rassurant vis-à-vis de ce type d'électorat.
C'est pour ça, pardon, que j'évoquais le dégel des grands électeurs parce que c'est un enjeu pour le Rassemblement national. Ça n'était pas produit la dernière fois. Et par ailleurs, vous parliez des figures.
C'est très important parce qu'il y a un cadre du Rassemblement national qui m'avait raconti il y a quelques années que dans le cadre des dernières sénatoriales, il y avait une candidate hérène. Elle avait fait une photo avec un La maire, en tout et pour tout, pendant la campagne. Il faut aussi qu'ils apprennent ce que c'est qu'une campagne des sénatoriales.
D'aller voir, d'aller démarcher tous les élus. C'est un boulot. Et ils ont un problème de formation, on le On parlait de brebis galeuses, mais aussi ils ont un problème de formation.
Donc on verra. C'est un enjeu aussi là pour eux. C'est important parce que les sénatoriales, c'était jusque-là une forteresse un peu C'est symboliquement très fort, même si c'est que 10 sénateurs.
Pour eux, l'Assemblée était acquise depuis plusieurs mandats. La mandature, c'est très important pour eux. C'est aussi une députée en Gironde qui va gérer la liste Rennes, c'est Edwige Diaz.
Juste Edwige Diaz, elle disait, je vais la citer après les municipales, elle disait « L'Ouest n'est plus un territoire de conquête, mais clairement dorénavant d'implantation est-ce que la Gironde, l'Ouest de la France, la Nouvelle Aquitaine que vous représentez Jefferson avec Sud-Ouest finalement c'est l'illustration de l'extension de l'implantation ? » – Il faut quand même modérer tout ça parce que je vous le disais tout à l'heure, c'est 156 élus municipaux dans le sud-ouest, dont à peu près 110 à 120 de mémoire, rien qu'en Gironde. Et pour être élu, je le disais tout à l'heure, il faut 300 à 400 voix.
Donc vous en avez 120 à 110 d'assurés. Vous allez aller chercher ce que je disais tout à l les mères sans étiquette, mais simplement pour revenir sur ce qu'on disait tout à l'heure, les candidats aux législatives dans le contrat passé avec l'URN, c'était de se présenter au municipal parce qu'on profitait de l'exposition des législatives, gagnant ou pas, mais en tout cas, il y avait déjà ce travail de notabilisation, ce travail de notoriété qui a été fait et les candidats aux législatifs se retrouvaient parachutés sur les municipales avec déjà cette espèce d'arriéré, en tout cas de campagne dans les jambes et cette espèce d d'implantation. Maintenant, je vous le disais, quand vous avez 120 grands électeurs assurés pour 300 à 400 voix, c'est pas gagné.
Donc vous pouvez faire des effets d'annonce et montrer que ça se passe bien, les résultats sont pas aussi simples que ça et les grands électeurs, ça ne se pourrait pas de la même manière qu'un électorat traditionnel. Et je donne un chiffre qui va dans le sens de ce que vous dites, Jefferson, 74 mairies gagnées par l'ORN ou ses alliés. Sur ces 74, il y en a 63 qui sont dans des circonscriptions détenues par l'ORN aux législatives.
C'est une illustration d'un élan qui est né des législatives. Évidemment, quand vous avez un groupe parlementaire de 120 ou 130 députés, vous finissez par acquérir une implantation politique qui vous permet justement de vous installer. Parce que tout simplement, un député, c'est quelqu'un qui, en principe, la bourse à circonscription, on le rencontre, il est à la rencontre des maires, il est à la rencontre de ses administrés, il démarche, il tient des permanences électorales.
Vous savez, ça c'est des outils de professionnalisation, à un moment donné, de la vie politique qui sont absolument essentiels. Juste pour ce que vous disiez, l ouest. Il faut faire très attention, il ne faut pas confondre le sud-ouest et l'ouest.
Parce que le sud-ouest, si vous voulez, vous aviez une implantation déjà qui n'était pas négligeable du Rassemblement national dans un certain nombre de départements. Ce qui n'est pas le cas de l'ouest de la France, où là, même s'ils progressent, ils progressent beaucoup plus modestement qu'il ne progresse dans le sud-ouest. Pourquoi je dis ça ?
Je dis ça parce qu'en effet, ils ont des zones, en effet, où territorialement, ils ont des points de force et c'est ce sont ces zones qui leur donnent leurs députés, qui leur donnent leur maire. Et il y a des zones où ils sont un peu plus faibles et ce qui, bien évidemment, peut handicaper leur progression, y compris lors des sénatoriales. Juste une précision là-dessus.
Par exemple, en Gironde aux législatives, la Gironde on avait deux députés RN, elle en a perdu un, ils en ont perdu un, il n'y a plus qu'Edwige Diaz. Dans les Landes, au deuxième tour, il y avait trois candidats du RN, ils ont tous perdu. Donc il y a aussi des îlots de résistance, et pour là ce qui va quand même être très intéressant, c'est de voir comment les LR qui ont eux cette implantation locale vont résister sur la pression.
Comment ils vont tenir leurs troupes de grands électeurs ? Parce qu'ils n'ont pas du tout intérêt, s'il y en a un qui a intérêt à ce qu'il n'y ait pas de groupe LR au Sénat, c'est quand même les Républicains. Et eux, ils ont une base très forte et ils ont un enjeu très important pour eux.
Et s'ils peuvent torpiller les manœuvres du RN, ils ne vont pas se priver. Donc là, il y a quand même une bataille en coulisses qu'il faudra observer vraiment de très très près pour voir comment on peut débaucher et arracher ces fameuses voix. Et justement, c'est ce qu'a dit hier lors de cette conférence de presse.
Le sénateur Joshua Ochard, on va l'écouter. On n'est pas à l'abri, effectivement. Heureusement, connaissant l l'ambiance au Sénat, que des sénateurs LR, que des sénateurs centristes puissent rejoindre ce groupe nouvellement constitué puisque actuellement, ce qui nous manque au Sénat, c'est réellement la composition d'un groupe.
On sait que ça apporte des moyens en plus, en tout cas pour exister au Sénat et des sénateurs, que ce soit centriste ou LR nous le disent régulièrement. En fait, tant que vous n'avez pas un groupe effectivement c'est compliqué de pouvoir séger avec vous alors qu'ils partagent pour certains nos idées. – Ça peut marcher, cette volonté de rallier DLR ?
Est-ce que ça préfigure d'une forme d'union des droites, finalement, Elisabeth ? On le disait un peu tout à l'heure. On l'a vu à l'œuvre, quand même, dans le cadre des municipales, cette porosité.
On a vraiment l'impression qu'il y a deux blocs qui se reconstituent, un bloc de droite et un bloc de gauche, avec un centre un peu riquiqui au milieu. Donc oui, ça peut marcher. Je crois que le facteur personnel des candidats RN comptera quand même considérablement.
Vous savez, c'est une élection...
En 2022, le RN était passé à côté. Là, il se professionnalise effectivement dans la préparation et ils espèrent que le facteur personnel de certains candidats, le profil va combler ce qui leur manque en termes de grands électeurs et ce qui peut encore constituer un frein de ce point de vue-là. Donc oui, ça peut fonctionner.
On a vu que LR résistait pas mal aux municipales. Vraiment, le LR et le PS, on l'a beaucoup dit, c'est deux parties de barons locaux. Et ils ont bien résisté, parfois mieux qu'ils ne l'imaginaient d'ailleurs.
Les sénatoriales de ce point de vue-là, ça va être très intéressant quelques mois avant la présidentielle. – Et la question de cette conversion des électeurs LR en électeurs RN qui pourrait aussi expliquer un plus fort ancrage territorial du RN, est-ce que ça peut aussi se traduire chez les grands électeurs et donc au Sénat – Écoutez, on va regarder ça, mais les LR ont intérêt à tenir leurs troupes. N'oublions pas que le 7 juillet, il y a quand même une décision de justice sur le procès en appel de Marine Le Pen, ce sera avant les sénatoriales, ça va donner un peu d'ambiance aussi et peut-être faire réfléchir quelques-uns parce que le candidat du RN à la présidentielle, sera le fruit d'une décision de justice.
C'est peut-être plus efficace qu'une primaire, mais c'est quand même pas très glorieux pour un parti qui veut être le défenseur de la veuve et de l'orphelin et de ses petits chats. Je veux dire, ça fait beaucoup quand Donc ça, ça va être pris en compte dans cette négociation-là. Mais les Républicains ont tout intérêt à tenir leur troupe et empêcher l'arrivée de ce groupe au Sénat.
Parce que sinon, il va y D'abord, l'ERN va vouloir montrer qu'il peut faire l'union des droites, qu'il peut être sur une même ligne, qu'il peut être un partenaire. Et là, ça va venir un peu plus brouiller le message. Mais l'idée, c'est quand même bien de dévitaliser LR sur la présidentielle. – Oui, et on entend, on entendez, Joshua Euchar dire qu'il voulait des ralliements même une fois le groupe constitué.
Est-ce que la normalisation dont vous parliez, la stratégie de la cravate, Arnaud, ça peut marcher au Sénat ? – Oui, peut-être, mais en En fait, tout dépendra de la résistance aussi du LR le jour des élections sénatoriales. Les LR ont quand même un certain nombre d'atouts dans leur manche.
C'est notamment qu'ils disposent des exécutifs. Et vous savez, quand vous déposez des exécutifs, qu'il s'agisse des conseils départementaux, des mairies, des communautés de communes ou des communautés d'agglomérations, vous avez quand même des ressources, tout simplement, qui peuvent vous aider à consolider votre résultat électoral. C'est ce que je dis là, et totalement trivial en l'occurrence.
Donc c'est ça qui fait la force des LR et c'est ce qui leur permettra vraisemblablement de résister. Après, il est évident qu'une percée du rassemblement national qui leur permettrait d'obtenir un groupe parlementaire voire d'aller au delà d'abord se réutiliser dans la perspective de l'élection présidentielle évidemment quel que soit le candidat du rassemblement national et pourrait peut-être créer un petit effet d'éviction. Moi, je pense que s'il y a effet d'éviction, il restera quand même assez marginal du côté LR ou du côté centriste, sauf surprise.
Mais est-ce que quand même, ça n'a pas déjà des conséquences ? On va prendre un exemple, par exemple, le département des Alpes-Maritimes. Cinq sénateurs, à l'heure actuelle, c'est cinq sénateurs LR.
Là, les LR ne pourraient revenir qu'avec deux, trois sénateurs parce que victoire d'Éric Ciotti et Anis, victoire d'Alexandra Masson, RN à Menton. Est-ce qu'on voit déjà l'effet...
Et canne sur mer, effectivement. Est-ce qu'on voit déjà l'effet finalement sur les LR de cette percée du Rassemblement national dans certains territoires ? Et de ses alliés, puisque Éric Sotis et Ludair ?
Dans le sud-est, c'est incontestable. Dans ce département, c'est incontestable. Les Bouches de Rhône, le Gard, le Vaucluse, tout là.
Là, le RN, ou à l'occasion des municipales, a pris des forces évidentes au service de l'accession du RN et l'aune. Absolument. Oui, la réponse est oui.
Et encore une fois, si vous voulez, il y a le secret des urnes qui fait peur un peu au RN parce que les grands électeurs, encore une fois, ce ne sont pas les électeurs. Les électeurs dans le sud-est pour l'ERN, pardon, s'il suffit d'y passer quelques heures, c'est gagné. Il y a quand même aujourd'hui une aspiration au vote RN qui est évidente.
Maintenant, les grands électeurs, c'est autre chose. C'est pour ça que le Sénat, c'est compliqué. Mais, malgré le des bastions LR ou municipales, qui est une ancienne LR, Mais je me suis rendu compte que par contre la famille dans laquelle j'étais glisse vers la macronie et donc je ne retrouvais pas ma colonne vertébrale.
Donc quand je suis bien sûr depuis très longtemps le Rassemblement national, Jordan Bardella, Marine Le Pen, Sébastien Chenu, je les écoute, je suis et j'ai retrouvé ma philosophie et la droite sincère que je que je défendais au travers de leurs propos. Marie-Pierre Calais a dit ce sénatorial, mais elle a un propos qui va au-delà des sénatoriales. Il y a un effet domino pour les LR qui peut aller jusqu'à la présidentielle.
Il y a une expression consacrée, en et ses anciens amis des LR ne manqueront pas de dire qu'elle va à la soupe. Mais Bruno Retailleau sera ravi d'être associé à un macroniste de la première heure. C'est quand même assez lunaire comme propos. dans ce département-là, elle a fait son choix.
C'est une prise de guerre, c'est un transfuge, on verra comment ça atterrit. Bon, associer Bruno Rotaillot encore une fois à un macroniste, c'est assez surréaliste, mais pourquoi pas ? C'est son choix, très bien.
En revanche, ce qui est quand même assez fou dans cette histoire, c'est qu'on parle bien de la création d'un groupe RN au Sénat. On ne parle pas du tout d'un groupe d'un groupe macroniste au Sénat. C'est fini cette histoire.
Bon, il y a eu quelques tentatives, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le RN, je le disais tout à l'heure, a crevé le plafond de verre de l'ancrage local. Et c'est bien par là qu'on commence.
Ces parties-là ont commencé par le haut, les macronistes ont commencé en 2017 par l'Assemblée nationale, ils ont raté toutes les étages, toutes les étapes, pardon, de l'enracinement local des municipales de 2020. 2026, Bordeaux, il y a une prise de guerre, c'est Bordeaux avec Thomas Cazenave qui s'est imposé, qui a sorti la gauche de Bordeaux, c'est une victoire importante mais ça ne crée pas non plus la dynamique des macronistes qui ferait que ce matin on serait en train de dire est-ce que la composition du Sénat va se jouer autour du bloc central, non. Donc là il y a quand même un événement politique très important c'est cette prise de position du RN, cette progression parce que ce n'est pas non plus une victoire, n'exagérons pas, il faut tout bien mettre en perspective les Le PS et les LR ont tenu leur bastion.
C'est encore eux qui ont le meilleur contingent. Pour autant, la compétition se densifie à l'échelon local et elle se densifie à l'extrême droite. – Arnaud, est-ce que les sénatorielles auront un impact sur la présidentielle, où on est sur deux scrutins différents.
Les sénatoriales, scrutin direct avec uniquement des grands électeurs, là où la présidentielle est au suffrage. Elles seront utilisées par ceux qui en sortiront vainqueurs comme un argument dans la campagne présidentielles pour leurs candidats respectifs. Après, si vous voulez, on est sur deux types d'élections complètement en effet différents donc on ne peut pas véritablement plaquer l'élection présidentielle sur l'élection sénatoriale.
Alors après, évidemment, c'est important d'avoir des grands élus. Mais les grands élus ne font pas l'élection présidentielle. Vous savez, vous pouvez avoir le ralliement de très grands élus.
Ce n'est pas pour autant que vous serez élu président de la République c'est une autre alchimie l'élection présidentielle. Elisabeth, une petite conclusion, est-ce que le futur président de la République devra s'appuyer sur ce futur Sénat, devra composer avec y compris avec peut-être un groupe RN Évidemment, on voit bien que le Parlement aujourd'hui, l'Assemblée nationale et le public sénat...
Pardon ! C'est pas grave, j'ai appelé Ernaud-Elisabeth ! La boucle est bouclée Mais voilà, c'était la bonne conclusion finalement.
Évidemment, la réponse est oui, le Sénat est fondamental pour gouverner aujourd'hui, surtout quand on a une Assemblée et un Sénat aussi fragmenté, un paysage politique aussi fragmenté en réalité. Vous m'avez troublée, Auriane. Non mais c'est bon, j'ai mal commencé moi.
Merci beaucoup, merci Elisabeth, merci Arnaud et merci Dieu et personne d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. Excellente journée sur Public Sénat.
Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale,
Marine Le Pen