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interviewRMC· 21 juillet 2025 10 min

Yaël Braun-Pivet s'emporte contre le bashing des élus

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On va parler bien sûr de la loi du plomb parce que ça a beaucoup animé nos débats à l'instant. Mais on parlait de, en vous attendant, des 45 jours de vacances parlementaires. François Bayrou, lui, a fait savoir qu'il ne partait pas en vacances, qu'il travaillait. Est-ce que ce n'est pas beaucoup 45 jours ?

0:14
Yaël Braun-Pivet

D'où ça sort vos 45 jours ?

0:16
Présentateur

Ce n'est pas vrai ?

0:17
Yaël Braun-Pivet

Je ne sais pas, je vous demande.

0:19
Présentateur

Et on a calculé. De quoi ? C'est-à-dire d'aujourd'hui jusqu'au 16 septembre, c'est ça ?

0:23
Yaël Braun-Pivet

Donc aujourd'hui, moi, je ne suis pas en train de travailler en étant sur votre plateau, monsieur ?

0:27
Présentateur

Oui, vous. Mais les députés ne siègent plus.

0:29
Yaël Braun-Pivet

Mais vous savez, il faut arrêter de considérer que les députés ne travaillent que quand ils sont dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Être député, c'est d'être un élu, un élu de proximité. On a des circonscriptions, on est sur le terrain. Je viens de passer quatre jours avec des députés dans les Landes, dans le Gers. J'ai été rencontrer avec Jean-René Cazeneuve, des agriculteurs sur le terrain. Eh bien, nous avons rempli notre mission de député. Et donc, il n'y a pas de vacances parlementaires. Il y a une interruption de la session. L'interruption de la session parlementaire, elle est constitutionnelle. La constitution fixe dans les textes.

Une session parlementaire du 1er octobre au 30 juin. Mais parfois, il y a des sessions extraordinaires. Il y a des sessions extraordinaires qui sont à la main du président de la République. Bien sûr qu'il y en a. Il y en a eu une en juillet et nous avons délibéré pendant deux semaines. Il y en aura probablement une en septembre. Et entre les temps de session, nous ne siégeons pas dans l'hémicycle. Nous sommes sur le terrain, nous avons des permanences.

1:26
Présentateur

Donc, ce ne sont pas des vacances.

1:27
Yaël Braun-Pivet

C'est un mauvais mot parce que ce ne sont pas des vacances parlementaires. Moi, j'ai des députés qui sont élus devant, dans des circonscriptions très balnéaires. Eh bien, eux, ils seront au boulot tout l'été. Donc, en fait, il y a un truc, moi, qui m'énerve et c'est...

1:41
Présentateur

Le député de Paris, en revanche, il n'y a plus personne à Paris.

1:43
Yaël Braun-Pivet

Mais il bosse aussi, mais il faut arrêter. En fait, vous savez, le bashing des élus...

1:49
Présentateur

Non, ce n'est pas bashing.

1:50
Yaël Braun-Pivet

Ben si, parce que les élus ne font rien. Ils sont en vacances tout l'été. Ils ne sont jamais sur le terrain. Ils ne sont pas dans le séance publique.

1:57
Invité

Madame, ça veut quand même dire ce que ça veut dire.

1:59
Yaël Braun-Pivet

Mais non, parce qu'en fait...

2:00
Invité

Un retour le 16 septembre, c'est... A l'Assemblée nationale en commission.

2:04
Yaël Braun-Pivet

A l'Assemblée nationale en commission. Tous les députés seront sur le terrain début septembre, dans les salons des associations. Vous les voyez. Tous les députés seront de leur circonscription pour la rentrée scolaire. Vous les voyez, on est taisis.

2:16
Présentateur

Ben moi, les députés sur les lois, moi, je ne les vois plus au train. Madame, moi, je les vois toute l'année au train. Quand je viens, je ne les vois plus au train, c'est l'heure.

2:22
Yaël Braun-Pivet

Je suis mille fois d'accord avec vous. Après, vous pouvez continuer. Notre démocratie, elle nous appartient à tous. Si vous ne voulez plus avoir d'élus, continuez comme ça. Vous n'aurez plus personne pour vous présenter.

2:31
Présentateur

Je suis mille fois d'accord avec vous, puisque c'est ce que je viens de dire avant que vous arriviez. J'ai dit, ça suffit de s'acharner sur les députés. Qui, effectivement, travaille beaucoup, beaucoup plus qu'on ne le pense. Et j'ai même dit, je me répète un peu, mais je préfère avoir un député qui lit des grands auteurs sous son pommier que quelqu'un qui perd son temps. Est-ce que vous ne pensez pas, quand même, parce qu'on a un problème sur l'attractivité même de la fonction de député, on voit bien que les gens, aujourd'hui, n'ont plus envie de faire ce boulot d'élu. C'est pire, d'ailleurs, pour les mairies, etc.

Est-ce qu'il ne faudrait pas revenir à un système à l'origine de ces assemblées où, au fond, député n'est pas un job forcément à temps plein ? Est-ce qu'on ne pourrait pas faire un système où on vient siéger dans une assemblée, on vote des lois, etc. Mais, voilà, est-ce qu'on ne devrait pas davantage permettre de travailler à côté que ça ne soit pas une activité ? Alors, réponse rapide, parce qu'on a quelques sujets abordés.

3:27
Yaël Braun-Pivet

Réponse rapide, aujourd'hui, on peut travailler. Il y a beaucoup de députés qui travaillent. Il y a des députés qui continuent à avoir des exploitations quand ils sont agriculteurs. J'ai des députés qui continuent à être infirmières, aide-soignantes, médecins, avocats, etc. Il y a beaucoup de députés qui continuent à travailler. Après, être député à plein temps, moi, je suis député à plein temps. C'est pas non plus quelque chose qu'il faut critiquer, parce que si vous voulez exercer cette mission à fond, eh bien, ça vous prend un plein temps. Je peux vous dire, tous les députés, moi, je les vois bosser, ils bossent 6 jours sur 7, et on fait à peu près 70 ou 80 heures par semaine.

Donc, en fait, vraiment, ça suffit. En tout cas, c'est désespérant, et vraiment, notre démocratie va mourir de cela. Et vous verrez aux prochaines élections.

4:11
Présentateur

Parlant de cette pétition contre la loi Duplon, qui rencontre un succès assez inédit. On a franchi la barre des 1,2 millions ce matin. Rappelons que la loi autorise notamment la réintroduction sous condition d'un pesticide. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Il y aura un débat au Parlement, c'est ça ?

4:28
Yaël Braun-Pivet

Alors, il faut que le Parlement décide. En fait, le droit de pétition est prévu. Il existe depuis la Révolution française. Et il est prévu dans notre règlement intérieur. Et notre règlement prévoit plusieurs choses. Il prévoit que lorsque la pétition dépasse un certain seuil, là, elle est renvoyée donc à une commission, ici en l'occurrence la commission des affaires économiques, qui s'occupe des sujets agriculture. Et la commission va examiner cette pétition. Et elle va pouvoir décider si elle la classe ou si elle souhaite qu'il y ait un débat sur ce texte. Donc d'abord, ça, c'est la commission qui va prendre cette décision.

Si elle souhaite qu'il y ait un débat, eh bien, il faudra qu'elle saisisse la conférence des présidents pour que la conférence des présidents décide, et donc là, c'est une décision des présidents de groupe, de l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Moi, j'ai exprimé le souhait qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Ça n'est pas de mon ressort. Ce n'est pas une décision d'Yalba Honpivet. C'est une décision de la conférence des présidents après que la commission est statuée. Donc vous voyez, il y a une procédure à respecter. C'est le principe d'une démocratie.

Mais moi, j'exprime ma position personnelle de président de l'Assemblée nationale, considérant le nombre de signatures, considérant le débat que cela suscite, je souhaite qu'il y ait un débat dans l'émission.

5:49
Présentateur

Mais je ne comprends pas parce que la loi a déjà été votée.

5:51
Yaël Braun-Pivet

Et sans débat.

5:52
Présentateur

Donc a priori, il y a dû y avoir un débat.

5:54
Yaël Braun-Pivet

Alors, malheureusement, il n'y a pas eu un débat stricto sensus à l'Assemblée nationale sur ce texte. S'il y a eu un débat en commission de l'Assemblée nationale, pas dans l'hémicycle, mais en commission, il y a eu un débat. Il y a eu un débat au Sénat. Mais malheureusement, qu'est-ce qui s'est passé ? Et c'est là où, en fait, il faut aussi rentrer dans la complexité des choses. C'est que sur ce débat, quand le texte est arrivé en séance publique, il y a eu plus de 3 500 amendements qui ont été déposés par, en gros, deux groupes qui ont été les auteurs du maximum nombre d'amendements. La France insoumise et les écologistes.

Et donc, face à cette obstruction parlementaire, c'est un droit l'obstruction, mais il y a une obstruction. Et donc, en face, il y a d'autres procédures qui permettent de faire face à cette obstruction qui ont été utilisées. Je l'ai déploré, vous savez, moi, la veille de ce débat parlementaire. J'ai passé 6 heures au téléphone avec l'ensemble des présidents de groupe, avec la ministre, avec le Premier ministre, pour dire, attendez, est-ce qu'on peut trouver un accord pour qu'on puisse avoir ce débat dans l'hémicycle ? Parce que je pensais qu'il était important qu'on l'ait.

J'ai essayé de mettre les parties d'accord pour dire, réduisez vos nombres d'amendements, retirez-en, revenons à un nombre raisonnable pour qu'on ait un débat. Personne n'a lâché. Voilà. J'ai fait le maximum d'efforts. Je voulais un débat. Et donc, là, je pense qu'il faut qu'il y ait un débat. Mais ça ne veut pas dire que ce débat... Oui, mais c'est un débat sans vote, alors. Bien sûr, il n'y a pas un débat qui revient. Mais ça, c'est normal. Ça sert à écouter les uns et les autres et à donner une issue à la pétition. Maintenant, la loi, elle a été votée. Et aussi, quand on regarde et quand on écoute ce qui est dit, il y a beaucoup de choses fausses qui sont dites.

Et donc, la loi, elle est beaucoup plus nuancée que cela.

7:37
Présentateur

Et vous croyez que ça va permettre de rectifier la vérité ? Parce que j'entends... J'espère.

7:42
Yaël Braun-Pivet

J'espère que ce débat pourra permettre, justement, d'éclaircir les choses et de bien montrer... Mais moi, je ne vous parle pas de manipulation.

7:47
Présentateur

Le sénateur Dupont, il dit que ce système de pétition est fait pour mettre la pression au Conseil constitutionnel.

7:52
Yaël Braun-Pivet

Non, ça, je ne suis pas d'accord. La pétition, comme je vous le disais, c'est un droit qui existe depuis la Révolution française. Les Français, les citoyens ont le droit d'interpeller leurs gouvernants. Donc, ça n'est pas une manipulation. C'est un droit constitutionnel, historique. Mais c'est pour faire pression sur le Conseil constitutionnel en espérant qu'ils s'entendent dans la loi. Moi, je ne crois pas. Je pense que les citoyens, déjà, marquent une inquiétude légitime et deux, veulent être entendus et qu'il y ait un débat. Moi, je pense que tout cela, c'est ça. Mais c'est-à-dire que l'Assemblée n'est pas représentative de ses citoyens ? Bien sûr que si.

8:19
Présentateur

Qu'est-ce qui est le plus important ? La pétition ou ce que décide l'Assemblée ?

8:22
Yaël Braun-Pivet

Non, non, non, attends. Évidemment... Ce qui est le plus important, je vais te le dire,

8:25
Invité

c'est s'il y a quelqu'un qui la promulgue un jour, quoi. Parce que des lois dans ce pays, il y en a des milliers, des centaines, mais il y en a, elles ne sont même pas promulguées. Alors, ce n'est pas vrai, monsieur. Ce n'est pas vrai. La loi Duplon, elle fait suite à une mobilisation sans précédent du monde agricole où tous les politiques, tous les politiques de tous les partis, les yeux dans les yeux, nous ont dit vous avez raison, il faut qu'on vous aide à gagner dignement votre vie. Et deux ans après, on en est là où une pétition va empêcher la loi d'être promulguée. Alors non. C'est ça le problème.

8:55
Yaël Braun-Pivet

D'une part, les lois votées doivent être promulguées. Elles ne le sont pas toutes. Si, elles le sont toutes parce que le président de la République n'a pas le choix. C'est sous la royauté que le président de la République a un droit de veto. Il n'en a plus. Une loi votée par le Parlement est obligatoirement promulguée. Ça, c'est clair.

9:11
Présentateur

Je pense que les délais sont très longs.

9:13
Yaël Braun-Pivet

Non, non, non. La loi doit être promulguée dès que le Conseil constitutionnel, s'il la valide, la loi sera promulguée. C'est 100% et elle sera appliquée. Il faut qu'elle le soit parce que là, maintenant, on va parler du fond. C'est une loi qui va permettre justement... On fait une pause,

9:32
Présentateur

Madame Montbivet, et on va parler effectivement du fond de cette loi qui fait débat en ce moment même partout en France. A tout de suite sur RMC, RMC Story. Sous-titrage Société Radio-Canada

9:40
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada